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22/04/2018

L'arbre généalogique de Guillaume le Conquérant

Amis généalogistes, pour vous, cet arbre datant du XIVe siècle*. Il indique les descendants mâles de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie et roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume Ier, né à Falaise en 1027 ou 1028 et mort à Rouen le 9 septembre 1087.

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Vers 1050, Guillaume à épousé à Eu (Seine-Maritime) Mathilde de Flandre, fille de Baudouin V, comte de Flandre. Ils auront au moins dix enfants dont quatre fils. Trois d'entre-eux survivront à leur père.

C'est sur son lit de mort que Guillaume va leur annoncer ses dispositions testamentaires. Son fils aîné Robert Courteheuse recevra le duché de Normandie, le second, Guillaume le Roux, le royaume d'Angleterre, tandis qu'Henri n'obtiendra aucune terre mais une forte somme d'argent. Dès lors, ses fils vont se déchirer et rien ne se passera comme prévu...

L'aîné, Robert dit Courteheuse (v. 1050/52-1134), qui doit son surnom à sa petite taille, est fait Comte du Maine, puis duc de Normandie. L'historiographie anglo-normande le dépeint comme un prince faible et turbulent, incapable de gouverner le duché, mais cependant brave au combat. Héritier du duché de Normandie, il se heurte aux ambitions de ses deux frères cadets qui vont le combattre et le détruire. Il va terminer sa vie prisonnier et décède en février 1134, à plus de 80 ans. Il est inhumé dans l'église abbatiale Saint-Pierre à Gloucester

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Représentation de Guillaume le Roux dans une œuvre de Matthieu Paris (XIIIe siècle).

 

C'est Guillaume II dit Guillaume le Roux (v. 1060-1100), qui succède donc à son père comme roi d’Angleterre de 1087 à 1100. Les historiens du XIIe siècle ont donné de lui une image négative, le décrivant comme brutal, doté d'une morale douteuse et sans culture. Ceux d'aujourd'hui ont un avis plus nuancé. Ils reconnaissent que Guillaume a réussi à maintenir l'ordre en Angleterre et a restauré la paix en Normandie. Mort à seulement quarante ans, il n'a pas été en mesure de montrer l'étendue de ses capacités. Le jeudi 2 août 1100, il participe à une partie de chasse au cerf dans la New Forest (comté d’Hampshire en Angleterre) avec ses compagnons quand, en fin d'après-midi, il est tué par une flèche reçue en plein cœur.

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Représentation de Henri Ier Beauclerc

 

Contre toute attente, c'est enfin le cadet, Henri Ier Beauclerc (1068/69-1135), qui succède à son frère Guillaume II le Roux sur le trône d'Angleterre, en s'emparant au passage du duché de Normandie. Surnommé « Lion de Justice » pour son amélioration des rouages rudimentaires de l'administration et de l'appareil législatif du pays, il est considéré comme « un grand roi et un grand duc ». En qualité de benjamin de la famille, il était destiné à la prêtrise et avait reçu une éducation scolaire importante pour un jeune noble de cette époque. Il était probablement le premier chef normand à savoir parler en anglais. Il meurt à l'âge de 67 ans d'une intoxication alimentaire après avoir mangé des lamproies avariées en décembre 1135 à Saint-Denis Le Ferment (Saint-Denis-en-Lyons) en Normandie et est enterré à l'abbaye de Reading.

 

*Image publiée dans la reuve "L'histoire des Normands" - Les grandes civilisations de l'histoire -N° Hors-Série 08 - 2018.

Biblio. "La véritable histoire des Ducs de Normandie" de A. Davy - Ed. P. Galodé, 2011.

28/01/2018

Avis aux futurs parents à la recherche de prénoms originaux...

Le calendrier républicain, entré en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débutant le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l'« ère des Français », a révolutionné le quotidien de nos ancêtres durant 13 ans, jusqu'à son abolition le 31 décembre 1805.

