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08/04/2015

7 avril 1795 : place au mètre

Cela se passait il y a 220 ans ! En vertu de la loi du 18 germinal an III du calendrier républicain ou 7 avril 1795, le « mètre » remplace officiellement toutes les unités précédentes : « Il n'y aura qu'un seul étalon des poids et mesures pour toute la République : ce sera une règle de platine sur laquelle sera tracé le mètre qui a été adopté pour l'unité fondamentale de tout le système des mesures. (…) On appellera mètre, la mesure de longueur égale à la dix-millionième partie de l'arc du méridien terrestre compris entre le pôle boréal et l'équateur».

 

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Dès le 8 mai 1790, l'Assemblée Constituante avait adopté, sur proposition de Talleyrand (1754-1838), l’idée de l’unification du système de mesure français. Un an plus tard, le 26 mars 1791, l'Académie des sciences, fondée en 1666 par le Contrôleur Général des finances Jean Baptiste Colbert (1619-1683), tournait définitivement la page d'un symbole monarchique très fort ! En pleine période révolutionnaire française, fini les pouces, les pieds et autres toises et place au « mètre », unité universelle de mesure de longueur !

Du grec ancien « métron » signifiant « mesure », le mètre est défini comme la « dix millionième partie du quart d'un méridien terrestre » ou d'un quart de grand cercle passant par les pôles, comme unité universelle de mesure des longueurs.

 

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 Jean-Baptiste Delambre (1749-1822)

La mesure de la longueur exacte du méridien va donner lieu à une épopée de six années. Elle débute le 25 juin 1792. Deux astronomes et mathématiciens en sont chargés : pour Jean-Baptiste Joseph Delambre (1749-1822) la distance entre Dunkerque et Rodez, soit une portion d'arc de 760 km, et pour Pierre Méchain (1744-1804) celle entre Barcelone à Rodez. Il est prévu qu'ils n' effectuent leurs mesures que sur un arc suffisamment long de ce quart de méridien et qu'ensuite, par proportionnalité, ils obtiennent la longueur totale dudit méridien. Le résultat de leurs mesures est étonnant : 551 584,7 toises, avec une erreur remarquable de seulement 8 millionièmes ! La longueur du quart de méridien calculée est alors égal à 5 130 740 toises. 

 

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 Pierre Méchain (1744-1804)

De février 1796 à décembre 1797, seize mètres-étalons gravés dans du marbre sont placés dans Paris et ses alentours, afin de familiariser la population avec cette nouvelle mesure universelle. Deux d'entre-eux sont encore visibles aujourd'hui, l’un est au 36 rue Vaugirard et l’autre au 13 place Vendôme.

 

Biblio. « Les heures qui ont fait la France » in « Le Point » - Dec. 2014.

15/03/2015

Le nom de nos notes de musique

 « Do, le do il a bon dos -, rayon de soleil d'or -Mi, c'est la moitié d'un tout - Fa, c'est facile à chanter - Sol, l'endroit où nous marchons - La, l'endroit où nous allons -Si, siffler comme un pinson -Et nous revenons à Do ! »

La Mélodie du Bonheur


Mais d'où viennent le nom de nos notes de musique ? Saviez-vous qu'on les doit à un moine bénédictin du IXe siècle, maître de musique à l’abbaye de Pomposa en Italie. Avant lui, elles étaient tout simplement désignées à l'aide des premières lettres de alphabet : le « A » pour le « la » et ainsi de suite... D'ailleurs, cette notation alphabétique est toujours d'actualité dans les pays anglo-saxons comme en Allemagne.

 

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 La Mélodie du Bonheur

 

Ce moine s'appelait Guido d'Arezzo (992-1050). Il va consacrer sa vie à la prière mais aussi à l'étude et à l'enseignement de la musique. Comme il souhaite faciliter et accélérer l'apprentissage du chant à ses élèves, non seulement il rend systématique le principe de la ligne pour la transcription de la notation musicale et fixe l'utilisation de la portée, mais il décide de renommer de façon rigoureuse les différents degrés de l'échelle musicale.

