Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/02/2017

Le Carnaval de Granville à l'honneur

Saviez-vous que la région Normandie est désormais la région de France la plus représentée à l'UNESCO ? Le carnaval de Granville, dont la 143eme édition ouvrira le 24 février prochain, a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en novembre dernier et ce par le comité intergouvernemental de l'Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture. La manifestation rejoint ainsi la dentelle au point d Alençon, classée  en 2010. Au patrimoine mondial, figure aussi notre Mont-Saint-Michel et sa baie inscrits en 1979, , le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret en 2005 et les tours Vauban de St.-Vaast-la-Hougue en 2008.

carnaval granville 1.jpg


Le très populaire carnaval de Granville, la "Monaco du Nord", station balnéaire et portuaire située à l'extrémité nord de la Baie du Mont-Saint-Michel, a plus d un siècle. La première édition, avec comité d'organisation,  remonte au 7 février 1875. Il faut se souvenir que si, de nos jours, le port de Granville est le premier port coquillier de France, autrefois, c'est la morue qui le faisait vivre.

carnaval granville 3.jpg

Et c''est ce milliers de marins de la grande pêche qui sont à l'origine dudit Carnaval. Le départ vers les Côtés de Terre-Neuve, au large du Canada, pour de longs mois de mer, avaient lieu chaque année autour de Mardi gras. La traversée était longue et rude. Aussi, avant de partir loin de leurs familles, braver l'océan et ses tempêtes, le carnaval était pour ces hommes la dernière occasion de se distraire à terre.

carnaval granville 2.jpg


Durant cinq jours, les carnavaliers, au nombre de 130 000 la saison dernière, vivent au rythme de cette fête populaire qui figure parmi les rendez-vous normands incontournables de ce début d'année. Bataille de confettis, grande cavalcade satyrique, défilé de chars, fanfares, sans oublier les intrigues dans toute la ville, une des spécialités du carnaval de Granville, et bien sûr le traditionnel "Bal à papa" vont enflammer la ville, célébrant ainsi, pour tous, la fin de l'hiver.

 


Biblio : "Patrimoine Normand" n°100 - "Le carnaval de Granville entre à l Unesco"

21/12/2016

Des cheminées en tire-bouchon...

Le village de Saint-Ouen-sur-Iton, situé à 6 km au sud-est de l'Aigle, dans le département de l'Orne, dispose d'une curiosité insolite et unique en France ! Nombre de ses maisons sont en effet surmontées de cheminées torsadées ! De la simple échoppe à la villa bourgeoise, de la boulangerie à la mairie, toutes ou presque ont leur excroissance de briques du pays qui monte vers le ciel normand.

saint ouen sur iton 4.jpg

Il faut expliquer que le petit bourg du Pays Aiglon a connu une incroyable aventure ! Nous sommes au XIXe siècle. Il a alors pour maire Désiré Guillemare (1820-1904), un maire bâtisseur, hors du commun qui va décider un jour que son village serait différent des autres ! Élu de 1852 à 1904, réélu à chaque scrutin à l'unanimité des votants, il fut doyen des maires de France. Et durant 52 ans, rien ne va arrêter ce fils unique de petits propriétaires agriculteurs aisés, vivant de ses rentes et d'un commerce de bois qui lui laisse le temps et lui donne aussi les moyens de penser à sa commune et aussi à la célébration de sa propre gloire. Car cet homme généreux et ambitieux, un peu excentrique également, à l'énergie inépuisable... était aussi un rien mégalo.

saint ouen sur iton 2.jpg

Statue de Désiré Guillemare (1820-1904)

Quand Désiré Guillemare arrive aux affaires, en 1852, Saint-Ouen compte 400 habitants répartis sur plusieurs hameaux. Il commence par réunir ceux du Buat, de Saint-Aubin et de Saint-Ouen pour obtenir le titre prestigieux de « fondateur du bourg ». Ensuite, sans relâche, il se démène, réclame des subventions, lance des souscriptions (avec promesse de faire graver les noms des généreux donateurs) et à l'occasion puise aussi dans sa cassette personnelle pour fait bâtir une mairie, une école, un théâtre, des commerces, un bureau de poste, un petit musée, des ponts, un marché couvert,... Il dote l’église d'une cloche de près de 50 kg pour qu'elle sonne aux inhumations des riches comme des pauvres.

