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20/05/2015

Le "trou aux lépreux" de l’Église Notre-Dame de Dives-sur-Mer

Connue depuis la plus haute antiquité notamment en Chine et en Inde, la lèpre s'est développée en Europe Occidentale dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Sa plus forte endémicité y a été atteinte entre le XIe et le XIVe siècle.

Dès le VIe siècle, plusieurs conciles vont interdirent aux lépreux de vaquer librement parmi la population saine afin de ne pas semer la contagion autour d'eux. Ainsi, quand ils se déplaçaient, ils devaient porter des signes distinctifs et ne pas s'approcher de la nourriture ou des points d' eau destinés à la population saine.

 

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La plupart des léproseries françaises furent fondées entre le XIIe et le XIVe siècle. Si, en principe, chacune était dotée d'une chapelle, pour celles qui n'en disposaient pas, il était souvent créé dans le mur de l'église la plus proche un trou dit « aux lépreux » qui permettait de suivre les offices de l'extérieur. Large à l'extérieur, cette petite fenêtre se rétrécissait à l'intérieur de manière à ne plus former qu'une petite fente par laquelle seuls deux ou trois lépreux pouvaient regarder les homélies.

 

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Il existe encore aujourd'hui une ouverture ce ce type dans l'église Notre-Dame de Dives-sur-Mer dans le département normand du Calvados. Érigée au XIe siècle et agrandie ensuite aux XIVe et XVe siècles, le « trou aux lépreux » de ce bel édifice roman se trouve au fond de l'église et à droite. Il a été conçu de telle façon qu'il guidait le regard des malades vers le Christ miraculeux situé au cœur de l'église.

 

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Le « trou aux lépreux » n'est pas la seule particularité de l'église Notre-Dame de Dives-sur-Mer. L'historien et archéologue Arcisse de Caumont (1801-1873) y a fait placer, au-dessus des portes d'entrée principales de la nef, une plaque commémorative sur laquelle figure les noms des 475 compagnons qui, en 1066, aux côtés de Guillaume le Conquérant (1028-1087), sont partis du port de Dives-sur-Mer pour conquérir l'Angleterre !

 

Biblio. « Normandie insolite et secrète » de J-C. Collet et A. Joubert – Ed. Jonglez 2013.

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

06/05/2015

Quand un grand champion de boxe vient s'entraîner en Normandie...

Connaissez-vous Manitaux, ce charmant petit hameau du vexin normand ? Rattaché au célèbre village voisin de Giverny, il se situe un peu à l'écart de lui, blotti entre un bras de Seine et la colline boisée d'Orgival. Ici règne le calme et l'air pur. Terre agricole et surtout d'élevage, les vaches s'y régalent de l'herbe généreuse qui pousse sur son sol enrichit des alluvions du fleuve.

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Au pied de la colline, à droite du chemin qui traverse le village et qui mène à la forêt, on aperçoit une grande exploitation agricole dont le propriétaire au début siècle dernier était Monsieur Boyer.

La ferme Boyer est d'importance et son propriétaire, assurément quelqu'un qui aime le sport et particulièrement la boxe ! Faut dire qu'en Normandie, elle y est présente dès 1880, c'est-à-dire bien avant la création de la fédération française en 1913.

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Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, il fait aménager dans les dépendances de sa propriété une salle de formation et d’entraînement à cette discipline. Il confie les travaux à un maçon de Giverny et lui commande même de bâtir une petite maison destinée à loger les boxeurs qui viendront s'entraîner chez lui. Et ils vont être nombreux à y venir !

Le plus prestigieux d'entre eux, mais aussi sûrement le plus pressé, sera Georges Carpentier (1894-1975). Monsieur Boyer fera aménager pour lui seul une piste d'atterrissage sur ses terres de la Grande-Ile ! Il faut dire que le palmarès de ce sportif est tout simplement époustouflant : champion de France junior de sa discipline en 1907, à seulement 13 ans, il sera aussi le premier français à décrocher le titre de champion du monde le 12 octobre 1920 ! Pourtant le titre mondial des poids lourds toutes catégories lui échappera lors d'un match mémorable, le « match du siècle ». Ce jour-là, le 2 juillet 1921, les 80.000 spectateurs du stade de Jersey City, dont Alice Roosevelt, Henry Ford et Charlie Chaplin, seront épatés par le courage de Carpentier.

