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25/08/2019

Un "d'Estaing" hors du commun

"Un vrai nom d'emprunt" dira le Général de Gaulle en parlant de celui de Valéry Giscard d'Estaing. Faut dire que notre ancien président de la République a bien failli s'appeler Giscard de La Tour-Fondue ! Un patronyme il est vrai, très peu approprié à une carrière politique...

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Les "Giscard" se trouvent principalement dans les départements du Lot et de la Corrèze. Ce nom est issu de l'ancien prénom "Guiscard" ou "Gishard (Guichard), d'étymologie germanique, par les racines "gisel" signifiant "otage" et "hard" synoyme de "dur".

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La famille de V.G.E., les "Giscard" tout court, n'étaient pas nobles. Ils vivaient au cœur du Massif-Central, dans la petite cité lozérienne de Marvejols, capitale du Gévaudan. Le plus lointain ancêtre connu au XVIe siècle, François Giscard, de confession protestante, était, comme ses descendants jusqu'au XVIIIe siècle, marchand de son état. Son petit-fils Barthélémy, sieur de Montplaisir, aujourd'hui simple quartier de la ville, abjurera le calvinisme et son arrière petit-fils Pierre (1709-1798) unira son destin à la fille d'un bourgeois de Chirac, une paroisse des environs. De cette union naîtra Barthélémy Giscard (1732-1808), lequel fera un riche mariage en épousant l'héritière d'un receveur des Gabelles. La famille aurait sans doute été anoblie, comme toutes celles de son milieu, mais voilà, à la veille de la révolution, vivre du négoce et s'enrichir ou être anobli, il fallait choisir !

Et le temps va passer... Les Giscard vont poursuivre leur ascension sociale, s'investir dans la vie politique locale et la magistrature, en cultivant au passage de très belles alliances. De grands bourgeois auxquels ils ne manquaient plus qu'une particule ! En 1818, Martial Giscard (1796-1895), négociant-propriétaire, épouse la fille d'un couple de riches propriétaires possédant terres et château, Jacques Guy Cousin de La Tour Fondue (1765-1846), seigneur de Murol et de Salles et de Lucie-Madeleine d'Estaing (1769-1844). Cette dernière est la dernière représentante d'un rameau cadet, et apparemment bâtard, de la grande maison d'Estaing, une des premières familles de la noblesse d'Auvergne qui s'enorgueillissait d'avoir donné à la France un amiral, héros de la guerre d'Indépendance américaine, guillotiné à Paris en 1794.

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Domaine de l’Étoile - Propriété de V.G.E. à Authon (Loir-et-Cher)

Au lendemain de la guerre, une loi en faveur des familles dont le dernier représentant est tombé "au champ d'honneur" va venir miraculeusement réaliser leur vœu le plus cher. Eux qui avaient à plusieurs reprises mais en vain revendiqué le nom éteint de "Cousin de La Tour-Fondue" vont ainsi obtenir en 1922, non sans mal il est vrai, le valorisant "d'Estaing". Une providence à laquelle, l'un des leurs siégeant en personne à la haute assemblée, aurait pu, selon les mauvaises langues, donner un coup de main...

 

Biblio. "Le tout politique" de J.-L. Beaucarnot - Ed. L'Archipel, 2011.

23/06/2019

Montebourg, l'histoire d'un patronyme

Montebourg : une petite commune normande du département de la Manche. Située à l'est de la péninsule du Cotentin, à une dizaine de kilomètres de Sainte-Mère-Église, « le bourg vers lequel on monte » s'élève à environ 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une petite commune normande qui a, bien involontairement, donné son nom à un enfant trouvé...

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31 janvier 1842*, loin de là, aux portes du Morvan, à Autun, sous-préfecture du département de la Saône et Loire. L'adjoint au maire rédige le procès-verbal qui servira d'acte de naissance à un enfant placé la veille au soir dans la tour d'abandon de l'hospice de la ville.

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Il s'agit déjà du septième enfant abandonné de l'année. C'est un petit garçon âgé de 2 jours vêtu d'une chemise de coton qui a été déposé là sur un mauvais oreiller de coton bleu garni de plumes. Récupéré par les sœurs hospitalières qui lui ont prodigué les premiers soins, il s'agit maintenant de lui donner une identité.

Il aurait été inconcevable et inconvenant d'attribuer à ces enfants, "nés d'amours coupables", considérés comme des parias, un patronyme déjà existant. La famille le portant ressentirait cette homonymie comme particulièrement déshonorante. Il fallait donc leur "fabriquer" un nom de famille. Cette année-là, il avait été décidé que les enfants trouvés d'Autun recevraient des noms de lieux, notamment normands. C'est ainsi que de jeunes Autunois et Autunoises vont s'appeler Hyvetot, Vallery, Damville ou Harcourt...

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Le petit garçon, recueilli en cette fin janvier par les sœurs de l'hospice, s'appellera quant à lui "Justin Montebourg". Une vraie chance car un des enfants qui l'a précédé dans le registre des enfants trouvés de l'année 1842 a quant à lui reçu le patronyme de "Letocart", "un nom sous lequel il n'aurait sans doute pas été facile de percer en politique..." Car Justin Montebourg n'est autre que l'ancêtre direct de l'homme politique et ancien Ministre, Arnaud Montebourg.

 

* Autun, naissances, procès-verbaux d'enfants trouvés 1842-p6/55

Biblio. "Le tout politique" de Jean-Louis Beaucarnot - Ed. L'Archipel, 2011.

 

07/04/2019

La première machine à calculer est rouennaise

Déjà à cette époque, gérer et répartir les impôts de cette grande ville qu'est Rouen au XVIIe siècle n'est pas chose aisée ! Etienne Pascal (1588-1651 ), Surintendant de la généralité de Rouen, commissaire délégué par le Roi pour l’impôt et la levée des tailles, l'apprend chaque jour à ses dépens ! ll passe tout son temps à additionner des chiffres à l'aide de jetons. Il compte, annule, corrige, recompte... Tel est son quotidien ! Un vrai casse-tête chinois !

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Blaise Pascal (1623-1662)

 

Devant le désarroi de son père, souhaitant lui venir en aide, son fils, Blaise Pascal (1623-1662), va concevoir une machine révolutionnaire capable d'effectuer des opérations justes et rapides. Elle se présente sous la forme d'un gros coffret en laiton et est d'un usage simple : les nombres sont composés sur une rangée de cadrans correspondant aux unités, dizaines et centaines.

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Une pascaline signée par Blaise Pascal en 1652 - Musée du Conservatoire national des arts et métiers à Paris

Le tout jeune homme, qui avait redécouvert les principes de la géométrie euclidienne sept ans plus tôt, va pour ce faire se servir de l’arithmétique et de la technique des engrenages déjà utilisée par l'astronome allemand Wilhelm Schickard (1592-1635). Mais, et là est tout son génie, il va ajouter un cliquet permettant de reporter automatiquement les retenues. En 1642, après trois ans d'essais, la "Pascaline", d'abord dénommée "machine d’arithmétique" puis" roue pascaline", est totalement opérationnelle : elle additionne et soustrait à volonté !

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Le principe de la "pascaline" est encore appliqué aujourd'hui pour les compteurs kilométriques des automobiles.

Quant à la première calculatrice capable d'effectuer les quatre opérations, elle naîtra en 1673 du cerveau du Philosophe et scientifique Allemand Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716).

 

Biblio. "Les 100 inventions qui font la fierté de la France" d'E. Hecht - Le Figaro-Magazine, 2018.