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15/03/2015

Le nom de nos notes de musique

 « Do, le do il a bon dos -, rayon de soleil d'or -Mi, c'est la moitié d'un tout - Fa, c'est facile à chanter - Sol, l'endroit où nous marchons - La, l'endroit où nous allons -Si, siffler comme un pinson -Et nous revenons à Do ! »

La Mélodie du Bonheur


Mais d'où viennent le nom de nos notes de musique ? Saviez-vous qu'on les doit à un moine bénédictin du IXe siècle, maître de musique à l’abbaye de Pomposa en Italie. Avant lui, elles étaient tout simplement désignées à l'aide des premières lettres de alphabet : le « A » pour le « la » et ainsi de suite... D'ailleurs, cette notation alphabétique est toujours d'actualité dans les pays anglo-saxons comme en Allemagne.

 

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 La Mélodie du Bonheur

 

Ce moine s'appelait Guido d'Arezzo (992-1050). Il va consacrer sa vie à la prière mais aussi à l'étude et à l'enseignement de la musique. Comme il souhaite faciliter et accélérer l'apprentissage du chant à ses élèves, non seulement il rend systématique le principe de la ligne pour la transcription de la notation musicale et fixe l'utilisation de la portée, mais il décide de renommer de façon rigoureuse les différents degrés de l'échelle musicale.

 

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Guido d'Arezzo (992-1050)

 

En 1028, choisissant un moyen mnémotechnique, il remplace la notation alphabétique existante par les premières syllabes de chaque demi-vers d'un chant religieux latin, « l'Hymne à Saint Jean-Baptiste », dont le texte est attribué au moine historien et poète érudit du VIIIe siècle, Paulus Diaconus.

 

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« UT queant Laxis / REsonare fibris / MIra gestorum / FAmuli tuorum / SOLve polluti / LAbii reatum / Sancte Iohannes » scande le psaume. Ce qui veut dire «  Que tes serviteurs chantent / D'une voix vibrante / Les admirables gestes / De tes actions d'éclat / Absous des lourdes fautes / De leurs langues hésitantes / Nous t'en prions Saint-Jean ! ». Et ce qui nous donne six notes : ut, ré, mi, fa, sol, la.

La note « si », dont le nom est composé avec les deux initiales du dernier vers de l'hymne, Sancte Iohannes, ne sera nommée qu'à la fin du XVIe siècle par un autre moine musicien, français celui-là, Anselme de Flandres.

 Quant à la note « ut », elle ne deviendra « do » qu'au siècle suivant, en 1673, sans doute parce que plus facile à énoncer en solfiant, mais aussi et surtout parce que « do » est la première syllabe de « Dominus », le mot latin pour « Maître » donc pour Dieu.

 

Biblio. « Le grand quiz des histoires de France » de L. Boyer et C. Portier-Kaltenbach – Ed. Lattès 2011.

11/02/2015

"Plaisir d'amour", la romance la plus chantée au monde

 Plaisir d'amour ne dure qu'un moment,

Chagrin d'amour dure toute la vie.

 

Saviez-vous que, de toute l'histoire de la musique, « Plaisir d'amour » est la chanson la plus chantée au monde !

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«La romance du chevrier », que l'on connaît aujourd'hui sous le titre de "Plaisir d'amour", provient de « Célestine », une nouvelle d'inspiration espagnole écrite par de Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), parue en 1784 et mise en musique la même année par Jean-Paul Égide Martini.

 

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 Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

 

Homme de lettres, né d'une famille noble ruinée, Jean-Pierre Claris de Florian a été élevé par son oncle, époux d'une nièce de Voltaire (1694-1778). Auteur de fables, certaines de ses morales nous sont contemporaines comme « Pour vivre heureux, vivons cachés » (Le Grillon), « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées » (Le Vacher et le Garde-chasse) ou « L'asile le plus sûr est le sein d'une mère » (La Mère, l'Enfant et les Sarigues). On lui doit aussi des expressions comme « éclairer sa lanterne » ou « rira bien qui rira le dernier », tirées respectivement des fables Le Singe qui montre la lanterne magique et Les Deux Paysans et le Nuage. Élu membre de l'Académie française en 1788, emprisonné sous la Terreur, il meurt peu après sa libération, âgé seulement de 39 ans.

