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NORMANDS CELEBRES

  • Un normand, premier centenaire des français

    Qu'ont donc en commun Jeanne Calment, Antoinette Pétin et André de La Souctière ? Tous les trois ont été les doyens de leur siècle ! S'il y a certainement eu des centenaires avant le XVIIIe siècle, aucun d'eux n'a pu être prouvé.

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    Le premier centenaire des français réellement "attesté" est un normand ! André Lévesque de la Souctière, dit La Souctière-Lévesque, né à Granville le 1er octobre 1668 et mort à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 5 septembre 1772, corsaire de son état et  premier doyen du XVIIIe siècle  ! 

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    Acte de baptême et acte de sépulture de André Lévesque de la Souctière

    Concernant le siècle suivant, le titre est remporté par une Audomaroise, Antoinette Pétin, née le 1er août 1766 à Saint-Omer (Pas-de-Calais) - paroisse Saint-Sépulcre, où elle est décédée le 21 juillet 1868 à l'âge de 101 ans.

    Au XXe siècle, la couronne revient à Jeanne Calment, la supercentenaire française, née le 21 février 1875 à Arles (Bouches-du-Rhône) où elle est décédée le 4 août 1997, à l'âge de 122 ans, 5 mois et 14 jours. Doyenne des Français à partir du 20 juin 1986, mais aussi doyenne de l'humanité à compter du 11 janvier 1988 ! Elle est à ce jour l'être humain ayant vécu le plus longtemps parmi les personnes dont la date de naissance a pu être vérifiée.

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    Jeanne Calment

    Le doyen des Français est actuellement le niçois André Boite. Il a soufflé ses 111 bougies le 6 décembre dernier. Quant au titre de doyenne de l’humanité, après le décès de la japonaise Kane Tanaka le 19 avril dernier à l'âge de 119 ans, il revient aujourd'hui à une française native d'Alès (Gard), sœur André, âgée seulement de 118 ans !

    A la fin du XVIIIe siècle, alors qu'on ne comptait qu'une centaine de centenaires, Buffon (1707-1788) estimait qu’une personne bien portante, qui n’aurait subi aucun accident ni souffert d’aucune maladie, pourrait espérer vivre jusqu'à cet âge mais pas davantage ! Et pourtant, la France métropolitaine d'aujourd'hui comptait 27 500 centenaires fin 2021 ! "Ils" et plus encore "elles" pourraient être sept fois plus nombreux en 2060. Cette multiplication des centenaires et l’apparition de « super-centenaires », âgé-e-s de 110 ans ou plus, pose la question de la limite de la longévité humaine. D'après les scientifiques, la durée de vie maximale d’un être humain se situerait entre 120 et 150 ans. Selon eux, il existe deux marqueurs de vieillissement : l'âge biologique qui dépend des modes de vie, des maladies chroniques et des tensions subies par l'organisme et la résilience, c'est-à-dire la capacité de notre corps à se remettre de problèmes de santé.

    En France, selon l’Insee, l’espérance de vie à la naissance en 2019 était de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes.

     

  • Comment peut-on perdre trois fois la même jambe ?

    C'est pourtant ce qui est arrivé au normand René Georges le Pelley de Pléville, né à Granville (Manche), le 18 juin1726. Issu d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise qui a fait fortune dans les armements maritimes, c'est à la mort de son père en 1739 qu'il embarque comme volontaire sur un morutier. Un an plus tard, il rejoint Le Havre pour s'engager comme enseigne sur un bateau à destination du Quebec.

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    René Georges le Pelley de Pléville (1726-1805)

    Il n'a seulement que 14 ans et pour lui l'aventure commence ! En 1744, quand éclate la guerre avec l'Angleterre, il sert sur un corsaire havrais. Et c'est lors d'une attaque qu'un boulet de canon ennemi lui arrache la jambe droite. Amputé à la scie à tout juste 18 ans, il va désormais marcher avec un pilon. Qu'importe, à peine rétabli, il reprend la mer. Moins d'un an plus tard, un boulet emporte... sa jambe de bois ! Ouf !.... « Le boulet s'est trompé, dit-il, il n'a donné de l'ouvrage qu'au charpentier ! »

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    En 1748, après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle, la paix un temps revenue, le voici à 23 ans plus jeune capitaine de la marine de commerce française. Les années passent puis les hostilités avec l'Angleterre reprennent de plus belle. Il commande « L'Hirondelle » quand, le 8 avril 1762, affrontant trois navires corsaires de la Compagnie anglaise des Indes, un boulet vient à nouveau fracasser sa jambe de bois. « C'est la troisième fois que je perds la même jambe » dit-il en riant. Et heureusement ce sera aussi la dernière !

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    Sculpture de Serge Santucci - Roc de Granville

    En 1762, il est fait Lieutenant de frégate de la Marine royale puis Capitaine de port à la Martinique, avant d'être affecté au commandement du port de Marseille.