 

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Guido d'Arezzo (992-1050)

 

En 1028, choisissant un moyen mnémotechnique, il remplace la notation alphabétique existante par les premières syllabes de chaque demi-vers d'un chant religieux latin, « l'Hymne à Saint Jean-Baptiste », dont le texte est attribué au moine historien et poète érudit du VIIIe siècle, Paulus Diaconus.

 

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« UT queant Laxis / REsonare fibris / MIra gestorum / FAmuli tuorum / SOLve polluti / LAbii reatum / Sancte Iohannes » scande le psaume. Ce qui veut dire «  Que tes serviteurs chantent / D'une voix vibrante / Les admirables gestes / De tes actions d'éclat / Absous des lourdes fautes / De leurs langues hésitantes / Nous t'en prions Saint-Jean ! ». Et ce qui nous donne six notes : ut, ré, mi, fa, sol, la.

La note « si », dont le nom est composé avec les deux initiales du dernier vers de l'hymne, Sancte Iohannes, ne sera nommée qu'à la fin du XVIe siècle par un autre moine musicien, français celui-là, Anselme de Flandres.

 Quant à la note « ut », elle ne deviendra « do » qu'au siècle suivant, en 1673, sans doute parce que plus facile à énoncer en solfiant, mais aussi et surtout parce que « do » est la première syllabe de « Dominus », le mot latin pour « Maître » donc pour Dieu.

 

Biblio. « Le grand quiz des histoires de France » de L. Boyer et C. Portier-Kaltenbach – Ed. Lattès 2011.

11/02/2015

"Plaisir d'amour", la romance la plus chantée au monde

 Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,

Chagrin d'amour dure toute la vie.

 

Saviez-vous que, de toute l'histoire de la musique, « Plaisir d'amour » est la chanson la plus chantée au monde !

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«La romance du chevrier », que l'on connaît aujourd'hui sous le titre de "Plaisir d'amour", provient de « Célestine », une nouvelle d'inspiration espagnole écrite par de Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), parue en 1784 et mise en musique la même année par Jean-Paul Égide Martini.

 

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 Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

 

Homme de lettres, né d'une famille noble ruinée, Jean-Pierre Claris de Florian a été élevé par son oncle, époux d'une nièce de Voltaire (1694-1778). Auteur de fables, certaines de ses morales nous sont contemporaines comme « Pour vivre heureux, vivons cachés » (Le Grillon), « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées » (Le Vacher et le Garde-chasse) ou « L'asile le plus sûr est le sein d'une mère » (La Mère, l'Enfant et les Sarigues). On lui doit aussi des expressions comme « éclairer sa lanterne » ou « rira bien qui rira le dernier », tirées respectivement des fables Le Singe qui montre la lanterne magique et Les Deux Paysans et le Nuage. Élu membre de l'Académie française en 1788, emprisonné sous la Terreur, il meurt peu après sa libération, âgé seulement de 39 ans.

 

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 Jean-Paul Égide Martini (1741-1816)

 

Quant à Jean-Paul Égide Martini (1741-1816), musicien allemand devenu français en portant un nom italien, il sera nommé surintendant de la Musique du roi. Il laissera de nombreux opéras, des marches militaires et un Requiem à la mémoire de Louis XVI. « Plaisir d'amour » sera néanmoins l'œuvre la plus populaire de son répertoire.

Et comme beaucoup d’autres, elle fera l'objet d'un plagiat. Fredonnez « Chagrin d'amour dure toute la vie » et mettez-y ces quelques mots anglais : « But I can't help falling in love with you », vous obtiendrez « Can't Help Falling in Love With You », un titre créé par Elvis Presley pour le film « Blue Hawaii » en 1961.

 

Biblio. L'air du temps – Article de B. Dicale - Historia – Juillet 2013.