Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/07/2016

La verrine normande de l'an de grâce MCCCXIII

Au cœur de la Normandie, dans le département de la Manche, se niche un petit village d'un peu plus de 200 âmes, celui du Mesnil-Villeman. Son église, l'église Saint-Pierre, bâtie au XIIe siècle, occupe bien entendu la plus grande place du bourg. Il faut dire qu'elle abrite un trésor...

mesnil villeman 2.jpg

Dans une fenêtre tout près du chœur, un étrange vitrail sur fond de verre blanc en grisaille a été classé monument historique en 1944. Il est le plus ancien vitrail daté de France !

mesnil villeman.jpg

Mesurant 1m20 de hauteur sur 0m43 de largeur, il représente, "sous une double arcature, un donateur ecclésiastique en prière devant Saint Pierre, patron de la paroisse. Il a la tête tonsurée, est vêtu d'une aube blanche et d'une chasuble bleue doublée de vert et à collet jaune, un manipule blanc et jaune pendant au poignet. Le saint revêtu de même est coiffé d'une tiare rouge, bénit le donateur de la main droite et tient une longue clé jaune de la main gauche". Tout autour, des personnages, prêtres, dames et rois, délicieuses figurines d'or sur fond rouge. L'inscription en quatre lignes, étonnamment longue pour un vitrail de si petites dimensions, court sur le fond rouge de la scène. On y déchiffre aisément : "Mestre Guillaume a donné cette verrine l'an de grâce MCCCXIII" (1313).

mesnil villeman 3.JPG

Église Saint-Pierre du Mesnil-Villeman

Ce vitrail permet de dater l'apparition en Normandie d'une technique qui a révolutionné l'esthétique et le style de la peinture sur verre, le jaune d'argent, teinture à base de sels d’argent posés sur la face externe ou interne de verres le plus souvent incolores, dont le XIVème siècle a fait en France un abondant usage.

 

Biblio."Manche - 100 lieux pour les curieux" de B. Rudloff et R. Boudet - Ed. C. Bonneton, 2016.

Merci au site lemesnilvilleman.sitego.fr

01/06/2016

Un amour de moulin

"Le Moulin Amour", c'est son nom et il lui va bien ! Toujours en parfait état de marche, il est le témoin d'une histoire oubliée, celle des minoteries normandes de la vallée de l'Oison, rivière-affluent de la Seine. Il est  aujourd’hui le seul rescapé des dix-sept moulins ce site.

moulin amour 1.jpg

Nous sommes au cœur du pays du Roumois, dans le petit bourg eurois de Saint-Ouen de Pontcheuil. Le moulin dont je vous parle ne doit pas son nom à son charme ni au cadre bucolique protégé où il est situé, mais à son dernier meunier, Désiré Amour, qui a cessé son activité en 1914.

Le moulin Amour a été bâti en 1840 sur les ruines d'un moulin rural d'architecture normande. Plus important et de type industriel, il est construit un peu à gauche de l'ancien, lequel, après avoir été rehaussé est devenu la maison du meunier.

moulin amour 2.gif

Il est équipé d'une roue à auguets. Les auges ou, plus ordinairement, auguets, sont des espèces de seaux ou de godets placés à la circonférence de la roue pour recevoir l'eau qui la fait mouvoir. Les roues à augets reçoivent l'eau par-dessus alors que les roues à aubes la reçoivent par-dessous.

moulin amour 3.jpg

 

En 1993, après quatre vingt années d'abandon et une restauration de cinq années, le moulin est transformé en écomusée et devient un haut lieu de tourisme culturel. Il accueille tout au long de la saison des animations artisanales et culturelles et participe activement à l'éducation à l'environnement. Moulin à blé, il utilise encore ses meules de pierre pour écraser des céréales issues de l'agriculture biologique.

 

Biblio. : "Normandie - 500 coups de cœur" de M. Le Goaziou et M-C. Colignon - Ed. Ouest-France 2011 et "Lieux romantiques en Normandie" de J-C. Collet - Ed. Ouest-France 2013.

11/05/2016

La forêt cathédrale d'Eawy

Notre belle Normandie renferme des trésors ! En voici un parmi tant d’autres : la forêt d’Eawy !

Foret Eawy.jpg

Située entre les vallées de la Varenne et de la Béthune, au cœur du Pays-de-Bray, à proximité de Neufchâtel-en-Bray et de Saint-Saëns, à ½ heure de Rouen et de Dieppe, la forêt d’Eawy (prononcez «  e-a-vi ») est l’une des plus belles hêtraies de France et la seconde du pays en superficie,  plus de 7 000 hectares !

Tirant son nom du substantif « eve, ewe », ancienne forme du vieux français « eau », provenant du latin « aqua »  synonyme d’ « humide », elle, qui n’est pourtant traversée par aucun cours d’eau, doit son terrain frais à l’argile à silex qui recouvre la craie qui compose son sol.

EAWY.jpg

Vestige des grandes forêts couvrant notre région avant le premier millénaire, elle a été propriété des Ducs de Normandie dès le règne de Guillaume le Conquérant avant d’appartenir à la couronne de France après la conquête de la Normandie par le Roi Philippe Auguste (1202-1204) jusqu’à sa confiscation à la Révolution et sa déclaration ensuite en Forêt Domaniale.

 Hetre.jpg

Composée principalement de hêtres, on y trouve aussi des chênes, des charmes, des merisiers, des frênes, des érables sycomores et autres alisiers. Et, cerise sur le gâteau, cette magnifique « forêt cathédrale* » est traversée du nord au sud par une majestueuse « allée des Limousins » percée au XVIe siècle, long ruban taillé au cordeau de 14 km de long et de 20 mètres de large.

Source d’une forte activité économique, si elle a fait vivre pendant longtemps tous les villages alentours, elle est aujourd’hui un paradis pour les promeneurs amateurs d’air pur, de flore et de faune sauvages, qui empruntent pour leur plus grand plaisir le «  chemin des écoliers », circuit pédagogique de deux heures de marche, heureuse initiative de l’Association des Amis de la forêt d’Eawy.

*Expression de Jean-Yves Picard, Président de l’Association des Amis de la forêt d’Eawy -  Photos « eawy-tourisme »