29/10/2014

Le mois de novembre...

 La Toussaint

mets l'hiver en train.

 

Novembre vient du latin « novem », signifiant « neuf ». Car si Novembre est bien le onzième mois des calendriers grégorien et julien, il était seulement le neuvième de l’ancien calendrier romain. Et ce sont ces mêmes Romains qui avaient suggéré à leur empereur Tibère (42 av. J.-C. - 37 ap J.C.) de donner son nom au mois de novembre, ce qu'il refusa : « Que ferez-vous donc quand vous arriverez au treizième César ? »

Charlemagne (742-814), appelait novembre « le mois du vent ». Pour les livres d'heures, il est le temps des maisons et des fours. Et dans le calendrier républicain, Brumaire est placé entre Vendémiaire et Frimaire.

 

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La fête de la Toussaint fut instituée en 835 pour célébrer l'anniversaire de la transformation du Panthéon de Rome en ossuaire des saints martyrs, et par là pour célébrer la fête de tous les saints. Le 2 novembre, lui, marquait la fête de tous les morts sans distinction. Aujourd'hui, les deux fêtes sont confondues, et l’État a décrété fériée la fête de la Toussaint pour célébrer la mémoire des soldats morts pour la patrie.

 

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« Si à la Toussaint, vous n'étrennez rien, Les saintes vous feront la grimace ! » C'est pourquoi, ce jour-là, à l'office, le Normand portait un nouveau vêtement comme un foulard, un bonnet ou un blouse, satisfaisant ainsi à une superstition selon laquelle, pour entrer dans une nouvelle période et la rendre faste, il fallait faire le sacrifice d'une dépense !

Que de célébrations en novembre : le 11, celle de l'Armistice de la Première Guerre Mondiale, le 20, la journée internationale des droits de l'enfant, le 25, fête de la Sainte-Catherine choisie pour la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. C'est également en novembre, le troisième jeudi du mois, qu'on fête le Beaujolais nouveau !

 

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Le temps qu'il fera en novembre est donné par le temps qu'il a fait le 4 janvier dernier. Ce jour-là, en Normandie comme dans tout l'ouest de la France, le temps était très perturbé avec des pluies nombreuses et copieuses !

 

Biblio. « Almanach de la mémoire et des coutumes » - Hachette 1979 et « Normandie -Almanach de la mémoire et des coutumes » - Hachette 1982.

Illustrations : merci aux sites http://www.macon-tourism.com et http://www.patrimoine-normand.com

26/10/2014

Tête de veau à la normande

Considérée comme un plat « grand genre » au XIXe siècle, elle figure aujourd'hui en bonne place sur tous les menus des brasseries de qualité !

 

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Mais d'où vient-elle ? Nombre de confréries et clubs de la tête de veau, partout dans l’hexagone,  revendiquent l'origine de ce plat traditionnel qui, cependant, pour l'écrivain normand Gustave Flaubert (1821-1880), ne serait pas français ! En effet, dans son "Éducation Sentimentale", il fait dire à un ex-délégué du Gouvernement provisoire, qu'il s'agit là bel et bien d'une importation anglaise ! "Pour parodier la cérémonie que les royalistes célébraient le 30 janvier, jour de la décapitation du roi Charles Ier d'Angleterre (1600-1649), des Indépendants auraient fondé un banquet annuel où l'on mangeait des têtes de veau et où on buvait du vin rouge dans des crânes de veau en portant des toasts à l'extermination des Stuarts ! »

 

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Française ou pas, il existe tout de même chez nous un grand nombre de façons de préparer la tête de veau qui, selon les goûts, se déguste chaude ou froide. Dans son « Grand Dictionnaire de la Cuisine », Alexandre Dumas (1802-1870) en décrit pas moins de neuf : au naturel, farcie, en tortue, à la poulette, à la Sainte-Menehould, frite, farcie (selon une méthode tirée d'un ouvrage de la bibliothèque royale de Versailles), à la Destilière (qu'il attribue à l'écrivain-gastronome Grimod de La Reynière (1758-1837), et à la Puits Certains !

