19/10/2014

Le normand Géricault, « Peintre des chevaux »

Le lieu-dit « Hôtel Géricault » existe toujours à Saint-Cyr-du-Bailleul, dans le sud du département de la Manche.

 

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 « Hôtel Géricault »de Saint-Cyr-du-Bailleul,

Enfant, le jeune Théodore Géricault, né à ROUEN, au numéro 13 de la rue de l'Avalasse, le 26 septembre 1791 dans une famille royaliste, aime fréquenter cette petite commune du Mortainais. Il y séjourne chez son oncle, l'avocat et homme politique Siméon-Jacques Bonnesoeur-Bourginière. Chez l'un des voisins, maréchal-ferrant de son état, Théodore scrute les chevaux, les dessine. Il les monte aussi. Son amour du cheval lui sera fatal : l'ancien mousquetaire au port altier mourra à 33 ans prématurément du mal de Pott qu'avait accéléré une mauvaise chute de cheval.

 

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Théodore Géricault par Alexandre Colin, 1816.

Il n'a que 20 ans quand il se fait remarquer au Salon avec son tableau « Officier de chasseurs à cheval de la garde impériale chargeant ».

 

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 Le Radeau de la Méduse

Comme Flaubert avec Madame Bovary, Théodore Géricault, s'inspire d'une fait réel pour réaliser son chef-d’œuvre, « Le Radeau de la Méduse », une très grande toile exposée au musée du Louvre à Paris en 1819. C'est l'histoire du naufrage de la frégate « La Méduse » qui sombre, en 1816, près des côtes du Sénégal. Cent cinquante hommes prennent place sur un radeau qui dérive une dizaine de jours. La situation se dégrade vite. Géricault se fait raconter la tragédie par les rescapés, suspectés de cannibalisme. Lors de sa présentation en 1819, le tableau fait polémique en France, mais soulève l'enthousiasme en Angleterre ou Géricault part vivre. Il peint « Le Derby » en 1821 à Epsom. Le cheval devient alors le thème central de son œuvre.

A sa mort, ses cousins bas-normands gardent précieusement de nombreux tableaux et lithographie du peintre. Et entament un procès pour être reconnus comme héritiers. Malheureusement, les œuvres récupérées sont détruites lors des bombardements de l'été 1944.

17/09/2014

Nicolas Poussin, « Peintre des gens d'esprit »

Sur son célèbre tableau peint en 1650, intitulé « Portrait de l'artiste », on peut voir sur la droite, une inscription solennelle qui rappelle les origines de celui dont la richesse des compositions et la beauté des expressions lui vaudront le surnom flatteur de « Peintre des gens d'esprit ». Car, c'est bien en Normandie que naquit Nicolas Poussin, le 15 juin 1594, dans une petite ferme du hameau de Villers, sur les hauteurs des Andelys (Eure). Son père Jean venait de Soissons. Soldat ayant pris part aux dernières campagnes militaires, c'est à la suite du siège de Vernon auquel il assistait qu'il épousa la veuve du procureur du lieu, Mairie de Laisement.

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 Nicolas Poussin (1594-1665) – Autoportrait 1650

Le jeune Nicolas découvre la peinture en 1612 quand un artiste d'Amiens, Quentin Varin, arrive dans sa ville chargé de réaliser une série de retables pour la collégiale Notre-Dame du Grand-Andelys. Le peintre l'encourage et lui donne ses premières leçons.

En désaccord avec ses parents qui lui refusent une carrière d'artiste, à 18 ans, il part pour Paris. Sans un sou en poche, il est pris en charge par un gentilhomme qui le loge et l'aide à faire ses premiers pas dans ce monde.

