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08/05/2016

Jean Grémillon, un cinéaste normand

Son nom ne vous dit peut être rien. Pourtant, ce normand là est l'un des réalisateurs les plus importants de l'histoire du cinéma français ! Il a à son actif une œuvre cinématographique considérable, dont 17 longs métrages, paradoxalement très peu connue du grand public, à part peut être "L'étrange Monsieur Victor" et surtout "Remorques" avec Jean Gabin (1904-1976) et Michèle Morgan, deux films pleins de réalisme et de poésie qui ont marqué la mémoire collective.

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Jean Grémillon (1901-1959)

Jean Grémillon est né rue Bellefontaine à Bayeux (Calvados), le 3 octobre 1901. Fils de cheminot, après des études musicales, il débarque à Paris en 1920 et y travaille comme pianiste de salle. C'est l'époque du cinéma muet.

Après avoir fait ses premières armes dans le 7ème art comme titreur, il s'oriente tout d'abord vers le documentaire. Il réalise sur commande des courts-métrages liés au monde du travail. En 1928, dès la fin du muet, il tourne enfin son premier long-métrage "Maldone" sous l'œil bienveillant de Charles Dullin (1885-1949), qui produit le film tout en incarnant le premier rôle. Le succès est médiocre.

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A partir de 1937, tout change avec deux films qui vont enfin lui assurer la consécration artistique et populaire qu'il attend. Tout d'abord "Gueule d'amour" avec Jean Gabin qui sera un énorme succès commercial et l'année suivante "L'Étrange Monsieur Victor" avec Raimu (1883-1946) en "méchant". Et puis ce sera notamment "Remorques" en 1941... "Grand portraitiste de la femme moderne, à travers les personnages interprétés par Madeleine Renaud, son actrice fétiche, il se livre à une entreprise de déconstruction de l'image de la femme fatale ou victime véhiculée par le cinéma dominant. Son dernier film, L'amour d'une femme (1953), est d'un féminisme d'avant-garde".

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Jean Grémillon , ce réalisateur et scénariste de talent, aura aussi composé la musique de certains de ses films, notamment celle du Six juin à l'aube (1944). Celui qui avait conservé une maison familiale en Normandie, à Cerisy-la-Forêt (Manche), s'est éteint prématurément à Paris le 25 novembre 1959.

 

Merci notamment aux pages Wikipédia sur le sujet et au site cinema.encyclopedie.personnalites.

23/03/2016

Pléville Le Pelley , un rebelle granvillais à la jambe de bois

Un jambe qui ne l'a aucunement empêché de devenir Ministre de la Marine et des Colonies ! Nous sommes le 15 juillet 1797. Le Directoire vient de récompenser l'ardeur d'un homme d'exception, honnête et désintéressé, un grand marin, un corsaire de premier ordre, un brave de soixante-et-onze ans qui n'a jamais faibli !

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Georges-René Le Pelley de Pléville - Portrait réalisé à Versailles en 1786

 

Mais reprenons l'histoire à son début. Georges-René Le Pelley de Pléville, dit « le Corsaire à la jambe de bois », puis, après la Révolution "Pléville Le Pelley", est né à Granville (Manche) le 18 juin 1726. Il est l'héritier d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise qui a jadis fait fortune dans les armements maritimes.

Malgré des études classiques qui auraient dû le mener dans les ordres, le jeune homme choisit la navigation. A 13 ans, il embarque pour la pêche à la morue sur "le Comte-de-Thorigny", un navire armé par des parents. Des conditions de vie particulièrement rudes ne vont en rien le décourager, loin de là.... Il continue de naviguer, part au Canada puis aux Antilles et, après des études de mathématiques et d'hydrographie, devient officier corsaire.

