07.12.2009
L'arrivée de la famille Boulangé dans la paroisse de Mesnil-Esnard
Quittant Bois-d’Ennebourg, commune située à 12 km de Rouen, notre arrière-arrière-arrière grand-père Nicolas Boulangé (sosa 32 ) s’installe en 1803, après son mariage avec Flore HUBERT, dans la commune de Mesnil-Esnard, située sur le plateau Est de ROUEN, à 5 km de la capitale normande.
Laurens HUBERT, le grand-père de Flore, originaire de la localité voisine de La Neuville Chant d'Oisel (Seine-Maritime), beaugeur de son état, est arrivé dans cette paroisse en 1744. Son fils Antoine, né en 1752, exerçant la profession de Charpentier, épousera en 1773 une fille du pays, Magdeleine SERGEANT. De leur union naîtront 7 enfants dont 5 décèderont en bas âge. Grégoire, le seul fils survivant, périra Soldat en Belgique en 1813. Sa sœur aînée, Flore, née en 1779, sera la femme de mon aïeul Nicolas Boulangé.
La première mention du nom de ce village de « Mesnil-Esnard » remonte à 1055 sous la forme latine de « Einardi Mansionali ». Elle allait connaître bien des transformations liées à l’influence des parlers ou de la prononciation comme en témoignent les écritures médiévales de « Maisnilli Enardi » en 1212 ou du « Mesnil Lyenard » en 1451, avant sa forme actuelle, attestée pour la première fois en 1456.
Ces orthographes successives font ressortir un nom composé dont le premier élément est un dérivé du latin « mansio », signifiant l’habitation ou la demeure. Pour le second, il pourrait, selon certains provenir du nom germanique « Einardus » quand pour d’autres, prenant en considération l’orthographe médiévale de « Lyenard », il serait la déformation de Léonard, second patron de la commune.
Saint Léonard vécut au VIème siècle. Ermite du Limousin, partout où il passait, les fers des prisonniers se brisaient, les serrures s’ouvraient et les geôliers s’endormaient. La légende veut que lorsqu’il vivait dans la forêt de Pacevin, il entendit une femme gémir de douleur. Il s’approcha et découvrit la reine, épouse de Théodebert 1er, qui était en train d’enfanter dans les plus grandes souffrances. Le saint s’agenouilla et se mit à prier. L’enfant naquit aussitôt. En récompense, le roi lui offrit la forêt qu’il appela Noblet.
Statue de Saint-Léonard - Hamars (Calvados)
Invoqué depuis par tous ceux qui attendent une délivrance, il devint un saint très populaire et son culte se répandit durant les croisades au cours desquelles plusieurs libérations miraculeuses lui furent attribuées. Est-ce en souvenir de l’une d’entre elles que se développa dans la paroisse un pèlerinage qui, le 6 novembre de chaque année, attirait les fidèles des villages environnants ? Ils s’y rendaient en foule et cette dévotion survécut à la tourmente révolutionnaire avant de s’étioler puis de renaître en 1873 sous l’influence de l’abbé Bouvier.
Lors de l’arrivée à Mesnil-Esnard de mon aïeul Nicolas Boulangé, Couvreur en Paille, le village commence a être aspiré par le développement de l’agglomération rouennaise. Au fil des ans, de plus en plus de Mesnillais abandonnent le travail de la terre pour se consacrer à celui de l’industrie cotonnière. Ils travaillent à leur domicile en effectuant des ouvrages ou en filant le coton pour le compte de différents marchands. C’est le cas de Flore. Cette activité engendre non seulement un dynamisme démographique, puisque la population passe de 108 feux (soit environ 500 habitants) en 1707 à 250 feux (soit près de mille personnes) en 1788, mais oblige l’administration Royale à améliorer la desserte routière entre Paris et Rouen en ouvrant un nouvel axe de communication à la fois plus large et plus direct. Débutés vers 1750, les travaux vont durer 3 ans. Ils sont effectués par les plus pauvres des habitants des différentes paroisses afin de leur procurer un travail et de les « soulager de la disette ».
Cette route royale (aujourd'hui route de Paris, allée principale et centrale de la commune) transforma progressivement la physionomie du village en attirant quelques rouennais soucieux de faire élever d’élégantes demeures à la campagne et en créant de l’ouvrage.
La Route de Paris, au début du XXe siècle
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15.08.2009
Un grand merci !
Ce blog fête aujourd’hui son premier anniversaire ! C'est l'occasion pour moi de vous dire UN GRAND MERCI !
Merci à vous tous, visiteurs connus et inconnus de plus en plus nombreux, qui me faites l’honneur et le plaisir de feuilleter régulièrement ces pages sans prétention. J’espére que vous prenez à les lire autant de plaisir que je prends à les écrire !
