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09/04/2017

9 avril 1860 : le premier enregistrement d'une voix humaine

 « Au clair de la lune,

Mon ami Pierrot,

Prête moi ta plume,

Pour écrire un mot... »

 

Qui n'a pas un jour ou l'autre fredonné ces paroles ? Sûrement la plus populaire de nos chansons enfantines mais aussi celle dont l'histoire reste la plus mystérieuse. On ne connaît ni son auteur ni son compositeur, même si certains l'attribuent à Jean-Baptiste Lully (1632-1687).

 

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Très à la mode vers 1780, alors que la France vient d'entrer en Révolution, il faut savoir que cette comptine n'était pas à l'origine destinée aux enfants car, derrière ses paroles anodines, se cachent des sous-entendus des plus érotiques... Mais saviez-vous qu'elle a une autre particularité : c'est le premier enregistrement sonore réalisé au monde et par un français de surcroît !

Car, si l'américain Thomas Edison (1847-1931) fut bien le premier à reproduire un son enregistré grâce à un phonographe en 1877, le premier enregistrement sonore conservé date du 9 avril 1860, soit 17 ans plus tôt. Il a été réalisé par un ingénieux français, Édouard Léon Scott de Matinville (1817-1879), ouvrier typographe, libraire et écrivain, lequel a chanté « Au clair de la lune » devant le cornet d'un appareil de son invention pour lequel il a déposé un brevet le 25 mars1857.

 

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 Le phonautographe de Scott de Martinville. (Desbeaux 1891)

 

Permettant de transcrire des ondes sonores mais pas de les reproduire, son phonautographe (la voix s'écrivant elle-même) se composait d'un résonateur qui faisait vibrer un stylet sur la surface d'un papier recouvert de noir de fumée et fixé sur un cylindre.

Ayant appris l’invention d'Edison, le français écrira dans l’introduction de son dernier livre mémoire paru en 1878 : « Je ne demande pour mes efforts qu’une seule récompense (...) de ne pas oublier de prononcer mon nom dans cette affaire... »

 

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 Édouard Léon Scott de Matinville (1817-1879)

 

En 2007, un collectif d'ingénieurs du son et de scientifiques américains, vont parvenir à lire son enregistrement, le plus ancien qui soit actuellement connu, à l aide d'une tête de lecture virtuelle. On peut désormais entendre durant 10 secondes la voix de Scott de Matinville entonner : « Au clair de la lune, mon ami Pierrot » ! Essayez sur https://www.youtube.com !

 

Biblio. « Histoires insolites de la Science et des scientifiques » de M. Lefrançois – City Ed. 2014.

« Refrais d'enfance » de M. David et A-M. Delrieu -Ed. Herscher 1988.

« Au clair de la lune » article de B. Dicale – Revue Historia Oct. 2012.

02/04/2017

La perruque, une victime de la Révolution Française

Parce que le luxe est toujours synonyme de parures de toutes sortes, les Grecs comme les Romains portaient perruques. Utilisées bien avant eux par d’autres civilisations anciennes, notamment par les Égyptiens qui protégeaient ainsi leur crâne rasé du soleil, elles vont progressivement cependant disparaître…

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Perruque égyptienne

 

... Pour mieux renaître au royaume de France au début du XVIe siècle et ce, malgré les réticences de l’Église arguant qu’ « il déplaît à Dieu que l’homme, en usant d’une fausse chevelure, contrarie ce que la nature lui a donné ! ». Car c’est au roi Louis XIII, victime d’une calvitie précoce à seulement 19 ans, que l’on doit son retour.

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A  cette époque, l’homme dégarni n’a d’autre solution pour remédier à ce désagrément, que de porter un couvre-chef triste et plat appelé « calotte ». C’est sur cette « calotte » qu’on va imaginer d’attacher des cheveux postiches. On va tout d’abord lacer des cheveux dans un « toilé de tisserand » et aussi dans un « tissu à franger » nommé « point de Milan ». Puis, plus tard, on va coudre par rangées ces entrelacements sur la calotte. Celle-ci aussi s’améliore au fil du temps et devient de plus en plus mince et légère. 

Elles prennent aussi différentes couleurs et sont réalisées dans différentes matières comme la peau de mouton, le satin ou la soie. Les longs cheveux qui y sont cousus à l’aiguille, un par un, très minutieusement, sont par la suite frisés. Et c’est ainsi que les perruques vont devenir au fil du temps de plus en plus compliquées et imposantes. Les plus beaux modèles sont fabriqués avec de véritables cheveux humains, le crin de cheval étant une alternative moins chère.

