20/07/2014

Le centenaire qu'on ne fête pas !

Le 15 juillet dernier, un anniversaire a passé (presque) inaperçu. Pourtant, il s'agissait d'un centenaire ! Le centenaire de l'impôt sur le revenu !

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Pendant tout le XIXe siècle, le système fiscal français repose essentiellement sur des impôts indirects, rétablis par Napoléon, et sur les quatre contributions publiques instituées par la Révolution : la personnelle mobilière, la contribution des portes et fenêtres, la taxe foncière et la patente.

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Mais, au lendemain de la guerre de 1870, la lourde indemnité à verser à l'Allemagne victorieuse alourdit l'endettement public. Une réforme fiscale s'avère dès lors nécessaire. L'idée des élus est d'introduire un impôt effectif sur le revenu à l'instar de ce qu'il se fait déjà en Europe et notamment en Grande-Bretagne depuis 1842.

Mais il n'est pas facile de réformer « un pays où il existe variétés 365 de fromages » ! Entre 1871 et 1906, plus de deux cents projets de loi vont se succéder donnant lieu à des débats parlementaires des plus animés voire houleux. Cependant, comme la mise en place d'une politique sociale réformiste exige de nouvelles ressources, il faut avancer... C'est malheureusement la Grande Guerre et la nécessité du réarmement qui va précipiter les événements.

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 Joseph Caillaux (1863-1944)

Bien qu'il n'en soit pas l'auteur direct, on en attribue généralement la paternité de l'impôt sur le revenu à Joseph Caillaux (1863-1944), ministre des finances de Georges Clémenceau (1841-1929), dont le projet élaboré et déposé le 7 février1907, adopté par les députés en mars 1909, mais bloqué un temps par le Sénat, servira en fait de base à la future réforme. Après quelques amendements, il sera finalement voté le 3 juillet 1914 par la Haute Assemblée, un mois jour pour jour avant la déclaration de la guerre.

La loi du 15 juillet 1914 rendra effectif le recouvrement de l'impôt sur le revenu dès l'année suivante.

Un an plus tard, le 31 juillet 1917, une nouvelle loi augmente le poids de l'imposition et rend obligatoire la déclaration annuelle. Mais bonne nouvelle, son adoption conduit aussi à la suppression en 1926 de l'impôt sur les portes et fenêtres !

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

02/07/2014

Le mois de juillet...

 "Juillet sans orage, famine au village"

Dicton normand

Juillet doit sont nom à Jules, « Julius », César » : la décision a été prise l'année même de sa mort, en 44 avant Jésus-Christ.

 

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 Denier de César émis en 44 av. J-C.

 

Les Romains dédiaient ce mois à Minerve, déesse de la fureur guerrière, de la sagesse, de la stratégie, l'intelligence et de la paix, que les Grecs adoraient sous le nom d'Athéna. Dans la tradition chrétienne, il est le mois du Saint-Sacrement.

« Mois des orages et des foins » des Gaulois, c'est ainsi que Charlemagne (742-814) l’appelait, le, « mois des foins ». D'ailleurs, dans le calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry (1416), il est représenté par une scène de moisson et de tonte des moutons. L'idée a été reprise dans le calendrier républicain : « messidor », du latin « messis », signifiant « récolte ».

 

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La planète Sirius, qu'on appelait aussi « Canicula », soit « petite chienne », se levait avec le Soleil au début de juillet. Et c'est de là que vient la Canicule ! Elle ne concernait à l'origine que la période allant du 24 juillet au 24 août, durant laquelle cette étoile se couche et se lève en même temps que le Soleil. Les anciens en avaient à juste titre déduit qu'il existait un lien entre son apparition et les grandes chaleurs !

 

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Le temps qu'il fera en juillet est donné par le temps qu'il a fait pour la Saint-Sylvestre. En Normandie, comme un peu partout en France, le Réveillon 2013 s'est passé sous la pluie et le vent. Cependant, les températures sont restées douces pour la saison...

 

Biblio. »Almanach de la mémoire et des coutumes 1980 » - Hachette 1979

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

22/06/2014

L'amputation du canonnier

C’est au cours de l’hiver 1812, pendant la terrible retraite de Russie qui décima la quasi-totalité de l’armée impériale, que se place cet épisode raconté par Louis-François, Baron Lejeune (1775-1848), Général de brigade et chef d’état-major de Louis Nicolas d’Avout (1770-1823).

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 Louis-François, baron Lejeune (1770-1848)

« Fatigué de la marche, je m’étais  assis sur un tronc d’arbre, à côté d’un  beau canonnier récemment blessé. Deux officiers de santé vinrent à passer ; je les priai de visiter sa blessure.

 Au premier aperçu, ils dirent :

- Il faut faire l’amputation du bras.

Je demandai alors au canonnier s’il serait disposé à la supporter.

- Tout ce qu’on voudra, répondit-il fièrement.

- Mais, dirent les officiers de santé, nous ne sommes que deux ; il faudrait, monsieur le général, pour opérer cet homme, que vous eussiez la bonté de nous aider.

En voyant que leur proposition me souriait fort peu, ils se hâtèrent d’ajouter qu’il suffirait que je permisse au canonnier de s’appuyer sur dos pendant l’opération, que je ne verrais pas. Alors, j’y consentis ; je me mis en posture, et je crois que cela me parut plus long qu’au patient lui-même. Les officiers de santé ouvrirent leur giberne, le canonnier ne proféra ni une parole, ni un soupir. Je m’entendis un moment que le petit bruit de scie et, peu de secondes ou de minutes après, ils me dirent :

- C’est fini ! Nous regrettons de n’avoir pas un peu de vin à lui donner à boire pour le remettre de l’émotion.

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Il me restait une demi-fiole de Malaga, que je ménageais en n’y touchant de loin en loin, que goutte à goutte. Je la présentai à l’amputé, qui était pâle et silencieux. Ses yeux aussitôt s’animèrent  et, tout d’un trait, il me la rendit complètement vide. Puis, en me disant : « j’ai encore loin d’ici « Carcassonne », il partit d’un pas ferme que j’aurais eu peine à suivre. »

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Sur les 691 500 hommes qui avaient franchi la frontière Russe au début de la campagne, le 22 Juin 1812, il y a deux cent deux ans, moins de 30 000 ont réussi à repasser la frontière dans l'autre sens et à sortir définitivement du territoire Russe, les 14 et 15 Décembre de la même année !

 

Biblio. « Historia » - Décembre 1997 – N° Spécial 356 bis.

Merci au site de jean-claude.colrat.pagesperso-orange.fr