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PASSION GENEALOGIE, HISTOIRES de NORMANDIE et d'AILLEURS - Page 6

  • Le casse-tête des fêtes liturgiques catholiques mobiles

    En consultant les registres paroissiaux, qui de nous n'a pas buté sur une date liturgique ? Du genre " le dimanche de la Passion ou celui de Quasimodo". Une de ces dates qui laisse tout généalogiste perplexe et sans la moindre idée du jour précis où a été baptisé, marié ou inhumé l'ancêtre cité dans l'acte.

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    Jugement de rectification du baptême de Pierre CARRÉ, daté du dimanche 9 avril 1679, jour de la Quasimodo – AD49 – Le Plessis-Grammoire – BMS 1544-1675, vue 932-933/964 (*)

    Ce qu'il faut savoir, pour faire simple, c'est que les dates des fêtes liturgiques catholiques sont soit des fêtes fixes, soit des fêtes mobiles.

    Les fêtes liturgiques à date fixe sont l'Epiphanie (6 janvier), La Chandeleur (2 février), l'Annonciation (25 mars), la Saint-Jean-Baptiste (24 juin), la Transfiguration (6 août), l'Assomption (15 août), la fête de la Réformation (31 octobre), la Toussaint (1er novembre), l'Immaculée Conception (8 décembre) et Noël (25 décembre).

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    "La Résurrection du Christ" - Huile sur bois de Raphaël (1483-1520)

    Les fêtes liturgiques à date mobile dépendent quant à elles de la fête de Pâques, la plus importante du christianisme. Elle commémore la résurrection de Jésus. Elle a été fixée en l'an 325 par le Concile de Nicée "au premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps du 21 mars". Comme cette conjonction n'est pas facile à prévoir, il est décidé de la création d'une lune fictive, appelée Lune pascale. Sa périodicité répond aux calculs d'un calendrier perpétuel qui sert de base à l'ensemble du Comput, c'est-à-dire au calendrier des fêtes mobiles de la religion chrétienne. Depuis lors, Pâques tombe au plus tôt le 22 mars et au plus tard le 25 avril.

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    Bréviaire de Paris - 1391

    Heureusement, les généalogistes du XXIe siècle que nous sommes disposent pour les aider dans leurs recherches de précieux outils en ligne comme le site "Promenade dans le système solaire" notamment qui offre la possibilité de rechercher la date de Pâques depuis l'an 325. Ensuite, il n'y a plus qu'à consulter la page " calendrier chrétien" de Wikipédia et le tour est joué...

    Voici toutefois quelques "morceaux choisis" de fêtes liturgiques catholiques mobiles qu'il est bien utile de connaître :

    Le Mercredi des Cendres : marque le début du Carême, 47 jours avant Pâques.

    Septuagésime : dimanche qui précède la sexagésime et qui est le troisième avant le premier dimanche de carême.

    Sexagésime : dimanche qui précède de quinze jours le premier dimanche de carême, dans le calendrier ecclésiastique et qui est environ le soixantième jour avant Pâques.

    Quinquagésime : dimanche qui précède le premier dimanche de carême et qui est le cinquantième jour avant Pâques.

    Le Carême, période de 46 jours entre le mercredi des Cendres et Pâques, durant laquelle on distingue :

    - Quadragésime : premier dimanche de carême.

    - Réminiscer : deuxième dimanche du Carême.

    - Oculi : troisième dimanche du Carême.

    - Laetare : quatrième dimanche du Carême.

    - Passion : avant-dernier dimanche du Carême.

    - Rameaux (encore appelé "Pâques des compétents", "Pâques Fleuries", "Dimanche de l'Hosanna") : Dernier dimanche du Carême.

    - Semaine sainte : semaine précédant Pâques et dernière partie du Carême.

    - Quasimodo : premier dimanche après Pâques.

    - Ascension : quarante jours après Pâques.

    - Pentecôte : cinquante jours après Pâques.

     

    Image (*) : merci au site " feuillesdardoise.wordpress.com"

  • Très belle année 2021 à tous !

    Tous mes Souhaits

    Puissiez-vous, en les recevant,

    Ressentir autant de plaisir,

    Que mon cœur, vous les envoyant

    En éprouve à vous les offrir !

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  • Quand une petite-cousine du Conquérant devient reine de France

    Pour ses doux yeux,  un roi de France va braver l’Eglise pendant plus d'une décennie ! L'histoire se passe à la fin du XIème siècle. Le roi Philippe Ier (1052-1108) s'emploie à agrandir et surtout asseoir son pouvoir royal en matant des vassaux rebelles et plus puissants que lui, comme son redoutable voisin, le normand et roi d'Angleterre Guillaume le Conquérant (1027/1028-1087). Pour y parvenir, il s'est allié avec Robert le Frison (1035-1093), comte de Flandre, et Foulques IV le Réchin (1043-1109), comte d'Anjou, qui se sentent tous deux également menacés par le Duc de Normandie.

