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25/06/2017

Nicolas Guérin, premier Garde des Sceaux

Depuis quelques jours, notre nouvelle garde des Sceaux, la sixième femme en France à porter ce titre, se nomme Nicole Belloubet. Depuis 1848, dans notre pays, c'est ainsi qu'on désigne le ministre de la Justice. Mais saviez-vous que cette fonction est née d'une mésaventure dont fut victime le roi de France Philippe II dit Philippe « Auguste » (1165-1223) (tout simplement parce qu'il était né en août ) ?

Cela se passait le 3 juillet 1194 au cœur de la forêt de Fréteval, en pays Vendômois. Il faut savoir qu'à cette époque, les rois de France et toute leur cour guerroyaient sans cesse en chevauchant au quatre coins du royaume munis de leurs objets précieux et aussi des archives du pays.

 

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Sceau de Philippe Auguste (1165-1223)

 

 L'ennemi du roi, son grand rival, n'est autre que Richard Ier d'Angleterre dit Richard Cœur de Lion (1157-1199), le fils préféré d'Aliénor d'Aquitaine, surnommé « Cœur de Lion » à la suite de ses « exploits » en Terre sainte. Ce « si peu roi et si peu anglais », chef de guerre aux mœurs brutales, avait fait don de ce cœur en « remembrance d'amour pour la Normandie ». Lequel, embaumé, enfermé dans un reliquaire se trouve en la cathédrale de Rouen dans un tombeau surmonté d'un gisant à son effigie.

 

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 Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste

 

Ce jour-là donc, Richard Cœur de Lion et ses troupes sont en embuscade. Le piège tendu contre le roi de France se referme sur lui. Dans sa fuite, Philippe Auguste abandonne tout derrière lui. C'est ainsi que le sceau royal, celui qui authentifie les actes du monarque, tombe dans les mains de l'ennemi ainsi que nombre de documents précieux dont les « livrets de compte du fisc » qui vont partir en fumée.

C'est à la suite de cette escarmouche humiliante que Philippe Auguste, contraint de faire reconstituer l'intégralité de ses archives, va prendre la décision de « sédentariser » ces documents en les rassemblant dans un même lieu à Paris.

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 Tombeau de Nicolas Guérin à l'abbaye de Chaalis

Le premier dépôt de archives de la Couronne de France ou « trésor des Chartes » est installé au Louvre dans la tour dont on peut voir encore aujourd'hui les soubassements. On va y conserver un exemplaire de tous les actes expédiés ou reçus par le roi. Celui-ci va en confier la garde à son conseiller et ami, le picard Nicolas Guérin (1157-1227), Évêque de Senlis, lequel, en 1201, devient ainsi le premier Garde des Sceaux de notre pays !

 

Biblio."Le grand quizz des histoires de France" de L. Boyer et C. Portier-Kaltenbach - Ed. Lattès 2011.

18/06/2017

Le drame d'Auppegard

Il est 6h30 en ce matin du 16 juin 1944. Les habitants de Auppegard, un petit village normand du département de la Seine-Maritime situé entre Bacqueville-en-Caux et Offranville, se sont regroupés dans la cour de la ferme du Père Dubost.

Un mystérieux engin vient de s'y écraser. Une sorte d'avion sans pilote qui laisse toujours entendre un fort tic-tac inquiétant. Malgré les mise-en-garde de l'instituteur, la curiosité l'emportant sur la peur, certains Pougarais téméraires, dont le fossoyeur du village, s'avancent au plus près de l'appareil... Mais, alors que l’angélus sonne 7 heures au clocher de l'église Saint-Étienne, une terrible explosion, creusant un immense entonnoir, cause la mort de 14 personnes.

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Auppegard, dont le nom, remontant au XIe siècle et provenant du vieil anglais "æppel" « pomme » et du vieux scandinave "garðr" « enclos, clos », a le sens de « pommeraie" et témoigne de l'ancienneté de la culture de ce fruit en Normandie. Mais ce qui est tombé du ciel ce jour là n'a rien d'une pomme !

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La population va apprendre qu'il s'agit en fait d'un V1, de l’allemand “Vergeltungswaffe” qui veut dire “arme de représailles”. C'est une bombe volante et le premier missile de croisière de l'histoire de l'aéronautique qui va être utilisé durant la Seconde Guerre mondiale contre notamment le Royaume-Uni. L'objectif n'est pas de causer des dégâts à l'armée britannique mais de saper le moral des insulaires, de ralentir leur production industrielle et de se venger des bombardements alliés. Les allemands ont implantés en Seine-Inférieure plusieurs rampes de lancement de ces "casseroles" au vols des plus incertains. Sur les 2 500 qui vont décoller du sol français, seuls 500 arriveront à destination et 9, à la suite d'ennuis mécaniques, échoueront à Auppegard.

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Un stèle "à la mémoire des victimes civiles tuées dans l'explosion d'une bombe volante "V1" le 16 juin 1944 à 7 heures" a été inaugurée le 20 juin 1954.

 

Biblio. ""Un jour en Normandie" - Émission de Michel De Decker sur "France-Bleu Normandie"

 

14/05/2017

Ni à gauche, ni à droite, mais "au-dessus" !

Aujourd'hui même, le nouveau Président que viennent de se choisir les français va franchir le seuil du Palais de l’Élysée, siège de la présidence de la République française et résidence officielle du président depuis la IIe République. L'occasion de se souvenir du Général de Gaulle qui, en qualité de Premier Président de la Ve République, succédant au normand et havrais René Coty (1882-1962), prit possession des mêmes lieux le 8 janvier 1959.

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Ce palais (11 179 m2, dont 300 m2 d'appartements privés, pour 365 pièces), édifié entre 1718 et 1722 pour Henri-Louis de la Tour d'Auvergne, comte d’Évreux (1679-1753), "ne plaisait pas à son nouveau locataire, à commencer par l'environnement, jugé trop bruyant. En outre, depuis les balcons d'un atelier de couture voisin, les ouvrières avaient une vue plongeante sur le parc, dont de Gaulle regrettait le manque d'intimité. Du côté cour, de l'autre côté de la rue, une enseigne du plus mauvais goût indisposait d'autant plus le général qu'elle était prétexte à plaisanterie : "Attila, le fléau des rats, détruit rongeurs, cafards, insectes, punaises..." Une autre, juste en face de "chez lui", le gênait tout autant : "Chez Popoff", un antiquaire, qui, en portant ce nom ridicule, ternissait sans doute celui du monarque voisin... (...) Quant au palais lui-même, il le jugeait trop bourgeois et sa décoration d'un goût douteux. Bref, l'ensemble manquait de grandeur..."

 

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Honnêtes et scrupuleux, ni lui, ni son épouse n'omettaient d'éteindre les lustres en quittant une pièce. Rappelons qu'ils firent installer dans leurs appartements privés un compteur divisionnaire afin d'être en capacité de régler sur leurs deniers propres leur consommation personnelle d’électricité. Dans le même esprit, Madame de Gaulle allait jusqu'à faire retourner, pour éviter de les faire remplacer, les rideaux usagers du Palais...

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Pour finir sur un clin d’œil, cette petite anecdote : peu avant la création, le 1er octobre 1958, de l'U.N.R., le parti politique destiné à soutenir son action, alors que ses futurs dirigeants demandèrent au général si ce parti serait de droite, de gauche ou du centre, il leur répondit : "De Gaulle n'est ni à gauche, ni à droite, il est "au-dessus" !"

 

Biblio. "Petites histoires des Grands de France" de J-P. Rorive - Jourdan Ed. 2005.