21.12.2009

Les départements aujourd'hui

Mon dernier volet sur l'histoire de nos départements français commence en 1902, sous la Troisième République. Alors que notre pays  compte 85 départements, vient s'y ajouter celui des Territoires du Sud, département nouvellement créé en Algérie. 

Quelques années plus tard, après la Première Guerre mondiale, le Traité de Versailles de 1919 restitue à la France les territoires annexés par l’Empire allemande en 1871.

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Signature du Traité de Versailles de 1919 - Galerie des Glaces

La France métropolitaine passe alors de 86 départements à 89 départements, avec, en plus, un territoire, celui de Belfort, qui ne deviendra un département en plein exercice qu’à partir de 1922.

En 1946, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion deviennent à leur tour des départements « d’outre-mer ».

Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, le nombre de départements français passe à 94 dont 4 d’outre-mer.

En 1964, avec la réorganisation de l’Ile-de-France, les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise sont dissous et remplacés par sept nouveaux départements : le département de la Ville de Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise.

En 1976, après que la division de la Corse en deux département, la Corse-du-Sud, avec pour chef-lieu Ajaccio et la Haute-Corse, avec pour chef-lieu Bastia, la France totalise 100 départements !

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La tête de Maure - Symbole de la Corse

En 1976, Saint-Pierre-et-Miquelon devient département, statut transformé  en 1985 en collectivité d’outre-mer.

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Carte des 96 départements français de métropole

Enfin, en  2011, Mayotte deviendra le 101ème département français.

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Ile de Mayotte - Aquarelle de Gil

A noter que, depuis leur création, plusieurs départements ont changé de nom, le plus souvent pour modifier une dénomination jugée péjorative. C’est le cas de la Seine-Inférieure transformée en 1955 en Seine-Maritime.

03.12.2009

Les départements à l'époque impériale

De 83 départements en 1790, on va très vite passer à 86 en1793, à 127 en 1808 et à 130, le record, en 1811, et ce, en raison des conquêtes de Napoléon.

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Les départements de l'Empire français en 1811

 

Pour les généalogistes que nous sommes, qui, au fil de nos recherches, pouvons rencontrer des ancêtres nés dans le département de Corcyre ou de Mont-Tonnerre, il n’est pas inutile de pouvoir situer ces départements.

Il faut savoir que l’accroissement du territoire français s’est fait progressivement, au fil des victoires militaires.

Les conquêtes de 1794/1795 en Belgique et aux Pays-Bas entraînent, le 1er octobre 1795, la création de 9 départements avec leur préfecture : Lys avec Bruges, L’Escaut avec Gand, Jemmapes avec Mons, Deux-Nèthes avec Anvers, Dyle avec Bruxelles, Meuse-Inférieure avec Maëstricht, Ourthe avec Liège, Sambre-et-Meuse avec Namur et Forêts avec Luxembourg.

Lors du traité de Campo-Formio, le 17 octobre 1797, l’Autriche reconnaît à la France la possession de la rive gauche du Rhin. Le 25 janvier suivant, 5 nouveaux départements sont organisés : Sarre avec Trèves, Rhin-et-Moselle avec Coblence, Mont-Tonnerre avec Mayence, Roër avec Aix-la-Chapelle et Léman avec Genève.

Comme le même traité cède à la France les iles Ioniennes, 3 nouveaux départements voient le jour, ceux de Corcyre, Ithaque et de la Mer Egée, jusqu’en 1799 où  une flotte turco-russe les reprend à notre pays.

Le 9 décembre 1798, le roi de Sardaigne cède le Piémont à la France. D’abord doté d’une administration provisoire, ce nouveau territoire est réuni à la France le 11 septembre 1802. Cette annexion permet la création de 5 nouveaux départements : Doire avec Ivrée pour préfecture, Sesia avec Verceil, Po avec Turin, Stura avec Coni et Marengo avec Alexandrie.

En 1805, la république Ligurienne est annexée à l’Empire. Elle est alors organisée en 3 départements : Montenotte avec Savonne pour préfecture, Gênes et Apennins avec Chiavari. 

