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25/09/2016

Tarte rustique aux prunes : un régal normand

Au XIIème siècle, Damas, la capitale de la Syrie, est une ville riche et déjà très célèbre pour ses prunes violettes. Leur saveur est, dit-on, exceptionnelle...

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Il se raconte que c'est en rentrant bredouille de la seconde croisade (1147-1149), après l'échec du siège de la ville, que les Croisés auraient introduit dans notre pays cette variété de prunier à pruneaux, nommée de ce fait "Prunier de Damas", dont ils avaient pu se régaler des fruits sur place. Rendant compte de leur expédition au roi, celui-ci, très en colère, se serait écrié quelque chose comme :"Ne me dites pas que vous êtes allés là-bas uniquement pour des prunes !" Cela dit, la prune étant connue en France depuis l'Antiquité, il est donc assez probable que cette belle histoire ne soit en réalité qu'une légende. Toutefois,  de ce "Prunier de Damas" vont naître plusieurs variétés qui régalent aujourd'hui nos papilles comme le mirabellier, le quetschier, le prunier d'Ente ou le prunier Sainte Catherine.

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En Normandie, la cueillette des prunes se déroule de juillet à septembre. La Gaillon, la Reine-Claude, la Goutte d’Or, la Quetsche, la Prune de Monsieur ou la Verte-Bonne se plaisent chez nous. Elles se nourrissent de la bonne et riche terre de notre terroir, notamment autour des méandres de la Seine, de sa pluie (un peu) et de son soleil bien sûr !

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Pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici une recette normande à base de prunes, celle de la tarte rustique aux prunes*. Il vous faut 1 kg de prunes, 250 g de farine, 125 g de beurre, 150 g de sucre, 1 œuf, 1 cl de Calvados, de la crème fraîche et du sel.

Creuser la farine. Au centre, mettre le beurre, 100 g de sucre, l’œuf et une pincée de sel. Mélanger d'abord le milieu, puis incorporer la farine avec un peu d'eau tiède. Lorsque la pâte est bien compacte, la laisser reposer 1 heure au frais.

Étaler la pâte. Enfoncer un moule beurré. Saupoudrer le fond de tarte de farine et de sucre afin d'absorber le jus des prunes et les déposer dessus. Saupoudrer à nouveau de sucre. Cuir au four 1/2 h.

Pendant ce temps, fouetter la crème. La sucrer et la parfumer au Calvados. Servir tiède accompagne de la crème.

Bon appétit !

 

* Recette extraite de "La cuisine rouennaise" d'Y. Sebages. Ed. du Bastion, 2001.

Biblio. "1001 expressions préférées des Français" - Le Point - H-S Sept-Nov 2016.

21/09/2016

Plus ça change, plus c'est la même chose

Lors de la retraite ayant sonné, vers 1920, Anne Boutiaut, surnommée la "Mère Poulard" (1851-1931), mondialement connue pour son auberge au Mont-Saint-Michel et sa fameuse omelette, emménagea avec son époux dans une jolie villa, baptisée "L’Ermitage", qu'ils avaient fait bâtir sur les hauteurs du site.

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Anne Boutiaut, surnommée la "Mère Poulard"

"Georges Clemenceau (1841-1929), qui avait été, à plusieurs reprises, son hôte, aimait prendre, de ses nouvelles. (...) Un certain jour d'après-guerre, il manifesta le désir de revoir celle qui l'avait si aimablement reçu au Mont-Saint-Michel. Le voyage fut concerté. (...) L'entrevue fut extrêmement touchante.

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Georges Clemenceau (1841-1929)

- Ah ! Monsieur Clemenceau, permettez-moi de vous embrasser, pour vous remercier d'abord d'avoir sauvé mon pays.

- Allez-y, Madame ! C'est bien bon de votre part.

Et la Mère Poulard embrassa, sans plus de façons, le vieux Tigre, qui se laissa faire avec attendrissement.

Puis, on causa :

- Monsieur Clemenceau, je vais vous dire que tant que vous renversiez les ministères, je ne vous aimais pas. Je trouvais que c'était très mal. Mais je vous aime beaucoup maintenant.