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Les noms des mois et des jours furent conçus par le poète Fabre d'Églantine (1750-1794) avec l'aide d'André Thouin (1747-1824), jardinier du jardin des plantes du muséum national d’histoire naturelle.

calendrier républicain,usage de nouveaux prénoms issus de noms communs

Fabre d'Églantine (1750-1794)

 

L'année était découpée en douze mois de trente jours chacun, plus cinq jours complémentaires. Chaque nom de mois rappelait soit un aspect du climat français, comme "nivôse" (décembre-janvier) en rapport avec le thème de la neige, soit des moments importants de la vie paysanne comme "vendémiaire" (septembre-octobre) le mois des vendanges. Exit également les prénoms des saints du calendrier traditionnel, remplacés par des noms essentiellement du monde agricole. Ainsi, les mois de 30 jours étaient divisés en 3 décades et chaque jour portait le nom d'une plante, sauf les 5, 15 et 25 qui évoquaient un animal et les 10, 20 et 30 un outil.

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Extrait de la table décennale de l'an 2 de la Commune de Brive-la-Gaillarde (Corrèze)

 

Dans certaines régions, ces noms communs ont réellement été utilisés pour prénommer les nouveaux-nés. La Revue Française de Généalogie n°226 d'octobre-novembre 2016 a publié l'exemple de la table décennale de l'an 2 de la Commune de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) où l'on constate le strict respect du nouveau calendrier avec la naissance de "Plantoir" Lavergne le 30 ventôse (jour du plantoir), celle de "Fougère" Laroumé le 4 floréal, de "Carpe" Lasfargue le 26 du même mois, de "Concombre Lafon" le 8 messidor et même d'"Ecrevisse" Lapradelle le 25 fructidor.

Pierre-Valéry Archassal, l'auteur de l'article, précise "qu'une recherche généalogique sur ces enfants nous montre que la grande majorité d'entre-eux avait changé de prénom au moment de leur mariage pour retrouver une identité plus classique..."

 

07/01/2018

Douze ans et 1 mois !

Sur le registre paroissial des baptêmes, mariages et inhumation de l'église Saint-Valéry Meulers, paroisse normande située près de Dieppe, on découvre cette union où la mariée n'a que 12 ans ! Cette enfant épouse le frère de son beau-père, de dix ans son aîné !

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"Le mardi 28ème février 1702 a été célébré en l’Église de Meulers par Discrette personne Me René Chartier, Prestre Curé dudit lieu, le mariage entre Charles Lefebure, âgé d'environ 22 ans, de la paroisse de Bures, fils de défunt Charles Lefebure et de Susanne Vassel d'une part et Caterine Leprestre, aagée de douze ans accomplis et un mois suivant l'extrait de son baptistère, fille de défunt Nicolas Leprestre et de Catherine Delaunay de ladite paroisse de Meulers d'autre part. Les dites parties aiant été fiancées le 25 dudit mois et an et un banc de mariage ayant été publié au prône de la messe paroissiale dudit Meulers et Bures le dimanche 26 dudit mois et an, lesdites parties ayant obtenu la dispense de Monseigneur l’Archevêque de Rouen par les deux autres bans signée par Messieurs les Vicaires Généraux (...) sans aucune opposition ou empêchement auxdits fiançailles, bans et mariage lequel a été célébré comme dit est présence de Susanne Vassel mère de l'époux, François Lefebure frère dudit époux et père en loi de ladite épouse, Catherine Delaunay, mère de l'épouse..."

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Il faut savoir qu'en France, jusqu'à la Révolution, l'âge nubile était de 12 ans pour les filles et de 14 ans pour les garçons. Cette "nubilité", l'âge minimum pour se marier, diffère de la majorité matrimoniale, l'âge à partir duquel un individu peut se marier sans l'accord de ses parents ou tuteurs légaux.

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La législation révolutionnaire du 20 septembre 1792 fit évoluer l'âge nubile à 13 ans pour les filles et 15 pour les garçons. Douze ans plus tard, la création du code civil par Napoléon Bonaparte et la loi du 1er Germinal an XII (1er avril 1804) le fixe à 15 ans pour les filles et 18 pour les garçons (art. 144 du Code Civil). La dernière modification de l'âge nubile date du 4 avril 2006 : elle passe à 18 ans pour les filles. L'amendement a été voté dans le cadre de deux propositions de loi contre les violences conjugales. C'est à cette occasion seulement que, pour la première fois de l'histoire française, la nubilité des filles est devenue identique à celle des garçons. Toutefois, des dispenses peuvent être accordées pour « motifs graves ».

Impossible hélas de savoir ce qu'il est advenu de cette jeune épousée et si elle a eu des enfants... Douze ans plus tard, l'époux devenu veuf se remariera le 6 novembre 1714 au Val-du-Roy (Seine-Maritime) d'une jeune veuve de 6 ans sa cadette.