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23/04/2017

22 avril 1370 : pose de la première pierre de la Bastille

Commandée par le roi Charles V (1338-1380), la bastille Saint-Antoine voit sa construction débuter le 22 avril 1370. C'est au prévôt de Paris et Officier Royal Hugues Aubriot (1320-1382) que revient l'honneur de poser la première pierre de ce véritable château et arsenal.

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Élevée à l'emplacement du débouché de la rue Saint-Antoine, sur l’actuelle place de la Bastille à Paris, sur le modèle de 4 tours courant à l'époque, la forteresse en pierre mesure 24 mètres de hauteur pour 66 mètres de longueur et 34 mètres de largeur. Elle est entourée d’un fossé de 25 mètres de largeur par 8 mètres de profondeur alimenté par les eaux de la Seine. Quatre autres tours seront ajoutées par la suite.

A l'origine, la « Bastille » ou « Bastille Saint-Antoine » ou encore « fort et bastide Saint Anthoine lez Paris » a pour fonction officielle de renforcer les remparts de l'est de Paris devenus vulnérables. Mais, et le roi ne l'ignore pas, en cas de révolte du peuple parisien, cette forteresse peut aussi le protéger en sécurisant la route reliant sa résidence de l'hôtel Saint-Pol au château de Vincennes où il a choisi d'établir le centre administratif du royaume.

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Une fois achevée, après 13 années de chantier, un capitaine gouverneur est nommé par le roi Charles VI (1368-1422) en 1386, en la personne de son chambellan Jehan de La Personne, vicomte d'Acy, ancien compagnon de Bertrand du Guesclin.

Convertie une première fois en prison par Louis XI (1423-1483), la Bastille est utilisée comme entrepôt d'armes et lieu de réception par François Ier (1494-1547), puis comme coffre-fort des richesses royales sous Henri IV (1553-1610). C’est le cardinal de Richelieu (1585-1642) qui la transforme en prison d’État laquelle dispose d'un quartier "V.I.P." de 42 cellules plutôt confortables destinées aux personnes de qualité, nobles et grands bourgeois, comme le Marquis de sade (1740-1814) qui va y demeurer plus de cinq années. Ces personnalités mangent tous les jours « à la table du gouverneur », non avec lui mais bénéficie du même repas que lui.

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Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël.

 

Assiégée par le peuple parisien le 14 juillet 1789, elle est détruite par Pierre-François Palloy dit « le Patriote » (1755-1835), un entrepreneur privé qui met dès le lendemain une équipe de huit cents ouvriers à la tâche. A la fin novembre, il ne reste plus rien de la forteresse ! L'homme va se faire de l'argent en vendant des modèles réduits de celle-ci avec la mention : « je certifie que cette pièce vient de la Bastille » signé « Palloy patriote » !

 

Biblio.Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

16/04/2017

16 avril 1917 : le désastre du Chemin des Dames

« L'heure est venue, confiance, courage et vive la France ! » : c'est avec ces mots et sous ses ordres que le 16 avril 1917 à 6 heures du matin, le Général Nivelle (1856-1924) lance, dans des conditions météorologiques hivernales, la grande offensive du Chemin des Dames. Elle ne devait durer que 24 voire 48 heures au maximum...

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 Le Général Nivelle (1856-1924)

La « mère de toutes les batailles », celle de Verdun, n'est pas encore achevée que déjà l'état-major français songe à porter ailleurs l'offensive dans l'espoir d'une percée définitive. La stratégie élaborée par Nivelle, qui vient de remplacer Joffre (1852-1931) à la tête des armées, est de mettre un terme à la guerre d'usure menée par ce dernier en lançant des attaques frontales massives et brusquées à l’abri d’un rideau de feu.

Pour cela, il choisit le plateau du Chemin des Dames, qui domine la vallée de l'Aisne, où la ligne de front s'est figée. Il en est convaincu : une vaste offensive des forces françaises et anglaises va permettre de remporter une victoire décisive. Le Chemin des Dames, ce sera le « dernier coup » !

 

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En mars 1917, alors que, du côté français, on accélère les préparatifs, les Allemands, qui ont renoncé à Verdun, entament un repli stratégique tout en renforçant sérieusement leurs lignes de défense sur un front désormais réduit. Cela va avoir de lourdes conséquences sur la suite du conflit et l'état major français le sait bien : l'offensive des alliés n'aura aucun effet de surprise sur l'ennemi, bien au contraire ! On tente en vain de persuader Nivelle de revoir son plan, mais celui-ci s'obstine : il a rassemblé plus de 800 000 hommes et n'entend pas renoncer.

