09/07/2014

La « Marie-Rose », une normande efficace !

La « Marie-Rose », vous connaissez bien sûr, l'expert anti-poux crée en 1934 et toujours d'actualité quatre-vingts ans plus tard ! Mais savez-vous qu'on la doit à un normand !

A dire vrai, si son nom est aujourd'hui connu, c'est plutôt grâce à son fils, le rouennais Armand Salacrou,  premier auteur joué à la Comédie Française de son vivant après Molière !

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 Armand Salacrou (1899-1989)

Armand Salacrou est né à Rouen le 9 août 1899. Son père, Camille Salacrou, fils d’une famille pauvre de onze enfants originaire de la région d'Yvetôt en Seine-Maritime, était préparateur en pharmacie. A force de travail, diplômé herboriste, il ouvrit en 1902 sa première officine au Havre et c'est là qu'il met au point la « Marie-Rose », un insecticide destiné à débarrasser des poux les têtes enfantines !

Et c'est son fils Armand qui va « lancer » le produit grâce à un génie certain du slogan et de la publicité, qu'on appelait encore « réclame ».

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Des textes, insérés dans différents journaux, apprenaient : « Suicide d’un roi. Le roi des poux se donne la mort à cause de la Marie-Rose. Une mort parfumée, c’est la mort des poux dans les nuages odorants de la Marie-Rose ». Et c’est « La mort parfumée des poux » qui, en trois semaines, va assurer le triomphe du produit paternel. C’est aussi le début d'Armand Salacrou en qualité de chef d’entreprise publicitaire. Et cette activité là, va lui assurer la fortune !

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Car à la «  Marie-Rose » succéderont « Le Vermifuge Lune », « La Jouvence de l’Abbé Soury », « Le Vin de Frileuse » et « Le Thé des familles ». A tel point qu'il écrira plus tard : « Si j’ai créé des affaires commerciales, c’est pour que mon théâtre n’en soit pas une ». Trois ans plus tard il est vrai, son agence de publicité est l'une des premières de France.

Il n'en oublia pas moins l'écriture et le théâtre : Sa première pièce, Le Casseur d'assiettes (1925) sera suivie de beaucoup d'autres comme Une femme libre (1934) et L'Inconnue d'Arras (1935), pour ne citer qu'elles.

Président de l'Académie Goncourt, Salacrou fut également le dialoguiste de « La Beauté du diable », filmé en 1950 par René Clair.

Il s'est éteint au Havre le 23 novembre 1989.

Biblio. Merci aux pages Wikipédia et aux nombreux sites consacrés à A. Salacrou.

28/05/2014

La Dame de Tournebut ou l’âme de la chouannerie normande

Aujourd’hui démoli, le château de Tournebut était situé en Normandie, dans le département de l’Eure, sur la commune d’Aubevoye, proche de Gaillon. En 1804, il était la propriété de la marquise de Combray qui l’avait hérité de sa mère. Cette Dame de Tournebut s’appelait en réalité Geneviève de Brunelles (1742-1823). Rouennaise, fille d’un président en la Cour des comptes, aides et finances de Normandie, elle avait épousé Monsieur de Combray de Donnay qui lui avait fait quatre enfants, deux garçons et deux filles.

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Le château de Tournebut

Madame de Combray était une royaliste ardente, voire fanatique, farouchement opposée au Premier Empire. Elle prit une part importante aux mouvements de chouannerie normande dont elle fut l’une des pièces maîtresses. Dans son château de Tournebut, elle logea nombre de royalistes et fomenta multiples complots !  

Sa plus jeune fille, Caroline, née en  1773, avait épousé un des chefs chouans, Acquet de Férolles. Agée de 22 ans et fort jolie, elle était aussi la maîtresse d’Armand Victor le Chevalier. Cet homme là, à la tête de huit autres hommes, tous déterminés et lourdement armés, attaqua sur la route de Falaise à Caen, dans le bois du Quesnai à l’Engannerie, le soir du dimanche 7 juin 1807, la voiture des contributions d’Alençon. L’affaire fit grand bruit. Après s’être emparés de l’important butin, soit 63 000 francs, ils abandonnèrent blessés et cadavres et partirent trouver refuge au château de Donney, propriété de Caroline, où ils finirent par être tous arrêtés, jugés et condamnés à mort.

