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18/01/2015

Un pt'it coin de parapluie...

 Un p’tit coin d’ parapluie, Contre un coin d’ paradis.
Elle avait quelque chos’ d'un ange,
Un p’tit coin d’ paradis, Contre un coin d’ parapluie.
Je n’ perdais pas au chang’, pardi !

(Chanson de Georges Brassens)

Il n'a pas été inventé par un normand et pourtant il fait partie du charme de notre paysage ! Indispensable chez nous quand « i'r pleut », se souvient-on qu'au Moyen-âge, nos aïeux, riches ou pauvres, n'avaient, pour se protéger des intempéries, que leur simple capuchon ! Car ce n'est qu'au milieu du XVIIe siècle, qu'un fabricant va avoir l'idée géniale d'adapter ce qui servait depuis l'Antiquité à se protéger du soleil, l'ombrelle ou le parasol.

 

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D'ailleurs, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les termes « parasol » et « parapluie » vont être utilisés indifféremment l'un pour l'autre : on cite le  « parasol de toile cirée », contre la pluie donc, dans l'Inventaire du mobilier de la Couronne en 1673, mais on lit dans les dictionnaires de Richelet (1680) et de Trévoux (1771), que le parasol « sert à se défendre du soleil et de la pluie », et le parapluie « sans sens bien défini, n'est « tout au plus un parasol ». La conclusion revient à l'Encyclopédie qui précise en 1765 que : « recouvert de toile cirée, l'ustensile s'appelle parapluie, recouvert de soie, parasol » ! Cqfd !

En 1710, un parisien, Jean Marius, de la corporation des boursiers, obtient du roi Louis XIV (1638-1715), le privilège de fabriquer un parapluie pliant. Dès lors, très vite, le parapluie devient l'accessoire indispensable de la Noblesse. Son usage va s'étendre rapidement aux classes bourgeoises. Et c'est justement cette banalisation qui va le déclasser : être vu avec un parapluie signifie que l'on se promène à pied et donc qu'on ne possède pas d'équipage et qu'on n'est sans fortune !

 

parapluies 3.jpg

 

Qu'importe, le succès du parapluie ne se démentira pas. Il devient « objet d'usage » au XIXe siècle, grâce aux nombreuses améliorations techniques qui vont lui être apportées : plus de cent trois brevets d'invention et de perfectionnement entre 1808 et 1851 ! Paris, centre important de production (370 fabricants vers 1848), va passer le relais à Aurillac.

 

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A noter que cette année, la ville de Cherbourg-Octeville rend hommage à Jacques Demy (1931-1990), réalisateur du film musical « Les parapluies de Cherbourg » sorti en 1964,qui a obtenu cette année là la palme d'or du Festival de Cannes.

 

Biblio. Historia - Juillet 2005.

21/12/2014

Sous le gui...

Il est avec le houx, la plante traditionnelle des fêtes de Noël et de fin d'année. Le saviez-vous, s'embrasser la nuit de la Saint-Sylvestre, à minuit exactement, sous la branche d'un gui protecteur accrochée au plafond ou placée au-dessus de la porte d'entrée et choisir une baie de la gerbe comme symbole de prospérité et de longue vie, sont des traditions vieilles de plusieurs siècles ! Pensez : le baiser sous le gui faisait déjà partie du rituel du mariage lors des fêtes grecques des Saturnales !

 

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Du temps des Gaulois, qui ne craignaient qu'une chose c'est que le ciel leur tombe sur la tête, les druides considéraient le gui comme une plante sacrée en raison des vertus médicinales, voire miraculeuses, qu'ils lui attribuaient. A la fois chasseur des mauvais esprits, purificateur des âmes et guérisseur des corps, le gui neutralisait aussi les poisons, assurait la fécondité des troupeaux et permettait même de voir les fantômes et de les faire parler ! Alors, durant la sixième nuit du solstice d'hiver, la première de l'année celtique, la « nuit mère », le grand druide, tout vêtu de blanc, partait cueillir le gui sacré du chêne, arbre du soleil symbolisant la force et la puissance, à l'aide d'une serpe d'or. Afin qu'il conserve ses pouvoirs, le gui, arbuste de la Lune, ne devait jamais toucher le sol. Il était donc récolté dans un drap de lin blanc. Le druide déclamait alors « O Ghel an Heu », « Que le blé germe », locution qui est passée dans la tradition populaire sous l'expression « Au gui l'an neuf ». La formule fut remplacée beaucoup plus tard par « Bon an, mal an, Dieu soit céans », c'est-à-dire dans la maison. Et l'expression du XIXe siècle, « Bonne et sainte année, le paradis à la fin de vos jours », fit place un siècle plus tard, à notre actuelle « Bonne et heureuse année »...

