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04/11/2018

La tarte au cidre

« La nature est prévoyante : elle a fait pousser la pomme en Normandie

sachant que c'est la région où l'on boit le plus de cidre. »

Henry Monnier (1799-1877)

Si étonnant que cela puisse paraître, le cidre n'est pas né en Normandie ! (Ni en Bretagne d'ailleurs !!! Ouf !) Mais dans le Sud, sur les rives de la Méditerranée, chez les Hébreux, les Égyptiens et les Grecs. Arrivé en France, a-t'il été en premier produit par les Basques, comme le prétendent certains, ou chez nous en Normandie ? Qu'on se rassure, en l’état actuel des connaissances, aucun document ne prouve l’antériorité du cidre normand sur le cidre basque.

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Par contre, sa diffusion en Normandie, principalement dans les vallées de la Touque et de la Risle, remonte bel et bien à l’an 1082 , c'est à dire bien avant la Bretagne qui ne commence à se couvrir de pommiers qu’au XIVe siècle ! D'ailleurs, le mot "cidre" au sens de « jus de pommes fermenté » est attesté pour la première fois en langue d'oïl dans les années 1130 chez le poète Normand Wace (1100-1174/1183) dans sa "Conception de Nostre-Dame ".

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Affiche folklorique sur le cidre datant de 1850

Voilà pour l'histoire. Maintenant, place à la gastronomie ! Amis gourmands aux babines alléchées, prenez un tout petit quart d'heure de votre temps et confectionnez pour ceux que vous aimez (et pour vous même bien sûr) cette délicieuse tarte au cidre* !

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Pour 6 personnes, elle ne vous réclamera que 300 g de pâte brisée, 40 g de farine, 3 œufs, 70g d'amandes en poudre, 80 g de sucre semoule, 3 pommes un peu acides comme la Reinette, 12 cl de cidre doux, 12 cl de lait, du sucre cassonade, 1 pincée de sel... et 20 minutes de cuisson dans un moule d'environ 22 cm de diamètre.

Préchauffez le four à 180° C. (th.6). Beurrez le moule. Étalez la pâte en un grand cercle et déposez-la dans le moule. Formez des bords, piquez légèrement le fond avec une fourchette.

Épluchez les pommes, coupez-les en quatre et ôtez le cœur et les pépins. Râpez-les.

Dans un saladier, fouettez le œufs avec le sucre semoule, le sel et la farine. Versez peu à peu le lait et le cidre dans la pâte, puis ajoutez les pommes râpées. Versez ensuite la garniture aux pommes dans le moule. Placez au four environ 35 minutes. Servez tiède en saupoudrant d'un peu de sucre cassonade.

Vous pouvez, selon votre goût parfumer le mélange crémeux de la garniture d'une cuillère à café d'eau-de-vie de pomme.

Bon appétit !

 

* Recette issue de "Recettes secrètes et insolites de nos régions" de L. et G. Laurendon - Ed. Ouest-France, 2012.

28/10/2018

Des patronymes trompeurs

Que les Roi, Roys et Leroy retombent sur terre : leur patronyme ne les fait pas plus descendre d'un roi que les Lempereur d'un empereur ! Soit, il s'agit là d'un sobriquet désignant celui qui affecte des allures nobles, soit leur ancêtre a été vainqueur d'un jeu d'adresse, populaire et médiéval, que nos aïeux pratiquaient à leurs rares moments perdus, comme le jeu de tir à l'arc ou à l'arbalète et à l'issue duquel le gagnant se voyait sacré pour l'année durant : "roi du jeu" ou "empereur" s'il avait remporté la victoire plusieurs fois de suite.

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La chanteuse Nolwenn Leroy

Pour les Baron, Comte, Lecomte, Marquis, Duc, Leduc, Prince ou Leprince, on peut bien sûr également envisager des surnoms ironiques. Mais une autre hypothèse liée aux liens de dépendance est possible. En effet, chaque paysan dépendait d'un seigneur, auquel il versait des redevances pour sa maison et ses terres, et dont, au Moyen-âge, il était "l'homme". Comme, dans le même village, les biens et les hommes n'appartenaient pas tous au même seigneur, on appelait Comte celui qui était "l'homme du comte", par opposition aux autres villageois qui dépendaient d'une autre seigneurie.