Pour avoir repéré les lieux de l’embuscade et ceux de l’attaque, pour avoir caché et nourri les neuf membres de la bande, par arrêt du 30 décembre 1808, la cour de justice criminelle de la Seine Inférieure condamna également Caroline à la peine de mort. Enceinte, son exécution fut repoussée au 7 octobre 1809.

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Chouans capturés en Normandie

Quant à sa mère, la Marquise de Combray, jugée receleuse d’une partie de l’argent dérobé, elle fut condamnée au pilori et à 22 ans de fers. Elle purgea sa peine au bagne jusqu’à ce que sa condamnation soit annulée en août 1814 avec le retour des Bourbons sur le trône de France. Elle eut même l’honneur d’être présentée au tout nouveau roi Louis XVIII (1755-1824) et à la famille royale, avant de décéder dans son château de Tournebut le 23 octobre 1823.

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Acte de décès de la marquise de Combray

Honoré de Balzac (1799-1850) s’inspira de sa vie pour son personnage de Madame de la Chanterie dans son livre « L’Envers de l’histoire contemporaine » paru en 1848.

 

Biblio : Mémoires de Madame la Duchesse d’Abrantès – Vol. 3 – Google Books

- Histoire de la Normandie  de R. Jouet et C. Quétel - Orep Ed. 2009

07/05/2014

Un normand, héros de l’Ile mystérieuse

Les normands ont inspiré, directement ou indirectement, certains récits de nos plus grands écrivains. L’aventure que je vais vous narrer a été vécue au XIXème siècle par le maire de la petite ville euroise de Serquigny, située à une dizaine de kilomètres de Bernay. L'histoire est si extraordinaire qu’elle sera reprise par Jules Vernes (1828-1905) dans son « Ile mystérieuse »… 

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L’homme se nomme Valéry Paul Rolier (1844-1918). Il est originaire de Courtenay, cité du département du Loiret. Jeune ingénieur des Arts et Métiers, il a 26 ans quand, au soir du 24 novembre 1870, durant le dramatique siège de la Ville de Paris, en qualité de Capitaine de l’armée française, il s’envole de la Gare du Nord à bord du ballon dirigeable, le « Ville d’Orléans ». C'est à cette époque l’un des seuls moyens de communication restant aux parisiens pour traverser les lignes ennemies.

Avec son compagnon Léon Béziers, la mission de nos deux aérostatiers est d’acheminer vers l’armée de la Loire basée à Tours tout un lot de dépêches militaires d’extrême importance ! Soit 240 kilomètres à parcourir dans la nuit et dans le froid, au gré des caprices des vents… Et sans G.P.S. ! 

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Aussi, quel n’est pas leur étonnement, quelle n’est pas leur angoisse quand, au petit matin, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas en Touraine mais qu’ils survolent la mer !

Ce n’est que 14 heures plus tard, après avoir parcouru plus de 1 200 km, soit 5 fois la distance Paris-Tours, qu’ils vont enfin toucher la terre ferme… tout de blanc revêtue ! Car ils viennent d’atterrir à Lifjell près de Seljord en Norvège !

Accueillis magistralement par la population locale, fêtés en héros, ils seront rapatriés quelques jours plus tard par le consulat de France.

En souvenir, la nation offrira à la Norvège le ballon, sa nacelle et le drapeau français qui sont toujours exposés au musée technique de la Ville d’Oslo.

Et c’est cet exploit, bien involontaire, qui inspirera Jules Verne pour son roman « L’Ile mystérieuse » paru en 1874. 

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Quant à Paul Rolier, rendu à la vie civile,  il va créer une fabrique de papier à Serquigny dont il deviendra par la suite le premier magistrat.