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08/10/2017

La faïence de Rouen

Savez-vous que Rouen est considéré comme le plus important et le plus ancien centre de céramique de France ? Que le savoir-faire rouennais en la matière a eu une influence notable sur la faïencerie française ? Et que le premier Grand Maître céramiste de notre pays était un normand ?

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Pot de pharmacie - Faïence de Rouen - Fin XVIe siècle

Il s’appelait Masseot Abaquesne. Originaire de Cherbourg, où il serait né vers 1500, il est cité dès 1526 comme habitant de la paroisse Saint-Vincent de Rouen. Il y dirigeait une importante entreprise sise dans cette ville, rue d’Elbeuf, au faubourg Saint-Sever qui restera le quartier des potiers. 20 ans avant Bernard Palissy, c’est là qu’il va produire de magnifiques carreaux de céramique à destination architecturale en s’inspirant du goût italien de la Renaissance. Car c’est en Italie qu’il avait complété sa formation, auprès des maîtres italiens de Faenza, la petite ville italienne qui a donné son nom à la « faïence ». Ses décors sont des scènes historiées, des motifs d’arabesque, des emblèmes et armoiries. Son chef-d’œuvre est l’ensemble des carreaux produits pour décorer le château d’Ecouen, propriété du Connétable de France Anne de Montmorency, entre 1540 et 1548. Son entreprise ne survivra pas à sa mort à Sotteville-lès-Rouen, dans la proche banlieue de Rouen, en 1564, et ce, malgré les efforts de sa veuve et de son fils Laurent pour prendre la relève.

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         Assiette en faïence de Rouen (Fabrique Louis ou Michel Poterat - Fin XVIIe siècle

C’est un siècle plus tard que la faïence fait son retour à Rouen avec le monopole accordé en 1644 par la Régente Anne d’Autriche à Nicolas Poirel, sieur de Grandval, qui engage Edmé Poterat. Ce dernier lance le fameux décor bleu à lambrequins ou broderies également dans la veine des techniques et des décors italiens de l’époque, eux-mêmes d’inspiration chinoise. Cette décoration, d’abord sobre et limitée à la périphérie des objets, deviendra progressivement de plus en plus recherchée et recouvrira l’ensemble des pièces.

Les Poterat vont continuellement chercher à créer et à innover. Et c’est dans cet esprit qu’ils   mettent au point en France la porcelaine tendre.  

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Pots à feu en faïence de Rouen - XVIIIe siècle

Si, jusqu'en 1710, la faïence de Rouen est essentiellement en camaïeu bleu, au fil des ans, le décor s’enrichit cependant d’une touche de polychromie.

En 1720, la ville de Rouen compte 13 fabriques. A côté des articles de prestige, sont produits des volumes considérables de faïences bon marché, aux formes rustres et au décor très succinct.

Pourtant, à l'aube de la Révolution française, malgré l’importance, la variété et la qualité de leur production, les faïenciers de Rouen vont cesser l’un après l’autre leur activité.  La faïence de Rouen décline, frappée par l’évolution des goûts de la clientèle plus attirée par la palette de couleurs, la variété des décors et la finesse de la porcelaine et par la concurrence des produits anglais, avant de s’éteindre définitivement sous Napoléon III, vers 1885.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

01/10/2017

Ce que Merlin avait annoncé ou la malédiction des Plantagenêt

On connaît la malédiction des templiers prononcée sur son bûcher par Jacques de Molay (1244-1314) le 18 mars 1314 à l'attention du roi Philippe le Bel (1268-1314) et du Pape Clément V (1264-1314), mais savez-vous que, selon une tradition remontant à la nuit des temps, l'enchanteur Merlin aurait prophétisé un cataclysme dynastique en direction des fils d'Henri II Plantagenêt (5 mars 1133 - 6 juillet 1189), l'arrière petit-fils de Guillaume le Conquérant, lesquels périront tous prématurément.

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 Merlin l'Enchanteur, enluminure d’un manuscrit français du XIIIe siècle.

