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26/05/2019

L'histoire d'un dessert de "petite-reine"

Mon premier est la capitale de la France. Mon second est un port breton du tonnerre. Mon tout est un gâteau en forme de roue de vélo. Vous avez deviné ?

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Le "Paris-Brest" bien sûr ! Mais commençons par le commencement. Au départ, il y a un normand. Comment pourrait-il en être autrement ici ? Un normand donc, un homme de lettres et un grand reporter, pionnier de la presse sportive, mais surtout promoteur acharné du vélocipède. Cet homme se nomme Pierre Giffard. Il est né le 1er mai 1853 à Fontaine-le-Dun, une petite commune du département de la Seine-Maritime d'un peu plus de 500 âmes à l'époque.

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Pierre Giffard (1853- 1922)

En 1891, Pierre Giffard publie un ouvrage qui traite de l’histoire du vélocipède, des temps les plus reculés jusqu’à nos jours et qu'il intitule "La Reine Bicyclette". L'expression va quelques années après, se transformer en « petite reine » et passer dans le langage courant.

La même année, directeur du "Petit-journal", il crée le "Paris-Brest-Paris", ou "Paris-Brest et retour", une course cycliste de1200 km sur la même bicyclette ! Durée maxima : sept jours ! L'objectif est de démocratiser le vélo en démontrant son caractère pratique. Le 6 septembre 1891, 206 cyclistes s’élancent, amateurs et professionnels confondus. L'opération est un succès ! Cinq éditions auront lieu sur un rythme décennal jusqu'en 1931, puis deux autres en 1948 et 1951.

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Louis Durant, le créateur du Paris-Brest

Et c'est lors de la 3ème édition, en 1911, que la gourmandise s'invite aux festivités. Le tracé de l'épreuve passe par la Croix de Noailles, non loin de Maisons-Laffitte, lieu de résidence de Pierre Giffard. Celui-ci demande à Louis Durant, fameux pâtissier originaire de Nantes (Loire-Atlantique) dont il est client, de réaliser un gâteau emblématique de l'évènement. Le Paris-Brest est né ! Le gâteau épouse la forme d'une roue de vélo avec des rayons en pâte à pain. Si ces derniers ont disparu avec le temps, pour le reste la recette n'a pas changé : une couronne de pâte à choux fourrée d'une crème mousseline pralinée et parsemée d'amandes effilées.

 

Biblio. "Paris-Brest" - Revue Cuisine d'Ici n° 5 - Printemps 2015 et "Un dessert dans la course" - Revue "Histoire Point de vue" - Juin 201.

Merci au site www.paris-brest.fr/

19/05/2019

Le galuchon de t'cheu nous

"Pendant cha, la maîtresse au four
Pétrit des gâtiaux, des galettes
Pis chaqu’ marmiot à son tour
Veut des douillons et des boulettes
No cuit du galuchon
Qui vos enleuve, qui vos enleuve
No cuit du galuchon
Qui vos enleuve tant qu'cha sent bon !
"

 

Ces vers, en bon patois normand, sont tirés d'une chanson populaire, "Noter-Dame d'Autertot", que nous devons à l'abbé Antoine Sénateur Houlière (1803-1883), curé-poète d'Ouainville, un village du canton de Saint-Valéry-en-Caux. Longtemps chanté dans les noces et les banquets, cet air fut, au moins dans le Pays de Caux, aussi célèbre que "Ma Normandie".

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"Des gâtiaux, des galettes, des douillons, des boulettes, et du galuchon" dit l'un des couplets. Mais qu'est-ce donc que ce galuchon ? A l'origine, il s'agit là d'une pâtisserie picarde, sorte de brioche aux raisins secs. Tout porte à croire qu'en bons voisins, les normands du Pays de Caux se sont appropriés la recette originale pour la transformer en fonction des us et des coutumes locales.

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Le galuchon picard

 

Le résultat ? Un "galuchon normand" qui, à vrai dire, à part son nom, n'a plus grand chose à voir avec son modèle. Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, j'ai trouvé cette recette* simplissime que je m'empresse de vous communiquer.

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Il vous faut 250 g de pâte feuilletée et un œuf. Il suffit d'étendre la pâte au rouleau sur une épaisseur de 2 cm. La couper en rond. Inciser le dessus en losanges. Dorer au jaune d’œuf. Mettre au four chaud 20 minutes. Bon appétit !

 

 

* Recette extraite du "Manuel de cuisine normande" de Sylvie Charriot - Ed. Harriet, 1987.

Biblio. merci au site http://melao.free.fr/yainville_houliere.htm

12/05/2019

Six mariages et un enterrement

Dans la société de l'Ancien Régime, 32 % des mariages sont des remariages. Se retrouver seul à cette époque, sans l’appui de sa femme ou de son mari, complique sérieusement la vie. Le remariage intervient rapidement après de décès du conjoint, en particulier pour les hommes. La mortalité pendant et après l'accouchement atteint dix pour cent des accouchées. Comme une femme a en moyenne un enfant tous les quinze ou vingt mois, comment un paysan, un tonnelier ou un journalier, père de famille, qui doit travailler dur pour survivre, pourrait en outre s'occuper de ses enfants ?

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Église Saint-Jean-Baptiste de Cropus (Seine-Maritime)

Cropus. Un petit village normand situé au nord-est du département de la Seine-Maritime qui tire son nom probablement de celui d'un norrois appelé "Krokr". L'église, en grande partie construite au XVIe siècle, est dédiée à Saint-Jean-Baptiste.

Louis Leroy y est né aux environs de l'année 1690. Et il s'y est marié aussi... Six fois au total !

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Première union de Louis Leroy et Marie Dupray le 26 janvier 1712

BMS - Cropus  4E 224 1700-1721 page 58/100 - Archives Départementales de Seine-Maritime

Première union, le 26 janvier 1712. La jeune épousée meurt cinq jours après la naissance de leur fils.

Deuxième union, la plus éphémère, est célébrée le 6 février 1714.

Troisième union le 9 octobre 1714 et enterrement de sa femme seulement quatre jours après avoir mis au monde une petite Marie née le 18 août 1715.

Quatrième union, le 7 octobre 1715. Deux garçons naîtront, deux enfants morts quelques jours seulement après leur naissance. La jeune mère décèdera le 11 mai 1718, moins d'un mois après avoir mis au monde son dernier fils.

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Cinquième union de Louis Le Roy et Marie Pigny le 22 juillet 1718

BMS - Cropus  4E 224 1700-1721 page 88/100 - Archives Départementales de Seine-Maritime

Cinquième union, le 22 juillet 1718. La plus longue. Au moins trois garçons naîtront de leur couple qui restera uni jusqu'au 24 mars 1742, date de l'inhumation de l'épousée dans l'église de la paroisse voisine de Saint-Hellier où ils se sont installés.

C'est là que le 27 juin 1744 Louis Le Roy, cinq fois veuf, épouse en sixièmes et dernières noces Catherine Marc, une veuve elle-aussi de la Paroisse voisine du Grand-Torcy. Louis rend son âme à Dieu le 4 novembre 1759. Sa dernière épouse lui survivra cinq ans...