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26/07/2015

Quatre roues sous un parapluie...

Elle a été produite à plus de 5 millions d'exemplaires avant que tout s'arrête il y a de cela maintenant un quart de siècle. C'était le 27 juillet 1990 à 16 h 30. Comment parler d'elle sans avoir en pensée l'image de Bourvil (1917-1970) dans « Le Corniaud* », émergeant de la sienne, totalement mise en pièces par la Rolls de De Funès (1914-1983), et déclarant, le volant à la main : « Ah ! Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien » ? 

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Devenue mythique au fil des années, la « deudeuche » fait aujourd'hui partie de notre patrimoine. Cette « Quatre roues sous un parapluie" a été présentée aux français le 7 octobre 1948 au 50ème Salon de l'Automobile qui se tenait cette année-là au Grand-Palais de Paris et qui fut inauguré par le Président de la République de l'époque, Vincent Auriol (1884-1966).

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Bien que pensée dès 1936, à l'époque du Front populaire et des premiers congés payés, c'est quelques années plus tard, en 1945 que Pierre Boulanger (1885-1950), Ingénieur-Directeur général des automobiles Citroën, commande à son bureau d'études de concevoir « une voiture populaire permettant au plus grand nombre de se doter d’une automobile ». Sur la base d'une enquête réalisée auprès d'un public ciblé, principalement rural, il définit avec précision un cahier des charges quasiment draconien. Pour ce projet « TPV » (« toute petite voiture ») : quatre places assises, 50 kg de bagages transportables, 2 CV fiscaux, traction avant, 60 km/h en vitesse de pointe, boîte à trois vitesses, facile d'entretien, possédant une suspension permettant de traverser un champ labouré avec un panier d'œufs sans en casser un seul, et ne consommant que 3 litres aux 100 kilomètres. L'automobile doit en outre pouvoir être conduite facilement par un débutant et surtout, ne présenter aucun signe ostentatoire. Le slogan publicitaire « 4 roues sous 1 parapluie » de la fin des années 1960, résume assez bien l'esprit général de ce que le patron attendait...

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Même si l'esthétique de sa carrosserie fait sourire, une caisse gris irisé, des phares noirs, une capote qui descend jusqu'au pare-chocs arrière, la "deux pattes" « colle » tellement aux besoins de l'époque que les commandes vont affluer par centaines. Commercialisée à partir de 1949, les délais de livraison iront jusqu'à 6 ans en 1960 ! Dotée d'une réputation « d'increvable », pouvant atteindre jusqu'à 300 000 km, sobre et très économique, à la tenue de route parfaite, la « deudeuche » va défier les époques !

 

* Film de G. OURY (1919-2006) sorti le 24 mars 1965.

Biblio. "Objets de France" de J. Victor et T. Fraisse - Ed. De Borée 2014 et « Almanach Normand 2014 ».

19/07/2015

Le B.C.G. ou l'histoire d'une remarquable avancée médicale

18 juillet 1921, pour la toute première fois, à la crèche de la maternelle de l'hôpital de la Charité de Paris, les pédiatres Benjamin Weill-Hallé (1875-1958) et Raymond Turpin (1895-1988) inoculent le B.C.G. à un d'un nourrisson dont la mère vient de mourir victime de la tuberculose et qui était appelé à vivre dans un milieu contaminé.

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Ce vaccin a été mis au point par deux hommes, l'un médecin, Albert Calmette (1863-1933) et l'autre vétérinaire, Camille Guérin (1872-1961). Selon leur volonté, il va porter leur nom : le Bacille Calmette-Guérin ou B.C.G.

Ils signent là une formidable avancée médicale à une époque où, en Europe, la tuberculose, est la cause d'un décès sur sept. La bactérie responsable de cette terrible affection respiratoire, le « bacille de Koch », avait été découvert en 1882 par le microbiologiste allemand Robert Koch (1843-1910).

