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21/04/2019

La généalogie : l'obsession de Malherbe

Le normand François de Malherbe, gentilhomme et poète, était aussi un généalogiste acharné. Toute sa vie, il travailla à prouver les origines nobles de sa famille.

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François de Malherbe (1555-1628)

Malherbe est né à Caen en 1555. Il est le fils de "Noble homme François de Malherbe, escuyer, sieur d'Igny ou Digny", Conseiller au bailliage et Présidial de Caen, et de Louise Le Vallois. Malheureusement, ni son acte de baptème ni l'acte de mariage de ses parents n'ont été retrouvés.

Il prétendait être de la lignée des Malherbe de Saint-Aignan-le-Malherbe, une localité située près de Caen, et assurait que c'était son parent, échevin de Caen en 1532, qui avait ouvert les portes de la ville à François Ier (1494-1547).

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A l'inverse, d'autres soutiennent que le poète descendait de paysans de Missy (Calvados), dont l'un s'établit à Caen et y fut tanneur. Pour eux, les Malherbe de Saint-Aignan-le-Malherbe s'étaient éteints en 1410 et leurs successeurs, les Malherbe du Bouillon, auraient obtenu, grâce à un arrêt remontant à 1519, un lien de parenté indu sur lequel le père du poète serait venu frauduleusement se greffer.

Prouver qu'il est d'authentique noblesse va devenir l'obsession du poète du roi. En 1605, il rédige à l'intention de son fils, une "instruction" dans laquelle il écrit : "Il y en a d'autres que nous qui portent le nom de Malherbe (= mauvaise herbe, peu glorieux) en Normandie mais à la distinction de ceux-là, nous nous appelons Malherbe de Saint-Aignan... Il se trouve force documents de notre maison en la chambre des comptes de Paris et en celle de Rouen, en plusieurs fondations d'églises, et ailleurs en beaucoup de maisons nobles avec lesquelles nous avons eu alliance par le passé. Mon grand-père était cadet de sa maison. Ma grand-mère maternelle était de la maison d'Elbeuf où il y avait alors cinq ou six terres nobles..."

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Sans héritier vivant à sa mort, le 16 octobre 1628, ses biens iront à son neveu, Vincent de Boyer d’Éguilles (1618-1659), conseiller au Parlement de Provence. Une des conditions que Malherbe lui avait imposée dans son testament était que les Boyer prendraient pendant trois générations le nom de Malherbe.

 

Biblio. Guide Normand de Généalogie d' Gilles Henry - Orep-Ed. 2013.

22/10/2017

Mademoiselle George, une tragédienne normande

C’est, il est vrai, un peu par hasard que celle que Napoléon considère comme « La plus belle femme d’Europe », nait chez nous en Normandie. Son père, allemand d’origine, né à Mannheim, ancien premier fifre au régiment de Lorraine, est en fait en représentation avec la troupe de théâtre qu’il a créée, dans la Ville de Bayeux (Calvados) quand sa femme, Marie Madeleine Verteuil, elle-même actrice excellant dans les rôles de soubrette, ressent les premières douleurs de l’enfantement.

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Église Saint-patrice de Bayeux (Calvados)

 

Marguerite Joséphine Wemmer voit donc le jour dans la cité de la dentelle, rue Sainte-Placide, le 23 février 1787 et est baptisée dès le lendemain par le Vicaire de la Paroisse de Saint-Patrice.

Enfant de la balle, elle est très tôt, dès l’âge de 5 ans, sur les planches et l’attraction principale du spectacle de ses parents. En octobre 1801, elle quitte sa famille installée à Amiens pour suivre Melle Raucourt (1756-1815), célèbre tragédienne du Théâtre-Français, qui, convaincue que la jeune fille a énormément de talent, se charge de la former au répertoire classique.

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Mademoiselle George (1787-1867)

 

Melle George, c’est le nom de scène que la jeune fille s’est choisie en hommage à son père qui se fait appeler George Weimer, rejoint la Comédie Française en 1802, l’année de ses 15 ans. D’une très grande beauté, celle qui, pour Théophile Gautier, ressemble « à s’y méprendre à une médaille de Syracuse »*, y excelle dans tous les rôles prestigieux de tragédienne. Elle est Emilie dans le Cinna de Corneille en 1802, puis Phèdre dans la tragédie de Racine en 1803, Hermione dans Andromaque la même année,…. Elle collectionne ainsi tous les succès… Mais aussi les d’aventures galantes dont une liaison en 1803 avec Bonaparte, alors Premier Consul.

 

Au théâtre, elle a pour rivales Mesdemoiselles Mars (1779-1847) et Duchesnois (1777-1835) avec laquelle, en 1804, elle est élevée au Sociétariat de la Comédie Française. Elle triomphe partout en Europe,  joue devant les plus grands notamment à Saint-Pétersbourg devant le tsar Alexandre Ier de Russie  où elle s’installe de 1808 et 1813. A son retour, elle réintègre à la demande de l’Empereur la Comédie Française. Elle a 27 ans et n’a jamais été aussi belle même si un peu d’embonpoint commence à la menacer !

