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05/01/2020

Un noble peut en cacher un autre...

Gentilshommes, courtisans de la Cour du Roi, châtelains de campagne,... tous se disant volontiers nobles. Mais l'étaient-ils vraiment ? Car vivre noblement ne signifie pas être noble. Comment s'y retrouver entre la noblesse d'extraction et celle des anoblis, la noblesse authentique et celle usurpée ? Comment distinguer la noblesse chevaleresque ou d'épée de celle de l'Empire, la noblesse de robe de celle de cloche ?

La noblesse, qualifiée de "second ordre" par opposition au tiers état ou au clergé, ne représente sous l'Ancien régime que 1% de la population du royaume. Elle se segmente en 2 types : la noblesse d'extraction et la noblesse d'anoblissement. A ceux-ci, s'ajoute la noblesse étrangère reconnue en France.

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Hugues Capet (939/941-996), fondateur de la dynastie capétienne

La noblesse "d'extraction", c'est celle des plus anciennes familles, celles dont la noblesse est qualifiée "d' immémoriale", c'est à dire trop ancienne pour que l'on puisse en retracer l'origine. Ces familles là ne présentent aucune trace d'anoblissement ou celui-ci se perd dans la nuit des temps. Pour l'ensemble des provinces françaises, seules 3 familles remonteraient au XIe siècle, 300 autres seraient antérieures au XIVe siècle et 1000 familles remonteraient à 1550. Étaient nobles "d'extraction", notamment les Capétiens, qui pouvaient revendiquer cette qualité depuis l'an 852 ou les Rochechouart, depuis 980.

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Françoise de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan (1640-1707)

A la différence de la noblesse "d'extraction", l'acte fondateur de la noblesse "d'anoblissement" est quant à lui connu et conservé. L'anoblissement, ratifié par lettres patentes du roi, est enregistré devant les parlements. Cette noblesse d'anoblissement se compose de la "noblesse d'épée" qui compte en son sein les familles anoblies par la chevalerie ou des faits d'armes, de la "noblesse de robe" qui regroupe les familles anoblies par charge et de la "noblesse de cloche", celles anoblies par fonction. 

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Le prévôt et les échevins d'Amiens en 1689, nobles "de cloche"

Afin de distinguer le hobereau désargenté à l'ascendance chevaleresque d'un bourgeois enrichi et possesseur d'un fief, le roi Louis XIV (1638-1715) va décider, en 1666, de mener une grande enquête destinée à recenser les "vrais nobles". Ceux-ci devaient être en mesure de prouver leur noblesse depuis au moins l'an 1560. Pour justifier leur "état noble" en l'absence de titres officiels, certaines de familles, vont produire documents, attestations ou déclarations en tout genre en revendiquant haut et fort leur appartenance depuis toujours à cette classe. De nombreux bourgeois vont ainsi officialiser une noblesse que leurs aïeux avaient quelque peu usurpée. Dans ce cas, on parle "d'anoblissement par prescription" ou "usurpation" .

Si la Révolution abolit la noblesse en 1790, les souverains se succédant à la tête de la France de 1804 à 1870, vont s'employer à reconstituer une nouvelle noblesse, instituée non plus de privilèges, mais purement honorifique. Napoléon (1769-1821) crée "la noblesse d"Empire" récompensant plus de 3200 familles, en grande partie des militaires et des hauts-fonctionnaires. Ses successeurs, Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) permettent à environ 200 nouvelles familles d'accéder à cette catégorie. Sous la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe (1773-1850) n'accorde aucune noblesse mais donne des titres à 85 familles. Enfin, sous le Second-Empire, Napoléon III (1808-1873), tout en confirmant l'abolition de la noblesse, confère lui aussi environ 25 titres nouveaux.

 

A suivre...

Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.

03/11/2019

Une noblesse liée à "l'être" et non "l'avoir"

Il faisait bon être noble sous l'Ancien Régime, avant la Révolution française ! Au-delà de la considération et du prestige, cette qualité permettait de jouir de considérables privilèges. A ceux purement honorifiques, comme être présenté au roi, le servir, porter l'épée au côté, arborer des armoiries timbrées, utiliser un titre ou placer une particule devant son nom de terre,... s'ajoutaient des privilèges fiscaux non négligeables comme l'exonération de certains impôts, dont le principal, la taille. Les nobles bénéficiaient en outre de carrières privilégiées. Du fait de leur statut et non de leurs compétences, les postes de commandement les plus prestigieux, notamment dans l'armée, et les plus rémunérateurs bien sûr, leur étaient réservés.

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Caricature anonyme des trois ordres en1789

Cette position sociale, issue de traditions ancestrales, était bien entendu très enviée et très convoitée. Pour autant, n'est pas noble qui veux. Dans la majorité des cas, on héritait de ce statut. Être issu légitimement d'un père noble pour l'être soi-même. Cependant, seuls les fils transmettait la noblesse : les femmes nées nobles le restaient sans avoir pour autant la possibilité de léguer celle-ci à leurs descendants.

