28.11.2009

Jean-Baptiste de La Salle, Saint patron des enseignants

Le pape Pie XII le proclame en 1950 « patron spécial des éducateurs » et fait ainsi de lui le Saint patron de tous les enseignants. On lui doit l’instauration des « séminaires pour les maîtres de la campagne », ancêtres de nos Ecoles normales, destinés à assurer la première et fondamentale nécessité de l’école, c’est-à-dire la préparation morale et culturelle des enseignants.

Il n’était pas normand d’origine puisque né à Reims, le 30 avril 1651, aîné d’une fratrie de 11 enfants d’une famille noble de juristes. Bien que destiné par son père à une carrière juridique, Jean-Baptiste de La Salle se sent très tôt attiré par la religion. Tonsuré à 11 ans, il est ordonné prêtre à l’âge de 28 ans, deux ans avant d’être reçu docteur en théologie.

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Dans sa ville natale, on lui confie la fondation d’écoles paroissiales pour enfants pauvres. C’est le point de départ de sa vocation de pédagogue.

S’opposant à l’Eglise, il fonde, en 1684 la Congrégation des Frères des Ecoles chrétiennes. Il s’était aperçu que ce qui manquait le plus aux enfants était des maîtres de valeur. Il recrute donc de jeunes maîtres auxquels il propose une forme de vie consacrée à Dieu qui leur laisse cependant leur caractère laïc. Ainsi se forme le noyau du futur « Institut des Frères des Ecoles chrétiennes », voué à l’instruction et à l’éducation des enfants des milieux populaires. Pour la formation à la fois spirituelle et pédagogique des frères, il crée en 1692 le premier noviciat et dès 1698 achève de mettre au point les règles de ladite Congrégation.

Parallèlement, il ouvre des écoles professionnelles, des écoles du dimanche, des maisons d’éducation pour les enfants des rues.

C’est en 1685 qu’il fonde à Reims un séminaire qui constitue une véritable école normale d’instituteurs, innovation qui n’a pas alors d’équivalent, en dehors de la formation assurée à leurs religieux par les Jésuites pour l’enseignement des milieux plus aisés.

Il s’installe à Paris en 1688 où il ouvre ses premières écoles et poursuit son oeuvre pédagogique et spirituelle, rédigeant notamment un ensemble d’ouvrages à l’intention des maîtres.

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Saint J-B de La Salle, peinture de Pierre Léger

On lui doit deux innovations majeures qui vont bouleverser la pédagogie en France : la leçon n’est pas donnée individuellement mais dans une classe et l’on apprend à lire à la fois en français et en latin. Mais il a été aussi le premier à vouloir la gratuité dans l’enseignement primaire dans les écoles qu’il a fondées, devançant ainsi les gouvernements les plus progressistes. Et, encore avant tout autre, il a organisé les écoles du soir et du dimanche pour les jeunes travailleurs.

Agé de 54 ans, il est appelé à Rouen en 1705 par Mgr Colbert, archevêque de la ville. Il y ouvre, au Manoir Saint-Yon, quartier Saint-Clément de Rouen, un pensionnat, qui deviendra la maison mère des Frères des Ecoles chrétiennes. Ce manoir se situait entre les actuels rue Saint-Julien, rue des Murs-Saint-Yon et boulevard de l’Europe, sur l'emplacement de notre Cité des Métiers. Les frères y bâtirent une chapelle dédiée à Saint-Yon construite entre 1728 et 1734, chapelle qui existe toujours aujourd'hui. C’est ici qu’il meurt le 7 avril 1719 à l’âge de 67 ans.

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Acte de de décès de Jean Baptiste de la Salle

En 1734, ses restes sont ramenés du cimetière à la chapelle de son pensionnat à Saint-Yon, puis en 1835 dans celle de l’Ecole Normale de Rouen. Ils furent ensuite placés en 1888 dans la chapelle du Pensionnat Jean-Baptiste de La Salle de Rouen.

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Pensionnat Jean-Baptiste de La Salle de Rouen**

En 1937, ses reliques sont transférées définitivement à Rome, à la Maison Mère de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Jean-Baptiste de La Salle a été canonisé le 24 mai 1900 par le pape Léon XIII.