 

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 Robert Koch (1843-1910)

Depuis une vingtaine d'années déjà, les deux chercheurs français associés de l'Institut Pasteur travaillaient à sa production. Pour eux, la grande aventure commence en 1905-1906, quand ils notent que de jeunes bovins guéris d’une tuberculose expérimentalement provoquée ne sont pas réinfectés. En 1908, ils constatent qu’en ensemençant une souche bovine virulente sur une pomme de terre imprégnée de bile de bœuf, le bacille garde ses caractères principaux, mais perd son pouvoir pathogène. Dès lors, ils vont travailler à la recherche d'un bacille de plus en plus atténué. Pour cela, entre 1908 et 1921, il vous répéter 230 fois les ensemencements jusqu'à l'obtention d'une souche complètement inoffensive. Les premiers essais sur des animaux de laboratoire et des bovins sont extrêmement probants et concluent à l’innocuité et au pouvoir protecteur de cette souche biliée.

 

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En France, la première campagne nationale du timbre antituberculeux a été lancée en 1925. En 1950, la vaccination est rendue obligatoire en France. De nos jours, et dans de très nombreux pays occidentaux, la vaccination par le BCG n'est plus systématique, mais ciblée sur les populations à risque. En 2013, ce vaccin faisait encore partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur ce sujet.

 

12/07/2015

Petite histoire des feux d'artifice

Depuis 1880, l'année de la première fête nationale officielle française, le 14 juillet, le ciel de notre beau pays s'illumine de plus de 10 000 grands feux d'artifice et ce, pour le plus grand plaisir des grands et des petits.

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Mais, le saviez-vous, chez nous, le premier vrai feu d'artifice a été tiré voilà 400 ans ! C'était le 19 octobre 1615 ! Il s'agissait alors de célébrer avec faste le mariage du roi Louis XIII (1601-1643) avec Anne d'Autriche (1601-1666), la fille du roi Philippe III d'Espagne (1578-1621).

 

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Pourtant, à l'origine, les «  feux d'artifice », appelés ainsi parce que non naturels, c'est-à-dire ni causés par un incendie, ni résultant de la foudre, n'ont pas été mis au point pour distraire mais pour défendre ! Le mélange de résine, de bitume, de salpêtre et de souffre, qu'on employait alors et qui explosait à grand bruit en répandant des pluies de flammes, était utilisé par les Chinois comme par les Grecs en usage guerrier, pour faire peur et maintenir l'ennemi à distance.

 

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 Marco Polo (1254-1324)

 

Un siècle plus tard, les Chinois vont découvrir la « poudre noire », cette « poudre à canon » qui doit son nom au fait que sa fabrication était considérée comme un « art noir », va « révolutionner » les pratiques. Elle est issue d'un mélange déflagrant de salpêtre, de soufre et de charbon de bois. Non seulement, elle augmente la portée des flèches des archers mais elle déclenche des incendies ! Ramenée de Chine au XIIIe siècle par le navigateur marchand vénitien Marco Polo (1254-1324), la poudre noire va d'abord alimenter de nouvelles armes de guerre, les bombardes, qui seront utilisées pour la première fois en 1346, lors de la bataille de Crécy.

Ce n'est vraiment qu'à partir du XVIIe siècle que la poudre noire va servir au divertissement des puissants. Les spectacles de feux d'artifice vont très vite se multiplier, comme dans les jardins du château de Versailles, pour célébrer le roi. Sous la Révolution, ils sont jugés trop coûteux et considérés comme un divertissement de privilégiés. Pour preuve, celui, gigantesque, tiré le 16 mai 1770, en l'honneur du mariage du futur roi Louis XVI avec l'Archiduchesse d'Autriche, Marie-Antoinette. Le roi Louis XV en était si fier qu'il avait cherché, dit-on, un compliment auprès de son grand argentier. À sa question : « Que pensez-vous de ma fête ? », celui-ci lui aurait simplement répondu « Impayable, Sire »...

 

Biblio. « Le Grand Almanach de Normandie 2011 ».