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NOTRE BELLE NORMANDIE

  • Du beau linge à Tancarville

    Saviez-vous que, comme la petite ville de Neufchâtel-en-Bray a donné son nom à un fromage, celle de Tancarville a donné le sien en 1963 à un étendoir à linge ? Un objet du quotidien qui rappelle l'architecture du pont qui fut le dernier sur le cours de la Seine jusqu'à la construction du pont de Normandie reliant aujourd'hui le département de la Seine-Maritime à celui du Calvados.

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    Faisant face au département de l'Eure, et plus précisément à la commune du Marais-Vernier, le pont de Tancarville a supplanté le bac du Hode qui reliait autrefois Berville-sur-Mer et le hameau du même nom alors dominé d'un phare. Longtemps pour la ville du Havre, isolée par des marécages à l’extrémité du Bec de Caux et mal reliée par voie terrestre à un arrière-pays réduit par sa position géographique à un quart de cercle, le franchissement de l’Estuaire à l'aide des bacs fut le principal moyen d’assurer la subsistance des habitants. Mais à la fin des années vingt, de l’accroissement continu du trafic naît la nécessité de la construction d’un passage permanent.

    Le 7 décembre 1933, la décision du projet « Pont-Route » aux environs du bac du Hode-Berville est actée. Deux ans plus tard, l’avant-projet d’un pont suspendu à la hauteur de Tancarville est finalisé. Le 11 décembre 1940, le Gouvernement du Régime de Vichy déclare d’utilité publique le projet de construction du pont et de ses voies d’accès. Mais la Seconde Guerre mondiale retarde sa construction qui ne débute en réalité que le 15 novembre 1955. A son achèvement, ce pont suspendu de 1 420 mètres présente une travée centrale de 608 mètres, la plus longue d'Europe.

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    Le Pont de Tancarville est inauguré le 2 juillet 1959 par le Ministre des Travaux Publics, des Transport et du Tourisme Robert Buron (1910-1973) en présence du havrais René Coty (1882-1962), lequel aurait proposé en son temps de nommer le futur pont du nom du maréchal Pétain avant de devenir lui-même président de la IVe République en 1954 et de laisser sa place le 8 janvier 1959 à Charles de Gaulle (1890-1970).

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    Et c'est en 1963, que le nom de marque « Tancarville » va être déposé pour la première fois par la société Dupré originaire de Saint-Etienne pour laquelle lorsque qu'on regarde ce pont de coté, lui qui allie à la fois finesse et robustesse, avec un peu d’imagination, on peut y voir un simple étendoir à linge...

     

    Biblio. « La Seine-Maritime – Petite géographie curieuse et insolite » de Pierre Deslais – Ed. Ouest-France, 2021.

  • La croix de Saint-Olaf sur le drapeau normand

    On la retrouve sur les drapeaux des pays nordiques comme le Danemark, la Suède, la Norvège, l'Islande ou la Finlande. Elle porte le nom de "croix scandinave" ou de "croix de Saint-Olaf", du nom de ce roi norvégien de 1015 à 1028 qui s'était mis en tête d'extirper le paganisme de son royaume.

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    Carte de pays et régions en Europe du Nord utilisant la croix scandinave dans leur drapeau

     

    La croix scandinave, c'est une croix grecque, aux quatre branches égales ou à peu près égales, dont la branche située dans la partie flottante a été prolongée exagérément pour créer un effet décoratif et corriger l'effet d'optique qui la ferait apparaître plus courte parce qu'elle est celle qui bouge le plus au vent.

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    Statue de Saint Olaf - Ytterselö churc

    Saint Olaf ou Olaf II de Norvège naquit en Norvège vers 995 mais c'est à Rouen, en 1014 que ce viking fut baptisé par l'archevêque Robert le Danois (+ v.1037), frère du duc Richard II Duc de Normandie (v. 930-996). De retour dans son pays en 1016, il se met en tête d'en extirper le paganisme, pour faire du christianisme la religion de son pays.

