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HISTOIRE

  • Un archevêque de Rouen roi de France ?

    Il s'en fallu de peu... En 1585, le roi Henri III, âgé de 34 ans, marié depuis 10 ans à Louise de Lorraine (1553-1601) et toujours sans héritier désigne pour lui succéder le protestant Henri de Navarre (1553-1610). Bien sûr les catholiques s'y opposent ! N'y aurait-il pas quelque part dans le royaume de France un Bourbon resté fidèle au pape ? En le cherchant bien ils trouvent un Prince de sang, qui plus est cardinal-archevêque de Rouen et Primat de Normandie !

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    Portrait de Charles Ier de Bourbon - Château de Beauregard, galerie des illustres - XVIIe siècle

     

    Cet homme providentiel se nomme Charles Ier de Bourbon (1523-1590). Il est le fils de Charles IV duc de Vendôme et de son épouse Françoise d'Alençon, duchesse de Beaumont et le frère puîné d'Antoine de Bourbon, père du futur roi Henri IV. Il a été promu archevêque de Rouen le 3 octobre 1550 et va le rester jusqu'à sa mort.

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    Abbatiale Saint-Ouen de Rouen

     

    Abbé commendataire de plus de vingt abbayes, c'est l'un des plus riches princes d'Europe. Hélas, malléable, au caractère falot, il jouit de la réputation de simple d'esprit ! Tant pis, faute de mieux, il fera l'affaire. La Ligue catholique l'impose au roi comme héritier de la couronne de France.

    Quatre ans plus tard, le 2 aout 1589, Henri III rend son âme à Dieu, assassiné par le moine Jean Clément (1567-1589). Sans tarder, le Parlement de Paris proclame roi notre archevêque normand sous le nom de « Charles X ».

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    Assassinat du roi Henri III par le moine Jacques Clément - Estampe gravée par Frans Hogenberg- XVIe siècle

    Mais il y a un sacré problème : sur ordre du même Henri III, depuis un an, l'homme est en prison au château de Fontenay le Comte. Motif ? Justement sa désignation comme successeur du roi ! Bien entendu, sa proclamation comme tel ne va rien changer : enfermé il est, enfermé il restera. Et c'est de sa prison qu'il envoie une lettre à son neveu Henri IV le reconnaissant comme roi légitime... Il meurt l'année suivante, toujours dans sa prison vendéenne, le 9 mai 1590. Les ligueurs ne sont guère affectés par sa mort : ils n'ont eu pour lui qu'une piètre estime et l'ont raillé à l'envi. Quant à Henri IV, il est à peine plus chagriné que ses adversaires, d'autant que la disparition de "Charles X", son seul rival ayant un semblant de légitimité, se révèle fort opportune...

     

    Biblio. "La Normandie pour les nuls" de Ph. Simon - First-Ed., 2017.

  • Le bâton de maréchal !

    8 août 1819. Dans la cour du château de Saint-Cloud, les élèves de l'école militaire de Saint-Cyr sont au garde à vous. Sa majesté le roi Louis XVIII (1755-1824), venu leur rendre visite, s'apprête à leur parler.

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    Louis XVIII (1755-1824)

    Fondée en 1802 par Napoléon Ier (1769-1821) alors Premier Consul, le souverain a été accueilli par le gouverneur de la 3ème Division militaire et major général de la garde royale, Nicolas Charles Marie Oudinot duc de Reggio (1767-1847). Cet homme, que l'Empereur Napoléon avait surnommé « le Bayard de l'Armée française », vient d'être élevé à la dignité suprême de maréchal d'Empire. Il faut dire qu'il détenait le record du soldat ayant reçu le plus de blessures durant les guerres de la Révolution française et de l'Empire. Trente-quatre au total ! A tel point que le maréchal Canrobert (1809-1895) parlant de lui disait « qu'il n'était qu'une passoire ! »

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    Nicolas Charles-Oudinot, duc de Reggio, maréchal de France (1767-1847) par Robert Lefèvre (1756-1830)

    Dans le discours du roi, une petite phrase résonne aux oreilles attentives des jeunes gens présents  : «  Rappelez-vous : il n’en est pas un dans vos rangs qui n’ait pas dans sa giberne le bâton de maréchal de France  ; c'est à vous de l'en faire sortir. »

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    Les bâtons des quatre maréchaux de la Seconde Guerre mondiale (de Lattre (1889-1952), Leclerc 1902-1947), Juin (1888-1967) et Kœnig (1898-1970))sont exposés au musée de l'Armée

    Ah, mériter un jour ce fameux bâton de maréchal  ! La plus haute distinction militaire française ! Étymologiquement, le mot « maréchal » provient de l’ancien français « mareschal » issu du vieux-francique « marhskalk » (« palfrenier », « garçon d’écurie »), lui-même dérivé de « marh » (cheval) en proto-germanique, mot possiblement d’origine gauloise, et du proto-germain « skalk » (« serviteur »). A l'origine donc, le maréchal est un « domestique chargé de soigner les chevaux ». Le mot s'est développé d'une part dans le sens de «maréchal-ferrant», homme chargé de ferrer les pieds des chevaux et des autres équidés et de s'occuper de leur parage et d'autre part dans le sens « d'officier préposé au soin des chevaux», le maréchal des logis, responsable des écuries de son unité militaire et plus tard du logement des troupes.

