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28/06/2015

La sauce du Marquis de Béchameil

De ce normand, un « homme d'esprit » d'après Saint-Simon (1675-1755), on ne sait en vérité que peu de choses, si ce n'est qu'il « inventa » la sauce qui porte encore aujourd'hui son nom : la sauce béchamel.

 

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Marquis de Nointel, Louis de Béchameil naît à Rouen (Seine-Maritime) vers l'an 1630. Fin financier, il profite des troubles de la Fronde (1648-1653) pour s'enrichir. De fermier général, il devient Surintendant de la maison du Duc d'Orléans avant d'acquérir la charge de maître d'hôtel du roi Louis XIV (1638-1715). C'est alors que son nom entra dans la postérité !

 

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Favori du roi, connaissant sa passion pour un certain art de vivre, étant tout comme lui gourmand autant que gourmet, Béchameil, qui aime cuisiner, va s'employer à perfectionner une sauce ancienne, peut être rapportée en son temps à la cour de France par la reine Catherine de Médicis (1519-1589). Si l'on en croit le marquis normand, il aurait eu la bonne idée d'ajouter au roux, mélange de farine et de beurre, un simple jus de viande. Le résultat est divin : une sauce succulente, à la fois riche et subtile, qui méritera de figurer dans ce que Carême (1784-1833) appela « les sauces mères ». Et c'est un fait qu'à partir de la sauce Béchameil d'autres sauces vont naître comme la sauce Nantua ou la Mornay.

 

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« La sauce de Béchameil » est mise pour la première fois à l'honneur sous ce nom par François Pierre de La Varenne (1615-1678), cuisinier de Nicolas Chalon du Blé, dans son livre-monument de la cuisine française « Le Cuisinier François » publié en 1651. Le maître queux du marquis d'Uxelles a t'il dédié sa propre sauce au marquis en reconnaissance ou pour lui faire plaisir ? Ou bien, ce dernier, par prétention, a t'il exigé que sa "création" porte son nom ?

Mais voilà, au fil du temps, la particule comme l'avant-dernière lettre du nom du marquis disparurent proprement. Ne reste plus aujourd'hui que la béchamel, sans même une majuscule ! Quant à la recette, elle a bien évolué elle-aussi ! Fini le jus de viande initialement prévu, il a été remplacé par du lait ou de la crème pour gagner en onctuosité. Quant à Louis de Béchameil, il mourut à Paris le 4 mai 1703.

 

Biblio. « 100 merveilles de la cuisine française » de La Reynière – Ed. Courtine 1971 - « Un marquis en cuisine chez le roi » - Revue Historia – Dec. 2009 - « Louis de Béchameil » - Rouen-Lecture n° 3 – Oct.-Nov. 1992.

03/06/2015

Un normand, père de "Paul et Virginie"

Le saviez-vous, c'est chez nous, en Normandie, que naquit le père de "Paul et Virginie" ! Jacques Bernardin Henry de Saint-Pierre voit le jour au Havre, le 19 janvier 1737, "Fils de Nicolas de Saint-Pierre, Directeur de la messagerie de la ville, et de Catherine Godebout, sa femme". Tout jeune déjà, il fait preuve d'un esprit rêveur et aventureux, sensible aux charmes de la nature et désireux de l’inconnu.

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Acte de naissance de Jacques Bernardin Henry de Saint-Pierre, paroisse Notre-Dame du Havre

A 20 ans, Ingénieur des Ponts et Chaussées, il entreprend de voyager et part pour l’Allemagne, l’Ile de Malte, puis la Hollande, la Russie, la Pologne,... Mais c’est son long séjour de trois années à l’Ile de France, aujourd’hui l’Ile Maurice, qui va le plus combler ses espérances et qui semble être à l’origine de sa carrière littéraire et de son succès.

De retour à Paris en 1771, il fréquente les salons philosophiques, la Société des gens de lettres et devient ami et disciple de Rousseau (1712-1778) dont il partage le vif attachement pour une nature amie. Il publie alors plusieurs ouvrages et parmi ceux-ci ses « Études de la nature » dont la quatrième partie n’est autre que la charmante pastorale exotique de « Paul et Virginie » (1788) qui va obtenir un énorme succès et le consacrer comme un grand peintre de la nature.