Mais, le saviez-vous, on peut aussi la préparer façon "terroir normand" ! Voici donc, comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, la recette traditionnelle de la Tête de veau à la Normande* :

Pour 4 personnes, il vous faut prévoir : 1 kg de tête de veau, 250 g de champignons, oignons et carottes, 1 bouquet garni,¼ de litre de crème fraîche épaisse, du beurre, de la farine, du cidre brut (ou du vin blanc), quelques citrons, de la noix de muscade râpée, du sel et du poivre en grain.

Faîtes blanchir le veau en le mettant 5 à 6 minutes à l'eau froide. Rafraîchissez-le, citronnez-le fortement, découpez-le en morceaux carrés de forme régulière et faites-le cuire dans un blanc, c'est-à-dire dans une grande quantité d'eau froide dans laquelle on a délayé une poignée de farine pour la blanchir. Assaisonnez la cuisson avec oignons, carottes, bouquet garni, poivre en grain, sel et la chair d'un citron bien pelé.

Couvrez avec un linge (pas avec un couvercle car ce mode de cuisson, en bouillant, monte comme du lait). Laissez cuire 1h30 à 2 h. Veillez à ce que le veau reste un peu ferme.

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Pendant ce temps, préparez une sauce normande. Pour cela, faites blondir un oignon très finement émincé à feu doux dans une noix de beurre. Ajoutez 50 g de beurre et une bonne cuillerée de farine, travaillez le mélange à la cuiller de bois, laissez un peu épaissir, pour mouillez au cidre (ou, à défaut, avec du vin blanc) en travaillant au fouet. Ajoutez peu à peu quelques petits morceaux de beurre. Salez, poivrez, râper un peu de muscade. Au moment de servir, incorporez à la sauce un quart de crème fraîche épaisse en travaillant toujours au fouet et terminez avec un filet de citron.

Faites cuire le champignons, mélangez-les à la sauce. Dressez le veau dans un plat creux et nappez-le abondamment de sauce normande.

Bon appétit !

*Recette extraite de « Cuisine Normande » de Michel Barberousse – Ed. Barberousse – Paris -

 

22/10/2014

Guillaume Dubusc, Notaire Royal

On rencontre plus facilement dans sa généalogie journaliers et autres manouvriers qu'un notaire royal !

Mon aïeul Guillaume Dubusc* a été baptisé en l'église Saint-Jacques de Dieppe (XIIe au XVIe siècles) le 15 août 1643. Selon la tradition, comme aîné de la famille, il reçoit le prénom de son père. Après lui, viendra une fratrie composée notamment de Marc-Anthoine, Anne, qui recevra le prénom de sa mère, Jean et Marie Madelaine.

 

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 Église Saint-Jacques à Dieppe - Camille Pissarro - 1901

La famille Dubusc fait partie des notables de la ville normande. L'oncle de Guillaume, Jean Dubusc est Prêtre Chapelain en la cathédrale Notre-Dame de Rouen et sa sœur Marie-Madeleine aura pour parrain Jean Du Montier, vicomte d'Arques. Le 7 février 1673, en l'église voisine de Saint-Rémy de Dieppe, Guillaume Dubusc, alors Tabellion Royal, fait « un beau mariage ». Il épouse Marie Quevesne dont le frère Guillaume est Procureur du Roi.

 

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Acte de mariage de Guillaume Dubusc et Marie Quevesne (Registre Paroissial de St-Jacques de Dieppe)

