Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/08/2018

Ils sont à l'honneur !

"Je suis adroit de la main gauche et je suis gauche de la main droite."

Raymond Devos

 

Qu'ont donc en commun Barack Obama, Diego Maradona, Léonard de Vinci et le roi Louis XIV ? Vous donnez votre langue au chat ? Et bien, tous sont gauchers !

main gauche 1.jpg

Étude de mains - Léonard de Vinci

Demain, 13 août, on célèbre la Journée Nationale des Gauchers ! Si aujourd'hui, on ne compte plus ou beaucoup moins de "gauchers contrariés", ce n'a pas toujours été le cas. Rappelez-vous, c'est à coups de règle sur les doigts que nombre d'instituteurs ont tenté de transformer les gauchers en droitiers afin de les rendre "normaux" !

main gauche 2.gif

La main gauche ou « La main du diable »… Pendant des siècles en France, et encore aujourd’hui dans certains pays du Moyen-Orient, la main gauche était quasiment maudite. Pour comprendre pourquoi, il faut remonter à l'Antiquité. Pour prédire l'avenir, les Romains, avant toute action importante, consultaient les Augures, des prêtres chargés d'interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Pour accomplir leur mission, ils observaient le vol d'oiseaux lâchés pour l'occasion. Lorsque ceux-ci allaient à droite, les auspices étaient favorables. Par contre, s'ils allaient à gauche, "sinistra" en latin (qui a donné "sinistre" en français), c'était là très très défavorable.

L'idée se retrouve également dans l’Évangile. Lors de sa crucifixion, le Christ est encadré à droite d'un bon larron et à gauche d'un mauvais...

Et puis, plus près de nous, nombre d'expressions de la vie courante associent une connotation négative à la gauche comme "avoir deux mains gauches", "être gauche" ou "passer l'arme à gauche".

main gauche 3.jpg

Aujourd’hui, les gauchers représentent 13% environ de la population française, un chiffre en nette progression depuis 40 ans. Bonne fête à eux  !

05/08/2018

Un "Caconyme*" de l'histoire

L'histoire est aussi une suite de farces qui se transforment en "petites histoires de la grande" pour nous la rendre plus savoureuse encore ! Comme celle-ci justement. Notre héroïne porte le titre de "Baronne de La Queue". Rien d'extraordinaire pensez-vous ! Mais où ça devient particulièrement cocasse, c'est lorsqu'on apprend qu'elle est une fille naturelle non légitimée du Roi Soleil !

 caconyme louis XIV.jpg

Louis XIV en famille - 1710 - Portrait de Nicolas de Largillière (1656-1746)

Si Louis XIV (1638-1715) n'a eu que six enfants légitimes de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), on compte à son actif pas moins de seize voire dix-sept enfants conçus hors mariage. Parmi ces "bâtards" comme on disait alors, la petite Louise, née le 7 janvier 1676 des amours royales avec Claude de Vin des Œillets, dite Mademoiselle des Œillets (1637-1687), dame de compagnie de Madame de Montespan.

caconyme claude de vin.jpg

Portrait de Mademoiselle des Œillets - Peinture de Pierre Mignard

D'après Primi Visconti (1648-1713), gentilhomme et littérateur piémontais, chroniqueur de la Cour de Versailles, "cette demoiselle laissait entendre que le Roi avait eu commerce avec elle par diverses fois. Elle paraissait même se vanter d'en avoir eu des enfants. Elle n'est pas belle, mais le Roi se trouvait souvent seul avec elle quand sa maîtresse était occupée ou malade..."

A sa naissance, l'enfant est officiellement déclarée sous de faux noms, ceux de Philippe de Maisonblanche, ancien capitaine de cavalerie, et de dame Gabrielle de la Tour, son épouse.

caconyme louise bourbon 2.jpg

Louise de Bourbon de Maison blanche (1676-1718)

Le roi ne reconnaîtra jamais Louise, mais prendra soin d'elle et de son avenir. Comme elle refusait de devenir religieuse, il la dota de quarante mille livres d'argent et de bijoux, toutefois sans terre ni maison, et lui trouva un mari.  Mais voilà ce Lieutenant au régiment de cavalerie du duc de Bourgogne (1695) est marquis de Prez et baron de la Queue ! Qu'importe,  Bernard de Prez de La Queue (1670-1740) épousa le 17 avril 1696 Louise Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Bourbon-Maisonblanche, faisant de son épouse, la nouvelle Baronne de la Queue, une baronne qui, dit-on, ressemblait tant à son géniteur qu'elle devait se voiler la face quand elle se hasardait dans les allées du château de Versailles. Elle donna naissance à douze enfants dont deux filles lesquelles, en qualité de "petite-fille du Roi", seront élevées à la maison royale de Saint-Cyr .

