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22/04/2015

De Robert aux roberts...

Il n'a laissé son nom à aucun produit, mais celui-ci existe pourtant bien dans notre langage populaire et ce, de manière plutôt inattendue. En effet, quand aujourd'hui on parle de « roberts » à propos d'une partie de l'anatomie féminine, on le doit à cet industriel dijonnais du XIXe siècle, Édouard Robert, un inventeur-fabricant qui a été pendant près d'un demi-siècle le symbole de l'allaitement artificiel.

 

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A l'origine d'un biberon qui porte son nom, le biberon Robert, il reçoit en 1873, pour la mise sur le marché d'un nouveau modèle à soupape, une médaille d'honneur à l'Exposition universelle de Paris et l'année suivante, une autre à Marseille qui lui est décernée par la Société protectrice de l'enfance.

C'est au cours de la révolution industrielle que les biberons en verre vont prendre leur essor. Dans les années 1860, une innovation va accentuer encore cette production : « le biberon à long tuyau souple en caoutchouc »  donnant plus de liberté à la nourrice qui n'est plus obligée d'être auprès de l'enfant.

 

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Cependant, à partir des années 1890, sur les recommandations de l'Académie de médecine, le biberon à long tuyau est de plus en plus décrié. En 1897, le docteur Léon Dufour (1856-1928), célèbre médecin normand de Fécamp à l'origine de la création de "L’œuvre de la Goutte de Lait" écrit même à son propos que « le tolérer, c'est favoriser l'infanticide ». La maison Robert n'a alors pas d'autre choix que de faire évoluer sa production vers les biberons à tétine. Le système reste cependant peu pratique : tétine étriquée et bouchon troué difficile à nettoyer.

 

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Grâce à une abondante publicité et un système plus pratique à nettoyer, une tétine large sur goulot et un bouchon valve à l'arrière, la marque « Le Parfait nourricier » vient concurrencer sérieusement le Biberon Robert. Malgré tous ses efforts, ladite société disparaît , comme ses concurrents d'ailleurs, avec l'arrivée sur le marché de nouveaux protagonistes dont la seule préoccupation est l'hygiène et la simplicité. Pyrex donne le coup de grâce aux fabricants de « biberons du passé » !

 

Biblio."Le Grand Almanach de la France 2015" Textes d'Elie Durel - Ed Métive 2014

Merci au site www.histoire-du-biberon.com

29/03/2015

Le « Gégène » de Joinville-le-Pont teinté de Normandie

  "A Joinville-le-Pont - Pon ! Pon !...  Tous deux nous irons - Ron ! Ron !

 Regarder guincher...  Chez, chez Gégène..."

A Joinville-le-Pont, la Marne regarde encore aujourd'hui les danseurs se couler sur la piste de «Chez Gégène »... Mais saviez-vous que c'est à notre humoriste normand Bourvil, que cette guinguette mythique, née bien avant la grande guerre, doit sa notoriété ?

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Au début du XXe siècle, c'est une simple péniche, tirée sur la berge qui occupe l'emplacement. Rossignol, son propriétaire, y accueille, comme de nombreux autres établissements qui jalonnent alors les rives de la rivière, parisiens et banlieusards à la recherche de plaisirs simples. Une clientèle hétéroclite, pas toujours recommandable, y chante, mange et danse... jusqu'à ce qu'un incendie mette fin à tout cela un peu avant 1914.

Quatre ans plus tard, Eugène Favreux, « Gégène », installe sa roulotte sur ledit emplacement. Fin commerçant, doté d'un sens inné de l'animation, il ajoute aux distractions classiques, des spectacles inédits et originaux qui attirent très vite de nombreux curieux.

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Parallèlement, au temps des « Années Folles », Joinville-le-Pont devient le centre français du cinématographe naissant. C'est Eugène qui tient la cantine des studios. Il y côtoie toutes les vedettes de l'époque et son établissement devient vite « Le » lieu à la mode, celui où il faut aller, celui où il faut être vu ! Et il va le rester ! Pendant la Seconde guerre mondiale, la guinguette de Gégène sera un havre de paix où on oublie pendant quelques heures le bruit des bombes et le sifflement des balles.

