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14/04/2019

Au-delà de la signature...

Pour nous, généalogistes, se concentrer sur la signature d'un ancêtre a bien des avantages. Chaque signature est une empreinte manuscrite, la preuve indiscutable de la présence de la personne recherchée dans l'enregistrement de l'évènement auquel elle participe. En outre, une signature manuscrite concentre nombre d'informations utiles sur le niveau d'instruction et le rang dans l'échelle sociale de celui qui l'a écrite. Mais surtout, car c'est loin d'être négligeable, l'étude approfondie de l'évolution d'une signature tout au long de la vie de celui ou de celle à qui elle appartient, de celles de sa fratrie et plus encore de toute sa lignée, de la plus ancienne connue à la plus récente, permet de comprendre les évolutions et les variations orthographiques et phonétiques d'un patronyme. Comprendre comment, pourquoi et quand un nom de famille a muté et/ou s'est transformé.

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Exemple d'évolution d'un nom de famille

 

Ce n'est pas tout. Regardez la disposition des signatures au bas d'un acte de mariage. Bien souvent, il est le reflet à la fois du degré d'implication des individus dans l'évènement mais aussi du rang de chacun dans la société locale : d'abord les mariés s'ils savent signer, puis les notables, les parents, les membres proches de la famille, les témoins, les amis et enfin le curé.

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Acte de mariage de mes ancêtres François Cordonnier et Marie Duval - 1781

 

Examinez attentivement la signature. Elle peut révéler le prénom que cet aïeul utilisait au quotidien parmi tous ceux qu'il avait reçus lors de son baptême. Le prénom usuel n'est pas forcément le premier prénom ! Certains signataires ajoutent à leur nom un complément indiquant la place qui était la leur au sein de la famille comme "Père"ou "fils". Bien utile en cas d'homonymie ! Comme la mention "l'ainé"ou "le jeune" qui permet de situer le déclarant par rapport aux autres membres de la fratrie. Au décès du père, il était d'usage que le fils aîné, en référence à son nouveau rôle de chef de famille, signe désormais de son seul nom, abandonnant à la fois l'indication de son prénom et du complément...

S'agit-il de la signature d'une femme mariée ? Signe t'elle de son nom de naissance ? De son nom d'épouse ? D'une combinaison des deux ? Est-elle veuve ? A t'elle conservé le nom de son mari ou repris son nom de jeune fille ? Les réponses à ces questions permettent de cerner l'espace d'autonomie dont elle disposait au sein de son couple et de sa famille.

La signature d'un ancêtre revient souvent dans des actes qui ne concernent pas sa parenté ? Il est souvent cité en qualité de parrain-marraine ou de témoin ? C'est une indication précieuse qui montre l'insertion sociale, la notoriété, l'étendue des relations qu'il entretenait avec son voisinage amical ou professionnel.

Autre bonne raison de s’intéresser aux signatures de ses ancêtres : en l'absence de photographies, par leur aspect graphique, elles complètent et illustrent agréablement une généalogie ou la rédaction d'une histoire de famille.

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Enfin, et sans pour autant faire de graphologie, la signature fait parfois état de la personnalité du signataire notamment lorsqu'elle est tracée d'une main expérimentée.

 

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.

Merci au site : guide-genealogie.com

07/04/2019

La première machine à calculer est rouennaise

Déjà à cette époque, gérer et répartir les impôts de cette grande ville qu'est Rouen au XVIIe siècle n'est pas chose aisée ! Etienne Pascal (1588-1651 ), Surintendant de la généralité de Rouen, commissaire délégué par le Roi pour l’impôt et la levée des tailles, l'apprend chaque jour à ses dépens ! ll passe tout son temps à additionner des chiffres à l'aide de jetons. Il compte, annule, corrige, recompte... Tel est son quotidien ! Un vrai casse-tête chinois !

