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10/02/2019

Généalogie des poules

Une généalogie des poules ?... Et pourquoi pas ? Elles le valent bien ! Elles sont aujourd'hui plus de 52 milliards sur terre ! Soit sept fois plus nombreuses que les humains dont elles partagent l'histoire depuis 10 000 ans ! 

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Le Coq doré ou Gallus-gallus

Les poules ont conquis notre planète, voyagé sur les cinq continents en pondant leurs œufs sous toutes les latitudes. Leur ancêtre originel, le Coq doré (appelé à tort "Coq Bankiva", Bankiva n'étant en réalité qu' une sous-espèce) ou "Gallus-gallus" (coq sauvage) est une espèce d'oiseaux de la famille des Phasianidae. Originaire du Sud-Est asiatique, il constitue la principale espèce à l'origine des races de toutes les poules domestiquées !

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Localisation géographie originelle des poules

C’est au cours de l'ère des dinosaures, qui s’est étendue de -230 à -65 millions d’années, que sont apparus de petits dinosaures à plumes, lesquels ont ensuite évolué petit à petit vers leurs formes d’oiseaux modernes. Entre -8000 et -6000 ans avant notre ère, époque de leur domestication, la poule ne pond que 5 à 20 œufs par an. Seuls son instinct combatif et ses qualités belliqueuses lors des combats de coqs vont être à l'origine de son élevage par nos aïeux.

En Gaule, la présence du coq domestiqué Gallus-gallus remonte à 1200 av. J.-C. Venu de la Méditerranée, il aurait voyagé sur des navires phéniciens, puis grecs. Sous l'Empire romain, les races au plumage noir vont dominer comme la Poule de Caux, normande comme son nom l'indique, malheureusement aujourd'hui disparue mais en cours de reconstitution et d'homologation. Elle faisait partie des premières races issues des souches d'origine.

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Poule normande de Crèvecoeur

Au Moyen-âge, les volailles sont omniprésentes dans les basses-cours. Les poules de cette époque sont issues d'une continuité génétique des volailles indigènes de l'Antiquité, ainsi que l'apport de volailles semblables, arrivées lors des grandes invasions. Au cours du XIIe siècle, on note l'introduction de poules huppées en provenance d'Europe du Nord, dont est issue directement, la Crèvecœur, qui doit son nom au village de Crèvecœur-en-Auge (Calvados) où elle serait arrivée, importée des Pays-Bas en Normandie par le seigneur dudit lieu. Avec ses cousines, qui portent elles-aussi le nom de leur cité d'origine : la Caumont, originaire de Caumont-l'Éventé (Calvados), la Gournay, originaire de Gournay-en-Bray (Seine-Maritime), la Merlerault, originaire de Merlerault (Orne) et la Pavilly, originaire de Pavilly (Seine-Maritime) auxquelles s'ajoutent la Cotentine et la Coucou de France, elles font de la Normandie la région de France qui totalise le plus grand nombre de races anciennes de gallinacés.

 

03/02/2019

Monnaie de nos aïeux : le denier

"Ordonnons qu'il ne soit fabriqué à l'avenir de monnaies que dans notre palais..."

Charlemagne (768-814)

 

Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, on compte, dans le royaume de France en "denier", 12 "deniers" valant 1 "sou",  une "obole", la moitié d'un "denier".

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Le denier de Charlemagne

Du latin "denarius", le "denier" est une monnaie de base du système monétaire français héritée de l'Empire romain et qui va perdurer jusqu'à la Révolution française. Son nom tiré du latin "denarius" donnera en 1212 le "dinar" serbe, terme repris lors de la décolonisation au XXe siècle par certains pays comme l'Algérie avec le dinar algérien et la Tunisie avec le dinar tunisien.

À l'origine, le denier est petite pièce de billon, cet alliage d'argent et de cuivre, d'environ 1 g. Les monnaies du Moyen-âge ne portent que très exceptionnellement une valeur faciale. La valeur ou cours de chaque pièce est officiellement et arbitrairement fixée par l'autorité émettrice.

Charlemagne consolida l’œuvre de son père, par la revalorisation du denier d'argent, dont il centralisa la fabrication dans son palais d'Aix-la-Chapelle, afin d'endiguer la fausse monnaie. A l'inverse, ses successeurs vont autoriser l'ouverture de manufactures monétaires dans tout le royaume. L’Église, qui a déjà obtenu un certain nombre de privilèges monétaires au cours des temps, va s'octroyer de nouvelles et larges prérogatives comme le droit de modifier le titre et le poids des pièces. Pour couronner le tout, les comtes et barons chargés de surveiller les officines monétaires vont finir par occulter la titulature souveraine sur les monnaies pour ne marquer que le lieu de frappe, en inscrivant au passage leur propre nom sur les pièces.