La Baronne de La Queue mourut le 12 septembre 1718 de la petite vérole. L'acte de sépulture fut rédigé en ces termes : « L’an 1718 le 13 septembre, a été par moi, curé de cette paroisse, inhumée en cette chapelle Saint-Nicolas paroisse de Galuys, Dame Louise de Bourbon de Maisonblanche, fille naturelle du Roy Louis XIV, décédée le jour précédent et âgée de 42 ans. »

 

 

Biblio.* : terme inventé par B. Fuligni auteur du livre "L’Évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire" - Ed. Les Arènes, 2017.

29/07/2018

La signature de nos ancêtres

Tous les généalogistes vous le diront : découvrir au bas des actes l'écriture d'un aïeul est toujours un moment chargé d'émotion. Cette signature, c'est aussi un formidable outil grâce auquel on va tenter de mieux cerner la personnalité de son auteur.

signature seing manuel de fonte.jpg

Seing manuel de Jean de Fonte, notaire d'Albi (XVIe siècle) - Archives départementales du Tarn

Difficile à croire mais les premières signatures ne sont apparues qu'au Moyen-âge, vers l'an 1250 ! En l'an 451, au Concile de Chalcédoine, la plupart des évêques sont incapables d'écrire leur nom ! Et quelques siècles plus tard, le roi de France Philippe Ier (1052-1108) comme Guillaume le Conquérant (1027-1087) sont toujours illettrés ! En fait, jusqu'au XIIIe siècle, peu importe car, pour valider un document, on se contente d'y apposer son "seing", mot issu du latin "signum", l'empreinte de son cachet ou anneau à signer.

Les premières "vraies" signatures, au sens actuel, datent donc du XIIIe siècle. Et ce sont les notaires qui les introduisent en adoptant pour leurs écritures courantes un "signum nominis", appelé aussi "petit seing" ou "seing du nom", formé des lettres de leur nom écrit en cursives avec quelques traits de plume.

signature volet 1 im 2.jpg

Grands seings et petits seings de notaires de 1297 à 1400

A la fin du XIVe siècle, le roi Jean Le Bon (1319-1364) sera le premier roi à signer lui-même de son nom ses lettres closes par un seau. C'est parallèlement l'époque où les noms propres se fixent en France. En 1554, l'ordonnance de Fontainebleau du roi Henri II (1519-1559) demande aux notaires de faire signer les parties contractantes "s'ils scavent signer". Plus d'un siècle plus tard, en 1667, le Code Louis précisera les modalités de la présence des signatures dans les actes des registres paroissiaux. A partir de là, la signature n'est plus seulement un signe de validation mais devient un signe de l'identité individuelle, une marque d'écriture personnelle qui permet à chaque individu de se distinguer des autres par l"inscription de son nom propre. Une marque ! Car la majorité de nos ancêtres ne savent ni lire, ni écrire.

signature volet 1 im 3_0001.jpg

Croix, signes ou marques

Bien sûr, le bourgeois écrit son nom, l'homme de loi enveloppe sa signature avec des replis de paraphes compliqués et le gentilhomme se singularise en employant des lettres d'un demi-pouce. Pour se distinguer, l'artisan prend l'habitude de dessiner plus ou moins maladroitement un objet de son environnement professionnel. Le choix de l'outil est quasiment toujours identique : au boulanger, la pelle du four, au charpentier, une hache, au maréchal-ferrant, des pinces, au marin, une ancre ou un navire, au tailleur des ciseaux, etc...

Quant au paysan, il trace une croix, plus ou moins régulière, un signe connu et facile à reproduire mais aussi et surtout, un symbole religieux suffisamment fort pourtant pour s'apparenter à un serment. Tracer une croix, c'est ni plus ni moins prendre Dieu à témoin. Malheur donc à qui se parjurerait !

A suivre...

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.