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23/09/2018

Les 10 ans du Pont Flaubert de Rouen !

10 ans déjà ! 10 ans que, malgré les nombreuses polémiques qu'il a généré et qu'il génère encore, il a fini par se fondre dans le paysage en contribuant aujourd'hui pleinement à l'identité même de notre belle ville de Rouen ! Marquant la limite accessible aux navires maritimes, d'une portée de 120 mètres et d'une hauteur totale de 86 mètres, composé de deux tabliers pesant chacun 1300 tonnes supportés par quatre pylônes en béton jumelés par deux implantés dans le lit même du fleuve, c'est là le petit dernier des six ponts franchissant la Seine à Rouen. Baptisé du nom de l'écrivain normand Gustave Flaubert (1821-1880), il a été mis en service après quatre ans de travaux, le 25 septembre 2008 et officiellement inauguré quatre jours plus tard.

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Le Pont Flaubert est venu prêter main forte aux cinq ponts rouennais en usage alors. Les trois premiers, le Pont Boïeldieu, seul ouvrage à être riveté et non soudé, le Pont Corneille et le Pont Jeanne d'Arc, ont tous les trois été ouverts dans les années 50. Le pont Guillaume le Conquérant a été mis en service quant à lui en 1970 et le Pont Mathilde dans les années 1980.

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Parce que bien souvent en la matière, le chemin est long du "projet à la chose", il faut rappeler que ce nouveau franchissement de la Seine a nécessité la bagatelle de 34 ans de réflexion et d'études de faisabilité ((l'inscription au schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme date de 1972 !) et pas moins de 4 ans de travaux effectifs. Le tout pour un budget total, accès routiers compris, de 137 millions d'euros. Si l'objectif était principalement de décharger les autres ponts de la ville dont le trafic était arrivé à saturation, sa construction ne devait pas non plus entraver le passage des bateaux de croisière ni celui des voiliers de l'Armada. Le choix s'est donc porté sur un pont levant à la technique audacieuse, lequel, grâce à son système de contrepoids, est capable de s'élever jusqu'à 55 mètres au-dessus du fleuve. Il est le fruit d'une collaboration étroite entre Michel Virlogeux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et concepteur du pont de Normandie et du Viaduc de Millau, et l'Architecte - Grand prix de Rome, Aymeric Zublena.

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Défiant les lois de l'apesanteur, le Pont Flaubert a tenu la place de plus haut pont d'Europe jusqu'à la mise en service du Pont Jacques Chaban-Delmas de Bordeaux qu'il l'a détrôné en 2013. Depuis sa construction à ses pieds, un parc urbain a été aménagé sur la presqu'île Rollet qu'on appelait autrefois "l'Ile noire" car c'est à cet endroit qu'on stockait le charbon de la ville.

 

Biblio. "100 clés pour comprendre La Seine Normande" d'A. Duclert - Ed. des Falaises, 2017.

16/09/2018

La jeunesse normande de Pierre de Coubertin

"Il est des lieux magiques qui portent en eux légende et mystère"... Le château de Mirville est de ceux-ci. Mirville, c'est cette petite commune normande du département de la Seine-Maritime située à cinq kilomètres de Bolbec.

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Le château de Mirville

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, son château, aujourd'hui inscrit à l'inventaire des monuments historiques, une noble demeure du XVIe siècle typiquement normande, maçonnée de briques roses et de silex taillés, ornementée de fenêtres à meneaux, est occupé par Charles de Fredy, baron de Coubertin et par son épouse Marcelle Gigault de Crisenoy, petite-fille de Pierre Marie Alexandre Eudes de Catteville, marquis de Mirville (1768-1848), dont elle à hérité du domaine. Le baron de Coubertin est un artiste peintre originaire d'Ile-de-France. Il est très vite conquis par la lumière des paysages alentours. Le couple s'y installe donc et c'est là que leurs quatre enfants, une fille et trois garçons, dont le dernier, Pierre, celui à qui l'on devra la création des Jeux Olympiques modernes, passeront leur enfance, leur jeunesse et leurs vacances estivales.

