31/08/2014

Hector Malot, l'enfant de La Bouille

Le jour de sa naissance, le 20 mai 1830, dans la jolie cité normande de La Bouille, sur les bords de la Seine, la pointe d'un mât de voilier casse la fenêtre de sa chambre ! Ses parents vont y voir le signe d'un destin particulier et ils auront bien raison !

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 Hector Malot (1830-1907)

À l'opposé de « Rémi », son héros de « Sans famille », le plus célèbre de ses romans publié en 1875, qui, aux côtés du vieux Vitalis, courait les marchés pour y faire danser son singe et ses chiens, Hector, fils de notaire, fait partie de « ces enfants choyés qui ont à se défendre contre les caresses de leur mère. »

Après quelques années au Collège Royal de Rouen, c'est sans conviction qu'il poursuit des études qui ne le passionnent guère au lycée Henri IV de Paris.

Il tente ensuite sa chance dans le milieu littéraire de la Capitale, publie quelques articles, des critiques dramatiques et va même jusqu'à écrire des brochures politiques pour un sénateur influent.

C'est en 1859 qu'il connaît le succès si longtemps espéré. Cette année-là, il publie chez l'Editeur Michel Lévy son premier roman « Les amants » qui va être un énorme succès. Il sera suivi de beaucoup d'autres qui, pour la plupart, seront publiés en feuilletons dans les journaux de l'époque avant de paraître en volume.

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Souvent, les intrigues de ses ouvrages se déroulent en Normandie, dans les environs de Rouen comme « Un curé de province » à Bonsecours, « Baccara » à Elbeuf ou bien « Complices » à Oissel. Chacune de ses œuvres est un documentaire, une plongée dans un milieu social ou l'occasion de dénoncer un abus. Comme il a le souci de l'authenticité, c'est avec une grande conscience professionnelle qu'en amont de chaque histoire, il se documente longuement pour « coller » au plus près de la réalité. Ainsi, il étudie avoir soin la théorie de la chaleur pour écrire « Une bonne affaire » et se renseigne sur l'armée avant de commercer « Le lieutenant Nonnet ».

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En 1895, à 65 ans, en pleine gloire et en parfaite possession de ses moyens littéraires, il décide de cesser d'écrire. Avec « Le roman de mes romans », son dernier livre dédié à sa petite-fille, il conte l'histoire de sa vie littéraire. Il meurt dans sa maison de Fontenay-sous-Bois, le 20 juillet 1907, après avoir publié 65 volumes, qui tous ont rencontré le succès.

 

Biblio. « Hector Malot, l'écrivain consciencieux » : article publié dans Destinées Normandes - Rouen-Lecture »n° 10 - Jan-Fev. 1994.

 

27/08/2014

Nous, soussignés, Louis, rois de France...

Durant près de quatre siècles, de 1461 à 1848, ces signatures auront force de loi ! Il s'agit de celles de nos neuf derniers rois, tous prénommés Louis.

 

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C'est Louis le Pieux ou le Débonnaire (814-840) qui inaugure la série en l'an 814 quand il est couronné empereur d'Occident. Il est le quatrième fils de Charlemagne (742-814), né de son union avec la bavaroise Hildegarde de Vintzgau (758-783) .

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Miniature contemporaine de l'école de Fulda datant de 826 représentant Louis le Pieux

Louis XI, surnommé Le Prudent, (1423-1483), est couronné Roi de France en la Cathédrale de Reims le 15 août 1461.

Louis XII, (1462-1515), « le Père du peuple » est aussi celui de Claude de France (1499-1524), l'épouse de François Ier (1494-1547). Elle laissera son nom à une prune, la Reine-Claude.

Inaugurant un nouveau système monétaire français qui tiendra jusqu'à la Révolution française, c'est à  Louis XIII « Le Juste » (1601-1643) que l'on doit  l'institution du louis d'or en 1643.

