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30/10/2016

La fleur de Lys

 « La France fut faite à coups d’épée.

La fleur de lys, symbole d’unité nationale n’est que l’image d’un javelot à trois lances.»

Charles de Gaulle (1890-1970)

 

"D'or sur champ d'azur", la fleur de lys, dont l'ancienne orthographe est" fleur de lis", est l'un des symboles de la royauté française. Et c'est aussi l'un des plus anciens emblèmes au monde. Mais saviez-vous que cette fleur de lys a peu à voir avec le lys que l'on trouve dans nos jardins ?

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Il s'agit en fait d'une fleur mythique qui proviendrait pour certains de l'iris, "lis" en néerlandais, et pour d'autres du glaïeul. D'autres encore considèrent que ce symbole est "une fleur", c'est-à-dire un meuble héraldique qui n'a pas de réalité botanique.

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Pépin le Bref (715-768)

 

Présente chez le chrétiens romains et byzantins, chez les Wisigoths comme aussi chez les Lombards, la fleur de lys apparaît dans le monde franc à la fin du règne de Pépin le Bref (715-768) et au début de celui de Charlemagne (742-814). Elles vont servir notamment d'ornement aux armoiries, un cadeau que nous ont laissé les rois Capétiens avec l'évolution de l'équipement militaire. Si le premier d'entre-eux, Hugues Capet (940-996), arborait déjà sur son sceau une couronne de trois lys, c'est Suger de Saint-Denis (1080-1151), l'homme de confiance et le conseiller du roi Louis VI dit « le Gros » (1081-1137) et Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux (1090-1153) qui proposent pour la première fois au souverain d'arborer ce symbole biblique qu'est la fleur de lys sur ses armoiries. La pureté du lys est en effet associé à la Vierge Marie. L'emblème se veut évocateur : le roi des Francs se montre ainsi à tous comme, à l'image de la mère du Christ, l'unique intermédiaire entre Dieu et les hommes.

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Louis VI dit « le Gros » (1081-1137)

Quant à l'expression « fleur de lis », elle va naître peu après 1160, sous le règne de Louis VII dit « Louis le Jeune » (1120-1180), dans "Érec et Énid", premier roman arthurien de Chrétien de Troyes (1130-1190). Elle viendrait du latin "lilium", fleur de li ou fleur de roi. Et jusqu'à la Révolution, cette fleur de lys va représenter la France avant de symboliser l'unité nationale.




Biblio. "Histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

Merci aux nombreuses pages sur ce thème et notamment à Wikipédia.

 

26/10/2016

Poussez, poussez, l'escarpolette, Poussez pour mieux me balancer !

Saviez-vous que c'est notamment par ce tableau libertin, "les hasards heureux de l'escarpolette", qu'un grand maître de la peinture du XVIIIe siècle s'est fait connaître ?

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"Les hasards heureux de l'escarpolette" de J.-H. Fragonard (1667-1669)

 

Allongé dans un buisson, un homme se rince l’œil ! Cet homme là se nomme François David Bollioud (1713- 1787). Il est Écuyer, Seigneur de Saint-Julien, Baron d'Argental et Receveur Général du Clergé de France du roi Louis XV (1710-1774). Et ce qu'il contemple avec extase, c'est sa maîtresse. Une jeune femme perchée sur une balançoire de velours rouge, couleur de l'érotisme, qui, levant la jambe avec espièglerie, lui dévoile sans pudeur ce qui aurait dû rester caché ! A l'époque, il faut savoir que les femme ne portaient nul sous-vêtement sous leurs jupons...

Fantasme de cet "un homme de cour", qui, en 1767, n'hésite pas à passer une commande coquine au peintre Gabriel-François Doyen (1709-1783). Le maître vient de triompher au salon de 1766 avec "Le miracle des ardents" pour l’Église Saint-Roch, pas vraiment le même genre ! "Je désirerais, lui dit-il, que vous peignissiez Madame, désignant sa maîtresse, sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau." Scandalisé, Doyen refuse. Beaucoup trop indécent pour lui. Le baron se tourne alors vers un jeune artiste moins frileux, Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) qui n'hésite pas une seconde et compose cette œuvre qui contient tous les éléments d'une scène galante.

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Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

C'est dans l’ombre, loin de la lumière, que réside la clef du tableau. L'homme en bas à droite, vraisemblablement le mari, tient la corde de l’escarpolette et dirige les mouvements de la jeune femme, laquelle, dans son élan, perd un de ses escarpins. Sa jupe retroussée dévoile une jarretière. En bas à gauche, un homme à terre: l'amant dont le regard scrute les dessous de la jeune fille.

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Au-dessus de lui, Cupidon, d'un geste gracieux, porte son index sur la bouche, assurant par là les personnages de son silence complice...

23/10/2016

Une toponymie caractéristique de Normandie

C'est en Normandie que l'on recense le plus grand nombre de localités dont le nom se termine par -ville comme Hattenville, Fauville, Martainville ou Auzouville... Environ 20% des communes de notre région ont cette particularité. Et plus fort encore : au niveau national, notre région remporte le pompon avec 460 communes sur les 1068 concernées.

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Noms de communes de France composés avec l'appellatif -ville


Ce mot "ville" a bien entendu le sens de village. Au 1er siècle av. J.-C., sous Ciceron ( 106 à 43 avant J.-C.), la "villa" était une ferme ou travaillait des esclaves. À l'époque carolingienne puis capétienne, les exploitations rurales s' agrandissent et se regroupent pour former des hameaux qu'on continue à appeler "villae". Du Xe au XIIIe siècle, le mot latin "villa", qui désigne des lieux-dits, va se transformer progressivement pour devenir en français "vile" puis "ville".

 

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Trace des vikings qui ont envahi notre région, chez nous, ce suffixe vient souvent compléter le  nom scandinave du lointain fondateur du domaine qu'il nomme. C'est le cas par exemple pour Tourville-en-Auge (Calvados) qui tire son nom de Torf ou Turold, d'Amfreville-la-Campagne (Eure), de celui Ásfríðr ou de  Bricqueville-sur-Mer (Manche), de Brekki.

 

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Il faut savoir que le plus ancien nom en -ville de Normandie est celui de Bourville (Seine-Maritime), connu des l'an 715 sous la forme latinisée de "Bodardi villa", c'est-à-dire "le domaine rural de Bodardus ou Bodard". C'est dans ce village qu'André Raimbourg passa toute son enfance et c'est aussi celui qui lui a inspiré son surnom de Bourvil.



Biblio. Revue " ça m'intéresse Histoire" - Jan. -Fev. 2016.

Merci aux pages Wikipédia et Ouest-France.