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10/12/2014

Ce qu'elle avait de beau, c'était les yeux...

Étrange destin que celui de cette femme qui deviendra célèbre... mais sous un autre nom ! D'elle, Gustave Flaubert écrira : « Ce qu'elle avait de beau, c'était les yeux ». Il choisira d'en faire l’héroïne de son premier roman, « Madame Bovary », qui, publié en 1856, sera non seulement son plus célèbre mais aussi le plus populaire de tous. L'histoire qu'il y relate est tirée d'un fait divers authentique qui eut pour cadre le bourg normand de Ry en Seine-Maritime : une jeune femme idéaliste et romanesque, épouse d'un simple médecin de province, qui choisira la mort plutôt qu'une vie trop éloignée de celle de ses rêves.

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La véritable Emma Bovary s'appelle Delphine Couturier. Née dans le village de La Rue-Saint-Pierre, au cœur du pays de Bray le 17 février 1822, son père, un fermier aisé rêve pour sa fille d'un avenir brillant. C'est dans cet esprit qu'il l'élève et pour cela qu'il l'a fait instruire au couvent. A 17 ans, le 7 août 1839 dans l'église de Blainville-Crevon, la tête remplie d'idéaux romantiques, elle épouse le Docteur Delamare, un veuf de dix ans son aîné, un homme bon, sans grande personnalité et sans fortune, mais fou amoureux d'elle et prêt à tout pour la garder.

 

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Hélas, très vite le vilain mari va tuer le prince charmant ! Delphine, qui ne rêve que de jolies toilettes, de bals et de réceptions, de notabilité, de serviteurs,... désenchante très vite. Une vie qu'elle juge terne, banale et étriquée, où frustrations s'ajoutent aux ressentiments, l'éloigne rapidement d'un mari qui l'ennuie et qu'elle finit par ne plus aimer. Par dépit, elle prend un amant. Une première relation avec un beau parleur qui l'abandonne très vite, suivie d'une seconde avec un ambitieux qui, craignant une entrave à sa respectabilité, disparaît sans explication...

Emma Bovary, Delphine Couturier

Un double échec qui va nourrir sa fragilité nerveuse et avoir définitivement raison de son équilibre. Acculée par les dettes, elle choisit l'arsenic pour mourir le 6 mars 1848. Le docteur Flaubert, appelé à son chevet, ne pourra rien pour elle...

* Mon cousinage avec Delphine Couturier : Jehan HUBERT, mon sosa 4224, (+ ap. 1583) a épousé en 1552 à La Neuville-Chant d'Oisel (76) Benoîte REVEL (+ ap.1603). Le couple a eu notamment deux fils :

  • un fils Michel, « Sergent pour le Roi en la forest de Longboël », (°ap. 1552- + ca 1622) marié av. 1593 à La Neuville Chant d'Oisel (76) à Marie MONNOYE (1573-1637) ¬> Pierre HUBERT (°ca 1614 - +1672) x en 1634 à Catherine BULLETEL (°ca 1620 - 1656) ¬> Philippe HUBERT (1638-1694) x av. 1663 à Catherine LE TELLIER (1643-1694) ¬> Louis HUBERT (° ca 1672 - + 1732) x en 1715 à La Neuville Chant d'Oisel (76) à Marguerite VIMARD (°1687 - + ap.1744) ¬> Laurens HUBERT, Beaugeur – Couvreur en Paille (1721-1787) x en 1744 au Mesnil-Esnard (76) à Catherine LE PRESTRE (° 1721 - + ap. 1763) ¬> Antoine HUBERT, Charpentier (°1752 - + ap. 1813) x en 1773 au Mesnil-Esnard (76) à Magdeleine SERGEANT (° 1752 - + 1820) ¬> Flore HUBERT (1779-1843) x en 1803 au Mesnil-Esnard (76) à Nicolas BOULANGé, Couvreur en paille (°1769-+ 1852) ¬> Constant BOULANGé (°1817-+1889) x en 1842 au Mesnil-Esnard (76) à Geneviève Eloïse REIGNIER (°1815-+1902) ¬> Constant Etienne BOULANGé (°1842-+1918) x n 1869 à St-Pierre de Franqueville (76) à Lucie Stéphanie PELLERIN (°18446=1926) ¬> Paul Fernand BOULANGé (°1877-1950), mon grand-père.