La généalogie est un vrai trésor ! Elle se nourrit d’histoire, de géographie, de paléographie, de régionalisme... en faisant par-ci par-là quelques clins d'oeil à la gastronomie, la botanique, la linguistique, la littérature... Que d’énigmes à élucider, de sujets à creuser, de questions à étudier, de recherches documentaires à mener, de merveilles à découvrir, de découvertes à partager... et de pages à écrire !
Mais plus que tout, la généalogie est pour moi un lien d’excellence intergénérationnel. Savoir d’où l’on vient pour mieux choisir où l’on veut aller et surtout comprendre qui nous sommes, c’est-à-dire le simple maillon d’une longue chaîne, inutile si isolé, et tellement solide relié aux autres !
"L'homme qui fait renaître les connaissances perdues, ce qui est presque plus difficile que leur donner vie,
celui-là édifie une chose immortelle et sacrée, et sert non seulement une province,
mais tous les peuples et toutes les générations".
Erasme, Adages, 1508.*
* Merci Dominique pour cette belle citation relevée dans l'ouvrage de qualité auquel tu as participé et qui vient de paraître "Balades généalogiques en Pays de Caux avec... "16 personnages de notre terroir. C'est tout simplement excellent, bien documenté, riche d'illustrations, d'anecdotes et de témoignages. Un réel bonheur pour les généalogistes normands ! Je vous le recommande à tous ! Renseignements : jcleclerc@wanadoo.fr
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22.07.2009
Jean BOULANGÉ, Couvreur en chaume et en gerbées
Mon aïeul, Jean BOULANGÉ (sosa 64)*, est, en 1764, et comme avant lui son père, Couvreur en chaume et en gerbées. Il exerce son métier dans sa paroisse de Bois d’Ennebourg, petit village normand situé dans le département de la Seine-Maritime, à environ 11 kilomètres à l'ouest de Rouen.
Né près de là, à Epreville-sur-Ry (aujourd’hui Martainville-Epreville), le 19 avril 1736, il épouse à 26 ans, Catherine MONFRAY, d’un an sa cadette. Le mariage est célébré dans l’église d’Epreville, le 31 janvier 1763. De cette union, vont naître à Bois d’Ennebourg 7 enfants, 4 garçons et 3 filles dont 2 décèderont en bas âge.
Acte de baptème de Jean Baptiste Jacques, fils ainé de Jean et Catherine
Cette année là, le roi Louis XV s’apprête à signer le Traité de Paris qui va mettre fin à la guerre de Sept ans. La France abandonne le Canada à l’Angleterre mais retrouve Belle-Ile, la Martinique et la Guadeloupe.
A cette époque, comme aujourd’hui, le métier de couvreur est un métier pénible : quel que soit le temps, qu’il pleuve ou qu’il vente, été comme hiver, le couvreur doit répondre présent. Il doit être très résistant physiquement, ne pas avoir peur de travailler accroupi ou à genoux et ne pas céder au vertige.
C'est aussi un métier exigeant : l’apprentissage est long et fastidieux. Les couvreurs sont des ouvriers polyvalents capables de manier aussi bien la truelle que le marteau ou la scie pour assurer l’étanchéité des toits. Pour cela, selon les régions, ils recouvrent les charpentes d’ardoises, de tuiles, de grandes feuilles de plomb, de zinc, ou simplement de chaume (ou paille) comme en Normandie.
Planche de présentation des outils du couvreur
Le couvreur en chaume dispose un échafaudage sur la charpente, une sorte d’échelle liée au faîtage. Le travail s’effectue de droite à gauche. Entre chaque déplacement d’échelle, il y a environ deux brassées de chaume et une « poignée » (petite quantité de paille utilisée pour assurer le calfeutrement). Des liens à nœud coulant sont glissés sous la latte. L’artisan place une première brassée posée à plat sur la couverture. Le lien est passé par-dessus puis glissé sous la latte. Entre deux brassées, il loge une poignée. La tonte se fait ensuite aux ciseaux en partant du faîtage vers la queue de vache. Puis le couvreur en chaume procède au dressage ou tapage pour mettre en forme définitivement la paille à l’aide d’une palette.
Chaumière normande
Le métier de couvreur est toujours un métier dangereux, un métier à risques : les couvreurs ne mettent pas seulement leur vie en jeu, mais aussi celle des passants.
