Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/10/2018

Des patronymes trompeurs

Que les Roi, Roys et Leroy retombent sur terre : leur patronyme ne les fait pas plus descendre d'un roi que les Lempereur d'un empereur ! Soit, il s'agit là d'un sobriquet désignant celui qui affecte des allures nobles, soit leur ancêtre a été vainqueur d'un jeu d'adresse, populaire et médiéval, que nos aïeux pratiquaient à leurs rares moments perdus, comme le jeu de tir à l'arc ou à l'arbalète et à l'issue duquel le gagnant se voyait sacré pour l'année durant : "roi du jeu" ou "empereur" s'il avait remporté la victoire plusieurs fois de suite.

patronymes trompeur nolwenn leroy.jpg

La chanteuse Nolwenn Leroy

Pour les Baron, Comte, Lecomte, Marquis, Duc, Leduc, Prince ou Leprince, on peut bien sûr également envisager des surnoms ironiques. Mais une autre hypothèse liée aux liens de dépendance est possible. En effet, chaque paysan dépendait d'un seigneur, auquel il versait des redevances pour sa maison et ses terres, et dont, au Moyen-âge, il était "l'homme". Comme, dans le même village, les biens et les hommes n'appartenaient pas tous au même seigneur, on appelait Comte celui qui était "l'homme du comte", par opposition aux autres villageois qui dépendaient d'une autre seigneurie.

patronymes trompeur jules baron.jpg

L'acteur Jules Baron

Pour ce qui est des Baron, là encore, on peut imaginer soit à une personne hautaine, soit celui qui était au service d'un baron ou qui détenait des terres appartenant à un baron. Cependant, et, d'une façon générale, le patronyme correspond à ce dernier sens, il faut savoir qu'au Moyen-âge, le mot servait à désigner un homme de guerre et d'une façon générale un "mari" en tant que chef de famille vénéré et tout puissant.

patronymes trompeur daniel prevost.jpg

L'acteur Daniel Prévost

Quant aux Prévost (donnant aussi Pruvost, Provost, Prouvost, et par contraction Prost et Proust), Bailli (ou Bally, Bayle, Beyle,...), Sénéchal, Viguier ou Voyer, Maire et Lemaire, Bourgeois ou Lebourgeois, Maître ou Lemaître, Sergent, Capitaine, Châtelain, Vassal, Vasseur (ou Vavasseur, Levasseur,...), Chevallier, Page et Lepage, etc... Ce sont toutes des appellations rappelant un état, une position occupée, une fonction exercée, ou bien encore l'attitude affichée de la personne ou plus simplement encore son caractère.

 

Biblio. "Qui étaient nos ancêtres?" de J.-L. Beaucarnot - Ed. JCLattès, 2002.

Merci au site www.geneanet.org

05/08/2018

Un "Caconyme*" de l'histoire

L'histoire est aussi une suite de farces qui se transforment en "petites histoires de la grande" pour nous la rendre plus savoureuse encore ! Comme celle-ci justement. Notre héroïne porte le titre de "Baronne de La Queue". Rien d'extraordinaire pensez-vous ! Mais où ça devient particulièrement cocasse, c'est lorsqu'on apprend qu'elle est une fille naturelle non légitimée du Roi Soleil !

 caconyme louis XIV.jpg

Louis XIV en famille - 1710 - Portrait de Nicolas de Largillière (1656-1746)

Si Louis XIV (1638-1715) n'a eu que six enfants légitimes de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), on compte à son actif pas moins de seize voire dix-sept enfants conçus hors mariage. Parmi ces "bâtards" comme on disait alors, la petite Louise, née le 7 janvier 1676 des amours royales avec Claude de Vin des Œillets, dite Mademoiselle des Œillets (1637-1687), dame de compagnie de Madame de Montespan.

caconyme claude de vin.jpg

Portrait de Mademoiselle des Œillets - Peinture de Pierre Mignard

D'après Primi Visconti (1648-1713), gentilhomme et littérateur piémontais, chroniqueur de la Cour de Versailles, "cette demoiselle laissait entendre que le Roi avait eu commerce avec elle par diverses fois. Elle paraissait même se vanter d'en avoir eu des enfants. Elle n'est pas belle, mais le Roi se trouvait souvent seul avec elle quand sa maîtresse était occupée ou malade..."

