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12/08/2015

Le clos-masure du Pays de Caux

Indissociables du paysage cauchois, les clos-masure constituent une des particularités du patrimoine architectural normand. Bien malmenés par les enjeux d'une économie agricole qui voit progressivement diminuer le nombre d'exploitations, on n'en compte plus aujourd'hui qu'environ 5000 sur tout le territoire du Pays de Caux, entre Rouen, la vallée de la Seine, Le Havre et Dieppe.

Mais qu'est-ce qu'un clos-masure, ? Ce nom n'évoque pas, loin de là, une demeure misérable mais une exploitation agricole nichée dans un clos, un espace carré enherbé plus ou moins vaste, ceint de hauts talus plantés d'arbres.

 

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L'origine du clos-masure est complexe et sans doute lié à l'influence de plusieurs traditions. Certaines recherches ont démontré qu'il existait des villae gallo-romaines structurées selon le même principe et que, certaines fermes gauloises, étaient entourées des même talus fait de terre.  

Ceux-ci, d'une hauteur pouvant atteindre deux mètres de hauteur, surmontés d'une rangée simple voire double de hêtres, plus rarement de chênes, de charmes, ou d'ormes, sont curieusement appelés ici "fossés". Sans doute parce qu'il faut creuser largement de part et d'autre pour les édifier. Ils constituent une protection très efficace tant des hommes que du bétail et des cultures, contre les vents souvent violents qui soufflent de la mer.

 

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Un chemin empierré conduit à travers quelques rangs de pommiers ou de poiriers jusqu'au corps de la ferme. L'habitation du fermier, bien souvent à pan de bois et couverte de chaume, est orientée plein sud. Sa vue dégagée permet au maître de voir venir au loin l'étranger qui s'avance. A proximité de la ferme, autour d'une mare (les puits étant rares sur ce plateau de craie épaisse), isolés les uns des autres afin d'éviter les risques de propagation d'incendie, on trouve les bâtiments agricoles : l'étable, l'écurie, la bergerie, la porcherie, le pigeonnier, la grange, le pressoir et un colombier, un four à pain ou à lin et quelques citernes destinées à recueillir l'eau de pluie.

 

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Si la coutume générale de Normandie ordonnait qu'on partage les biens entre tous les enfants, celle du pays de Caux voulait que la masure avec ses bâtiments, ses plantations et son jardin, revienne en intégrité à l'aîné des enfants, ce qui explique les grandes exploitations encore nombreuses.

 

Biblio. « Secrets et trésors des maisons de Normandie » de M. Le Goaziou et L. Herzog – Ed. Ouest-France, 2013.

22/07/2015

Paris-Rouen, le premier concours de voitures sans chevaux

Le saviez-vous, notre belle ville de Rouen accueillit le dimanche 22 juillet 1894 les concurrents de la première épreuve de l’histoire de l’automobile !

Organisé à l’initiative d’un normand, Pierre Giffard (1853-1922), journaliste au Petit-Journal, principal quotidien français de l'époque, ce premier « concours de voitures sans chevaux », doté d’un prix de 10 000 francs, propose aux premiers tacots « sans danger, aisément maniables pour les voyageurs et ne coûtant pas trop cher sur la route » de rallier sur une journée Paris à Rouen, soit un parcours de 126 km sur des voies plus ou moins carrossables…  

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Le premier concours de voitures sans chevaux - Paris-Rouen - 1894 

 

L’automobile est née dans les années 1880. Plusieurs modes de traction s’affrontent alors : vapeur, essence, électricité. L’enjeu de cette course d’endurance est à la fois technique et commercial.  Y participer confère au pilote comme au constructeur un indéniable prestige