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Elisa Bonaparte, soeur de Napoléon, Grande-Duchesse de Toscane en 1809 - Toile de M.G. Benoist

Lorsque la Toscane est réunie à l’Empire le 24 mai 1808, elle donne naissance aux 3 départements de l’Arno avec Florence, méditerranée avec Livourne et Ombrone avec Sienne. La même année, la réunion des duchés de Parme et de Plaisance forment le département de Taro, avec Parme pour préfecture.

En 1810, l’extension de l’Empire est considérable et de nouveaux départements sont créés. Au Sud, les Etats de l’Eglise, réunis le 17 février 1810, forment les 2 départements de Tibre avec Rome et de Trasimène avec Spolète.

Puis, au Nord,  le Brabant, la Zélande et les pays entre la Meuse et Wahal sont cédés à la France. Le royaume de Hollande, du Valais, du Hanovre, du duché de Oldenbourg sont annexés. Ces nouveaux territoires donnent naissance à  14 départements : Simplon avec Sion pour préfecture, Bouches-de-l’Escaut avec Middelbourg, Bouches-duRhin avec Bois-le-Duc, Bouches-de-la-Meuse avec La Haye, Zuiderzée avec Amsterdam, Yssel-Supérieur avec Arnheim, Frise avec Leuwarden, Ems-Occidentalavec Groninge, Bouches-de-l’Yssel avec Zwolle, Ems-Oriental avec Aurich, Ems-Supérieur avec Osnabrück, Lippe avec Munster, Bouches-duWeser avec Brême et Bouches-de-l’Elbe avec Hambourg.

Quant à la Corse, divisée jusqu’alors en 2 départements Golo et Liamone, elle ne forme plus qu’un département : la Corse. Ainsi, en 1811, la France compte 130 départements.

En 1812, Napoléon occupe la Catalogne. La province n’est pas annexée à l’Empire, mais le régime administratif français y est établi : elle est divisée en 4 départements, Montserrat avec Barcelone, les Bouches-de-l’Erbre avec Lérida, Ter avec Gérone et Segre avec Puycerda.Ce régime est aboli dès l’année suivante.

Les défaites successives et la fin de l’Empire font perdre à la France toutes ses conquêtes. Seuls Mulhouse, intégrée au département du Haut-Rhin, Montbéliard, comprise dans le Doubs et le Comtat Venaissin sont conservés.

Dès 1815, la France revient à des dimensions plus hexagonales, proches de celles que nous connaissons : elle ne compte plus que 86 départements. En 1848, l'Algérie française, alors partie intégrante du territoire, fut organisée également en trois départements : Alger, Oran et Constantine.

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Les départements français d'Algérie

 

Le Second Empire connut deux périodes de modifications du territoire : en 1860, la Savoie, la Haute-Savoie et les Alpes-Maritimes, cédés par la Sardaigne, sont érigés à leur tour en départements, puis, en 1871, après la guerre franco-allemande et la défaite de l'Empire, l'Alsace et la Lorraine sont annexées par l'Allemagne, soit les départements du Bas-Rhin, une partie de ceux du Haut-Rhin, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle.

La France métropolainte passe donc de 89 départements à 86 et 1 territoire.

Histoire à suivre...

 

25.11.2009

Bonne fête aux Catherine !

Les saintes au prénom de Catherine sont nombreuses : Catherine de Bologne, de Gênes, Labouré, de Ricci, de Sienne, de Suède… Mais la plus célèbre reste Catherine d’Alexandrie, fêtée le 25 novembre.

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Sainte Catherine

Elle vécu en Egypte au IIIe siècle. Fille d’un noble et puissant seigneur, lettrée et d’une rare beauté, elle entra en conflit avec l’empereur romain Maxence qui s’était déplacé à Alexandrie pour célébrer une fête païenne. Instruite par les plus grands maîtres de son pays, convertie au Christianisme, la jeune aristocrate de 18 ans réussit à convertir à sa foi 50 philosophes que l’empereur romain avait fait rassembler pour la faire changer d’avis. Furieux, Maxence les fit tous exécuter sur un bûcher. Il demanda à la jeune femme de l’épouser mais il essuya un refus plein de mépris ! Il ignorait qu’une nuit, elle avait vu le Christ en songe qui lui avait remis un anneau d’or et que, depuis cette visite, elle avait décidé de lui consacrer sa vie !

