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NOTRE BELLE NORMANDIE

  • Le rugby, un sport normand !

    Les Vikings ont laissé la trace de leur passage dans le nom de nombre de nos villes et villages normands. Plus de quatre cents d'entre-eux portent un nom d’origine Viking. Un nombre important quand on sait qu'à l'époque de la colonisation, au Xe siècle, nombre de nos villages actuels n’existaient pas encore. Parmi eux, on peut citer Honfleur issu du norrois « Floï » qui désigne une large baie, un estuaire. Le village du Bec-Hellouin formé à partir de « Bekkur » qui veut dire ruisseau ou celui de La Londe tiré de « Lundur » signifiant bois, forêt.

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    C'est le cas également de l'autre côté de la Manche. Les amateurs du ballon ovale savent sûrement que « rugby » est un mot viking qui signifie « ville du seigle ». C'est ainsi que les hommes du Nord ont appelé cette cité du centre de l'Angleterre, située dans le comté de Warwickshire, sur la rivière Avon, là même où le « rugby game » naîtra en novembre 1823. Aujourd'hui, la ville de Rugby est jumelée à celle d'Evreux (Eure).

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    Statue de William Webb-Ellis devant la Rugby School (Photo: Laurent Frétigné)

    Selon une belle légende, ce sport a pris naissance au Collège de Rugby où, au cours d'une partie de football, un élève du nom de William Webb Ellis se mit à courir avec le ballon dans ses bras. En vérité, les origines du rugby semblent bien plus anciennes. Tout d'abord, on sait que dans l'Antiquité, en Égypte ou bien encore en Crimée, existaient des jeux de balle qui peuvent légitimement être considérés comme les ancêtres de ce sport. Il est également avéré que les légions romaines ont introduit outre Manche leur jeu, l'Haspartum, qui opposait deux équipes de joueurs devant s'emparer d'une outre en cuir bourrée de chiffons, de paille ou de son pour la porter dans le camp adverse. Mais il y a « la soule » ! Un jeu que l'on pratiquait en Normandie et en Picardie au Moyen-âge. Là aussi, deux équipes se disputant un ballon, en l’occurrence une boule de bois, une vessie de porc remplie d'air, de paille ou de son, qu’il fallait déposer à un endroit précis. Et ce serait Guillaume le Conquérant (1027-1087) qui, lorsqu'il prit pied en Angleterre, aurait introduit ce jeu en Angleterre où il aurait fait souche pour donner naissance bien plus tard au Rugby.

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    D'Angleterre, ce n'est pas dans le Sud-Ouest de la France mais bien est chez nous, en Normandie, qu'il est apparu vers 1870. Deux ans plus tard, des travailleurs anglais fondent « Le Havre Athletic Club », premier club français de football et d'Europe Continentale, avec lequel ils pratiquent une forme hybride de rugby et de football, qu'ils appellent « combination ». Vers 1904-1905, les dirigeants du HAC créent deux sections pour dissocier complètement le football association du rugby, une décision qui prendra vraiment effet qu'en 1909.

     

    Biblio. Les Normands pionniers du sport de M. Lécureur - Ed. des Falaises, 2007.

  • Du beau linge à Tancarville

    Saviez-vous que, comme la petite ville de Neufchâtel-en-Bray a donné son nom à un fromage, celle de Tancarville a donné le sien en 1963 à un étendoir à linge ? Un objet du quotidien qui rappelle l'architecture du pont qui fut le dernier sur le cours de la Seine jusqu'à la construction du pont de Normandie reliant aujourd'hui le département de la Seine-Maritime à celui du Calvados.

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    Faisant face au département de l'Eure, et plus précisément à la commune du Marais-Vernier, le pont de Tancarville a supplanté le bac du Hode qui reliait autrefois Berville-sur-Mer et le hameau du même nom alors dominé d'un phare. Longtemps pour la ville du Havre, isolée par des marécages à l’extrémité du Bec de Caux et mal reliée par voie terrestre à un arrière-pays réduit par sa position géographique à un quart de cercle, le franchissement de l’Estuaire à l'aide des bacs fut le principal moyen d’assurer la subsistance des habitants. Mais à la fin des années vingt, de l’accroissement continu du trafic naît la nécessité de la construction d’un passage permanent.

