11.11.2009
Les chiffres romains : petit rappel
Système de numération utilisé par les Romains de l’Antiquité pour, à partir de seulement sept lettres (I, V, X, L, C, D, M), écrire des nombres entiers, sans pour autant permettre à leurs utilisateurs de faire des calculs ou des opérations arithmétiques, les chiffres romains n’étaient en réalité que des abréviations destinées à notifier et à retenir des nombres.
Contrairement à une ridée reçue, ces chiffres ne sont pas acronymiques et le C n’est pas l’abréviation de CENTUM. Pour Théodor Mommsen (1817-1903), Historien allemand, spécialiste de cette époque, ces chiffres ont été en Italie le point de départ des abréviations des mots. La critique moderne reconnaît que la numérotation romaine est une survivance d’une pratique archaïque, antérieure à l’invention même de l’écriture, que l’on retrouve dans de nombreuses civilisations. Ainsi, les signes des nombres I, V, X , employés bien avant que l’alphabet ne fut reçu, marquent les nombres d’après les doigts : I figure le doigt étendu, V la main ouverte et X les deux mains ouvertes.

Le Roi Louis XI
Ce système de numérotation a été normalisé dans l’usage actuel et repose sur les 4 principes suivants :
- toute lettre placée à la droite d’une autre figurant une valeur supérieure ou égale à la sienne s’ajoute à celle-ci ;
- toute lettre d’unité placée immédiatement à la gauche d’une lettre plus forte qu’elle, indique que le nombre qui lui correspond doit être retranché au nombre qui suit ;
- les valeurs sont groupées en ordre décroissant, sauf pour les valeurs à retrancher selon la règle précédente ;
- la même lettre ne peut pas être employée quatre fois consécutivement sauf M.
| Unités | Unités + 10 | Dizaines | Centaines | Milliers |
| 1 = I | 11 = XI | 10 = X | 100 = C | 1000 = M |
| 2 = II | 12 = XII | 20 = XX | 200 = CC | 2000 = MM |
| 3 = III | 13 = XIII | 30 = XXX | 300 = CCC | 3000 = MMM |
| 4 = IV | 14 = XIV | 40 = XL | 400 = CD | 4000 = MMMM |
| 5 = V | 15 = XV | 50 = L | 500 = D |
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| 6 = VI | 16 = XVI | 60 = LX | 600 = DC |
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| 7 = VII | 17 = XVII | 70 = LXX | 700 = DCC |
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| 8 = VIII | 18 = XVIII | 80 = LXXX | 800 = DCCC |
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| 9 = IX | 19 = XIX | 90 = XC | 900 = CM |
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Pour connaître la valeur d’un nombre écrit en chiffres romains, il faut lire le nombre de droite à gauche. Il suffit alors d’ajouter la valeur du chiffre, sauf s’il est inférieur au précédent, dans ce cas, on le soustrait.
XVI = 1+ 5 + 10 = 16
XIV = 5 – 1 + 10 = 14
DIX = 10 – 1 + 500 = 509
MMMMDCCCLXXXVIII = 4888 est le nombre romain le plus long en quantité de symboles.
Si la datation en chiffres romains est apparue vers le XVe siècle, il convient néanmoins de se souvenir qu’au Moyen Age, l’écriture des chiffres romains était parfois abâtardie, comme 4 écrit IIII au lieu de IV, et que ce n’est que récemment que le mode opératoire ci-dessus a été fixé.
Aujourd'hui, on utilise toujours ces chiffres et notamment dans certains cas bien précis comme pour spécifier la date de production d’un film à la fin du générique.