    A noter que, venu à qualifier un «officier qui occupe le grade le plus élevé dans l'armée», il s'écrit sans majuscule. Présente, elle désigne exclusivement le Maréchal Philippe Pétain (1856-1951).

    Depuis sa création en 1185, trois cent quarante deux militaires ont été élevés à ce titre. Le premier d'entre-eux fut Albéric Clément (1165-1191) nommé par Philippe Auguste (1165-1223) en 1190 ; le dernier fut, à titre posthume, Marie-Pierre Kœnig en 1984. Depuis la mort du maréchal Juin (1888-1967), la France ne compte plus aucun maréchal vivant. A noter que le Général de Gaulle (1890-1970) aurait refusé cette dignité en 1946 sous le prétexte semble t'il que la ressemblance avec le Maréchal Pétain aurait été négative pour son image.

    « Avoir son bâton de maréchal » signifie aujourd'hui être arrivé à la plus haute situation à laquelle on puisse prétendre et, partant, être couronné du succès que l'on attendait.

     

  • Une ou deux pièces ? That is the question !

    Dès que le soleil montre le bout de son nez, les voilà qui fleurissent dans toutes les vitrines des boutiques de mode, de lingerie et de prêt-à-porter et qui s'affichent à la une des magazines féminins. Au fil des années, ils se sont faits plus petits, beaucoup plus petits, plus seyants, beaucoup plus seyants et surtout beaucoup beaucoup plus sexy. Pour en arriver à ce que quelques centimètres carrés de tissu seulement suffisent à "montrer tout ce qu'on veux cacher"...

     

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    Le maillot de bain est né du costume de bain. Dans le royaume de France, du Moyen-âge jusqu'à la fin du XVIIe siècle, la mer fait peur. La croyant vecteur de maladies, on ne s'en approche surtout pas. Ce sont les médecins anglais, à titre thérapeutique, qui seront les premiers à prescrire à leurs patients de brèves immersions en eau de mer. L'ordonnance va traverser la Manche. Dieppe s'inscrira alors comme la première station balnéaire française. Une étiquette qu'elle doit à Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870), duchesse de Berry. La belle fille du roi Charles X (1757-1836) va prendre goût aux bains de mer et véritablement "lancer" la plage de Dieppe. Elle entraîne à sa suite nombre d'aristocrates très argentés. A l'époque, on se baigne entièrement vêtu. On ne laisse rien voir de son corps. Le "costume de bain" se compose d'un pantalon bouffant jusqu’aux genoux, d'une chemise large en jersey de laine ou de coton, d'une ceinture, d'un bonnet et parfois même de bas et de chaussures.

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    Annette Kellerman (1886-1975)

    Cependant, petit à petit, pour libérer les mouvements de celles qui le portent, le costume de bain va s'alléger. Alors que les femmes se baignent toujours en robe et pantalon avec chapeau de rigueur, au début du XXe siècle, Annette Kellerman (1886-1975) fait scandale. Championne de natation, elle ose s'afficher bras nus dans un maillot de bain moulant qu'elle porte cependant avec des bas épais qui cachent ses jambes.

    Après la Première-Guerre mondiale, le maillot de bain s'émancipe : les épaules comme les jambes se dévoilent et le décolleté se creuse. En 1932, le couturier Jacques Heim (1899-1967) lance le premier maillot de bain deux pièces. Composé d’un soutien-gorge drapé ou noué sur la poitrine et d’une culotte short souvent faite de volants, il est cependant encore un peu trop osé pour l'époque. L'arrivée des congés payés en 1936 va changer les choses. Désormais, nombre de français partent en vacances à la plage avec dans leur valise, un maillot de bain en 3"L" (Lycra, Lurex et Latex) qui les moule à la façon d'une seconde peau.

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    En 1946, le fabriquant français de costumes de bains Louis Réard (1897-1984) lance sa "bombe anatomique". Un maillot de bain deux pièces si petit (deux triangles et une mini culotte qui laisse les fesses et les hanches nues) qu'il peut tenir dans une simple boîte d'allumettes ! Il le baptise "Bikini", du nom de l'atoll américain où vient de se dérouler un essai nucléaire. Aussitôt, certains pays, comme l'Espagne ou l'Italie, l'interdisent sur leurs plages. Mais le temps passant, au début des années 60, des stars de cinéma comme Brigitte Bardot ou Ursula Andress vont le rendre populaire. Symbole de la femme libérée, adopté par la majorité d'entre-elles, synonyme de séduction voire de sex-appeal, le bikini est aujourd'hui le maillot de bain le plus vendu au monde. Et ce malgré la mise sur le marché du monokini laissant les seins nus et du microkini fait d'un simple string.