Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/06/2016

Des pissenlits aux œufs durs

C'est vrai, lorsqu'il envahit nos belles allées et nos jolies platebandes, on a peu faire de ses bienfaits et vertus découverts dès l'Antiquité ! Cette plante vivace aux fleurs jaune d'or qu'est le pissenlit, sûrement la plus connue des plantes champêtre, tire d'ailleurs son nom de ses propriétés diurétiques... Utilisé dans le traitement du manque d'appétit et les troubles digestifs mineurs, il est connu également pour améliorer les fonctions hépatique, biliaire et urinaire.

pissenlit.jpg

Son nom botanique, "Taraxacum officinalis" vient du grec "ταράχη" qui signifie trouble et "άχος" forme du verbe guérir. Sans doute à cause de la découpe de ses feuilles, on l'appelle aussi « dent de lion », ce qui lui a donné son nom anglais "dandelion ".

La médecine chinoise en fait mention dès le 7e siècle après J.-C. Originaire semble t'il d'Europe de l'Ouest, le pissenlit s'est depuis longtemps installé un peu partout dans le monde. Il pousse à l'état sauvage sous les climats tempérés. Chez nous, il apparaît dès 1536 sous la plume du médecin, imprimeur et écrivain parisien Charles Estienne (1504-1564). Comme c'est également un excellent comestible, on le cultive sur une base commerciale en Europe et en Amérique.

pissenlit charles estienne.png

Charles Estienne (1504-1564)

En Normandie, les pissenlits de Criquebeuf, cité du département de l'Eure, sont réputés. Saviez-vous que lorsqu'ils sont ramassés dans les champs, ils sont plus "goûtés" dès lors qu' ils ont subi l'influence de la gelée ? Et comme d'habitude, pour vous tous amis gourmands aux babines alléchées, voici une recette normande facile et rapide de pissenlits aux œufs durs*.

pissenlit 3 (2).jpg

Pour 6 bons appétits, prévoyez 150 g de pissenlits, 7 œufs durs, de la vinaigrette et une cuillerée de crème.

Écraser un œuf dur et le travailler finement avec la crème. Ajouter la vinaigrette, petit à petit, et bien fouetter. En mettre un peu de côté. Mélanger les pissenlits avec la sauce. Décorer le dessus avec les œufs coupés en rondelles. Les arroser avec le restant de sauce. Bon appétit !

 

* Recette extraite de "Gastronomie normande d'hier et d'aujourd'hui" de S. Morand. Ed. Flammarion, 1970.

 

22/05/2016

Le Bœuf Mironton ou l'art d’accommoder les restes

 « Malbrough s'en va-t-en guerre

Mironton mironton mirontaine

Malbrough s'en va-t-en guerre

Ne sait quand reviendra »

 

On ignore en fait quel est le rapport entre le général anglais John Churchill, duc de Malborough (1650-1722), qui a consacré l'essentiel de sa carrière militaire à lutter contre la France, et la recette du bœuf Mironton (quelque fois orthographié miroton) ? Par contre, on sait que celle-ci est certainement l'une des plus vieilles préparations de bœuf à la française !

 

boeuf miroton 1.jpg

 

De quand date-t'elle ? Si on trouve sa trace à partir de 1740, il est vraisemblable qu'elle soit née bien longtemps avant. En effet, il faut se rappeler que les possibilités de conservation des denrées alimentaires étaient très limitées chez nos ancêtres et qu'ils devaient en conséquence retravailler rapidement tous les restes de repas en les accommodant d’une façon ou d’une autre.

D'où vient-elle ? A l’origine, la recette du bœuf mironton ne contient pas d'oignons, mais seulement de la viande, coupée en tranches très fines, accompagnée d’une sauce au vinaigre, c'est-à-dire de la pure cuisine latine !...

 

boeuf miroton 3 (3).jpg

 

Comment est-elle arrivée jusqu'en Normandie ? Je ne saurais vous l'expliquer mais ce que je peux faire par contre, pour vous tous amis gourmands aux babines alléchées, c'est de vous donner la recette du bœuf Miroton façon « Pays de Caux »* : il vous faut 800 g de viande bœuf (macreuse gélatineuse ou gîte-gîte) cuite au pot-au-feu la veille, 6 gros oignons, 3 tomates ou 100 g de sauce tomate, 1 grosse noix de beurre, 2 louches de bouillon de pot-au-feu, 1 bouquet garni, sel, poivre, vinaigre de vin et cornichons.