Devenu veuf en 1788, Jean BOULANGÉ, âgé de 52 ans, se remarie en l’église de Bois-d’Ennebourg (76), le 3 mai 1791 à Marie Geneviève LEMOINE, célibataire de 6 ans sa cadette. Il s’éteindra dans sa commune le 7 thermidor an VI (25 juillet 1798) à l’âge de 62 ans. Son décès sera déclaré par son fils aîné Jean Baptiste, lequel entre temps a repris le métier de son père, celui de couvreur en paille.
* Tableau de descendance : Jean BOULANGÉ ( 1736-1798) Sosa 64 →Nicolas BOULANGÉ (1769-1852) Sosa 32 →Constant BOULANGÉ (1817-1889) Sosa 16 →Constant BOULANGÉ (1842-1918) Sosa 8 →Paul BOULANGÉ (1877-1950) Sosa 4 →Camille BOULANGÉ, mon père, (1922-2007) Sosa 2.
Biblio : "Métiers du bâtiment", Nos ancêtres - Vie et Métiers, n°21 - Sept-Oct. 2006
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24.05.2009
Les années de guerre de mon père - 5ème époque : le retour
1946 : La France panse ses blessures. Progressivement, les militaires, les prisonniers de guerre, les déportés rentrent. Le pays est à reconstruire.
Dans la nuit du 30 au 31 mars 1945, le Première Armée Française, dans laquelle est incorporé mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2), a franchi le Rhin de vive force, puis, entrée en Allemagne, est allée conquérir Karlsruhe, Stuggart et enfin l'Autriche. Sous les ordres de De Lattre, les fantassins, chasseurs, cuirassiers, dragons, artilleurs, sapeurs, tirailleurs, goumiers, zouaves, spahis et légionnaires, après avoir libéré leur pays, vont occuper celui de l'ennemi.
Au volant, mon père, et sur le capot toujours le même petit chien !
Après le suicide d'Hitler, Berlin, la capitale de l'Allemagne nazie, entièrement détruite par de multiples bombardements alliés, capitule le 2 mai 1945. C'est la fin de la guerre ! Le 6 mai, la 2ème D.I.M., celle de mon père, est à la sortie du tunnel d'Arlberg en Autriche.

Le tunnel d'Arlberg
Le 8 mai, de Lattre appose à Berlin le paraphe d'un français au bas de l'acte de reddition des armées hitlériennes vaincues. Dès le lendemain, il rédige pour ses soldats, l'ordre du jour n° 9 : "Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de la Première Armée Française. Le jour de la Victoire est arrivé. A Berlin, j'ai la fierté de signer au nom de la France, en votre nom, l'acte solennel de la capitulation de l'Allemagne... Vos drapeaux flottent au coeur de l'Allemagne. Vos victoires marquent les étapes de la Résurrection française... Soldats vainqueurs, vos enfants apprendront la nouvelle épopée que vous doit la Patrie !..." Il dresse, avec une légitime fierté pour ses hommes, le bilan de sa victoire. Il est impressionnant ! Deux armées ennemies détruites, une troisième gravement touchée, 225 000 prisonniers capturés, un tiers de la patrie délivrée, le Rhin franchi de haute lutte, 4 Etats allemands traversés et 2 autres totalement conquis, l'ouest de l'Autriche arraché aux nazis, la gloire rendue à la France et à ses armes : telle est la moisson de cette Première Armée française, l'armée Rhin et Danube. Cette glorieuse campagne, elle l'a payée au prix fort : 13 874 morts, tombés au champ d'honneur, 95 681 blessés, accidentés ou hospitalisés pour maladie.
Après la capitulation de l'Allemagne, l'invasion des forces alliées se poursuit. C'est au volant de son engin de dépannage que mon père sillonne les routes de ce pays détruit. Libérant lors de son passage des centaines de prisonniers français, la Première Armée arrache aussi 8 000 déportés français de l'enfer de Dachau.
Mon père est à droite
Mon père restera en Allemagne jusqu'au 23 octobre 1945. Entre-temps, à l'aube de ses 23 ans, il s'est réengagé dans son régiment pour 6 mois le 1er septembre 1945. C'est au cours de ces derniers mois d'engagé, le 9 février 1946, qu'il lui sera délivré enfin, et en régularisation, le Brevet Militaire pour la conduite des véhicules automobiles de l'Armée ou de la Marine qu'il échangera plus tard contre un permis de conduire.
Il est finalement démobilisé le 3 avril 1946 avec le grade de Brigadier-Chef et la spécialité militaire de "Dépanneur". Après 4 années consacrées à défendre son pays, sa liberté, son honneur, il aspire légitimement à rentrer chez lui et à construire sa vie d'homme. Ma mère l'attend. Ils se marient l'année suivante.
Mon père a été décoré de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze et citation à l'ordre du régiment.
