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01/01/2016

Belle et heureuse année 2016 à tous !

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24/12/2015

Joyeux Noël à tous !

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02/09/2015

Anne de Kiev, du Dniepr à la Seine

Pourquoi vous parler « de cette reine tapie dans les brouillards du XIe siècle, aux traits érodés par les bourrasques de l'histoire, dont on ne saura jamais ni l'aspect physique ni le caractère, et moins encore les sentiments intimes ? D'elle, il ne reste guère qu'une signature manuscrite, tracée au bas d'une charte, en lettres cyrilliques. » Fille d'un prince ruthène, Anne de Kiev traversa l'Europe pour se marier au petit-fils d'Hugues Capet, Henri Ier de France (1008-1060) et fut reine des Francs de 1051 à 1060. Ancêtre de tout le Gotha, elle est celle de millions de nos contemporains et aussi... la mienne (mon sosa 329524737).

 

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 Fresque de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev représentant les filles de Iaroslav de Kiev.

Anne est certainement la plus jeune.

Son père, Iaroslav le Sage (978-1054), grand-prince de Kiev, est l'un des onze fils de Vladimir le Grand (958-1015). En secondes noces, il a épousé Ingigerd de Suède. De cette union, serait née vers 1024, leur fille Anne. Comme toutes les princesses slaves de la Ruthénie, celle-ci a reçu une éducation soignée. Appartenant par sa confession, à l'Église des sept conciles, elle sait lire et écrire et connaît parfaitement l'Ancien et le Nouveau Testament comme le grec et le latin.

De son côté, après le décès de sa première épouse, Mathilde de Frise (1025/1026-1044), morte sans lui avoir donné l'héritier mâle tant désiré, le roi de France Henri Ier cherche à se remarier. Pour cela, le troisième souverain capétien envoie des diplomates aux quatre coins du monde. Cinq ans plus tard, en 1049, l'un de ceux-ci lui signale la beauté d'une jeune princesse de Kiev.

 

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Statue d'Anne de Kiev à Senlis - Oeuvre des artistes ukrainiens MiKolai et Valentin Znoba (1995)

 

Une ambassade de grande importance menée par Roger II, évêque de Châlons et par Gautier, évêque de Meaux, est aussitôt envoyée sur place pour y obtenir sa main. L'ayant obtenu, avec de surcroît une dot considérable, c'est sous la protection d'hommes d'armes à pied et à cheval, que commence pour la jeune princesse slave un voyage monotone qui va durer de longs mois. Dans de lourds chariots bâchés, au rythme des attaques de bandits, traversant Cracovie, Prague et Ratisbonne, elle arrive enfin à Reims au printemps 1051. Selon la légende, dès la première rencontre, c'est le coup de foudre. Henri Ier, âgé de 39 ans, apercevant Anne, de 12 ans sa cadette, descendre de son chariot, se serait précipité vers elle afin de l'embrasser avec une belle ferveur. Se dégageant quelques minutes de l'étreinte de son royal époux, la belle aurait susurré: "Je suppose que c'est vous, n'est-ce pas, qui êtes le roi?" Le mariage, l'occasion de grandes festivités, est célébré à Reims, le jour de la Pentecôte,  19 mai 1051. Sacrée reine le jour même par l’archevêque Guy de Châtillon, elle "s'appliquera à la prière. Libérale envers les pauvres, sensible au malheur, n’occupant le trône que pour y paraître comme compagne du roi, et pour accorder des grâces ». C'est elle qui introduira le prénom de « Philippe » à la cour de France en le donnant à l'aîné de ses trois fils, lequel sera couronné roi de France sous le nom de Philippe Ier (1052-1108)..

 

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 Signature d'Anne de Kiev

 

A la mort du roi, le 4 août 1060, Anne devient régente et le restera jusqu'en 1063, date de son remariage avec le comte de Valois, Raoul de Crépy, après que celui-ci ait répudié son épouse légitime. Elle fait reconstruire à Senlis une église consacrée en 1065 et y fonde l'abbaye Saint-Vincent. À l'automne de 1074, veuve pour la seconde fois, on perd sa trace. Sa dernière signature date de 1075, sur un diplôme en faveur de l’abbaye de Pontlevoy, près de Blois. Il est probable qu’elle ait quitté la cour peu après pour se retirer dans un monastère et y finir ses jours en paix, dans la prière et la pénitence. Elle meurt entre 1076 et 1089, peut-être en 1079.

 

Biblio. Anne de Kiev de Philippe Delorme, Éd. Pygmalion 2015.