Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/07/2016

British sandwich , what else? !

Nous sommes en 1762 (ou était-ce en 1765 ?...) en Angleterre. Autour d'une table, des joueurs acharnés se livrent une partie de cartes endiablée et des plus délicates. Voila maintenant plusieurs heures que cela dure. Ils en auraient oublié l'heure du repas si leurs estomacs ne criaient famine... Mais, pour le passionné de jeu qu'est Sir John Montagu (1718-1792), quatrième comte de Sandwich et Premier Lord de l'Amirauté du roi George III (1738-1820), il ne saurait être question de risquer d’interrompre le cours de la partie pour se restaurer : les sommes engagées sont bien trop importantes  !

sandwich 1.jpg

Sir John Montagu (1718-1792), quatrième comte de Sandwich

 

Alors, pour calmer sa faim, le comte ordonne à son cuisinier de lui préparer un petit en-cas à grignoter tout en jouant. Le serviteur lui prépare un morceau de bœuf salé, bien serré entre deux tranches de pain. Les amis du Comte réclament aussitôt «la même chose qu’à Sandwich » ! 

sandwich 2.jpg

Très vite, la recette du "sandwich" se répand dans toute l'Angleterre avant de traverser la Manche et de gagner la France au début du XIX e siècle. Sir John Montagu s' éteignit le 30 avril 1792 sans savoir que son sandwich donnera le jour à la florissante industrie du fast-food et de la restauration rapide que l on connaît aujourd'hui.

sandwich 3.jpg

Pour servir sa mémoire, il faut préciser que l'homme, passionné d'archéologie, avait favorisé les voyages exploratoires de son compatriote John Cook ( 1728-1779), lequel, en remerciement, donna en 1778 le nom de son bienfaiteur à un archipel de la Polynésie, les Iles Sandwich, connues aujourd'hui sous le nom d’Hawaï.



Biblio. "petit dictionnaire des mots qui ont une histoire" de Gilles Henry Éd. Tallandier 1991 et 2012.

29/06/2016

Un vrai coup de bol !

70 ans déjà qu'elles envahissent nos placards de cuisine ! On a en tous ! De toutes les couleurs ! Des grandes, des petites, des rondes, des carrées,... On a tous des boîtes "Tupperware". Nés aux États-Unis durant la Deuxième Guerre mondiale, elles portent le nom de leur père, l'ingénieur chimiste Earl S. Tupper (1907-1983).

 

Tupperware 1.jpg

Earl Tupper (1907-1983)

 

A l'usine de chimie où il travaille, il est à l'affut de la bonne idée qui fera de lui un homme riche. Il l'a trouve en ramassant des chutes de polyéthylène, un matériau inédit et novateur, qu'il décide transformer en récipients hermétiques : c'est la naissance de ses premiers bols en plastique qu'ils commercialisent dès 1946. Mais le lancement est un fiasco. Rares en effet sont les consommateurs de l'époque qui comprennent les avantages de ces objets dotés d'un couvercle étanche. Seuls quelques points de vente parviennent à écouler leur stock et c'est ceux où un vendeur "fait l'article"...

Tupperware 2.jpg

Earl Tupper décide donc de retirer ses produits du circuit traditionnel de vente. Et, en 1951, il s'associe avec la société de vente à domicile de Brownie Wise (1913-1992). Cette dernière imagine les premières "réunions Tupperware". Leur principe est simple. Grâce à un cadeau ou à la promesse d'une rémunération, un vendeur à domicile convainc une consommatrice de lui ouvrir ses portes et surtout son carnet d'adresses. A lui ensuite de faire la démonstration du produit dans le salon de sa cliente. Et miracle, les "petites boîtes" se vendent alors à des millions d'exemplaire. L'arrivée dans les foyers des réfrigérateurs va achever de populariser ces bols en plastique qui préserve si bien les aliments ! 10 ans plus tard, en 1961, la marque arrive en France.

Tupperware 3 (2).jpg

"Tupperware, c’est aujourd’hui plus d’ 1 millions de démonstratrices réparties dans une centaine de pays ainsi que 7000 collaborateurs. Une démonstration toutes les 2 secondes quelque part dans le monde. Le siège mondial de Tupperware se trouve à Orlando, en Floride (États-Unis). Les 1000 produits de l’assortiment Tupperware sont fabriqués dans 14 usines, 4 d'entre elles étant situées en Europe. La marque emploie 37 0000 personnes dans notre pays. "

 

Merci notamment aux sites http://www.tupperware.fr et ommmarketingmuc.com

18/05/2016

Suire, marâtre et autre belle-mère...

Savez-vous ce qu'est une « Tue Belle-mère » ? C'était le surnom donné à la « Voiturette », un véhicule inventé par Léon Bollée (1870-1913) en 1896, dans lequel la position à l'avant du passager était particulièrement dangereuse... Le racisme « anti-belle-mère » est là malheureusement évident !

belle mere tue belle mère.JPG

Le "Tue Belle-mère"

Ce mot "belle-mère" est né au Moyen-âge. Aujourd'hui, il désigne aussi bien, quand il s'agit d'un homme, la mère de sa femme, quand il s'agit d'une femme, la mère de son mari et quand il s'agit des enfants d'un premier lit, la seconde femme de leur père ! Il faut savoir que le vieux français distinguait quant à lui la "suire", terme aujourd'hui disparu et qui se rapportait à la mère du conjoint, de la "marastre", la seconde épouse du père. Pour le beau-père, on employait le terme de "parastre" .

belle mere 2 (2).jpg

Or, comme le sens du mot "marâtre" a évolué et, qu'avec le temps, on s'est mis à l'employer pour désigner une mauvaise mère, celle qui maltraitait les enfants de son conjoint, que la terminaison "astre", devenue "âtre", a pris ce sens péjoratif que nous lui connaissons, la langue française s’est sentie obligée d’utiliser un autre vocable pour le remplacer. "Beau" et "bel" exprimaient au XIe siècle non pas la beauté mais la bonté. C'est un qualificatif que l'on utilisait volontiers en marque d’affection quand on s’adressait à des parents ou a des personnes de son entourage qu’on aimait bien. On disait "bele suer", "bele amie", ou encore "biaus dous fils",... Et c'est ainsi que, tout naturellement, "belle-maman" s'est imposée...

belle mere 3.jpg

La famille royale d'Angleterre, exemple de rapports tendus entre belle-mère et bru...

On utilise aussi "bru" et "gendre" pour désigner la "belle-fille" ou le "beau-fils". "Bru" est issu du bas-latin des balkans "brutis". Introduit par les Goths au IIIe siècle, ce terme a supplanté le latin "nurus". "Bru" serait apparenté au gothique "bruths" désignant une jeune mariée.  Quant à "gendre", le mot vient de "generum", accusatif du latin "gener" (mari de la fille), de la famille de "gignere" (=engendrer). A noter que l'ancienne langue utilisait "fillastre" pour désigner le beau-fils et "sororge" ou "serorge", de "sororius" pour le beau-frère .

 

Biblio. "Merveilles et secrets de la langue française" Ed. Sélection du Reader's Digest-2000.

Merci au site www.langue-fr.net