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20/12/2015

Ah, these Norman ! They are everywhere*...

*Ah, ces normands ! Ils sont partout... et plus encore qu'on ne le croit ! Tenez, l'anglais, la langue de Shakespeare, cette langue "internationale", celle des affaires et de l'informatique, l'une des plus parlées au monde, cette langue dominante qui s'impose partout... et bien, en réalité, elle est parsemée de milliers de mots normands, soit une bonne moitié de son lexique !

 

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Carte des pays de langue anglaise dans le monde

"Le normand, variété particulière du gallo-roman, autrefois parlé en Normandie, fait partie des langues d'oïl. Elle s'est modifiée au contact de l’anglo-saxon en intégrant des mots et tournures issus de l’anglais. Cela a  donné naissance au dialecte appelé l’anglo-normand." Et c'est celui-ci qui est aujourd'hui encore parlé en Angleterre".

Un exemple ? Le mot "pocket" (poche en français) est un emprunt du mot normand "pouquette" désignant une petite "pouque", un sac en toile de jute, cousu sur 3 cotés, de plus ou moins grande résistance, qu'on utilisait principalement pour stocker puis  livrer les pommes à cidre et qui, à l'occasion, servait aussi de vêtement aux mendiants.

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Guillaume le Conquérant (1028-1087)

C'est au début du IIème millénaire que tout a commencé, lorsque le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant (1028-1087), vainqueur de la bataille d’Hastings, est devenu Guillaume Ier d'Angleterre en recevant la couronne anglo-saxonne le 25 décembre 1066 dans l’abbaye de Westminster. La langue du nouveau roi devient celle du pouvoir. A cette époque, de l'autre côté de la Manche, on parle le "vieil anglais" mélange de northumbrien, anglien, saxon et kentois et de certaines langues celtiques comme le gallois, le cornique, l'écossais et le cambrien. Ce "vieil anglais" va s'effacer et, durant trois cents ans, la langue normande, synonyme de prestige et de culture, va s'imposer à la Cour comme dans toute l'aristocratie du pays, mais aussi dans le commerce, les tribunaux, l’administration et même l'éducation. Ainsi, au XIIIe et XIVe siècles, en application des règlements des Universités d’Oxford et de Cambridge, les étudiants ont le droit de parler entre eux soit en latin soit en normand, mais l'anglais leur est formellement interdit !

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La reine et le duc d’Édimbourg, lors de l’ouverture de la session parlementaire

 

Après la mort en 1135 d'Henri 1er Beauclerc, dernier fils de Guillaume le Conquérant, et l'arrivée de la dynastie des Plantagenêt, le normand cède le pas au français. Toutefois, la cour d’Angleterre va en maintenir l’usage. C'est pourquoi, aujourd’hui encore, le Parlement de Londres continue à avoir recours à des expressions anglo-normandes. Ainsi, en cas d'absence de la Reine, le greffier, qui a la responsabilité d’indiquer qu’elle est d’accord avec les lois qui ont été votées, le fait avec ces mots "La Reyne le veult". Autre témoignage de la place autrefois occupée par le normand puis le français au sein du pouvoir royal anglais, les armoiries de la couronne britannique portent toujours la devise officielle « Dieu et mon droit », de même que la devise de l’ordre de la Jarretière, le plus élevé des ordres de chevalerie, celui de « Honi soit qui mal y pense » (avec un seul « n »).

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet et au site https://languenormande.wordpress.com/tag/pocket.

12/03/2014

Une expression bien normande : mettre au rancart

Saviez-vous que l’expression « mettre au rancart », signifiant mettre de côté voire au rebut, serait issue de notre patois normand ?

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A noter que l'orthographe exacte du mot est bien "rancart" avec un « t » final. Il ne faut pas le confondre avec l’argotique "rancard", son homonyme, peut être issu du verbe « rencarrer », qui désigne un "renseignement confidentiel" ou bien encore avec l'expression populaire "filer un rancard", c’est-à-dire un rendez-vous...

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En Normandie, on disait « mettre au récart ». Dans notre patois, le verbe "récarter" voulait dire, au milieu du XVIIIe siècle, « épandre » en parlant du fumier. 

De ce verbe, et toujours en Normandie, est ensuite né le mot "récart". Il désignait bien évidemment le lieu où l’on met les objets au "rebut" comme un fumier pour les denrées avariées...

Et c’est ce mot qui, au fil du temps, s’est déformé en "rancart"….Cqfd !

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11/02/2014

Qui qu’oppose ? Qui qui catouille ? Qui pignote ? Qui vivote ?

Voici quatre expressions « ben t’cheu nous », c'est-à-dire bien Normandes !

« Qui qu’oppose ? » C’est l’équivalent du français courant  « pourquoi  pas ? » L’emploi du verbe « opposer » pour « empêcher » se retrouve fréquemment dans le patois normand. Jadis, on utilisait volontiers le verbe « opposer » dans le sens « on ne peut pas l’opposer de s’en aller si c’est son idée » comme dans celui de  « son mal l’oppose de dormir ». Ou bien encore comme dans cette expression plus courante en Basse-Normandie, « y a d’tché qu’oppose ».

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 « Qui qui catouille ?» signifie « qu’est-ce qu’il fait ? ». En Normandie, « Catouille » désigne également un homme efféminé, un peu tatillon, qui aime s’occuper du ménage par exemple. On disait aussi de lui qu’il était un « tâte minette » ou un « tâteux de poules ». Mais « catouiller » est aussi synonyme de « chatouiller » dans le Pays de Caux.

« Qui pignote vivote ! » En patois normand, grignoter, manger peu, par petits morceaux, parfois même avec dégoût, se dit « pignoter », « pignocher » ou « pingnoler ». C’est d’ailleurs le sens qu’avait le verbe « pignocher » en français du XVIIe siècle.

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Le dicton « Qui pignote vivote » signifie " qui mange peu, par nécessité ou par choix, ne peut être que « de petite vie »" : il n’a pas d’accès à « la grande vie » que permet l’opulence.

A contrario, le verbe « vivoter » ou « vieilloter », dérivé de l’adjectif de l’ancien français « vieil » devenu « vieux », se retrouve dans l’expression « Qui vivote vieillote » : celui qui mène une vie sans excès a des chances de vivre longtemps ! Sages sont les normands !

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Biblio et illustrations « Expressions familières de Normandie » de R. Lepelley et C. Bougy – Ed. Bonneton  1998 – « Boujou – Dictionnaire humoureux et savoureux de Normandie » de Miniac – Orep Ed. 2012 et « Bienvenue chez les Normands » de N. Sterin – Ed. De Borée 2011