22/10/2014

Guillaume Dubusc, Notaire Royal

On rencontre plus facilement dans sa généalogie journaliers et autres manouvriers qu'un notaire royal !

Mon aïeul Guillaume Dubusc* a été baptisé en l'église Saint-Jacques de Dieppe (XIIe au XVIe siècles) le 15 août 1643. Selon la tradition, comme aîné de la famille, il reçoit le prénom de son père. Après lui, viendra une fratrie composée notamment de Marc-Anthoine, Anne, qui recevra le prénom de sa mère, Jean et Marie Madelaine.

 

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 Église Saint-Jacques à Dieppe - Camille Pissarro - 1901

La famille Dubusc fait partie des notables de la ville normande. L'oncle de Guillaume, Jean Dubusc est Prêtre Chapelain en la cathédrale Notre-Dame de Rouen et sa sœur Marie-Madeleine aura pour parrain Jean Du Montier, vicomte d'Arques. Le 7 février 1673, en l'église voisine de Saint-Rémy de Dieppe, Guillaume Dubusc, alors Tabellion Royal, fait « un beau mariage ». Il épouse Marie Quevesne dont le frère Guillaume est Procureur du Roi.

 

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Acte de mariage de Guillaume Dubusc et Marie Quevesne (Registre Paroissial de St-Jacques de Dieppe)

Dans la moitié nord de la France, on a longtemps distingué les deux fonctions : au notaire, la rédaction de l'acte authentique, au tabellion sa conservation et la délivrance des copies. Tous deux ont en principe, après la « petite école », soit vers l'âge de 10/11 ans, intégré un collège ecclésiastique. La formation y est essentiellement centrée sur la bonne maîtrise du latin. Car à cette époque, si c'est par l'apprentissage qu'on apprend le notariat, c'est par l'acquisition d'un l'office qu'on devient professionnel. Donc, avant d'être en capacité de s'installer, il faut avoir exercé plusieurs années au côté d'un praticien, avoir copié durant de longues journées toutes sortes d'actes, avoir appris à ses côtés le droit et le fonctionnement de la justice. Au XVIIe siècle, le notaire est « officier » c'est à dire qu'il détient une charge, nommée office, dont il hérite ou qu'il a achetée. Pour la royauté, l'office s'impose comme un expédient financier capable de remplir les caisses de l’État. En cas de besoin, le roi augmente les impôts, emprunte aux financiers... ou créé des offices ! En contre-partie, le notaire dispose de privilèges bien concrets comme l'exemption de la taille, le grand impôt royal.

Guillaume Dubusc et Marie Quevesne vont avoir 7 enfants dont les parrains et marraines, choisis parmi la noblesse et la haute-bourgeoisie de la cité normande florissante, témoignent de leur réussite.C'est à cette époque que Guillaume prend le titre de « Notaire Royal aux juridictions royales d'Arques, greffier en chef aux traites et foraines de la ville de Dieppe ». Les traites, dont les foraines, sont des impôts royaux, sorte de droits de douane, perçus sur la circulation des marchandises entre les différentes provinces du royaume ou avec l'étranger. Grâce notamment à l'armateur Jehan Ango (1480-1551) dont les navires atteignent Sumatra, le Brésil et le Canada, la puissance maritime de la ville de Dieppe est à son apogée : l'or des Amériques, le bois des tentures du Brésil, le tabac ou encore les morues de Terre-neuve y transitent en nombre, faisant la fortune et l'aisance des "officiers".

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Après le décès de son épouse, Marie Quevesne, le 17 juin 1693 à seulement 42 ans, Guillaume Dubusc se remarie le 29 juin 1694, cette fois en l’Église Saint-Jacques de Dieppe. Il a près de 51 ans, un âge avancé pour l'époque, alors que l'élue de son cœur, Magdeleine Lagnel, en a 27 de moins. Hélas, le royaume est en guerre. A peine un mois plus tard, les 22 et 23 juillet 1694, la flotte anglo-néerlandaise bombarde Dieppe. La ville est quasiment détruite : la majorité des maisons, essentiellement à pans de bois, ont brûlé. La lenteur de la reconstruction va faire perdre à la ville son statut de métropole de commerce. Des années de vache maigre commencent pour Guillaume Dubusc. Il aura cinq enfants de sa jeune épouse, avant de décéder, le 24 septembre 1707, à l'âge de 64 ans.