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21.05.2009
Les années de guerre de mon père - 4ème époque : l'armée "Rhin-Danube"
1945 : La France est libérée à l'exception des provinces de l'Est. Partout, le marché noir est plus florissant que jamais. Mais la période est surtout marquée par l'épuration, le procès des "collabos" et le retour progressif des prisonniers de guerre et des déportés.
Depuis septembre 1944, mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2), comme plus de 37 000 F.F.I., a intégré la Première Armée Française du Général De Lattre de Tassigny. Celle-ci s'étant regroupée dans la Trouée de Belfort le temps de réorganiser ses arrières, De Lattre lance, début novembre 1944, son offensive générale vers Strasbourg, avec le Rhin comme objectif final. Son but : permettre à ses troupes, ainsi qu'à la 7ème armée américaine, de rompre et dépasser les lignes allemandes devant Strasbourg et Mulhouse. Le dispositif qu'il a préparé a reçu l'aval du général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire, et du Premier Ministre anglais Sir Winston Churchill.
Ce jour-là à 11 heures 20 exactement, en pleine tempête de neige, l'artillerie française ouvre le feu à la surprise des allemands. La progression est des plus rapides. La 2ème D.I.M., à laquelle appartient le régiment de mon père, libère au prix de combats violents et de lourdes pertes humaines (273 tués et 1287 blessés) dès le 17 novembre les villes d'Héricourt et de Montbéliard et atteignent le territoire de Belfort le lendemain, libéré à son tour dès le 25. La Première Armée franchit le Rhin le 19 novembre 1944 à 18h40. Une immense allégresse saisit la troupe à l'annonce de la nouvelle. Du plus humble soldat au général en chef, chacun éprouve un bouleversement, une sorte d'émoi sacré où l'orgueil se mèle à la joie. "Bravo de tout coeur, écrira De Lattre à ses soldats victorieux, les chars de la 1ère division blindée et du régiment d'infanterie coloniale du Maroc sont entrés les premiers en Alsace ! Quel frémissement d'émotion, quelle fierté, quelle joie !"
C'est un pas de géant dans le processus de libération de notre pays qui vient d'être franchi, mais la lutte n'est pas finie ! Il s'agit maintenant pour De Lattre et son armée d'exploiter la rupture du front allemand pour libérer la Trouée de Belfort et la Haute-Alsace et faire la jonction avec la 2ème D.B. du général Leclerc qui fait route par Saverne vers Strasbourg, ville qu'elle investit le 23 novembre 1944. La jonction entre les deux corps est réalisée dans la région de Burnhaupt encerclant 10 000 soldats allemands. L'objectif maintenant pour les alliés est l'Allemagne et Berlin !
Mais les allemands résistent ! Devant Colmar, la Première Armée Française affronte la 19ème armée allemande placée sous les ordres d'Himmler et appuyée fortement par une Luftwaffe reconstituée. La première offensive, lancée le 7 décembre, piétine devant les violentes contre-attaques ennemies. A bout de souffle et sans renforts, de Lattre décide de se replier. Les pertes humaines sont des plus sévères : 1300 morts, 4500 blessés et 140 disparus ! Le matériel a subi de lourds dommages. Les munitions font défaut. Les troupes sont mises au repos.
Mon père est assis à droite
C'est à ce moment qu'Hitler lance ce qu'il lui reste de troupes dans une dernière offensive dans les Ardennes. L'armée de Leclerc est chargée de riposter tandis que le mauvais temps cloue au sol l'aviation alliée. Strasbourg et l'Alsace sont terriblement menacés.
Le 1er janvier 1945, le général de Gaulle donne l'ordre à de Lattre et à son armée de reprendre à son compte la défense de la ville de Strasbourg. Pendant près de trois semaines, les combats qui s'y déroulent sont des plus éprouvants et des plus meurtriers pour les unités françaises. Mais l'ennemi semble à portée de main et de Lattre veut agir vite. Il faut "liquider" la poche de Colmar pour dégager Strasbourg et lever toute pression allemande à l'ouest du Rhin. Le 20 janvier, l'offensive générale est lancée. Le 25, la ville de Strasbourg est sauvée. Elle fait sonner les cloches de sa cathédrale "pour célébrer la victoire des alliés et le glas du Reich". Malgré le froid intense, les contre-attaques allemandes et des affrontements meurtriers, les combats continuent. La ville de Colmar est, le 2 février 1945, la dernière ville de France a être libérée de l'occupation nazie.
