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10/09/2017

Dupont de l'Eure, le premier Président de la République française

Notre normand d’aujourd’hui, le premier dirigeant de la République Française à avoir porté le titre de Président, est de plus l'un des rares hommes politiques à avoir jouer un rôle majeur lors des trois révolutions françaises de 1789, 1830 et 1848.

Jacques Charles Dupont est né au Neubourg, chef-lieu de canton du département de l’Eure, le 27 février 1767. Le roi Louis XV est à la fin de son règne.

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 Acte de baptême de Jacques Charles Dupont – Église Paroissiale du Neubourg (Eure)

 

Marchands de bestiaux, ses parents de petite bourgeoisie font étudier le droit à leurs fils. En 1789, il est reçu avocat au parlement de Normandie. Celui-ci comprenait dans son ressort les sept grands bailliages de Normandie dont celui d’Évreux. D’ailleurs, dès le 4 mars 1790, après la création des départements, il se fait appeler «Dupont de l’Eure» afin de se différencier d’un homonyme politique. C’est alors une pratique courante de compléter un nom de famille par trop courant par une origine géographique.

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 Maison d’enfance de la famille Dupont à Claville (Eure)

 

C’est le départ d’une belle carrière judiciaire. Nommé administrateur du district de Louviers en 1793, conseiller au Tribunal d’Appel de Rouen en 1799, promu la même année Président du Tribunal Criminel d’Évreux, il sera Président de la Cour Impériale en 1812.

Parallèlement, il mène une carrière politique qui commence le jour anniversaire de son 25ème anniversaire. En effet, le 27 février 1792, il est élu Officier Municipal de sa ville du Neubourg. Sous le Directoire, il devient député de l’Eure au Conseil des Cinq-Cents et ne va plus cesser de faire ensuite partie du paysage politique de notre pays.

Le 9 août 1830, en sa qualité de Garde des Sceaux, il reçoit le serment de Louis-Philippe, roi des Français.

 

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Sa carrière parlementaire va cependant atteindre son apogée le 25 février 1848 où âgé de 81 ans, ce «vieillard vert d’esprit, droit de sens, inflexible à l’émotion, intrépide de regard» selon Alphonse de Lamartine (1790-1869), est nommé Président provisoire du Conseil des ministres. Il est de fait Chef de l’État, avec le titre de Président. «Quand cette révolution n'aurait eu que ce jour, et quand mes dernières années n'auraient eu que cette heure, je ne regretterais rien des quatre-vingts ans de labeur que Dieu m'a donnés» confiera-t’il lorsque quelques jours plus tard, le 4 mai 1848, il remet ses pouvoirs à l’Assemblée constituante.

Ayant échoué aux suffrages suivants, il quitte la vie politique, se retire dans sa terre de Rouge-Perriers (Eure) où il décède le 2 mars 1855. Inhumé dans le cimetière du Neubourg, il a laissé le souvenir d’un magistrat intègre, d'un patriote indépendant, ennemi de la violence, défenseur des libertés et des droits de l’homme, respecté de tous les partis et très populaire.

 

Biblio. Merci aux pages wikipédia sur le sujet.

26/03/2017

Le grand jeu de Mademoiselle Lenormand !

27 mai 1772 : Marie Anne Adélaïde Lenormand voit le jour à Alençon, au domicile de ses parents, des bourgeois drapiers qui habite la Grande Rue. Orpheline à 5 ans, elle est placée chez les Sœurs Bénédictines puis chez les Visitandines. Studieuse, apprenant vite, elle s’amuse pendant les récréations à prédire l’avenir de ses camarades de classe. Elle fait déjà état d’une grande imagination et de qualités qualifiées de « pénétration psychologique ».

 

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 Portrait de Marie Anne Lenormand

 

Dès lors, la jeune fille va s’employer à développer ce « don de voyance », non sans risque puisque, à cette époque, les pratiques « magiques », l’occulte et l’énigmatique ne sont guère acceptés. Elle en fait la triste expérience à Paris, en 1786, où elle est arrêtée après avoir tiré les cartes. Pour se faire oublier, elle s’exile à Londres durant quelques mois et en profite pour y prendre des leçons de chiromancie.  

En 1790, de retour en France, elle installe son cabinet de consultation au cœur du Faubourg Saint-Germain, au 115 de la rue de Tournon. Elle va très vite y prophétiser le tout-Paris et surtout le gotha de la Révolution, parmi lesquels Danton, Desmoulin et Robespierre. Elle lit les lignes de la main, manie les cartes avec adresse, consulte le plomb fondu, les miroirs brisés, le cristal de roche, les cendres soufflées et jette même les aiguilles.  

 

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 Le salon de consultation de Melle Lenormand

 

Talentueuse, utilisant avec habilité son image publique, elle écrit, parallèlement à ses activités de prophétesse,  des livres et des pièces de théâtre, et fait même paraître quelques numéros d’un journal intitulé « Le mot à l’oreille ».