 

** Petit clin d'oeil personnel à ma fille qui a fréquenté cet établisssement durant une année scolaire.

04.11.2009

Cha c'est vrai cha !!

La « Mère Denis », personnage emblématique de la publicité française de la fin du XXe siècle, ses bonnes joues roses, sa bonne humeur, son accent du terroir dont le fameux  « Cha c’est vrai cha !! » est connue non seulement de tous les français, mais aussi  bien au-delà de nos frontières et notamment au Japon.

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Jeanne Marie Le Calvé est née le 9 novembre 1893 à Ker-Allain, petit hameau de Neulliac, à environ 7 km de Pontivy, dans le Morbihan.

Sixième enfant d’une famille de paysans modestes, son enfance est rude, marquée par la peur de la faim et le souci constant du lendemain. Comme beaucoup d’enfant de son âge à cette époque, dès l’âge de 11 ans, elle est placée comme bonne à tout faire dans une ferme. Au programme de son adolescence, du travail et peu d’agréments.

A 17 ans, elle épouse Yves Marie Denis. Elle quitte alors sa Bretagne natale pour s’installer en Normandie. De leur union vont naître 5 enfants, trois garçons et deux filles, Marcel, Hélène, ses deux aînés qui décèderont en bas-âge, et Germaine, Yves et Robert.

En 1944, alors âgée de 51 ans, déjà séparée de son mari, elle démissionne de la Compagnie des Chemins de Fer qui l’employait depuis 27 ans en qualité de garde-barrière sur la ligne Carentan-Carteret.

Pour subsister, elle se met à laver le linge des autres et devient peu à peu « la Mère Denis ». Durant 20 ans, été comme hiver, elle « batouille » au lavoir de son village de Tôt, sur la Gerfleur, cette rivière qu’elle aime tant, à l’eau pourtant si glaciale l’hiver.

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Le village de Tôt au début du siècle dernier

C’est en 1972 qu’un ami et voisin, Pierre Baton, publicitaire parisien, lui ouvre les portes du succès et de la célébrité. La grande marque d’électroménager, « Vedette », voulant symboliser la qualité du travail exécuté par ses appareils, recherche une lavandière authentique, à l’image forte et sympathique. Ce sera la Mère Denis ! En vantant les mérites de ces machines à laver, elle acquiert très vite une fantastique notoriété qui passe allègrement nos frontières et qui sera couronnée en 1976 par « Paris-Match » qui la choisira comme « personnalité la plus marquante de l’année ! ».

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Après une vie humble et très difficile matériellement, enfin à l’abri du besoin, c’est confortablement installée dans une maison de retraite de Pont-l’Evêque qu’elle va terminer ses jours. Elle décède le 17 janvier 1989 à l’âge de 96 ans et repose au cimetière de Saint-Hymer dans le Calvados.

23.09.2009

La Dame aux Camélias ou de la difficulté d’aimer et d’être femme

Le jeudi 16 janvier 1824, naît en Normandie, à Nonan-le-Pin (Orne), charmant village d'environ 500 âmes, une petite fille que ses parents choisissent de prénommer Alphonsine.

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Après le décès de sa  mère, elle est élevée par son père, Marin Plessis, originaire de Longé-sur-Maine, colporteur ivrogne et brutal de 35 ans.

L’enfance et la première jeunesse de la jeune Alphonsine sont marquées par une extrême pauvreté. Très tôt, elle est placée comme servante dans un hôtel à Exmes, puis ensuite à Gacé chez un marchand de parapluies.

A 14 ans, Alphonsine monte à Paris. Elle y travaille d’abord comme blanchisseuse et chapelière mais alors qu’elle crie famine, devant sa beauté juvénile,  les « protecteurs » accourent. C’est un dandy, Agénor de Guiche, qui, le premier, fait d’elle sa maîtresse et l’installe dans ses meubles.

