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21/12/2016

Des cheminées en tire-bouchon...

Le village de Saint-Ouen-sur-Iton, situé à 6 km au sud-est de l'Aigle, dans le département de l'Orne, dispose d'une curiosité insolite et unique en France ! Nombre de ses maisons sont en effet surmontées de cheminées torsadées ! De la simple échoppe à la villa bourgeoise, de la boulangerie à la mairie, toutes ou presque ont leur excroissance de briques du pays qui monte vers le ciel normand.

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Il faut expliquer que le petit bourg du Pays Aiglon a connu une incroyable aventure ! Nous sommes au XIXe siècle. Il a alors pour maire Désiré Guillemare (1820-1904), un maire bâtisseur, hors du commun qui va décider un jour que son village serait différent des autres ! Élu de 1852 à 1904, réélu à chaque scrutin à l'unanimité des votants, il fut doyen des maires de France. Et durant 52 ans, rien ne va arrêter ce fils unique de petits propriétaires agriculteurs aisés, vivant de ses rentes et d'un commerce de bois qui lui laisse le temps et lui donne aussi les moyens de penser à sa commune et aussi à la célébration de sa propre gloire. Car cet homme généreux et ambitieux, un peu excentrique également, à l'énergie inépuisable... était aussi un rien mégalo.

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Statue de Désiré Guillemare (1820-1904)

Quand Désiré Guillemare arrive aux affaires, en 1852, Saint-Ouen compte 400 habitants répartis sur plusieurs hameaux. Il commence par réunir ceux du Buat, de Saint-Aubin et de Saint-Ouen pour obtenir le titre prestigieux de « fondateur du bourg ». Ensuite, sans relâche, il se démène, réclame des subventions, lance des souscriptions (avec promesse de faire graver les noms des généreux donateurs) et à l'occasion puise aussi dans sa cassette personnelle pour fait bâtir une mairie, une école, un théâtre, des commerces, un bureau de poste, un petit musée, des ponts, un marché couvert,... Il dote l’église d'une cloche de près de 50 kg pour qu'elle sonne aux inhumations des riches comme des pauvres.

Saint-Ouen-sur-Iton, Désiré Guillemare, Cheminées en tire-bouchon

Le phare Sollerot de Saint-Ouen-sur-Iton

Il offre même aux Audoniens l'éclairage public grâce aux lampes à acétylène d'une colonne pyramidale de 14 mètres de haut, le phare Sollerot, surmonté de son effigie et parsemée de panonceaux en fonte rappelant les faits et gestes de son édile philanthrope, qui éclaire les maisons du centre bourg jusqu'à 22 h. Mais surtout, afin d'inscrire sa commune dans l'histoire, il exige que les maisons soient flanquées de ces fameuses cheminées torsadées... Et grâce à elles, Désiré Guillemare a gagné son pari, Saint-Ouen-sur-Iton a bien quelque chose d'unique !

 

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C. Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez, 2013.

 

14/12/2016

L'église Sainte-Catherine d'Honfleur, la plus grande église en bois de France !

Dédiée à Sainte-Catherine d'Alexandrie, c'est la plus grande église en bois de France et l'une des principales curiosités de la ville normande d'Honfleur  ! Elle a été classée monument historique en 1879.

 

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Datant de la deuxième moitié du XVe siècle, l’église Sainte-Catherine d'Honfleur remplace en fait une ancienne église de pierre brûlée pendant la Guerre de Cent ans. En 1450, la paix enfin revenue, afin de remercier Dieu du départ des Anglais, les Honfleurais décident de reconstruire une église « provisoire » en bois (la pierre étant réservée en priorité à la reconstruction des fortifications), tout en se promettant de la réédifier en pierre dans des temps meilleurs. Disposant de peu de moyens, les charpentiers de marine de la ville, les fameux « maîtres de hache » utilisent le bois provenant de la forêt toute proche de Touques et mettent à profit leurs connaissances en construction navale. Sans jamais avoir recours à la scie, à l'image de ce que faisaient avant eux leurs ancêtres Vikings, ils vont bâtir cet édifice sur le modèle d'une halle de marché donnant l'aspect d'une coque de bateau renversée. Pour les soubassements, ils emploient de la brique et du mortier de chaux, matériaux utilisés traditionnellement à cette époque dans le Pays d'Auge.

 

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Le bâtiment fera l'objet de plusieurs “campagnes” de construction. En 1468 est achevée la première nef, celle du Nord. Mais avec l’essor démographique, en 1496, une église plus grande s'avère nécessaire. Une seconde nef est donc ajoutée après destruction des bas-côtés de la première. Plus tard, la construction est recouverte de bardeaux en bois de châtaignier. Au XVIe siècle, deux porches, magnifiquement sculptés dans un style Renaissance, sont intégrés à l'entrée de l'église. Enfin, au début du XIXe siècle, l'intérieur de l'église reçoit un habillage en plâtre et un porche néoclassique à colonnes grecques remplaçant le porche primitif.

 

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L'autre particularité de cette église est d'être séparée de son robuste clocher de chêne qui lui fait face. Reposant sur un large soubassement abritant la maison du sonneur, ce dernier a été élevé à bonne distance afin d'éviter que les paroissiens présents dans les nefs ne soient la proie des flammes en cas d'incendie  ! Car, en raison de son élévation et de sa position à flanc de colline, il attire volontiers la foudre...

 

Biblio. « Normandie - 500 coups de cœur » de M. Le Goaziou et M-C. Colignon – Ed. Ouest-France 2011.

11/12/2016

Une sacristie trnsformée en mairie...

La Normandie détiendrait-elle le record des mairies insolites ? Je vous ai déjà parlé de celles de Saint-Germain de Pasquier et de Saint-Sulpice de Grimbouville, toutes deux situées dans le département de l'Eure, mais pas encore de celle de Reigneville-Bocage !

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Reigneville-Bocage, c'est un petit village bucolique à souhait. Situé au sud de la péninsule du Cotentin, il compte aujourd'hui moins de 30 âmes, ce qui fait de lui la plus petite commune du département de la Manche. Les Reignevillais y mènent une vie calme et tranquille dans de vieilles maisons en pierre, dispersées dans le bocage ou nichées derrière les talus boisés, qui se comptent sur les doigts d’une seule main.

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Un petit coin de paradis dont la superficie est de 2.27 km2 et qui ne compte que 250 mètres de routes communales. N'allez surtout pas chercher à Reigneville-Bocage un bistrot, une boulangerie, une boucherie ou aucun autre magasins. Il n'y en a pas. Comme il n'y a pas non plus d'école, ni de monument aux morts, ni même de cimetière ! Pas plus que de place du village. Non, rien de tout cela !

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Mais bien sûr, comme en application de la loi du 5 avril 1884, chaque commune doit disposer d'une mairie, c'est-à-dire d'un lieu où peuvent siéger les élus et l’administration communale, à Reigneville-Bocage, elle a  été installée dans la sacristie d'une ancienne église dont il ne reste plus que quelques pierres. L'édifice n'est pas facile à trouver. Il faut suivre les indications d'un panneau en bois et emprunter un petit chemin de terre qui mène au beau milieu d’une cour de ferme. À l’arrière d’un ancien portique, se cache un bâtiment à la porte blanche au-dessus de laquelle est écrit "Mairie". C'est là, au beau milieu du champs, que le premier magistrat du village réunit régulièrement les 6 membres de son conseil municipal !

 

Biblio."Normandie insolite et secrète" de J-C Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez, 2013.