* Guillaume Dubusc (1643-1707), Notraire Royal, mon sosa 382, marié le 29 juin 1694 à Dieppe, paroisse Saint-Jacques à Magdeleine Lagnel ―> Madeleine Dubuc (1700-1756) mariée le 9 janvier 1719 à Etran (76) à Louis SEVERI (1682-1760), Marchand de bois ―> Marie Madelaine SEVERI (1739-1819) mariée le 27 octobre 1762 à Grèges (76) à Pierre LAVIEUVILLE (1733-1793), Aubergiste ―> Marie Magdeleine Angélique LAVIEUVILLE (1767-1838), Fileuse, mariée le 3 mars 1794 à Rouxmesnil (76) à Pierre Charles DUBOST (1768-1842), Maréchal Ferrant ―> Madeleine Ludivine DUBOST (1813-1899), mariée le 22 septembre1840 à Ancourt (76) à Pierre Alexandre SANNIER (1813-1881) Maître Maréchal Ferrant ―> Ludivine Olive SANNIER, (1842-1913), Jardinière, mariée le 13 janvier 1863 à Neuville (76) à Gilles Édouard DAMAMME (1834-1905) Maréchal Ferrant ―>Alexandre Augustine DAMAMME (1881-1967), ma grand-mère paternelle.

Biblio. « Notaires et tabellions » - Nos ancêtres – Vie et Métiers – n° 29 Jan-Fev 2008.

 

21/09/2014

Mon cousin Saint-Michel, pionnier de la Nouvelle-France

XVIIe siècle au royaume de France : Les mauvaises récoltes accentuent la crise économique et la misère des sujets de sa majesté. Laissons Jean de La Bruyère (1645-1696) nous peindre le tableau des paysans français de cette époque : « L'on voit des animaux farouches répandus par la campagne, attachés à la terre qu'ils fouillent. Quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine et en effet ils sont des hommes ! » A la vie très dure, à la peste et à la famine, s'ajoute l'accentuation de la pression fiscale. Dans tous les provinces, le mécontentement s'accentue et le peuple gronde en vain. Alors, les plus audacieux, les plus courageux aussi, n'hésitent pas, dans des conditions souvent inhumaines, à effectuer une périlleuse traversée de Atlantique pour rejoindre ce nouvel eldorado, la Nouvelle-France, où ils espèrent trouver un avenir meilleur.

Parmi ces aventuriers, il y a mon cousin, Michel Messier. Il est né vers 1641 à Vascœuil (Eure). Il est le troisième enfant d'une fratrie qui en comptera huit. La famille est très pauvre. David, son père, est homme de journée. En 1687, sur son acte de sépulture, le curé de la paroisse mentionnera « mendiant »...

 

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 Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)

C'est sûrement en 1653, avec la grande recrue de 120 colons de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), que son fils Michel, âgé de 13 ans, débarque à Montréal au Canada. Loin des siens, il y retrouve cependant son oncle paternel Jacques parti peu de temps avant lui. Aussitôt, à ses côtés et comme tous les autres colons, il travaille au défrichement de cette nouvelle terre. Mais, un an plus tard, il est capturé par les Iroquois.

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Libéré l'année suivante, il achète à Charles Le Moyne le 4 novembre 1657, alors qu'il n'a que 17 ans, sa première terre de 30 arpents dite « La Provençale ». Le 25 février 1658, dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, en présence des notables de la ville, il épouse Anne Le Moyne, la sœur de Charles. De leur union, vont naître 12 enfants.

En 1661, le voilà une nouvelle fois capturé par les Iroquois mais cette fois il parvient à s'évader au bout de deux ans. Il poursuit son ascension sociale et acquiert aux frères Sulpiciens, le 26 novembre 1665, une terre de 30 arpents située près de celle qu'il possède déjà. Dans l'acte, Michel Messier est dit le grand Saint-Michel ! Il a 21 ans !

Sept ans plus tard, le 14 mai 1668, avec son beau-frère Jacques Le Moyne de Sainte-Marie, ils reçoivent le fief du Cap-de-la-Trinité qu'ils vont se séparer. Michel Messier quitte Montréal pour vivre sur sa Seigneurie du Cap Saint-Michel à Varennes.

Le 4 octobre 1678, il agrandit une nouvelle fois son domaine en achetant le fief de La Guillaudière adjacent au sien.

