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27/11/2016

Le nid d'abeilles de l'église de Saint-Céneri-le-Gerei

Niché au cœur des Alpes mancelles, aux confins des départements de l’Orne, de la Sarthe et de la Mayenne, dans un méandre de la Sarthe qu’il surplombe du haut d'un éperon rocheux, voici le village de Saint-Céneri-le-Gérei. Une perle normande ! Il est classé parmi les "Plus beaux villages de France". Ses vieilles maisons s'enroulent autour de son l’église romane construite à partir de 1089 par la famille Giroie (ou Géré) issue de la moyenne aristocratie normande et à l’origine de la seconde partie du nom de la commune. L’église s'est placée sous la protection de son fondateur, un ermite italien mort vers 669, auquel le peuple a décerné le titre de Saint. Son nom est devenu ensuite celui du village groupé autour de l’abbaye.

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Si ses fresques de cet édifice classé monument historique en 1886 sont exceptionnelles, ce qui attire le regard se trouve sur son mur arrière gauche. Là, un curieux trou bourdonne... Tout à côté, on a apposé une petite pancarte...

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On peut y lire ceci : "Nid d'abeilles protégé - En 898, Charles III Le Simple envoie son armée afin de résister face aux Normands qui protestent contre son règne. les soldats, basés non loin de St-Céneri, se conduisent avec irrespect aux abords immédiats de l'église abritant le tombeau du fondateur. Des abeilles attaquent les auteurs du sacrilège qui, affolés, ne sachant où fuir, se précipitent du haut de la falaise et se tuent en s'écrasant en bas. Depuis, les abeilles continuent de protéger l'église."

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Aujourd'hui encore, elles chassent les trublions venant perturber le calme des lieux. Leur nid a été confié à des apiculteurs locaux.

 

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C. Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez, 2013.

02/11/2016

Rouenneries et cretonnes : des trésors normands !

Au début du XVIIIème siècle, les chargements de coton, en provenance des colonies, arrivent au Havre puis remontent la Seine. Dans toute la Normandie, et particulièrement dans les régions proches du fleuve, se développent alors des activités de filage. Et les toiles qui sont tissées prennent rapidement le nom du lieu de leur fabrication.

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Ainsi, à Rouen, ce sont les Rouenneries. Il s'agit là d une spécialité de la capitale normande. Ce tissu a successivement été appelé Rouen, puis Rouannerie et enfin Rouennerie. Des toiles de laine ou de coton peintes, ou dominent des couleurs comme le rose, le violet et le rouge, et dont les dessins ou effets de relief résultent de l'agencement des fils, teints avant le tissage.

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Il est fait mention de Rouennerie des 1799 et Balzac (1799-1850), dans sa description de certains milieux bourgeois, n'en ignorait pas l'existence.

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Dans le même état d'esprit, à Creton, cité de l'actuel département de l Eure, ce serait bien sûr la Cretonne. Ce tissu de coton réalisé suivant l'armure de la toile, avec une chaîne et une trame équilibrées, employé surtout en ameublement y serait né vers 1723. Toutefois, s'il est bien exact que le village de Creton, aujourd'hui réuni à celui de Buis-sur-Danville, à toujours été impliqué dans la fabrication de toile de coton, voire de lin, et de chanvre, blanche ou imprimée, rien n'atteste véritablement qu'il soit le lieu de naissance de ce tissu. Ce qui est sûr, c'est qu'elle est normande. Mais, selon d'autres sources, la cretonne pourrait provenir d'un tisseur de Pont-de-Vire, un quartier de Vimoutiers (Orne), du nom de Paul Creton, qui, vers 1616, aurait inventé une nouvelle toile en fil de lin pur. Ou bien encore, le nom pourrait dérivé de celui de "courtonne", nom de deux cités du Calvados, Courtonne-la-Meudrac et Courtonne-la-Ville, où il existait effectivement des filatures de chanvre, non loin desquelles se trouvaient les tissages d'Alençon...

 

Biblio. "Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire" de G. Henry - Texto-Tallandier 1991 et 2012.

23/10/2016

Une toponymie caractéristique de Normandie

C'est en Normandie que l'on recense le plus grand nombre de localités dont le nom se termine par -ville comme Hattenville, Fauville, Martainville ou Auzouville... Environ 20% des communes de notre région ont cette particularité. Et plus fort encore : au niveau national, notre région remporte le pompon avec 460 communes sur les 1068 concernées.

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Noms de communes de France composés avec l'appellatif -ville


Ce mot "ville" a bien entendu le sens de village. Au 1er siècle av. J.-C., sous Ciceron ( 106 à 43 avant J.-C.), la "villa" était une ferme ou travaillait des esclaves. À l'époque carolingienne puis capétienne, les exploitations rurales s' agrandissent et se regroupent pour former des hameaux qu'on continue à appeler "villae". Du Xe au XIIIe siècle, le mot latin "villa", qui désigne des lieux-dits, va se transformer progressivement pour devenir en français "vile" puis "ville".

 

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Trace des vikings qui ont envahi notre région, chez nous, ce suffixe vient souvent compléter le  nom scandinave du lointain fondateur du domaine qu'il nomme. C'est le cas par exemple pour Tourville-en-Auge (Calvados) qui tire son nom de Torf ou Turold, d'Amfreville-la-Campagne (Eure), de celui Ásfríðr ou de  Bricqueville-sur-Mer (Manche), de Brekki.

 

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Il faut savoir que le plus ancien nom en -ville de Normandie est celui de Bourville (Seine-Maritime), connu des l'an 715 sous la forme latinisée de "Bodardi villa", c'est-à-dire "le domaine rural de Bodardus ou Bodard". C'est dans ce village qu'André Raimbourg passa toute son enfance et c'est aussi celui qui lui a inspiré son surnom de Bourvil.



Biblio. Revue " ça m'intéresse Histoire" - Jan. -Fev. 2016.

Merci aux pages Wikipédia et Ouest-France.