16.05.2012
Ça s’est passé un 16 mai...
... Le 16 mai 1364, en Normandie, à Cocherel, petit village situé à moins de 10 km de Vernon dans le département de l’Eure. Nous sommes au cœur de la guerre de Cent Ans (1337-1453) durant laquelle s’affrontent sur le sol français deux dynasties, les Plantagenêts et la Maison capétienne de Valois.

Bertrand du Guesclin, en luminure XVe siècle (détail)
Ce jour-là, l’armée du roi de France Charles V (1338-1380), commandée par le Connétable Bertrand du Guesclin (1320-1380) affronte celle de Charles II de Navarre (1332-1387), dit Charles le Mauvais, roi de Navarre et comte d’Evreux.

La bataille de Cocherel selon une enluminure du XVème siècle
Le « Mauvais » a délégué son commandement au captal de Buch, Jean de Grailly (1330-1376). Dès le matin du 14 mai 1364, ses troupes, composées d’environ 6 000 hommes (Normands, Gascons et Anglais) formant trois bataillons, ont pris position sur une hauteur. Ils sont persuadés que les français, agiront comme toujours, c’est-à-dire qu’ils vont se ruer en chevaliers intrépides et maladroits, sur les lignes des archers aux carquois pleins de flèches de frêne !
C’était sans compter sur le stratège de Du Guesclin, petit noble breton doté d’un courage et d’une bravoure hors du commun. Parti le 11 mai de Rouen avec une troupe de taille équivalente à celle de son ennemi, il va tout d’abord, afin de simuler une armée plus importante, faire placer de nombreux étendards supplémentaires. Ensuite, il prend soin de faire raccourcir les lances de ses chevaliers afin que, descendus de leur monture, ils puissent s’en servir au combat à pied. Puis, il attend deux jours et fait tout simplement semblant de partir. Au son des trompettes, à la tête de son propre bataillon, il commence à se retirer. Bien entendu, ses deux autres bataillons restent face aux Anglo-Navarrais.
Les hommes du Captal de Buch, impatients d’en découdre, vont rompre leurs lignes et se mettent à leur poursuite. Ils dévalent à toute allure la colline où ils étaient postés quand du Guesclin fait faire volte-face à ses hommes. En peu de temps, les troupes du Mauvais sont submergées par les trois bataillons français qui, grâce à leurs lances courtes, font plier facilement les archers anglais, lesquels, avec leurs flèches, sont impuissants dans le combat rapproché.

Jean de Grailly (à droite) se rend à Du Guesclin lors de la bataille de Cocherel
Au soir de la bataille, Jean de Grailly rend son épée à du Guesclin : Charles le Mauvais est vaincu !

Monument commémoratif dédié à Bertrand du Guesclin et situé à Cocherel
Biblio : L’histoire de France de J-J Julaud Ed . First-Gründ Paris 2006
Merci aux pages Wikipédia sur le sujet
07:09 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bataille de cocherel, du guesclin, charles le mauvais
12.05.2012
Avec des pommes normandes...
Il n’est pas de Normandie… mais du Limousin.
Il est issu de la « Fognarda », pâtisserie très ancienne de Limoges et de ses environs.
Il se prépare traditionnellement avec de grosses cerises noires.
Mais on peut remplacer celles-ci par de belles pommes normandes !

Avez-vous trouvé le nom de cette pâtisserie que réussissait si bien mon grand père Henri Julien ?
Bien sûr, il s'agit du clafoutis !
Et pour ne pas faire attendre les gourmands aux babines alléchées, en voici la recette, façon tradition normande*.
Pour 6 à 8 personnes, il vous faut 500 g de pommes, 4 cuil. à soupe de farine, 2 cuil. à soupe de sucre, 3 œufs, 2 paquets de sucre vanillé, ½ paquet de levure chimique, 80 g de beurre, 1 pincée de sel.
Dans une terrine, mélanger farine, sucre, jaunes d’œufs, levure et sel, puis ajouter le beurre fondu.
Eplucher les pommes, les couper en tranches fines. Battre les blancs d’œuf en neige très ferme, les incorporer à la pâte ainsi que les pommes.
Verser le tout dans un moule à manqué bien beurré.
Saupoudrer la surface d’une bonne couche de sucre qui va faire une croûte appétissante à la cuisson.
Enfourner 20 minutes environ à four moyen.