    Après la Révolution, il est nommé auprès du ministre de la Marine avant de devenir à son tout Ministre de la Marine et des Colonies en 1797, un poste qu'il va conserver sous le Consulat avant de prendre à l'âge de 72 ans le commandement des armées et des ports de la République de la mer Adriatique. Le 3 nivôse an VIII (24 décembre 1799), le premier Consul le nomme dans la liste des soixante premiers sénateurs et, le 9 vendémiaire an XII (2 octobre 1803), dès la création de la Légion d’honneur, il est fait chevalier de l'ordre avant d'être promu ensuite Grand-Officier le 25 prairial an XIII (14 juin 1805) .

    C'est couvert d'honneurs bien mérités que l'ancien corsaire granvillais, rescapé de plus de cent combats, s'éteint dans son lit à Paris le 2 octobre 1805.

     

     

    Biblio. « Histoire secrète de la Normandie » d' I. Bournier – Ed. Ouest-France, 2019.

    * Image centrale : Dessin d'E. Chaunu in "50 nouveaux portraits d'Illustres Normands" - Ouest-France, 2012.

  • Quand une jolie normande sauve une principauté...

    Tout commence par une belle histoire d'amour. Une histoire de prince et de bergère... ou presque. Le prince, c'est Louis Grimaldi, le fils unique du prince régnant de Monaco Albert Ier (1848-1922). Il est né le 12 juillet 1870 à Baden-Baden (grand-duché de Bade). La bergère, c'est Juliette Louvet, une jeune normande née à Pierreval (Seine-Maritime), le 9 mai 1867 d'un père contrôleur aux Oomnibus et d'une mère au foyer. Le 6 octobre 1885 elle a épousé le photographe Achille Delmaet (1860-1914) surtout connu pour ses clichés de nus. Le couple a deux enfants.

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    Marie Juliette Louvet (1867-1930)

    Comment les amoureux se sont-ils rencontrés ? Nul ne le sait vraiment. Après son divorce prononcé le 14 janvier 1893, on retrouve Juliette à Paris. Elle est hôtesse de cabaret et modèle de photographie d'art... Puis elle s'exile en Algérie. La voici à Constantine, lingère dans la caserne du Prince Louis, le 3ème régiment de chasseurs d'Afrique. Peut être sont-ils arrivés ensemble ?

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    Louis II Prince de Monaco ( 1870-1949)

    Quoi qu'il en soit, le 30 septembre 1898, la belle donne naissance à une petite fille qu'on prénomme Charlotte Louise Juliette. De retour d’Algérie, l’année suivante, le prince installe sa compagne et leur fille à Luzarches, au nord de Paris, dans une jolie maison de style Art nouveau qu'il baptise "Villa Charlotte". A l'aube de ses 30 ans, l'héritier souhaite se fixer et envisage sérieusement d'épouser la mère de sa fille. Un projet auquel son père, le prince Albert Ier, oppose un veto formel : la fiancée ne présente pas vraiment à ses yeux le profil idéal d’une future souveraine. La romance entre le prince et la bergère va alors s'étioler... En 1906, pour complaire au souverain, Charlotte est éloignée de sa mère et son éducation confiée à des religieuses. « Pensionnée » par la principauté, dont elle n'aura pourtant jamais les honneurs ni ne recevra aucun titre, Juliette se partage désormais entre Londres, Paris et Biarritz et n'entretient plus qu'une relation épistolaire avec sa fille.

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    Princesse Charlotte de Monaco (1898-1977)

    De son côté, Louis s'occupe avec tendresse de Charlotte. En 1911, pour elle, il obtient de son père une reconnaissance semi-officielle assortie du titre de « Mademoiselle de Valentinois ».

    A l'abri du Palais familial durant la Grande Guerre, l'adolescente va gagner ses « galons de princesse » dans les hôtels de Monaco transformés en hôpitaux. Aux chevet des blessés, elle force l'admiration de ses compatriotes... et celle de son grand-père qui lui donne finalement rang dans l'ordre de succession au trône. Une décision tout de même un peu contrainte par les clauses du « traité d'amitié franco-monégasque » de juillet 1918. A cette époque, après le prince héréditaire Louis, quinquagénaire et encore célibataire, l'héritier en second du trône monégasque n'est autre que Guillaume de Wurtemberg, duc d'Urach et éphémère roi de Lituanie sous occupation germanique. Une succession bien entendu inenvisageable pour l’État français.

    En 1919, Charlotte est légitimée par adoption et titrée princesse de Monaco, duchesse de Valentinois. Sur ses épaules repose l'avenir de la dynastie. De son union avec le comte Pierre de Polignac (1895-1964) vont naître la princesse Antoinette de Monaco (1920-2011) et le prince Rainier III de Monaco (1923-2005), père de l'actuel prince Albert II.

    Marie Juliette Louvet est ma cousine au 8ème degré. Nos ancêtres communs, Jean Portrait (ca 1606-1687) et Jeanne Levesque (ca 1609-1687) vivaient à Préaux (Seine-Maritime). Marie Juliette Louvet descend de leur fils Noël (ca 1658-1734) et de son union avec Marie Orel (ca 1660-1681) célébrée le 4 février 1681 à Préaux (Seine-Maritime). Je descends de leur fils Jean (ca 1653-1734) et de son union avec Geneviève François (ca 1659-1724) célébrée dans la même église le 14 février 1684.

     

    Biblio. « La saga des princesses de Monaco » - Point-de-Vue-Histoire n°8 – Juin 2011.