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02/11/2016

Rouenneries et cretonnes : des trésors normands !

Au début du XVIIIème siècle, les chargements de coton, en provenance des colonies, arrivent au Havre puis remontent la Seine. Dans toute la Normandie, et particulièrement dans les régions proches du fleuve, se développent alors des activités de filage. Et les toiles qui sont tissées prennent rapidement le nom du lieu de leur fabrication.

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Ainsi, à Rouen, ce sont les Rouenneries. Il s'agit là d une spécialité de la capitale normande. Ce tissu a successivement été appelé Rouen, puis Rouannerie et enfin Rouennerie. Des toiles de laine ou de coton peintes, ou dominent des couleurs comme le rose, le violet et le rouge, et dont les dessins ou effets de relief résultent de l'agencement des fils, teints avant le tissage.

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Il est fait mention de Rouennerie des 1799 et Balzac (1799-1850), dans sa description de certains milieux bourgeois, n'en ignorait pas l'existence.

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Dans le même état d'esprit, à Creton, cité de l'actuel département de l Eure, ce serait bien sûr la Cretonne. Ce tissu de coton réalisé suivant l'armure de la toile, avec une chaîne et une trame équilibrées, employé surtout en ameublement y serait né vers 1723. Toutefois, s'il est bien exact que le village de Creton, aujourd'hui réuni à celui de Buis-sur-Danville, à toujours été impliqué dans la fabrication de toile de coton, voire de lin, et de chanvre, blanche ou imprimée, rien n'atteste véritablement qu'il soit le lieu de naissance de ce tissu. Ce qui est sûr, c'est qu'elle est normande. Mais, selon d'autres sources, la cretonne pourrait provenir d'un tisseur de Pont-de-Vire, un quartier de Vimoutiers (Orne), du nom de Paul Creton, qui, vers 1616, aurait inventé une nouvelle toile en fil de lin pur. Ou bien encore, le nom pourrait dérivé de celui de "courtonne", nom de deux cités du Calvados, Courtonne-la-Meudrac et Courtonne-la-Ville, où il existait effectivement des filatures de chanvre, non loin desquelles se trouvaient les tissages d'Alençon...

 

Biblio. "Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire" de G. Henry - Texto-Tallandier 1991 et 2012.

30/10/2016

La fleur de Lys

 « La France fut faite à coups d’épée.

La fleur de lys, symbole d’unité nationale n’est que l’image d’un javelot à trois lances.»

Charles de Gaulle (1890-1970)

 

"D'or sur champ d'azur", la fleur de lys, dont l'ancienne orthographe est" fleur de lis", est l'un des symboles de la royauté française. Et c'est aussi l'un des plus anciens emblèmes au monde. Mais saviez-vous que cette fleur de lys a peu à voir avec le lys que l'on trouve dans nos jardins ?

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Il s'agit en fait d'une fleur mythique qui proviendrait pour certains de l'iris, "lis" en néerlandais, et pour d'autres du glaïeul. D'autres encore considèrent que ce symbole est "une fleur", c'est-à-dire un meuble héraldique qui n'a pas de réalité botanique.

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Pépin le Bref (715-768)

 

Présente chez le chrétiens romains et byzantins, chez les Wisigoths comme aussi chez les Lombards, la fleur de lys apparaît dans le monde franc à la fin du règne de Pépin le Bref (715-768) et au début de celui de Charlemagne (742-814). Elles vont servir notamment d'ornement aux armoiries, un cadeau que nous ont laissé les rois Capétiens avec l'évolution de l'équipement militaire. Si le premier d'entre-eux, Hugues Capet (940-996), arborait déjà sur son sceau une couronne de trois lys, c'est Suger de Saint-Denis (1080-1151), l'homme de confiance et le conseiller du roi Louis VI dit « le Gros » (1081-1137) et Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux (1090-1153) qui proposent pour la première fois au souverain d'arborer ce symbole biblique qu'est la fleur de lys sur ses armoiries. La pureté du lys est en effet associé à la Vierge Marie. L'emblème se veut évocateur : le roi des Francs se montre ainsi à tous comme, à l'image de la mère du Christ, l'unique intermédiaire entre Dieu et les hommes.

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Louis VI dit « le Gros » (1081-1137)

Quant à l'expression « fleur de lis », elle va naître peu après 1160, sous le règne de Louis VII dit « Louis le Jeune » (1120-1180), dans "Érec et Énid", premier roman arthurien de Chrétien de Troyes (1130-1190). Elle viendrait du latin "lilium", fleur de li ou fleur de roi. Et jusqu'à la Révolution, cette fleur de lys va représenter la France avant de symboliser l'unité nationale.




Biblio. "Histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

Merci aux nombreuses pages sur ce thème et notamment à Wikipédia.

 

26/10/2016

Poussez, poussez, l'escarpolette, Poussez pour mieux me balancer !

Saviez-vous que c'est notamment par ce tableau libertin, "les hasards heureux de l'escarpolette", qu'un grand maître de la peinture du XVIIIe siècle s'est fait connaître ?

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"Les hasards heureux de l'escarpolette" de J.-H. Fragonard (1667-1669)

 

Allongé dans un buisson, un homme se rince l’œil ! Cet homme là se nomme François David Bollioud (1713- 1787). Il est Écuyer, Seigneur de Saint-Julien, Baron d'Argental et Receveur Général du Clergé de France du roi Louis XV (1710-1774). Et ce qu'il contemple avec extase, c'est sa maîtresse. Une jeune femme perchée sur une balançoire de velours rouge, couleur de l'érotisme, qui, levant la jambe avec espièglerie, lui dévoile sans pudeur ce qui aurait dû rester caché ! A l'époque, il faut savoir que les femme ne portaient nul sous-vêtement sous leurs jupons...

Fantasme de cet "un homme de cour", qui, en 1767, n'hésite pas à passer une commande coquine au peintre Gabriel-François Doyen (1709-1783). Le maître vient de triompher au salon de 1766 avec "Le miracle des ardents" pour l’Église Saint-Roch, pas vraiment le même genre ! "Je désirerais, lui dit-il, que vous peignissiez Madame, désignant sa maîtresse, sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau." Scandalisé, Doyen refuse. Beaucoup trop indécent pour lui. Le baron se tourne alors vers un jeune artiste moins frileux, Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) qui n'hésite pas une seconde et compose cette œuvre qui contient tous les éléments d'une scène galante.

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Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

C'est dans l’ombre, loin de la lumière, que réside la clef du tableau. L'homme en bas à droite, vraisemblablement le mari, tient la corde de l’escarpolette et dirige les mouvements de la jeune femme, laquelle, dans son élan, perd un de ses escarpins. Sa jupe retroussée dévoile une jarretière. En bas à gauche, un homme à terre: l'amant dont le regard scrute les dessous de la jeune fille.

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Au-dessus de lui, Cupidon, d'un geste gracieux, porte son index sur la bouche, assurant par là les personnages de son silence complice...