Sa légende, rapportée en France par les croisés, raconte qu’elle est morte vierge et martyre. Elle fut d’abord attachée à une roue munie de pointes qu’elle parvint à briser par ses prières, fut ensuite décapitée et de son corps jaillit du lait. C’est portée par des anges qu’elle fut amenée jusqu’à son tombeau sur le Mont Sinaï.

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Monastère Sainte Catherine du Mont Sinaï - Main gauche de la sainte conservée dans la basilique dans un reliquaire de marbre

Elle est la seule sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs et la rouge des martyrs.

Elle est la patronne des barbiers, des charrons, des cordiers, des drapiers, des écoliers et des étudiants, des fileuses de laine, des meuniers, des notaires, des nourrices, des orateurs, des philosophes, des plombiers, des potiers, des prêcheurs, des rémouleurs, des tailleurs, des théologiens, des tourneurs et… des filles à marier !

La tradition de Sainte Catherine remonte au Moyen âge : le 25 novembre, les filles âgées d’au-moins 25 ans qui n’étaient pas encore mariées, les « Catherinettes »  revêtaient pour se faire remarquer des tenues et des chapeaux extravagants aux tons jaunes et verts, confectionnés pour et par elles, à leur image. En cortège, elles se rendaient devant la statue la Sainte pour la parer également de fleurs, de rubans et de chapeaux : elles « coiffaient » Sainte Catherine dans l’espoir de trouver un mari !

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Chapeau de Catherinette

 

Sainte Catherine est aussi sollicitée pour la guérison de maux frappant la langue et pour le soulagement des migraines !

22.11.2009

Nos départements, un héritage de la Révolution française

A l’heure où nos parlementaires examinent le projet de réforme des collectivités territoriales, je vous propose de nous arrêter sur l’une des collectivités qui fait débat, à savoir le département. Né sous la Révolution française, il est aujourd'hui une référence géographie et culturelle incontournable de notre société.

Il faut se rappeler que sous l’Ancien-Régime, une multitude de  circonscriptions divisent le pays. Leurs tailles,  leurs statuts et privilèges, leurs droits sont aussi divers et variés que les institutions et les domaines d’activités auxquelles elles font références : divisions judiciaires (Parlements, baillages, sénéchaussées, châtellenies, prévôtés), divisions ecclésiastiques (diocèses, archidiaconés, doyennes, paroisses), divisions financières (généralités), divisions militaires (gouvernements) s'enchevrêtent.  Au cours du XVIIIe siècle, pour mettre un terme à ces incohérences, des projets de changement vont se multiplier. Mais rien ne bouge réellement jusqu’à la Révolution. En juillet 1789, l’Assemblée Nationale, forte des grandes réformes mises en place à son initiative (création des Assignats, déclaration des Droits de l’Homme,…) décide de s'attaquer au problème ! Les Constituants veulent en finir avec les anciens privilèges et particularismes locaux. Ils veulent faire de la France  un tout homogène, un territoire national uni. Un changement radical est nécessaire. Plusieurs projets vont émerger. Parmi ceux-ci, en septembre 1789, le Comité de la Constitution présente des circonscriptions administratives symétriques et géométriques, inspirées des travaux de Sieyès et de Thouret.

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Proposition de découpage géométrique du Comité Sieyès-Thouret

 

Jacques-Guillaume Thouret est un normand, né à Pont-l’Evêque le 30 avril 1746. Elu en 1789 député aux Etats généraux par le tiers état de Rouen, il devient le 11 novembre de la même année, Président de l’Assemblée nationale constituante. Ses discours politiques enflammés prononcés à l’Assemblée le rendent célèbre.

