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17/03/2019

Hamburger normand

C'est un emblème de la culture et de la cuisine américaine et pourtant il est né en Allemagne !

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En effet, le hamburger a pour origine le "steak de Hambourg", spécialité culinaire de steak de bœuf haché servi dans du pain brioché aux ouvriers dans les cantines allemandes. A noter qu'il est courant en Allemagne de nommer les spécialités culinaires selon leur ville d'origine : le Berliner (beignet fourré de confiture), le Frankfurter (hot-dog) et le Bremer (sorte de pain au poisson dénommé en anglais Fishburger), respectivement originaires de Berlin, Francfort-sur-le-Main et Brême, en sont trois autres exemples.

Le steak de Hambourg est un des plats servis à bord des bateaux qui relie Hambourg à New York. Avec les vagues successives de l'immigration européenne sur le Nouveau Monde au XIXe siècle, le hamburger va "débarquer" sur le sol américain où il va connaître un réel succès. Initialement vendu "à la sauvette" au coin des rues new-yorkaises par des marchands ambulants, il devient, avec l'avènement de la société de consommation, un enjeu économique pour les chaînes de restauration rapide qui vont s'en emparer comme White Castle, la première en 1921, out plus tard, en 1952, le géant McDonald's.

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Le plus ancien McDonald's en activité du monde créé en 1953, à Downey en Californie.

Le hamburger est aujourd'hui connu partout dans le monde. En France, en 2016, il est devenu le sandwich préféré des français devant notre charismatique jambon-beurre.

Comme il se customise aisément, je vous propose aujourd'hui, amis gourmands aux babines alléchées, le recette du Hamburger normand* ! Pour épater vos amis, il vous faut prévoir par invité un dessus ou un dessous de camembert écrouté, une petite escalope de veau hachée, quelques tranches d'andouille de Vire, de la mâche et un petit pain frais de chez le boulanger.

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Pour remplacer la mayonnaise ou le ketchup, on peut aussi préparer une sauce normande : un oignon blondi au beurre avec de la farine, mouillé au cidre, travaillé au beurre-froid, le tout complété de crème fraiche allongée de jus de citron.

Poêler au beurre l'escalope de veau hachée (reconstituée en steak haché). Poser la tranche de camembert sur la moitié inférieure du pain, la laisser quelques minutes dans le four chaud éteint. (Pour débarrasser facilement un camembert de sa croûte, il suffit de le congeler 30 à 40 minutes avant de la trancher.)

La sortir et la recouvrir de mâche, poser par-dessus le veau, tartiner de sauce normande, disposer les tranches d'andouille, ajouter un peu de sauce, refermer le pain.

Bon appétit !

 

* Recette issue du "Petit traité du Camembert" de Pierre-Brice Lebrun (que je salue, félicite et remercie au passage) - Ed. Le Sureau, 2017.

10/03/2019

L'arbre des vices et des vertus du Calendrier des Bergers

"La pédagogie et l'apprentissage ont depuis toujours appel à la mémoire visuelle. Au XIIe siècle, considéré comme une période de véritable renaissance intellectuelle, alors que l'enseignement connaît un renouveau avec le développement des écoles urbaines, l'arbre devient un outil efficace de diffusion des connaissances.

Racines, tronc, branches, feuilles... sont utilisés comme supports aux subdivisions de la connaissance. C'est là, plus qu'ailleurs, que se trouve l'origine de la prédilection de l'Occident pour la figure de l'arbre étendue à la généalogie.

Le classement des vices et des vertus est l'un des sujets les plus plus précocement mis en arbre, dès la fin du VIe siècle.

Au XVe siècle, paraît "Le Calendrier des bergers", l'almanach le plus célèbre de la fin du Moyen-âge. Édité pour "enseigner la science des bergers qui est science de l’âme, du corps, des astres, de la vie et de la mort", ils sont en fait des compilations à usage pratique et moral destinées à un public laïc. Le premier compost des bergers fut imprimé à Paris par Guy Marchant en 1491 avant d’être réédité à de nombreuses reprises dans les décennies suivantes. Sur un double page, il offre un petit traité de morale.

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A gauche, l'arbre sec et mort des vices qui s'enracine dans "l'Orgueil" et culmine en "Luxure". il se ramifie en chacun des sept péchés capitaux qui donnent chacun naissance à sept défauts secondaires aux extrémités de petits rameaux. Les branches de vices pendent tristement, sans feuille, vers le sol.

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A droite, fleurit l'arbre des vertus, fécond et feuillu. "L'Humilité" est sa racine. Son tronc se développe avec quatre branches de vertus cardinales ("Justice et Force", "Prudence" et "Tempérance") avant de culminer dans les vertus théologales en deux branches "Foi "et "Espérance" et dans la cime "Charité". De chacune des branches des sept vertus sort un bouquet de sept vertus secondaires.

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A la fin du même traité de moral, une autre image classe les vertus. La tour de la sapience ou de sagesse, à laquelle on accède par un escalier de vertus, est portée par les puissantes colonnes des vertus principales. Chaque pierre, fenêtre et créneau de l'édifice porte le nom d'une vertu.

 

 

Biblio - Texte et images : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.

03/03/2019

Le dernier séjour en Normandie du dernier roi des Français

Hiver 1848. Rien ne va plus sur notre belle terre de France. La crise économique qui sévit sur tout le pays est sans précédent. Personne n'est épargné, ni aucun territoire. Émeutes et manifestations violentes se succèdent.

Après dix-huit ans de règne, le dernier roi des Français, et aussi dernier roi Bourbon, Louis-Philippe (1773-1850), finit par prendre conscience de la gravité des événements. Craignant pour sa vie, "le Roi Bourgeois" est poussé à l’abdication le 24 février 1848. Souhaitant rejoindre l'Angleterre au plus vite, la famille royale quitte la capitale à la sauvette et déguisé, à bord d'une voiture banale et sous le nom d'emprunt de « Mr. Smith », se dirige vers la Normandie.

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Chapelle de la Vierge de Grâce d'Équemauville

Un ami, le Colonel de Perthuis, leur offre l'hospitalité dans son château de la Côte de Grâce. Construit en 1840 par un bourgeois honfleurais, cet édifice "Troubadour", est un mélange de styles Moyen-âge, Renaissance et  Louis XIII. Il se trouve sur la commune d'Équemauville (Calvados), une petite commune d'un peu plus de 600 âmes à l'époque. Par souci de discrétion, la famille royale va y occuper un petit pavillon situé à l'écart et réservé habituellement au jardinier. A quelques pas de là, se trouve la chapelle de la Vierge de Grâce, construite vers 1610 par les bourgeois et les marins de Honfleur, où la Reine Marie-Amélie viendra se recueillir et prier.

 

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Steamer "Le Courrier" en 1837

Au bout de quelques jours, toute la famille embarque à bord du Steamer "Le Courrier" (1831-1885) pour se rendre au Havre ou les attend le Vapeur Anglais "l’Express" qui assure  la ligne Le Havre-Southampton. C'est ce vapeur qui va les emmener à New-Haven en Angleterre où ils débarquent le 3 mars. La famille s'installe au château de Claremont House, dans le Surrey, une demeure mise à leur disposition par la reine Victoria (1819-1901).

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Louis-Philippe et sa famille en compagnie de la reine Victoria et du prince Albert

C'est là que Louis-Philippe rend l'âme le 26 août 1850. Inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, son corps, ainsi que celui de sa femme, décédée le 24 mars 1866, seront ramenés en 1876 à la chapelle royale Saint-Louis, nécropole familiale de Dreux.