A 16 ans, elle est une jeune femme extrêmement attirante. Sa beauté, son élégance et son style font sa célébrité. Elle se cultive, apprend à lire et à écrire, joue du piano. Très vite, elle a le « tout-Paris » à ses pieds et devient la courtisane la plus convoitée mais aussi la plus onéreuse. Femme fragile et ensorceleuse, elle souffre déjà de phtisie, ce qui lui donne un air à la mode. A l’époque, la féminité se porte chétive, la maladie est magnifiée car elle singularise et les femmes boivent du vinaigre pour se brouiller le teint.

En septembre 1844, l’année de ses 20 ans, elle rencontre Alexandre Dumas fils avec lequel elle va vivre durant onze mois une très belle et grande histoire d’amour. D’elle, il fera ce portrait : « Elle était grande, très mince, noire de cheveux, rose et blanche de visage, elle avait la tête petite, de longs yeux d’émail comme une Japonaise, mais vifs et fins, les lèvres du rouge des cerises, les plus belles dents du monde ; on eut dit une figurine de Saxe ».

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Ensuite, elle deviendra la maîtresse du musicien Franz Liszt qui lui offrira de vivre avec lui.

Discrète, intelligente, amoureuse pleine d’esprit, elle tient un salon fréquenté par les écrivains et les politiciens en vue. Elle parade dans les endroits à la mode, comme au bois de Boulogne et à l’Opéra. Elle devient « Marie Du Plessis », ajoutant un « du » qui sonne plus noble à son patronyme et sacrifiant son prénom d’Alphonsine au bénéfice de celui de « Marie ». Nul de ceux l’approchant pour la première fois ne peut penser être face à une courtisane.

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En janvier 1846, à 22 ans, traînant une vilaine toux qui ne la quitte guère, elle épouse à Londres Edouard de Perrégaux, jeune comte de 29 ans, à  la passion sincère mais au père intraitable qui exige aussitôt la rupture. Après l’échec de ce mariage, Marie revient en France où elle s’abîme dans une vie de plus en plus agitée et dissipée en dépit de la phtisie qui la consume.

Après une ultime apparition en janvier 1847 au théâtre du Palais-Royal, Marie s’éteint de la tuberculose le 3 février 1847 dans son logement parisien du 11, boulevard de la Madeleine, ruinée, criblée de dettes et abandonnée de tous, avec seulement à ses côtés le Comte de Perrégaux. Elle n’a que 23 ans.

L’année suivante, Alexandre Dumas fils publie « La Dame aux camélias », roman inspiré par son amour pour Marie. « N’ayant pas encore l’âge où l’on invente, dira-t’il, je me contente de raconter ». C’est ainsi que Marie devient Marguerite Gautier, celle qui trépasse dans les bras de son amant en lui murmurant « J’ai vécu pour l’amour, je meurs pour lui ». L’immense succès du roman conduit son auteur à en tirer une pièce de théâtre qui sera jouée en 1851.

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Emu, Verdi, après avoir vu la pièce à Paris, s’en inspire et compose pour sa part, en 1852, « La Traviata ». Marie y devient Violetta, une « traviata », c’est-à-dire une femme perdue. L’opéra est créé à la Fenice de Venise en 1853.

Au cinéma, Marguerite Gautier prendra notamment les visages de Sarah Bernhardt, Isabelle Adjani, Greta Garbo ou Isabelle Huppert.

Enfin, Margot Fonteyn sera aux côtés de Rudolf Noureev l'interprète d'un des ballets adaptés du célèbre roman.

C'est ainsi que celle qui ne fut jamais une dame et n’aimait pas particulièrement les camélias, la petite normande aux origines modestes, est entrée pour toujours dans la légende.

 

20.08.2009

J'irai revoir ma Normandie !

« J’irai revoir ma Normandie !

C’est le pays qui m’a donné le jour ! 

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 Ce refrain, c’est le chant populaire normand par excellence, notre « cocorico », celui que l’on « entonne » dans toutes les circonstances pour rappeler notre province. Et si l’on ne pas connaît pas entièrement les paroles des trois couplets de la chanson, l’air en est très populaire !