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Jacques Guillaume Thouret (1746-1794)

En tant qu’avocat, il collabore à l’établissement des juges de paix et à l’institution du jury en matière criminelle (ce qui ne l'empêcha pas de finir guillotiné !). En matière de découpage de notre pays, s’inspirant sans doute de l’exemple américain, ce qu’il propose, c’est de partager le territoire national en 80 carrés de 18 lieues de côté, plus Paris. Cette proposition est loin de faire l’unanimité ! Ses détracteurs, menés par Mirabeau, lui reprochent tout simplement de ne pas tenir compte de l’histoire et des traditions de la France.

Finalement, c'est par décret voté le 22 décembre 1789, que vont être créés nos « départements », mot qui vient du vieux verbe « départir » signifiant partager.  Le 15 février 1790, le découpage définitif est entériné : tout en respectant dans la mesure du possible le tracé des anciennes provinces, le pays est divisé en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en districts, les districts en cantons et les cantons en communes. Et pour dénommer ces départements, on s’inspire simplement de leur position géographique.

En Normandie, le plan de division des 5 départements normands, confié à nos députés, va être adopté le 17 décembre 1789 après moult disputes et protestations portant, on s'en doute, sur l’emplacement des frontières ou le choix des chefs-lieux ! 

  

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Le département de la Seine-Inférieure
Histoire à suivre...

30.10.2009

Le choléra en France

En matière de santé publique, il faut se souvenir que les statistiques ont leurs limites, celles dictées par la nécessaire prudence et l'humilité dans la connaissance !

Pour exemple, l'année 1823 : alors que la population française se sent rassurée par les propos d'un éminent scientifique qui proclame que  « les grandes mortalités sont devenues rares », une épidémie de cholera va terroriser le XIXème siècle !

L'effroi fut d’autant plus fort que depuis la fin du XVIIIe siècle régnait dans notre pays une sorte d’optimisme latent. La peste ne faisait plus vraiment parler d’elle, la dernière crise datant de 1720-1722. Les épidémies de dysenterie et de typhus se faisaient plus rares. Quant à la vaccination contre la variole, elle annonçait des jours meilleurs. Longtemps confinée en Inde, cette « pathologie à progression brutale » apparaît pour la première fois en Russie en 1829. Les troupes russes qui entrent en Pologne en 1831 pour mater une insurrection y apportent en même temps le germe.

En France, la diffusion en est à la fois cocasse et tragique : deux membres de l’Académie de médecine de Paris partent en 1831 pour la Pologne enquêter sur cette nouvelle maladie. Ils la contractent tous deux au cours de leur mission officielle, et s’ils en réchappent, ils contaminent leurs compagnons de voyage sur le trajet du retour (l’épidémie se répand autour de chaque gare d’arrêt du train !) comme leurs proches à l’arrivée à Paris (les premiers morts font partie de leur entourage).

Les trois premiers cas se présentent donc à Paris le 25 mars 1832. Personne n’écoute les quelques médecins qui demandent d’accroître par précaution le nombre de lits dans les hôpitaux. Une maladie du bout du monde ne peut frapper une ville moderne comme Paris ! L’eau de la Seine et les puits de la capitale facilement pollués par les caniveaux des rues, propagent rapidement l’infection.

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L'Impératrice Eugénie visitant les cholériques de l'Hôtel-Dieu de Paris

Il faut savoir que le bacille survit dans les milieux humides et alcalins (eau de mer, eau savonneuse, sueur humaine…). La transmission se fait par contact (poignée de main, poignées de porte, couverts de table mal lavés…), puis ingestion. Si presque toute la population est contaminée, seuls sont atteints ceux pour lesquels le vibrion a passé le barrage de l’estomac dans des aliments mal mâchés. L’incubation est d’une dizaine d’heures. La mort survient le 2ème jour pour un malade sur deux. Ceux qui survivent au-delà du 3ème jour guérissent et ne gardent aucune séquelle, mais restent porteurs sains pendant plusieurs semaines.

