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27/07/2016

28 juillet 754 : le premier sacre de l'histoire de France

C'est sans doute l'un des épisodes des plus marquants de l'histoire de France. Nous sommes le dimanche 28 juillet 754 à l'abbaye royale de Saint-Denis. En présence des grands du Royaume franc, qui, comme le veut la coutume germanique l'ont porté précédemment sur le pavois et dûment acclamé, le pape Étienne II (+757), en personne, oint du Saint-Chrême, celui même qui transmet l'Esprit saint, le front de Pépin III (714-768), (dit le Bref en rapport avec sa taille), et le sacre roi des Francs, ainsi que celui de ses deux fils Carloman et Charles, le futur Charlemagne (742-814). Par ce geste, ces derniers acquièrent non seulement une légitimité politique en cas de mort de leur père mais garantissent une continuité dynastique. Enfin, Bertrade de Laon (720-783),dite Berthe au Grand pied (car elle avait un plus allongé que l'autre), épouse de Pépin, reçoit quant à elle la bénédiction papale.

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Sacre de Pépin III par le pape Étienne II

Il s'agit là en réalité du second sacre de ce premier représentant de la dynastie carolingienne. Fils de Charles Martel (686-741), Maire du palais à partir de 714 et considéré comme un véritable roi grâce à ses victoires, Pépin, tirant profit du prestige de son père, a détrôné le dernier souverain mérovingien, Childéric III (714-755) et s'est déjà fait couronner roi une première fois en novembre 751 à Soissons par une assemblée de grands laïcs et d'ecclésiastiques présidée par Boniface, l'archevêque de Mayence.

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Pépin le Bref est couronné à Soissons par saint Boniface

Ce second sacre va lui conférer la légitimité qui lui manque. Pépin et ses successeurs seront désormais "rois de droit divin"et ne dépendront plus de l'assemblée des Barons pour leur élection. Après l’onction, le pape déclarera solennellement que tout grand qui se rebellera contre Pépin sera immédiatement déclaré anathème. De son côté, le roi, qui sera dès lors appelé "christianissimus", le roi "très chrétien", reçoit le titre honorifique de "Patrice des Romains" destiné à consacrer son rôle de défenseur de la papauté.

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Royaume de Pépin le Bref

 

A partir de ce moment, la monarchie Franque devient "fille aînée de l’Église", une vocation qui ne s'éteindra que sous Napoléon III (1808-1873) avec la conquête de Rome par la monarchie piémontaise.

24/07/2016

Bon dernier d'une première

2428 kilomètres, rien que ça ! Entre Montgeron, une petite ville située à 19 kilomètres au sud-est de la capitale, dans l'actuel département de l'Essonne, et Paris, en passant par les cinq grandes villes de France que sont Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes. 6 étapes. Mais quelles étapes ! Pour cette première édition du "Tour de France", en ce 1er juillet 1903, sur les 80 engagés, seuls 60 coureurs prendront le départ. Un seul journaliste couvre l’évènement dans son intégralité. Il s'agit de Géo, Georges Lefèvre (1877-1961), l'envoyé spécial du journal organisateur « L’Auto ». A ce moment là, nul ne se doute que la "Grande Boucle" va devenir la course cycliste la plus prestigieuse au monde.

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Départ de la première étape du premier Tour de France (Villeneuve-Saint-Georges 1903)

 

Deux semaines plus tard, le dimanche 19 juillet, c'est l'arrivée. Moins de la moitié des coureurs, soit 21 cyclistes seulement ont pris part à l'ensemble des étapes et figurent donc au classement général final. C'est Maurice Garin (1871-1957) qui termine en vainqueur après 94 h 33 min 14 s de course, soit une moyenne de 25,288 km/h et empoche une prime de 20 000 francs.

 

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10 heures, 11 minutes et 5 secondes plus tard, c'est au tour d'Arsène Millocheau (1867-1948) de franchir en dernier la ligne d'arrivée. L'homme, qui clos ainsi le classement général, expliquera qu'il s'était perdu... Souvent... Car, sur l'ensemble de la course, son retard est de 64 heures, 57 minutes et 8 secondes. Il va malgré tout détenir un record qui, jusqu'à présent, n'a jamais été égalé. En effet, aucun coureur du Tour de France n'est jamais allé moins vite que lui !