- J'accepte le compliment, chère Madame. Mais vous savez, il ne faut pas m'en vouloir d'avoir renversé les gouvernements. Plus ça change, plus c'est la même chose. Il ne fallait pas vous inquiéter.

Le Tigre s'assit à la table de l'auberge et déjeuna d'un bel appétit. L'omelette fut confectionnée par Madame Poulard elle-même."*

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Autour de cette fameuse omelette, un cycle de légendes s'est formé. Quel était donc "le" secret ? Il se murmurait sous le manteau que la Mère Poulard écartait une partie des blancs d’œufs et ajoutait un bon verre de crème fraîche... "Pouvez-vous croire, rétorquait l'intéressée, que j'aurais perdu touts ces blancs ? Non, je prenais les œufs et les battais tels quels, quant à la crème, pure invention ! Ce qui est vrai, c'est que nous avions toujours le meilleur beurre du pays et toujours très frais, nous en mettions dans la poêle un bon morceau, que nous ne laissions pas roussir. Surtout, nous nous gardions de trop cuire. Voilà tout mon secret !"

 

*Anecdote extraite du livre d'E. Couillard dans son livre "La mère Poulard", Ed. Cheminances, 2013.

Biblio. "La France à table - Basse-Normandie" n° 27 - Dec. 1950.

 

18/09/2016

L'histoire du patronyme de Jean Le Rond d'Alembert

Au milieu du XVIIIe siècle, paraît la grande Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. 18 000 pages de texte et 74 000 articles de culture, de sciences et d'idées nouvelles. Pourtant, celui qui, en 1749, écrit le magnifique "discours préliminaire" de cette première encyclopédie française et aussi la plupart des articles mathématiques, signe ses textes d'un énigmatique "O", non pas la lettre "O" mais un simple rond... Car c'est son nom !Jean Le Rond. Plus tard, il y ajoutera celui de d'Alembert.

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Il naquit le 16 novembre de la 17ème année de ce début de siècle et mourra 17 ans avant sa fin. Comme la tradition le voulait alors, il reçu, au moment de son baptême, le nom de l'église devant laquelle des ouvriers le trouvèrent au petit matin du 17 novembre 1717 : l'église Saint-Jean-le-Rond.

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Église Saint-Jean-le-Rond, à gauche de la tour nord de Notre-Dame de Paris

C'était une église de Paris dédiée à saint Jean-Baptiste et détruite en 1748. Elle était accolée à la tour nord de Notre-Dame de Paris, à l'emplacement actuel de la rue du Cloître-Notre-Dame. Enfant naturel, sa mère qui par la suite refusera tout contact avec lui, Claudine Guérin de Tencin (1682-1749), l'avait en effet abandonné et fait déposé la nuit de sa naissance par un serviteur dans une petite boîte en sapin, toutefois bien douillette, sur les marches de cette église.

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J.-B. Le Rond d'Alembert (1717 -1783) - Quentin de la Tour, 1755.


Placé par les sœurs à l’hospice des Enfants-Trouvés, il fut ensuite rapidement confié à un nourrice, Madame Rousseau, née Étiennette Gabrielle Ponthieux (ca 1683 - 1775) qu'il aimera comme sa mère et chez qui il vivra jusqu’à ses cinquante ans. Probablement à la demande de son père biologique, le duc Léopold-Philippe d'Arenberg (1690-1754), l'homme de confiance de celui-ci, le chevalier Louis-Camus Destouches (1668-1726) veillera sur lui et sur son éducation en prenant à sa charge l'intégralité de ses études.

Brillant élève, le jeune homme obtient en 1735 le titre de maître ès-arts et choisit d'abord la voie du droit sous le nom de "Daremberg" qu'il changera ensuite en "D’Alembert" et qu’il conservera toute sa vie. Reçu avocat en 1738 , il entreprend des études de médecine qu'il abandonne pour se consacrer finalement aux mathématiques. Jean Le Rond d'Alembert fut à la fois un des plus grands théoriciens de son siècle, un remarquable praticien et un homme du monde.

 

 

Biblio. "Histoires de maths" de A. Deledicq et D. Izoard - Ed. du Kangourou - Paris, 2000.