Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/09/2019

Les secrets de la généalogie descendante

Bien sûr, l'idée première, quand on démarre sa généalogie, c'est de remonter son ascendance le plus loin possible. Se considérer comme l'aboutissement d'une lignée et reconstituer le fil des générations qui nous ont précédés tout en ayant à l'esprit que la véritable source originelle ne sera jamais atteinte. Mais, à l'inverse, la redescendre, c'est, d'une part, la compléter en découvrant combien sont nombreux ceux auxquels nous sommes apparentés. Et d'autre part, c'est mettre à jour des cousinages insolites voire improbables, des alliances que nous aurions été loin d'imaginer et quelquefois des secrets de famille trop bien gardés.

famille julien.jpg

Mes arrières grands-parents maternels et leurs enfants

S'agissant de la généalogie ascendante, c'est mathématiquement rigoureux : deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, etc. Le parcours est étalonné, sans surprise. Rebondir de mariage en mariage donne à chaque fois ou presque les noms de la génération précédente ou au moins de sérieux indices. De la méthode, de la patience et on complète son arbre avec "la précision d'un entomologiste épinglant ses papillons !"

Avec la généalogie descendante, c'est plus complexe. Aucun acte ne vous donne d'emblée la liste de la génération suivante. Un individu n'a qu'un père et qu'une mère, mais combien a t'il eu d'enfants ? Et avec combien de conjoints différents ? En outre, les familles se sont souvent dispersées au fil des années. Les enfants d'un couple n'ont pas tous vécus dans le même village que leurs parents. Certains se sont parfois éloignés peu ou prou du berceau familial et sans toujours se fixer au même endroit. Pourquoi cet éloignement ? Quels métiers exerçaient-ils ? Que sont devenus leurs propres descendants ?

FRANQUEVILLE.JPG

La commune de Notre-Dame de Franqueville, berceau de ma famille

Étudier une famille dans son intégralité permet de mieux comprendre les évolutions sociales et patrimoniales de celle-ci, l'impact de l'histoire, la grande, sur la leur. Il s'agit là d'une quête sociologique qui aboutit à une généalogie bien vivante qui nous sort des registres.

Et quel plaisir de découvrir au fil du chemin un lien de parenté avec l'un de ses condisciples de classe, quel plaisir d'apprendre que tel personnage historique, telle vedette de la chanson ou du cinéma, tel champion sportif,... est un lointain cousin.

bourvil et f raynaud.jpg

Deux de mes lointains cousins, Bourvil et Fernand Raynaud

Bien entendu, il n'est pas réaliste de penser chercher les descendants de tous nos ancêtres. Pour ma part, je pars d'un personnage, d'une personnalité dont j'ai appris que les racines se situaient dans le même périmètre géographique que celui de mes ancêtres. Puis, j'explore sa généalogie (merci aux sites Généastar et Généanet). L'enquête aboutit dans le meilleur des cas à un couple commun ou, à minima, à une origine villageoise commune. Dans le premier cas, je repars de ce couple en élargissant mes recherches à tous les membres de la famille. Dans le second, je "creuse" ladite paroisse en recherchant les liens de parenté entre les individus y ayant vécu à la même époque.

 

 

Biblio. "Larousse de la Généalogie" - Ed. 2002.

"Généalogie descendante, mode d'emploi" - Revue Généalogie Magazine n°282 - Juillet 2008.

30/06/2019

Particule ne rime pas toujours avec noblesse !

Qu'on se le dise : les particules nobiliaires, ces "de", "d'", "de la", "des" et "du", écrits en minuscules et précédant un patronyme, ne sont que très rarement synonymes de noblesse ! Bien des familles nobles n'en n'ont jamais eu, à commencer par la plupart des quelque trois mille anoblies sous l'Empire, comme les Murat ou les Suchet.

Si au XVIIIe siècle, on comptait 17 000 noms de famille authentiquement nobles, il n'en subsiste plus aujourd'hui qu'à peine 4 000 dont moins de 10 remontent à l'an 1400. Sous l'Ancien Régime, la noblesse représentait à peine 1 % de la population totale. Leurs membres se distinguaient dans les actes officiels non pas par une particule mais par des qualificatifs propres comme "écuyer", "chevalier", "noble", "noble homme"ou "noble dame", "Damoiselle".

particule blanchart.png

Bans de Mariage en date du 15 février 1611-Eglise Saint-Paul de Rouen- de Noble homme Guillaume Blanchard, seigneur de Mesnil-Raoul, mon sosa 2514

Les plus anciennes familles nobles sont nées bien avant que ne s'imposent les noms de famille. Elles étaient connues sous le nom de leurs terres ou de leur château, on parlait alors de "Maison", comme celle d'Harcourt en Normandie. A partir des XIIe et XIIIe siècles, lorsque les patronymes roturiers, nos noms de famille actuels, sont apparus, les nouveaux anoblis ont tout simplement ajouté ce nom à celui de leurs terres. C'est le cas de la famille Le Fevre d'Ormesson, une famille de la noblesse subsistante, originaire d'Île-de-France, anoblie en 1553 et propriétaire du Château d'Ormesson sur Marne.