 

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Arsène Millocheau (1867-1948)

 

Lui qui possède un atelier de réparation de cycles rue de Charonne à Paris dans lequel il travaillera jusqu'à la fin de sa vie, sait très bien que sa "performance", une course à l'allure moyenne de 15,72 km/heure, ne lui permet pas de prétendre à la moindre prime... Pourtant, les organisateurs décideront de lui octroyer malgré tout 5 francs par jour de course, soit 95 francs au total !

 

Biblio. "le coiffeur de Marie-Antoinette et autres oubliés de l'histoire" de F. Richaud - Ed. Le Cherche-Midi, 2016.

"la grande histoire du Tour de France" de T. Cazeneuve - L'équipe 2010.

20/07/2016

Le premier guide routier de France

Sous le titre original de "La Grand Guide des Chemins pour aller et venir par tout le Royaume de France. Avec les noms des Fleuves & Rivieres qui courent parmy lesdicts pays. Augmenté du voyage de S. Lacques, de Rome, & Venise", ce premier guide routier français a été imprimé en l'an de grâce 1552 ! Et ce fut un grand succès de librairie puisque, en un peu plus de 15 années, jusqu'en 1568, 28 éditions vont être publiées !

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L'auteur de ce guide se nomme Charles Estienne (c.1504/1505-1564). Il est issu d'une célèbre famille d’imprimeurs-éditeurs et humanistes français qui travaillèrent du XVe au XVIIe siècle à Paris, Lyon et à Genève. Bien qu'élevé dans la connaissance des belles-lettres et des langues anciennes, il choisira tout d'abord la médecine qu'il exercera jusqu'en 1550, date à laquelle il va reprendre la direction de l’imprimerie familiale. Onze ans plus tard, à la suite de mauvaises affaires, il est incarcéré pour dettes au Grand-Châtelet, l'édifice le plus sinistre de la capitale, et il y demeurera jusqu'à sa mort.

Auteur de plusieurs dictionnaires et de nombreux autres ouvrages, Charles Estienne est décrit comme "un homme avare et emporté, jaloux de ses confrères et même de ses neveux, qu'il cherchait à desservir dans toutes les occasions". Il n'en reste pas moins que, selon le bibliographe anglais Michael Maittaire (1668-1747), la beauté des ses éditions n'a jamais été surpassée.

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A cette époque, après les ravages de la Guerre de Cent-Ans, le réseau routier du royaume se met en place, ce qui permet au roi François Ier (1494-1547) et de sa cour, de se déplacer aisément de Fontainebleau à Lyon et Toulouse. L'ouvrage est destiné à aider le simple voyageur ou pèlerin en route vers Saint Jacques de Compostelle ou Rome à retrouver son chemin, à choisir ses gîtes d’étapes et à se prémunir des dangers du voyage. 283 itinéraires sont proposés, tous accompagnés d'informations sur les curiosités, les monuments, l’hébergement et les particularités des régions parcourues. On y trouve aussi de nombreux détails pratiques, comme par exemple des mises en garde contre les passages dangereux, mais aussi des commentaires insolites comme : « Belle Ville, mal nommée » ou « La Ferté, première des quatre filles de Citeaux". Tout y est... à l'exception d'un simple détail : il n'est doté d'aucune carte !

Aujourd'hui, ce guide est consultable en ligne sur le site de Gallica. S'agissant du duché de Normandie, on peut notamment y lire que "les chemins de ceste Duché sont notables, à raison des marchandises qui abordent aux ports de mer" ou bien encore que "Le Royaume d'Yvetot est fort petit, et ne contient villes, bourg, ni lieux notables".

 

 

Biblio. "Le grand Bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Ed. Larousse 2012.

Merci au site http://www.histoire-genealogie.com, aux nombreuses pages sur le sujet dont celle de Wikipédia.