30/07/2014

Le mois d'août...

 Si août est beau, c'est signe que l'hiver sera bon.

(Proverbe normand)

C'est à l'empereur romain Auguste, « Augustus » (63 av. J.-C. - 14), que le mois d'août doit son nom. En 8 av. J.-C., c'est lui qui décida d'ajouter un jour au mois qui porte son nom afin qu'il en ait 31, soit autant que le mois de Juillet, appelé ainsi en l'honneur de Jules César (100 av. J.-C. - 44 av. J.-C.).

 

aout.jpg

 Statue d'Auguste dite de Prima Porta, Ier siècle av. J.-C., Musée Chiaramonti, Vatican, Rome

Chez les Romains, qui célébraient ce mois là la déesse Cérès, fille de Sature et de Cybèle, comme chez les gaulois, août était le temps des moissons, l'aoûtage. Le calendrier républicain le baptisera « thermidor ».

 

aout 2.jpg

 Enluminure représentant le mois d’août issu des Très Riches Heures du duc de Berry.

Si dans la tradition chrétienne, août est le mois de la Providence, en France, on a longtemps célébré le 15 août la fête du souverain. Cette tradition a été initiée par le roi Louis XIII (1601-1643). En 1637, toujours sans héritier après plus de 20 ans de mariage, le roi demande à ses sujets de faire ce jour là, fête de l'Assomption de Marie, une procession dans chaque paroisse afin que son désir de paternité soit exaucé. C'est le 5 septembre 1638 que son épouse Anne d'Autriche mettra au monde le futur roi Louis XIV. Depuis, on appelle « vœu de Louis XIII » la consécration par le roi de la France à la Vierge Marie.

 

aout 4.jpg

 Louis-Dieudonné, Dauphin de France, futur Louis XIV -anonyme, vers 1640.

Ce mois a également donné son nom à l'aoûtat, larve d'acarien provoquant des démangeaisons et allergies à cette période.

Traditionnellement, le temps qu'il fera en août est donné par le temps qu'il a fait le premier de l'An. En Normandie, on a relevé de belles éclaircies et des températures de saison. 

 

Biblio : « Almanach de la mémoire et des coutumes » Hachette, 1979.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

27/07/2014

Un bien curieux rébus...

La Normandie et ses mystères... Sur le terroir du Vièvre, perché sur un promontoire en rebord de plateau, le village eurois de Saint-Grégoire du Vièvre domine la vallée d’Authou, un affluent de la Risle. Au cœur de la cité, l'église présente un bien mystérieux rébus...

st gregoire 4.jpg

Sur son mur méridional court une sorte de bande dessinée en pierre blanche et silex noir dont on ignore tout ou presque de sa signification, de son auteur et de ses raisons ! Bien sûr, nombre d'hypothèses ont été émises. Mais encore aujourd'hui, le mystère reste entier..

st gregoire 6.jpg

Des scènes de combats d'animaux et un chevalier qui, armé d'une épée et d'un éperon étoilé, court après son cheval. Ce qui interpelle, c'est son allure surprenante : tendant une main, il est coiffé d'un pétase, chapeau rond à bord large et plat, et porte un étrange costume.

st gregoire 1.jpg

En alternance, un jeu de damiers où apparaissent des triangles, des barres verticales et horizontales, des croix blanches et noires. On distingue également quelques lettres et chiffres qui pourraient signifier: « le monde est corrompu et faucard ».

st gregoire 3.jpg

On sait que le damier symbolise l'équilibre du bien et du mal, la dualité, l'opposition, les forces contraires... Il faut dire qu'au moment de la construction de l'édifice, première moitié du XVIe siècle, la Normandie est tiraillée par des conflits à la fois religieux et idéologiques : implantation du protestantisme et des idées de réforme et début des guerres de religion.

Si on en ignore le sens, on peut se contenter d'apprécier l’originalité et la beauté de ce travail atypique.

 

Biblio. « Eure – 100 lieux pour les curieux » - D. Camus – Ed. Bonneton 2013

23/07/2014

Le cresson normand

C'est l'une des richesses de notre belle région ! Originaire du Moyen-Orient, apprécié des Romains, c’est d’abord pour ses vertus médicinales que le cresson,  Nasturtium officinale, s’est fait connaître. Possédant un taux record de fer et de calcium, il est un allié de choix contre l’anémie et scorbut, mais pas seulement. Hippocrate (460 av. J-C – 370 av. J-C.) le recommande comme expectorant. Dioscoride (40 ap. J-C. – 90 ap. J-C) lui reconnaît des propriétés diurétiques confirmées par Pline (61 ap. J-C – 112 ap. J-C).  

 

cresson de fontaine.jpg

Cresson de fontaine ou Cresson officinal (Nasturtium officinale)

 

 

De son côté, le roi de France Saint-Louis (1214-1270), lors d’une visite à Vernon (Eure) en 1261, dégusta une salade de cresson qui soulagea si bien sa faim et sa soif, qu’en remerciement, il  accorda à la ville le privilège de faire figurer trois bottes de cresson sur ses armoiries !

 

Mais si le cresson figure en bonne place dans les traités culinaires du Moyen Âge, Le Ménagier de Paris et Le Viandier de Taillevent, qui en proposent des préparations cuites, il faut attendre le XIXe siècle pour qu’il soit réellement introduit dans l’alimentation.  

 

cressionnières de normandie.jpg

 Cressonnière de  Veules-les-Roses

 

 

S’il se cueillait autrefois à l'état sauvage dans les ruisseaux et les endroits humides, sa culture va progressivement se développer à partir du XVe siècle. Et de nombreuses cressonnières vont voir le jour en région parisienne et chez nous, en Normandie, principalement au cœur du département de la Seine-Maritime. Un acte de la vicomté de Rouen atteste de la cressiculture normande dès 1657. Cultivé en bassin, le cresson est entièrement dépendant d’une eau de source (ou de forage) indemne de toute pollution. L’un des plus jolies cressonnières normandes se trouve à Veules-les-Roses, aux sources même du plus petit fleuve de France.  

 

cresson.jpg

 

Et comme d’habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette de la soupe de cresson à la normande*.

Prévoir une botte de cresson, 500 g de pommes de terre, 2 oignons, 2 poireaux, 50 g de beurre, 10 cl de crème fraîche et des croûtons.

Choisir le cresson légèrement humide avec des feuilles bien vertes et serrées. Faire fondre à feu doux les oignons émincés dans un peu de beurre. Ajouter les pommes de terre détaillées en petits morceaux, une poignée de cresson bien lavée et le vert des poireaux coupés menu. Laisser revenir le tout quelques minutes puis mouiller avec 2 litres et demi d’eau. Saler et poivrer. Faire cuire 1h30 environ.

Pendant ce temps, laver le reste du cresson, le hacher grossièrement et faire revenir au beurre quelques minutes. Passer la soupe au tamis, ajouter le cresson et refaire mijoter 10 minutes. En fin de cuisson, ajouter la crème en veillant à ce qu’elle se réchauffe sans bouillir.

Au moment de servir, verser dans une soupière sur ces croûtons passés au beurre.

Bon appétit !

 

« Cuisinière Normande » - Ed. S. Bachès – Mai 2007