 "Quand tout renaît à l’espérance,

Et que l’hiver fuit loin de nous ;

Sous le beau ciel de notre France,

Quand le soleil revient plus doux ;

Quand la nature est reverdie,

Quand l’hirondelle est de retour,

J’aime à revoir ma Normandie"

 

On la doit à un normand, Frédéric Berat, poète et musicien, né au domicile de ses parents, à Rouen, 23/24, rue Saint-Etienne des Tonneliers,  le 11 mars 1801 ou plutôt le 20 ventôse an IX de la République.

 

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Acte de naissance de Frédéric Berat, à Rouen, le 20 ventôse an IX (11 mars 1801)

Sixième d’une fratrie de sept enfants, son père Charles, négociant, le place, comme nombre d’enfants de cette époque, en nourrice à La Rue Saint-Pierre, une petite commune située à 18 kilomètres de là.

En âge de travailler, il entre à la Compagnie du Gaz à Paris avant de se livrer  totalement à ses talents de poète* et de compositeur. Il embrasse tout d’abord la carrière de chansonnier et se lie d’amitié avec le plus célèbre de l’époque, Pierre-jean de Béranger (1780-1857) qui le prend sous sa protection.

"J’ai vu les champs de l’Helvétie,

Et ses chalets, et ses glaciers ;

J’ai vu le ciel de l’Italie,

Et Venise, et ses gondoliers !

En saluant chaque patrie

Je me disais : aucun séjour

N’est plus beau que ma Normandie !

C’est le pays qui m’a donné le jour !"

 

D’un caractère heureux, Frédéric Berat écrit et chante sa joie de vivre. Ses vers sont sans prétention, d’une facture souvent facile et sa mélodie musicale s’y accorde. C’est ainsi qu’il compose nombre de ritournelles à succès dont Mimi Pinson, La Montagnarde, Le retour du petit savoyard et bien d’autres encore, mettant des larmes dans les yeux de nos grands-mères, d’autres romances simples ou empreintes d’une certaine philosophie, autant de tableautins que nos aïeux appréciaient.

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Frédéric Berat

Mais c’est surtout pour « Ma Normandie », la chanson aujourd’hui utilisée comme hymne national du bailliage de Jersey,  qu’il composa en 1836, sur le bateau qui le menait de sa ville natale à Sainte-Adresse, pour la chanteuse Loïsa Pujet (1810-1889), qu’il est passé à la postérité et qu’il fit fortune.

Pierre Larousse, dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, dit, en parlant de cette chanson « Elle n’offre rien de bien relevé comme mélodie ; les paroles n’ont point grande envergure poétique ; mais le tout est net, franc et senti. Que fallait-il de plus pour en assurer le succès ? »

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"Par ses douces chansons que partout ont fredonne, si Berat a toujours le succès le plus grand, c'est qu'en qualité de normand, c'était à lui de droit que revenait la pomme !"

 

Décédé le 2 décembre 1855 à Paris, Frédéric Berat est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

 

"Il est un âge dans la vie

Où chaque rêve doit finir,

Un âge où l’âme recueillie

A besoin de se souvenir ;

Lorsque ma muse refroidie

Aura fini ses champs d’amour,

J’irai revoir ma Normandie !

C’est le pays qui m’a donné le jour !"

 

* Il a publié  "Contes et nouvelles du pays normand" .

18.07.2009

Aristide Boucicaut, l'inventeur du grand-magasin !

Paris, 1852 : on ne parle que de lui, de ce nouveau magasin, grand comme on n’en a jamais vu encore dans la capitale. Situé à l’angle des rues du Bac et de Sèvres, son enseigne « Au bon marché » s’étale en grosses lettres sur la façade d’un immeuble tout neuf. D’imposantes et belles vitrines proposent à la foule qui déborde des trottoirs un monde d’opulence et de luxe. Des mannequins en cire exhibent des robes élégantes, faites d’étoffes somptueuses et de riches parures. Pourtant, ces vitrines ne sont qu’un pâle reflet de la richesse déployée à l’intérieur. Un portier en uniforme chamarré ouvre la double porte vitrée donnant accès à un gigantesque hall. Le caractère majestueux de l’édifice s’impose avec ses vastes proportions, son grand escalier et sa coupole de verre, immense réservoir de lumière. Partout, des centaines de lampes à incandescence ajoutent à cette clarté des reflets dorés. Pas un seul coin du magasin n’est laissé dans l’ombre. Tout ici éveille désir et convoitise.

