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02/06/2019

Monnaie de nos aïeux : la livre

Au Moyen-âge, on "comptait" dans une monnaie et on "payait" dans une autre. La monnaie de compte, qui ne se confondait aucunement avec la monnaie de paiement, était une sorte de monnaie abstraite qui servait à définir le prix des denrées et à comptabiliser les recettes et les dépenses publiques ou privées. Durant toute la période de la monarchie capétienne (987-1328), jusqu'à la Révolution, cette pratique se maintint. Les unités de compte étaient la livre, le sou et le denier.

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Livre-Tournois

La livre, fondée par les romains sous le nom de "libra" et importée en Gaule par Jules César, correspond à environ 409 grammes d'argent et vaut 240 deniers. Chaque livre se divise en 20 sous, chaque sou étant lui-même divisé en 12 deniers.

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Double-sol parisis

La livre était donc définie par rapport à un poids de métal. Mais comme les poids et mesures n'étaient pas uniformes dans le royaume, le système de compte va se trouver alourdi par l'existence de livres différentes, de poids différents et donc de valeurs différentes. Le terme générique de livre fut donc rapidement flanqué d'un adjectif géographique indiquant l'unité de masse de référence. Deux livres surtout se sont imposées durant l'Ancien régime : la livre parisis (lp) et la livre tournois (lt). Ce n'est qu'en 1667 que la livre parisis sera définitivement supprimée et, à partir de 1720, toute ambigüité ayant disparu, la livre tournois peut se laisser appeler simplement la livre.

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Pour vous, amis généalogistes, cette grille ci-dessus, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "livre" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1540 et 1679.

 

A suivre...

26/05/2019

L'histoire d'un dessert de "petite-reine"

Mon premier est la capitale de la France. Mon second est un port breton du tonnerre. Mon tout est un gâteau en forme de roue de vélo. Vous avez deviné ?

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Le "Paris-Brest" bien sûr ! Mais commençons par le commencement. Au départ, il y a un normand. Comment pourrait-il en être autrement ici ? Un normand donc, un homme de lettres et un grand reporter, pionnier de la presse sportive, mais surtout promoteur acharné du vélocipède. Cet homme se nomme Pierre Giffard. Il est né le 1er mai 1853 à Fontaine-le-Dun, une petite commune du département de la Seine-Maritime d'un peu plus de 500 âmes à l'époque.

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Pierre Giffard (1853- 1922)

En 1891, Pierre Giffard publie un ouvrage qui traite de l’histoire du vélocipède, des temps les plus reculés jusqu’à nos jours et qu'il intitule "La Reine Bicyclette". L'expression va quelques années après, se transformer en « petite reine » et passer dans le langage courant.

La même année, directeur du "Petit-journal", il crée le "Paris-Brest-Paris", ou "Paris-Brest et retour", une course cycliste de1200 km sur la même bicyclette ! Durée maxima : sept jours ! L'objectif est de démocratiser le vélo en démontrant son caractère pratique. Le 6 septembre 1891, 206 cyclistes s’élancent, amateurs et professionnels confondus. L'opération est un succès ! Cinq éditions auront lieu sur un rythme décennal jusqu'en 1931, puis deux autres en 1948 et 1951.

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Louis Durant, le créateur du Paris-Brest

Et c'est lors de la 3ème édition, en 1911, que la gourmandise s'invite aux festivités. Le tracé de l'épreuve passe par la Croix de Noailles, non loin de Maisons-Laffitte, lieu de résidence de Pierre Giffard. Celui-ci demande à Louis Durant, fameux pâtissier originaire de Nantes (Loire-Atlantique) dont il est client, de réaliser un gâteau emblématique de l'évènement. Le Paris-Brest est né ! Le gâteau épouse la forme d'une roue de vélo avec des rayons en pâte à pain. Si ces derniers ont disparu avec le temps, pour le reste la recette n'a pas changé : une couronne de pâte à choux fourrée d'une crème mousseline pralinée et parsemée d'amandes effilées.

 

Biblio. "Paris-Brest" - Revue Cuisine d'Ici n° 5 - Printemps 2015 et "Un dessert dans la course" - Revue "Histoire Point de vue" - Juin 201.

Merci au site www.paris-brest.fr/

19/05/2019

Le galuchon de t'cheu nous

"Pendant cha, la maîtresse au four
Pétrit des gâtiaux, des galettes
Pis chaqu’ marmiot à son tour
Veut des douillons et des boulettes
No cuit du galuchon
Qui vos enleuve, qui vos enleuve
No cuit du galuchon
Qui vos enleuve tant qu'cha sent bon !
"

 

Ces vers, en bon patois normand, sont tirés d'une chanson populaire, "Noter-Dame d'Autertot", que nous devons à l'abbé Antoine Sénateur Houlière (1803-1883), curé-poète d'Ouainville, un village du canton de Saint-Valéry-en-Caux. Longtemps chanté dans les noces et les banquets, cet air fut, au moins dans le Pays de Caux, aussi célèbre que "Ma Normandie".

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"Des gâtiaux, des galettes, des douillons, des boulettes, et du galuchon" dit l'un des couplets. Mais qu'est-ce donc que ce galuchon ? A l'origine, il s'agit là d'une pâtisserie picarde, sorte de brioche aux raisins secs. Tout porte à croire qu'en bons voisins, les normands du Pays de Caux se sont appropriés la recette originale pour la transformer en fonction des us et des coutumes locales.

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Le galuchon picard

 

Le résultat ? Un "galuchon normand" qui, à vrai dire, à part son nom, n'a plus grand chose à voir avec son modèle. Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, j'ai trouvé cette recette* simplissime que je m'empresse de vous communiquer.

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Il vous faut 250 g de pâte feuilletée et un œuf. Il suffit d'étendre la pâte au rouleau sur une épaisseur de 2 cm. La couper en rond. Inciser le dessus en losanges. Dorer au jaune d’œuf. Mettre au four chaud 20 minutes. Bon appétit !

 

 

* Recette extraite du "Manuel de cuisine normande" de Sylvie Charriot - Ed. Harriet, 1987.

Biblio. merci au site http://melao.free.fr/yainville_houliere.htm