particule chateau d'ormesson.jpg

Le château d'Ormesson-sur-Marne

Mais voilà, très vite, dans l'esprit des gens, la particule, synonyme de patrimoine donc de richesse, est interprétée comme "signe extérieur de noblesse". Les bourgeois vont s'empresser d'allonger leur nom en y ajoutant, à l'aide d'une préposition, celui de leur propriété. Leurs "obligés", en marque de respect, les doteront en outre d'une "particule de courtoisie". Résultat : Monsieur Dupont deviendra Monsieur de Du Pont du Château du Val. D'autres, plus fortunés, n'hésiteront pas à acquérir à prix d'or ce titre de noblesse si convoité et qui fera d'eux de simples "faux nobles", une noblesse d'apparence uniquement...

particule bourgeois.jpg

Pour conclure, il ne faut pas oublier ces officiants, curés et secrétaires de Mairie, qui, involontairement, vont maltraiter les patronymes, transformant nombre de Lachaussée en De La Chaussée, La chaussée ou bien encore Chaussée...

 

 

Biblio. "Qui étaient nos ancêtres ?" de Jean-Louis Beaucarnot - Ed. J.-C. Lattès, 2002.

14/04/2019

Au-delà de la signature...

Pour nous, généalogistes, se concentrer sur la signature d'un ancêtre a bien des avantages. Chaque signature est une empreinte manuscrite, la preuve indiscutable de la présence de la personne recherchée dans l'enregistrement de l'évènement auquel elle participe. En outre, une signature manuscrite concentre nombre d'informations utiles sur le niveau d'instruction et le rang dans l'échelle sociale de celui qui l'a écrite. Mais surtout, car c'est loin d'être négligeable, l'étude approfondie de l'évolution d'une signature tout au long de la vie de celui ou de celle à qui elle appartient, de celles de sa fratrie et plus encore de toute sa lignée, de la plus ancienne connue à la plus récente, permet de comprendre les évolutions et les variations orthographiques et phonétiques d'un patronyme. Comprendre comment, pourquoi et quand un nom de famille a muté et/ou s'est transformé.

signature volet 5 im 1.gif

Exemple d'évolution d'un nom de famille

 

Ce n'est pas tout. Regardez la disposition des signatures au bas d'un acte de mariage. Bien souvent, il est le reflet à la fois du degré d'implication des individus dans l'évènement mais aussi du rang de chacun dans la société locale : d'abord les mariés s'ils savent signer, puis les notables, les parents, les membres proches de la famille, les témoins, les amis et enfin le curé.

signature volet 5 im 2.jpg

Acte de mariage de mes ancêtres François Cordonnier et Marie Duval - 1781

 

Examinez attentivement la signature. Elle peut révéler le prénom que cet aïeul utilisait au quotidien parmi tous ceux qu'il avait reçus lors de son baptême. Le prénom usuel n'est pas forcément le premier prénom ! Certains signataires ajoutent à leur nom un complément indiquant la place qui était la leur au sein de la famille comme "Père"ou "fils". Bien utile en cas d'homonymie ! Comme la mention "l'ainé"ou "le jeune" qui permet de situer le déclarant par rapport aux autres membres de la fratrie. Au décès du père, il était d'usage que le fils aîné, en référence à son nouveau rôle de chef de famille, signe désormais de son seul nom, abandonnant à la fois l'indication de son prénom et du complément...

S'agit-il de la signature d'une femme mariée ? Signe t'elle de son nom de naissance ? De son nom d'épouse ? D'une combinaison des deux ? Est-elle veuve ? A t'elle conservé le nom de son mari ou repris son nom de jeune fille ? Les réponses à ces questions permettent de cerner l'espace d'autonomie dont elle disposait au sein de son couple et de sa famille.

La signature d'un ancêtre revient souvent dans des actes qui ne concernent pas sa parenté ? Il est souvent cité en qualité de parrain-marraine ou de témoin ? C'est une indication précieuse qui montre l'insertion sociale, la notoriété, l'étendue des relations qu'il entretenait avec son voisinage amical ou professionnel.

Autre bonne raison de s’intéresser aux signatures de ses ancêtres : en l'absence de photographies, par leur aspect graphique, elles complètent et illustrent agréablement une généalogie ou la rédaction d'une histoire de famille.

signature volet 5 im 0.jpg

Enfin, et sans pour autant faire de graphologie, la signature fait parfois état de la personnalité du signataire notamment lorsqu'elle est tracée d'une main expérimentée.

 

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.

Merci au site : guide-genealogie.com