Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/12/2018

Monnaie de nos aïeux : le douzain

La pièce de "douzain" fut créée par Charles VII (1403-1461). Appelé également "grand blanc", le douzain ne doit pas être confondu avec le "gros blanc", une monnaie d'argent française frappée sous le règne de Jean II le Bon (1319-1364).

douzain de charles vii.jpg

Le douzain valait 12 deniers (d'où son nom) et équivalait donc à un sol. A noter qu'il n'était pas en argent massif mais fabriqué en billon, un alliage d'argent et de cuivre. Contrairement à la monnaie d’or et d’argent, les pièces en billon, uniquement de la petite monnaie dont la valeur numéraire n’atteignait pas la valeur faciale, circulaient entre les mains du plus grand nombre.

De petite taille, il portait comme motif, d'un côté une croix, de l'autre les armes de France.

 

douzain charles vii.gif

Portrait de Charles VII (1403-1461)

Le douzain fut fabriqué jusqu'à la réformation instituée par Louis XIII (1601-1643) puis interdit à l'usage sous peine d’amende par une ordonnance de Louis XIV (1638-1715) le 16 septembre 1692. Entretemps, son pouvoir libératoire avait été limité à de petites sommes, inférieures à dix livres tournois.

douzain 0.jpg

Pour vous, amis généalogistes, cette troisième grille, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "douzain" tel qu'on peut le trouver sur les actes notariés en 1550 à 1672.

A suivre...

02/12/2018

La couronne de Napoléon

Pour son sacre dans la cathédrale de Paris, le 2 décembre 1804, Napoléon Ier avait voulu une coiffe spécifique. Il faut dire que la Révolution française, l'abolition de la monarchie et l'exécution du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, avait conduit à la destruction de la plupart des anciens joyaux de la couronne  dont l'ancienne couronne royale. Seule celle de Louis XV, de style rococo, échappa au massacre et Napoléon la refusa !

couronne de napoléon 0.png

La couronne du sacre de Napoléon dite "Couronne de Charlemagne"

Lui qui disait ne pas avoir "succédé à Louis XVI mais à Charlemagne", roi des Francs et empereur romain germanique auquel il aimait se comparer, se fit donc fabriquer une couronne impériale par l'orfèvre Martin-Guillaume Biennais (1764-1843).

couronne de napoléon orfevre.jpg

Martin-Guillaume Biennais

De style médiévale, cette "couronne de Charlemagne", telle qu'il l'a baptisa lui-même, du nom de l'ancienne couronne royale de France, est faite de huit demi-arches avec des camées en coquillage et des corniches sculptées qui se rejoignent sur un globe doré, au sommet duquel est placée une croix.

couronne de napoléon sacre.jpg

Le Sacre de Napoléon - Jacques-Louis David (1808 - Musée du Louvre)

Au cours de son couronnement, Napoléon a finalement utilisé deux couronnes. En premier, à l'image de celle des empereurs romains, il se coiffa d'une couronne de laurier en or composée de 44 grandes feuilles, de 42 graines mobiles et de douze feuilles plus petite. Ensuite, il plaça brièvement la couronne impériale de Charlemagne sur sa tête, puis la toucha à la tête de l'impératrice, Joséphine.

 

En 1885, pour empêcher toute nouvelle tentative de restauration royale ou impériale, l'Assemblée nationale française choisit de vendre la plupart des joyaux de la couronne française. Seule une poignée de couronnes vont être conservées pour des raisons historiques. La couronne de Napoléon fit partie de celles-ci. Elle est maintenant exposée au musée du Louvre à Paris. Quant à la couronne de laurier, fondue avec les autres insignes royaux ou impériaux, il n'en reste aujourd'hui plus que deux feuilles ! En effet, la jugeant trop lourde, Napoléon avait fait retiré six des feuilles en or qui l’ornaient et les avait offertes en remerciement à Martin-Guillaume Biennais. Quatre se sont perdues et seules les deux dernières sont parvenues jusqu'à nous. L'une est exposée au musée Napoléon du château de Fontainebleau et l'autre a été vendue aux enchères en 2017 pour la somme de 625 000 euros.

25/11/2018

La singulière bataille de Brécourt

Avez-vous déjà entendu parler de la bataille de Brécourt ? Une bataille décisive qui a sonné le glas des prétentions fédéralistes. Mais une bataille singulière aussi qui a été surnommée  la « bataille sans larmes »...

Brécourt, aujourd'hui appelée Douains, c'est une jolie petite commune normande nichée dans le département de l'Eure, à une vingtaine de kilomètres d 'Évreux. L'histoire se passe en 1793. La petite cité compte 321 âmes plus préoccupées par l'approche des moissons que par la révolte fédéraliste. Ici, comme ailleurs en Normandie, on a plutôt bien accueilli la chute de la Bastille. Et on espère légitimement en des temps meilleurs.

bataille de brecourt 02.png

La Convention nationale est partagée par la rivalité entre ses deux groupes extrêmes : les Montagnards et les Girondins. Et c'est là tout l'histoire, la Seine-Inférieure est plutôt montagnarde, centralisatrice et partisane d'un pouvoir fort, le Calvados et l'Eure plutôt girondins, fédéralistes et modérés, quant à la Manche et l'Orne, elles revendiquent leur fidélité au roi et aux prêtres.

bataille de brecourt puisaye.jpg

En Juillet, une armée de Girondins de Caen part pour Paris avec pour but d'y renverser les Montagnards. A leur tête, le Comte Joseph de Puisaye (1755-1827). Ils passent par Évreux et prennent la direction de Vernon. Le 13 juillet 1793, le jour même où Charlotte Corday (1768-1793) assassine Marat ((1743-1793), Puisaye, malade, s’arrête dans son château voisin de Ménilles et laisse continuer son armée sans lui.

bataille de brecourt.png

Château de Brécourt

En face, une armée Jacobine de 1200 hommes venus de Paris. Ils apprennent que l'ennemi fait une pause au château de Brécourt, situé à 8 km de Vernon. Le lendemain, dès l'aube, ils sont au château et font parler leur artillerie qui, cela dit, se résume, à deux petits canons. Trois coups éclatent et un boulet vient briser, au-dessus de la tête des fédéralistes, les branches d'un pommier. "C'en fut assez pour décider du sort de la campagne. Bientôt l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie se mêlant, se confondant, se bousculant, n'écoutent plus d'autre inspiration que celle d'une panique irrésistible et cherchent leur salut dans un sauve qui peut général." Sauf un blessé, il n'y a eu aucune victime à déplorer lors de ce "combat" connu sous le nom de "bataille sans larmes"

Comment expliquer cette déroute ? Les soldats de Puisaye auraient-ils pu être "alanguis par la boisson après avoir épanché quelques bonnes bouteilles pillées dans les caves du château ? À défaut de cadavres humains, s’amuse l’historien, spécialiste de la Normandie, Michel de Decker, le champ de bataille fut sûrement jalonné de cadavres de bouteilles vides ! !

 

Biblio. "La Normandie pour les nuls" de Ph. Simon - First Ed. 2017.

Merci au site www.douains.fr