Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/11/2014

Catherine, Sainte-Patronne des Généalogistes

Le prénom Catherine est d’origine grecque. Il vient de « Aikatérinê », l’un des surnoms de la déesse Diane, que les premiers chrétiens romains avaient rattaché au mot grec « katharos » » signifiant « pur ». Pour certains, c’est de ce même mot que serait né le catharisme, ce mouvement chrétien médiéval apparu au XIe siècle.  

Ste Catherine.jpg

 Sainte Catherine d'Alexandrie

 

Nombre de saintes et de bienheureuses ont porté le prénom de Catherine, à commencer par Catherine d’Alexandrie que l’on fête le 25 novembre. Comme la dévotion à cette sainte a été l’une des plus répandue en Europe, de très nombreuses corporations se sont placées sous son patronage. Celles notamment qui utilisaient des mécaniques comportant des roues, en référence à l’un de ses attributs, la roue dentée de son supplice, et celles de l’intellect, car, dotée d’une grande intelligence, ses connaissances l’avaient placée au niveau des plus grands esprits de son époque. Elle est ainsi devenue la sainte patronne des barbiers, des charrons, des cordiers, des drapiers, des écoliers et des étudiants, des fileuses de laine, des meuniers, des notaires, des nourrices, des orateurs, des philosophes, des plombiers, des potiers, des prêcheurs, des rémouleurs, des tailleurs, des théologiens, des tourneurs,  des filles à marier et aussi celle des généalogistes ! 

Honfleur.jpg

Catherine a été l’un des prénoms les plus utilisés sous l’Ancien Régime. Il a donné naissance à de nombreux diminutifs. Parmi ceux-ci, le saviez-vous,  celui de « catin ». Au XVIe siècle, ce surnom était un qualificatif affectueux. Un siècle plus tard, son sens se transforme pour désigner une femme de mauvaises mœurs. 

La catin.jpg

  

Biblio. « Petit dictionnaire des mots qui ont une histoire » de G. Henry – Tallandier, collection Texto-le goût de l’histoire – Ed. 2012

05/11/2014

Caillots et Caillottes du Pays de Caux

Selon l'écrivain normand Raymond Mensire* (1889-1964), notre beau Pays de Caux est l'un de ces vieux états gaulois, celui qu'habitait la tribu des Calètes, lointains ancêtres des Cauchois d'aujourd'hui.

Il faut rappeler que les Romains, lors de leur conquête de la Gaule, avaient baptisé leurs « civitas », leurs « régions », du nom du vocable désignant leurs habitants : les Véliocasses, pour ceux du Vexin, les Eburovices à Evreux, les Léxovii à Lisieux, les Biducasses à Bayeux... Et c'est ainsi que « les vieux états gaulois vont conserver, jusqu'à une époque très voisine de la notre, leurs noms, leurs limites et une sorte d'existence morale, dans les souvenirs et les affections des hommes ».

 

caux  2.png

 Le territoire calète à l’extrême sud-ouest de la Gaule Belgique

" Par la grande élévation de son sol, écrit Guilmeth, historien et archéologue normand du XIXe siècle, et surtout par sa proximité avec la mer, le Pays de Caux est de toute cette partie de l'ancienne Gaule Belgique, le point le plus exposé à la violence des vents du Nord."

 

caux 5 (2).jpg

 

"C'est indubitablement cette circonstance qui avait fait donner à ce pays, par les Celtes, ses premiers habitants, le nom de Caleti, Calletoe ou Calètes, formé du mot Calt ou Kelt, froid glacial. Ce mot, dont les Celtes eux-mêmes avaient tiré leur propre nom, et qui a conservé jusqu'à ce jour dans les débris de la langue tudesque, sa signification primitive, a été successivement métamorphosé chez nous en celui de Callètes, ou Caillettes, puis Callots ou Caillots, et enfin Caultx ou Caux ".