Dans la moitié nord de la France, on a longtemps distingué les deux fonctions : au notaire, la rédaction de l'acte authentique, au tabellion sa conservation et la délivrance des copies. Tous deux ont en principe, après la « petite école », soit vers l'âge de 10/11 ans, intégré un collège ecclésiastique. La formation y est essentiellement centrée sur la bonne maîtrise du latin. Car à cette époque, si c'est par l'apprentissage qu'on apprend le notariat, c'est par l'acquisition d'un l'office qu'on devient professionnel. Donc, avant d'être en capacité de s'installer, il faut avoir exercé plusieurs années au côté d'un praticien, avoir copié durant de longues journées toutes sortes d'actes, avoir appris à ses côtés le droit et le fonctionnement de la justice. Au XVIIe siècle, le notaire est « officier » c'est à dire qu'il détient une charge, nommée office, dont il hérite ou qu'il a achetée. Pour la royauté, l'office s'impose comme un expédient financier capable de remplir les caisses de l’État. En cas de besoin, le roi augmente les impôts, emprunte aux financiers... ou créé des offices ! En contre-partie, le notaire dispose de privilèges bien concrets comme l'exemption de la taille, le grand impôt royal.

Guillaume Dubusc et Marie Quevesne vont avoir 7 enfants dont les parrains et marraines, choisis parmi la noblesse et la haute-bourgeoisie de la cité normande florissante, témoignent de leur réussite.C'est à cette époque que Guillaume prend le titre de « Notaire Royal aux juridictions royales d'Arques, greffier en chef aux traites et foraines de la ville de Dieppe ». Les traites, dont les foraines, sont des impôts royaux, sorte de droits de douane, perçus sur la circulation des marchandises entre les différentes provinces du royaume ou avec l'étranger. Grâce notamment à l'armateur Jehan Ango (1480-1551) dont les navires atteignent Sumatra, le Brésil et le Canada, la puissance maritime de la ville de Dieppe est à son apogée : l'or des Amériques, le bois des tentures du Brésil, le tabac ou encore les morues de Terre-neuve y transitent en nombre, faisant la fortune et l'aisance des "officiers".

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Après le décès de son épouse, Marie Quevesne, le 17 juin 1693 à seulement 42 ans, Guillaume Dubusc se remarie le 29 juin 1694, cette fois en l’Église Saint-Jacques de Dieppe. Il a près de 51 ans, un âge avancé pour l'époque, alors que l'élue de son cœur, Magdeleine Lagnel, en a 27 de moins. Hélas, le royaume est en guerre. A peine un mois plus tard, les 22 et 23 juillet 1694, la flotte anglo-néerlandaise bombarde Dieppe. La ville est quasiment détruite : la majorité des maisons, essentiellement à pans de bois, ont brûlé. La lenteur de la reconstruction va faire perdre à la ville son statut de métropole de commerce. Des années de vache maigre commencent pour Guillaume Dubusc. Il aura cinq enfants de sa jeune épouse, avant de décéder, le 24 septembre 1707, à l'âge de 64 ans.

* Guillaume Dubusc (1643-1707), Notraire Royal, mon sosa 382, marié le 29 juin 1694 à Dieppe, paroisse Saint-Jacques à Magdeleine Lagnel ―> Madeleine Dubuc (1700-1756) mariée le 9 janvier 1719 à Etran (76) à Louis SEVERI (1682-1760), Marchand de bois ―> Marie Madelaine SEVERI (1739-1819) mariée le 27 octobre 1762 à Grèges (76) à Pierre LAVIEUVILLE (1733-1793), Aubergiste ―> Marie Magdeleine Angélique LAVIEUVILLE (1767-1838), Fileuse, mariée le 3 mars 1794 à Rouxmesnil (76) à Pierre Charles DUBOST (1768-1842), Maréchal Ferrant ―> Madeleine Ludivine DUBOST (1813-1899), mariée le 22 septembre1840 à Ancourt (76) à Pierre Alexandre SANNIER (1813-1881) Maître Maréchal Ferrant ―> Ludivine Olive SANNIER, (1842-1913), Jardinière, mariée le 13 janvier 1863 à Neuville (76) à Gilles Édouard DAMAMME (1834-1905) Maréchal Ferrant ―>Alexandre Augustine DAMAMME (1881-1967), ma grand-mère paternelle.

Biblio. « Notaires et tabellions » - Nos ancêtres – Vie et Métiers – n° 29 Jan-Fev 2008.