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22/01/2017

La motte castrale, ancêtre du château-fort.

Au cœur du département de l'Orne, niche un petit village d'un peu plus de 150 âmes situé dans l'arrondissement d'Alençon et dans le canton de Carrouges, celui de La Motte-Fouquet. Très ancienne seigneurie de haute et basse justice, dont l'origine remonte au XIIème siècle, qui,  comme nombre d'autres lieux en France,  tient son nom de "motte" du premier moyen défensif édifié contre les raids ponctuels menés par les envahisseurs, Sarrasins puis Normands, lesquels, il y a très longtemps, menaçaient nos ancêtres. Pour se défendre de ces attaques, les Carolingiens vont en effet édifier, de la fin du Xe siècle et jusqu'au début du XIIIe, des mottes castrales, embryons de nos châteaux-forts.

 

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À l'origine de l'organisation des la société féodale, la motte castrale consistait en un rehaussement artificiel important de terre rapportée de forme circulaire, le tertre. En général, les mottes avaient un diamètre à la base de 30 mètres et une hauteur de 10 m. La plupart du temps, le tertre était entouré d'un fossé. Bien qu'aucune n'ait été conservée, on sait qu'une tour de bois était emmottée sur le sommet, souvent entourée d'une palissade ou encore d'un muret comme à Grimbosq (Calvados).

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Donjon du château de Gisors (Normandie), construit sur une motte castrale

On pense qu'avec les moyens de l'époque, la construction d'une motte nécessitait en moyenne 2000 journées homme. La Tapisserie de Bayeux nous dévoile la construction par des paysans de l'une d'elles, celle de la motte d'Hastings (Hesteng ceastra).

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Les mottes castrales permettaient non seulement de voir arriver l'ennemi de loin mais également de tenir la position autant que possible en attendant d’éventuels renforts. Elles sont ensuite très vite devenues un lieu symbole de protection pour les populations environnantes et un lieu d’échanges commerciaux denses. C'est le plus souvent sur leur emplacement que furent construits les châteaux-forts qui allaient les remplacer.

 

Biblio. "La petite Histoire - 60 faits insolites de l'Histoire de France" de H. et M. Deveaux - Librio Mémo, 2016.

15/01/2017

15 janvier 1525, la "male marée" ravage la ville nouvelle du Havre

Deux ans après sa victoire à Marignan de 1517, le roi François Ier (1494-1547) charge un de ses proches, un ami de jeunesse, l’Amiral de France Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet (1482-1525), de créer un port au lieu dit « de Grasse », c’est-à-dire le long d’une plaine marécageuse au centre de laquelle on ne trouve guère qu’une simple chapelle dédiée à Notre-Dame de Grâce.

« François, par la grâce de Dieu Roy de France… pour tenir en sûreté les navires et vaisseaux de nous et de nos sujets naviguant sur les mers océanes, avons fait chercher en la côte de Normandie et pays de Caux lieu sûr et convenable… avons donné plein pouvoir et autorité de faire construire le dit Havre et fortifications. »

 

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L’ambition du roi est de faire du lieu une cité fortifiée, un bel arsenal, un port, à la fois militaire et commercial, et un débouché pour Paris. Alors, malgré l’instabilité du sol et les tempêtes, les travaux vont bon train.

Côté port, on aménage le bassin du roi, on maçonne les digues et on aligne des quais. En 1518, il est utilisable et les premiers navires y sont accueillis. On plante la «  grosse tour » de surveillance qui défend son entrée.  

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Côté ville, quartier Notre-Dame, le roi, fervent admirateur de la Renaissance italienne, va faire appel à un Architecte Urbaniste venu de la terre de Sienne, Jérôme Bellamarto, auquel il va ordonner de tracer la première enceinte et les premières rues.  

le havre,male marée,1525

Enfin, pour attirer les futurs habitants du lieu, le souverain leur accorde l’exemption de taille et de franc-salé. Plus, du jamais vu, il les autorise à lever des taxes locales, à percevoir un droit d’ancrage sur tous les bâtiments restant en rade et leur consent un privilège d’achat sur les marchandises débarquées dans le port. Les bretons vont être très nombreux à répondre à l’appel du roi.

Hélas, caprice du temps ou colère divine, le 15 janvier 1525, la « male marée» submerge la ville. En une seule nuit, tout est ravagé. La tempête a raison des premières constructions. Le terrible coup de vent emporte 28 bateaux de pêche et détruit la chapelle Notre-Dame. Au lever du jour, on dénombre plus de 100 morts sur les 600 âmes que comptait la population.

Jusqu’en 1792, un service religieux commémorera chaque année ce funeste évènement.

 

Biblio. "Le Havre, itinéraires insolites" - Y. Letélié - Ysec éditions - 2011.

Merci aux nombreuses pages havraises sur le sujet. 

07:29 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le havre, male marée, 1525

11/01/2017

« Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! » ...

« Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! » ... Les plus anciens d'entre-nous se souviennent de cette réplique culte ! Remontons ensemble le temps. 1958 : En ce premier janvier, à 20h15, quelques français privilégiés découvrent en noir et blanc, sur l'unique chaine de leur écran de télévision "La Clé de l'énigme ", tout premier épisode de la première série policière de la télévision française : les "Cinq Dernières Minutes"! C'est là l'unique fois où l'inspecteur Bourrel s'appelle l'« inspecteur Sommet » et où il enquête seul.

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Ce personnage est interprété par Raymond Souplex (1901-1972), aidé de son adjoint Dupuy, alias Jean Daurand (1913-1989). A chaque épisode, leur enquête les mène dans un milieu professionnel ou social nouveau et inconnu d'eux.

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Créée par Claude Loursais (1919-1988), réalisateur, scénariste et producteur, pionnier de la télévision française. la série totalisera 155 épisodes répartis sur 3 générations. La première, de 56 épisodes, dont les cinq dernières en couleur, est diffusée du 1er janvier 1958 au 7 novembre 1973 sur RTF Télévision puis sur la Première chaîne de l'ORTF. Après une période transitoire comprenant 4 épisodes de 90 minutes diffusés du 19 juillet 1974 au 16 janvier 1975 sur la Première chaîne de l'ORTF, une deuxième série en 72 épisodes de 90 minutes en couleur sera diffusée de 1975 à 1992 sur Antenne 2, puis une troisième de 17 épisodes de 1993 à 1996 sur France 2.

À ses débuts, il s'agissait d'une émission-jeu, qui, tournée en studio, était diffusée en direct. Deux téléspectateurs sélectionnés assistaient au tournage et devaient deviner qui était le coupable de l'intrigue, au moment du célèbre : « Bon Dieu ! Mais c'est… Bien sûr ! » de l'inspecteur Bourrel.

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L'émission rencontrera un énorme succès populaire jusqu'à la disparition de son interprète principal. Par égard pour son interprétation, les commissaires incarnés par les acteurs suivants ne se nommeront plus Bourrel, mais Le Carré, Cabrol et Massard. Quant à l''indicatif musical du générique, il s'intitule "Arsenic Blues" et a été composé par Marc Lanjean (1903-1964).