  • Un fils Laurent, (°1573 - + ap. 1628), marié vers 1597 à Catherine LE TELLIER ¬>Laurent HUBERT, « Laboureur – Receveur des droits seigneuriaux de la Baronnie de Pont-Saint-Pierre (1604-1670) marié vers 1628 à marguerite HACOU (ca 1612 – 1688) ¬> Angélique HUBERT (1657-1733) mariée en 1678 à La Neuville Chant d'Oisel à Charles HARDY (1654-1710) ¬> Pierre HARDY (1696-1741) marié en 1720 à Boissay (76) à Geneviève SAAZ (1690-1748) ¬> Marie Anne Dorothée HARDY (1725-1808) mariée en 1750 à Boissay (76) à Marin COUTURIER (1721-1800) ¬> Pierre COUTURIER (1764-1853) marié en 1791 à Catenay (76) à Marie Marguerite Thérèse PIERRE (1767-1845) ¬> Pierre Jean Baptiste COUTURIER, Médaillé de Sainte(-Hélène, Cultivateur, (1795-1868) marié en 1821 au Vieux-Manoir (76) à Madeleine Martine Véronique LEROUX (1801-1839) ¬> Véronique Delphine COUTURIER, « Emma Bovary », (1822-1848), mariée en 1839 à Eugène DELAMARE (1812-1849).

 

22/10/2014

Guillaume Dubusc, Notaire Royal

On rencontre plus facilement dans sa généalogie journaliers et autres manouvriers qu'un notaire royal !

Mon aïeul Guillaume Dubusc* a été baptisé en l'église Saint-Jacques de Dieppe (XIIe au XVIe siècles) le 15 août 1643. Selon la tradition, comme aîné de la famille, il reçoit le prénom de son père. Après lui, viendra une fratrie composée notamment de Marc-Anthoine, Anne, qui recevra le prénom de sa mère, Jean et Marie Madelaine.

 

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 Église Saint-Jacques à Dieppe - Camille Pissarro - 1901

La famille Dubusc fait partie des notables de la ville normande. L'oncle de Guillaume, Jean Dubusc est Prêtre Chapelain en la cathédrale Notre-Dame de Rouen et sa sœur Marie-Madeleine aura pour parrain Jean Du Montier, vicomte d'Arques. Le 7 février 1673, en l'église voisine de Saint-Rémy de Dieppe, Guillaume Dubusc, alors Tabellion Royal, fait « un beau mariage ». Il épouse Marie Quevesne dont le frère Guillaume est Procureur du Roi.

 

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Acte de mariage de Guillaume Dubusc et Marie Quevesne (Registre Paroissial de St-Jacques de Dieppe)

Dans la moitié nord de la France, on a longtemps distingué les deux fonctions : au notaire, la rédaction de l'acte authentique, au tabellion sa conservation et la délivrance des copies. Tous deux ont en principe, après la « petite école », soit vers l'âge de 10/11 ans, intégré un collège ecclésiastique. La formation y est essentiellement centrée sur la bonne maîtrise du latin. Car à cette époque, si c'est par l'apprentissage qu'on apprend le notariat, c'est par l'acquisition d'un l'office qu'on devient professionnel. Donc, avant d'être en capacité de s'installer, il faut avoir exercé plusieurs années au côté d'un praticien, avoir copié durant de longues journées toutes sortes d'actes, avoir appris à ses côtés le droit et le fonctionnement de la justice. Au XVIIe siècle, le notaire est « officier » c'est à dire qu'il détient une charge, nommée office, dont il hérite ou qu'il a achetée. Pour la royauté, l'office s'impose comme un expédient financier capable de remplir les caisses de l’État. En cas de besoin, le roi augmente les impôts, emprunte aux financiers... ou créé des offices ! En contre-partie, le notaire dispose de privilèges bien concrets comme l'exemption de la taille, le grand impôt royal.

Guillaume Dubusc et Marie Quevesne vont avoir 7 enfants dont les parrains et marraines, choisis parmi la noblesse et la haute-bourgeoisie de la cité normande florissante, témoignent de leur réussite.C'est à cette époque que Guillaume prend le titre de « Notaire Royal aux juridictions royales d'Arques, greffier en chef aux traites et foraines de la ville de Dieppe ». Les traites, dont les foraines, sont des impôts royaux, sorte de droits de douane, perçus sur la circulation des marchandises entre les différentes provinces du royaume ou avec l'étranger. Grâce notamment à l'armateur Jehan Ango (1480-1551) dont les navires atteignent Sumatra, le Brésil et le Canada, la puissance maritime de la ville de Dieppe est à son apogée : l'or des Amériques, le bois des tentures du Brésil, le tabac ou encore les morues de Terre-neuve y transitent en nombre, faisant la fortune et l'aisance des "officiers".