    Une église de la ville de Rouen lui a été dédiée. Construite en 1926 rue Duguay-Trouin, à l'initiative d'une mission norvégienne, afin de permettre la pratique du culte luthérien aux marins en escale dans le port tout proche, elle reçut officiellement en 1937 la dédicace à saint Olaf, saint patron de la Norvège.

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    Le drapeau à croix de Saint-Olaf créé par Jean Adigard des Gautries en 1937

    Comme la Normandie, si elle a un blason n'a pas vraiment de drapeau, en 1937, le normand Jean Adigard des Gautries (1889-1974) en dessine un fait, d'une croix de saint Olaf jaune sur fond rouge. Cet érudit, spécialiste des Vikings, ardent défenseur de l’unité de la Normandie, qui a vécu en Norvège et au Danemark, tentera en vain de hisser son drapeau au-devant de son combat. Mais la gloire ne se décrète pas. Les Léopards du blason normand vont garder leur part de lion !

     

     

    "La Normandie pour les nuls" de Ph. Simon - First-Ed., 2017

  • L'ivoire, fleuron du passé Dieppois

    Dieppe et son ivoire, c'est une longue histoire. L'industrie de transformation en ingénieuses fantaisies, voire en objets d'art, de cette matière précieuse, appelée "morfil", que fournissent les défenses d'éléphants, a, durant des siècles, contribué au renom de la cité normande.

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    Les historiens s'accordent pour dater la création du premier atelier d'ivoire de Dieppe au XIVe siècle. Tout aurait commencé en l'an de grâce 1364 quand deux vaisseaux dieppois abordèrent sur les côtes de Guinée, près du rio Sesots et près d'un village qui fut nommé "Le Petit Dieppe". Là, avant de rentrer à leur port d'attache, ils complétèrent leur charge d'ivoire. C'est alors une matière aussi précieuse que rare qui arrive à Paris parcimonieusement en provenance de l’Orient.

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    Très vite, sentant la bonne affaire, des quantités impressionnantes de défenses d’éléphants sont rapportées par les navires dieppois. Elle vont faire de la cité normande la plateforme d'un marché considérable, capable d'alimenter toutes les grandes villes du royaume et surtout Paris, renommée pour ses tailleurs que les ivoiriers dieppois vont s'empresser d'égaler. Comme l'écrit Jacques Savary des Brûlons (1657-1716) dans son Dictionnaire universel de commerce, publié à titre posthume en 1723, "leurs ouvrages ayant eu de la vogue, furent imitez à Dieppe et bientôt surpassez, en sorte que les ouvriers de cette ville se sont depuis conservez la réputation de mieux tourner et de mieux tailler l’yvoire que aucuns du royaume." Crucifix, bénitiers, Vierges et enfants, mais aussi boîtes à poudre, bijoux, râpes à tabac, manches à couteaux ou de fourchettes, auxquels s'ajoutent statuettes et bas-reliefs ... Les sculpteurs-ivoiriers dieppois rivalisent d'idées comme de talent.

    Au XVIIIe siècle, la ville normande compte 12 maîtres ivoiriers et 250 ouvriers. Au siècle suivant, grâce au développement des bains de mer, toute la bonne société venant en villégiature à Dieppe achète des ivoires. Le marché est si florissant qu'en 1850, on compte 22 boutiques d'ivoiriers installés dans la Grande-rue.

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    En 1900, il ne reste plus à Dieppe que 40 ivoiriers en activité, Lentement, le soleil se couche sur ce commerce principal facteur responsable du déclin des populations d’éléphants d'Afrique, dont les deux espèces, éléphant de savane et éléphant de forêt, ont été classées "vulnérable" et "en danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature. La France a interdit sur son territoire le commerce de l'ivoire par arrêté du 16 août 2016. Le Château-Musée de Dieppe offre aujourd'hui à ses visiteurs une collection de plus d'un millier d'objets, témoins du travail de l'ivoire dans la cité.

     

     

    Biblio. "Connaissance de Dieppe et de sa région", n°252 - 2005 - Article de G. Bertout.

    Images : gazette-drouot.com