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En juin 1744, à seulement 18 ans, il est premier lieutenant sur la "Françoise-du-Lac". Près d'Ouessant, ce corsaire granvillais de 30 tonneaux, 6 canons et 60 hommes d'équipage ne peut éviter un combat inégal contre 2 navires ennemis mieux armés. Touché par un boulet ramé qui lui coupe la jambe droite, on emploie la scie, l'opération est cruelle. Fait prisonnier de guerre, il réussit malgré tout à s'évader et retourne au combat.

En 1758, il s'engage dans la Marine Royale. Capitaine de port à Fort-Royal (Martinique) en 1763, puis à Marseille en 1766, il quitte ses fonctions en 1778 et repart combattre pour l'indépendance américaine aux côtés de l'amiral d'Estaing. Il en revient avec dans la tête des aspirations de liberté... qui lui font accueillir la Révolution avec enthousiasme.

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Statue de Pléville Le Pelley à Granville

 

Ministre, il démissionne de son poste le 27 avril 1798. Promu vice-amiral, il reprend le commandement des ports de la République dans la mer Adriatique.

Georges-René Pléville Le Pelley meurt à Paris le 2 octobre 1805. Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus, Napoléon avait fait de lui un des premiers Sénateurs et grands officiers de la Légion d'honneur.

 

Biblio. "Illustres Normands" 2ème édition - HS Ouest-France.

 

13/01/2016

Les soldes ! L'idée géniale d'un normand

Ah ces normands, ils sont extraordinaires ! Une preuve supplémentaire ? Le saviez-vous : si elles sont bien une invention française, c'est à un normand que l'on doit ce moment magique que l'on attend toutes Mesdames, je vous parle bien entendu des SOLDES ! Et cet homme là se nommait Simon Mannoury. À l'origine, le mot "solde" s'employait au singulier et désignait un « reste d’étoffe, un coupon » qui n’avait pas été vendu. Ce n'est qu'on début du siècle dernier qu'il a pris le pluriel, en raison de l'encadrement législatif qui sera mis en place à partir de 1906.

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Paris, 1906 - Crue de la Seine devant le magasin "Au Petit Saint-Thomas"

Notre normand ouvre à Paris, en 1830, à l'angle de la rue du Bac et de la rue de l’Université, un magasin de nouveautés qui sera la préfiguration du "grand magasin". On est à deux pas de l’église Saint-Thomas-d’Aquin, Mannoury baptise sa boutique "Le Petit Saint-Thomas" et s'inscrit pleinement dans la philosophie du Saint qui associe la foi et la raison. Pour ce commerçant de génie, il est important que la clientèle croit en lui comme en la réussite de son magasin. C'est dans cet esprit qu'il va développer sa politique commerciale. En profitant de la prospérité de l'économie des premières années du règne de Louis-Philippe (1773-1850), il commence par élargir son offre avec notamment des livres et des jouets à la période des étrennes. Parallèlement, il offre des activités ludiques, comme une promenade dans son magasin sur le dos d'un âne pour les enfants, l'âne du Petit Saint-Thomas, qui deviendra célèbre dans toute la ville. Il invente et développe la vente par correspondance et initie différentes expositions temporaires. Mais surtout, il sera le premier commerçant de la capitale à afficher publiquement ses prix. C'est pour renouveler régulièrement ses collections qu' il décide de déstocker chaque année en janvier à prix remisé, en faisant ressortir sur les étiquettes l’ancien et le nouveau tarifs : le principe des soldes est né !

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Le magasin, emporté par la crise économique qui va frapper la France à partir de 1845, fermera ses portes en 1848. Sous la houlette de l'un de ses employés, un normand lui aussi qu'il a recruté en 1834, Aristide Boucicaut (1810-1877) ouvrira en 1852 le « Bon marché », le premier grand magasin parisien.

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Le grand magasin parisien du Bon-Marché

Et c'est en appliquant avec une grande habileté les méthodes acquises en partie durant ses années de formation au "Petit Saint-Thomas" que Boucicaut fera fortune !

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.