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Après le décès de son épouse, Marie Quevesne, le 17 juin 1693 à seulement 42 ans, Guillaume Dubusc se remarie le 29 juin 1694, cette fois en l’Église Saint-Jacques de Dieppe. Il a près de 51 ans, un âge avancé pour l'époque, alors que l'élue de son cœur, Magdeleine Lagnel, en a 27 de moins. Hélas, le royaume est en guerre. A peine un mois plus tard, les 22 et 23 juillet 1694, la flotte anglo-néerlandaise bombarde Dieppe. La ville est quasiment détruite : la majorité des maisons, essentiellement à pans de bois, ont brûlé. La lenteur de la reconstruction va faire perdre à la ville son statut de métropole de commerce. Des années de vache maigre commencent pour Guillaume Dubusc. Il aura cinq enfants de sa jeune épouse, avant de décéder, le 24 septembre 1707, à l'âge de 64 ans.

* Guillaume Dubusc (1643-1707), Notraire Royal, mon sosa 382, marié le 29 juin 1694 à Dieppe, paroisse Saint-Jacques à Magdeleine Lagnel ―> Madeleine Dubuc (1700-1756) mariée le 9 janvier 1719 à Etran (76) à Louis SEVERI (1682-1760), Marchand de bois ―> Marie Madelaine SEVERI (1739-1819) mariée le 27 octobre 1762 à Grèges (76) à Pierre LAVIEUVILLE (1733-1793), Aubergiste ―> Marie Magdeleine Angélique LAVIEUVILLE (1767-1838), Fileuse, mariée le 3 mars 1794 à Rouxmesnil (76) à Pierre Charles DUBOST (1768-1842), Maréchal Ferrant ―> Madeleine Ludivine DUBOST (1813-1899), mariée le 22 septembre1840 à Ancourt (76) à Pierre Alexandre SANNIER (1813-1881) Maître Maréchal Ferrant ―> Ludivine Olive SANNIER, (1842-1913), Jardinière, mariée le 13 janvier 1863 à Neuville (76) à Gilles Édouard DAMAMME (1834-1905) Maréchal Ferrant ―>Alexandre Augustine DAMAMME (1881-1967), ma grand-mère paternelle.

Biblio. « Notaires et tabellions » - Nos ancêtres – Vie et Métiers – n° 29 Jan-Fev 2008.

 

21/09/2014

Mon cousin Saint-Michel, pionnier de la Nouvelle-France

XVIIe siècle au royaume de France : Les mauvaises récoltes accentuent la crise économique et la misère des sujets de sa majesté. Laissons Jean de La Bruyère (1645-1696) nous peindre le tableau des paysans français de cette époque : « L'on voit des animaux farouches répandus par la campagne, attachés à la terre qu'ils fouillent. Quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine et en effet ils sont des hommes ! » A la vie très dure, à la peste et à la famine, s'ajoute l'accentuation de la pression fiscale. Dans tous les provinces, le mécontentement s'accentue et le peuple gronde en vain. Alors, les plus audacieux, les plus courageux aussi, n'hésitent pas, dans des conditions souvent inhumaines, à effectuer une périlleuse traversée de Atlantique pour rejoindre ce nouvel eldorado, la Nouvelle-France, où ils espèrent trouver un avenir meilleur.

Parmi ces aventuriers, il y a mon cousin, Michel Messier. Il est né vers 1641 à Vascœuil (Eure). Il est le troisième enfant d'une fratrie qui en comptera huit. La famille est très pauvre. David, son père, est homme de journée. En 1687, sur son acte de sépulture, le curé de la paroisse mentionnera « mendiant »...

 

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 Chomedey de Maisonneuve (1612-1676)

C'est sûrement en 1653, avec la grande recrue de 120 colons de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), que son fils Michel, âgé de 13 ans, débarque à Montréal au Canada. Loin des siens, il y retrouve cependant son oncle paternel Jacques parti peu de temps avant lui. Aussitôt, à ses côtés et comme tous les autres colons, il travaille au défrichement de cette nouvelle terre. Mais, un an plus tard, il est capturé par les Iroquois.