Mon père est au volant de son engin sur le capot duquel est monté un petit chien
Commence alors l'offensive pour atteindre et franchir le Rhin et engager l'ultime étape, la conquête du territoire allemand. Pour cela, les alliés ont rassemblé près de 60 divisions d'infanterie et 24 divisions blindées. Les grandes villes allemandes subissent des bombardements de plus en plus fréquents et meurtriers. La Première Armée attaque dès le 15 mars 1945 entre le Rhin et la forêt de Haguenau. Parvenu au pied de la "ligne Siegfried", l'armée de de Lattre, dont le régiment de mon père, franchit le fleuve et pénètre en Allemagne dans la nuit du 30 au 31 mars 1945.
Les français, triomphants, poursuivent leur avancée, attaquant de part et d'autre de la Forêt Noire. La 5ème D.B. et la 2ème Division d'Infanterie Marocaine, dans laquelle sert mon père, sont au première ligne. Ils franchissent le Danube le 20 avril 1945. Tout le dispositif de l'armée ennemie s'écroule. A Stuttgart, 20 divisons allemandes défendant la Ruhr sont encerclées et cessent le combat le 25 avril. Trois jours plus tard, Hitler se suicide.
C'est à Karlsruhe, le 24 avril 1945, alors qu'il vient de donner ses ordres pour les combats du lendemain, que le général de Lattre "invente" pour ses soldats, l'armée "Rhin et Danube" : "Il faut que ces garçons gardent sur eux le témoignage de ce qu'ils ont su donner au pays et le signe de ce qu'ils devront continuer à lui donner... Je veux que, par eux, se dissipent les complexes de résignation et d'abandon dont nous avons trop souffert... Ceux qui ont appartenu à la Première Armée Française, à l'armée "Rhin et Danube" !"
L'attestation de droit au port de l'insigne "Rhin et Danube" délivrée à mon père
Pour que son idée soit immédiatement réalité, il fait exécuter un blason où s'unissent les armes de la ville de Colmar - écu vert et rouge frappé d'une masse d'armes. L'association "Rhin et Danube" sera officiellement créée en août 1946.
Ecusson porté par mon père
Et la Première Armée Française poursuit son avance. Elle entre en Autriche le 29 avril et progresse jusqu'au Tyrol au col d'Arlberg, avant d'être arrêtée par la capitulation allemande signée le 7 mai 1945 à Reims.
Mon père est à droite
Le 9, le général de Lattre signe à Berlin, au nom de la France, aux côtés des alliés, l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie.
Mon père imagine son retour...
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15.05.2009
Les années de guerre de mon père : 3ème époque : l'armée de la libération

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12.05.2009
Les années de guerre de mon père - 2ème époque : l'armée de l'ombre
1943 : La France est occupée, la France est affamée mais la France résiste !
Mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2), a rejoint depuis le printemps son bataillon des Marins Pompiers de Marseille.
Mon père franchissant le portail de la maison familiale de Notre-Dame de Franqueville (76)
Mais dès le 23 juillet 1943, il décide de rallier les F.F.I. à Mirabeau*, petit village du massif du Luberon situé dans le département du Vaucluse, entre Perthuis et Manosque.

Le village de Mirabeau (Vaucluse)
Sous ce nom générique de « Forces Françaises de l'Intérieur » ou F.F.I. attribué officiellement en 1944, se retrouvent les groupements militaires de la résistance intérieure française qui se sont constitués dans la France occupée : l'Armée Secrète, les Francs-tireurs et Partisans (FTP), l'Organisation de résistance de l'armée ainsi que les centaines d'hommes des nombreux maquis disséminés sur tout le territoire. Placées sous l'autorité politique du Général de Gaulle, les F.F.I. se composent de femmes et d'hommes clandestins, opposant un refus spontané à la résignation de la défaite, en lutte contre l'occupant et contre le régime de Vichy, désireux soit de se cacher pour échapper au Service du Travail Obligatoire soit de se battre et de participer activement à la résistance. Les maquis, situés en zones forestières ou montagneuses, leur offrent refuges et cachettes.
Affiche de propagande des F.F.I.
Vivant dans l'illégalité, ils ont, notamment pour le ravitaillement, le soutien bienveillant de la population. A partir de l'année 1943, les forces alliées vont leur fournir des munitions avec lesquelles ils lancent, souvent au péril de leur vie, de véritables opérations de guérilla destinées à paralyser les transports ferroviaires, retarder l'acheminement des renforts allemands vers le front et saboter les communications. Autant d'actions qui vont se révéler essentielles et décisives dans la lutte contre l'ennemi et la libération de notre pays. Les F.F.I. facilitent aussi l'évacuation des aviateurs tombés en France ou l'évasion des volontaires vers la France Libre. Ainsi, dès le printemps 1944, la Résistance peut compter sur quelque 300 000 agents ou maquisards (alors qu'ils n'étaient que 40 000 un an auparavant) et ce malgré l'intensification de la répression menée par les services allemands et la Milice, cette organisation politique et paramilitaire française crée en 1943 par le gouvernement de Vichy, véritable supplétif de la Gestapo, participant à la traque des juifs et à celle des réfractaires au Service du Travail Obligatoire. Opérant souvent à découvert, les résistants sont des cibles malheureusement faciles. Ainsi, pour la seule région de Marseille, entre juin et août 1944, près de 600 d'entre eux ont été tués !