Saint-Ouen-sur-Iton, Désiré Guillemare, Cheminées en tire-bouchon

Le phare Sollerot de Saint-Ouen-sur-Iton

Il offre même aux Audoniens l'éclairage public grâce aux lampes à acétylène d'une colonne pyramidale de 14 mètres de haut, le phare Sollerot, surmonté de son effigie et parsemée de panonceaux en fonte rappelant les faits et gestes de son édile philanthrope, qui éclaire les maisons du centre bourg jusqu'à 22 h. Mais surtout, afin d'inscrire sa commune dans l'histoire, il exige que les maisons soient flanquées de ces fameuses cheminées torsadées... Et grâce à elles, Désiré Guillemare a gagné son pari, Saint-Ouen-sur-Iton a bien quelque chose d'unique !

 

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C. Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez, 2013.

 

14/12/2016

L'église Sainte-Catherine d'Honfleur, la plus grande église en bois de France !

Dédiée à Sainte-Catherine d'Alexandrie, c'est la plus grande église en bois de France et l'une des principales curiosités de la ville normande d'Honfleur  ! Elle a été classée monument historique en 1879.

 

eglise sainte catherine 0.jpg

 

Datant de la deuxième moitié du XVe siècle, l’église Sainte-Catherine d'Honfleur remplace en fait une ancienne église de pierre brûlée pendant la Guerre de Cent ans. En 1450, la paix enfin revenue, afin de remercier Dieu du départ des Anglais, les Honfleurais décident de reconstruire une église « provisoire » en bois (la pierre étant réservée en priorité à la reconstruction des fortifications), tout en se promettant de la réédifier en pierre dans des temps meilleurs. Disposant de peu de moyens, les charpentiers de marine de la ville, les fameux « maîtres de hache » utilisent le bois provenant de la forêt toute proche de Touques et mettent à profit leurs connaissances en construction navale. Sans jamais avoir recours à la scie, à l'image de ce que faisaient avant eux leurs ancêtres Vikings, ils vont bâtir cet édifice sur le modèle d'une halle de marché donnant l'aspect d'une coque de bateau renversée. Pour les soubassements, ils emploient de la brique et du mortier de chaux, matériaux utilisés traditionnellement à cette époque dans le Pays d'Auge.

 

eglise sainte catherine 2.jpg

 

Le bâtiment fera l'objet de plusieurs “campagnes” de construction. En 1468 est achevée la première nef, celle du Nord. Mais avec l’essor démographique, en 1496, une église plus grande s'avère nécessaire. Une seconde nef est donc ajoutée après destruction des bas-côtés de la première. Plus tard, la construction est recouverte de bardeaux en bois de châtaignier. Au XVIe siècle, deux porches, magnifiquement sculptés dans un style Renaissance, sont intégrés à l'entrée de l'église. Enfin, au début du XIXe siècle, l'intérieur de l'église reçoit un habillage en plâtre et un porche néoclassique à colonnes grecques remplaçant le porche primitif.

 

eglise sainte catherine 1.jpg

 

L'autre particularité de cette église est d'être séparée de son robuste clocher de chêne qui lui fait face. Reposant sur un large soubassement abritant la maison du sonneur, ce dernier a été élevé à bonne distance afin d'éviter que les paroissiens présents dans les nefs ne soient la proie des flammes en cas d'incendie  ! Car, en raison de son élévation et de sa position à flanc de colline, il attire volontiers la foudre...

 

Biblio. « Normandie - 500 coups de cœur » de M. Le Goaziou et M-C. Colignon – Ed. Ouest-France 2011.