26/11/2014

Les fleurs séchées du tigre

La représentation que nous avons des personnalités de notre histoire peut être très éloignée de la réalité. Ainsi, peut-on imaginer Georges Clemenceau (1841-1929), dont ses contemporains disaient « on le craint plus qu’on ne l’aime… il fait peur », celui-là même qui avait osé publier le terrible « J’accuse » de Zola (1840-1902), l’homme au caractère bien trempé, au surnom évocateur de « tigre », en un être sentimental capable de conserver plus de 11 années durant un simple bouquet de fleurs séchées ? Témoignage de l’amour d’une femme, pensez-vous ! Pas du tout, mais de celui des hommes ! Voici l’histoire…

 

A sa mort,  le 24 novembre 1929,  « Le père la Victoire » a demandé que l’on dépose trois choses dans son cercueil : sa canne à pommeau de fer, un coffret contenant « Les noces de Figaro » qui lui avait été offert par sa mère et… un petit bouquet de fleurs des champs séchées qui lui a été remis au cours de l’été 1918. 

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Clemenceau est déjà âgé de 76 ans, quand, en 1917, le Président de la République, Raymond Poincaré (1860-1934), fait appel à lui. La France est dans l’impasse. La fermeté de Clemenceau est ce qu’il lui faut. Plus résolu et surtout plus intransigeant que jamais, c’est dans ces termes que le nouveau Président du Conseil présente son programme à son gouvernement : « Vous voulez la paix ? Moi aussi. Il serait criminel d'avoir une autre pensée. Mais ce n'est pas en bêlant la paix qu'on fait taire le militarisme prussien. (…) Ma politique intérieure ? Je fais la guerre. Ma politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre ! ».  

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Pour contrecarrer l’offensive allemande, Pétain (1856-1951), alors chef militaire, lui propose une tactique destinée à arrêter l’ennemi : laisser une première ligne, dure mais facile à être traversée, pour que les allemands, mis en confiance, viennent s’écraser contre une seconde ligne, elle, très fortement organisée. Clemenceau, mesurant le prix en vies humaines que va coûter la mise en place de ce nouveau dispositif toutefois malheureusement nécessaire, se rend le 13 juillet 1918, comme il le fait souvent, sur le front, à la rencontre de ces poilus qu’il sait d’avance sacrifiés.  

Clemenceau, le Tigre, le Père la Victoire, guerre de 14-18

Comme il passe devant un groupe de soldats, l’un de ceux qui allaient sans aucun doute mourir le lendemain, s’avance vers lui et lui tend un bouquet de fleurs des champs : « Monsieur le Président, on a cueilli ça, en haut sur la tranchée, pour vous… » Emu, Clemenceau prend les fleurs et dit seulement : «  Mes enfants, ces fleurs iront avec moi dans mon cercueil ! » Le vieux soldat a tenu sa parole…

Biblio. « Petites histoires de l’histoire de France » de J-P. Rouland – Ed. Hugo et Cie - 2011

09/11/2014

La minute de silence

Le saviez-vous, c'est la France qui est à l'origine de la cérémonie de la minute de silence.

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C'était en octobre 1919, à la veille du premier anniversaire de l'armistice de la guerre de 1914-1918. L’État français venait de voter plusieurs lois destinées à commémorer les victimes de ce terrible conflit mondial.

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 Les grands boulevards à Paris le jour de l'armistice du 11 novembre 1918

Après son adoption par le Parlement, le Président de la République Raymond Poincaré (1860-1934) promulgue celle du 25 octobre 1919 « relative à la commémoration et à la Glorification pour la France au cours de la grande guerre ». C'est ce texte, signé par Georges Clemenceau (1841-1929), alors président du Conseil et ministre de la Guerre, qui est à l'origine de la minute de silence même si l'idée d'un moment de silence à l'occasion de la célébration de l'armistice avait été suggérée en premier lieu par un journaliste australien dans une lettre qu'il adressa en mai 1919 à un journal londonien.

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Parmi les dispositions prévues par la loi du 25 octobre 1919, figurent l'élévation de monuments aux morts, des dépôts de gerbes et des cérémonies de recueillement : « Tous les ans, le 1er ou le 2 novembre, une cérémonie sera consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros morts pour la Patrie. Elle sera organisée par la municipalité avec le concours des autorités civiles et militaires. »

C'est donc à cette occasion que, le 11 novembre 1919, a été observée la première minute de silence ! A 11 heures précises, heure de l'entrée en vigueur de l'armistice, le 11e jour du 11e mois de 1918.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

29/10/2014

Le mois de novembre...

 La Toussaint

mets l'hiver en train.

 

Novembre vient du latin « novem », signifiant « neuf ». Car si Novembre est bien le onzième mois des calendriers grégorien et julien, il était seulement le neuvième de l’ancien calendrier romain. Et ce sont ces mêmes Romains qui avaient suggéré à leur empereur Tibère (42 av. J.-C. - 37 ap J.C.) de donner son nom au mois de novembre, ce qu'il refusa : « Que ferez-vous donc quand vous arriverez au treizième César ? »

Charlemagne (742-814), appelait novembre « le mois du vent ». Pour les livres d'heures, il est le temps des maisons et des fours. Et dans le calendrier républicain, Brumaire est placé entre Vendémiaire et Frimaire.

 

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La fête de la Toussaint fut instituée en 835 pour célébrer l'anniversaire de la transformation du Panthéon de Rome en ossuaire des saints martyrs, et par là pour célébrer la fête de tous les saints. Le 2 novembre, lui, marquait la fête de tous les morts sans distinction. Aujourd'hui, les deux fêtes sont confondues, et l’État a décrété fériée la fête de la Toussaint pour célébrer la mémoire des soldats morts pour la patrie.

 

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« Si à la Toussaint, vous n'étrennez rien, Les saintes vous feront la grimace ! » C'est pourquoi, ce jour-là, à l'office, le Normand portait un nouveau vêtement comme un foulard, un bonnet ou un blouse, satisfaisant ainsi à une superstition selon laquelle, pour entrer dans une nouvelle période et la rendre faste, il fallait faire le sacrifice d'une dépense !

Que de célébrations en novembre : le 11, celle de l'Armistice de la Première Guerre Mondiale, le 20, la journée internationale des droits de l'enfant, le 25, fête de la Sainte-Catherine choisie pour la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. C'est également en novembre, le troisième jeudi du mois, qu'on fête le Beaujolais nouveau !

 

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Le temps qu'il fera en novembre est donné par le temps qu'il a fait le 4 janvier dernier. Ce jour-là, en Normandie comme dans tout l'ouest de la France, le temps était très perturbé avec des pluies nombreuses et copieuses !

 

Biblio. « Almanach de la mémoire et des coutumes » - Hachette 1979 et « Normandie -Almanach de la mémoire et des coutumes » - Hachette 1982.

Illustrations : merci aux sites http://www.macon-tourism.com et http://www.patrimoine-normand.com