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10/05/2015

Chapeau Monsieur Anquetil !

Saviez-vous que c'est un coureur cycliste normand qui a gagné successivement le plus de tours de France ? Quatre fois de suite, de 1961 à 1964, c'est là l'exploit toujours inégalé de Jacques Anquetil ! Il est aussi le premier coureur de l'histoire à avoir remporté à cinq reprises le Tour de France et mieux encore, en 1961, il va conserver la tête du classement de la première à la dernière étape du Tour !

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 Jacques Anquetil (1934-1987)

 

Né dans la banlieue rouennaise le 8 janvier 1934, d'un père reconverti dans la culture des fraises, ce qui lui devra d'ailleurs l'un de ses premiers surnoms, « le fraisiériste de Quincampoix », Jacques Anquetil signe sa première licence amateur à l'Auto-Cycle Sottevillais le 2 décembre 1950. Après 16 victoires chez les amateurs, dont le Prix Maurice Latour le 3 mai 1951 à Rouen, sa première victoire, le Prix de France, le Tour de la Manche et le Championnat national sur route l'année suivante, il devient cycliste professionnel en 1953 et le restera ce jusqu'au 27 décembre 1969 en signant 184 victoires !

 

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Le Château Anquetil

 

Après avoir rendu son maillot, il retourne vivre chez lui, en Normandie, à la Neuville-Chant-d'Oisel, dans sa propriété baptisée « Château des Elfes ». Dominant la vallée de l'Andelle, elle est entourée à perte de vue de prairies vallonnées. Là, sur 28 hectares, il joue au gentleman-farmer. 

Cette propriété, construite en 1835 par le grand-père de Guy de Maupassant, était le rendez-vous de l'élite des sciences et des arts de Rouen. Gustave Flaubert (1821-1880), ami intime de la famille, y a d'ailleurs séjourné bien souvent

 

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 Anquetil et Poulidor , Tour de France 1966

 

Champion hors normes, auteur d’exploits inégalés, « Maître Jacques » a longtemps été « célèbre sans être populaire ». Il faut dire que le normand « était un héros transgressif et dominant, dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée. » Longtemps, les français lui préféreront l'éternel second, le gentil «Poupou», Raymond Poulidor, de deux ans son cadet. Il est vrai que les deux hommes se livreront un duel homérique comme en 1964 sur le Tour de France où Anquetil gagnera avec seulement cinquante-cinq secondes d'avance sur Poulidor. Non sans humour, à la veille de sa mort survenue le 18 novembre 1987, il aurait déclaré à son rival de toujours venu le visiter : « Mon pauvre Poupou, encore une fois, tu vas finir deuxième ! »

 

Biblio. « Illustres Normands » - H-S Ouest-France 2011.

19/04/2015

Offenbach, l'Étretatais de cœur

Du 30 juillet au 8 août prochain, autour de « La Belle Hélène », se tiendra en Normandie, à Étretat, la 10e édition du Festival Offenbach. Une belle façon pour la station balnéaire aux blanches falaises de rendre hommage à cet Étretatais d'adoption, considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands compositions français du XIXe siècle.

 

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C'est en 1856 que le directeur du "Figaro", le Rouennais Hyppolite de Villemessant (1810-1879), fait découvrir à Jacques Offenbach (1819-1880) la cité normande dont le Tout Paris parle déjà.

A l'époque, ce compositeur et musicien français d'origine allemande, qui a mené une brillante carrière de soliste, vient d'ouvrir à Paris, sur les Champs-Élysées, son propre théâtre, les « Bouffes-Parisiens ». C'est là qu'il va créer, le 21 octobre 1858, son premier opéra-bouffe, «  Orphée aux Enfers », dont le succès va être immense.

 

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 Jacques Offenbach (1819-1880)

Séduit par Étretat il y acquiert en 1859 un terrain sur lequel il fait construire une élégante villa qu'il baptise "Orphée",  où seront conviées les célébrités de l'époque comme le photographe Nadar, le dessinateur Gustave Doré, le peintre Édouard Détaille ou bien encore le musicien Georges Bizet...