Au maquis Mirabeau
A l'été 1944, mon père et son unité rejoignent la commune de Puy-Sainte-Reparade située dans le département des Bouches-du-Rhône à 17 km au nord d'Aix-en-Provence, où, avec l'ensemble des forces des F.F.I. sur le terrain, ils vont « préparer l'autre débarquement », celui des forces alliées en Provence, qui débute le 15 août 1944, au moment où s'achève la bataille de Normandie, et qui devait porter à l'ennemi le coup décisif dans le sud de la France.
Blason du maquis Mirabeau porté par mon père
Le rôle d'appui des résistants à cet important dispositif militaire stratégique va être déterminant : réception des troupes et des matériels parachutés, multiplication des opérations de sabotage destinées à bloquer les renforts allemands : destruction des ponts, des voies ferrées, des routes, ...
Carte du débarquement de Provence
Le débarquement de Provence, baptisé « Opération Dragoon », confié au général Patch, va mobiliser 325 000 hommes, tous placés sous le commandement américain. Il associe trois divisions américaines et sept divisions françaises dont deux divisions blindées, soit plus de moyens en hommes et en matériel que pour le débarquement en Normandie ! L'armée française, l'armée « B », future « Première Armée » est commandée par le général de Jean De Lattre de Tassigny. Elle est formée de vétérans des combats d'Afrique et des forces indigènes qui se sont illustrées en Italie.
Si les Allemands bénéficient d'une supériorité numérique, les mauvaises nouvelles venues de Normandie pèsent lourdement sur leurs troupes démoralisées. En outre, pour eux, la Méditerranée est un secteur secondaire, leur artillerie y est faible et très insuffisante, tout comme la surveillance des 850 kilomètres de côtes uniquement assurée par la 19ème armée du général Wiese.
Pour les Alliés, l'objectif est simple : établir une tête de pont à Toulon, s'emparer de Marseille, puis remonter vers Lyon pour faire la jonction avec les troupes d' « Overlord », c'est-à-dire celles du débarquement de Normandie. En Provence, il s'agit donc de prendre tout simplement l'armée ennemie en tenaille.
L'assaut au sol a été précédé dans la nuit d'une préparation aérienne accompagnée du parachutage dans les montagnes de l'arrière-pays provençal de 10 000 soldats britanniques et d'une opération d'atterrissage de 300 planeurs américains qui ont déposé soldats et matériel d'appui indispensable aux parachutistes. Les résistants ont été prévenus par Radio Londres qui a diffusé le message tant attendu « Le chef est affamé ». La « tenaille » ainsi mise en place est prête à se refermer sur les forces ennemies.
L'assaut naval et aérien a lien entre Cannes et Toulon. 2000 navires de guerre débarquent sur 70 kilomètres de côtes allant de Cavalaire à Saint-Raphaël.
Le déversement des troupes alliées sur la plage de Cavalaire au lendemain du 15 août 1944
Il est appuyé par 1500 avions ce qui donne une large supériorité aérienne aux Alliés.
Le succès est quasi-immédiat. Au bout de trois jours, les Alliés contrôlent les massifs des Maures et de l'Esterel. Les 19 et 20 août 1944, les troupes françaises, aidées des F.F.I. dont ceux du maquis de Mirabeau, attaquent la garnison allemande de Toulon qui capitule le 27. Marseille est libérée le 28 août. Les troupes alliées se déploient ensuite vers Nice et les Alpes et remontent la vallée du Rhône. Leur vitesse est prodigieuse, les Allemands semblent en déroute.
Mon père est du voyage...
* En 1985, le village de Mirabeau a servi de décor au tournage de « Jean de Florette » et de « Manon des Sources » par Claude Berri d'après l'œuvre de Marcel Pagnol.
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08.05.2009
Les années de guerre de mon père - 1ère époque : la marine nationale
8 mai 1945 - 8 mai 2009 : ceci est un hommage à mon père qui nous a quittés voilà bientôt deux ans. Grâce à ma mère, aux documents et photographies qu'elle a conservés, aux confidences qu'il lui avait faites, j'ai pu retracer ce parcours exemplaire, dont il ne parlait pourtant jamais, afin que ses petits-enfants et arrières petits-enfants sachent quel homme exceptionnel il était.
