24/08/2014

La plus ancienne station de sauvetage en mer est normande

Ici, la mer règne en maître. Le raz de Barfleur est l'un des endroits les plus dangereux de nos côtes ! C'est pourquoi le port normand s'est doté dès 1865 d'une station de sauvetage en mer, la première en France.

Si, au large de la Hague, à l'ouest du Cotentin, le raz Blanchard, l’un des courants de marée les plus puissants d’Europe qui doit son nom de ce que la mer, lorsqu’elle est démontée, se couvre d’écume blanche, est le plus dangereux, celui de Barfleur, à l'est de la presqu'île, n'a rien à lui envier !

 

barfleur.jpg

 

Les trois milles entre Moulard, du côté de Montfarville, et le phare de Gatteville donnent des sueurs froides aux marins même les plus expérimentés. Ils craignent tous ces forts courants longeant la côte qui provoquent tourbillons et remous. Quand les vents d'amonts, les vents d'est, s'y mettent, et que la houle déferle du cap de Barfleur, l'entrée du port devient périlleuse, et plus d'un s'est retrouvé « dans les cailloux », comme on dit ici. 

Les Barfleurais ne comptent plus les naufrages. En 1120, c'est la « Blanche-Nef », qui s'abîme en sur le rocher de Quillebeuf. Au même endroit, en 1862, c'est au tour de « La Luna », un superbe trois-mâts qui venait de larguer les amarres avec à son bord une centaine d'émigrants partis pour l'eldorado de la Nouvelle-Orléans, de s'y déchirer.

 

barfleur1.jpg

 

C'est pourquoi, en 1865, sur le modèle des stations anglaises, une station de sauvetage, la première en France, est construite à Barfleur. Pour gagner du temps, le canot de sauvetage est lancé directement du quai, lorsque la mer est haute. Elle plonge dans les eaux du bassin avec son équipage avant de s'élancer au secours des naufragés. C'est ainsi qu'en 1931, le dimanche 23 août, jour des Régates à Barfleur, le canot de sauvetage dans lequel a pris place le Docteur Cabart-Danneville, Sénateur de la Manche, entame sa glissade vers l'eau quand le talon du gouvernail vient heurter le bord du quai. Le choc projette 2 hommes dans l'eau : un marin... et le sénateur "lequel excellent nageur ne tarde pas à remonter sur le quai. Bien que trempé, il reprend sa canne et son chapeau, remercie ses sauveteurs, et salue la foule pleine d'émotion..."

 

barfleur 3.jpg

 

Une station en dur a été construite en 1955, avec rampe de lancement et abri pour le canot. Depuis sa création, 6 canots se sont ainsi succédés dont les 3 premiers à rame. En 1997, l'«Amiral-de-Tourville », plus gros et plus puissant, a pris la relève du « Crestey-et-Sauvé », datant de 1955, et portant le nom des deux marins sauveteurs morts en mission.

 

Biblio. « Pays de Normandie – N°28 – 2000.

27/07/2014

Un bien curieux rébus...

La Normandie et ses mystères... Sur le terroir du Vièvre, perché sur un promontoire en rebord de plateau, le village eurois de Saint-Grégoire du Vièvre domine la vallée d’Authou, un affluent de la Risle. Au cœur de la cité, l'église présente un bien mystérieux rébus...

st gregoire 4.jpg

Sur son mur méridional court une sorte de bande dessinée en pierre blanche et silex noir dont on ignore tout ou presque de sa signification, de son auteur et de ses raisons ! Bien sûr, nombre d'hypothèses ont été émises. Mais encore aujourd'hui, le mystère reste entier..

st gregoire 6.jpg

Des scènes de combats d'animaux et un chevalier qui, armé d'une épée et d'un éperon étoilé, court après son cheval. Ce qui interpelle, c'est son allure surprenante : tendant une main, il est coiffé d'un pétase, chapeau rond à bord large et plat, et porte un étrange costume.

st gregoire 1.jpg

En alternance, un jeu de damiers où apparaissent des triangles, des barres verticales et horizontales, des croix blanches et noires. On distingue également quelques lettres et chiffres qui pourraient signifier: « le monde est corrompu et faucard ».

st gregoire 3.jpg

On sait que le damier symbolise l'équilibre du bien et du mal, la dualité, l'opposition, les forces contraires... Il faut dire qu'au moment de la construction de l'édifice, première moitié du XVIe siècle, la Normandie est tiraillée par des conflits à la fois religieux et idéologiques : implantation du protestantisme et des idées de réforme et début des guerres de religion.

Si on en ignore le sens, on peut se contenter d'apprécier l’originalité et la beauté de ce travail atypique.

 

Biblio. « Eure – 100 lieux pour les curieux » - D. Camus – Ed. Bonneton 2013

06/07/2014

So british !

Quelle est jolie la petite mairie du village de Saint-Sulpice-de-Grimbouville situé dans l'espace naturel de la vallée de la Risle, au cœur du canton eurois de Beuzeville !

st-sulpice-2.jpg

Plantée dans un décor champêtre plein de poésie, son attrait réside tant dans son originalité architecturale que dans l'histoire de sa sauvegarde.

saint sulpice 3.jpg

Elle a été bâtie en 1420, pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), par des anglais. La charpente de ce bâtiment médiéval à colombages, couvert de chaume, présente un encorbellement sur trois côtés avec une galerie à l’arrière telle qu'on peut encore en admirer aujourd'hui quelques exemplaires dans le Kent, au sud de l'Angleterre.

A l'origine, l'édifice se trouvait à 15 kilomètres de là, sur la commune de Selles. Il constituait la porte d’entrée d’un grand domaine, manoir ou château, au mieux inachevé puis détruit, au pis demeuré à l'état de projet.

En 1993, soit près de six siècles plus tard, il menaçait tout simplement de ruine. Alertés, les bâtiments de France décident de le conserver. Et comme le maire de Saint-Sulpice-de-Grimbouville, avait besoin d'une nouvelle mairie, l'ensemble va être démonté puis remonté sur le promontoire dominant les marais où il se trouve aujourd'hui !

 

saint sulpice 1.gif

Sa restauration va cependant exiger d'importants travaux. Et c'est à cette occasion qu'on va découvrir que ce type de charpente ne correspond pas à un savoir-faire français mais bel et bien à un savoir-faire anglais !

 

Biblio. « Eure – 100 lieux pour les curieux » de D. Camus – Ed. Ch. Bonneton 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.