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20/05/2018

Le choix d'un nom de plume...

Le célèbre romancier Tristan Bernard (1866-1947) s'appelait en réalité Paul Bernard ? Savez-vous comment il avait choisi son nom de plume ? Vous pensez à la célèbre légende de "Tristan et Iseult" ? Et bien non, strictement rien à voir ! La réalité colle bien mieux à ce personnage fantaisiste...

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Tristan Bernard croqué par Henri de Toulouse-Lautrec

 

Célèbre pour ses mots d'esprit, l'humoriste facétieux à qui l'on doit notamment cette strophe supplémentaire aux "Stances à Marquise" du normand Pierre Corneille (1606-1684), reprises plus tard en chanson par Georges Brassens :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant. »

 

était un joueur impertinent ! Il disait "Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman, avec mes pertes, j'aurais pu me payer le bateau."

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Dans sa jeunesse, il fréquentait surtout les champs de courses et y laissait aussi beaucoup d'argent. Un jour cependant, il empocha une somme rondelette grâce à un cheval nommé "Tristan", qui franchit en premier la ligne d'arrivée... alors que personne ne l'y attendait.

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Du coup, il décida de faire du nom de ce vainqueur son nouveau prénom, persuadé que cela lui porterait chance ! Tout simplement ! Et l'avenir lui donna raison !

Pour conclure mon propos, je ne résiste pas à vous livrer cette anecdote truculente : alors que l'homme se plaignait de rhumatismes à son médecin, celui-ci lui répondit "votre jambe vous fait mal, mais il n'y a pas grand-chose à faire. Que voulez-vous, c'est l'âge !" Ce à quoi, Tristan Bernard répliqua "L'âge, l'âge... C'est vite dit ! L'autre ne me fait pas mal et elle a exactement le même âge !"

13/05/2018

Lorsqu'on ne badinait pas en Normandie avec l'honneur d'une dame !

Marguerite de Thiboubille, Dame de Fontaine la Sorel, avait épousé en 1380 Jean IV de Carrouges, preux et vaillant chevalier normand, Chambellan du duc Pierre II d'Alençon (1340-1404), un descendant de Saint Louis. L'époux, veuf de Jehanne de Tilly, était tombé follement amoureux de la belle au nom de fleur.

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L'histoire nous est contée par le chroniqueur Jean Froissart (1337-1405). Ce jour-là, Marguerite crie haut et fort qu'un écuyer nommé Jacques Le Gris, un autre seigneur normand, favori du duc d'Alençon, s'étant introduit dans son château, a abusé d'elle le 18 janvier 1386, alors que son époux était en voyage. Le sang de Jean de Carrouges ne fait qu'un tour. Pour ce viol odieux, il demande immédiatement justice au roi Charles VI (1368-1422) mais Le Gris nie farouchement les faits. Alors, c'est donc parole contre parole !

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Jean Froissart - Portrait à la sanguine dans le Recueil d'Arras

 

La seule solution que l'on trouve pour trancher cette affaire consiste à organiser un "judicium dei ", un "duel judiciaire", une méthode issue du droit germanique en usage à travers tous le Moyen-âge. C'est une procédure "ordalique", une forme de preuve judiciaire et religieuse qui consiste, en l'absence de témoins ou d'aveux, à soumettre les plaidants à une épreuve dont l'issue, déterminée par Dieu, désigne la personne bien-fondée. Les deux parties en litige se battent en combat singulier, chacune pouvant néanmoins se faire représenter par un plus "spécialiste" que lui...

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Représentation d'un combat judiciaire à Augsbourg, en 1409 (vers 1544)

 

Autorisé par le Parlement de Paris, l'affrontement s'y déroule le 29 décembre 1386. Il s'agit là de l'un des tout derniers duels judiciaires autorisé en France. Le combat se fait d'abord à cheval, puis à pied ensuite. Après de rudes coups d'épée, Jean de Carrouges terrasse son adversaire. Le corps de Le Gris est envoyé pourrir au gibet de Montfaucon et l'on reconnaît solennellement Marguerite comme victime. Quant à Jean de Carrouges, il est fait Chevalier d'honneur du roi le 10 novembre 1390. Parti en croisade contre les Sarrasins, il meurt en septembre 1396 à la bataille de Nicopolis, (aujourd'hui Nikopol en Bulgarie).

 

Biblio. "Normandie Médiévale" - Le Routard - Hachette Ed. 2018.

06/05/2018

Ni "sablé", ni "sabré" !

Alors, le Champagne, on le "sable" ou on le "sabre" ? Et bien, les deux mes amis. Jusqu'au XVIIe siècle, on "sablait" n'importe quel vin et cela voulait dire simplement "faire cul sec". À l'image du métal en fusion que le fondeur jetait précipitamment dans un moule à base de sable, le buveur se jetait du vin dans le gosier et l'avalait d'un trait .

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Aujourd'hui, alors que l'expression "sabler" est réservée au seul vin de Champagne, quant on le "sable", c'est qu'on le sert en abondance pour fêter un évènement joyeux.

L'expression "Sabrer" le Champagne nous vient d'une pratique des régiments de dragons et de hussards créés sous le roi Louis XIV (1638-1715) et dotés non pas d'une épée mais d'un sabre. Au retour des batailles, c'est avec leur arme, d'un geste viril et spectaculaire, que les officiers victorieux faisaient sauter les bouchons des bouteilles de Champagne.

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En Normandie, on ne "sable" ni ne "sabre" le Cidre ! On se contente de le déguster ! Et pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, cette recette de saison de Fraises au Cidre*

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Pour 6 personnes, prévoir 500 g de fraises, 3 pommes, 50 g de sucre et 1/2 litre de Cidre.

Laver et équeuter les fraises. Les mettre dans une jatte. Peler les pommes, les couper en quartiers et retirer les pépins. Émincer les quartiers de pommes et les mélanger aux fraises. Saupoudrer de sucre et arroser du cidre. Placer au frais quelques heures avant de servir. (On peut également ajouter un petit verre de Calvados).  Bon appétit !

 

Recette extraite de "Cuisine de Normandie" de C. Délu - Ed. Denoël 1988.