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17/05/2015

Et si elle s'était appelée la Tour Bönickhausen ?

Saviez-vous que notre Tour Eiffel a bien failli, à quelques années près, s'appeler la Tour Bönickhausen  ? Car ce nom de Eiffel, mondialement célèbre, est en réalité un surnom, porté dans la famille de Gustave Eiffel depuis le début du XVIIIe siècle. Il renvoie sans doute à l'Eifel, un massif Sud-Ouest allemand de moyennes montagnes situé au cœur du massif schisteux rhénan, principalement en Rhénanie-Palatinat et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

 

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Carte de localisation schématique des principales subdivisions du massif schisteux rhénan

Le vrai nom de la famille des Eiffel est Bönickhausen, toponyme qui pourrait correspondre à la commune de Bönninghausen. En 1710, c'était celui de Jean René Bönickhausen, un tapissier venu d'Outre-Rhin s'établir à Paris, dans le Marais. Comme ses clients avaient quelques difficultés à se souvenir de son nom de famille, il choisit d'y ajouter celui d'Eiffel qui avait le double avantage de se prononcer plus facilement et de lui rappeler sa province natale.

Ce nom d'Eiffel que porteront tous ses descendants, ne deviendra le seul patronyme officiel de la famille qu'en 1870, soit 10 ans avant l'inauguration de notre tour Eiffel !

François Alexandre (1795-1879), l'arrière petit-fils du tapissier et le père de Gustave, fit campagne dans les armées de Napoléon en qualité d'Adjudant du 15ème Régiment de Chasseurs à cheval. En garnison à Dijon, il y épousa Catherine Mélanie Monneuse (1799-1878), fille d'un marchand de bois de la ville. Après huit ans d'union, leur fils unique, qu'ils vont prénommer Alexandre Gustave, naîtra le 15 décembre 1832.

 

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 Gustave Eiffel par Nadar

 

La suite, c'est tout le génie et le talent de cet homme, véritable « géant du fer ». A son actif, la construction de ponts prestigieux comme celui de Bordeaux, de Capdenac dans le lot, de Floirac sur la Dordogne, de Bayonne sur la Nive, de gares comme celles de Verdun ou celle de La Paz en Bolivie, mais aussi la conception en 1879 de la structure métallique de la Statue de la Liberté de Bartholdi à New-York, le viaduc de Garabit en 1884 et bien sûr, son triomphe, la Tour Eiffel !

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Prévue pour l'Exposition Universelle de 1889 à Paris, sa construction durera 26 mois. Inaugurée le 31 mars 1889, elle ne sera ouverte au public que le 15 mai suivant.

Gustave Eiffel est mort le 27 décembre 1923 à l'âge de 91 ans.

 

Biblio. « Tout sur tout – Petit dictionnaire de l'insolite et du sourire » - Cl. Gagnière – France-Loisirs 1986.

22/04/2015

De Robert aux roberts...

Il n'a laissé son nom à aucun produit, mais celui-ci existe pourtant bien dans notre langage populaire et ce, de manière plutôt inattendue. En effet, quand aujourd'hui on parle de « roberts » à propos d'une partie de l'anatomie féminine, on le doit à cet industriel dijonnais du XIXe siècle, Édouard Robert, un inventeur-fabricant qui a été pendant près d'un demi-siècle le symbole de l'allaitement artificiel.

 

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A l'origine d'un biberon qui porte son nom, le biberon Robert, il reçoit en 1873, pour la mise sur le marché d'un nouveau modèle à soupape, une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de Paris et l'année suivante, une autre à Marseille qui lui est décernée par la Société protectrice de l'enfance.

C'est au cours de la révolution industrielle que les biberons en verre vont prendre leur essor. Dans les années 1860, une innovation va accentuer encore cette production : « le biberon à long tuyau souple en caoutchouc »  donnant plus de liberté à la nourrice qui n'est plus obligée d'être auprès de l'enfant.

