23/04/2014

La légende du château d’Alençon

Modifié et agrandi à maintes reprise, puis presque totalement détruit en 1592 par la volonté du roi Henri IV (1553-1610), il ne reste plus grand-chose du premier château fort d’Alençon élevé dans le courant du XIe siècle par Yver de Criel, premier seigneur de Bellême : trois tours, dont l’une porte le nom de Tour couronnée à cause de sa forme. Cette tour couronnée défendait un pont-levis donnant sur le parc.

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D’après la légende, elle a été la résidence d’une jeune châtelaine appelée Marie Anson. Celle-ci, d’une très grande beauté, avait un mari aussi jaloux que brutal, le chevalier Renaud, qui aimait partir à la guerre.

C’est au retour d’une de ces absences que le mari trompé aurait découvert son infortune :  Marie avait mis au monde un fils.  S’estimant trahi et bafoué, il fit attacher sa femme  à la queue d’un cheval sauvage qui traîna l’infortunée dans tous les détours du parc du château jusqu’à ce que «  N’y avait arbre ni buisson qui n’êut sang de Marie Anson ».

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Il ne donna l’ordre de suspendre le supplice qu’au moment où la victime, brisée, déchirée, sanglante, était près de rendre le dernier soupir. Car, non content d’avoir assouvi sa haine et tué l’enfant, le cruel mari voulait justifier sa vengeance en arrachant à la coupable l’aveu de sa faute. Il se présenta devant sa femme mourante, et, l’abusant par un déguisement sacrilège, il réclama sa dernière confession à titre de ministre du Seigneur. Mais cette ruse n’eut pas le résultat escompté : jusqu’à son dernier soupir, la belle ne cessa de clamer son innocence. Elle jura n'avoir jamais trahi son époux et ajouta qu’elle lui pardonnait sa propre mort mais pas celle de son fils tué avant même d’avoir été baptisé.

 

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"Dame blanche au sommet d’une tour". Gravure de L. Benett –

« Le Château des Carpathes » de J. Verne (1892)

 

Ravagé par la tristesse et les remords, le Chevalier se pendit. Quant à Marie Anson,  

« De la Dame du Parc, c'est ainsi qu'on l'appelle,
L'ombre ne reste point à la tombe fidèle ;
De la terre qui s'ouvre elle part comme un trait ;
El la nuit de Noël, on la voit chaque année,
Revenir au sommet de la Tour Couronnée ;
Elle y jette un grand cri, s'élance et disparaît. »

 

Biblio : "Récits et contes populaires de Normandie -1-" J. Cuisenier – Gallimard 1979.

09/04/2014

Dans un café... au Musée des Beaux-Arts de Rouen

Parmi les nombreux chefs d’œuvres conservés au Musée des Beaux-Arts de Rouen, il y a cette toile du peintre Gustave Caillebotte (1848-1894) intitulée « Dans un café ».

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Le tableau a été réalisé en 1880, en pleine IIIe République alors menée par le Jurassien Jules Grévy (1807-1891), notre 4ème Président. Il représente un bourgeois à l'air un peu ahuri, légèrement ivre, à la tenue presque négligée. A ses côtés, sur la table, un verre et quatre soucoupes… restes de sa consommation. Car « C’est un type saisi sur le vif qui appartient bien réellement à notre époque » a affirmé un critique. En cette fin de siècle, dans un Paris métamorphosé par le Baron Haussmann, la révolution urbaine est notamment marquée par la multiplication des cafés dans lesquels on sert volontiers de l’absinthe. Elle représente alors à elle seule 90% des apéritifs consommés… La clientèle apprécie, sans les redouter puisqu’elle les ignore, ses charmes et sa belle couleur verte… Elle ne sera définitivement interdite qu’en 1915.

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« Dans un café » … Mais de quel café s’agit-il ? Il semble que ce soit « La Nouvelle Athènes », un établissement aujourd’hui disparu, où l’artiste avait ses habitudes. Avec ses amis impressionnistes ils l’investissaient volontiers pour y parler peinture. Situé 9, place Pigalle, en face du « Rat mort », son principal rival, l’endroit a également servi de cadre à la fameuse « Absinthe » de Degas (1875).

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Gustave Caillebotte

Peintre de la lumière, Caillebotte maîtrisait le contraste comme peu d’artistes ont su le dompter. Organisateur d’expositions, collectionneur et mécène, il sera l’un des impressionnistes les plus admirés. Reconnu très rapidement aux États-Unis, il  participera plus tard à la naissance du courant réaliste.

 

Biblio. 365 histoires pour épater la galerie de M. Marozeau et M. de Sainte-Croix – Ed. de La Martinière  2012.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

09/03/2014

C'est Carême !

En ce premier dimanche de Carême, comme chacun le sait un temps de pénitence pour les chrétiens, je ne résiste pas à vous narrer cette histoire que le curé de Mantilly, un petit village normand du département de l’Orne connu pour être la capitale du poiré, cette boisson cousine du cidre obtenue par fermentation de jus de poire, racontait volontiers.

Cela se passait au début du siècle dernier, un lendemain des Cendres, un jeudi donc. Alors qu’il n’était encore que vicaire, avec son supérieur, le curé de La Coulonche, ils s’étaient rendus à pied au village d'Echalou, distant d'une trentaine de kilomètres, afin d’assister à une réunion des prêtres du canton.

Au passage, à presque mi-route, ils avaient été rejoints par le curé de Bellou-en-Houlme et ses deux vicaires.

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Le village de Bellou-en-Houlme (Orne)

Après leur réunion, ils reprirent ensemble le chemin inverse : une bonne marche les attendait ! Aimablement, arrivé chez lui, le curé de Bellou leur proposa de s’arrêter un moment à son presbytère : « Vous allez bien prendre quelque chose pour vous aider à remonter la côte jusqu’à La Coulonche ? ».

Et là, au pied du portail, une surprise les attendait : attaché solidement à la chaîne du chien, le pauvre coq du curé les regardait tout désorienté !

 

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Le presbytère de Bellou sous la bonne garde du chien du curé des lieux

Furieux, le curé de Bellou s’adressa à sa bonne : « Eh bien voyons ? C’est vous qui avez enchaîné le coq comme ça ? » - « Ah ben oui monsieur le curé ! C’est le Carême : il n’a pas le droit de s’occuper des poules ! »

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Rassurez-vous, aujourd’hui,  les exigences du Carême se sont considérablement allégées (et pas que pour les coqs)  !

 

Biblio. Récits et contes populaires de Normandie - J. Cuisenier - Gallimard 1979