En 1793, elle devient l’amie et la confidente de Joséphine de Beauharnais. C’est lors d’une visite à la Malmaison, le 2 mai 1801, que la pythonisse lui prédit le célèbre « Vous serez plus que reine… »

Si la Révolution l’a fait connaître, sa vraie notoriété viendra de l’Empire qui fera d’elle la plus célèbre cartomancienne du XIXe siècle… et aussi sa fortune. Elle s'éteint célibataire et sans enfant le 25 juin 1843. Après ses obsèques à St Jacques du Haut Pas à Paris devant une foule immense, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Sa fortune ira à ses neveux qui hériteront notamment de propriétés acquises à Alençon, sa ville natale.

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Ce n'est qu'après sa mort que va paraître le « Grand jeu de Melle Lenormand », un jeu de tarot de 54 cartes, fondé sur la  Mythologie grecque, qui est toujours autant plébiscité de nos jours.

 

Biblio ; « Hommes et cités de Normandie » de J. Cathelin et G. Gray – Ed. du Sud et A. Michel – Paris 1965.

« Pays de Normandie » n°67 – Hiver 2009-2010

 

21/08/2016

Le normand Charlus, "Roi du phono"

 "Viens, Poupoule !, Viens, Poupoule ! viens !
Souviens-toi que c'est comme ça
Que je suis devenu papa."

(Paroles d'Adolf Spahn adaptées par Henri Christiné et Alexandre Trébitsch,

musique d'Adolf Spahn )

 

Cette chanson faisait partie de son répertoire en 1903 ! Que de chemin parcouru par celui qui nait à Aumale, au cœur de la vallée de la Bresle, dans le département de la Seine-Maritime, un matin du 6 septembre 1860 ! Louis Napoléon Defer se fera connaître sous le pseudonyme de Charlus, prononcez "Charlusse". Très tôt attiré par la chanson, il monte à Paris dès l'âge de 17 ans. Après toutes sortes de petits boulots et un passage obligatoire sous les drapeaux, après une audition, il est engagé en 1886 au café-concert "L'Époque". Trois ans plus tard, il est à l'affiche du Concert Parisien aux côtés d'Yvette Guilbert (1865-1944) C'est grâce aux conseils de celle-ci qu'il va se créer un personnage bien à lui. Habillé en "romantiques", il se lance dans la création de chansons dans le style "diseur". Sa voix est douce, forte, posée, agréable. Une vie d’artiste fort honorable l'attend et il va chanter dans les plus grandes salles parisiennes de l'époque comme l’Alcazar, l'Empire ou Bobino.

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Charlus ( 1860-1951)

Incarnant la joie de vivre, il excelle également dans le comique et le grivois et passe aisément du répertoire-troupier aux chansons de charme. Il interprète celles des autres et "emprunte" notamment volontiers le répertoire de Paulus (1845-1908), alors au sommet de sa gloire et auquel il ressemble un peu physiquement. C'est lui aussi qui lui inspire son nom de scène, un jour de Saint-Charles, il prend le nom de Charlus.

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Doté d'une diction impeccable, Charlus est aussi l'un des premiers chanteurs français à avoir effectué des enregistrements sur cylindres. Il en aurait enregistré pas moins de 80 000 chansons pendant sa carrière ce qui lui vaut le surnom de « forçat du gramophone » Entré en 1896 chez Pathé Frères, il est nommé en 1901 directeur artistique des enregistrements du répertoire caf' conc' , puis directeur de la succursale Pathé à Marseille de 1914 à 1925. Promu chef de l'enregistrement du café-concert, il grave ainsi pour la postérité les voix d'Yvette Guilbert et des chanteurs de l'époque comme Anna Thibaud, Dranem, Fragson ou Polin.

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Vers 1930, il se retire dans l'Oise pour rédiger ses mémoires. Publiées dans les années 1950, on y lit notamment ceci : "J'ai chanté : « Je gagnais des haricots, comme nous disons dans notre argot d'artistes. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Quand il fallait fabriquer de la façon que je viens de dire les cylindres destinés à la vente, et que le prix unitaire de ceux-ci était de 1fr.25 et de 2 francs, […], un chanteur ne pouvait raisonnablement demander plus de cinquante centimes par audition. Mais au moins, je chantais ! [...] J'étais au boulot dès huit heures du matin. Je me débarrassais de mes vêtements… superflus, retirais col et cravate, et je chantais. […]. Vous auriez ri de la posture que nous étions obligés de prendre pour chanter nos duos. Nous ne pouvions rester dans l'axe du pavillon, qui n'avait guère que 25 cm de diamètre, qu'en nous serrant l'un contre l'autre. Elle me tenait par le cou, moi je la tenais par la taille. Il ne fallait pas bouger…»

Le clap de fin sonne pour Charlus le 21 février 1951 à Verberie (Oise). Salut l'artiste !

 

Biblio. Merci notamment aux pages Wikipédia.