A Paris, de 100 décès le 2 avril, on atteint les 7 000 morts 12 jours plus tard. Comme les mécanismes de la contagion ne sont pas connus, le gouvernement conseille à la population de se mettre à la diète et de boire de l’eau plutôt que du vin !!!  Des hôpitaux provisoires sont montés. Tous les véhicules, fiacres, omnibus, voitures de déménageurs sont réquisitionnés pour servir de corbillards. Les enterrements se font sans discontinuer, même la nuit, et les fossoyeurs sont en nombre insuffisant si bien qu’on entasse les morts dans des fosses communes, y compris en dehors des enceintes des cimetières. La population s’affole. Cette maladie qui fait baisser la température au lieu de provoquer de la fièvre, qui touche aussi bien les riches que les pauvres, frappe les imaginations. On parle d’empoisonneurs, on soupçonne des médecins …

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Nombre de morts du choléra en France pour 100 000 habitants

L’épidémie s’étend rapidement sur tout le territoire français. En 1832, on recense en France 229 554 cas de choléra et 94 666 morts dont 18 402 à Paris. La Normandie fait alors partie des provinces les plus atteintes.  A Saint-Christophe-le-Jajolet, petit village situé entre Sées et Argentan, un monument a été érigé en l'honneur de Saint-Christophe, invoqué dans notre province pour se protéger notamment de certaines maladies et  se préserver contre "la mauvaise mort", rappelle la peur engendrée par ce fléau.

 

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Détail du monument de St-Christophe-le-Jajolet

Le choléra revient ensuite en 1849 (environ 100 000 morts) , puis en 1854-1855 (150 000 morts)

Ce n’est qu’en 1883, que le microbiologiste allemande Robert Koch parvient à isoler le bacille responsable du choléra et son mode de contagion. L’extension des réseaux d’eau potable le fait ensuite disparaître d’Europe.

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Robert Koch (1843-1910)

 

 

Biblio. : "Histoire de la population française" de J. DUPAQUIER, PUF. 

 

19.09.2009

La pandémie de grippe de 1918-1919

« La mémoire des choses passées est la prudence de qui est à advenir »

E. PASQUIER (1529-1615), Lett. T. III, p. 683

 

Notre gouvernement vient de publier le plan national de prévention et de lutte « Pandémie grippale ». La grippe A H1N1 menace notre pays ! C’est « LE » sujet d’actualité, à la une de la presse comme des journaux télévisés et dans toutes les conversations, qui divise, qui interroge, qui interpelle. En fait-on trop ? Ou pas assez ?

La grippe, cette maladie, vieille comme le monde ou presque (Hippocrate en a décrit les symptômes dès 412 avant J.-C. !), considérée aujourd’hui sûrement à tort par beaucoup d’entre nous comme si bénigne et si banale qu’on en oublie qu'elle peut être terriblement dangereuse et des plus mortelles ! Pour preuve, celle qui frappa notre planète au sortir de la Première Guerre Mondiale.

Elle avait déjà touché sévèrement le continent américain en 1781 et 1782, puis l’Asie et la Russie, entre 1829 et 1833, s’étendant ensuite à l’Europe et à nouveau au continent américain. Lors de l’hiver 1889-1890, une nouvelle épidémie suit le même parcours : naissance en Asie, puis propagation d’est en ouest vers la Russie puis l’Europe. C’est dire que les symptômes grippaux, tout comme l’existence d’épidémies exceptionnelles, sont donc déjà connus des médecins quand surviennent les premiers cas de la terrible « grippe espagnole »* qui restera la pandémie**  la plus mortelle de notre histoire moderne.

L’Europe et le monde sont à peine sortis du premier conflit mondial quand la première vague d’épidémie grippale, contagieuse mais peu virulente, sévit, au printemps 1918. Elle est suivie, dès le mois d’octobre par une pandémie cette fois des plus meurtrières. En 1918, les chercheurs ne sont pas en capacité d’isoler l’agent transmissible responsable de la maladie qui reste invisible, ni de connaître, donc de traiter efficacement ce fléau. L’Académie de médecine ne peut qu’estimer que « la maladie est hautement contagieuse, et que sa transmission est certainement interhumaine », sans pouvoir aller plus loin dans ses explications. Au plus fort de l’épidémie, en octobre 1918, on ferme les lieux publics, on améliore l’assainissement par l’organisation du ramassage des ordures et la vaporisation d’antiseptiques dans les supposés « foyers d’épidémie ». De son côté, le Ministère de la Défense prend en charge les malades venus du front, essentiellement en les évacuant vers les lignes arrières, ce qui ne manque pas de propager l’épidémie aux villes de garnison. La prise en charge individuelle des malades passe par l’isolement au domicile et par un renforcement de l’hygiène. Des services de désinfection se développent et interviennent à domicile pour vaporiser de l’eucalyptus ou des antiseptiques. 