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Joseph Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688)

En 1684, il participe à l’expédition du gouverneur Joseph Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688) menée contre les Iroquois. Le 14 août, lors de la revue de l’armée faite au fort Frontenac, il est inscrit comme commandant de la barque « la Générale ». À son retour, il reçoit du gouverneur un congé de traite des fourrures pour le pays des Outaouais. Ceux-ci vivent dans la région du lac Huron, au Michigan et en Ontario, leur territoire d'origine, et aussi en Oklahoma aux États-Unis Il s’y rend l’année suivante. Auparavant, le 25 mai, il a prit la peine de rédiger son testament...

En 1692, le nouveau gouverneur, Louis de Buade, Comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698) lui accorde un nouveau congé. Cette fois, avant son départ le 2 mai, il donne procuration à sa femme. Au cours de ce voyage, il est fait prisonnier par des Onontagués dans la région du Long-Sault. On le déclare décédé le 6 octobre 1692 lors d'une réunion du Conseil Souverain. Mais, en juillet 1693, il s'évade une nouvelle fois et parvient à rentrer à Montréal.

Ce pionnier qui avait participé activement à la défense de la colonie, au défrichement de la terre et à la traite des fourrures, et qui s'éteignit à l'âge de 85 ans, le 3 novembre 1725, est mon cousin à la 10 génération. Nos ancêtres communs : David Messier dit Blondelet (1610-1687), homme de journée, mon sosa 3690 x (marié) vers 1640 à Marie Marguerite Bar (1615-1676) ont eu 8 enfants dont : 

> un fils, Michel Messier dit Sieur de Saint-Michel (1641-1725).

> une fille, Marie (mon sosa 1845), (1645-1698) qui a épousé vers 1674 Pierre Ravette (1645-1698) > Pierre Ravette (1678-1721) x à Boos (76) le 19 janvier 1703 à Marie Catherine Saint-Pierre (1664-1729) > Marie Ravette (1704-1756) x à Boos (76) le 10 février 1727 à Gabriel Delaplace (1702-1764) > Jacques Delaplace, toilier, (1730-1789) x à Boos (76) le 22 octobre 1765 à Marie Anne Angélique Tinel (1742-1818) > Marie Catherine Delaplace (1767-1852) x à Boos (76), le 8 janvier 1793 à Jean Baptiste Moriquet, boucher, (1760-1812) > Marie Elizabeth Antoinette Moriquet, toilière, (1802-1857) x à Boos (76) le 26 avril 1820 à Jacques Désiré Bénard, marchand boucher (1797-1820) > Jean Désiré Bénard , marchand boucher, (1820-1895) x à Boos (76), le 20 avril 1846 à Catherine Thérèse Victorine Desmare (1825-1879) > Paul Abert Bénard (1861-1951), mon arrière grand-père.

 

Biblio. Texte de Claude Perrault  (modifé par Jean-Jacques Messier) – Université de Toronto.

06/08/2014

Le "Barbe-Bleue" de Gambais

Il y a des cousinages inattendus. Certains sont flatteurs, d'autres pas du tout...

Le 25 février 1921, 6 heures 10 du matin, devant la prison de Versailles, est guillotiné en public un condamné accusé du meurtre de 11 personnes dont 10 femmes qui n'ont jamais été retrouvées et qui ont sans doute terminé leur vie débitées et calcinées dans la fameuse cuisinière à charbon des maisons de Vernouillet et de Gambais.

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Henri Désiré Landru est né à Paris le 12 avril 1869. Adolescent studieux, enfant de chœur à Saint-Louis-en l'Ile , conscrit discipliné, il devient même un mari exemplaire en épousant la jeune femme qu'il a mis enceinte et le père de quatre enfants.

 

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Landru (1869-1921)

Mais tout va changer avec le siècle. Rêvant d'une aisance bourgeoise, l'homme se lance dans les affaires... Comptable, entrepreneur de travaux, cartographe, fondateur d'une fabrique de bicyclettes à pétrole,... toutes ses tentatives échoues lamentablement. Alors, pour combler les déficits qui s'accumulent, dissimulé sous des noms d'emprunt, il multiplie les détournements et les escroqueries. Condamné à plusieurs reprises, il fait de fréquents séjours derrière les barreaux.

