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08/06/2016

Rouen a abrité le premier grand maître faïencier français !

C'est le plus inconnu des faïenciers français et pourtant ce n'est pas n'importe qui ! Artiste de génie, le normand Masséot Abaquesne est reconnu comme étant, et dès 1542, c'est-à-dire 20 ans avant Bernard Palissy (1510-1590) dont la renommée l'éclipsera pourtant, le premier grand maître faïencier de France ! Sa production de faïences est proche des majoliques italiennes. Il a à son actif la fabrication de magnifiques carreaux de céramique représentant des scènes historiées, des motifs d’arabesque, des emblèmes et des armoiries dans ce style italien prépondérant à la Renaissance.

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Le Déluge, embarquement sur l'Arche, de Masséot Abaquesne (1550)

Exposé au musée national de la Renaissance d'Écouen.

 

Né à Cherbourg (Manche) vers l'an 1500, on ne sait en réalité que peu de choses de lui si ce n'est qu'il aurait complété sa formation auprès des maîtres italiens de Faenza, la petite ville d’Italie qui a donné son nom à la « faïence ». Son identité apparaît pour la première fois dans un acte notarié de rouennais daté d'octobre 1526 où il est cité comme « emballeur » habitant de la paroisse Saint-Vincent. On sait qu'il dirigea une importante entreprise sise rue d'Elbeuf, au faubourg Saint-Sever, le quartier des potiers et qu'il prit part au développement de la manufacture de faïence de Rouen dont il devint même directeur.

Son œuvre la plus connue est le pavement exécuté entre 1540 et 1548 pour le château du connétable de France Anne de Montmorency (1493-1557), à Écouen (Val-d'Oise). Expression d'une technique très maîtrisée, il s'agit là d'un véritable tapis de faïence dont une partie est toujours visible in situ et en très bon état.

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Colombier de Boos (Seine-Maritime)

 

A son actif également, le pavement, aujourd'hui dispersé, de la chapelle du Château de la Bastie d'Urfé daté de 1557 et réalisé pour Claude d'Urfé (1501-1558), ambassadeur à Rome puis gouverneur des enfants de Henri II (1519-1559). Le musée du Louvre expose la partie la plus belle, c'est-à-dire le pavement de la marche de l'autel. Abaquesne est aussi l'auteur des carreaux de faïences qui ornaient le magnifique colombier de Boos (Seine-Maritime) construit par  l'abbesse Guillemette d'Assy en 1520.

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ALBAREL en faïence de grand feu,  décor polychrome dit " AU BUSTE de PROFIL" -

Partie de la commande de pots de pharmacie de l'apothicaire rouennais Pierre DUBOSC.

 

Il n’a pas limité sa production aux seuls revêtements faïencés. Comme le développement de la faïence a aussi accompagné celui de la médecine, il a également réalisé en 1545 pour l'apothicaire rouennais Pierre Dubosc 4152 pots émaillés destinés à confiner poudres, sirops, pilules et onguents et dont de nombreux éléments nous sont parvenus.

À sa mort vers 1564 à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), son fils Laurent continuera son œuvre aux châteaux d'Écouen et de Chantilly. Mais, à la fin du XVIIIe siècle, la porcelaine de Sèvres ou de Limoges entraînera le déclin de la faïence rouennaise.

 

Biblio. "L'Almanach de la Normandie" de B. et Cl. Quétel - Larousse 2002.

 

08/05/2016

Jean Grémillon, un cinéaste normand

Son nom ne vous dit peut être rien. Pourtant, ce normand là est l'un des réalisateurs les plus importants de l'histoire du cinéma français ! Il a à son actif une œuvre cinématographique considérable, dont 17 longs métrages, paradoxalement très peu connue du grand public, à part peut être "L'étrange Monsieur Victor" et surtout "Remorques" avec Jean Gabin (1904-1976) et Michèle Morgan, deux films pleins de réalisme et de poésie qui ont marqué la mémoire collective.

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Jean Grémillon (1901-1959)

Jean Grémillon est né rue Bellefontaine à Bayeux (Calvados), le 3 octobre 1901. Fils de cheminot, après des études musicales, il débarque à Paris en 1920 et y travaille comme pianiste de salle. C'est l'époque du cinéma muet.

