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03/09/2017

Joseph Berchoux, l'homme à qui l'on doit la gastronomie

« Rien ne doit déranger l’honnête homme qui dîne. »

J. Berchoux

La gastronomie ! Ce terme renvoie à un texte d’Archestrate, poète grec et sans doute cuisinier, qui, au cours des deux premiers tiers du IVe siècle avant J.-C., a écrit, sous forme d’un poème épique, le premier livre de cuisine grecque. Ce poème, le grec Athénee, mort au IIIe siècle, l’a repris plus tard dans son traité culinaire « Les Deipnosophistes ». Le mot « gastronomie » vient donc du grec « gastèr » signifiant le ventre ou l’estomac, et de « nomos », la loi. La gastronomie est donc littéralement « l’art de régler l’estomac ».

C'est à Joseph Berchoux que l’on doit son introduction dans la langue française, au sens cette fois de « l’art de faire bonne chère ».

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 Joseph Berchoux (1760-1838)

  

Né à Saint-Symphorien-de-Lay dans le département de la Loire, le 3 novembre 1760, cet humoriste exerçait la très sérieuse profession de juge de paix quand éclata la Révolution Française.  

 

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Acte de naissance de Joseph Berchoux 

 

Homme de lettres, passionné d’histoire et de sociologie, auteur de satires et de poèmes didactiques, il publia en 1801 un long poème en quatre chant, d’un millier d’alexandrins, intitulé « Gastronomie où l’homme des champs à table ». L’ouvrage se voulait un « code de politesse gourmande » à l’usage de la bourgeoisie. Il obtint un vif succès !

« Je chante l’homme à table et dirai la manière

D’embellir un repas d’un aimable banquet

D’y fixer l’amitié, de s’y plaire sans cesse

Et d’y déraisonner dans une douce ivresse. »

 

 

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Si le mot « gastronomie » ne fera son entrée dans le Dictionnaire de l’Académie Française qu’en 1835, celui de « gastronome », deviendra d'usage courant après la parution en 1825 de l’ouvrage « Physiologie du Goût » d’un autre illustre gourmet, Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826).

 

 

Biblio. Merci aux Archives départementales de la Loire et aux pages Wikipédia sur le sujet.

04/12/2016

La papillote de Lyon

Si je vous dis que cette friandise au chocolat au lait ou noir, fourrée de praliné, de ganache, de pâtes de fruits ou de fondants, est incontournable des fêtes de fin d'année ? Que sa particularité tient essentiellement dans son papier d'emballage multicolore et frangé à ses extrémités, ? Que chacune d'elle recèle un message secret ? Si j'ajoute qu'elle a aujourd'hui environ 225 ans et qu'elle porte toujours le nom de son créateur ? Avez-vous deviné que je vous parle de la papillote de Lyon ?

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Car c'est bien dans la capitale des gaules qu'elle a vu le jour, au cœur du quartier des Terreaux, lieu emblématique de la ville, rue du Bât d’Argent, dans l'atelier de la boutique d'un chocolatier-confiseur. Nous sommes au lendemain de la Révolution, vers 1790. La légende raconte qu'elle est née d'une histoire d'amour, celle d'un jeune commis de Me Papillot, homme de biens que le sucre et ses dérivés ont enrichi, qui, pour séduire la nièce de son patron, dont il était fou amoureux et qui travaillait à l'étage supérieur de la boutique, lui faisait parvenir chaque jour une confiserie sortie des fourneaux de son maître, qu'il entourait alors d'un message enflammé, avant de l'envelopper d'un joli papier doré.

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Lyon, place des Terreaux

Bien sûr, en découvrant l'indélicatesse de son apprenti, son patron le congédia sur le champ. Mais ce dernier conserva l'astucieuse idée et la repris à son compte. Remplaçant les déclarations d'amour par un proverbe, une citation, des histoires drôles ou des rébus, il la baptisa "papillote" et la commercialisa avec succès.

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C'est un siècle plus tard, avec la création de l'entreprise Révillon Chocolatier, que la papillote de Lyon connait sa véritable ascension commerciale. Reine des gourmandises, elle acquière la notoriété qu'on lui connaît aujourd'hui.

A noter que le mot "papillote", féminin de l’ancien français papillot (« paillette, petit papillon »), est apparenté à papillon. Les paillettes sont en effet comparées à leurs ailes chatoyantes.

Le mot sera ensuite repris en cuisine, pour indiquer que l'aliment est recouvert hermétiquement avant cuisson d'une feuille d'aluminium ou de papier sulfurisé.

 

Biblio. "Bonbons de toujours - Histoire et tradition des meilleurs bonbons artisanaux de France " - Ed.Gründ 2015.

13/11/2016

Plombières ou plombière ?

La Plombières ! C'est l'un des régals de nos palais, une valeur sûre ! Une délicieuse crème glacée aux fruits confits préalablement macérés dans du kirsch !

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La mode des desserts glacés nous est venue d'Italie. C'est un Sicilien de Palerme, Francesco Procopio dei Coltelli (1651-1727), qui francisera son nom en François Procope-Couteaux, qui, le premier, les aurait fait goûter à la cour du roi Louis XIV (1638-1715). L'homme fonda un café rue de l'Ancienne Comédie qui existe encore aujourd'hui.

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Francesco Procopio dei Coltelli (1651-1727)

On sait qu'en 1798, un glacier-confiseur parisien du nom de Tortoni, appartenant à la maison fondée par Velloni, placée à l'angle de la rue Taibout et de l'actuel boulevard des Italiens, près de l'Opéra de Paris, proposait à ses clients de la glace plombière sans majuscule et sans "s". L'entremets glacé composé d'œufs et de fruits confits était sanglé dans un moule en plomb, d'où il aurait tiré son nom. En 1822, Antonin Carême (1784-1833), dans son ouvrage intitulé "Le maître d’hôtel français" recommande « la crème glacée à la Plombière » avec une majuscule mais toujours sans "s". Quant à Honoré de Balzac (1799-1850), dans son roman "Splendeurs et misères des courtisanes" paru en 1847, il parle également de la glace "Plombière" servie au dessert.

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Ce "s" lui serait venu de Plombières-les-Bains, la station thermale des Vosges. C'est en effet lors d'un diner organisé dans cette cité à la mode le 21 juillet 1858, que fut servie pour la première fois cette plombière avec un "s". Cela se passait dans le « Pavillon des Princes », actuels bureaux de l'administration de la Société thermale, à l'issue de la rencontre de l'empereur Napoléon III(1808-1873) avec le comte de Cavour (1810-1861), premier ministre sardo-piémontais. Les deux hommes venaient de conclure le traité dit de Plombières qui prévoyait qu'en l'échange de l'appui militaire français au Piémont-Sardaigne dans sa guerre contre l'Autriche, la France sera indemnisée par l'annexion de la Savoie et de Nice.

Et c'est aussi dans cette même cité de Lorraine qu'en 1882, un pâtissier local eut l'idée de perfectionner la recette en faisant macérer les fruits confits qui la composent dans du kirsch, l'alcool local, lui donnant ainsi son goût incomparable.

 

 

Biblio. "Cuisine d'ici n°6 - 2015.

Merci aux nombreuses pages dont celle de Wikipédia sur le sujet et particulièrement au site www.glace-plombieres.fr/origine.