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A Londres, les employés municipaux désinfectent les lieux publics

Pour se protéger, on utilise des solutions antiseptiques à base de menthol, d’eucalyptus, de phénol ou d’acide salicylique sous des formes aussi diverses que des pommades labiales et nasales, des solutions pour le lavage des mains et du visage, voire des gargarismes.

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 Manifestation en faveur du port d'un masque hygiènique à Paris en 1918

Pour soigner, on administre des traitements issus de l’expérience de la syphilis ou de la tuberculose. De l’arsenic, des solutions d’argent et d’or colloïdal administrées par voie intraveineuse, des sérums, des stimulants, de la quinine mais aussi des saignées contre la congestion, autant de soins qui, en l’absence d’identification de l’agent pathogène, demeurent symboliques, insuffisants et peu efficaces. Car ce n’est que dans les années 1930 que le virus grippal de type A, responsable de la pandémie, sera enfin isolé !

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Les hôpitaux du monde entier sont bondés

 

La « grippe espagnole » de 1918 fera 60 millions de morts. A titre d’exemple, on évalue à 13 millions le nombre de morts aux combats de la Grande Guerre.  50% de la population mondiale aurait été contaminée (soit à l’époque 1 milliard d’habitants). Et en France, on estime que 165 000 personnes y ont succombé.

L’épidémie s’est éteinte en 1919 d’elle-même et n’est jamais réapparue sous cette forme. On sait aujourd’hui qu’elle était due à une souche du virus H1N1 particulièrement virulente et contagieuse. Ce virus, responsable de la grippe A, est devenu le virus de grippe dominant dans le monde.

Le 11 juin dernier la grippe H1N1 a été déclarée première pandémie du XXIe siècle par l’Organisation Mondiale de la Santé.

"Prudence est mère de sûreté" : pour que l'histoire ne se répète pas, RESTONS VIGILANTS !

 

* Son surnom « grippe espagnole » vient du fait que seule l’Espagne, non impliquée dans la Première Guerre mondiale, a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlent dont de la « grippe espagnole » qui faisait des ravages en Espagne sans mentionner les cas français qui étaient tenus secrets pour ne pas faire savoir à l’ennemi que l’armée était affaiblie.

** c’est-à-dire maladie à diffusion mondiale.

10.08.2009

La naissance de l'état civil en France

Il y a 470 ans, entre le 10 et le 15 août 1539, le roi François Ier, de son château de Villers-Cotterêts, l’un de ses favoris, situé près de ce charmant village au cœur de la forêt de Retz, à environ 80 km au nord-est de Paris (en région Picardie, département de l’Aisne), où il se rend pour chasser sans pour autant négliger les affaires de son royaume, va signer la célèbre ordonnance, tenue par beaucoup aujourd’hui encore, comme l’acte fondateur de l’état civil.

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 Le château de Villers-Cotterêts

L’Ordonnance de Villers-Cotterêts, qui porte le nom exacte de « Ordonnance générale sur le fait de la justice, police et finances » est l’œuvre du Chancelier Guillaume Poyet, avocat et membre du Conseil Privé du roi. Elle s’est d’ailleurs longtemps appelée Guillemine ou Guilelmine, en référence à son auteur.

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Introduction de l'ordonnance de Villers-Cotterêts

Elle comprend 192 articles, lesquels portent réforme de la juridiction ecclésiastique, réduisant certaines prérogatives des villes, organise l’état civil et impose l’usage du français, à la place du latin, dans la rédaction des jugements et des actes notariés.

 

Prémices de l’état civil dans notre pays, les articles 50 à 54 de cette ordonnance font obligation aux abbés et curés de tenir registres et d’y consigner les déclarations de décès et les baptêmes.

