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06/11/2016

Une recette normande de Tatin au camembert

Non, bien sûr, la tarte Tatin, bien qu'aux pommes, n'est pas normande !... Les demoiselles Tatin tenaient aux XIXe siècle une auberge réputée à Lamotte-Beuvron, jolie cité du Loir-et-Cher en Sologne. Caroline (1847-1911) recevait la clientèle, tandis que Stéphanie (1838-1917) s'affairait en cuisine pour satisfaire les voyageurs, chasseurs et autres amateurs de cuisine traditionnelle solognote. D'après Maurice Edmond Saillant, connu sous le pseudonyme de Curnonsky (1872-1956), le "prince des gastronomes", leur cuisine était "pure, noble, simple comme les lignes des paysages de cette province, comme la langue qu'on y parle, comme la lumière qu'on y contemple."

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La tarte aux pommes renversée qui allait porter leur nom serait née d'une maladresse. Il se raconte qu'un jour d'affluence, dans la précipitation, Stéphanie aurait confectionné une tarte aux pommes en oubliant de foncer la pâte dans le moule. Elle aurait enfourné et les quartiers de pommes auraient caramélisé. Après s'être aperçue de sa bévue, elle aurait ajouté la pâte sur les pommes et enfourné de nouveau... Pour d'autres, la demoiselle aurait fait tomber sa tarte en la mettant au four et l'aurait tout simplement "rattrapée" en remettant dans le moule les pommes puis la pâte. Ni vu, ni connu !

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En fait, la tarte "renversée" aux pommes ou aux poires n'est autre qu'une ancienne spécialité de l'Orléanais que les sœurs Tatin ont rendue célèbre ! Le côté caramélisé servait à faire passer le jus acidulé des pommes tardives. L'histoire de la maladresse aurait été inventée par Curnonsky en 1926 pour "amuser" les journalistes lorsqu'il leur présenta à Paris la « tarte des demoiselles Tatin » .

Comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici une recette normande de Tatin : la Tatin de camembert aux pommes*. Entrée facile et bon marché, elle ne réclame que 10 mn de préparation et 15 mn de cuisson. Pour 2 personnes, prévoir un camembert au lait cru, 2 pommes normandes, 20 g de beurre demi-sel, 1 c. à soupe de sucre, 3 c. à soupe de vinaigre balsamique et du poivre de Sichuan ou poivre chinois.

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Tatin de camembert aux pommes

Épluchez les pommes et coupez-les en quartiers, puis en lamelle. Faites-les rôtir dans un beurre mousseux, avec la cuillerée de sucre. Déglacez au vinaigre balsamique. Coupez le camembert en deux dans le sens de l'épaisseur. Remettez chaque part, croûte vers le bas dans une demi-boîte de camembert. Rangez les lamelles de pommes en rosace. Passez les tatins au four quelques minutes à 120°C. (Th.4) pour les tiédir et servez les tatins avec des petites boules de pain au paprika. Bon appétit !

 

* Recette extraite de la revue "Normands en Cuisine", n°2 - Année 2013.

Biblio. "100 merveilles de la cuisine française" de La Reynière - Ed. du Seuil, 1971 - "Histoire divertissante et curieuse de la Gastronomie" de K. Stengel - Ed. Grancher, 2013.

Merci au site http://www.marmiton.org/

 

02/11/2016

Rouenneries et cretonnes : des trésors normands !

Au début du XVIIIème siècle, les chargements de coton, en provenance des colonies, arrivent au Havre puis remontent la Seine. Dans toute la Normandie, et particulièrement dans les régions proches du fleuve, se développent alors des activités de filage. Et les toiles qui sont tissées prennent rapidement le nom du lieu de leur fabrication.

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Ainsi, à Rouen, ce sont les Rouenneries. Il s'agit là d une spécialité de la capitale normande. Ce tissu a successivement été appelé Rouen, puis Rouannerie et enfin Rouennerie. Des toiles de laine ou de coton peintes, ou dominent des couleurs comme le rose, le violet et le rouge, et dont les dessins ou effets de relief résultent de l'agencement des fils, teints avant le tissage.

