14/09/2014

Le jaune d'Evreux

On connaît le fameux bleu de Chartres ! Mais en Normandie, nous avons l'extraordinaire jaune d’Évreux. Peut être moins connu, certes, mais qui a cependant fait la renommée de la cathédrale de la capitale euroise, bâtie vers l'an 912, puis détruite à plusieurs reprises et finalement reconstruite sous le règne de Louis XI (1423-1483).

 

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 Cathédrale Notre-Dame d’Évreux - Lithographie du XIXe siècle

Au début du XIVe siècle, un maître-verrier de celle-ci utilise pour la première fois le jaune d'argent. Et c'est sa qualité et son éclat qui vont le faire passer à la postérité sous le nom de jaune d'Evreux.

Il s'agit d'un mélange de sels d'argent (chlorure, sulfure,...) et de cément (ocre ou argile calcinée). Connu des céramistes égyptiens et mozarabes depuis le Ve siècle, il réapparaît en Occident, entre 1310 et 1320 et va entraîner une véritable révolution dans l'art du vitrail et de la peinture sur verre.

D'une part, il enrichit la palette des couleurs des vitraux se limitant jusqu'alors principalement au bleu, rouge et vert. De nouvelles teintes, claires et éclatantes, allant du jaune clair à l'orangé voire au vert en le plaçant sur du bleu, vont éclaircir des verrières qui deviennent dès lors plus limpides en laissant passer plus de lumière.

 

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Et d'autre part, comme la substance s'applique au pinceau avant cuisson sur la face externe du verre, on peut désormais ajouter cette couleur jaune sur le verre sans être obligé de souder des pièces différentes par du plomb. Ainsi, l 'artiste n'a plus besoin, comme cela se faisait auparavant, de couper et de sertir de plomb les parties les plus délicates, comme une chevelure blonde autour d'un visage ou l'étoffe d'un manteau. Dès lors, le jaune d'argent va colorer les chevelures, les bijoux, les couronnes, les sceptres, … c'est-à-dire tout ce qui est jaune ou blond dans la réalité.

Parmi les 70 verrières de la cathédrale euroise, celles considérées comme les plus belles se situent dans le chœur et dans la chapelle Saint-Louis.

 

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 Petits panneaux du XIIIe siècle dans la verrière de la chapelle Saint-Louis

 

Biblio. « Eure – 100 lieux pour les curieux » de D. Camus – Ed. Bonneton 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

24/08/2014

La plus ancienne station de sauvetage en mer est normande

Ici, la mer règne en maître. Le raz de Barfleur est l'un des endroits les plus dangereux de nos côtes ! C'est pourquoi le port normand s'est doté dès 1865 d'une station de sauvetage en mer, la première en France.

Si, au large de la Hague, à l'ouest du Cotentin, le raz Blanchard, l’un des courants de marée les plus puissants d’Europe qui doit son nom de ce que la mer, lorsqu’elle est démontée, se couvre d’écume blanche, est le plus dangereux, celui de Barfleur, à l'est de la presqu'île, n'a rien à lui envier !

 

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Les trois milles entre Moulard, du côté de Montfarville, et le phare de Gatteville donnent des sueurs froides aux marins même les plus expérimentés. Ils craignent tous ces forts courants longeant la côte qui provoquent tourbillons et remous. Quand les vents d'amonts, les vents d'est, s'y mettent, et que la houle déferle du cap de Barfleur, l'entrée du port devient périlleuse, et plus d'un s'est retrouvé « dans les cailloux », comme on dit ici. 

Les Barfleurais ne comptent plus les naufrages. En 1120, c'est la « Blanche-Nef », qui s'abîme en sur le rocher de Quillebeuf. Au même endroit, en 1862, c'est au tour de « La Luna », un superbe trois-mâts qui venait de larguer les amarres avec à son bord une centaine d'émigrants partis pour l'eldorado de la Nouvelle-Orléans, de s'y déchirer.

 

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C'est pourquoi, en 1865, sur le modèle des stations anglaises, une station de sauvetage, la première en France, est construite à Barfleur. Pour gagner du temps, le canot de sauvetage est lancé directement du quai, lorsque la mer est haute. Elle plonge dans les eaux du bassin avec son équipage avant de s'élancer au secours des naufragés. C'est ainsi qu'en 1931, le dimanche 23 août, jour des Régates à Barfleur, le canot de sauvetage dans lequel a pris place le Docteur Cabart-Danneville, Sénateur de la Manche, entame sa glissade vers l'eau quand le talon du gouvernail vient heurter le bord du quai. Le choc projette 2 hommes dans l'eau : un marin... et le sénateur "lequel excellent nageur ne tarde pas à remonter sur le quai. Bien que trempé, il reprend sa canne et son chapeau, remercie ses sauveteurs, et salue la foule pleine d'émotion..."

 

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Une station en dur a été construite en 1955, avec rampe de lancement et abri pour le canot. Depuis sa création, 6 canots se sont ainsi succédés dont les 3 premiers à rame. En 1997, l'«Amiral-de-Tourville », plus gros et plus puissant, a pris la relève du « Crestey-et-Sauvé », datant de 1955, et portant le nom des deux marins sauveteurs morts en mission.

 

Biblio. « Pays de Normandie – N°28 – 2000.

27/07/2014

Un bien curieux rébus...

La Normandie et ses mystères... Sur le terroir du Vièvre, perché sur un promontoire en rebord de plateau, le village eurois de Saint-Grégoire du Vièvre domine la vallée d’Authou, un affluent de la Risle. Au cœur de la cité, l'église présente un bien mystérieux rébus...

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Sur son mur méridional court une sorte de bande dessinée en pierre blanche et silex noir dont on ignore tout ou presque de sa signification, de son auteur et de ses raisons ! Bien sûr, nombre d'hypothèses ont été émises. Mais encore aujourd'hui, le mystère reste entier..

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Des scènes de combats d'animaux et un chevalier qui, armé d'une épée et d'un éperon étoilé, court après son cheval. Ce qui interpelle, c'est son allure surprenante : tendant une main, il est coiffé d'un pétase, chapeau rond à bord large et plat, et porte un étrange costume.

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En alternance, un jeu de damiers où apparaissent des triangles, des barres verticales et horizontales, des croix blanches et noires. On distingue également quelques lettres et chiffres qui pourraient signifier: « le monde est corrompu et faucard ».

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On sait que le damier symbolise l'équilibre du bien et du mal, la dualité, l'opposition, les forces contraires... Il faut dire qu'au moment de la construction de l'édifice, première moitié du XVIe siècle, la Normandie est tiraillée par des conflits à la fois religieux et idéologiques : implantation du protestantisme et des idées de réforme et début des guerres de religion.

Si on en ignore le sens, on peut se contenter d'apprécier l’originalité et la beauté de ce travail atypique.

 

Biblio. « Eure – 100 lieux pour les curieux » - D. Camus – Ed. Bonneton 2013