    Le 7 décembre 1933, la décision du projet « Pont-Route » aux environs du bac du Hode-Berville est actée. Deux ans plus tard, l’avant-projet d’un pont suspendu à la hauteur de Tancarville est finalisé. Le 11 décembre 1940, le Gouvernement du Régime de Vichy déclare d’utilité publique le projet de construction du pont et de ses voies d’accès. Mais la Seconde Guerre mondiale retarde sa construction qui ne débute en réalité que le 15 novembre 1955. A son achèvement, ce pont suspendu de 1 420 mètres présente une travée centrale de 608 mètres, la plus longue d'Europe.

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    Le Pont de Tancarville est inauguré le 2 juillet 1959 par le Ministre des Travaux Publics, des Transport et du Tourisme Robert Buron (1910-1973) en présence du havrais René Coty (1882-1962), lequel aurait proposé en son temps de nommer le futur pont du nom du maréchal Pétain avant de devenir lui-même président de la IVe République en 1954 et de laisser sa place le 8 janvier 1959 à Charles de Gaulle (1890-1970).

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    Et c'est en 1963, que le nom de marque « Tancarville » va être déposé pour la première fois par la société Dupré originaire de Saint-Etienne pour laquelle lorsque qu'on regarde ce pont de coté, lui qui allie à la fois finesse et robustesse, avec un peu d’imagination, on peut y voir un simple étendoir à linge...

     

    Biblio. « La Seine-Maritime – Petite géographie curieuse et insolite » de Pierre Deslais – Ed. Ouest-France, 2021.

  • La croix de Saint-Olaf sur le drapeau normand

    On la retrouve sur les drapeaux des pays nordiques comme le Danemark, la Suède, la Norvège, l'Islande ou la Finlande. Elle porte le nom de "croix scandinave" ou de "croix de Saint-Olaf", du nom de ce roi norvégien de 1015 à 1028 qui s'était mis en tête d'extirper le paganisme de son royaume.

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    Carte de pays et régions en Europe du Nord utilisant la croix scandinave dans leur drapeau

     

    La croix scandinave, c'est une croix grecque, aux quatre branches égales ou à peu près égales, dont la branche située dans la partie flottante a été prolongée exagérément pour créer un effet décoratif et corriger l'effet d'optique qui la ferait apparaître plus courte parce qu'elle est celle qui bouge le plus au vent.

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    Statue de Saint Olaf - Ytterselö churc

    Saint Olaf ou Olaf II de Norvège naquit en Norvège vers 995 mais c'est à Rouen, en 1014 que ce viking fut baptisé par l'archevêque Robert le Danois (+ v.1037), frère du duc Richard II Duc de Normandie (v. 930-996). De retour dans son pays en 1016, il se met en tête d'en extirper le paganisme, pour faire du christianisme la religion de son pays.

    Une église de la ville de Rouen lui a été dédiée. Construite en 1926 rue Duguay-Trouin, à l'initiative d'une mission norvégienne, afin de permettre la pratique du culte luthérien aux marins en escale dans le port tout proche, elle reçut officiellement en 1937 la dédicace à saint Olaf, saint patron de la Norvège.

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    Le drapeau à croix de Saint-Olaf créé par Jean Adigard des Gautries en 1937

    Comme la Normandie, si elle a un blason n'a pas vraiment de drapeau, en 1937, le normand Jean Adigard des Gautries (1889-1974) en dessine un fait, d'une croix de saint Olaf jaune sur fond rouge. Cet érudit, spécialiste des Vikings, ardent défenseur de l’unité de la Normandie, qui a vécu en Norvège et au Danemark, tentera en vain de hisser son drapeau au-devant de son combat. Mais la gloire ne se décrète pas. Les Léopards du blason normand vont garder leur part de lion !

     

     

    "La Normandie pour les nuls" de Ph. Simon - First-Ed., 2017