10.12.2009

Quand les normandes potinaient...

Encore une expression de notre terroir, à l’origine anodine et nullement méchante !

Car la « potine » était au XVIIème siècle en Normandie un simple petit pot de terre cuite qui servait à se chauffer les pieds, une sorte de bouillotte.

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Bouillotte de 1925

Autrefois, lors des veillées d’hiver, lorsque les femmes se réunissaient autour du foyer pour tricoter ou filer, elles apportaient leur potine garnie de braises. Comme seuls leurs doigts étaient occupés, les langues de ces « potinières » allaient bon train : elles « potinaient ». 

Allumer un petit feu,

L’entourer de quelques potinières,

Laisser potiner à feu doux,

Ne rien remuer,

Laisser mijoter jusqu’à ébullition de vos oreilles »,

C’est tout, le potinage a pris… et le potin est là ! » 

Le verbe « potiner » signifiait donc simplement « se réunir autour des potines pour bavarder ».

Au fil du temps, le potinage, petit commérage d’antan, a laissé la place au « potin » qui a pris le sens de « commérages », puis de « ragots », et enfin de « bruit ».

 

« Faire du potin » aujourd’hui, c’est faire beaucoup de bruit…

 

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Madame Tintamarre de R. Hargreaves 

 

07.12.2009

L'arrivée de la famille Boulangé dans la paroisse de Mesnil-Esnard

Quittant Bois-d’Ennebourg, commune située à 12 km de Rouen, notre arrière-arrière-arrière grand-père Nicolas Boulangé (sosa 32 ) s’installe en 1803, après son mariage avec Flore HUBERT, dans la commune de Mesnil-Esnard, située sur le plateau Est de ROUEN, à 5 km de la capitale normande.

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Laurens HUBERT, le grand-père de Flore, originaire de la localité voisine de La Neuville Chant d'Oisel (Seine-Maritime), beaugeur de son état, est arrivé dans cette paroisse en 1744. Son fils Antoine, né en 1752, exerçant la profession de Charpentier, épousera en 1773 une fille du pays, Magdeleine SERGEANT. De leur union  naîtront 7 enfants dont 5 décèderont en bas âge. Grégoire, le seul fils survivant, périra Soldat en Belgique en 1813. Sa sœur aînée, Flore, née en 1779, sera la femme de mon aïeul Nicolas Boulangé.

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La première mention du nom de ce village de « Mesnil-Esnard » remonte à 1055 sous la forme latine de « Einardi Mansionali ». Elle allait connaître bien des transformations liées à l’influence des parlers ou de la prononciation comme en témoignent les écritures médiévales de « Maisnilli Enardi » en 1212 ou du « Mesnil Lyenard » en 1451, avant sa forme actuelle, attestée pour la première fois en 1456.

Ces orthographes successives font ressortir un nom composé dont le premier élément est un dérivé du latin « mansio », signifiant l’habitation ou la demeure.  Pour le second,  il pourrait, selon certains  provenir du nom germanique « Einardus » quand pour d’autres, prenant en considération l’orthographe médiévale de « Lyenard », il serait la déformation de Léonard, second patron de la commune.

Saint Léonard vécut au VIème siècle. Ermite du Limousin, partout où il passait, les fers des prisonniers se brisaient, les serrures s’ouvraient et les geôliers s’endormaient. La légende veut que lorsqu’il vivait dans la forêt de Pacevin, il entendit une femme gémir de douleur. Il s’approcha et découvrit la reine, épouse de Théodebert 1er, qui était en train d’enfanter dans les plus grandes souffrances. Le saint s’agenouilla et se mit à prier. L’enfant naquit aussitôt. En récompense, le roi lui offrit la forêt qu’il appela Noblet.

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Statue de Saint-Léonard - Hamars (Calvados)

Invoqué depuis par tous ceux qui attendent une délivrance, il devint un saint très populaire et son culte se répandit durant les croisades au cours desquelles plusieurs libérations miraculeuses lui furent attribuées. Est-ce en souvenir de l’une d’entre elles que se développa dans la paroisse un pèlerinage qui, le 6 novembre de chaque année, attirait les fidèles des villages environnants ?  Ils s’y rendaient en foule et cette dévotion survécut à la tourmente révolutionnaire avant de s’étioler puis de renaître en 1873 sous l’influence de l’abbé Bouvier.

Lors de l’arrivée à Mesnil-Esnard de mon aïeul Nicolas Boulangé, Couvreur en Paille, le village commence a être aspiré par le développement de l’agglomération rouennaise. Au fil des ans, de plus en plus de Mesnillais abandonnent le travail de la terre pour se consacrer à celui de l’industrie cotonnière.  Ils travaillent à leur domicile en effectuant des ouvrages ou en filant le coton pour le compte de différents marchands. C’est le cas de Flore. Cette activité engendre non seulement un dynamisme démographique,  puisque la population passe de 108  feux (soit environ 500 habitants) en 1707 à 250 feux (soit près de mille personnes) en 1788, mais oblige l’administration Royale à améliorer la desserte routière entre Paris et Rouen en ouvrant un nouvel axe de communication à la fois plus large et plus direct. Débutés vers 1750, les travaux vont durer 3 ans. Ils sont effectués par les plus pauvres des habitants des différentes paroisses afin de leur procurer un travail et de les  « soulager de la disette ». 

Cette route royale (aujourd'hui route de Paris, allée principale et centrale de la commune) transforma progressivement la physionomie du village en attirant quelques rouennais soucieux de faire élever d’élégantes demeures à la campagne et en créant de l’ouvrage.