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Libéré l'année suivante, il achète à Charles Le Moyne le 4 novembre 1657, alors qu'il n'a que 17 ans, sa première terre de 30 arpents dite « La Provençale ». Le 25 février 1658, dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, en présence des notables de la ville, il épouse Anne Le Moyne, la sœur de Charles. De leur union, vont naître 12 enfants.

En 1661, le voilà une nouvelle fois capturé par les Iroquois mais cette fois il parvient à s'évader au bout de deux ans. Il poursuit son ascension sociale et acquiert aux frères Sulpiciens, le 26 novembre 1665, une terre de 30 arpents située près de celle qu'il possède déjà. Dans l'acte, Michel Messier est dit le grand Saint-Michel ! Il a 21 ans !

Sept ans plus tard, le 14 mai 1668, avec son beau-frère Jacques Le Moyne de Sainte-Marie, ils reçoivent le fief du Cap-de-la-Trinité qu'ils vont se séparer. Michel Messier quitte Montréal pour vivre sur sa Seigneurie du Cap Saint-Michel à Varennes.

Le 4 octobre 1678, il agrandit une nouvelle fois son domaine en achetant le fief de La Guillaudière adjacent au sien.

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Joseph Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688)

En 1684, il participe à l’expédition du gouverneur Joseph Antoine Le Febvre de La Barre (1622-1688) menée contre les Iroquois. Le 14 août, lors de la revue de l’armée faite au fort Frontenac, il est inscrit comme commandant de la barque « la Générale ». À son retour, il reçoit du gouverneur un congé de traite des fourrures pour le pays des Outaouais. Ceux-ci vivent dans la région du lac Huron, au Michigan et en Ontario, leur territoire d'origine, et aussi en Oklahoma aux États-Unis Il s’y rend l’année suivante. Auparavant, le 25 mai, il a prit la peine de rédiger son testament...

En 1692, le nouveau gouverneur, Louis de Buade, Comte de Frontenac et de Palluau (1622-1698) lui accorde un nouveau congé. Cette fois, avant son départ le 2 mai, il donne procuration à sa femme. Au cours de ce voyage, il est fait prisonnier par des Onontagués dans la région du Long-Sault. On le déclare décédé le 6 octobre 1692 lors d'une réunion du Conseil Souverain. Mais, en juillet 1693, il s'évade une nouvelle fois et parvient à rentrer à Montréal.

Ce pionnier qui avait participé activement à la défense de la colonie, au défrichement de la terre et à la traite des fourrures, et qui s'éteignit à l'âge de 85 ans, le 3 novembre 1725, est mon cousin à la 10 génération. Nos ancêtres communs : David Messier dit Blondelet (1610-1687), homme de journée, mon sosa 3690 x (marié) vers 1640 à Marie Marguerite Bar (1615-1676) ont eu 8 enfants dont : 

> un fils, Michel Messier dit Sieur de Saint-Michel (1641-1725).

> une fille, Marie (mon sosa 1845), (1645-1698) qui a épousé vers 1674 Pierre Ravette (1645-1698) > Pierre Ravette (1678-1721) x à Boos (76) le 19 janvier 1703 à Marie Catherine Saint-Pierre (1664-1729) > Marie Ravette (1704-1756) x à Boos (76) le 10 février 1727 à Gabriel Delaplace (1702-1764) > Jacques Delaplace, toilier, (1730-1789) x à Boos (76) le 22 octobre 1765 à Marie Anne Angélique Tinel (1742-1818) > Marie Catherine Delaplace (1767-1852) x à Boos (76), le 8 janvier 1793 à Jean Baptiste Moriquet, boucher, (1760-1812) > Marie Elizabeth Antoinette Moriquet, toilière, (1802-1857) x à Boos (76) le 26 avril 1820 à Jacques Désiré Bénard, marchand boucher (1797-1820) > Jean Désiré Bénard , marchand boucher, (1820-1895) x à Boos (76), le 20 avril 1846 à Catherine Thérèse Victorine Desmare (1825-1879) > Paul Abert Bénard (1861-1951), mon arrière grand-père.

 

Biblio. Texte de Claude Perrault  (modifé par Jean-Jacques Messier) – Université de Toronto.