1942 : la France a capitulé. Le pays, bien qu’écartelé, est tout entier sous domination allemande. Pétain et son Gouvernement se sont réfugiés à Vichy, en zone dite « libre ». La Normandie est quant à elle en zone « occupée. » En mars, mon père, Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2) a 19 ans.
Depuis sa sortie de l’école technique de Rouen (aujourd’hui le Lycée des Emmurées) en 1937, il travaille comme ajusteur à la Compagnie Générale de Navigation dont le siège social se situe 3, rue d’Harcourt à ROUEN. En mai 1940, il a obtenu le Certificat Général de Capacité de mécanicien de bateaux à propulsion mécanique.
Le service militaire a été supprimé en France depuis la signature de l’armistice en juin 1940. Aussi, afin d'échapper au service du travail obligatoire mis en place par l'Allemagne nazie avec la complicité active du Gouvernenemt de Vichy (il s'agissait de réquisitionner et de transférer contre leur gré vers l'Allemagne une main-d'oeuvre qualifiée et bon marché), mon père va « s’engager volontaire pour 3 ans » et choisit la marine surtout parce qu’il n’aime pas marcher ! Il signe son engagement le 17 mars 1942 à Melun et devient le matricule 6355T42. Trois jours plus tard, il est à Toulon.
La totalité de la flotte française y est consignée. Selon les termes de l’Armistice, Toulon est un camp retranché tenu par des troupes françaises de l’armée du gouvernement de Vichy. Mon père est affecté au dépôt des équipages. Son « instruction militaire » ne va durer qu’un mois et le 21 avril 1942 il embarque à bord du « Strasbourg » lequel en juillet 1940 s’est échappé de la base navale de Mers El Kébir près d’Oran en Algérie où il devait être désarmé pour rejoindre le port de Toulon.

Le croiseur "Strasbourg"
Ce croiseur, bâtiment amiral des Forces de Haute Mer, mis en service en 1939, est, à la veille du second conflit mondial, l’un des plus puissants navires de guerre de la marine nationale française. Il dispose d’une artillerie principale composée de 2 tourelles quadruples de 330 mm à l’avant, d’une artillerie secondaire de 16 pièces de 130 mm réparties en 3 tourelles quadruples et 2 tourelles doubles. Il compte 18 canons de 37 mm et 32 mitrailleuses de 13,2mm.
C’est aussi à cette époque que mon père va embarquer sur le sous-marin « La naïade 2», sous-marin côtier mis en service en 1927. Il y sera victime d’une pneumonie !
Le 11 novembre 1942, les allemands envahissent la zone « libre ». Une fois de plus, le maréchal Pétain se laisse manœuvrer par les nazis. Quelques jours plus tard, le 27 novembre 1942, Hitler, reniant ses engagements, ordonne à son armée de s’emparer de la flotte française consignée au port de Toulon.
Pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi, la marine française basée au port de Toulon décide de se saborder. C’est la plus grande opération suicide de l’histoire mondiale de la marine. Et c’est du « Strasbourg », qu’est lancé par radio l’ordre général de sabotage répercuté aussitôt par signaux optiques. Le branle-bas sonne alors brusquement sur tous les navires bientôt suivi de l’ordre d’évacuation. Ne restent à bord que les équipes de sabotage préalablement désignées et constituées. En quelques minutes, de multiples explosions vont secouer les bâtiments présents dans l’arsenal, au point que les toulonnais croiront en un terrible bombardement et pour certains même en un tremblement de terre. Certains navires brûleront pendant des jours entiers.

Ci-dessus et ci-dessous, le "Strasbourg", au soir du 27 novembre 1942
Au soir du 27 novembre, le bilan fait état de 90% de la flotte sabordée dont la totalité des bâtiments de haute mer. Tous les grands bâtiments de combat sont coulés et irrécupérables dont 3 cuirassés, 7 croiseurs (dont le « Strasbourg* »), 15 contre-torpilleurs, 13 torpilleurs, 12 sous-marins (dont la Naïade 2**), 9 patrouilleurs et dragueurs, 19 bâtiments de servitude, 1 bâtiment-école, 28 remorqueurs et 4 docks de levage. Seuls 39 bâtiments seront capturés, tous de petit tonnage sans grande valeur militaire car endommagés et pour certains désarmés.

Si pour les nazis, l’opération est un échec cuisant, la France voit disparaître l’une des plus belle flotte qu’elle n’a jamais comptée.
Ce jour-là, « tout fut perdu, fors l’honneur… »
Deux jours plus tard, le 29 novembre, les Allemands ordonnent la dissolution de l’armée d’armistice, ultime vestige de la souveraineté de l’état français.