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    Philippe Ier (1052-1108)

    Au printemps 1092, la quarantaine venue, alors qu'il est marié depuis vingt ans à Berthe de Frise (1058-1093) qui lui a donné cinq enfants dont son fils Louis appelé à monter sur le trône après lui, il rencontre Bertrade de Montfort (1070-1118), fille de Simon de Montfort et d’Agnès d’Évreux, de 18 ans sa cadette et en tombe amoureux. Descendante des trois premiers ducs de Normandie, c'est alors une jeune femme "remplie d'agréments" au caractère bien trempé. Ambitieuse, elle se dévoilera aussi perverse et manipulatrice. Pour l'heure, elle est la quatrième épouse de l'allié de Philippe, le Comte d'Anjou. Un homme bien plus âgé qu’elle dont l'humeur querelleuse lui a valu son surnom de Réchin « qui rechigne ».

    Calcul ou passion, la comtesse, qui se verrait bien reine, déclare très vite sa flamme à roi de France déjà sous le charme. Elle lui confie sa crainte d’être répudiée par mari : «Le prince voluptueux [Philippe] ayant appris le dessein de cette femme lascive consentit au crime», affirme Orderic Vital dans son "Histoire de Normandie".

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    Philippe et Bertrade en habits royaux (au centre) au pied de la tour où est recluse Berthe, Foulques essayant de retenir Bertrade (à droite), miniature tirée des Grandes Chroniques de France, manuscrit sur vélin, XIVe siècle, fol. 271 ro, Londres - British Library, Royal 16 G VI.

    Pour l'épouser, le roi décide de répudier sa femme en l'enfermant dans la forteresse de Montreuil sur Mer. Et le 16 mai 1092, sous la protection d'une escorte royale, Bertrade quitte le domicile conjugal et galope jusqu'à Orléans rejoindre son futur mari. L'évêque de Senlis, assisté de l’archevêque de Rouen et de l’évêque de Bayeux, unira le couple à l'automne suivant à Paris.

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    Philippe et Bertrade

    Bien sûr, le mari outragé en appelle au Pape. Aux yeux de l'Eglise, Philippe est coupable d'un double adultère. Malgré d'âpres négociations, le 18 novembre 1095, au Concile de Clermont, le pape Urbain II (1042-1099) excommunie les deux amants. Philippe résiste d'autant que Berthe, accablée de honte et de chagrin, a eu le bon goût de rendre son âme à Dieu le 30 juillet 1093 et que Bertrade lui a déjà donné deux fils. Au Concile de Nîmes, en 1096, l'interdit est cette fois jeté sur tout le royaume. Partout où le suzerain se trouve, les églises se ferment, les cloches se taisent, les offices sont suspendus. Pour tenter de calmer le jeu et gagner du temps, le roi de France usent de stratagèmes. Il promet à maintes reprises de se séparer de Bertrade mais renie ses promesses les unes après les autres... Les mois et les années passent... Jusqu'à sa mort, le 29 juillet 1108, Philippe Ier s'affichera contre vents et marées avec "sa" reine.

    L'excommunication des deux amants ne sera définitivement levée qu'en 1104. Bertrade entamera ensuite un autre combat : favoriser ses fils aux dépens de Louis, celui de Berthe. En vain puisque ce dernier sera intronisé à Orléans, le 3 août 1108. Il règnera sous le nom de Louis VI le Gros. La petite cousine de Guillaume le Conquérant devenue reine de France se retirera à l’abbaye de Haute Bruyère (Yvelines) où elle mourra le 14 février 1118.

    Généalogie simplifiée de Bertrade de Monfort : Rollon le Marcheur (ca 860->985) x ca 886 à Poppa de Bayeux (ca 875-912) ˃˃ Guillaume Longue Epée (ca 901-17/12/942) x Adèle Sprota la Captive de Senlis (ca 905-14/03/955) ˃˃ Richard Ier Sans Peur de Normandie (17/02/943-20/11/996) x 960 à Gunnora la Danoise de Crepon (ca 945-05/01/1031) :

    ˃˃˃˃ Robert Ier le Danois d'Evreux (ca 965-28/03/1037) x 990 à Hérlève de Pont-Audemer (ca 968-ca1050) ˃˃ Richard D'Evreux (?- 13/12/1067) x Godehilde (ca 1004-25/07/1077) ˃˃ Agnès d'Evreux (> 1040-?) x ca 1070 Simon Ier de Montfort (ca 1030-25/09/1087) ˃˃ Bertrade de Montfort (ca1059-14/02/1117)

    ˃˃˃˃Richard II (ca 970-1026) x Judith de Bretagne (982-16/06/1017) ˃˃ Robert le Magnifique (ca 1010-02/07/1035) x Arlette de (ca 1003-1050) ˃˃ Guillaume le Conquérant (1027/28-09/09/1087).

     

    Biblio. "Toutes les drôles d'histoires de notre histoire" de D. Chirat - Ed. La Librairie Vuibert, 2018.