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Pierre de Coubertin (1863-1937)

Il faut savoir qu'autrefois Mirville était dénommée "Milleville", nom provenant de son plus ancien toponyme latin connu, celui de "Milonis Villa", soit "l'aire ou le manoir de Milon". Et c'est bien là toute l'ironie de l'histoire ! Car le le personnage le plus titré et le plus renommé des Jeux Olympiques antiques se nomme justement Milon. Milon de Crotone. Lutteur d’exception, l'homme a accumulé, au VIe siècle av. J.-C., le plus extraordinaire des palmarès sportifs ! Multiple champion olympique, il est également un chef de guerre et membre éminent de la communauté pythagoricienne.

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Statue représentant Milon de Crotone - Pierre Puget (1620-1694)

 

Car c'est une force de la nature cet athlète grec qui a obtenu son premier titre olympique de lutte en 540 av. J.-C. lors des 60e jeux olympiques !

Est-il déraisonnable de croire que les exploits de cet homme, que la postérité retiendra comme le meilleur athlète de l'Antiquité et le témoin de la naissance du phénomène majeur de la culture occidentale qu'est le sport, soient arrivés jusqu'aux oreilles du jeune Pierre de Coubertin lors de ses séjours normands et qu'ils aient pu le faire suffisamment rêver pour le mener à sa destinée ?

 

 

Biblio. "Sportifs de Seine-Maritime en balades généalogiques 2" de C. Carpentier et E. Mardoc - Arcein, 2011.

01/07/2018

Les Pierres Pouquelées de Vauville

Sur la côte Ouest du bras de la Manche, sur un vaste promontoire couvert d’ajoncs et de bruyères surplombant l’anse de Vauville, près de La Hague, entre le cap de Flamanville et les falaises de La Hague, se trouve un site mégalithique qui n'a rien à envier à ses semblables bretons.

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Des "pierres pouquelées" ont été appareillées ensemble ici, de main d'homme, dans un but encore aujourd'hui énigmatique.

Le mot "pouquelé" vient de l'ancien normand "pouque" qui désigne une poche. L'ajustement de ses pierres mégalithiques formaient des poches comme les dolmens. Le terme "pouquelé" a donné par déformation "pierres couplées", "encouplées" ou "accouplées", c'est-à-dire appareillées ensemble de main d'homme. Il s'agit là d'une terminologie utilisée essentiellement en Normandie et dans les îles Anglo-Normandes pour désigner un alignement de pierres formant un monument mégalithique de type dolmen.

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Plan de l'allée couverte dans son état actuel - Dessin de Cyril Marcigny, Hubert Lepaumier, Emmanuel Ghesquiere - Un nouvel inventaire des Mégalithes de la Manche - Bulletin du G.R.A.C N° 7 avril 1996, p.44

 

Sur une plate-forme dominant la mer, à 134 mètres de hauteur, au milieu des joncs et des bruyères, on trouve une allée de rochers dont la disposition soigneuse n'est en rien due au hasard. L'allée est longue d'une quinzaine de mètres sur un mètre de large. Sur les pierres de quartzite silurien qui composent les parois, sont posés des rochers de granodiorite provenant probablement du gisement de la baie des Fontenelles, situé à trois kilomètres de là et à une altitude proche du niveau de la mer. . Comment ces rochers ont-ils été montés là ? Par qui ? Et pourquoi ? En vérité, on ne sait pas grand chose si ce n'est que cette allée couverte, de type " armoricain " était une sépulture collective érigée durant la civilisation néolithique, il y a 4 500 ans environ.

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Le site a fait l'objet de recherches archéologiques partielles conduites par les premiers membres de le Société Académique de Cherbourg en 1755, l'année même de sa fondation. Ce furent là les premières investigations menées en Basse-Normandie sur un site préhistorique.

Dans les années 1830, les paysans de la région faillirent détruire l'ensemble pour utiliser les pierres afin de construire un pont. Par chance, le préfet de l'époque s'y opposa et fit remettre le site en état. L'allée couverte a été classée Monument historique, ce qui la sauva définitivement du vandalisme.

 

Biblio et images : merci au site www.lahague.com