Au cours de l'été 1914, il est appelé à comparaître une nouvelle fois encore devant ses juges. Quinze plaintes ont été déposées contre lui, rien que ça ! Craignant le pire, il ne se rend pas au tribunal qui le condamne par défaut à quarante-huit mois de prison. Cette condamnation est de plus assortie d'une peine accessoire de relégation, c'est-à-dire qu'il est condamné, si on le retrouve, à être déporté à vie au bagne de Cayenne.

Mais la France est en guerre et la police a d'autres chats à fouetter que de lui courir après ! Il décide du coup de profiter de cette période mouvementée, qui laisse tant d'épouses esseulées, pour mettre au point un projet diabolique qui le conduira à l'échafaud. Quelques petites annonces pour attirer dans ses filets de jolies femmes à consoler, de préférence d'une certaine aisance financière, avant de s'emparer sans vergogne de leurs biens et de les faire disparaître ensuite.

Avec un certain charisme, il consigne méticuleusement dans des carnets à l'encre rouge, et c'est ce qui va le perdre, ses 283 rencontres ! En face de chaque nom, il mentionne aussi l'état de leur compte en banque...

 

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Il est arrêté le jour de ses cinquante ans et jugé en novembre 1921. Étrange procès, étrange verdict : une condamnation à mort sans aucune preuve matérielle. Il niera toujours tout. Sa défense tiendra inlassablement dans une même phrase : « Prouvez que j'ai tué ces femmes ! »

Nos ancêtres communs : Adrien LEROUX, manouvrier-Vigneron, mon sosa 3566, né vers 1631 et décédé à Friancourt (Oise), le 11 février 1703, marié à Marguerite LE NOIR, née vers 1636 et décédée à Hermes (Oise), le 6 octobre 1696, ont eu plusieurs enfants dont :

- > un fils Pierre LEROUX (né en 1668) qui a épousé le 18 juin 1697 à Hermes (Oise) Geneviève MAGOT (1668-1719) > Adrien LEROUX (1700-1776), manouvrier, x le 3 février 1728 à Hermes (Oise) à Marie Anne ISORE (1703-1762) > Adrien LEROUX (1743-1798), manouvrier, x le 28 janvier 1772 à Hermes (Oise) à Clotilde DERBERQUE > Clotilde LEROUX (1772-1808) , x le novembre 1792 à Hermes (Oise) à François Moïse MAGOT (né vers 1767), maçon > Jeanne Françoise MAGOT (née en 1804), x le 21 janvier 1831 à Hermes (Oise) à Maurice HENRIQUEL (né en 1808), jardinier au château d'Hermes, > Flore HENRIQUEL (1835-1910), couturière-balnchisseuse, x le 4 février 1864 à Noailles (Oise) à Julien Alexandre Sylvain LANDRU (1836-1912), chauffeur aux gorges Vulcain > Henri Désiré LANDRU (1869-1922).

- > une fille Marie LEROUX (née en 1678) qui a épousé le 14 janvier 1702 à Hermes (Oise) François VUALON (décédé avant 1724) > Anne VUALON (née en 1705) x le 17 janvier 1724 à Mouy (Oise) à Jacques LECLERC (né en 1698), charretier, > Marie Anne LECLERC (née en 1724), x le 24 juillet 1745 à Mouy (Oise) à Jean Baptiste CANDELIER (ne en 1705), compagnon toilier, > Jean François CANDELIER ( né vers 1755), ouvrier drapier, x le 10 février 1777 à Darnétal, paroisse de Longpaon (Seine-Maritime) à Marie Rose LEFEBVRE (1757-1830), trameuse, > Véronique CANDELIER (1783-1835), marchande de fruits, x le 6 mai 1810 à Darnétal (Seine-Maritime) à Pierre Louis Isidore LEMAISTRE (1783-1849), ancien militaire pensionné de l'Etat, marchand de comestibles, > Olympiade Véronique LEMAITRE (1821-1898), couturière, x le 20 mai 1844 à Darnétal (Seine-Maritime) à Médérique Emmanuel MORIN (1811-1853) > Louise Victorine MORIN (1849-1938), x le 5 septembre 1874 à Darnétal (Seine-Maritime) à Jules Gustave LECREQ (1849-1930) > Louise Joséphine LECREQ (1875-1963) x le 30 avril 1898 à Saint-Jacques sur Darnétal (Seine-Maritime) à Alfred Eugène JULIEN (1870-1937) > Henri Louis JULIEN, mon grand père maternel.