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20/11/2016

Le crescendo le plus célèbre du monde

22 novembre 1928. Opéra Garnier. Pour la première fois, sous la direction de Walther Straram (1876-1933) et une chorégraphie signée Bronislava Nijinska (1891-1972), la danseuse Ida Rubinstein (1885-1960), ancienne égérie des Ballets Russes de Diaghilev, interprète un mouvement de danse au rythme et au tempo invariables, à la mélodie uniforme et répétitive, le fameux "Boléro", que le compositeur français Maurice Ravel (1875-1937) a composé pour elle.

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Ida Rubinstein (1885-1960) en 1928

C'est un ballet incroyable qui plonge le spectateur dans le sud espagnol. A l'intérieur d'une taverne… Une gitane monte sur la table pour danser… Attirés par la belle, tous les hommes la suivent des yeux. La danse se fait de plus en plus intense et sensuelle...

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Maurice Ravel (1875-1937)

C'est à la fin de 1927 en effet que cette amie et mécène commande au maître un « ballet de caractère espagnol » qu’elle compte représenter avec sa troupe. Enchanté par la proposition, le compositeur compose son "Boléro" entre juillet et octobre 1928.

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"L’idée du rythme n’a pas été un choix difficile", confiera Ravel. Toujours séduit par la danse et lui-même d'origine espagnole, il a très vite fait le choix de cette danse traditionnelle andalouse à trois temps, très populaire dans les bals espagnols dès la fin du 18e siècle. Il rapportera aussi que c'est un matin, alors qu'il se trouvait à Saint-Jean de Luz, en attendant de pouvoir aller se baigner, que, sur son piano, les premiers accords de cette mélodie ont vu le jour. Phénomène musical révolutionnaire, le "Boléro" tire ses seuls éléments de variation dans l'orchestration et un crescendo progressif. Une anecdote avec le célèbre chef d'orchestre italien Arturo Toscanini (1857-1967) reste bien connue : en mai 1930, le maestro joue l'œuvre deux fois plus vite que ne le souhaitait Ravel, présent dans la salle. Ce dernier refusa d’aller lui serrer la main. Toscanini rétorqua à Ravel : « Vous ne comprenez rien à votre musique. Elle sera sans effet si je ne la joue pas à ma manière ». Ce à quoi Ravel aurait répondu : « Alors, ne la jouez pas ».

Le Boléro de Ravel, resté à la première place du classement mondial des droits d’auteur jusqu’en 1993, l'une des œuvres musicales françaises les plus exportées, figure encore aujourd'hui parmi les plus populaires et les plus jouées au monde. Le 1er mai dernier, il est entré dans le domaine public.

 

Biblio. Merci aux nombreux sites et aux pages Wikipedia sur ce sujet.

16/11/2016

L'aubaine : un droit qui n'en a pas toujours été une...

Une aubaine, comme chacun le sait, c'est un avantage inespéré. Le mot est issu du francisque « aliban » signifiant le « ban d'un autre » ou « autre ban ». Le « ban » dont il s'agit là était une institution politique et territoriale des royaumes francs, le pouvoir de commandement du seigneur guerrier et protecteur sur la terre et ses sujets. Par opposition aux « régnicoles », les habitants naturels d'un lieu, ceux qui y sont nés et qui y vivent, les « aubains » désignaient les étrangers venus s'y établir.

 

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Le droit du Seigneur - Vasily Polenov (1874)

 

Si, d'après les lois de Guillaume le Conquérant, un serf qui avait passé un an et un jour dans une ville « bourgeoise » était affranchi, en Bourgogne, s'il venait résider un an et un jour sur les terres d'un autre seigneur, il devenait « aubain » pour passer sous la dépendance du nouveau seigneur, ce qui constituait pour celui-ci un profit inattendu, autrement dit une aubaine !

A partir du premier millénaire, les rois prirent l'aubain sous leur avouerie, ou protection royale. Dès qu'il avait reconnu le roi, ou lui avait fait aveu, il conservait sa franchise et était à l’abri des entreprises et des violences des seigneurs particuliers. Dès lors, le droit d’aubaine fut regardé comme appartenant uniquement au roi et même comme essentiellement inhérent à la couronne.

