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01/06/2016

Un amour de moulin

"Le Moulin Amour", c'est son nom et il lui va bien ! Toujours en parfait état de marche, il est le témoin d'une histoire oubliée, celle des minoteries normandes de la vallée de l'Oison, rivière-affluent de la Seine. Il est  aujourd’hui le seul rescapé des dix-sept moulins ce site.

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Nous sommes au cœur du pays du Roumois, dans le petit bourg eurois de Saint-Ouen de Pontcheuil. Le moulin dont je vous parle ne doit pas son nom à son charme ni au cadre bucolique protégé où il est situé, mais à son dernier meunier, Désiré Amour, qui a cessé son activité en 1914.

Le moulin Amour a été bâti en 1840 sur les ruines d'un moulin rural d'architecture normande. Plus important et de type industriel, il est construit un peu à gauche de l'ancien, lequel, après avoir été rehaussé est devenu la maison du meunier.

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Il est équipé d'une roue à auguets. Les auges ou, plus ordinairement, auguets, sont des espèces de seaux ou de godets placés à la circonférence de la roue pour recevoir l'eau qui la fait mouvoir. Les roues à augets reçoivent l'eau par-dessus alors que les roues à aubes la reçoivent par-dessous.

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En 1993, après quatre vingt années d'abandon et une restauration de cinq années, le moulin est transformé en écomusée et devient un haut lieu de tourisme culturel. Il accueille tout au long de la saison des animations artisanales et culturelles et participe activement à l'éducation à l'environnement. Moulin à blé, il utilise encore ses meules de pierre pour écraser des céréales issues de l'agriculture biologique.

 

Biblio. : "Normandie - 500 coups de cœur" de M. Le Goaziou et M-C. Colignon - Ed. Ouest-France 2011 et "Lieux romantiques en Normandie" de J-C. Collet - Ed. Ouest-France 2013.

11/05/2016

La forêt cathédrale d'Eawy

Notre belle Normandie renferme des trésors ! En voici un parmi tant d’autres : la forêt d’Eawy !

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Située entre les vallées de la Varenne et de la Béthune, au cœur du Pays-de-Bray, à proximité de Neufchâtel-en-Bray et de Saint-Saëns, à ½ heure de Rouen et de Dieppe, la forêt d’Eawy (prononcez «  e-a-vi ») est l’une des plus belles hêtraies de France et la seconde du pays en superficie,  plus de 7 000 hectares !

Tirant son nom du substantif « eve, ewe », ancienne forme du vieux français « eau », provenant du latin « aqua »  synonyme d’ « humide », elle, qui n’est pourtant traversée par aucun cours d’eau, doit son terrain frais à l’argile à silex qui recouvre la craie qui compose son sol.

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Vestige des grandes forêts couvrant notre région avant le premier millénaire, elle a été propriété des Ducs de Normandie dès le règne de Guillaume le Conquérant avant d’appartenir à la couronne de France après la conquête de la Normandie par le Roi Philippe Auguste (1202-1204) jusqu’à sa confiscation à la Révolution et sa déclaration ensuite en Forêt Domaniale.

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Composée principalement de hêtres, on y trouve aussi des chênes, des charmes, des merisiers, des frênes, des érables sycomores et autres alisiers. Et, cerise sur le gâteau, cette magnifique « forêt cathédrale* » est traversée du nord au sud par une majestueuse « allée des Limousins » percée au XVIe siècle, long ruban taillé au cordeau de 14 km de long et de 20 mètres de large.

Source d’une forte activité économique, si elle a fait vivre pendant longtemps tous les villages alentours, elle est aujourd’hui un paradis pour les promeneurs amateurs d’air pur, de flore et de faune sauvages, qui empruntent pour leur plus grand plaisir le «  chemin des écoliers », circuit pédagogique de deux heures de marche, heureuse initiative de l’Association des Amis de la forêt d’Eawy.

*Expression de Jean-Yves Picard, Président de l’Association des Amis de la forêt d’Eawy -  Photos « eawy-tourisme »

 

27/04/2016

La disparition de Mademoiselle de Fontenailles

En ce jour du 26 avril 1902, ce qui devait arriver arriva : Mademoiselle de Fontenailles s'écroula...

L'histoire se passe à Longues-sur-Mer, un petit village normand du Calvados situé près de Bayeux. Ici, au fil du temps, la falaise, faite de roche calcaire ébouleuse, est inexorablement dévorée par les assauts de la Manche, au point d'être aujourd'hui hors d'atteinte de celle-ci dans un site sauvage et apprécié des touristes, baptisé "le chaos".

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Au cours des siècles, à raison d'un recul d'environ 50 centimètres par an, la falaise a laissé devant elle trois impressionnants rochers hauts de 20 mètres, évoquant des figures humaines. On les avait baptisées les "Demoiselles de Fontenailles" du nom du lieu-dit, hameau du village.

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Plusieurs légendes se sont chargées de rapporter leur histoire. Comme celle-ci, celle de trois jeunes filles et d’un amour brisé. Elles attendaient sur le rivage le retour de leurs fiancés quand elles « les virent à bord de leur bateau, mais celui-ci se jeta sur les récifs et les marins se noyèrent », laissant les trois fiancées pétrifiées de terreur.

 

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Au début du siècle dernier, deux d'entre-elles ont déjà disparu. Et c'est donc la dernière, encore rattachée à la terre ferme en 1743, qui vient de s' crouler à 70 mètres du rivage, victime d'une nouvelle tempête. On avait pourtant pris soin de la soutenir d'une béquille en maçonnerie...

Il n’est pas impossible qu’une remplaçante apparaisse un beau jour sur le rivage. Déjà, à la fin du XIXe siècle, un bloc se détacha de la falaise mais cette « Jeune demoiselle » là s’effondra à son tour en 1939.

 

 

Biblio. "L'Almanach de la Normandie" de B. et C. Quétel - Larousse 2002.

Merci au site http://www.histoirenormande.fr