Alors qu'il commence à se faire un nom, il quitte la capitale pour Rome où il arrive en 1624 et où il épouse en 1630 la fille d'un cuisinier français. En quelques années, il devient le peintre le plus recherché de la ville éternelle! Il y réalise plusieurs de ses œuvres comme le « Massacre des innocents » qui marque un tournant dans sa carrière fulgurante et surtout « Le martyre de Saint-Erasme » qui prendra place à St-Pierre de Rome. Ordre, clarté, simplicité, Nicolas Poussin incarne le classicisme dans cette peinture du XVIIe siècle.

 

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 Le martyre de Saint-Erasme

Rappelé en France à la fin de l'année 1640, il est promu premier peintre du roi dès l'année suivante. Mais il souffre de l'absence de sa femme demeurée à Rome. En septembre 1642, il choisit de rompre avec la cour de Louis XIII qui le glorifie sans l'inspirer et regagne Rome où il arrive le 5 novembre suivant. Dès lors, il n'en bougera plus ! Il peint des œuvres méditatives et spirituelles, des épisodes bibliques, de beaux paysages aussi comme ce tableau intitulé les « Quatre Saisons » qu'il considère comme son « testament artistique et spirituel ».

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 Nicolas Poussin, L'Eté (c. 1660), Musée du Louvre, Paris. D.R.

A sa mort, le 19 novembre 1665, il laisse une œuvre monumentale : plus de deux cents peinture dont un quart conservé en France et près de quatre cent cinquante dessins.

31/08/2014

Hector Malot, l'enfant de La Bouille

Le jour de sa naissance, le 20 mai 1830, dans la jolie cité normande de La Bouille, sur les bords de la Seine, la pointe d'un mât de voilier casse la fenêtre de sa chambre ! Ses parents vont y voir le signe d'un destin particulier et ils auront bien raison !

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 Hector Malot (1830-1907)

À l'opposé de « Rémi », son héros de « Sans famille », le plus célèbre de ses romans publié en 1875, qui, aux côtés du vieux Vitalis, courait les marchés pour y faire danser son singe et ses chiens, Hector, fils de notaire, fait partie de « ces enfants choyés qui ont à se défendre contre les caresses de leur mère. »

Après quelques années au Collège Royal de Rouen, c'est sans conviction qu'il poursuit des études qui ne le passionnent guère au lycée Henri IV de Paris.

Il tente ensuite sa chance dans le milieu littéraire de la Capitale, publie quelques articles, des critiques dramatiques et va même jusqu'à écrire des brochures politiques pour un sénateur influent.

C'est en 1859 qu'il connaît le succès si longtemps espéré. Cette année-là, il publie chez l'Editeur Michel Lévy son premier roman « Les amants » qui va être un énorme succès. Il sera suivi de beaucoup d'autres qui, pour la plupart, seront publiés en feuilletons dans les journaux de l'époque avant de paraître en volume.

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Souvent, les intrigues de ses ouvrages se déroulent en Normandie, dans les environs de Rouen comme « Un curé de province » à Bonsecours, « Baccara » à Elbeuf ou bien « Complices » à Oissel. Chacune de ses œuvres est un documentaire, une plongée dans un milieu social ou l'occasion de dénoncer un abus. Comme il a le souci de l'authenticité, c'est avec une grande conscience professionnelle qu'en amont de chaque histoire, il se documente longuement pour « coller » au plus près de la réalité. Ainsi, il étudie avoir soin la théorie de la chaleur pour écrire « Une bonne affaire » et se renseigne sur l'armée avant de commercer « Le lieutenant Nonnet ».

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En 1895, à 65 ans, en pleine gloire et en parfaite possession de ses moyens littéraires, il décide de cesser d'écrire. Avec « Le roman de mes romans », son dernier livre dédié à sa petite-fille, il conte l'histoire de sa vie littéraire. Il meurt dans sa maison de Fontenay-sous-Bois, le 20 juillet 1907, après avoir publié 65 volumes, qui tous ont rencontré le succès.

 

Biblio. « Hector Malot, l'écrivain consciencieux » : article publié dans Destinées Normandes - Rouen-Lecture »n° 10 - Jan-Fev. 1994.