Le premier a être touché par cette malédiction est Henri dit le Jeune ou le jeune roi (28 février 1155 – 11 juin 1183) surnommé « Court Mantel ». Son père a attribué à son frère Richard le duché d'Aquitaine qu'il convoitait. Depuis, il n'a de cesse que de dévaster cette terre en y pillant sans vergogne les biens de l’Église. Au sanctuaire de Rocamadour, au moment même où il s'apprête à voler la fameuse Durandal, l'épée que le preux Roland a jetée depuis Roncevaux afin qu'elle échappe aux mains des Maures et qui est tombée du ciel pour venir se ficher dans un rocher, la petite cloche de fer annonçant un châtiment divin retentit lugubrement. Henri n'en tient pas compte. Parti pour Martel, il est subitement pris de fièvre et meurt peu après victime de dysenterie. Il est inhumé dans le chœur de la Cathédrale de Rouen.

 

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 Henri II Plantagenêt - Manuscrit du XIIIe siècle

Son frère Geoffroi de Bretagne (23 septembre 1158 - 19 août 1186) vise quant à lui l'Anjou, ce que son père lui refuse. Il se réfugie à Paris, à la cour du roi Philippe Auguste (1165-1223) qui le soutient dans sa rébellion. Il veut « razzier la Normandie » mais n'en aura pas le temps. Il meurt écrasé par son cheval lors d'un tournoi. On l'enterre en grandes pompes en la Cathédrale Notre-Dame.

Richard Cœur de Lion (8 septembre 1157 – 6 avril 1199), le « roi chevalier », va être le troisième fils à connaître une destinée tragique. Celui qui va mener plus de combats contre son père, ses frères et leurs alliés, que contre le roi de France réclame vengeance. Son père a fait de la femme qui lui était promise, la princesse Adèle (1160-1213), fille du roi Louis VII (1120-1180), sa maîtresse. Un jour, au château de Châlus-Chabrol alors qu'il s'apprête à y dérober un fabuleux trésor en assiégeant la place, il est atteint par un carreau d'arbalète. La flèche est retirée mais la gangrène s'installe et il meurt en moins de deux semaines. Son corps est emmené à l'abbaye de Fontevraud, l'écrin de pierre des Planagenêts, et son cœur rejoindra la Cathédrale de Rouen.

 

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C'est finalement au plus jeune, le cinquième et dernier fils, Jean sans Terre (24 décembre 1166 ou 1167– 18/19 octobre 1216), le « mal aimé », que va revenir tout l'héritage paternel. Mais la malédiction va s'abattre également sur lui. Il sera le fossoyeur de l'immense empire Plantagenêt... comme l'avait annoncé Merlin dans ses prophéties.

 

Biblio. « Hauts lieux de légendes en Normandie » de S. W. Gondoin – Ed.Gisserot, 2011,

« L'Empire Plantagenêt » - revue Les collections de l'Histoire – n°59 – 2013.

24/09/2017

Mon consin du Canada : Jacques Villeneuve

La généalogie réserve de magnifiques surprises ! Comme ce cousinage inattendu mais flatteur avec Jacques Villeneuve, ce pilote automobile, né au Québec (Canada), le 9 avril 1971, sacré champion du monde en 1997. Fils de Gilles Villeneuve, pilote de Formule 1 décédé lors des qualifications du Grand Prix de Belgique 1982 et neveu de Jacques Villeneuve qui a également connu une honorable carrière en Amérique du Nord au début des années 1980, nous descendons lui et moi de David Messier dit Blondelet, un pauvre homme qui, lorsqu'il ne trouvait pas à se louer à la journée, mendiait son pain et celui de ses enfants. C'est en Normandie qu'il avait vu le jour vers 1610, et c'est Normandie qu'il avait passé sa vie, dans la paroisse de Saint-Denis-le-Thiboult, un village du département de la Seine-Maritime, traversé par le Crevon et situé entre Vascœuil et Ry.

 

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Jacques Villeneuve

"Messier" est un patronyme typiquement normand. Le nom désignait en ancien français un garde des moissons ou des vignes, et plus généralement un garde champêtre. Quant au surnom de Blondelet, porté avant lui par son père Jehan (1581-1658), son grand-père Jehan (1539-1586), son arrière-grand-père Guillaume (1496-1572), le père dudit, Robinet (1453-1519), lui-même fils de Jehan (1424-1500) et petit-fils de Colin (1395-1470), aîné de la lignée et originaire de la paroisse de Saint-Hilaire de Rouen. Sans aucune surprise, ils le devaient tous sans doute à leurs cheveux blonds, une particularité que l'on retrouve d'ailleurs chez Jacques Villeneuve...