 

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Après seulement quelques heures d'âpres combats, les pertes humaines sont effroyables. Tous les assauts échouent, les hommes tombent par milliers et il semble évident qu'il faut arrêter l'opération avant qu'il ne soit trop tard. Pourtant, rien ni personne ne fait dévier le généralissime Nivelle de ses espoirs de victoire, pas même la vie des poilus. Après une semaine de lutte, les combattants n'ont pratiquement pas progressé. Pourtant, 35 000 hommes sont déjà morts ! Les autres sont cloués au sol et vivent un calvaire qui va continuer des semaines durant. L'échec se transforme en fiasco. Le mécontentement gronde. C'est le début des fameuses mutineries de 1917 qui seront maîtrisées par le Général Pétain (1856-1951), Commandant en chef des armées, qui fera fusiller quarante-neuf soldats, dont certains pour l'exemple. Or, ces soldats ne refusent de se battre, mais ils ne veulent plus aller « au casse pipe » en participant à des offensives mal préparées et des plus meurtrières. 

Nivelle, relevé de son commandement, le moral des troupes s’améliore. Il faudra tout de même attendre la victoire de la Malmaison, le 24 octobre 1917 pour que s'achève enfin la bataille la plus absurde de cette Grande Guerre... où 200 000 soldats, français et anglais, ont été tués ou blessés.

Bien que disgracié en décembre 1917 et expédié loin du front, avec la paix revenue, le temps de la réhabilitation sonnera pour celui qui restera pour la postérité « le boucher du Chemin des Dames ». Nommé au Conseil supérieur de la guerre puis élevé le 28 décembre 1920 à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur et décoré de la Médaille militaire, Nivelle meurt dans son lit le 22 mars 1924. Inhumé à Passy, son corps a été transféré aux Invalides en 1932. C'est le ministre de la Guerre d'alors, André Maginot (1877-1932), qui a prononcé son éloge funèbre.

 

Biblio. « Les pires décisions de l'histoire » de R. Thomazo – Mini-Larousse 2011.

09/04/2017

9 avril 1860 : le premier enregistrement d'une voix humaine

 « Au clair de la lune,

Mon ami Pierrot,

Prête moi ta plume,

Pour écrire un mot... »

 

Qui n'a pas un jour ou l'autre fredonné ces paroles ? Sûrement la plus populaire de nos chansons enfantines mais aussi celle dont l'histoire reste la plus mystérieuse. On ne connaît ni son auteur ni son compositeur, même si certains l'attribuent à Jean-Baptiste Lully (1632-1687).

 

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Très à la mode vers 1780, alors que la France vient d'entrer en Révolution, il faut savoir que cette comptine n'était pas à l'origine destinée aux enfants car, derrière ses paroles anodines, se cachent des sous-entendus des plus érotiques... Mais saviez-vous qu'elle a une autre particularité : c'est le premier enregistrement sonore réalisé au monde et par un français de surcroît !

Car, si l'américain Thomas Edison (1847-1931) fut bien le premier à reproduire un son enregistré grâce à un phonographe en 1877, le premier enregistrement sonore conservé date du 9 avril 1860, soit 17 ans plus tôt. Il a été réalisé par un ingénieux français, Édouard Léon Scott de Matinville (1817-1879), ouvrier typographe, libraire et écrivain, lequel a chanté « Au clair de la lune » devant le cornet d'un appareil de son invention pour lequel il a déposé un brevet le 25 mars1857.

 

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 Le phonautographe de Scott de Martinville. (Desbeaux 1891)

 

Permettant de transcrire des ondes sonores mais pas de les reproduire, son phonautographe (la voix s'écrivant elle-même) se composait d'un résonateur qui faisait vibrer un stylet sur la surface d'un papier recouvert de noir de fumée et fixé sur un cylindre.

Ayant appris l’invention d'Edison, le français écrira dans l’introduction de son dernier livre mémoire paru en 1878 : « Je ne demande pour mes efforts qu’une seule récompense (...) de ne pas oublier de prononcer mon nom dans cette affaire... »

 

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 Édouard Léon Scott de Matinville (1817-1879)

 

En 2007, un collectif d'ingénieurs du son et de scientifiques américains, vont parvenir à lire son enregistrement, le plus ancien qui soit actuellement connu, à l aide d'une tête de lecture virtuelle. On peut désormais entendre durant 10 secondes la voix de Scott de Matinville entonner : « Au clair de la lune, mon ami Pierrot » ! Essayez sur https://www.youtube.com !

 

Biblio. « Histoires insolites de la Science et des scientifiques » de M. Lefrançois – City Ed. 2014.

« Refrais d'enfance » de M. David et A-M. Delrieu -Ed. Herscher 1988.

« Au clair de la lune » article de B. Dicale – Revue Historia Oct. 2012.