20/04/2014

Un duc au vin !

Un duc au vin ? Non, ce n’est pas une nouvelle recette ! Encore moins normande ! Mais plutôt une fin peu banale !

Voici l’histoire ! Edward IV (1442-1483),  roi d’Angleterre, était Normand pour être né à Rouen, alors sous le contrôle anglais, le 28 avril 1442.  A son couronnement, le 28 juin 1461 à l’Abbaye de Westminster, il a fière allure. Doté d’un physique impressionnant, il mesure 1,93 m, il va prendre pour devise « modus et ordo », de la méthode et de l’ordre !

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La signature du roi Edward IV

Comme il n'a pas vraiment le sens de la famille, en janvier 1478, il fait emprisonner son frère cadet, troisième fils de Richard Plantagenêt , Georges Plantagenêt (1449-1478), comte de Salisbury, premier Duc de Clarence, son rival de toujours. Il l'accuse de comploter contre lui pour lui ravir le trône. Et bien sûr, convaincu de trahison, il le fait condamner à mort par son Parlement, une condamnation que les historiens britanniques considèrent généralement comme un assassinat pur et simple.

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Georges Plantagenêt (1449-1478), comte de Salisbury, premier Duc de Clarence

La sentence fut exécutée secrètement, le 18 février 1478, dans la Tour de Londres, mais dans « son infinie bonté » le roi aurait accordé au Duc de Clarence, réputé pour être un bon vivant, une faveur unique dans l’histoire.

Suivant sa dernière volonté, le frère du roi aurait été exécuté par noyade dans une barrique remplie de vin de Malvoisie !

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Il s’agit là d’un cépage de la région méditerranéenne qui tirerait son nom de Monemvasia, un promontoire rocheux situé dans la région de Laconie au Péloponnèse. Le vin de Malvoisie est un vin blanc liqueureux très en vogue dans l’Europe du Moyen-âge.

Lorsque le corps que l’on reconnut pour être celui du supplicié fut exhumé, on ne trouva effectivement pas trace de décapitation, le moyen d’exécution traditionnellement utilisé pour les nobles et les personnes de sang royal...

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

01/04/2014

Le mois d'Avril...

 "Il n'est point d'avril si beau,

qui n'ait de neige à son chapeau."

 

Selon Ovide (43 av. J-C – 18 ap. J-C.), le mois d’avril, « Aprilis », aurait reçu son nom en hommage à Vénus, déesse de l’amour, de la séduction et de la beauté, appelée « Aphrodite » dans la mythologie grecque. Le poète latin  récusait qu’il puisse être issu du latin « aperire », signifiant ouvrir, « parce que la terre et les bourgeons s’ouvrent alors ». Pourtant, dans son dictionnaire,  Félix Gaffiot (1870-1937) rapproche « aprilis » de l’adjectif latin « apricus » : « exposé au soleil, qui aime le soleil, ensoleillé ».

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Si les Romains consacraient avril à la déesse Cybèle, la mère des dieux, que l’on adorait déjà en Phrygie sous la forme d’une pierre noire tombée des cieux, pour les Celtes,  le «mois de l’Eostur », était voué au réveil du soleil et de la végétation. Les peuples germaniques fêtaient aussi ce mois là « Ostara », la déesse du renouveau qui présidait à l’aurore printanier.

Au Moyen-âge, dans Les Très Riches Heures du Duc de Berry (1416), le mois d’avril est  représenté par des fleurs, un verger et des rameaux. Ce qui amènera Fabre d’Eglantine (1750-1794), au nom de la « Commission chargée de la confection du calendrier républicain à le baptiser « Germinal » : « de la fermentation et du développement de la sève ».

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Charlemagne (742-814) l’appelait quant à lui le « mois des œufs » ou le « mois de Pâques ». Car dans la tradition chrétienne, ce mois du Cœur Sacré de Jésus, est aussi celui de l’ouverture de la Semaine sainte, de la fête des Rameaux et de la « fête des fêtes », celle de Pâques, la plus ancienne fête chrétienne et la plus importante dans le calendrier liturgique.

On doit au roi Charles IX (1550-1574), en 1564, la décision que l’année, au lieu de continuer à commencer le 1er avril,  commencerait désormais au 1er janvier. Les étrennes furent aussi décalées, mais l’usage persista de petits cadeaux au 1er avril, bientôt des cadeaux pour rire, des plaisanteries ou autres attrapes…. notre « Poisson d’avril » !

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Le temps qu’il fera en avril serait donné par le temps qu’il a fait le 28 décembre de l’année précédente. Des éclaircies, du vent et des averses se partageaient ce jour-là le ciel normand qui affichait des températures en baisse entre 5 et 13 degrés.

 

Biblio. »Almanach de la mémoire et des coutumes 1980 » - Hachette 1979

23/03/2014

La Dame de Brassempouy

Regardez bien cette femme : c’est non seulement la plus ancienne représentation détaillée d’un visage féminin connue à ce jour mais c’est aussi et de loin la plus émouvante !

dame de brassempouy,grotte du pape,edouard piette

La « Dame de Brassempouy »

Elle a été découverte en 1894 par Edouard Piette, archéologue et historien français, au milieu des merveilles de la Grotte du Pape. Celle-ci, explorée à partir de 1881, est située à flanc de coteau non loin de Brassempouy, un petit village landais proche des Pyrénées qui compte sur son le territoire les deux plus anciens gisements explorés en France, la Grotte du Pape et la Galerie des Hyènes.

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Edouard Piette (1827-1906)

Haute de 3,65 cm, longue de 2,2 cm et large de 1,9 cm, la tête de  « Dame de Brassempouy » a été sculptée à l’aide d’un burin de pierre dans de l’ivoire de mammouth au cours du paléolithique supérieur, époque du « Gravettien », c’est-à-dire entre 35 000, l’arrivée en Europe de l’Homme moderne ou Homo sapiens, et 10 000 ans avant notre ère.

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Le quadrillage d’incisions perpendiculaires sur sa tête a tout d’abord fait penser à une perruque ou à une capuche. Mais plus tard, les scientifiques se sont accordés à n’y voir que de simples tresses.

Le plus frappant reste son visage ! Triangulaire et équilibré, il est stylisé d’une manière inattendue pour un objet aussi ancien. Il porte des stries ou des scarifications évoquant des tatouages ou un maquillage. L’ovale est harmonieux, quoiqu’un peu pointu au niveau du menton, et le cou particulièrement long et fin. Creusée avec délicatesse, l’arcade sourcilière court jusqu’à la tempe, l’œil est gravé avec finesse et le nez est presque géométrique. Quant à  la bouche, elle est… introuvable ! Cette omission est caractéristique des statuettes de corps féminins communément appelées « Vénus », remontant à la même période du paléolithique et que l’on a pu mettre au jour dans toute l’Europe.

Pour le reste, la «  Dame de Brassempouy », aujourd’hui conservée au Musée des Antiquités nationale de Saint-Germain-en-Laye, a gardé tout son mystère : on ne connaît ni son nom ni celui de l’artiste qui l’a façonnée de ses mains...  

 

Biblio. « 365 histoires pour épater la Galerie » de M. Marozeau et M. de Sainte-Croix – Ed. La Martinière 2012

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.