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Disposition en « statue équestre » d'un chevalier, sa monture cabrée

On pouvait aussi acheter sa noblesse. Ainsi, un roturier, souvent un proche du roi, pouvait être anobli, moyennant finances, par lettres patentes royales enregistrées au Parlement et à la Cour des aides. Cet anoblissement valait non seulement pour son bénéficiaire, mais aussi pour sa descendance masculine légitime.

L'anoblissement pouvait également découler de l'achat d'une charge ou d'un office. Les grands officiers de la Couronne, comme le Chancelier ou le Garde des Sceaux, recevaient immédiatement la noblesse s'ils ne la possèdent déjà. Les charges de Conseiller, Notaire, Secrétaire, etc., la fameuse "savonnette à vilain", nom donné au procédé de passage de la roture à la noblesse permettant à un parvenu ou à un bourgeois de faire oublier ses origines non nobles, octroyait une noblesse qui ne devenait héréditaire qu'après vingt ans d'exercice de la fonction. L'occupation de fonctions municipales dans les grandes villes du royaume telles que maire, prévôt des marchands, échevin, etc. conférait également la noblesse, une noblesse dite "de cloche".

noblesse,privilèges de la noblesse,acquisition de la noblesse,transmission de la noblesse

Le premier anoblissement royal connu date de 1271. A partir du règne du roi Henri IV (1553-1610), les Bourbons vont en faire un véritable commerce.

Enfin, au début du Moyen-âge, la tierce-foi ou l'acquisition d'un fief noble était un moyen efficace pour de riches bourgeois ou marchands de devenir noble. Il convenait alors d'en jouir noblement et d'en rendre hommage par trois fois (d'où le nom de tierce-foi), c'est-à-dire pendant 3 générations successives. Ce mode d'accession à la noblesse va prendre fin en 1579 par l'Ordonnance de Blois promulguée par le roi Henri III (1551-1589) qui précise que "les roturiers et non nobles, achetant fiefs nobles, ne seront pour ce anoblis", la noblesse étant liée à "l'être" et non "l'avoir".

 

A suivre...

 

Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" - n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.

01/09/2019

Les secrets de la généalogie descendante

Bien sûr, l'idée première, quand on démarre sa généalogie, c'est de remonter son ascendance le plus loin possible. Se considérer comme l'aboutissement d'une lignée et reconstituer le fil des générations qui nous ont précédés tout en ayant à l'esprit que la véritable source originelle ne sera jamais atteinte. Mais, à l'inverse, la redescendre, c'est, d'une part, la compléter en découvrant combien sont nombreux ceux auxquels nous sommes apparentés. Et d'autre part, c'est mettre à jour des cousinages insolites voire improbables, des alliances que nous aurions été loin d'imaginer et quelquefois des secrets de famille trop bien gardés.

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Mes arrières grands-parents maternels et leurs enfants

S'agissant de la généalogie ascendante, c'est mathématiquement rigoureux : deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, etc. Le parcours est étalonné, sans surprise. Rebondir de mariage en mariage donne à chaque fois ou presque les noms de la génération précédente ou au moins de sérieux indices. De la méthode, de la patience et on complète son arbre avec "la précision d'un entomologiste épinglant ses papillons !"

Avec la généalogie descendante, c'est plus complexe. Aucun acte ne vous donne d'emblée la liste de la génération suivante. Un individu n'a qu'un père et qu'une mère, mais combien a t'il eu d'enfants ? Et avec combien de conjoints différents ? En outre, les familles se sont souvent dispersées au fil des années. Les enfants d'un couple n'ont pas tous vécus dans le même village que leurs parents. Certains se sont parfois éloignés peu ou prou du berceau familial et sans toujours se fixer au même endroit. Pourquoi cet éloignement ? Quels métiers exerçaient-ils ? Que sont devenus leurs propres descendants ?

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La commune de Notre-Dame de Franqueville, berceau de ma famille

Étudier une famille dans son intégralité permet de mieux comprendre les évolutions sociales et patrimoniales de celle-ci, l'impact de l'histoire, la grande, sur la leur. Il s'agit là d'une quête sociologique qui aboutit à une généalogie bien vivante qui nous sort des registres.

Et quel plaisir de découvrir au fil du chemin un lien de parenté avec l'un de ses condisciples de classe, quel plaisir d'apprendre que tel personnage historique, telle vedette de la chanson ou du cinéma, tel champion sportif,... est un lointain cousin.

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Deux de mes lointains cousins, Bourvil et Fernand Raynaud

Bien entendu, il n'est pas réaliste de penser chercher les descendants de tous nos ancêtres. Pour ma part, je pars d'un personnage, d'une personnalité dont j'ai appris que les racines se situaient dans le même périmètre géographique que celui de mes ancêtres. Puis, j'explore sa généalogie (merci aux sites Généastar et Généanet). L'enquête aboutit dans le meilleur des cas à un couple commun ou, à minima, à une origine villageoise commune. Dans le premier cas, je repars de ce couple en élargissant mes recherches à tous les membres de la famille. Dans le second, je "creuse" ladite paroisse en recherchant les liens de parenté entre les individus y ayant vécu à la même époque.

 

 

Biblio. "Larousse de la Généalogie" - Ed. 2002.

"Généalogie descendante, mode d'emploi" - Revue Généalogie Magazine n°282 - Juillet 2008.