Louis XIV dit Louis le Grand ou le Roi-Soleil (1638-1715) est de tous les rois de France celui dont le règne fut le plus long : 72 ans et 110 jours  ! Il finira toutefois par le laisser à son arrière petit-fils, le roi Louis XV dit Le Bien-Aimé (1710-1774).

Louis XVI (1754-1793), condamné à mort, sera guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution à Paris. Son fils, le dauphin de France, mort à la prison du Temple à l'âge de 10 ans, ne portera jamais le titre de Louis XVII, même s'il s'exerçait déjà à signer ainsi.

L'exil piteux de Louis XVIII dit Le Désiré (1755-1824) le 19 mars 1815 va laisser le champ libre à l'ex-Empereur Napoléon 1er, de retour de l'île d'Elbe.

Quant à Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), lorsqu'il monte sur le trône de France en 1830, il ne se doute certainement pas que son visage va passer à la postérité sous la forme d'une poire...

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 Les Poires (Honoré Daumier, 1808-1879), transformation caricaturale parue dans le journal « La Caricature » en 1831.

 

 Biblio et photo : « Le grand livre des petites curiosités françaises » de J. Duhamel – Albin-Michel 2002,

 

24/08/2014

La plus ancienne station de sauvetage en mer est normande

Ici, la mer règne en maître. Le raz de Barfleur est l'un des endroits les plus dangereux de nos côtes ! C'est pourquoi le port normand s'est doté dès 1865 d'une station de sauvetage en mer, la première en France.

Si, au large de la Hague, à l'ouest du Cotentin, le raz Blanchard, l’un des courants de marée les plus puissants d’Europe qui doit son nom de ce que la mer, lorsqu’elle est démontée, se couvre d’écume blanche, est le plus dangereux, celui de Barfleur, à l'est de la presqu'île, n'a rien à lui envier !

 

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Les trois milles entre Moulard, du côté de Montfarville, et le phare de Gatteville donnent des sueurs froides aux marins même les plus expérimentés. Ils craignent tous ces forts courants longeant la côte qui provoquent tourbillons et remous. Quand les vents d'amonts, les vents d'est, s'y mettent, et que la houle déferle du cap de Barfleur, l'entrée du port devient périlleuse, et plus d'un s'est retrouvé « dans les cailloux », comme on dit ici. 

Les Barfleurais ne comptent plus les naufrages. En 1120, c'est la « Blanche-Nef », qui s'abîme en sur le rocher de Quillebeuf. Au même endroit, en 1862, c'est au tour de « La Luna », un superbe trois-mâts qui venait de larguer les amarres avec à son bord une centaine d'émigrants partis pour l'eldorado de la Nouvelle-Orléans, de s'y déchirer.

 

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C'est pourquoi, en 1865, sur le modèle des stations anglaises, une station de sauvetage, la première en France, est construite à Barfleur. Pour gagner du temps, le canot de sauvetage est lancé directement du quai, lorsque la mer est haute. Elle plonge dans les eaux du bassin avec son équipage avant de s'élancer au secours des naufragés. C'est ainsi qu'en 1931, le dimanche 23 août, jour des Régates à Barfleur, le canot de sauvetage dans lequel a pris place le Docteur Cabart-Danneville, Sénateur de la Manche, entame sa glissade vers l'eau quand le talon du gouvernail vient heurter le bord du quai. Le choc projette 2 hommes dans l'eau : un marin... et le sénateur "lequel excellent nageur ne tarde pas à remonter sur le quai. Bien que trempé, il reprend sa canne et son chapeau, remercie ses sauveteurs, et salue la foule pleine d'émotion..."

 

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Une station en dur a été construite en 1955, avec rampe de lancement et abri pour le canot. Depuis sa création, 6 canots se sont ainsi succédés dont les 3 premiers à rame. En 1997, l'«Amiral-de-Tourville », plus gros et plus puissant, a pris la relève du « Crestey-et-Sauvé », datant de 1955, et portant le nom des deux marins sauveteurs morts en mission.

 

Biblio. « Pays de Normandie – N°28 – 2000.