19/05/2013

"Une petite fraise, au matin du printemps...

« ...Rouge et rayonnante comme l’éclat du soleil.. »

Eric Vaillancourt

 

Le roi Louis XIV (1638-1715) raffolait des fraises. A ce point que son premier médecin, l’illustre Guy-Crescent Fagon (1638-1718), soucieux de la santé de son maître, les lui avait interdites ! Mais il semble bien que rien n’y fit et que le vieux monarque continua à en savourer de pleins « vaisseaux », mais en cachette, tout de même !

 

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C’est le savant explorateur Amédée-Antoine Frézier (1682-1773), après un long voyage à bord du « Saint-Joseph », un voilier de trois cent cinquante tonneaux, qui rapporta dans ses bagages les premiers plants de ce « fruit du Chili » qui allait bientôt remplacer sur la table royale les fraises des bois consommées depuis la Renaissance (v. ma note du 1er juillet 2012). 

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En Normandie, la production de la fraise va rester artisanale.  Pourtant, nos variétés locales, la Sans Rivale, la Duc de Normandie, la Belle et Bonne,… pour ne citer qu’elles, émerveillent les yeux et satisfont agréablement les papilles.

Et bien sûr, nous les dégustons à la crème fraîche ! Pour vous amis gourmands aux babines alléchées, voici deux recettes issues du livre de Simon Morand, « Gastronomie normande d’hier et d’aujourd’hui »* 

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1) Eplucher les fruits et les laver légèrement si nécessaire, les dresser dans un compotier et les sucrer, faire sauter doucement pour les imprégner de sucre. Verser la crème par-dessus après l’avoir sucrée et légèrement battue.

2) Mettre les fruits nettoyés dans un compotier. Verser par-dessus un sirop de sucre bouillant. Laisser macérer. Servir chaud ou froid, accompagné d’une jatte de crème sucrée et battue.

A noter que, d'après l'auteur, ces deux préparations seront nettement plus savoureuses si vous arrosez les fruits d'un trait de Calvados.

 

Bon appétit !

 

 

*Ed. Flammarion - Paris 1970.

15/05/2013

L'originalité d'une petite église de campagne normande

Le village de Triquerville se situe en Seine-Maritime, près de Notre-Dame de Gravenchon, au cœur du canton de Lillebonne.

Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est que ce village normand a une singularité, celle de posséder la seule église à structure métallique connue en Haute-Normandie.

Vu de l’extérieur, l’édifice ne paie pas de mine, perché en haut de son escalier, un peu usé par le temps.  

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Mais après avoir franchi le portail d'entrée,  une surprise attend le visiteur. Autour de la nef, de fines colonnes en fonte soutiennent une charpente en métal plutôt inhabituelle pour une église de campagne. Cela donne au vaisseau l’aspect d’une grande halle légère et lumineuse. 

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C’est en 1888 que, devant l’état de vétusté extrême de la vieille église de pierre datant du XVIe siècle et l’importance du budget que sa remise en état nécessiterait, le conseil municipal du village, sur proposition de son maire, le Marquis de Triquerville, vote la construction d’un nouvel édifice.

Nous sommes au lendemain de l’Exposition Universelle de Paris de 1889 organisée sur le thème de la Révolution française, dans le cadre du centenaire de cet évènement et dont le clou du spectacle n’est autre que la Tour Eiffel, haute de 318 mètres et qui va accueillir à elle seule près de 2 millions de visiteurs. 

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Le choix des élus de Triquerville se porte naturellement sur un pavillon métallique, projet qui, à l’époque, a le mérite d’être à la fois économique et rapide. La réalisation des plans est confiée à Schupp et Pirre, ingénieurs de la société métallurgique d’Amiens. Un an plus tard, en 1891, l’église paroissiale Saint Jean Baptiste de Triquerville est consacrée.

Bien entendu, elle ne va pas faire, loin s’en faut, l’unanimité des 400 triquervillais mais elle passe depuis pour être la  plus originale de toute la Haute-Normandie… comme la Tour Eiffel en somme…

 

 

Biblio. Merci au magazine « Seine-Maritime Mag » - 03.2013 et au site http://clochers.org/

 

 

12/05/2013

Berthe Frémont, une normande du pays d'Ouche

Qu’ont donc en commun Hatchepsout, la femme pharaon, Sainte-Wilgeforte qui vécut au XIe siècle, la Baronne Sidonia de Barcsy (1866-1925) et Berthe Frémont qui naquit en Normandie le 20 février 1882 ?

Toutes 4 ont été des « femmes à barbe » célèbres.   

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 Sainte Wilgeforte - Eglise de Wissant (Pas-de-Calais)

 

Si Hatchepsout, qui apparaissait en public en habit masculin, portait une barbe postiche et si Sainte-Wilgeforte aurait quant à elle obtenu de Dieu la pilosité nécessaire à faire échouer un projet de mariage dont elle ne voulait pas, les autres devaient souffrir d’hirsutisme, une maladie qui touche environ 10% des femmes et se manifeste par l’apparition de poils dans des zones habituellement imberbes.  

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C’était le cas de Berthe Frémont qui vit le jour à Bourth, petite cité  du  pays d’Ouche, au sein du département de l’Eure, dans le canton de Verneuil-sur-Avre, le 20 février 1882.

 

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 Berthe Frémont (1882-1951)

 

Cette bourthoise, au système pileux anormalement développé, refusa toujours de raser sa belle barbe de patriarche orthodoxe. Comme elle repoussa toutes les offres alléchantes qui lui ont été faites pour s’exhiber dans les cirques.  

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Elle mena une vie simple, fut mère et grand-mère de 18 petits enfants et s’est éteinte à Verneuil, le 31 janvier 1951.

 

Biblio. "Mille ans normands" de M. De Decker - Ed. Bertout - 1999.