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15/04/2015

Une église orthodoxe en Normandie

A moins de 10 km de Caen, au cœur du département normand du Calvados, la commune de Colombelles, traversée par l'Orne, n'est qu'un petit bourg rural de moins de 200 habitants quand, en 1909, attiré par la proximité du port maritime de Caen et la présence d'importants gisements de minerai de fer dans la région, l'industriel allemand Auguste Thyssen (1842-1926) y fait construire une grande usine sidérurgique qui deviendra la Société métallurgique de Normandie.

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Le premier haut fourneau est mis à feu en 1917. Le besoin de main d’œuvre tant pour la construction de l’usine que pour son fonctionnement entraîne un afflux massif et très cosmopolite de travailleurs : Russes blancs fuyant la révolution, Polonais et Ukrainiens, Italiens et Espagnols, mais aussi travailleurs coloniaux, Chinois, Nord-Africains, prisonniers de guerre Austro-Hongrois,... arrivent en masse à Colombelles attirés par les possibilités d'embauche qui y sont offertes. A tel point, qu'en dix ans, la population de la commune se multiplie par dix : de 178 habitants en 1914 , elle atteint 2 301 habitants en 1921 et 3 452 habitants en 1939 !

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Église Saint-Serge de Radonège de Colombelles

En 1926, la communauté orthodoxe obtient de l'entreprise un terrain et les fonds pour édifier une église orthodoxe. Les travaux sont effectués par les membres aux-mêmes, chacun apportant ce qu’il peut de son savoir-faire et/ou de son temps libre. Quant aux plans, ils sont dessinés par un colonel de l'armée russe qui s'inspire du style des églises de Saint-Pétersbourg. Le clocher de l'église est ainsi surmonté d'un toit en bulbe d'oignon peint en bleu, typique de l'architecture religieuse baroque des pays slaves. Et, à l'intérieur de l'église, les murs sont recouverts d'icônes peintes par Fostov et Khvostov.

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Saint-Serge de Radonège

Consacrée en novembre 1926, puis endommagée par les bombardements de juin 1944, l'église Saint-Serge de Radonège a été reconstruite en 1947. Unique dans l'ouest de la France, elle a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1992

Depuis les années 1970, la plupart des offices auparavant célébrés en slavon, sont désormais dits en français pour permettre aux descendants des immigrés, qui ont perdu l'usage du russe, de s'intégrer à la paroisse. Et pour bien ancrer celle-ci en terre normande... la paroisse a décidé d'associer Saint Vigor, évêque de Bayeux au VIe siècle, au patronage de Saint Serge de Radonège (1313-1392), l’un des saint les plus populaires de la Russie .

 

Biblio. « Normandie- coups de coeur » de M. Le Goaziou et M-C. Colignon – Ed. Ouest-France 2011. Merci aux sites www.colombelles.fr, orthodoxe-caen-colombelles.perso.neuf.fr. et merienne.jy.free.fr

 

22/03/2015

Bête de Gévaudan à la sauce normande...

C'était bien avant celle du pays de Gévaudan qui sévit entre 1764 et 1767 ! La bête dont je vous parle a attaqué et dévoré ses premières victimes humaines trente ans plus tôt. Cela se passait dans la forêt normande de Cinglais, située à une quinzaine de kilomètres au sud de Caen, entre la vallée de l'Orne et celle de la Laize. Une belle et majestueuse forêt, peuplée de hêtres et de chênes, qui fut mentionnée pour la première fois en 846 dans une charte de Charles le Chauve (823-877).

 

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19 mars 1632 : on peut lire dans « La Gazette » l'article suivant : «  De Caen en Normandie. Il s’est découvert depuis un mois dans la forêt de Singlaiz entre ci et Falaise une bête sauvage qui a déjà dévoré quinze personnes. Ceux qui ont évité sa dent rapportent que la forme de cet animal farouche est pareille à celle d’un grand dogue d’une telle vitesse qu’il est impossible de l’atteindre à la course, et d’une agilité si extraordinaire qu’ils lui ont vu sauter notre rivière à quelques endroits. Les riverains et gardes de la forêt lui ont bien tiré de loin plusieurs coups d’arquebuse, mais sans l’avoir blessé... »

 

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En un peu plus d'un an, la « bête de Cinglais », aussi appelée « bête de Caen » et « bête d'Evreux », à la fois « cruelle, rapide, agile,  hideuse et sans pitié» va faire pas moins d'une trentaine de victimes. Les villageois vivent dans la terreur de la rencontrer et évitent prudemment de s'aventurer dans les bois. Bien sûr, les curés des paroisses concernées organisent des chasses, mais celles-ci restent vaines, la bête continuant de sévir.

 

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Alors le 21 juin 1633, le Comte de la Suze prend les choses en main. Il organise une gigantesque battue qui va rassembler entre 5000 et 6000 personnes. Trois jours plus tard, la bête est enfin tuée d'un coup d'arquebuse. Le prédateur est identifié comme un loup mais « à la fois plus long et plus roux, la queue pointue et la croupe plus large que l'ordinaire. » Aussitôt, les attaques cessent... mais pas le mystère ! Lors des veillées, autour de l'âtre, dans les environs de Cinglais, on évoque encore quelquefois le loup-garou...

 

18/03/2015

Dans trois jours, première "marée du siècle" du nouveau millénaire !

Dans quelques jours, le 21 mars, on assistera sur nos belles côtes normandes à la première « marée du siècle » du nouveau millénaire. Ce jour-là, chose rarissime, le coefficient de marée sera de 119, c'est-à-dire tout près du maximum fixé à 120. A n'en pas douter, le spectacle sera au rendez-vous !

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Cependant, «du siècle » est excessif puisque cette sorte de marée revient en réalité tous les 18 ans (cycle de Saros). La précédente, c'était le 10 mars 1997. Les prochaines sont annoncées pour le 3 mars 2033 et le 14 mars 2051. »

 

 

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« La marée est le mouvement montant (flux ou flot) puis descendant (reflux ou jusant) des eaux des mers et des océans causé par l'effet conjugué des forces de gravitation de la Lune et du Soleil. Lors de la pleine lune et de la nouvelle lune, c'est-à-dire lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont sensiblement dans le même axe, ces derniers agissent de concert et les marées sont de plus grande amplitude (vives-eaux) : ce sont les grandes marées. »

Cette année 2015 a débuté par un phénomène notable sur le littoral français : une quarantaine de jours de marée avec des coefficients supérieurs à 100. La grande marée de samedi prochain marquera donc l'acmé de l'épisode météorologique. « Avec ce coefficient de 119, le marnage, différence de hauteur d'eau entre la pleine et la basse mer, atteindra 14,15 m dans la Baie du Mont Saint-Michel, "soit plus qu'un immeuble de quatre étages", contre 10,50 m lors d'un coefficient de 95 qui correspond à une grande marée moyenne. »

 

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 Mars 1914 à Granville (Manche)

Dans l’histoire océanographique, on a assisté à d'autres grandes « marées du siècle » atteignant le coefficient exceptionnel de 119. C'était le cas notamment les 3 mars 1900 et 14 mars 1918.