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Blaise Pascal (1623-1662)

 

Devant le désarroi de son père, souhaitant lui venir en aide, son fils, Blaise Pascal (1623-1662), va concevoir une machine révolutionnaire capable d'effectuer des opérations justes et rapides. Elle se présente sous la forme d'un gros coffret en laiton et est d'un usage simple : les nombres sont composés sur une rangée de cadrans correspondant aux unités, dizaines et centaines.

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Une pascaline signée par Blaise Pascal en 1652 - Musée du Conservatoire national des arts et métiers à Paris

Le tout jeune homme, qui avait redécouvert les principes de la géométrie euclidienne sept ans plus tôt, va pour ce faire se servir de l’arithmétique et de la technique des engrenages déjà utilisée par l'astronome allemand Wilhelm Schickard (1592-1635). Mais, et là est tout son génie, il va ajouter un cliquet permettant de reporter automatiquement les retenues. En 1642, après trois ans d'essais, la "Pascaline", d'abord dénommée "machine d’arithmétique" puis" roue pascaline", est totalement opérationnelle : elle additionne et soustrait à volonté !

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Le principe de la "pascaline" est encore appliqué aujourd'hui pour les compteurs kilométriques des automobiles.

Quant à la première calculatrice capable d'effectuer les quatre opérations, elle naîtra en 1673 du cerveau du Philosophe et scientifique Allemand Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716).

 

Biblio. "Les 100 inventions qui font la fierté de la France" d'E. Hecht - Le Figaro-Magazine, 2018.

31/03/2019

Monnaie de nos aïeux : le franc

La valeur du franc, qui a été l’unité monétaire de la France jusqu'au 31 décembre 1998, a beaucoup varié au cours des siècles. Il a connu tous les métaux, des plus précieux aux plus ordinaires comme les pièces en zing de la période de Vichy.

La tentation d'attribuer le parrainage du franc à nos ancêtres, les envahisseurs Francs, si tentante qu'elle soit, n'a rien à voir dans l'affaire. Voici l'histoire : les premiers francs furent frappés à Compiègne le 5 décembre 1360, pour aider à payer la rançon du roi Jean II dit Le Bon, (1319-1364) capturé par les Anglais le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers.

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Franc à cheval ou Franc jaune de Jean Le Bon

Ceux-ci exigèrent contre sa libération la somme de 4 millions d'écus. Pour ce faire, le régent Charles, futur Charles V, son fils, fit frapper une nouvelle pièce représentant un chevalier armé de pied en cape, sur son destrier : un chevalier "libre" pour la rançon d'un roi prisonnier. Cet écu d'or, ce "franc" au sens de "libre" (comme dans l'expression zone franche), qui va être appelé dès lors par nos ancêtres "le franc à cheval" ou "franc jaune", pesait 3,87 g d'or fin équivalant à 1 livre tournois ou 20 sols. Malgré cet effort financier Jean le Bon mourut en captivité et  Charles V fera frapper en 1366 une monnaie de même qualité et valeur, elle aussi en or, représentant un roi debout et appelée cette fois "franc à pied".

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Franc d'argent ou Franc blanc d'Henri III

Un nouveau nom venait d'être donné à notre monnaie qui jusqu'alors avait porté celui de livre : ces deux noms désignèrent désormais une même "monnaie de compte" qui se perpétua en changeant souvent de valeur et donc aussi de métal.

On doit le franc d'argent ou "franc blanc" au roi Henri III (1551-1589) qui le fit frapper le 31 mai 1575. Il vaut 20 sols et 4 deniers, soit une valeur légèrement supérieure à la livre tournois. En même temps, on frappe ses subdivisions : le demi-franc et le quart de franc.

Avec la loi du 28 thermidor an III (15 août 1795), le franc devient l'unité monétaire française. Sa contenance est de 5 grammes d'argent. Le système décimal est confirmé : le franc est subdivisé en 10 décimes ou 100 centimes.

 

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Pour vous, amis généalogistes, une grille, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "franc" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1466 et 1662.

 

A suivre...

 

Biblio. "Le Franc était notre monnaie" - Article de J. Réveilliez, Gé-Magazine n°211.