 

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Mais revenons à notre druide. Le gui récolté était ensuite en partie brûlé par ses soins en hommage aux divinités, puis distribué à tous les assistants. Ces derniers, en guise de protection, le suspendaient à leur cou ou l'accrochaient à l'entrée de leur foyer.

Mais saviez-vous que, pour que le gui remplisse son rôle de porte-bonheur, certaines règles doivent être respectées. Le gui, riche de baies et bien touffu, doit être cueilli avant le 25 décembre et la boule de l'année précédente brûlée avant d'être remplacée le jour de Noël par la nouvelle.

 

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Les Normands accrochaient aussi un bouquet de gui dans leur étable afin que leurs bêtes soient également protégées. Il faut dire qu'en langue celte, son nom signifie « guérit tout ». Notez que des recherches scientifiques ont apporté la preuve que le gui possédait effectivement nombre de vertus thérapeutiques. C'est à la fois un hypotenseur, un vasodilatateur, un antiépileptique, un antispasmodique ainsi qu'un diurétique et un sédatif ! Il calme les convulsions et les crises épileptiques. Et, pour des nuits paisibles sans cauchemars, rien de mieux qu'un rameau de gui accroché à la porte de votre chambre !

 

Biblio : "Le livre des porte-bonheur" de B. Jobbé-Duval - Archives et Culture 2009 et "plantes remèdes en Pays d'Auge" - Montviette Nature en Pays d'Auge - Imp. Lemesle 2008.

30/11/2014

Le mois de décembre...

 Brouillard dans les Avents,

Beaucoup de pommes, Normands !

Son nom vient du latin « decem » qui signifie dix. En effet, dans l'ancien calendrier romain, avant l'antéposition de Janvier et de Février des calendriers grégorien et julien, décembre était le dixième mois de l'année.

Chez les Romains, il était placé sous la protection de Vesta, la déesse du feu, et de Saturne, père de tous les dieux. Pour les Gaulois, c'était le « mois de joul » ou « mois de l'hiver », avec la nuit mère du solstice. Charlemagne (742-814) l'appelait le « mois du Christ naissant ».

Pour les livres d'heures, c'était le temps de la glandée et de la tuaison du cochon. Instituées dès le moyen-âge, la glandée était le droit d'aller récolter les glands ou de faire paître les cochons dans les bois seigneuriaux ou communaux afin de les engraisser.

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 Décembre, extrait des Très Riches Heures du duc de Berry (vers 1410-1416 puis années 1440)

Quant aux Républicains, ils l'avaient rebaptisé « frimaire ».

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Dans l'antiquité romaine, les Saturnales, grandes fêtes populaires, pratiquement le « Noël des Romains », se déroulaient durant la période proche du solstice d'hiver. On y célébrait le dieu Saturne. Elles commençaient le 17 du moi et duraient sept jours en s'achevant donc à la date où l’Église a placé la Nativité, c'est-à-dire quatre jours après le solstice d'hiver. Noël vient du latin « natalis dies », jour de naissance. A la fin décembre, les jours commencent timidement à rallonger et le soleil connaît une renaissance...

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Traditionnellement, le temps qu'il fera en décembre est donné par le temps qu'il a fait le dimanche 5 janvier dernier, jour de l’Épiphanie où s'achève le cycle des Douze jours. En Normandie, comme dans tout l'ouest de la France, on relevait ce jour-là des températures douces pour la saison, de la pluie et des rafales de vent.

Biblio. « Almanach de la mémoire et des coutumes » de P. Barret, J-N. Gurgand et C. Thiévant - Hachette, 1979.