 

boeuf miroton 1 (2).jpeg

 

Couper la viande en tranches minces. Pour la sauce, hacher grossièrement les oignons, les mettre à roussir dans le beurre, mouiller avec ½ verre de vinaigre de vin, laisser cuire et fondre les oignons à petit feu, ajouter les tomates coupées, le bouillon, le bouquet garni. Laisser cuire et réduire ¼ d'heure. Ajouter les cornichons hachés, rectifier l'assaisonnement. Mettre la viande dans cette sauce, faire réchauffer à petit feu. Servir avec des pâtes ou des pommes de terre. Bon appétit !

 

* Recette extraite de « Bonnes recettes d'une famille cauchoise » de F. Auger – Ed. Bertout 2002.

24/04/2016

Et si on démêlait les ficelles ?

Il y a bien sûr la ficelle picarde, "la" spécialité gastronomique de nos voisins, faite d' une crêpe garnie de jambon, de champignons et de crème fraîche, cuite au four et présentée à chaque convive, sur un ravier préalablement beurré. Née dans les années 1950 à Amiens, elle est l’œuvre du chef de l’Hôtel du Commerce de la capitale de la Somme, le cuisinier Marcel Lefèvre, qui l'a mise au point à l'occasion de la Foire Exposition de la Hotoie.

ficelle picarde (2).jpg

Pour farcir son plat, il se serait inspiré d'une ancienne recette de Pierre de La Varenne (1618-1678), un cuisinier français qui a révolutionné la gastronomie de notre pays. Auteur du "Cuisinier françois" paru en 1651, "ouvrage capital marquant le passage de la cuisine médiévale d’antan à la grande cuisine moderne", il nomma "Duxelles de champignons", mot féminin s'accompagnant d'un "s" final, en souvenir de Nicolas Chalon du Blé (1652-1730) , Marquis D’Uxelles et de Cormatin, chevalier du Saint-Esprit et maréchal de France chez qui il avait longtemps servi, une garniture de sa composition faite de champignons coupés très fins, liés avec de la mie de pain et enroulés dans une tranche de pain appelé « Pannequet ».

ficelle picarde 2.jpg

Nicolas Chalon du Blé (1652-1730) , Marquis D’Uxelles

La recette a légèrement évolué et désigne aujourd’hui, bien souvent sans son "s" final, un hachis de champignons de Paris, finement hachés et étuvés au beurre avec des oignons et des échalotes utilisé pour corser ou farcir toutes sortes de préparations culinaires.

ficelle pays caux (2).jpg

Ficelle du Pays de Caux

Rien avoir avec la ficelle du Pays de Caux ! C'est là un délicieux dessert normand dont je vous propose aujourd'hui la recette*, amis gourmands aux babines alléchées ! ici, ni crêpe ni duxelles avec ou sans "s", mais de bonnes pommes bien  de chez nous et un brin de calvados !

Pour 4 personnes, il vous faut : 3 pommes reinettes ou autre pomme acidulée, 2 noix de beurre, 6 keufs, 1 cuillerée à soupe de crème fraîche entière, 60 g de sucre, 10 cl de calvados et 1 pointe de sel.

Éplucher et couper en fines lamelles les pommes. Les faire cuire quelques seconde dans la poêle avec une noix de beurre. Battre les œufs et la crème fraîche, saler légèrement. Dans une poêle, faire fondre une noix de beurre. Verser dessus la moitié de l'omelette, laisser cuire 1 à 2 minutes. Ajouter la moité des pommes et, en remuant, ramasser en roulant toute l'omelette d'un seul côté. Faire glisser sur un plat beurré et recommencer pour la seconde demi-omelette. Une fois les deux moitiés d'omelettes faites, saupoudrer de sucre et arroser de calvados tiédi, flamber. Servir aussitôt, bien chaud et croustillant.

Bon appétit !

 

* Recette et photographie extraite de "Desserts de Normandie" de M. Bruneau et S. Merdrignac - Ed. Ouest-France, 2016.