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 La Route de Paris, au début du XXe siècle

 

 

03.12.2009

Les départements à l'époque impériale

De 83 départements en 1790, on va très vite passer à 86 en1793, à 127 en 1808 et à 130, le record, en 1811, et ce, en raison des conquêtes de Napoléon.

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Les départements de l'Empire français en 1811

 

Pour les généalogistes que nous sommes, qui, au fil de nos recherches, pouvons rencontrer des ancêtres nés dans le département de Corcyre ou de Mont-Tonnerre, il n’est pas inutile de pouvoir situer ces départements.

Il faut savoir que l’accroissement du territoire français s’est fait progressivement, au fil des victoires militaires.

Les conquêtes de 1794/1795 en Belgique et aux Pays-Bas entraînent, le 1er octobre 1795, la création de 9 départements avec leur préfecture : Lys avec Bruges, L’Escaut avec Gand, Jemmapes avec Mons, Deux-Nèthes avec Anvers, Dyle avec Bruxelles, Meuse-Inférieure avec Maëstricht, Ourthe avec Liège, Sambre-et-Meuse avec Namur et Forêts avec Luxembourg.

Lors du traité de Campo-Formio, le 17 octobre 1797, l’Autriche reconnaît à la France la possession de la rive gauche du Rhin. Le 25 janvier suivant, 5 nouveaux départements sont organisés : Sarre avec Trèves, Rhin-et-Moselle avec Coblence, Mont-Tonnerre avec Mayence, Roër avec Aix-la-Chapelle et Léman avec Genève.

Comme le même traité cède à la France les iles Ioniennes, 3 nouveaux départements voient le jour, ceux de Corcyre, Ithaque et de la Mer Egée, jusqu’en 1799 où  une flotte turco-russe les reprend à notre pays.

Le 9 décembre 1798, le roi de Sardaigne cède le Piémont à la France. D’abord doté d’une administration provisoire, ce nouveau territoire est réuni à la France le 11 septembre 1802. Cette annexion permet la création de 5 nouveaux départements : Doire avec Ivrée pour préfecture, Sesia avec Verceil, Po avec Turin, Stura avec Coni et Marengo avec Alexandrie.

En 1805, la république Ligurienne est annexée à l’Empire. Elle est alors organisée en 3 départements : Montenotte avec Savonne pour préfecture, Gênes et Apennins avec Chiavari. 

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Elisa Bonaparte, soeur de Napoléon, Grande-Duchesse de Toscane en 1809 - Toile de M.G. Benoist

Lorsque la Toscane est réunie à l’Empire le 24 mai 1808, elle donne naissance aux 3 départements de l’Arno avec Florence, méditerranée avec Livourne et Ombrone avec Sienne. La même année, la réunion des duchés de Parme et de Plaisance forment le département de Taro, avec Parme pour préfecture.

En 1810, l’extension de l’Empire est considérable et de nouveaux départements sont créés. Au Sud, les Etats de l’Eglise, réunis le 17 février 1810, forment les 2 départements de Tibre avec Rome et de Trasimène avec Spolète.

Puis, au Nord,  le Brabant, la Zélande et les pays entre la Meuse et Wahal sont cédés à la France. Le royaume de Hollande, du Valais, du Hanovre, du duché de Oldenbourg sont annexés. Ces nouveaux territoires donnent naissance à  14 départements : Simplon avec Sion pour préfecture, Bouches-de-l’Escaut avec Middelbourg, Bouches-duRhin avec Bois-le-Duc, Bouches-de-la-Meuse avec La Haye, Zuiderzée avec Amsterdam, Yssel-Supérieur avec Arnheim, Frise avec Leuwarden, Ems-Occidentalavec Groninge, Bouches-de-l’Yssel avec Zwolle, Ems-Oriental avec Aurich, Ems-Supérieur avec Osnabrück, Lippe avec Munster, Bouches-duWeser avec Brême et Bouches-de-l’Elbe avec Hambourg.

Quant à la Corse, divisée jusqu’alors en 2 départements Golo et Liamone, elle ne forme plus qu’un département : la Corse. Ainsi, en 1811, la France compte 130 départements.

En 1812, Napoléon occupe la Catalogne. La province n’est pas annexée à l’Empire, mais le régime administratif français y est établi : elle est divisée en 4 départements, Montserrat avec Barcelone, les Bouches-de-l’Erbre avec Lérida, Ter avec Gérone et Segre avec Puycerda.Ce régime est aboli dès l’année suivante.

Les défaites successives et la fin de l’Empire font perdre à la France toutes ses conquêtes. Seuls Mulhouse, intégrée au département du Haut-Rhin, Montbéliard, comprise dans le Doubs et le Comtat Venaissin sont conservés.

Dès 1815, la France revient à des dimensions plus hexagonales, proches de celles que nous connaissons : elle ne compte plus que 86 départements. En 1848, l'Algérie française, alors partie intégrante du territoire, fut organisée également en trois départements : Alger, Oran et Constantine.

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Les départements français d'Algérie

 

Le Second Empire connut deux périodes de modifications du territoire : en 1860, la Savoie, la Haute-Savoie et les Alpes-Maritimes, cédés par la Sardaigne, sont érigés à leur tour en départements, puis, en 1871, après la guerre franco-allemande et la défaite de l'Empire, l'Alsace et la Lorraine sont annexées par l'Allemagne, soit les départements du Bas-Rhin, une partie de ceux du Haut-Rhin, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle.

La France métropolainte passe donc de 89 départements à 86 et 1 territoire.

Histoire à suivre...