Mais revenons à David Messier et à son épouse Marie Marguerite Bard dit Jeanbard, décédée à l'âge d'environ 50 ans, le 25 mars 1676, à Saint-Denis-le-Thiboult. La misère va pousser deux de leurs huit enfants, deux garçons, Michel et Jacques, à s'exiler vers un eldorado, vers  "La Nouvelle France", vers le Québec.

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Église de Saint-Denis-le-Thiboult

Le premier sera Michel (1640-1725), qui deviendra Sieur Michel Messier de La Guillaudière, seigneur de Cap-Saint-Michel. Il débarque en 1650 à Ville-Marie, une ville du Québec qui borde le lac Témiscamingue près de l'Ontario, accompagné de son oncle paternel Jacques Messier et de la sœur de celui-ci, sa tante Martine.

Son frère Jacques le rejoint dix ans plus tard, le 25 août 1660. Il n'a que 11 ans, lorsqu'il arrive à Montréal, accompagné également de son oncle Jacques. Hébergé chez son frère, il va épouser en 1685 Marie-Renée Couillard dit Lafontaine (1670-1695), une jeune fille de 15 ans, dont le père, François est un soldat originaire de La Rochelle et dont la mère Marie Esther D'Annesé de Longchamp (1648-1689), est une "Fille du roy", originaire de Tours. Au XVIIe siècle, les Filles du Roy étaient des jeunes femmes, choisies par les responsables des hospices et hôpitaux généraux où elles étaient hébergées, qui vont émigrer en Nouvelle-France pour s'y marier, y fonder un foyer et établir une famille pour coloniser le territoire. Le Roi de France agissait envers elle en qualité de tuteur, leur offrant les frais de leur voyage et une dot de 50 livres. C'est de l'union de Jacques Messier et Marie-Renée Couillard dit Lafontaine que descend Jacques Villeneuve. 12 générations les séparent *.

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Arrivée des filles du Roy à Québec, reçues par Jean Talon et Mgr Laval.

Tableau d'Eleanor Fortescue-Brickdale

 

Quant à mes frères et moi, nous sommes les descendants d'une des autres filles de David Messier et de Marguerite Bard, Marie (mon sosa 1845), née en 1645, qui, restée en France, a épousé à Saint-Denis-le-Thiboult le 2 juin 1674, Pierre Ravette. 11 générations nous séparent.

*Arbre d'ascendance de Jacques Villeneuve : fils de Gilles VILLENEUVE x de Johanne BARTHE > Génération 3 : Edward BARTHE marié le 6 septembre 1948, Cathédrale de Joliette, Joliette, Québec avec Georgette DESMARAIS > Génération 4 : Charles Auguste DESMARAIS marié le 23 novembre 1909, Verchères, Québec avec Berthe LUSSIER > Génération 5 : Joseph LUSSIER marié le 15 janvier 1884, Varennes, Québec avec Rose de Lima CARDIN > Génération 6 : Jean-Baptiste CARDIN marié le 26 janvier 1856, Paroisse St-François-Xavier-de-Verchère, Verchère, Québec avec Julie GIRARD > Génération 7 : Théophile GIRARD marié le 19 octobre 1824, Varennes, Verchères, Québec avec Émilie BRUNEL > Génération 8 : Jean-Marie BRUNEL marié le 19 octobre 1807, Varennes, Verchères, Québec avec Marie MESSIER > Génération 9 : Jacques MESSIER marié le 24 septembre 1770, Paroisse Ste-Anne, Varennes, Verchères, Québec avecMarie-Antoinette PROVOST > Génération 10 : Joseph MESSIER marié le 22 avril 1743, Varennes, Verchères, Québec avec Marie-Anne GODU > Génération 11 : Jacques MESSIER marié le 23 novembre 1712, Paroisse Ste-Anne, Varennes, Verchères, Québec avec Isabelle BISSONNET > Génération 12 : Jacques MESSIER, né vers 1649 à Vascoeuil (Eure - France), marié vers 1685, Québec, avec Marie Madeleine Renée COUILLARD > Génération 13 : David MESSIER, né vers 1610, Saint-Denis-le-Thiboult (Seine-Maritime - France), y marié vers 1640 avec Marie Marguerite BARD dit JEANBARD, née vers 1626, décédée le 25 mars 1676 à Saint-Denis-le-Thiboult.

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.