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24/06/2015

Les herbes de la Saint-Jean

En ce 24 juin, nous fêtons les Jean ! Bonne fête à eux ! Pour les chrétiens, la Saint-Jean, c'est celle de Jean le Baptiste, fils de Zacharie et d’Élisabeth, le prophète qui a annoncé la venue de Jésus de Nazareth, l’a désigné comme l’« agneau de Dieu » et lui a donné le baptême sur les bords du Jourdain. Et, au matin de la Saint-Jean, autrefois en Normandie, pas question de grasse matinée !

 

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Car, la fête de la Saint-Jean est jour de pleine lune. A l'époque où l'on accordait aux planètes une grande influence sur les propriétés des plantes, et notamment sur celles aux vertus médicinales souveraines, c'est dès l'aube que l'on partait à leur recherche. En effet, pour être efficaces, les précieuses herbes sauvages devaient être cueillies avant le lever du soleil, encore couvertes de rosée. Il fallait en profiter d'ailleurs pour se rouler dans cette rosée bienfaitrice qui préservait une année entière des maladies de peau !

 

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 Le millepertuis

 

Nos anciens cueillaient principalement des fleurs de sureau, des brins de verveine, des pieds d'armoise, des racines de guimauve, la cuscute et le millepertuis. Toutes ces plantes étaient censées protéger les hommes et les animaux des petites maux quotidiens, mais chacune avait une fonction bien particulière. L'une éloignait les maladies, l'autre augmentait la virilité, tandis que celle-ci facilitait les accouchements, celle-là prévenait des incendies et préservait du mauvais œil.

 

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Ainsi, une fois séchés à l'abri dans un des coins du grenier, les brins de verveine préservaient la maison des orages, des sorciers et des voleurs. On en tressait des couronnes qu'on accrochait aux rouis (solives) de la maison. Les pieds d'armoise garantissaient des maléfices empêchant les vaches de donner du lait et plus largement soignaient tous les troubles féminins. Les racines de guimauve calmaient les taureaux lorsqu'ils s'échauffaient. Avec elles, on pouvait approcher sans crainte les bestiaux les plus méchants. Quant au millepertuis, dit chasse-diable, il guérissait les brûlures et soulageait les douleurs rhumatismales.

 

 

Biblio. "Almanach de la mémoire et des coutumes de Normandie"- Hachette 1982.

14/06/2015

La joyeuse prison de Pont-l'Evêque

Pourquoi fallut-il qu'un jour de mars 1949, René Girier, dit « René-la-canne » (parce que blessé à la jambe lors d'une arrestation mouvementée, il boitait), spécialiste des casses de coffres-forts, notamment celui du Président du Conseil Daladier, et de fourgons blindés, soit transféré dans la modeste prison de Pont-l'Evêque, au cœur du département du Calvados ? Car jusqu'à l'arrivée de ce gangster notoire en terre normande, tout allait bien dans la plus « joyeuse prison » que le monde judiciaire eu jamais à connaître !

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  La joyeuse prison de Pont-l'Evêque

Depuis sa création à l'aube du XIXe siècle, ce pénitencier accueille ses "pensionnaires" dans 4 cellules de 25 m2 chacune, 2 pour les hommes, 2 pour les femmes. En 1946, il est dirigé par Fernand Billa. Débonnaire, plus assidu au bistrot du coin qu'à l'étude des règlements, l'homme trouve le moyen de pallier ses nombreuses carences en déléguant. Il « mandate » donc à certains détenus, promus hommes de confiance, ses propres missions comme la tenue du registre d'écrou, la comptabilité, la correspondance administrative et même aussi l'établissement des horaires de ronde des gardiens, transformant rapidement « ce havre carcéral en gigantesque Guignol » ! Dès lors, les sorties , de jour comme de nuit, se multiplient. Car, pour prendre la clé des champs, il suffit de prendre celles de la prison et de les replacer en rentrant dans le bureau du chef. Certains détenus travaillent à l'extérieur moyennant rémunération et l'un d'eux à même été chargé d'installer un sonnerie d'alarme à la gendarmerie !