Gros-Horloge de Rouen
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08.11.2009
Pour dater une photographie ancienne
Il est bien rare d’avoir chez soi un ancêtre peint par Mignard ou Mme Vigée-Lebrun !!!
Par contre, on peut avoir la chance de disposer de vieilles photographies, autant de portraits un peu figés et très solennels, grâce auxquels on découvre avec bonheur les traits et les physionomies de ceux qui nous ont précédés.
Dater une photographie est un exercice facile si l’on connaît deux ou trois petits trucs des plus utiles.
L’attitude des personnages est un premier moyen de datation : plus le personnage parait figé (appuyé sur une canne, la main posée sur une table,…), plus la photo est ancienn, c'est-à-dire vers 1850. Car, la canne et le guéridon étaient des subterfuges utilisés pour permettre au sujet photographié de garder longtemps la pose.
Plus le temps de pose se raccourcit, grâce aux progrès techniques, plus la photo permet de photographier dans des délais raisonnables : l’enfant peut donc apparaître sur les photos dès 1880, avant de triompher en 1900 dans la « mignonnette ».
L’aspect des photographies est un second moyen de datation. La présentation des photographies ne cesse d’évoluer entre 1850 et 1900. Parmi les points les plus significatifs figure l’épaisseur du cartonnage et l’ornementation de la photographie.
Petit mémo pour vous y retrouver plus facilement :
1-de 1850 à 1870 : Pour ces photographies les plus anciennes, le cartonnage utilisé est très mince (4/10e de mm), les coins sont carrés, des caractères d’imprimerie très petits à l’encore noire figurent au dos, caractères qui grossissent à partir de la première Exposition universelle en 1867.
Catherine DESMARE (sosa 29) femme de Désiré BENARD (1825-1879), mon aïeule photographiée vers 1870
2-de 1871 à 1885 : Le carton blanc est plus épais (6/10e de mm), les coins s’arrondissent, un filet encadre de plus en plus souvent la photo qui est parfois signée avec, en-dessous du nom du photographe, le lieu où il exerce. L’encre d’imprimerie est de couleur violette, sépia, voire rouge ou verte.
Photographie supposée de Claris BENARD (1853-1879) soeur de mon arrière grand-père Albert Bénard (sosa 14)
A partir de 1875, quelques photos sont en outre bombées grâce à une déformation du cartonnage.
A partir de 1880, le dos se colore de couleurs vives (bleu, rouge, bordeaux) et le photographe imprime des formules du style « Photographie artistique » ou « Photographie moderne ». Les caractères sont parfois en gothique et le filet entourant la photographie s’épaissit.
A partir de 1885, le photographe signe souvent sa photo, à l’avant, en un grand paraphe calligraphié qui mentionne son adresse. A noter que c’est à cette époque que l’on commence à photographier les défunts sur leur lit de mort...
3-de 1886 à 1930 : En 1890, les photographies en sépia brillant apparaissent, puis à partir de 1895, le dos devient volontiers pastel, tandis que la tranche est biseautée et décorée en doré sous l’influence du modern style.
Dès 1900, les angles redeviennent droits, la tranche est parfois argentée. Des mentions du style « Reproduction interdite » commencent à apparaître au dos. Ce dernier se charge de motifs ; soleils, médailles, anges, le tout imprimé avec de l’encre bleue ou violette
En 1910, retour à la sobriété : le dos, de nouveau blanc, s’épure. Le carton est volontiers grainé à l’avant. Certaines photos s’ornent de bords noirs. Le photographe se limite à mentionner son nom, son téléphone et, à Paris, la station de métro la plus proche de son atelier d’art.
Photographie d'Albert BENARD (1894-1915), frère de ma grand-mère Blanche BENARD (sosa 7),
mort au combat en octobre 1915.
Dès 1920, le cartonnage s’amincit et représente désormais l’épaisseur de deux cartes à jouer. La photographie peut être tirée en format carte postale (9cm x 14 cm).
A partir de 1930, un papier blanc, glacé, mince comme un papier épais et non plus comme un carton mince s’impose désormais.
Il faut attendre 1965 pour que la photo couleur apparaisse. Dès lors, le tirage se fait sur papier plastique brillant ou mat.
09:25 Publié dans MA BOITE A OUTILS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.11.2009
Cha c'est vrai cha !!
La « Mère Denis », personnage emblématique de la publicité française de la fin du XXe siècle, ses bonnes joues roses, sa bonne humeur, son accent du terroir dont le fameux « Cha c’est vrai cha !! » est connue non seulement de tous les français, mais aussi bien au-delà de nos frontières et notamment au Japon.

Jeanne Marie Le Calvé est née le 9 novembre 1893 à Ker-Allain, petit hameau de Neulliac, à environ 7 km de Pontivy, dans le Morbihan.
Sixième enfant d’une famille de paysans modestes, son enfance est rude, marquée par la peur de la faim et le souci constant du lendemain. Comme beaucoup d’enfant de son âge à cette époque, dès l’âge de 11 ans, elle est placée comme bonne à tout faire dans une ferme. Au programme de son adolescence, du travail et peu d’agréments.
A 17 ans, elle épouse Yves Marie Denis. Elle quitte alors sa Bretagne natale pour s’installer en Normandie. De leur union vont naître 5 enfants, trois garçons et deux filles, Marcel, Hélène, ses deux aînés qui décèderont en bas-âge, et Germaine, Yves et Robert.
En 1944, alors âgée de 51 ans, déjà séparée de son mari, elle démissionne de la Compagnie des Chemins de Fer qui l’employait depuis 27 ans en qualité de garde-barrière sur la ligne Carentan-Carteret.
Pour subsister, elle se met à laver le linge des autres et devient peu à peu « la Mère Denis ». Durant 20 ans, été comme hiver, elle « batouille » au lavoir de son village de Tôt, sur la Gerfleur, cette rivière qu’elle aime tant, à l’eau pourtant si glaciale l’hiver.

Le village de Tôt au début du siècle dernier
C’est en 1972 qu’un ami et voisin, Pierre Baton, publicitaire parisien, lui ouvre les portes du succès et de la célébrité. La grande marque d’électroménager, « Vedette », voulant symboliser la qualité du travail exécuté par ses appareils, recherche une lavandière authentique, à l’image forte et sympathique. Ce sera la Mère Denis ! En vantant les mérites de ces machines à laver, elle acquiert très vite une fantastique notoriété qui passe allègrement nos frontières et qui sera couronnée en 1976 par « Paris-Match » qui la choisira comme « personnalité la plus marquante de l’année ! ».

Après une vie humble et très difficile matériellement, enfin à l’abri du besoin, c’est confortablement installée dans une maison de retraite de Pont-l’Evêque qu’elle va terminer ses jours. Elle décède le 17 janvier 1989 à l’âge de 96 ans et repose au cimetière de Saint-Hymer dans le Calvados.
13:43 Publié dans NORMANDS CELEBRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


