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12/10/2016

Peste ou mariage : un saint à implorer...

L’un de mes plus anciens ancêtres, issu de la 11ème génération, porte un  prénom pour le moins oublié aujourd’hui, celui de Bonaventure. Je sais peu de chose sur cet aïeul, si ce n’est son nom, Bonaventure Benoist, et qu’il était né vers 1639 dans les environs de Romilly-sur-Andelle, petite cité du département normand de l’Eure.

Le saint dont il porte le prénom est l’une des trois figures de la famille franciscaine. Né Giovanni di Fidanza en Italie vers l’an 1217, l’homme  pris le nom de Bonaventure en entrant dans les ordres. Selon une tradition, ce serait François d’Assise lui-même, le fondateur de son ordre, qui, à la vue de ce jeune enfant gravement malade, se serait exclamé « O buona ventura ! » (Quelle chance)  

 

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Saint Bonaventure – G.A. Pordenone – 1530

 

Théologien de la pauvreté, Bonaventure est dit aussi savant que modeste. Pour preuve, ces envoyés du pape qui, chargés de lui annoncer son élévation au cardinalat, l’auraient trouvé dans son jardin en train de laver la vaisselle : le saint homme aurait poursuivi sa tâche en les priant de l’attendre et d’accrocher la barrette, le chapeau de cardinal qu’ils étaient venus lui remettre, à la branche d’un arbre !

Si, notamment à Lyon où il est mort durant le Concile Œcuménique en 1274, une église porte son nom, il y a en Normandie, à l’Est de Rouen, dans la commune de Belbeuf, un chapelle où ce saint, qui passait autrefois pour éradiquer la peste, est toujours vénéré. Il s’agit de la Chapelle Saint-Adrien, bâtie au XVIIIe siècle,  plaquée tout contre la paroi de la falaise, à demi troglodyte.  

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 Chapelle Saint-Adrien de Belbeuf

 

Si, aujourd’hui, certains viennent prier ce saint de mettre fin aux « bonnes aventures » de leurs conjoints volages, d’autres, les filles à marier, de les aider à convoler en justes noces. Pour cela, les candidates au mariage devaient piquer le pied de la statue ! Devant la multitude des attaques, on a dû la protéger ! Désormais,  prières et requêtes sont à déposer sur le coussin prévu à cet effet ! 

 

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Canonisé en 1482, proclamé Docteur de l’Eglise en 1587, Saint Bonaventure est fêté le 14 juillet.

 

Tableau simplifié de descendance : Bonaventure BENOIST (sosa 2308) (° < 1639) → Bonaventure BENOIST (sosa 1154) (° ca 1657 - + <1700) → Marguerite BENOIST (sosa 577) (° <1683 - + 10.10.1710 Romilly-sur-Andelle (27) x à Jacques PELLERIN dit GALLOT → Nicolas PELLERIN (sosa 288) (1703-1731) → Nicolas PELLERIN (sosa 144) (1727-1780) → Nicolas PELLERIN (sosa 72) (1760-1849) →Jacques Nicolas PELLERIN (sosa 36) (1783-1844) → Jacques Désiré PELLERIN (sosa 18) (1809-1891) →Lucie Stéphanie PELLERIN (sosa 9) (1844-1926) mon arrière grand-mère.

 

Biblio. Dictionnaire des Saints Ed. R. Morel1962 et « Normandie – Secrets de Normands – Ed Prat 2012.

Photos. Merci au site lostinadream.hautetfort.com

09/10/2016

Galettes normandes de sarrasin

Non, les galettes de sarrasin, dont les origines remontent à la nuit des temps, ne sont pas l'exclusivité de nos amis Bretons ! Elles sont aussi confectionnée chez nous, en Normandie, en particulier dans le bocage normand : Avranchin, Mortenais, Domfrontais, Bocage Virois et une partie du Bessin. D'ailleurs, l'étymologie du mot "galette" est vraisemblablement normande. Attesté pour la première fois dans un texte de Rouen du XIIIe siècle, c'est-à-dire à la même époque que le mot "crêpe", la "galette", qui désignait alors une sorte de pâtisserie, serait la féminisation de "galet", dérivant du mot normand "gale" signifiant « gâteau plat ».

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Car, avant d’adopter le côté festif et gourmand qu’on leur connaît, il faut se rappeler que le sarrasin servit, des siècles durant, d’aliment de base aux habitants des campagnes de toutes les régions de France. Originaire d’Orient, il a été cultivé en Normandie dès le Moyen-Age. Et tous les Normands vous le diront : nos galettes de sarrasin ne ressemblent en rien à leurs cousines de Bretagne ! Confectionnées avec un mélange de lait et de crème fraîche, elles sont à la fois plus moelleuses, plus légères et bien plus savoureuses !