A déguster tiède ou froid.
Bon appétit !
Recette extraite de « Mes recettes normandes » de A. Prével – C. Bonneton Ed. 2005
Photo : merci au site www.ilaca.org
06:32 Publié dans GASTRONOMIE NORMANDE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clafoutis, pommes, dessert normand
09.05.2012
Du caoutchouc dans la fibre textile : l'idée du normand Thibout de la Fresnaye
Par un beau jour d’été 1805, le 26 Juin, alors que Napoléon (1769-1821) vient d’être couronné Roi d’Italie, naît en Normandie, à Martigny-sur-l’Ante, petite commune du département du Calvados située dans le canton de Falaise, Victor Thibout de la Fresnaye.
Le jeune homme, issu d’une vieille famille de souche normande, choisit de devenir médecin. A 25 ans, le 4 mai 1830, alors que la France a encore pour roi, mais plus pour très longtemps, Charles X (1757-1836), il soutient sa thèse de doctorat qui porte sur « l’emploi du caoutchouc comme élastique dans la confection de bandages ».
Victor Thibout de la Fresnaye (1805-1861)
C’est grâce aux français Charles Marie de la Condamine (1701-1774) et François Fresneau de la Gataudière (1703-1770) qu’on a « redécouvert » dans les années 1736-1747 le caoutchouc naturel venant du Pérou, d’Equateur et de Guyane et ses nombreuses propriétés, notamment son élasticité.
L’idée de notre médecin normand est tout simplement de remplacer les élastiques en fils métalliques des bandages utilisés à cette l’époque. Ceux-ci s’oxydaient, se rompaient, perçaient l’enveloppe, perdaient leur élasticité et finissaient par blesser les malheureux malades obligés de les supporter. Le procédé de caoutchouc recouvert de fil de soie ou de coton mit au point par Thibout de la Fresnaye va permettre d’obtenir une toile non seulement véritablement élastique mais d’un usage aisé. Très vite, cette toile élastique est utilisée pour les bandages compressifs comme les bas à varices.

« Taille en Pot de fleur » sous la Restauration - Mondaine vêtue de son corset baleiné.
Comme la toile obtenue se moulait parfaitement aux formes du corps humain, notre ingénieux normand eut l’idée de l’utiliser en remplacement des corsets féminins à baleines, véritables « compresseurs pour seins ». Il imagine et crée une nouvelle enveloppe s’adaptant idéalement autour de la poitrine et de l’abdomen tout en relevant la gorge. C’est ainsi que naquit en 1831 l’ancêtre du soutien-gorge moderne ! Il fut étrenné par la Duchesse de Berry (1798-1870) qui se chargea d’en faire une large publicité !

Marie Caroline de Bourbon Sicile, Duchesse de Berry – 1825 – Toile de Sir T. Lawrence
En parallèle aux recherches sur le caoutchouc qu’il poursuit et qu’il développe, Thibout de la Fresnaye continue de se consacrer à la médecine. En 1832, il lutte à Paris contre l’épidémie de choléra qui sévit sur la capitale. Quatre ans plus tard, de retour à Caen, il ouvre dans sa propre maison située rue des Carmes, une clinique pour enfants difformes dont il assurera la responsabilité durant 25 ans. Surnommé « le médecin des pauvres », il sera également le premier à opérer dans sa ville le strabisme d’un patient.
Il décède à Caen le 2 avril 1861 et est inhumé dans le cimetière d’Amblie.
Biblio.« Du caoutchouc dans les vêtements » de C. Poulain – Nos ancêtres – Vie et Métiers- n°20 Juillet/Août 2006
Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.
07:17 Publié dans NORMANDS CELEBRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bandages, caoutchouc, soutien-gorge, corset, thibout de la fresnaye