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Le passage du torrent - Paul et Virginie - Girodet - 1806

Avec sa forme de sensibilité qui lui est propre, l’écrivain y révèle une exceptionnelle maîtrise de la description. Son goût prononcé pour une « mélancolie voluptueuse » et le plaisir de la solitude annonce les Romantiques dont Chateaubriand.

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Bernardin de Saint-Pierre

En 1792, âgé de 55 ans, alors qu’il vient d’être nommé intendant du Jardin des Plantes de Paris, il épouse Félicité Didot, qui n’en a que 22 ! Ils auront deux enfants, un garçon et une fille, qu’ils prénommeront tout naturellement Paul et Virginie ! Veuf, il se remariera en 1800 à Désirée de Pelleport, jeune et jolie personne qui sera à ses côtés jusqu'à sa mort le 21 janvier 1814, comblé d’honneurs par l’Empire, dans sa campagne d’Eragny, sur les bords de l’Oise.

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Statue de Louis Holweck élevée au Jardin des Plantes de Paris

Lamartine (1790-1869), Balzac (1759-1850) et Flaubert (1821-1880) lui rendront indirectement hommage. En effet, trois de leurs héroïnes, respectivement Gaziella (Graziella, 1849), Véronique (Le médecin de campagne, 1833) et Emma Bovary (Madame Bovary, 1856) apparaissent chacune penchée sur son roman  « Paul et Virginie ».

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

10/05/2015

Chapeau Monsieur Anquetil !

Saviez-vous que c'est un coureur cycliste normand qui a gagné successivement le plus de tours de France ? Quatre fois de suite, de 1961 à 1964, c'est là l'exploit toujours inégalé de Jacques Anquetil ! Il est aussi le premier coureur de l'histoire à avoir remporté à cinq reprises le Tour de France et mieux encore, en 1961, il va conserver la tête du classement de la première à la dernière étape du Tour !

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 Jacques Anquetil (1934-1987)

 

Né dans la banlieue rouennaise le 8 janvier 1934, d'un père reconverti dans la culture des fraises, ce qui lui devra d'ailleurs l'un de ses premiers surnoms, « le fraisiériste de Quincampoix », Jacques Anquetil signe sa première licence amateur à l'Auto-Cycle Sottevillais le 2 décembre 1950. Après 16 victoires chez les amateurs, dont le Prix Maurice Latour le 3 mai 1951 à Rouen, sa première victoire, le Prix de France, le Tour de la Manche et le Championnat national sur route l'année suivante, il devient cycliste professionnel en 1953 et le restera ce jusqu'au 27 décembre 1969 en signant 184 victoires !

 

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Le Château Anquetil

 

Après avoir rendu son maillot, il retourne vivre chez lui, en Normandie, à la Neuville-Chant-d'Oisel, dans sa propriété baptisée « Château des Elfes ». Dominant la vallée de l'Andelle, elle est entourée à perte de vue de prairies vallonnées. Là, sur 28 hectares, il joue au gentleman-farmer. 

Cette propriété, construite en 1835 par le grand-père de Guy de Maupassant, était le rendez-vous de l'élite des sciences et des arts de Rouen. Gustave Flaubert (1821-1880), ami intime de la famille, y a d'ailleurs séjourné bien souvent

 

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 Anquetil et Poulidor , Tour de France 1966

 

Champion hors normes, auteur d’exploits inégalés, « Maître Jacques » a longtemps été « célèbre sans être populaire ». Il faut dire que le normand « était un héros transgressif et dominant, dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée. » Longtemps, les français lui préféreront l'éternel second, le gentil «Poupou», Raymond Poulidor, de deux ans son cadet. Il est vrai que les deux hommes se livreront un duel homérique comme en 1964 sur le Tour de France où Anquetil gagnera avec seulement cinquante-cinq secondes d'avance sur Poulidor. Non sans humour, à la veille de sa mort survenue le 18 novembre 1987, il aurait déclaré à son rival de toujours venu le visiter : « Mon pauvre Poupou, encore une fois, tu vas finir deuxième ! »

 

Biblio. « Illustres Normands » - H-S Ouest-France 2011.