 

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Bien entendu, tous les voyous de France et de Navarre font des pieds et des mains pour se faire incarcérer à Pont-l'Evêque. Et parmi eux, René-la-Canne qui, une fois dans la place, tape même ses mémoires sur la machine à écrire du Palais de Justice ! Mais comme il a une réputation à soutenir, le 5 avril 1949, il se fait la belle de «  façon traditionnelle ». Plutôt que de sortir tout naturellement par la porte ouverte, il choisit de s'évader avec deux complices en sciant des barreaux et en escaladant le mur d'enceinte. Traversant la place, saluant au passage les gendarmes, il s'engouffre ensuite dans la voiture qui l'attend. L'évasion va déclencher un véritable scandale. Car la presse s’empare immédiatement de l'histoire. Elle surnomme le pénitencier de «Joyeuse prison » et en dévoile toutes «les joyeusetés». On apprend qu'un détenu, « bras droit du gardien chef », faisait les fiches de paye des surveillants et s’occupait aussi de la cantine. Qu'un autre, bon électricien, réparait les alarmes de la prison. Qu'un troisième, « bombardé comptable » signait en lieu et place du gardien chef, etc... Outre des sanctions disciplinaire, Billa fut condamné à 3 ans de prison, et, le 15 novembre 1953 , la fermeture de la prison fut prononcée.

 

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« la Joyeuse Prison » fut immortalisée au cinéma par le film éponyme réalisé en 1956 par André Berthomieu avec Michel Simon dans le rôle du gardien-chef.

 

Biblio. « Fameux Normands-Normands Fameux » de R. Biot – PTC Paris-Normandie 2002

20/05/2015

Le "trou aux lépreux" de l’Église Notre-Dame de Dives-sur-Mer

Connue depuis la plus haute antiquité notamment en Chine et en Inde, la lèpre s'est développée en Europe Occidentale dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Sa plus forte endémicité y a été atteinte entre le XIe et le XIVe siècle.

Dès le VIe siècle, plusieurs conciles vont interdirent aux lépreux de vaquer librement parmi la population saine afin de ne pas semer la contagion autour d'eux. Ainsi, quand ils se déplaçaient, ils devaient porter des signes distinctifs et ne pas s'approcher de la nourriture ou des points d' eau destinés à la population saine.

 

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La plupart des léproseries françaises furent fondées entre le XIIe et le XIVe siècle. Si, en principe, chacune était dotée d'une chapelle, pour celles qui n'en disposaient pas, il était souvent créé dans le mur de l'église la plus proche un trou dit « aux lépreux » qui permettait de suivre les offices de l'extérieur. Large à l'extérieur, cette petite fenêtre se rétrécissait à l'intérieur de manière à ne plus former qu'une petite fente par laquelle seuls deux ou trois lépreux pouvaient regarder les homélies.

 

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Il existe encore aujourd'hui une ouverture ce ce type dans l'église Notre-Dame de Dives-sur-Mer dans le département normand du Calvados. Érigée au XIe siècle et agrandie ensuite aux XIVe et XVe siècles, le « trou aux lépreux » de ce bel édifice roman se trouve au fond de l'église et à droite. Il a été conçu de telle façon qu'il guidait le regard des malades vers le Christ miraculeux situé au cœur de l'église.

 

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Le « trou aux lépreux » n'est pas la seule particularité de l'église Notre-Dame de Dives-sur-Mer. L'historien et archéologue Arcisse de Caumont (1801-1873) y a fait placer, au-dessus des portes d'entrée principales de la nef, une plaque commémorative sur laquelle figure les noms des 475 compagnons qui, en 1066, aux côtés de Guillaume le Conquérant (1028-1087), sont partis du port de Dives-sur-Mer pour conquérir l'Angleterre !

 

Biblio. « Normandie insolite et secrète » de J-C. Collet et A. Joubert – Ed. Jonglez 2013.

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.