 

Art. 51 « Aussi sera faict registre en forme de preuve des baptesmes, qui contiendront le temps de l’heure de la nativite, et par l’extraict dud. registre se pourra prouver le temps de majorité ou minorité et fera plaine foy a ceste fin. »

(Aussi sera tenu registre pour preuve des baptêmes, lesquels contiendront le temps et l’heure de la naissance, et dont l’extrait servira à prouver le temps de la majorité ou de la minorité et fera pleine foi à cette fin.)

 

Mais, ce sont surtout les articles 110 et 111 qui ont fait la célébrité de cette ordonnance en imposant la rédaction des actes officiels et notariés en français et non plus en latin ou en langues régionales. Le français devient ainsi dans notre pays la langue officielle du droit et de l’administration.

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A ce sujet, il faut rappeler que si, dès le XIIIe siècle, les notaires royaux écrivaient en français, c’est entre le XIVe siècle et le XVIe siècle que notre langue s’est petit à petit imposée comme langue administrative dans les chartes royales, au détriment certes du latin mais aussi des autres langues dites « vulgaires », c’est-à-dire les langues régionales. En fait, l’ordonnance de Villers-Cotterêts n’a fait qu’appuyer un mouvement de centralisation linguistique déjà amorcé depuis plusieurs siècles.

 

Hors des Archives nationales, il n’existe que deux exemplaires originaux de cette ordonnance sur parchemin : l’un détenu par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, l’autre par celles de l’Isère.

 

 

 

30.07.2009

On n'arrête pas le progrès !

Si notre ère est incontestablement celle des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dont l’impact s’étend sur de multiples domaines et notamment sur notre mode de vie et notre économie, les progrès techniques acquis au Moyen Age, c'est-à-dire durant la période allant de l’Antiquité à la Renaissance, soit entre l’an 500 et l’an 1500, ont été ceux d’une véritable révolution technologique. Car, « entre le primate naturel que nous étions et l’homme que nous sommes devenus, s’intercale le progrès », et ce progrès a été de toutes les époques et notamment du Moyen Age.

Tenez, un exemple parmi d’autres : l’arbre à cames, ce dispositif mécanique permettant de transformer un mouvement rotatif en mouvement longitudinal et réciproquement, est une découverte du Moyen Age. Equipant les moulins, il a permis la mécanisation d’innombrables travaux : le moulin moud le blé, presse les olives, brasse la bière. Il aiguise les lames et écrase le tan. Il foule les draps et actionne pilons, martinets et soufflets pour le travail du fer.

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Moulin à eau - Braine le Château - XIIe siècle 

L’industrie textile à bénéficier quant à elle du perfectionnement des métiers à tisser, horizontaux, actionnés à pédales et par deux ouvriers. Des aiguilles métalliques suppléent les chardons pour le cardage de la laine.

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Métier à tisser - XVème siècle

Le travail du fer, réputé pour une qualité héritée des traditions germaniques, gagne en rendement par l’utilisation de l’énergie hydraulique.

Autre invention capitale : on coule la fonte. Le premier haut fourneau date de 1380. L’industrie exige du charbon de terre : l’exploitation des mines bénéficie des appareils de levage, des scies hydrauliques pour produire les états, des systèmes de drainage et de pompage.

La boussole, le gouvernail d’étambot, avant le XIIIe siècle, les premières véritables cartes au XIVe siècle, permettent de tels progrès dans la navigation que l’on construit des caravelles au début du XVe siècle. De même, les écluses à double porte développent la navigation fluviale.

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Bartolomeu Dias franchissant le Cap de Bonne-Espérance en 1488

Les domaines des Cisterciens au XIIe siècle sont des fermes modèles où l’on améliore les races de moutons par croisements, où l’on emploie l’assolement triennal pour accroître la productivité de l’agriculture. Chaque monastère est une véritable usine où la rivière fournit l’énergie.

Et puis, en France, le plus ancien moulin à papier, celui de Richard-de-Bas, près d’Ambert, fonctionne déjà en 1326. La gravure sur bois, puis l’invention des caractères mobiles aboutissent à la découverte de l’imprimerie. Et la liste ne s'arrête pas là, loin s'en faut !...