Hélas, le 3 août 1861, alors que la famille est à table, un terrible incendie se déclare. Maîtres et domestiques sortent rapidement dans le parc. Tandis qu'Herminie d'Alcain (1826-1887), Madame Offenbach, s'emploie à consoler les domestiques, son époux, bien installé dans un fauteuil, contemple le désastre en cours, en disant calmement : « Le spectacle me coûte assez cher, je veux en profiter ! »

 

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L'année suivante, la villa est reconstruite. Et c'est à Étretat que, jusqu'à la fin de ses jours, cet auteur prolifique qui comptera pas moins de 141 opéras à son actif, des opéras qu'on appelle maintenant opérettes, viendra se ressourcer, composer, mais aussi y organiser de grandes fêtes et... oublier ses douleurs. L'historien Michel de Decker* raconte que, perclus de rhumatismes, l'homme empruntait régulièrement le train Paris-Rouen-Le Havre. « Quand il quittait Paris, on le transportait à travers la salle des pas perdus de Saint-Lazare jusqu'à son compartiment. On l'y installait confortablement dans un amas de coussins, les jambes enveloppées dans d'épaisses fourrures. Il gémissait. A Rouen, moins éprouvé, il se dressait déjà pour glisser sa tête par la fenêtre. A Beuzeville, il était guilleret. Le changement de train pour la station des Ifs s'opérait sans lamentation. Aux Ifs, fouetté par l'air marin, il quittait seul son wagon, esquissait un pas de cavalier et grimpait allégrement dans la calèche qui l'emmenait à Etretat. »

L'une de ses quatre filles, Pépita (1855-1925) épousera le 20 décembre 1882 Prosper Brindejont (1847-1920) qui deviendra maire d'Étretat de 1892 à 1898.

 

*Biblio. « Les Grandes Heures de la Normandie » de M. de Decker - Ed Pygmalion 2007.

Merci aux sites www.etretat-festivaloffenbach.fr/ et http://gallica.bnf.fr

25/03/2015

Le normand qui a découvert Neptune

C'est l'un des plus grands savants du XIXe siècle ! Né à Saint-Lô (Manche), le 11 mars 1811, véritable génie en mathématiques, diplômé de l’École polytechnique, passionné de mécanique céleste, Urbain Le Verrier découvre l'astronomie, non comme la plupart des astronomes, avec les yeux, derrière une lunette, mais la tête dans ses calculs...

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Car c'est bien grâce à ceux-ci que, le 23 septembre 1846, un astronome allemand de Berlin peut observer une huitième planète à laquelle notre savant normand aurait bien volontiers légué son nom. Elle sera baptisée Neptune, du nom d'une divinité, comme Jupiter, Mars ou Vénus avant elle. Maigre consolation cependant, un anneau portera son nom.

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 Urbain Le Verrier

Devenu directeur de l'Observatoire de Paris, on lui doit aussi les premiers pas de la météorologie moderne. À la suite de la terrible tempête du 14 novembre 1854 qui traversa l'Europe d'ouest en est, causant la perte de 41 navires dans la Mer Noire, il va mettre en place un premier réseau d'observatoires météorologies sur le territoire français. Destiné avant tout aux marins, pour les prévenir de l'arrivée des tempêtes, ce réseau regroupera 24 stations dont 13 reliées par télégraphe, puis s'étendra à 59 observatoires répartis sur l'ensemble de l'Europe en 1865.

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Fort de sa célébrité scientifique, Le Verrier devient député de la Manche en 1849, puis sénateur durant deux décennies. Élu Conseiller général du canton de Saint-Malo-de-la-Lande en 1852, cet homme au caractère difficile sera aussi président du conseil général de la Manche de 1858 à 1870.

Il décède à Paris, le 23 septembre 1877.

Photo et biblio : Illustres Normands 2ème édition - Ouest-France H-S 2012.