Et Bourvil dans tout cela pensez-vous ? Et bien, c'est en interprétant en 1953, avec un succès quasi- immédiat, « A Joinville-le-Pont », une chanson écrite par Roger Pierre (1923-2010) sur une musique de d'Etienne Lorin (1913-1975), qu'il va rendre célèbre la guinguette de Gégène, et ce, bien au-delà des frontières de notre pays. Il y raconte l'histoire d'un plombier qui attend avec impatience les dimanches pour « emmener sa grosse Germaine... « Chez Gégène.. ène... ne. »

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Cinéastes mais aussi photographes comme Robert Doisneau (1912-1994), dessinateurs comme Jean Bellus (1911-1967), réalisateurs des premières émissions extérieures de télévision comme Roger Couderc (1918-1984) se bousculent « Chez Gégène ». Sur des nappes rouges à carreaux, on vient  y manger une moule-frites, boire un verre de vin blanc gouleyant et surtout valser au son d'un accordéon...

01/03/2015

Maillets, Maillotins, Maillot

Saviez-vous que la Porte Maillot, l'une des huit portes que comptait l'enceinte du Bois de Boulogne, réalisée sous le règne de Henri II (1519-1547), a été baptisée ainsi à partir du XVIe siècle en souvenir de la révolte des Maillotins, l'une des plus graves révoltes populaires qui éclatèrent dans tout le royaume de France au Moyen-âge, à l'image de celle de la Harelle en Normandie ?

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Le roi Charles VI (1368-1422) est arrivé au pouvoir en 1380. Il n'a que 12 ans. Ses oncles, Jean de Berry et Philippe II de Bourgogne, assurent la régence du royaume. Sa minorité est troublée par les querelles des régents et des ducs d'Anjou et de Bourbon, aussi ses oncles, qui se disputent le pouvoir et s'enrichissent sur le dos de la population accablée par le rétablissement d'anciens impôts iniques dès janvier 1382. À cette époque, comme écrit Jean Froissart (1337-1405), dans ses « Chroniques », « Les seigneurs sont vêtus de velours et de fourrures : nous sommes vêtus de pauvres draps. Ils ont le vin, les épices et les bons pains : nous avons le seigle, la paille et l'eau. » Aussi, en réaction à la misère et aux poids des impositions, partout dans le royaume de France, on assiste à des soulèvements populaires. A Paris, la révolte éclate le 1er mars 1382, lorsque le duc d’Anjou rétablit de force une taxe sur les denrées de première nécessité.

Ce jour-là, les bourgeois de Paris, marchands, artisans et notables, rejoints par les ouvriers et les paysans sont dans la rue. A l'hôtel de ville et à l'Arsenal, ils s'emparent d'environ 2 000 lourds maillets de plomb, d'où leur nom, entreposés là dans l'attente d'une éventuelle attaque. Ainsi armés, ils saccagent et tuent en s'en prenant notamment aux collecteurs d'impôts dont ils brûlent leurs registres et aussi aux juifs.

 

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La révolte des Maillotins durera plusieurs mois avant que le pouvoir royal ne parvienne à reprendre la situation en main. Car pendant ce temps là, le roi est en campagne en Flandres contre les révoltés flamands qu'il écrase le 27 novembre 1382 à Roosebeke.

 

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Les Maillotins sortant de Paris pour recevoir Charles VI

C'est donc à la tête de son armée victorieuse qu'il marche sur Paris. « Lorsque le roi arriva, écrit Michelet, les bourgeois, pour le mieux fêter, crurent faire une belle chose en se mettant en bataille. Peut-être aussi espéraient-ils, en montrant ainsi leur nombre, obtenir de meilleures conditions. Ils s'étalèrent devant Montmartre en longues files; il y avait un corps d'arbalétriers, un corps armé de boucliers et d'épées, un autre armé de maillets ; ces maillotins, à eux seuls, étaient vingt mille hommes ». Hélas, sans chefs, les parisiens ne surent pas se défendre. Ils laissèrent pénétrer dans leurs murs le roi qui y entra avec ses troupes par une brèche, comme dans une ville conquise. »

Les bourgeois furent ensuite désarmés, et l’esprit de révolte fut étouffé dans les supplices. Le souverain ne montra aucune faiblesse Les émeutiers, notamment les meneurs, sont décapités ou pendus sans autre forme de procès. En 1388,le roi va reprendre en main les affaires du royaume en chassant ses oncles prévaricateurs et en rappelant les sages conseillers de son père.