A sa naissance, l'enfant est officiellement déclarée sous de faux noms, ceux de Philippe de Maisonblanche, ancien capitaine de cavalerie, et de dame Gabrielle de la Tour, son épouse.

caconyme louise bourbon 2.jpg

Louise de Bourbon de Maison blanche (1676-1718)

Le roi ne reconnaîtra jamais Louise, mais prendra soin d'elle et de son avenir. Comme elle refusait de devenir religieuse, il la dota de quarante mille livres d'argent et de bijoux, toutefois sans terre ni maison, et lui trouva un mari.  Mais voilà ce Lieutenant au régiment de cavalerie du duc de Bourgogne (1695) est marquis de Prez et baron de la Queue ! Qu'importe,  Bernard de Prez de La Queue (1670-1740) épousa le 17 avril 1696 Louise Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Bourbon-Maisonblanche, faisant de son épouse, la nouvelle Baronne de la Queue, une baronne qui, dit-on, ressemblait tant à son géniteur qu'elle devait se voiler la face quand elle se hasardait dans les allées du château de Versailles. Elle donna naissance à douze enfants dont deux filles lesquelles, en qualité de "petite-fille du Roi", seront élevées à la maison royale de Saint-Cyr .

La Baronne de La Queue mourut le 12 septembre 1718 de la petite vérole. L'acte de sépulture fut rédigé en ces termes : « L’an 1718 le 13 septembre, a été par moi, curé de cette paroisse, inhumée en cette chapelle Saint-Nicolas paroisse de Galuys, Dame Louise de Bourbon de Maisonblanche, fille naturelle du Roy Louis XIV, décédée le jour précédent et âgée de 42 ans. »

 

 

Biblio.* : terme inventé par B. Fuligni auteur du livre "L’Évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire" - Ed. Les Arènes, 2017.

20/05/2018

Le choix d'un nom de plume...

Le célèbre romancier Tristan Bernard (1866-1947) s'appelait en réalité Paul Bernard ? Savez-vous comment il avait choisi son nom de plume ? Vous pensez à la célèbre légende de "Tristan et Iseult" ? Et bien non, strictement rien à voir ! La réalité colle bien mieux à ce personnage fantaisiste...

tristan bernard 1.jpg

Tristan Bernard croqué par Henri de Toulouse-Lautrec

 

Célèbre pour ses mots d'esprit, l'humoriste facétieux à qui l'on doit notamment cette strophe supplémentaire aux "Stances à Marquise" du normand Pierre Corneille (1606-1684), reprises plus tard en chanson par Georges Brassens :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant. »

 

était un joueur impertinent ! Il disait "Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman, avec mes pertes, j'aurais pu me payer le bateau."

tristan bernard 3.jpg

Dans sa jeunesse, il fréquentait surtout les champs de courses et y laissait aussi beaucoup d'argent. Un jour cependant, il empocha une somme rondelette grâce à un cheval nommé "Tristan", qui franchit en premier la ligne d'arrivée... alors que personne ne l'y attendait.

tristan bernard 2.jpg

Du coup, il décida de faire du nom de ce vainqueur son nouveau prénom, persuadé que cela lui porterait chance ! Tout simplement ! Et l'avenir lui donna raison !

Pour conclure mon propos, je ne résiste pas à vous livrer cette anecdote truculente : alors que l'homme se plaignait de rhumatismes à son médecin, celui-ci lui répondit "votre jambe vous fait mal, mais il n'y a pas grand-chose à faire. Que voulez-vous, c'est l'âge !" Ce à quoi, Tristan Bernard répliqua "L'âge, l'âge... C'est vite dit ! L'autre ne me fait pas mal et elle a exactement le même âge !"