Mon père est mis en congé avec solde pour 3 mois à compter du 12 décembre 1942 et rentre chez ses parents.
Le matin du 12 mars 1943, il a rejoint le Bataillon des Marins Pompiers de Marseille, unité de la Marine nationale créée en 1939 et chargée « des secours tant contre l’incendie que contre les périls ou accidents de toute nature menaçant la sécurité publique ».
Il le quitte le 23 juillet 1943, premier jour de la contre-offensive russe, pour rejoindre les F.F.I. (Forces Françaises de l’Intérieur).
*Le « Strasbourg » sera renfloué par les italiens, restitué à la France en mai 1944 et finalement coulé une nouvelle fois par l’aviation américaine lors des bombardements précédant le débarquement en Provence en août 1944. Utilisé pour des expériences d’explosion sous marines près de la presqu’île de Giens, sa coque est ferraillée en 1955.
** Le « Naïade 2 » sera une première fois renfloué du 11 au 16 mars 1943 et conduit aux appontements de Milhaud où, en raison des travaux trop rapides, il coule le 17 avril 1943. Une nouvelle fois renfloué, il est de nouveau coulé, sans victime, le 24 novembre 1943 suite aux bombardements du 15ème Air Force.
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15.04.2009
La Traction-Avant de mon père
C’était sa première voiture ! Octobre 1953 : au volant, mon père. Il a 31 ans. A ses côtés, ma mère et derrière, mon frère aîné, Joël, âgé de 6 ans.
La voiture est bien sûr d’occasion. Mais mon père est un excellent mécano !
La « Traction Avant » Citroën, officiellement baptisée la « 7 », est née le 24 mars 1934 : 7 cv, 7 litres aux 100, 100km/heure ! De ligne résolument moderne et entièrement aérodynamique, elle n’est pas propulsée mais bien « tirée ». Ce sont les roues avant, et non plus arrière, qui sont motrices, d’où une tenue de route bien meilleure que celle de ses contemporaines. La publicité en fait d’ailleurs un argument de vente « La Traction Avant dompte la force centrifuge ».
Après la « 7 », viendront la « 11 » et la « 15 ». La « 22 » restera projet.
La Traction Avant Citroën aura une longue carrière : plus de 22 ans ! Le dernier modèle livré le 25 juillet 1957 sera une 11 familiale.
Celle de mon père, c’est une « 11 » d’après-guerre.
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24.02.2009
Augustin Bizet : un père au début du XVIIIe siècle
Notre ancêtre Augustin Bizet (sosa 304) et sa femme Angélique Auber se sont mariés à Notre-Dame de Franqueville le 7 novembre 1705.
Des 12 enfants qu’ils auront ensemble, 1 seul va survivre : notre ancêtre Charles Martin (sosa 152). Les autres, 2 garçons et 9 filles sont tous décédés avant leur 3ème anniversaire.
Charles Martin a 18 ans au décès de son père, âgé de seulement 45 ans, le 22 mai 1728 et sera présent au remariage de sa mère en 1732, laquelle aura un treizième enfant de son second époux.
La France est alors le pays le plus peuplé d’Europe et compte, dans ces années de fin de règne du Roi Louis XIV, 20 millions d’habitants.
Sous l’Ancien Régime, la natalité est très élevée et les familles de plus de 10 enfants ne sont pas rares. Cependant, le manque d’hygiène et de connaissances médicales, la misère et le déficit alimentaire chronique cause une mortalité importante. En moyenne, un enfant sur quatre meurt avant l’âge d’un an et la moitié des enfants meurent avant l’âge de 20 ans !
L’espérance moyenne de vie à la naissance est seulement de 25 ans !
A cette époque, l’eau était considérée comme un danger, capable de faire passer dans le corps humain miasmes et infections. La toilette utilisait donc très peu d’eau et consistait le plus souvent à frotter la peau avec des linges secs.
Voyez à quel âge le jeune Louis, futur Louis XIII, né le 27 septembre 1601, prit son premier bain ! (Extrait du journal tenu par son médecin)
« Le 11 novembre 1601 on lui a frotté la tête la première fois avec plaisir.
Le 17 novembre 1601 on lui a frotté le front et le visage avec du beurre frais et de l’huile d’amandes douces pour la crasse qui paraissait y vouloir venir.
Le 4 juillet 1602, il a été peigné pour la première fois, y prend plaisir et accommode sa tête selon les endroits qu’il lui démangeait.
Le 3 octobre 1606, on lui a lavé les jambes dans l’eau tiède… C’est la première fois.
Le 2 août 1608, baigné pour la première fois. »
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