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15/01/2017

15 janvier 1525, la "male marée" ravage la ville nouvelle du Havre

Deux ans après sa victoire à Marignan de 1517, le roi François Ier (1494-1547) charge un de ses proches, un ami de jeunesse, l’Amiral de France Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet (1482-1525), de créer un port au lieu dit « de Grasse », c’est-à-dire le long d’une plaine marécageuse au centre de laquelle on ne trouve guère qu’une simple chapelle dédiée à Notre-Dame de Grâce.

« François, par la grâce de Dieu Roy de France… pour tenir en sûreté les navires et vaisseaux de nous et de nos sujets naviguant sur les mers océanes, avons fait chercher en la côte de Normandie et pays de Caux lieu sûr et convenable… avons donné plein pouvoir et autorité de faire construire le dit Havre et fortifications. »

 

Plan du Havre.jpg

 

L’ambition du roi est de faire du lieu une cité fortifiée, un bel arsenal, un port, à la fois militaire et commercial, et un débouché pour Paris. Alors, malgré l’instabilité du sol et les tempêtes, les travaux vont bon train.

Côté port, on aménage le bassin du roi, on maçonne les digues et on aligne des quais. En 1518, il est utilisable et les premiers navires y sont accueillis. On plante la «  grosse tour » de surveillance qui défend son entrée.  

La tour du Havre.jpg

 

Côté ville, quartier Notre-Dame, le roi, fervent admirateur de la Renaissance italienne, va faire appel à un Architecte Urbaniste venu de la terre de Sienne, Jérôme Bellamarto, auquel il va ordonner de tracer la première enceinte et les premières rues.  

le havre,male marée,1525

Enfin, pour attirer les futurs habitants du lieu, le souverain leur accorde l’exemption de taille et de franc-salé. Plus, du jamais vu, il les autorise à lever des taxes locales, à percevoir un droit d’ancrage sur tous les bâtiments restant en rade et leur consent un privilège d’achat sur les marchandises débarquées dans le port. Les bretons vont être très nombreux à répondre à l’appel du roi.

Hélas, caprice du temps ou colère divine, le 15 janvier 1525, la « male marée» submerge la ville. En une seule nuit, tout est ravagé. La tempête a raison des premières constructions. Le terrible coup de vent emporte 28 bateaux de pêche et détruit la chapelle Notre-Dame. Au lever du jour, on dénombre plus de 100 morts sur les 600 âmes que comptait la population.

Jusqu’en 1792, un service religieux commémorera chaque année ce funeste évènement.

 

Biblio. "Le Havre, itinéraires insolites" - Y. Letélié - Ysec éditions - 2011.

Merci aux nombreuses pages havraises sur le sujet. 

07:29 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le havre, male marée, 1525

11/01/2017

« Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! » ...

« Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! » ... Les plus anciens d'entre-nous se souviennent de cette réplique culte ! Remontons ensemble le temps. 1958 : En ce premier janvier, à 20h15, quelques français privilégiés découvrent en noir et blanc, sur l'unique chaine de leur écran de télévision "La Clé de l'énigme ", tout premier épisode de la première série policière de la télévision française : les "Cinq Dernières Minutes"! C'est là l'unique fois où l'inspecteur Bourrel s'appelle l'« inspecteur Sommet » et où il enquête seul.

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Ce personnage est interprété par Raymond Souplex (1901-1972), aidé de son adjoint Dupuy, alias Jean Daurand (1913-1989). A chaque épisode, leur enquête les mène dans un milieu professionnel ou social nouveau et inconnu d'eux.

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Créée par Claude Loursais (1919-1988), réalisateur, scénariste et producteur, pionnier de la télévision française. la série totalisera 155 épisodes répartis sur 3 générations. La première, de 56 épisodes, dont les cinq dernières en couleur, est diffusée du 1er janvier 1958 au 7 novembre 1973 sur RTF Télévision puis sur la Première chaîne de l'ORTF. Après une période transitoire comprenant 4 épisodes de 90 minutes diffusés du 19 juillet 1974 au 16 janvier 1975 sur la Première chaîne de l'ORTF, une deuxième série en 72 épisodes de 90 minutes en couleur sera diffusée de 1975 à 1992 sur Antenne 2, puis une troisième de 17 épisodes de 1993 à 1996 sur France 2.