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Premier livre imprimé en Français : Recueil des histoires de Troyes de Raoul Le Fèvre - 1490

 

Pour clore ici mon propos, je laisse la parole à Alexis Carrel* pour qui «  La civilisation a pour but non pas le progrès de la science et des machines, mais celui de l’homme. »

 

* Chirurgien-Biologiste français, Prix Nobel de médecine en 1912 (1873-1944)

Biblio. « 2000 ans de vie quotidienne en France » - Sélection du Reader’s Digest - 1981

20.06.2009

Bonne fête à tous les papas !

L’idée, une fois encore, nous vient d’Amérique, de l’Etat de Washington précisément. On la doit à Sonora Smart Dodd, en hommage à son père, Henry Jackson Smart, qui l’a élevée seul  après la mort de sa mère. C’est pour lui témoigner sa reconnaissance et son amour qu’elle décide d’organiser, le 19 juin 1910, dans sa ville de Spokane,  la première fête des pères.

 

Si quelques années plus tard, en 1924, le Président Calvin Coolidge soutient l’idée d’une journée nationale de fête des pères, il faut cependant attendre 1966 pour que le Président Lyndon Johnson signe la proclamation officielle d’un « Father’s Day ».

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En France, la première fête des pères est instaurée en 1952, deux ans après l’officialisation de la fête des mères. Et si elle n’a jamais été officiellement instituée, elle a cependant pris sa place dans nos calendriers et nous la célébrons chaque année le 3ème dimanche de Juin.

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06.06.2009

Bonne fête à toutes les mamans ...

... et à la mienne en particulier !

La « Fête des mères » est, depuis une loi du 24 mai 1950 signée par le Président de la République de l’époque, Vincent Auriol, célébrée dans notre pays soit le dernier dimanche de mai soit le premier de juin, afin d’éviter une confusion avec la Pentecôte.

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En réalité, depuis toujours ou presque, depuis l’antiquité, les mères sont honorées : ainsi, dans la Rome ancienne, le 1er mars a lieu les Matronalia, la fête des femmes et des matrones !

Mais cette fête là,  comme nombre de fêtes païennes,  disparut sous l’influence du christianisme.

Ce sont nos voisins anglais qui la ressuscitèrent d’une certaine manière au XVe siècle avec le Mothering Sunday du printemps.

Plus tard, en 1907, aux Etats-Unis, une institutrice donna l’impulsion du Mother’s day en souvenir de sa mère. Ce fut le vrai départ de la fête des mères tant là-bas que chez nous. Car nombre de pays anglo-saxons reprirent l’idée et avec la première guerre mondiale et la venue des jeunes soldats américains en Europe, cette célébration des mères essaima !

La première tentative française vise les mères de familles nombreuses. Elle a  lieu à Lyon en juin 1918. C’est un succès. Deux ans plus tard, la « Journée nationale des mères de famille nombreuses » est décrétée et décision est prise de la célébrer chaque année.

Cependant, jusqu’à la seconde guerre mondiale et malgré quelques initiatives locales comme celle de cet enseignant Alsacien,  Camille Schneider, qui incite, entre 1919 et 1926, ses élèves à réaliser des petits cadeaux, à écrire des petits poèmes, jouer des saynètes pour leur maman…, cette fête mobilise en réalité peu d’énergie.

Son véritable ancrage commence en 1941 sous le gouvernement de Vichy, lorsqu’elle devient fête nationale sous la dénomination de « Journée des mères ».  Le Maréchal Pétain incite alors les enfants des écoles à la prendre eux-mêmes en charge. Une lettre est adressée dans ce sens au corps enseignant : « l’enfant doit inventer et décider lui-même le geste qu’il accomplira. Il doit pouvoir l’entourer de tout le secret et de tout le mystère qu’il désire…» 

 

On connaît tous le succès du rituel de la préparation du cadeau et du message qui l’accompagne que les enseignants continuent encore aujourd’hui de perpétuer.

 

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