 

caux 6 (2).jpg

 

Et d'ajouter : « Il n'y a pas deux siècles que l'on donnait encore aux Cauchois le nom de Caillots ou Caillottes. Ce nom est demeuré non seulement à quelques familles, aussi bien que celui de Cauchois, mais encore à quelques villages et à quelques habitations de notre contrée. On y trouve, en effet, Gonfreville-Caillot ou la Caillotte, le Mesnil-Caillet, le Val aux Caillots, Cailletot ou Calletot sur Angerville-l'Orcher, Calletot près de Bolbec, Calmesnil ou Cailloménil sur Eponville, Cailleville près de Saint-Valery en Caux, Cailly près de Clères, le Bois-Caillot près de Saint-Aubin, Caltot à Saint-Laurent-en-Caux,... »

Au fait, « Caillotte », c'était le surnom que m'avaient donné mes grands-parents lorsque j'étais enfant !

 

Biblio. « Le pays de Caux à travers les âges » de P.-L. Fonrojat – Sired 2011.

12/10/2014

De Bourville à Bourvil

Certains héros laissent leur nom à un village, une ville, voire un pays. D'autres, au contraire, deviennent célèbres grâce à la localité dont ils sont originaires et/ou dont ils sont fiers. C'est le cas du plus comique des normands, je veux parler bien sûr de Bourvil !

bourvil.jpg

Celui qui brilla dans la chanson comme au cinéma prit comme pseudonyme, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le nom du village de son enfance, Bourville, une petite bourgade du département de la Seine-Maritime d’environ 300 âmes, située au cœur du pays de Caux, à mi-chemin entre Dieppe et Fécamp.

A sa naissance, le 27 juillet 1917, la famille d'André Raimbourg habite Prétot-Vicquemare non loin de là, à quelques kilomètres à peine de Doudeville et de Saint-Laurent en Caux. Il ne connaîtra pas son père qui, exploitant agricole, après s'être battu sur le front, sera emporté par une mauvaise grippe en novembre 1918. Trois ans plus tard, sa mère, Eugénie, s'installe avec ses trois jeunes enfants à Bourville dans une ferme de son village natal.

Élève appliqué (en 1931, il sortira premier du canton au Certificat d’Études Primaires) mais cependant un peu rêveur, il aime déjà se livrer à quelques pitreries et autres facéties pour faire rire ses camarades.

bourvil à 15 ans avec un camarade.jpg

 Bourvil à l'âge de 15 ans avec un de ses amis

Après son apprentissage, en 1936, il devient boulanger à Rouen. Mais c'est de la musique qu'il rêve en secret de faire son métier. Il aime le music-hall, le caf' conc' comme on disait alors. C'est pourquoi, en 1937, il rejoint d'autres jeunes musiciens en incorporant le 24e Régiment d'Infanterie basé à Paris, premier pas qui le mènera vers sa future carrière.

Mobilisé en 1939, libéré en juin 1940, c'est sous le nom d'Andrel, en hommage à Fernandel qu'il admire tant, qu'il court désormais le cachet. Il se produit ici et là en interprétant des textes de son cru, en campant déjà le personnage qui le fera connaître, celui d'un parfait nigaud, d'un imbécile heureux, à la fois naïf et tendre, qui, vêtu d'un costume noir étriqué, débite des blagues, des monologues contés d'une voix de fausset et chante des grivoiseries. Il prend alors le surnom de Bourvil en hommage à son enfance, à sa famille, à sa Normandie natale.

bourvil gabin.jpg

 Bourvil et Gabin dans "La traversée de Paris"

En 1943, sa chanson « Les crayons » va faire de lui un grand chanteur comique apprécié d'un public qui applaudit à tout rompre. Et les succès vont s'enchaîner... Le cinéma va lui offrir aussi de très grands rôles. Il tourne notamment avec Louis de Funès et Jean Gabin dans « La traversée de Paris » et obtiendra pour ce rôle le Grand Prix d’Interprétation au Festival de Venise. Durant les années 1960, il doit ses plus grands succès cinématographiques à Gérard Oury : « Le Corniaud », « La Grande vadrouille » et « Le Cerveau ». Bourvil n'en oublie pas pour autant la chanson et fait des succès de sa « Ballade irlandaise » comme de sa « Salade de Fruits ».

Pour son dernier film, « Le Cercle rouge » tourné au début de l'année 1970, le réalisateur Jean-Pierre Melville fera apparaître pour la première fois sur l'affiche le prénom de l'acteur cauchois.

Atteint de la maladie de Kahler, une maladie du sang, Bourvil s'éteint à son domicile le 22 septembre 1970. Il a 53 ans.