À ses débuts, il s'agissait d'une émission-jeu, qui, tournée en studio, était diffusée en direct. Deux téléspectateurs sélectionnés assistaient au tournage et devaient deviner qui était le coupable de l'intrigue, au moment du célèbre : « Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! » de l'inspecteur Bourrel.

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L'émission rencontrera un énorme succès populaire jusqu'à la disparition de son interprète principal. Par égard pour son interprétation, les commissaires incarnés par les acteurs suivants ne se nommeront plus Bourrel, mais Le Carré, Cabrol et Massard. Quant à l''indicatif musical du générique, il s'intitule "Arsenic Blues" et a été composé par Marc Lanjean (1903-1964).

04/01/2017

Le timbre-poste français

C'était il n'y a pas si longtemps pourtant... Un premier janvier, celui de l'année 1849 ! Ce jour-là, apparaît le premier timbre-poste français. Le "20 centimes noir dit Cérès" est destiné à affranchir les lettres jusqu'à 7,5 grammes circulant entre deux bureaux de poste. Pour les approvisionner tous, plus de 40 millions d'exemplaires de cette petite vignette ont été édités. L'impression en noir, un mélange de noir de fumée, de bleu de fer, le tout broyé dans un vernis de lin, était un choix technique. A l'époque, c'était la seule couleur que l'on pouvait appliquer avec régularité de jour comme de nuit. Or, l'atelier d'impression, où l'on travaillait sans répit 24 heures sur 24, était éclairé par des becs de gaz. L'arrivée en France du timbre est l'un des éléments, sans doute le plus voyant, d'une réforme postale portée par la IIe République. Bien qu'en gestation depuis 1839, il a été finalement créé par décret du 24 août 1848.

 

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Car, comme beaucoup d'innovations du XIXe siècle, le timbre-poste nous vient d'Angleterre. Le « 1 penny noir » à l'effigie de la jeune reine Victoria fut émis le 6 mai 1840. A cette époque, Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873), qui sera élu Premier Président de la République Française le 11 décembre 1848, se trouve en exil à Londres. Ayant mesuré à quel point le timbre-poste pouvait servir la popularité d'un chef d'État en diffusant partout son portrait, le neveu de Napoléon 1er ne tardera pas à y afficher le sien...

 

premier timbre 2.gif

 

Dès sa parution, l'usage du timbre sur la lettre va être "imposé" par l'Administration par un tarif préférentiel par rapport à l'envoi en port dû. C'est là un changement important dans la tradition française car, auparavant, lors de la distribution du courrier, la taxe était perçue par le destinataire. Désormais elle le sera auprès de l'expéditeur et avant son départ. Or, si faire payer le destinataire était jugé de bon ton, à l'inverse, affranchir son courrier était considéré comme une faute de goût : on signalait ainsi au destinataire qu'il n'avait pas les moyens de payer son courrier.

 

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 Jacques-Jean Barre (1793-1855) par son fils Jean-Auguste Barre

 

La fabrication de ce premier timbre-poste s'est mise en place sous la tutelle de la commission des Monnaies et Médailles. Le dessin et la gravure ont été confiés à Jacques-Jean Barre (1793-1855) et leur impression à Anatole Hulot. Celle-ci eut lieu dans l'Hôtel de la Monnaie à Paris. Les gouvernants de la IIe République s'étant refusés à y faire figurer une allégorie coiffée d'un bonnet phrygien, ce bonnet rouge qui rappelait trop l'époque de la Terreur, on choisit donc une représentation de la déesse romaine de l'agriculture, des moissons et de la fécondité, couronnée d'épis de blé. 

Le 20 centimes noir sera retiré définitivement de la vente le 29 octobre 1850.

 

Biblio. « Le patrimoine du timbre-poste français » - Ed . Flohic 1998 », « Histoire de la Poste en France » d'Y. Lecouturier – Ed. Ouest-France, 2011, « Le Musée idéal de l'Histoire de France » de T. Sarmant – Ed. Télémaque 2011.