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Premier de nos grands magasins, il possède déjà, quelques mois après son ouverture, la plus importante clientèle de Paris. Visiteurs et employés y vont et viennent en tout sens. Un brouhaha fait de mille conversations emplit l’atmosphère. S’y côtoient et s’y bousculent, toutes classes confondues, ménagères et bourgeoises, élégantes personnes à crinolines ou tournures, commis et ouvrières.

Au centre du grand Hall, le propriétaire, contemple, satisfait, son magasin. Il a mis en place une exposition encore jamais vue, la première exposition du blanc. Plus de 10 000 pièces, savamment agencées ! Linge de lit et de maison, serviettes éponges, mouchoirs brodés… avec, sur chaque pièce, un petit carton où est indiqué en chiffres bien lisibles le prix de l’article exposé. Une foule considérable touche, palpe, choisit et surtout achète !

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Car, le propriétaire des lieux, Monsieur Boucicaut, a compris le premier que seule la vente en très grosses quantités autorise une baisse sensible des prix en même temps qu’elle assure un plus grand bénéfice.

Aristide Boucicaut : c’est l’histoire d’un normand avant-gardiste, à l’ascension fulgurante. Il est né le 14 juillet 1810 à Bellême (Orne), où son père est simple chapelier.

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 Acte de naissance d'Aristide Jacques Boucicaut

Il travaille tout d’abord aux côtés de celui-ci avant d’être confié à un marchand ambulant vendeur d’étoffes. A 19 ans, monté à Paris, il est commis de boutique, puis en 1834, vendeur dans un magasin à rayons multiples, le premier du genre quoique de taille très modeste « Le petit Saint-Thomas », rue du Bac. Chef de rayon, devenu ami et conseiller du patron, marié à Marguerite Guérin qui lui apporte un petit pécule, il finit par entrer comme associé dans ce qui sera plus tard son grand magasin mais qui n’est encore à l’époque qu’une petite boutique à l’enseigne modeste : « Au bon marché ». En 10 ans, devenu seul maître à bord, il va faire de ce « bon marché » l’archétype du grand magasin, inventant les marges réduites et la rotation rapide des stocks, les soldes, les promotions, la saison du blanc et bien d’autres révolutions si banales aujourd’hui. En 1869, Aristide Boucicaut pèse 21 millions de chiffre d’affaires, créant de nouvelles ailes, instituant le restaurant d’entreprise, la caisse de prévoyance (ancêtre de la Sécurité Sociale).

Il meurt en 1877. Sa veuve fonda l’Hôpital Boucicaut et légua par testament sa fortune à l’Assistance Publique.

Il inspira à Emile Zola, dans « Au bonheur des Dames », le personnage d’Octave Mouret.

 

Biblio. "2000 ans de vie quotidienne en France" - Sélection du Reader's digest - 1981-

13.06.2009

Sainte-Thérèse de Lisieux

Evoquer Lisieux fait immanquablement penser à Sainte-Thérése, cette jeune religieuse morte à 24 ans de la tuberculose.

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Thérèse Martin est née à Alençon (Orne), le 2 janvier 1873 d’un père horloger et d’une mère dentellière du point d’Alençon.  Bourgeois aisés, très croyants, ils auront neuf enfants dont 5 filles survivront qui se feront toutes religieuses.

 

 

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Son acte de baptême 

 Thérèse est la plus jeune. Elle choisit d’entrer au Carmel à l’âge de 15 ans et 3 mois et devient "Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face"

 A son décès, le 30 septembre 1897, elle laisse une autobiographie « L’histoire d’une âme » rédigée à la demande de sa supérieure. Elle y explique ce qu’elle appelle « la petite voie », celle qui conduit à Dieu, faite d’humilité et d’absolue confiance dans Sa Miséricorde. Après la Bible, c’est aujourd’hui le livre le plus traduit en de nombreuses langues.