 

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Cependant, à partir des années 1890, sur les recommandations de l'Académie de médecine, le biberon à long tuyau est de plus en plus décrié. En 1897, le docteur Léon Dufour (1856-1928), célèbre médecin normand de Fécamp à l'origine de la création de "L’œuvre de la Goutte de Lait" écrit même à son propos que « le tolérer, c'est favoriser l'infanticide ». La maison Robert n'a alors pas d'autre choix que de faire évoluer sa production vers les biberons à tétine. Le système reste cependant peu pratique : tétine étriquée et bouchon troué difficile à nettoyer.

 

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Grâce à une abondante publicité et un système plus pratique à nettoyer, une tétine large sur goulot et un bouchon valve à l'arrière, la marque « Le Parfait nourricier » vient concurrencer sérieusement le Biberon Robert. Malgré tous ses efforts, ladite société disparaît , comme ses concurrents d'ailleurs, avec l'arrivée sur le marché de nouveaux protagonistes dont la seule préoccupation est l'hygiène et la simplicité. Pyrex donne le coup de grâce aux fabricants de « biberons du passé » !

 

Biblio."Le Grand Almanach de la France 2015" Textes d'Elie Durel - Ed Métive 2014

Merci au site www.histoire-du-biberon.com

29/03/2015

Le « Gégène » de Joinville-le-Pont teinté de Normandie

  "A Joinville-le-Pont - Pon ! Pon !...  Tous deux nous irons - Ron ! Ron !

 Regarder guincher...  Chez, chez Gégène..."

A Joinville-le-Pont, la Marne regarde encore aujourd'hui les danseurs se couler sur la piste de «Chez Gégène »... Mais saviez-vous que c'est à notre humoriste normand Bourvil, que cette guinguette mythique, née bien avant la grande guerre, doit sa notoriété ?

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Au début du XXe siècle, c'est une simple péniche, tirée sur la berge qui occupe l'emplacement. Rossignol, son propriétaire, y accueille, comme de nombreux autres établissements qui jalonnent alors les rives de la rivière, parisiens et banlieusards à la recherche de plaisirs simples. Une clientèle hétéroclite, pas toujours recommandable, y chante, mange et danse... jusqu'à ce qu'un incendie mette fin à tout cela un peu avant 1914.

Quatre ans plus tard, Eugène Favreux, « Gégène », installe sa roulotte sur ledit emplacement. Fin commerçant, doté d'un sens inné de l'animation, il ajoute aux distractions classiques, des spectacles inédits et originaux qui attirent très vite de nombreux curieux.

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Parallèlement, au temps des « Années Folles », Joinville-le-Pont devient le centre français du cinématographe naissant. C'est Eugène qui tient la cantine des studios. Il y côtoie toutes les vedettes de l'époque et son établissement devient vite « Le » lieu à la mode, celui où il faut aller, celui où il faut être vu ! Et il va le rester ! Pendant la Seconde guerre mondiale, la guinguette de Gégène sera un havre de paix où on oublie pendant quelques heures le bruit des bombes et le sifflement des balles.

Et Bourvil dans tout cela pensez-vous ? Et bien, c'est en interprétant en 1953, avec un succès quasi- immédiat, « A Joinville-le-Pont », une chanson écrite par Roger Pierre (1923-2010) sur une musique de d'Etienne Lorin (1913-1975), qu'il va rendre célèbre la guinguette de Gégène, et ce, bien au-delà des frontières de notre pays. Il y raconte l'histoire d'un plombier qui attend avec impatience les dimanches pour « emmener sa grosse Germaine... « Chez Gégène.. ène... ne. »

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Cinéastes mais aussi photographes comme Robert Doisneau (1912-1994), dessinateurs comme Jean Bellus (1911-1967), réalisateurs des premières émissions extérieures de télévision comme Roger Couderc (1918-1984) se bousculent « Chez Gégène ». Sur des nappes rouges à carreaux, on vient  y manger une moule-frites, boire un verre de vin blanc gouleyant et surtout valser au son d'un accordéon...