Difficile de s'y retrouver dans cette anarchie monétaire ! C'est pourquoi, à partir du Xe siècle, les textes de transaction vont devoir préciser le nom géographique de l'atelier ou de l'autorité ayant émis les deniers utilisés : denier de Paris, ou parisis, denier de Tours ou tournois, denier de Cahors, ou cahorsin, etc.

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Pour vous, amis généalogistes, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, cette grille d'orthographe et de calligraphie du mot "denier" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1450 et 1662.

A suivre...

Biblio. "Du sesterce à l'euro, histoire de la monnaie à travers les siècles" de G. Desquesses, F. Clifford et J-M. Darnis - - G.D. Éditions St-Malo, 1999.

27/01/2019

1639 : La révolte normande contre la pression fiscale

Au XVIIe siècle, la Normandie, bien que ne comptant qu'1/7ème des habitants du royaume, contribue à elle seule au quart des impôts récoltés ! Avec la guerre contre l'Espagne, déclarée en 1635, la pression fiscale, déjà très forte, va en quelques années être multipliée par trois. Tailles, emprunts forcés sur les ville, sur les officiers, "impôt de la subsistance" et taxes diverses s'abattent sur des contribuables déjà exsangues. Dans un contexte social difficile de disette et de peste endémique, une simple étincelle va suffire à faire exploser la colère...

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En Basse-Normandie, les sauniers des côtes de l'Avranchin et du Cotentin fournissent en sel presque l'ensemble de la province en l'extrayant "pieds-nus" de l'eau de mer qu'ils font bouillir. Cette production n'est pas soumise à la gabelle, un impôt direct à taux variable, mais, au quart-bouillon, plus avantageux. En juillet 1639, sur ordre du roi, le privilège de quart-bouillon qui permettait aux sauniers de vendre eux-mêmes les trois-quarts de leur production est supprimé : gabelle pour tout le monde. Conséquence immédiate : le prix du sel triple !

Au même moment, à Rouen, ce sont les teinturiers qui voient rouge : le pouvoir royal, qui entend privilégier les couleur nationales, impose une lourde taxe sur toutes les couleurs importées de l'étranger tels que le bois d'Inde ou nil.

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Ces deux mesures, que rien ne relie sinon l'aspect fiscal, vont déclencher une crise d'une ampleur exceptionnelle. Trop, c'est trop ! Le 16 juillet 1639, le collecteur des impôts d'Avranches est assassiné de "coups de pieds, de poings, de pierres et bastons" par près de 400 insurgés. Le 4 août à Rouen, des émeutiers agressent et tuent l'envoyé royal chargé de faire appliquer l'édit des teintures. La révolte s'amplifie et se propage rapidement jusqu'en Bretagne. Autour d'Avranches, on dépasse très vite le stade des pillages et émeutes. Une "armée de souffrance, dite également armée des "Nu-pieds", s'organise. Avec à leur tête un mystérieux "Jean Va-nu-pieds". Sauniers et porteurs de fagots sont rejoints par des paysans, manœuvriers, avocats, robins, curés et vicaires, hobereaux paupérisés et petits nobles. Sans oublier des citadins pauvres, parmi lesquels on trouve des artisans, petits commerçants et ouvriers. Envoyant des émissaires aux autres villes bas-normandes, ces révoltés, qui ne s'opposent pas aux seigneurs, mais au fisc et à ses agents collecteurs, vont ainsi pendant plusieurs mois entretenir dans toute la province un climat insurrectionnel. Les villes de Bayeux, Caen, Coutances, Valognes, Mortain,.. sont touchées. Les maisons de représentants du pouvoir sont pillées et incendiées et leur locataire bien souvent seulement chassé.

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Car cette révolte est nostalgique bien plus que subversive ! Elle ne fait finalement que peu de victimes, bien moins que la répression qui sera mise en place par Richelieu (1585-1642). Les quelques écrits des insurgés qui nous sont parvenus nous les montrent rêvant encore de la "Charte aux Normands" censée depuis 1315 les protéger contre l'arbitraire fiscal...

L'armée de souffrance est écrasée le 30 novembre 1639 :  300 morts, 200 hommes arrêtés, pendus ou envoyés aux galères.  Sur la robe rouge du Cardinal, a écrit le poète du XXe siècle A.-J. Desnouettes, il faut y voir aussi "le sang des Normands".

 

 

Biblio. "Histoire de la Normandie, des origines à nos jours" de R. Jouet et Cl. Quétel - Orep Ed., 2009 et "La Normandie pour les nuls" de Ph. Simon -First-Ed., 2017.