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13/01/2016

Les soldes ! L'idée géniale d'un normand

Ah ces normands, ils sont extraordinaires ! Une preuve supplémentaire ? Le saviez-vous : si elles sont bien une invention française, c'est à un normand que l'on doit ce moment magique que l'on attend toutes Mesdames, je vous parle bien entendu des SOLDES ! Et cet homme là se nommait Simon Mannoury. À l'origine, le mot "solde" s'employait au singulier et désignait un « reste d’étoffe, un coupon » qui n’avait pas été vendu. Ce n'est qu'on début du siècle dernier qu'il a pris le pluriel, en raison de l'encadrement législatif qui sera mis en place à partir de 1906.

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Paris, 1906 - Crue de la Seine devant le magasin "Au Petit Saint-Thomas"

Notre normand ouvre à Paris, en 1830, à l'angle de la rue du Bac et de la rue de l’Université, un magasin de nouveautés qui sera la préfiguration du "grand magasin". On est à deux pas de l’église Saint-Thomas-d’Aquin, Mannoury baptise sa boutique "Le Petit Saint-Thomas" et s'inscrit pleinement dans la philosophie du Saint qui associe la foi et la raison. Pour ce commerçant de génie, il est important que la clientèle croit en lui comme en la réussite de son magasin. C'est dans cet esprit qu'il va développer sa politique commerciale. En profitant de la prospérité de l'économie des premières années du règne de Louis-Philippe (1773-1850), il commence par élargir son offre avec notamment des livres et des jouets à la période des étrennes. Parallèlement, il offre des activités ludiques, comme une promenade dans son magasin sur le dos d'un âne pour les enfants, l'âne du Petit Saint-Thomas, qui deviendra célèbre dans toute la ville. Il invente et développe la vente par correspondance et initie différentes expositions temporaires. Mais surtout, il sera le premier commerçant de la capitale à afficher publiquement ses prix. C'est pour renouveler régulièrement ses collections qu' il décide de déstocker chaque année en janvier à prix remisé, en faisant ressortir sur les étiquettes l’ancien et le nouveau tarifs : le principe des soldes est né !

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Le magasin, emporté par la crise économique qui va frapper la France à partir de 1845, fermera ses portes en 1848. Sous la houlette de l'un de ses employés, un normand lui aussi qu'il a recruté en 1834, Aristide Boucicaut (1810-1877) ouvrira en 1852 le « Bon marché », le premier grand magasin parisien.

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Le grand magasin parisien du Bon-Marché

Et c'est en appliquant avec une grande habileté les méthodes acquises en partie durant ses années de formation au "Petit Saint-Thomas" que Boucicaut fera fortune !

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

29/11/2015

Un quinqua toujours frais !

Normandie, terre de fromages, patrie du Camembert, du Pont-L'Evêque, du Livarot, du Neufchâtel,... et aussi du Boursin ! Car ce fromage frais, qui s'inspire de la tradition normande paysanne, est bien né chez nous ! C'est en 1963, à Croisy-sur-Eure, un petit village du département de l'Eure, qu'il est mis au point, fabriqué et lancé après deux ans de travail et de recherche, par son créateur François Boursin. A cette époque, le fromager ne se doutait pas que son produit éponyme deviendrait mondialement connu !

 

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L'homme, originaire de Marseille, est né le 10 janvier 1929. Pendant la Seconde Guerre mondiale, c'est dans les sous-sols de la crèmerie familiale qu'il s'initie au métier. Après des études à l’École Nationale d'Industrie Laitière (ENIL) d'Aurillac et une spécialisation en Suède, il se familiarise à la fabrication de camemberts au lait cru. La laiterie qui l'emploie alors, située dans le département du Cher, est rachetée par celle de Bonneville-sur-Eure. Cette dernière produit un fromage frais de forme cylindrique, le « Bonnevillois », qui s'inspire de celui mis au point par Henri Boursault en 1951. Licencié, François Asperti-Boursin part s'installer à Illiers-l'Evêque, dans une petite fabrique que lui a offert Georges Boursin, son beau-père.C'est ici que commence l'aventure de son fromage qu'il appellera Boursin en hommage à celui qui l'a élevé.

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 Fromagerie Boursin - Croisy sur Eure 27120 - Eure (27) - Haute Normandie

Outre ses qualités de fromager, le génie de François Boursin, c'est d'avoir deviné avant tout le monde les pouvoirs de la publicité à la télévision. Le 1er octobre 1968 à 19h55 précises, Bousin devient la première publicité de marque à passer sur les ondes, juste avant le journal de 20h. Quatre ans plus tard, les téléspectateurs découvriront le célèbre slogan publicitaire de Marcel Bleustein-Blanchet (1906-1996) : « Du pain, du vin, du Boursin » encore aujourd'hui dans toutes les mémoires.

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Présenté sous la forme d'un cylindre enveloppé dans un papier en aluminium gaufré, enfermé dans une boîte en carton, fabriqué à base de lait de vache pasteurisé, ce fromage à pâte fraîche salée est enrichi de crème et d'un mélange d'ail et de fines herbes.

 

Photographie fromagerie : merci au site http://www.photo-paramoteur.com

04/11/2015

A Honfleur, un « Boudin » en cache un autre...

A Honfleur, perle du Pays d'Auge et du Calvados, il y a deux « Boudin » célèbres. Le premier, sûrement le plus connu des deux, est Eugène Boudin (1824-1898).

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 Eugène Boudin (1824-1898)

 

Grand peintre de marines, considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme, il a largement contribué à la réputation de sa ville natale comme cité des artistes. Outre le port d'Honfleur, il a trouvé son inspiration dans les stations balnéaires normandes de Trouville et de Deauville devenues à la mode sous le Second Empire. La foule bourgeoise et élégante qui circulait sur les plages lui servait de modèles. Ce « peintre des beautés météorologiques » comme l'a surnommé Charles Baudelaire (1821-1867) a laissé près de 4 500 tableaux et autant de dessins, pastels et aquarelles.

 

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Honfleur – Eugène Boudin (1897)

 

Le second « Boudin » se prénomme Arthur (1836-1907). Une place dans la vieille ville et une galerie, la plus ancienne du Calvados, portent son nom.

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 Place Arthur Boudin d'Honfleur – Peinture de B. Loriot (1925-1998)

 

Arthur Boudin était le Directeur de l'ancien collège fondé en 1854 et situé rue de l'Homme de bois. Il en a assuré la prospérité. Pour son malheur, il eut pour élève entre 1865 et 1870 Alphone Allais (1854-1905) dont il devint, comme d'autres personnalités honfleuraises, la cible privilégiée. L'écrivain-humoriste normand, reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, avait conservé une dent contre son enseignant. Un jour, il assura à qui voulait l'entendre que cet homme était le célèbre inventeur du ressort à boudin ! Bien sûr, le digne pédagogue exigea un démenti. Alphonse s’exécuta et confirma par voie de presse que le professeur Boudin « n’avait rien inventé du tout, pas même le ressort qui portait son nom »...