A sa mort, elle est quasi inconnue. Ses obsèques sont célébrées en présence d’une petite trentaine de personnes. Pourtant, très vite, sa tombe devient un lieu de pèlerinage.

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 Thérèse, photographiée le 30 août 1897, quelques jours avant sa mort.

 

Béatifiée le 29 avril 1923 puis canonisée le 17 mai 1925 par Pie XI, l’accroissement de son rayonnement est tel qu’il faut trouver une solution à l’accueil des pèlerins, ce sera l’édification de l’immense basilique Sainte-Thérése de Lisieux

Elle a été élevée au rang de docteur de l’Eglise le 19 octobre 1997 par le Pape Jean-Paul II.

01.06.2009

Charlotte CORDAY, une normande de caractère !

Son nom est associé à tout jamais à celui de Marat. Charlotte CORDAY, née Marie Anne Charlotte de Corday d’Armont, le 27 juillet 1768 à Saint-Saturnin-des-Ligneries (aujourd’hui sur le territoire de la commune d’Ecorches), petit village de l’Orne, situé près de Vimoutiers dans le pays d’Auge, a été baptisée le lendemain de sa naissance dans l’église de sa paroisse.

 

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Acte de baptème " Ce vingt huit juillet mil sept cent soixante huit par nous soussigné curé, a été baptisée Marie Anne Charlotte fille légitime née d'hier du légitime mariage de Messire Jacques François Corday, Ecuyer, sieur d'Armont et de Noble Dame Marie Charlotte Jacqueline de Gautier , son épouse. Le Parrain Messire Jean Baptiste Alexis de Gaultier... et la marraine Noble Dame Françoise Marie Anne Le Vaillant de Corday"

 

Troisième enfant d’un gentilhomme normand, Jacques François de Corday d’Armont, ancien lieutenant aux armées du roi et de Charlotte Marie Jacqueline de Gautier des Authieux de Mesnival, elle est aussi une arrière descendante de Pierre Corneille.

Noble et désargentée, la famille vit entassée dans cette petite maison.

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Elevée à l’abbaye aux Dames de Caen après la mort de sa mère de 1782 à 1791, elle y bénéficie d’une éducation soignée, d’une instruction supérieure à celle des jeunes filles de son temps, lit Rousseau et s’enthousiasme pour les idées nouvelles.

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« Charlotte avait des idées arrêtées et absolues » dira d’elle plus tard l’un de ses parents. Jeune fille de conviction, elle défend ses idées envers et contre tous. Elle s’intéresse à la politique et en discute avec fougue. Début septembre 1792, après l’incarcération de Louis XVI au temple, elle apprend avec indignation que les derniers serviteurs du roi, répartis dans les prisons de Paris, ont été exécutés sommairement et que le député Jean Paul Marat, dans sa feuille ultra-démagogique « L’ami du peuple » se félicite de ces massacres auxquels il a lui-même participé. Indignée par ce comportement qui symbolise à ses yeux l’injustice et le mensonge, le jacobin « massacreur de septembre » devient sa cible.

Le 9 juillet 1793, elle part pour Paris et se rend au domicile de Marat, 20, rue des Cordeliers. Elle dit apporter des nouvelles du Calvados. Marat est dans son bain. Il l’a laisse entrer. Elle le frappe d’un coup de couteau dans la gorge.

Arrêtée, transférée à la Conciergerie, elle écrit le 16 juillet, veille de son jugement et de son exécution, une dernière lettre à son père.

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« Pardonnez-moi, mon cher papa, d’avoir disposé de mon existence sans votre permission. J’ai vengé bien d’innocentes victimes, j’ai prévenu bien d’autres désastres. Le peuple, un jour désabusé, se réjouira d’être délivré d’un tyran. .. Adieu, mon cher papa, je vous prie de m’oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle… N’oubliez pas ce vers de Corneille « Le Crime fait la honte, et non pas l’échafaud ! »

Elle est guillotinée le 29 messidor an I (17 juillet 1793), place de la Révolution à Paris. Elle a 24 ans.