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L'acteur Jules Baron

Pour ce qui est des Baron, là encore, on peut imaginer soit à une personne hautaine, soit celui qui était au service d'un baron ou qui détenait des terres appartenant à un baron. Cependant, et, d'une façon générale, le patronyme correspond à ce dernier sens, il faut savoir qu'au Moyen-âge, le mot servait à désigner un homme de guerre et d'une façon générale un "mari" en tant que chef de famille vénéré et tout puissant.

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L'acteur Daniel Prévost

Quant aux Prévost (donnant aussi Pruvost, Provost, Prouvost, et par contraction Prost et Proust), Bailli (ou Bally, Bayle, Beyle,...), Sénéchal, Viguier ou Voyer, Maire et Lemaire, Bourgeois ou Lebourgeois, Maître ou Lemaître, Sergent, Capitaine, Châtelain, Vassal, Vasseur (ou Vavasseur, Levasseur,...), Chevallier, Page et Lepage, etc... Ce sont toutes des appellations rappelant un état, une position occupée, une fonction exercée, ou bien encore l'attitude affichée de la personne ou plus simplement encore son caractère.

 

Biblio. "Qui étaient nos ancêtres?" de J.-L. Beaucarnot - Ed. JCLattès, 2002.

Merci au site www.geneanet.org

21/10/2018

Les enluminures du Maître de l'échevinage de Rouen

Cet autre arbre de Jessé, sur lequel douze rois se dispersent sans aucune rigueur généalogique autour de la Vierge et de l'Enfant, on le doit au Maître de l'échevinage de Rouen, un maître enlumineur anonyme qui à travaillé dans la capitale normande entre 1450 et 1485. Il est nommé ainsi d'après les cinq manuscrits qu'il enlumina, entre 1457 et 1480, pour la librairie des échevins de Rouen. Rappelons que l'échevin était un magistrat municipal dont la charge était de représenter les pouvoirs fondamentaux du souverain sur ses terres, d’y faire appliquer le droit, d’y organiser la police et de percevoir les taxes.

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 Arbre de Jessé peint par le Maître de l'échevinage de Rouen

(Bréviaire à l'usage de Besançon - fin XVe siècle)

Après le départ des Anglais, Rouen connaît un essor économique sans précédent qui s'accompagne d'une intense activité artistique. Ville marchande prospère et archevêché important, la cité possède une grande clientèle livresque potentielle, laïque comme ecclésiastique. C'est dans ce contexte qu'elle devient un centre de production de manuscrits enluminés de premier rang dans lequel se détache, la personnalité du maître de l'échevinage. Il puise ses sources notamment dans l'enluminure parisienne pratiquée dans cette première moitié du XVe siècle, par le Maître de Bedford, autre maître anonyme enlumineur actif quant à lui à Paris.

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« Couronnement de Charles VI », par le Maître de l'échevinage de Rouen

(Chroniques de Charles VI -1480)

Durant au moins une vingtaine d'années, l'échevinage de Rouen, par un mécénat, soutien activement des ateliers d'enluminure installés à Rouen pour rivaliser avec la production parisienne. Figure dominante, le Maître de l'Échevinage va susciter de nombreux imitateurs qui vont contribuer à donner à la production de la cité normande un style inhabituellement unifié. Ses illustrations se caractérisent notamment par l’inscription systématique en lettres d’or des noms des personnages et des villes, un procédé d’une utilité pratique indéniable et fort bien venue.

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"Roue de la Fortune et assassinat d'Alexandre II de Macédoine" par le Maître de l'échevinage de Rouen

(La Bouquechardière - 1457)

 

On doit à cet artiste l'illustration de cinq manuscrits commandés par les échevins et conservés par la Bibliothèque nationale de France dont "La Bouquechardière", commandé en 1457, une chronique universelle de Jean de Courcy, seigneur de Bourg-Achard en Normandie, qui tire son nom de ce lieu.

 

Biblio et image n°1 : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.