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Pour un Normand, ces galettes ne sont pas un entremets. Quand il les mange, il ne mange que cela. Il en fait un repas complet. Il les aime fines comme de la dentelle et un peu croustillantes. Il les consomme de préférence chaudes, au sortir de la "tuile" ou autre "galettoire en fonte", et les déguste accompagnées d'un bon verre de cidre brut. Si nos galettes s’accommodent d’une simple noix de beurre, on peut également les garnir généreusement de produits du terroir : champignons ( girolles, de morilles ou de cèpes de la forêt d’Andaine), saumon fumé, coquille Saint Jacques de Granville ou mélange de fruits de mer (moules de Barfleur, crevettes des îles Chausey et petites seiches) ou andouille de Vire. Elles sont aussi délicieuses fourrées de crème de Camembert ou de Livarot. Et pour le dessert, si une bonne confiture, comme de la gelée de groseille, peut suffire, quelques pommes caramélisées flambées au Calvados ou à la Bénédictine les rendront divines à souhait.

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Comme d'habitude, amis gourmands aux babines alléchées, voici la recette traditionnelle des galettes normandes de sarrasin*.

Pour 25 galettes : Prévoir 5 œufs frais, une livre de fine farine de sarrasin (fraîchement moulue si possible), un quart de litre de bonne crème fraîche, un verre de gros lait**, un demi-litre de lait non écrémé, un verre à dégustation de bon calvados, une pincée de gros sel.

Préparer ce que les Normands appellent "la détrempe" : bien mélanger et battre l'ensemble avec les jaunes d’œufs seulement. Laisser reposer cette pâte liquide pendant 2 à 3 heures avant de s'en servir.

Battre les blancs en neige et les ajouter au moment de faire les galettes.

Ensuite, procéder comme pour les crêpes à la farine de blé, avec du beurre salé et quand la galette est cuite d'un côté, la retourner avec une palette en bois.

 

Bon appétit !

 

* Recette extraite de "La France à table - Basse Normandie" - n°27 - Dec. 1950.

** un lait fermenté fabriqué à partir de lait cru de vache, sorte de yaourt.

Merci au site www.normandie-heritage.com

05/10/2016

Le plus révolutionnaire des refrains

Ce refrain là symbolise la Révolution. Pourtant, à sa création, il s'agissait d'un chant de paix exprimant à la fois l'optimisme et la confiance :

 

"Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Le peuple en ce jour sans cesse répète,

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins tout réussira.

Nos ennemis confus en restent là

Et nous allons chanter « Alléluia !"

 

La musique, le "Carillon national", est une contredanse très populaire sous l'Ancien Régime signée Bécourt, un violoniste parisien exerçant au théâtre des Beaujolais. Aujourd'hui disparu, à son emplacement se situe  le théâtre du Palais-Royal. Cet air plaisait dit-on énormément à la reine Marie-Antoinette (1755-1793) qui le jouait volontiers sur son clavecin...

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Les paroles, des vers débonnaires, sont de Ladré, un ancien soldat devenu chanteur. Le titre comme le thème du refrain lui furent inspirés par le positivisme de l'américain Benjamin Franklin (1706-1790). Lorsqu’on lui demandait des nouvelles de la guerre d’Indépendance américaine, il répondait invariablement dans son mauvais français : « Ça ira, ça ira. »

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Mais voilà, avec le temps, les paroles de ce chant vont évoluer. Rien de commun entre le « Ah ça ira, ça ira ! Pierrot et Margot chantent à la ginguette ! Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Réjouissons nous, le bon temps reviendra » chanté lors de la première fête du 14 juillet appelée à l'époque "Fête de la Fédération", et quelques mois plus tard, ces vers de haine écrits par un sans-culotte anonyme :

 

« Ah ça ira, ça ira, ça ira,

Les aristocrates à la lanterne.

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

Les aristocrates on les pendra. »

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Et ce sont ces paroles-là qui furent entonnées pendant la nuit du 5 au 6 octobre 1789, par les insurgés du château de Versailles. Elles furent reprises ensuite par le peuple jusqu’à la fin du règne de la Terreur avant de finir par être interdites sous le Consulat.

 

Biblio. "Le grand Bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Ed. Larousse 2012.

Merci aux nombres pages sur ce thème et notamment à celles de Wikipédia.