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Le Français, qui s’est brisé le pouce de la main droite dès le deuxième round du match, est incapable de riposter. Martelé de coups par son adversaire, il tient malgré tout. Et ce n'est qu'au 4e round qu'un dernier crochet de Dempsey mettra fin à son calvaire. De retour en France, « Le grand Georges » est accueilli en héros ! Son match, bien que perdu, lui vaudra une renommée mondiale.

 

Biblio. « Les normands pionniers du sport » de M. Lécureur – Ed. Des Falaises 2007.

Merci au site "le hameau de manitaux" Pbase.com

 

15/04/2015

Une église orthodoxe en Normandie

A moins de 10 km de Caen, au cœur du département normand du Calvados, la commune de Colombelles, traversée par l'Orne, n'est qu'un petit bourg rural de moins de 200 habitants quand, en 1909, attiré par la proximité du port maritime de Caen et la présence d'importants gisements de minerai de fer dans la région, l'industriel allemand Auguste Thyssen (1842-1926) y fait construire une grande usine sidérurgique qui deviendra la Société métallurgique de Normandie.

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Le premier haut fourneau est mis à feu en 1917. Le besoin de main d’œuvre tant pour la construction de l’usine que pour son fonctionnement entraîne un afflux massif et très cosmopolite de travailleurs : Russes blancs fuyant la révolution, Polonais et Ukrainiens, Italiens et Espagnols, mais aussi travailleurs coloniaux, Chinois, Nord-Africains, prisonniers de guerre Austro-Hongrois,... arrivent en masse à Colombelles attirés par les possibilités d'embauche qui y sont offertes. A tel point, qu'en dix ans, la population de la commune se multiplie par dix : de 178 habitants en 1914 , elle atteint 2 301 habitants en 1921 et 3 452 habitants en 1939 !

eglise orthodoxe de colombelles,saint serge de radonège  ège

Église Saint-Serge de Radonège de Colombelles

En 1926, la communauté orthodoxe obtient de l'entreprise un terrain et les fonds pour édifier une église orthodoxe. Les travaux sont effectués par les membres aux-mêmes, chacun apportant ce qu’il peut de son savoir-faire et/ou de son temps libre. Quant aux plans, ils sont dessinés par un colonel de l'armée russe qui s'inspire du style des églises de Saint-Pétersbourg. Le clocher de l'église est ainsi surmonté d'un toit en bulbe d'oignon peint en bleu, typique de l'architecture religieuse baroque des pays slaves. Et, à l'intérieur de l'église, les murs sont recouverts d'icônes peintes par Fostov et Khvostov.

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Saint-Serge de Radonège

Consacrée en novembre 1926, puis endommagée par les bombardements de juin 1944, l'église Saint-Serge de Radonège a été reconstruite en 1947. Unique dans l'ouest de la France, elle a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1992

Depuis les années 1970, la plupart des offices auparavant célébrés en slavon, sont désormais dits en français pour permettre aux descendants des immigrés, qui ont perdu l'usage du russe, de s'intégrer à la paroisse. Et pour bien ancrer celle-ci en terre normande... la paroisse a décidé d'associer Saint Vigor, évêque de Bayeux au VIe siècle, au patronage de Saint Serge de Radonège (1313-1392), l’un des saint les plus populaires de la Russie .

 

Biblio. « Normandie- coups de coeur » de M. Le Goaziou et M-C. Colignon – Ed. Ouest-France 2011. Merci aux sites www.colombelles.fr, orthodoxe-caen-colombelles.perso.neuf.fr. et merienne.jy.free.fr