En 1817, elle se fait exclure de la Comédie Française, officiellement en raison de son caractère « orgueilleux, indiscipliné et autoritaire », officieusement en raison de ses sentiments bonapartistes. Elle part alors en tournée à Londres, à Bruxelles et en province avec toujours autant de succès. Progressivement, elle délaisse les grands classiques pour interpréter des drames romantiques comme dans « La tour de Nesle » de Dumas père et « Marie Tudor » de Victor Hugo. Entre temps, en 1829, elle rencontre Charles-Jean Harel (1790-1846) dont elle partage la vie jusqu’à sa mort.

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L’âge venant, l’obésité aussi, elle décide de faire ses adieux à la scène, le 27 mai 1849. Elle a 62 ans. Elle ne fera plus ensuite qu’une seule représentation exceptionnelle, le 17 décembre 1853 à la Comédie Française dans Rodogune, la tragédie de Corneille.

Sa carrière d’actrice terminée, alors que, à l’image de la cigale elle n’a jamais rien économisé, c’est avec la pension viagère que l’Empereur Napoléon III lui fait servir sur sa cassette personnelle, qu’elle s’installe dans un appartement modeste de Passy (Paris 16e) où elle entreprend dès 1857 la rédaction de ses mémoires qui ne seront publiées qu’en 1908.  

Elle s’éteint le 11 janvier 1867 des suites d’une congestion pulmonaire. Ses obsèques, règlées par ses amis et l’Empereur, la conduiront au Cimetière du Père Lachaise où elle repose toujours, chemin du Père Eternel.

 

 

Biblio. Merci au site www.napoleon.org et la page Wikipédia sur le sujet.

 

10/09/2017

Dupont de l'Eure, le premier Président de la République française

Notre normand d’aujourd’hui, le premier dirigeant de la République Française à avoir porté le titre de Président, est de plus l'un des rares hommes politiques à avoir jouer un rôle majeur lors des trois révolutions françaises de 1789, 1830 et 1848.

Jacques Charles Dupont est né au Neubourg, chef-lieu de canton du département de l’Eure, le 27 février 1767. Le roi Louis XV est à la fin de son règne.

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 Acte de baptême de Jacques Charles Dupont – Église Paroissiale du Neubourg (Eure)

 

Marchands de bestiaux, ses parents de petite bourgeoisie font étudier le droit à leurs fils. En 1789, il est reçu avocat au parlement de Normandie. Celui-ci comprenait dans son ressort les sept grands bailliages de Normandie dont celui d’Évreux. D’ailleurs, dès le 4 mars 1790, après la création des départements, il se fait appeler «Dupont de l’Eure» afin de se différencier d’un homonyme politique. C’est alors une pratique courante de compléter un nom de famille par trop courant par une origine géographique.

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 Maison d’enfance de la famille Dupont à Claville (Eure)

 

C’est le départ d’une belle carrière judiciaire. Nommé administrateur du district de Louviers en 1793, conseiller au Tribunal d’Appel de Rouen en 1799, promu la même année Président du Tribunal Criminel d’Évreux, il sera Président de la Cour Impériale en 1812.

Parallèlement, il mène une carrière politique qui commence le jour anniversaire de son 25ème anniversaire. En effet, le 27 février 1792, il est élu Officier Municipal de sa ville du Neubourg. Sous le Directoire, il devient député de l’Eure au Conseil des Cinq-Cents et ne va plus cesser de faire ensuite partie du paysage politique de notre pays.

Le 9 août 1830, en sa qualité de Garde des Sceaux, il reçoit le serment de Louis-Philippe, roi des Français.

 

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Sa carrière parlementaire va cependant atteindre son apogée le 25 février 1848 où âgé de 81 ans, ce «vieillard vert d’esprit, droit de sens, inflexible à l’émotion, intrépide de regard» selon Alphonse de Lamartine (1790-1869), est nommé Président provisoire du Conseil des ministres. Il est de fait Chef de l’État, avec le titre de Président. «Quand cette révolution n'aurait eu que ce jour, et quand mes dernières années n'auraient eu que cette heure, je ne regretterais rien des quatre-vingts ans de labeur que Dieu m'a donnés» confiera-t’il lorsque quelques jours plus tard, le 4 mai 1848, il remet ses pouvoirs à l’Assemblée constituante.

Ayant échoué aux suffrages suivants, il quitte la vie politique, se retire dans sa terre de Rouge-Perriers (Eure) où il décède le 2 mars 1855. Inhumé dans le cimetière du Neubourg, il a laissé le souvenir d’un magistrat intègre, d'un patriote indépendant, ennemi de la violence, défenseur des libertés et des droits de l’homme, respecté de tous les partis et très populaire.

 

Biblio. Merci aux pages wikipédia sur le sujet.