Dès 1620, après que le roi Louis XIII l’eut adoptée, la perruque devient et restera pendant plus de deux siècles une composante essentielle de l’apparence. Ainsi, la mode va gagner progressivement les gens de cour, les bourgeois et même les ecclésiastiques. Le roi Louis XIV confiait volontiers que «La perruque donne à la physionomie de l’homme plus de majesté et plus de noblesse.»

Chacun va l’utiliser et pas seulement pour améliorer son aspect physique ! En effet, l’époque n’étant pas à proprement parler celle de l’hygiène corporelle, les cheveux rasés sous la perruque permettent d’éviter les infections capillaires et autres démangeaisons disgracieuses.

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Sous le règne du roi Louis XV,  le rôle du perruquier prend une importance considérable. Car c’est son art qui assigne à chaque personnage son rang dans la société : « la perruque fait le moine » ! Chacun, qu’il soit aristocrate, magistrat, militaire, gentilhomme, femme de cour, prêtre, marchand ou simple valet…,  chacun se doit d’inclure cet accessoire dans sa « panoplie » de cérémonie !

Au XVIIIe siècle, à Paris, presque tout le monde porte une perruque, depuis le vieillard jusqu’à l’enfant. « Le moindre laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux, et la condition des personnes se reconnaissait à la forme de leur perruque. » D’ailleurs différentes professions, notamment celles de justice, vont l’adopter dès lors comme un des éléments de leur uniforme.

La fin des perruques sonnera quand les têtes tomberont, victimes les unes et les autres, de la Révolution Française.

 

Biblio : « Parfum et cosmétiques » - Nos ancêtres – Vie et Métiers, n°47 – Jan-Fev. 2011

Merci aux sites gralon.net et france-pittoresque.com

 

15:02 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

26/03/2017

Le grand jeu de Mademoiselle Lenormand !

27 mai 1772 : Marie Anne Adélaïde Lenormand voit le jour à Alençon, au domicile de ses parents, des bourgeois drapiers qui habite la Grande Rue. Orpheline à 5 ans, elle est placée chez les Sœurs Bénédictines puis chez les Visitandines. Studieuse, apprenant vite, elle s’amuse pendant les récréations à prédire l’avenir de ses camarades de classe. Elle fait déjà état d’une grande imagination et de qualités qualifiées de « pénétration psychologique ».

 

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 Portrait de Marie Anne Lenormand

 

Dès lors, la jeune fille va s’employer à développer ce « don de voyance », non sans risque puisque, à cette époque, les pratiques « magiques », l’occulte et l’énigmatique ne sont guère acceptés. Elle en fait la triste expérience à Paris, en 1786, où elle est arrêtée après avoir tiré les cartes. Pour se faire oublier, elle s’exile à Londres durant quelques mois et en profite pour y prendre des leçons de chiromancie.  

En 1790, de retour en France, elle installe son cabinet de consultation au cœur du Faubourg Saint-Germain, au 115 de la rue de Tournon. Elle va très vite y prophétiser le tout-Paris et surtout le gotha de la Révolution, parmi lesquels Danton, Desmoulin et Robespierre. Elle lit les lignes de la main, manie les cartes avec adresse, consulte le plomb fondu, les miroirs brisés, le cristal de roche, les cendres soufflées et jette même les aiguilles.  

 

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 Le salon de consultation de Melle Lenormand

 

Talentueuse, utilisant avec habilité son image publique, elle écrit, parallèlement à ses activités de prophétesse,  des livres et des pièces de théâtre, et fait même paraître quelques numéros d’un journal intitulé « Le mot à l’oreille ».

En 1793, elle devient l’amie et la confidente de Joséphine de Beauharnais. C’est lors d’une visite à la Malmaison, le 2 mai 1801, que la pythonisse lui prédit le célèbre « Vous serez plus que reine… »

Si la Révolution l’a fait connaître, sa vraie notoriété viendra de l’Empire qui fera d’elle la plus célèbre cartomancienne du XIXe siècle… et aussi sa fortune. Elle s'éteint célibataire et sans enfant le 25 juin 1843. Après ses obsèques à St Jacques du Haut Pas à Paris devant une foule immense, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Sa fortune ira à ses neveux qui hériteront notamment de propriétés acquises à Alençon, sa ville natale.

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Ce n'est qu'après sa mort que va paraître le « Grand jeu de Melle Lenormand », un jeu de tarot de 54 cartes, fondé sur la  Mythologie grecque, qui est toujours autant plébiscité de nos jours.

 

Biblio ; « Hommes et cités de Normandie » de J. Cathelin et G. Gray – Ed. du Sud et A. Michel – Paris 1965.

« Pays de Normandie » n°67 – Hiver 2009-2010