07/09/2014

Le syndrome de Stendhal

Savez-vous que Stendhal (1783-1842), l'auteur du «  Rouge et Noir » et de « La Chartreuse de Parme », a laissé son nom à un syndrome appelé aussi « syndrome de Florence ».

stendhal1.jpg

 Stendhal (Henri Beyle) -(1783-1842)

Il s'agit là d'un trouble psychique passager qui touche certaines personnes « à la contemplation de trop de beauté »... . Pour Stendhal, ce fut l'abondance d’œuvres d'art de la Basilique Santa Croce de Florence !

syndrome de stendhal,syndrome de florence,syndrome du voyageur

 Basilique de Santa Croce, Florence

Il a lui-même explique ce qu'il avait ressenti dans ses carnets de voyage «  Rome, Naples et Florence » publiés en 1826 : « J'étais dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »

stendhal3.JPG

Le syndrome de Stendhal a été décrit et nommé en 1990 par une psychiatre de Florence, le docteur Graziella Magherini. Entre 1980 et 1990, celle-ci a recensé une centaine de victimes présentant des états de folie, de confusion mentale et de souffrances psychiques diverses : vertiges, perte du sentiment d'identité et du sens de l'orientation, violentes douleurs à la poitrine, suffocations, tachycardie, hallucinations,... D'après elle, les causes de ce trouble sont " une personnalité impressionnable, le stress du voyage et de la rencontre avec une ville comme Florence », au patrimoine artistique si riche !

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

13/08/2014

« Bluetooth » et la Normandie

Saviez-vous que « Bluetooth », technologie de réseaux sans fil d'une faible portée permettant de relier des appareils entre eux et inventée en 1994 par Ericsson, entreprise suédoise fondée en 1876, a un point commun avec la Normandie ?

harald 1er 2.jpg

 Le baptême d'Harald, vers 970

Le nom « Bluetooth », littéralement « dent bleue », est directement inspiré du roi danois Harald Ier surnommé "Harald à la dent bleue" (en danois Harald Blåtand, en anglais Harald Bluetooth). Né en 910 et mort en 986, il régna à partir de 958. Unificateur au Xe siècle des États du Danemark, de Norvège et de Suède, l'homme doit son surnom à sa passion dévorante pour les baies...

 

bluetooth.png

Le logo de Bluetooth, est d'ailleurs inspiré des initiales en alphabet runique du Futhark récent de Harald Blåtand : (Hagall) (ᚼ) et  (Bjarkan) (ᛒ).

Si Ericsson a choisi d'honorer ce roi, c'est qu'il a également aidé le duc Richard en difficulté en Normandie en l'an 945. A l'appel du Normand d'origine danoise Bernard, régent du duché de Normandie, il va intervenir avec ses troupes pour aider le jeune duc Richard (930-996) en conflit avec le roi carolingien Louis IV dit d'Outremer (920-954).

pierre de jelling rouen.jpg

Pierre de Jelling à Rouen

Lors du millénaire de la Normandie en 1911, pour rappeler l'étroite collaboration entre les deux hommes, le Danemark offrit à la ville de Rouen une copie de la pierre de Jelling. Cette pierre runique, commandée par Harald 1er en l'honneur de son père, a désormais sa copie au pied de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen.

 

16/07/2014

Comment se faire un nom...

 … quand on est né simple roturier à Carhaix en Bretagne ? C'était le cas de ce valeureux Premier Grenadier de la République, qui comptait dans ses veines qu'« une goutte de sang ardennais et un flot de sang breton », mais hélas, aucun sang bleu !

La Tour d'Auvergne.jpg

 Théophile-Malot de La Tour d'Auvergne-Corret (1743-1800)

Jusqu'à ses 23 ans, il s'appelait Théophile Malo Corret (1743-1800). Fils de l'avocat Olivier Corret et de son épouse Jeanne Lucrèce Salaün, il serait né à Saint-Hernin où son père était régisseur du château de Kergoat et aurait été baptisé à Carhaix. C'est de sa mère qu'il tenait son goût pour « les noms à particule ». Celle-ci, entichée de noblesse, devenue en troisièmes noces madame Billonois, se faisait déjà appeler madame « de » Billonois.

Dans un premier temps, Théophile choisit de se faire appeler « Corret de Kerbeauffret » à l'instar de ces bourgeois dénoncés par Molière qui, sans être de condition noble, faisaient suivre leur patronyme d'un nom de terre non seigneuriale.

Loin d'être satisfait par son nouveau patronyme, à force de chercher, notre breton finit par trouver beaucoup mieux ! Il découvrit "miraculeusement" qu'il était le digne descendant d'un certain Henri Corret, enfant des amours illicites du prince Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon (1611-1675), plus connu sous le nom de Turenne, et d'Adèle Corret ! Rien que ça !

Colson_-_Portrait_du_Duc_de_Bouillon.jpg

 Portrait du Duc de Bouillon - (Jean-François Colson, 1775)

Bien sûr, restait à le prouver ! Pour ce faire, il devint l'ami d'un descendant du duc de Bouillon, Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne (1728-1792). Grâce à un coup de baguette ducale, c'est-à-dire un courrier officiel du duc attestant une souche commune, le bas breton Théophile Malo Corret, ex-Corret de Kerbeauffret, se transforma le plus légalement du monde, le 20 mai 1785, en un fringant Théophile-Malot de La Tour d'Auvergne-Corret !

Pour gagner en authenticité, il décida d'octroyer à ses frères et sœurs le nom qu'il venait d'acquérir. Ainsi, son frère cadet Thomas-Louis Corret sera enterré sous une dalle gravée « Thomas de La Tour d'Auvergne, Chevalier de Corret ».

cp-mort-centenaire.jpg

Le prince de Bouillon, comte d'Evreux, qui avait obtenu par le crédit de La Tour d'Auvergne la restitution de ses biens (la famille de La Tour d'Auvergne était une branche bâtarde de celle de Bouillon), lui offrit une terre, rapportant 10 000 livres de rentes, chez nous, en Normandie, à Beaumont-le-Roger, dans l'actuel département de l'Eure. Mais il la refusa au motif élégant qu'il ne voulait pas mettre de prix à ses services... Noble sentiment, n'est-ce-pas ?

Biblio. « Étonnantes histoires de France et de Navarre » de D. Appriou – Larousse 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.