 

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 Jean-Paul Égide Martini (1741-1816)

 

Quant à Jean-Paul Égide Martini (1741-1816), musicien allemand devenu français en portant un nom italien, il sera nommé surintendant de la Musique du roi. Il laissera de nombreux opéras, des marches militaires et un Requiem à la mémoire de Louis XVI. « Plaisir d'amour » sera néanmoins l'œuvre la plus populaire de son répertoire.

Et comme beaucoup d’autres, elle fera l'objet d'un plagiat. Fredonnez « Chagrin d'amour dure toute la vie » et mettez-y ces quelques mots anglais : « But I can't help falling in love with you », vous obtiendrez « Can't Help Falling in Love With You », un titre créé par Elvis Presley pour le film « Blue Hawaii » en 1961.

 

Biblio. L'air du temps – Article de B. Dicale - Historia – Juillet 2013.

18/01/2015

Un pt'it coin de parapluie...

 Un p’tit coin d’ parapluie, Contre un coin d’ paradis.
Elle avait quelque chos’ d'un ange,
Un p’tit coin d’ paradis, Contre un coin d’ parapluie.
Je n’ perdais pas au chang’, pardi !

(Chanson de Georges Brassens)

Il n'a pas été inventé par un normand et pourtant il fait partie du charme de notre paysage ! Indispensable chez nous quand « i'r pleut », se souvient-on qu'au Moyen-âge, nos aïeux, riches ou pauvres, n'avaient, pour se protéger des intempéries, que leur simple capuchon ! Car ce n'est qu'au milieu du XVIIe siècle, qu'un fabricant va avoir l'idée géniale d'adapter ce qui servait depuis l'Antiquité à se protéger du soleil, l'ombrelle ou le parasol.

 

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D'ailleurs, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les termes « parasol » et « parapluie » vont être utilisés indifféremment l'un pour l'autre : on cite le  « parasol de toile cirée », contre la pluie donc, dans l'Inventaire du mobilier de la Couronne en 1673, mais on lit dans les dictionnaires de Richelet (1680) et de Trévoux (1771), que le parasol « sert à se défendre du soleil et de la pluie », et le parapluie « sans sens bien défini, n'est « tout au plus un parasol ». La conclusion revient à l'Encyclopédie qui précise en 1765 que : « recouvert de toile cirée, l'ustensile s'appelle parapluie, recouvert de soie, parasol » ! Cqfd !

En 1710, un parisien, Jean Marius, de la corporation des boursiers, obtient du roi Louis XIV (1638-1715), le privilège de fabriquer un parapluie pliant. Dès lors, très vite, le parapluie devient l'accessoire indispensable de la Noblesse. Son usage va s'étendre rapidement aux classes bourgeoises. Et c'est justement cette banalisation qui va le déclasser : être vu avec un parapluie signifie que l'on se promène à pied et donc qu'on ne possède pas d'équipage et qu'on n'est sans fortune !

 

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Qu'importe, le succès du parapluie ne se démentira pas. Il devient « objet d'usage » au XIXe siècle, grâce aux nombreuses améliorations techniques qui vont lui être apportées : plus de cent trois brevets d'invention et de perfectionnement entre 1808 et 1851 ! Paris, centre important de production (370 fabricants vers 1848), va passer le relais à Aurillac.

 

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A noter que cette année, la ville de Cherbourg-Octeville rend hommage à Jacques Demy (1931-1990), réalisateur du film musical « Les parapluies de Cherbourg » sorti en 1964,qui a obtenu cette année là la palme d'or du Festival de Cannes.

 

Biblio. Historia - Juillet 2005.