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Il est fait mention de Rouennerie des 1799 et Balzac (1799-1850), dans sa description de certains milieux bourgeois, n'en ignorait pas l'existence.

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Dans le même état d'esprit, à Creton, cité de l'actuel département de l Eure, ce serait bien sûr la Cretonne. Ce tissu de coton réalisé suivant l'armure de la toile, avec une chaîne et une trame équilibrées, employé surtout en ameublement y serait né vers 1723. Toutefois, s'il est bien exact que le village de Creton, aujourd'hui réuni à celui de Buis-sur-Danville, à toujours été impliqué dans la fabrication de toile de coton, voire de lin, et de chanvre, blanche ou imprimée, rien n'atteste véritablement qu'il soit le lieu de naissance de ce tissu. Ce qui est sûr, c'est qu'elle est normande. Mais, selon d'autres sources, la cretonne pourrait provenir d'un tisseur de Pont-de-Vire, un quartier de Vimoutiers (Orne), du nom de Paul Creton, qui, vers 1616, aurait inventé une nouvelle toile en fil de lin pur. Ou bien encore, le nom pourrait dérivé de celui de "courtonne", nom de deux cités du Calvados, Courtonne-la-Meudrac et Courtonne-la-Ville, où il existait effectivement des filatures de chanvre, non loin desquelles se trouvaient les tissages d'Alençon...

 

Biblio. "Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire" de G. Henry - Texto-Tallandier 1991 et 2012.

30/10/2016

La fleur de Lys

 « La France fut faite à coups d’épée.

La fleur de lys, symbole d’unité nationale n’est que l’image d’un javelot à trois lances.»

Charles de Gaulle (1890-1970)

 

"D'or sur champ d'azur", la fleur de lys, dont l'ancienne orthographe est" fleur de lis", est l'un des symboles de la royauté française. Et c'est aussi l'un des plus anciens emblèmes au monde. Mais saviez-vous que cette fleur de lys a peu à voir avec le lys que l'on trouve dans nos jardins ?

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Il s'agit en fait d'une fleur mythique qui proviendrait pour certains de l'iris, "lis" en néerlandais, et pour d'autres du glaïeul. D'autres encore considèrent que ce symbole est "une fleur", c'est-à-dire un meuble héraldique qui n'a pas de réalité botanique.

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Pépin le Bref (715-768)

 

Présente chez le chrétiens romains et byzantins, chez les Wisigoths comme aussi chez les Lombards, la fleur de lys apparaît dans le monde franc à la fin du règne de Pépin le Bref (715-768) et au début de celui de Charlemagne (742-814). Elles vont servir notamment d'ornement aux armoiries, un cadeau que nous ont laissé les rois Capétiens avec l'évolution de l'équipement militaire. Si le premier d'entre-eux, Hugues Capet (940-996), arborait déjà sur son sceau une couronne de trois lys, c'est Suger de Saint-Denis (1080-1151), l'homme de confiance et le conseiller du roi Louis VI dit « le Gros » (1081-1137) et Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux (1090-1153) qui proposent pour la première fois au souverain d'arborer ce symbole biblique qu'est la fleur de lys sur ses armoiries. La pureté du lys est en effet associé à la Vierge Marie. L'emblème se veut évocateur : le roi des Francs se montre ainsi à tous comme, à l'image de la mère du Christ, l'unique intermédiaire entre Dieu et les hommes.

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Louis VI dit « le Gros » (1081-1137)

Quant à l'expression « fleur de lis », elle va naître peu après 1160, sous le règne de Louis VII dit « Louis le Jeune » (1120-1180), dans "Érec et Énid", premier roman arthurien de Chrétien de Troyes (1130-1190). Elle viendrait du latin "lilium", fleur de li ou fleur de roi. Et jusqu'à la Révolution, cette fleur de lys va représenter la France avant de symboliser l'unité nationale.




Biblio. "Histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

Merci aux nombreuses pages sur ce thème et notamment à Wikipédia.