Aux nombreuses incapacités économiques et politiques de l’aubain comme celle de prêter de l’argent ou d’occuper une fonction politique, s’ajoutent les incapacités civiles liées à l’héritage. « Le privilège le plus remarquable du citoyen par rapport à l’étranger est sa capacité à rédiger un testament et à disposer de ses biens selon le droit coutumier, ou de les léguer à ses proches. L’étranger ne dispose ni de l’un ni de l’autre. » En vertu du droit d'aubaine, l'étranger ne peut ni transmettre de succession à ses enfants, ni en recueillir aucune comme ils ne peut ni disposer, ni recevoir par testament. A sa mort, ses biens passent entièrement au roi.

 

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 Léonard de Vinci (1452-1519)

Il existait bien évidemment des exceptions à ce droit. Dispensé de ce droit par le roi François Ier (1494-1547), Léonard de Vinci léguera par testament une grande partie de ses instruments et de ses œuvres à Francisco Melzi. De même, Louis XIV (1638-1715) déclara régnicoles les ouvriers étrangers après dix ans de labeur à la manufacture royale des Gobelins.

 

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Aboli par l'Assemblée nationale constituante sous la Révolution, le droit d'aubaine fut rétabli dans le Code civil de 1803 puis définitivement supprimé en 1819.

 

 

Merci aux sites www.cairn.info et www.france-pittoresque.com ainsi qu'aux pages Wikipédia sur le sujet.

13/11/2016

Plombières ou plombière ?

La Plombières ! C'est l'un des régals de nos palais, une valeur sûre ! Une délicieuse crème glacée aux fruits confits préalablement macérés dans du kirsch !

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La mode des desserts glacés nous est venue d'Italie. C'est un Sicilien de Palerme, Francesco Procopio dei Coltelli (1651-1727), qui francisera son nom en François Procope-Couteaux, qui, le premier, les aurait fait goûter à la cour du roi Louis XIV (1638-1715). L'homme fonda un café rue de l'Ancienne Comédie qui existe encore aujourd'hui.

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Francesco Procopio dei Coltelli (1651-1727)

On sait qu'en 1798, un glacier-confiseur parisien du nom de Tortoni, appartenant à la maison fondée par Velloni, placée à l'angle de la rue Taibout et de l'actuel boulevard des Italiens, près de l'Opéra de Paris, proposait à ses clients de la glace plombière sans majuscule et sans "s". L'entremets glacé composé d'œufs et de fruits confits était sanglé dans un moule en plomb, d'où il aurait tiré son nom. En 1822, Antonin Carême (1784-1833), dans son ouvrage intitulé "Le maître d’hôtel français" recommande « la crème glacée à la Plombière » avec une majuscule mais toujours sans "s". Quant à Honoré de Balzac (1799-1850), dans son roman "Splendeurs et misères des courtisanes" paru en 1847, il parle également de la glace "Plombière" servie au dessert.

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Ce "s" lui serait venu de Plombières-les-Bains, la station thermale des Vosges. C'est en effet lors d'un diner organisé dans cette cité à la mode le 21 juillet 1858, que fut servie pour la première fois cette plombière avec un "s". Cela se passait dans le « Pavillon des Princes », actuels bureaux de l'administration de la Société thermale, à l'issue de la rencontre de l'empereur Napoléon III(1808-1873) avec le comte de Cavour (1810-1861), premier ministre sardo-piémontais. Les deux hommes venaient de conclure le traité dit de Plombières qui prévoyait qu'en l'échange de l'appui militaire français au Piémont-Sardaigne dans sa guerre contre l'Autriche, la France sera indemnisée par l'annexion de la Savoie et de Nice.

Et c'est aussi dans cette même cité de Lorraine qu'en 1882, un pâtissier local eut l'idée de perfectionner la recette en faisant macérer les fruits confits qui la composent dans du kirsch, l'alcool local, lui donnant ainsi son goût incomparable.

 

 

Biblio. "Cuisine d'ici n°6 - 2015.

Merci aux nombreuses pages dont celle de Wikipédia sur le sujet et particulièrement au site www.glace-plombieres.fr/origine.