Après avoir fait ses premières armes dans le 7ème art comme titreur, il s'oriente tout d'abord vers le documentaire. Il réalise sur commande des courts-métrages liés au monde du travail. En 1928, dès la fin du muet, il tourne enfin son premier long-métrage "Maldone" sous l'œil bienveillant de Charles Dullin (1885-1949), qui produit le film tout en incarnant le premier rôle. Le succès est médiocre.

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A partir de 1937, tout change avec deux films qui vont enfin lui assurer la consécration artistique et populaire qu'il attend. Tout d'abord "Gueule d'amour" avec Jean Gabin qui sera un énorme succès commercial et l'année suivante "L'Étrange Monsieur Victor" avec Raimu (1883-1946) en "méchant". Et puis ce sera notamment "Remorques" en 1941... "Grand portraitiste de la femme moderne, à travers les personnages interprétés par Madeleine Renaud, son actrice fétiche, il se livre à une entreprise de déconstruction de l'image de la femme fatale ou victime véhiculée par le cinéma dominant. Son dernier film, L'amour d'une femme (1953), est d'un féminisme d'avant-garde".

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Jean Grémillon , ce réalisateur et scénariste de talent, aura aussi composé la musique de certains de ses films, notamment celle du Six juin à l'aube (1944). Celui qui avait conservé une maison familiale en Normandie, à Cerisy-la-Forêt (Manche), s'est éteint prématurément à Paris le 25 novembre 1959.

 

Merci notamment aux pages Wikipédia sur le sujet et au site cinema.encyclopedie.personnalites.

23/03/2016

Pléville Le Pelley , un rebelle granvillais à la jambe de bois

Un jambe qui ne l'a aucunement empêché de devenir Ministre de la Marine et des Colonies ! Nous sommes le 15 juillet 1797. Le Directoire vient de récompenser l'ardeur d'un homme d'exception, honnête et désintéressé, un grand marin, un corsaire de premier ordre, un brave de soixante-et-onze ans qui n'a jamais faibli !

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Georges-René Le Pelley de Pléville - Portrait réalisé à Versailles en 1786

 

Mais reprenons l'histoire à son début. Georges-René Le Pelley de Pléville, dit « le Corsaire à la jambe de bois », puis, après la Révolution "Pléville Le Pelley", est né à Granville (Manche) le 18 juin 1726. Il est l'héritier d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise qui a jadis fait fortune dans les armements maritimes.

Malgré des études classiques qui auraient dû le mener dans les ordres, le jeune homme choisit la navigation. A 13 ans, il embarque pour la pêche à la morue sur "le Comte-de-Thorigny", un navire armé par des parents. Des conditions de vie particulièrement rudes ne vont en rien le décourager, loin de là.... Il continue de naviguer, part au Canada puis aux Antilles et, après des études de mathématiques et d'hydrographie, devient officier corsaire.

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En juin 1744, à seulement 18 ans, il est premier lieutenant sur la "Françoise-du-Lac". Près d'Ouessant, ce corsaire granvillais de 30 tonneaux, 6 canons et 60 hommes d'équipage ne peut éviter un combat inégal contre 2 navires ennemis mieux armés. Touché par un boulet ramé qui lui coupe la jambe droite, on emploie la scie, l'opération est cruelle. Fait prisonnier de guerre, il réussit malgré tout à s'évader et retourne au combat.

En 1758, il s'engage dans la Marine Royale. Capitaine de port à Fort-Royal (Martinique) en 1763, puis à Marseille en 1766, il quitte ses fonctions en 1778 et repart combattre pour l'indépendance américaine aux côtés de l'amiral d'Estaing. Il en revient avec dans la tête des aspirations de liberté... qui lui font accueillir la Révolution avec enthousiasme.

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Statue de Pléville Le Pelley à Granville

 

Ministre, il démissionne de son poste le 27 avril 1798. Promu vice-amiral, il reprend le commandement des ports de la République dans la mer Adriatique.

Georges-René Pléville Le Pelley meurt à Paris le 2 octobre 1805. Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus, Napoléon avait fait de lui un des premiers Sénateurs et grands officiers de la Légion d'honneur.

 

Biblio. "Illustres Normands" 2ème édition - HS Ouest-France.