Pour être autorisés à concourir, les 102 engagés, au volant de prototypes plus ou moins aboutis et faisant appel aux énergies motrices les plus disparates, des voitures actionnées " par gravité " et notamment par le " poids des passagers " mais aussi des voitures " hydrauliques ", des voitures à air comprimé ou équipées de  systèmes à leviers, automatique, pendulaire, à pédales, des systèmes électriques ou semi–électriques ou encore à gaz haute pression, etc., doivent au préalable effectuer un parcours de sélection de 50 km en moins de 3 heures. Seulement 21 concurrents, majoritairement des français, 7 en voitures à vapeur et 14 à pétrole, vont y parvenir et prendront le départ. Parmi eux,  se trouve les grands noms de l’automobile : De Dion-Bouton, Panhard, Peugeot, Benz, etc… 

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Traversée de Mantes par les concurrents du premier Paris-Rouen automobile

Le programme prévoit un départ de Paris, Porte Maillot à 8 heures, « une pause déjeuner » d’une heure trente à Mantes, afin de laisser refroidir les machines, et une arrivée à Rouen en fin d’après-midi.  Le Comte Jules-Albert de Dion (1856-1946) prend immédiatement la tête de la course à bord de son tracteur à vapeur remorquant une lourde calèche. Bien que suivi par les Peugeot et Panhard-Levassor, il franchira la ligne d’arrivée en premier, applaudit par une foule enthousiaste, après un voyage de 6h et 48 minutes.  

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Arrivée à Rouen du Comte De Dion au volant de son tracteur à vapeur remorquant une calèche

Toutefois, le jury jugeant son véhicule peu maniable et surtout très dangereux, ne le classera pas officiellement. La victoire sera attribuée à Albert Lemaître, arrivé deuxième, au volant de sa Peugeot.

 

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 Albert Lemaître, le vainqueur, au volant de sa Peugeot.

 

 

Biblio. Merci au site http://www.cc-organisation.com et aux pages wikipédia sur le sujet.

 

24/06/2015

Les herbes de la Saint-Jean

En ce 24 juin, nous fêtons les Jean ! Bonne fête à eux ! Pour les chrétiens, la Saint-Jean, c'est celle de Jean le Baptiste, fils de Zacharie et d’Élisabeth, le prophète qui a annoncé la venue de Jésus de Nazareth, l’a désigné comme l’« agneau de Dieu » et lui a donné le baptême sur les bords du Jourdain. Et, au matin de la Saint-Jean, autrefois en Normandie, pas question de grasse matinée !

 

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Car, la fête de la Saint-Jean est jour de pleine lune. A l'époque où l'on accordait aux planètes une grande influence sur les propriétés des plantes, et notamment sur celles aux vertus médicinales souveraines, c'est dès l'aube que l'on partait à leur recherche. En effet, pour être efficaces, les précieuses herbes sauvages devaient être cueillies avant le lever du soleil, encore couvertes de rosée. Il fallait en profiter d'ailleurs pour se rouler dans cette rosée bienfaitrice qui préservait une année entière des maladies de peau !

 

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 Le millepertuis

 

Nos anciens cueillaient principalement des fleurs de sureau, des brins de verveine, des pieds d'armoise, des racines de guimauve, la cuscute et le millepertuis. Toutes ces plantes étaient censées protéger les hommes et les animaux des petites maux quotidiens, mais chacune avait une fonction bien particulière. L'une éloignait les maladies, l'autre augmentait la virilité, tandis que celle-ci facilitait les accouchements, celle-là prévenait des incendies et préservait du mauvais œil.

 

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Ainsi, une fois séchés à l'abri dans un des coins du grenier, les brins de verveine préservaient la maison des orages, des sorciers et des voleurs. On en tressait des couronnes qu'on accrochait aux rouis (solives) de la maison. Les pieds d'armoise garantissaient des maléfices empêchant les vaches de donner du lait et plus largement soignaient tous les troubles féminins. Les racines de guimauve calmaient les taureaux lorsqu'ils s'échauffaient. Avec elles, on pouvait approcher sans crainte les bestiaux les plus méchants. Quant au millepertuis, dit chasse-diable, il guérissait les brûlures et soulageait les douleurs rhumatismales.

 

 

Biblio. "Almanach de la mémoire et des coutumes de Normandie"- Hachette 1982.