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27/01/2016

Ni Jules, ni Empereur !

L'Empereur Romain Jules César ne s'appelait pas Jules et n'a jamais été couronné Empereur ! L'homme au destin exceptionnel, né le 13 juillet 100 ou 101 avant Jésus-Christ, se nommait en réalité Caius Julius Caesar. Son prénom n'était donc pas « Jules » mais « Caius », son nom de famille « Julius » et son surnom « Caesar ».

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 Jules César au Musée d'Arles

Le nom complet d'un citoyen romain se composait de trois éléments : un prénom, le « praenomen », un nom de famille, le « nomen » et un surnom, le « cognomen ». Cependant, l'histoire mentionne le plus souvent les seuls « nomen » et « cognomen », voire uniquement le «cognomen » des Romains célèbres.

Pour le « praenomen », le prénom, le choix des heureux parents était limité. S'agissant d'un garçon, ils devaient trouver leur bonheur entre les onze existants. Il était toutefois d'usage de donner au nouveau-né le prénom d'un de ses ancêtres ou un prénom faisant écho à une particularité de sa naissance. Par exemple, « Lucius » signifie « qui est né à l'aube » et provient de « lux », « lucis », c'est-à-dire la « lumière ».

Quant aux « cognomen », aux surnoms, destinés à distinguer une branche de la « gens », de la famille, il vont devenir avec le temps de véritables titres. C'est ainsi que, d'après une belle légende, le surnom de « César » proviendrait du carthaginois « kesar » signifiant « éléphant ». D'ailleurs, notre homme avait pris cet animal pour emblème, croyant qu'un de ses ancêtres avait tué un éléphant au cours de la première guerre punique et qu'il avait ainsi obtenu ce surnom prestigieux.

 

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 Denier de Jules César - monnaie romaine en argent émise en 49-48 avant JC.

 

Mais la vérité est malheureusement bien plus terre à terre. Le mot latin « caesar » désignait en réalité les enfants nés par césarienne. Ce n'est certes pas Jules César qui naquit ainsi, mais l' un de ses ancêtres : Jules étant le quatrième membre de la « gens julia » à se nommer ainsi.

 

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Enfin, Consul et dictateur à vie de la République romaine, portant le titre d' « Imperator », Jules César n'a jamais été couronné empereur. Le mot latin « imperator », duquel dérive le nom commun d'« empereur », désignait à l'origine un général victorieux, acclamé par ses troupes et ayant eu droit au triomphe accordé par le Sénat. Si Jules César est bien le premier dirigeant romain a porter ce titre honorifique, le premier « empereur » fut son fils adoptif posthume Octave devenu Auguste (63 av ; J-C. - 14 ap. J-C.), dont le règne de plus de quarante ans sera l'un des plus longs de l'histoire de l'Empire romain.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur ce sujet.

06/01/2016

Le "bel elbeuf", un drap fin de qualité

Quant on parle du "bel elbeuf', avec un "e" minuscule, on ne désigne pas la ville normande du département de la Seine-Maritime située au sud de Rouen, baignée par la Seine, et qui mérite pleinement son "E" majuscule. Non, le "bel elbeuf'" dont il s'agit, c'est ce drap fin  de qualité que l'on y fabriquait et qui porte son nom. Particulièrement apprécié au milieu du 18ème siècle, tous les grands couturiers l'ont utilisé pour la confection de leurs plus beaux complets.

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Mais saviez-vous que, durant quatre siècles, la ville d'Elbeuf a dû sa fortune au cours d'eau minuscule qui traverse sa partie occidentale, un affluent de la Seine que l'on désigne sous le nom de Puchot ? Quelques centaines de mètres seulement séparent sa source de son embouchure. Mais, si modeste que soit son cours, si faible que soit son débit, c'est bien ce petit ruisseau qui est à l’origine de l'importante activité drapière qui s'y est développée.

Particulièrement approprié au lavage des laines en suint mais aussi des laines teintes, c'est "aux abords de ses rives basses et tortueuses, au pied du mont Duve d’où il sort, à quelques pas du château des ducs, rue Saint-Étienne, rue Saint-Auct qui descend de la forêt de la Londe, rue Meleuse, rue Royale", que peu à peu vont venir s'installer nombre de teinturiers et, c'est à partir de leur activité, que vont se développer, dès 1514, les premières draperies de la ville. Témoignages de cette époque, les superbes vitraux de l'église Saint-Jean représentant des scènes du métier de drapier.

Un siècle plus tard, en 1667, c'est l’apothéose. Le ministre de Louis XIV et Contrôleur Général des Finances, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) décrète l'ouverture de la Manufacture Royale du drap d’Elbeuf.

Dans l' "Encyclopédie méthodique, Manufactures, arts et métiers" (1784-1785) de Roland de la Platiere (1734-1793), on peut lire "Elbeuf est une des plus anciennes manufactures de drap de France. Elle fut très renommée et mérita sa réputation. Longtemps, on ne fut guère mieux vêtu qu'avec du drap d Elbeuf." À la fin du XVIIIe siècle, les métiers tournent à plein régime, attirant une main d’œuvre nombreuse. « Elbeuf est une ruche, tout le monde y travaille ! » dira le Premier Consul Bonaparte (1769-1821)en visite, en 1802. C'est en sa mémoire d'ailleurs que la ville a choisi de faire figurer sur ses armoiries une ruche et des abeilles.

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La teinturerie Gustave Hue, vers 1900

Et jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, Elbeuf va ainsi fourmiller et bruisser du ronronnement des machines fabriquant notamment ce" bel elbeuf". Avec l’apparition de la machine à vapeur puis celle du métier Jacquard, tels des champignons, des cheminées vont pousser sur tout son territoire, emblèmes de la cité industrieuse qu'elle est devenue et qui lui vaudra l'appellation de "ville aux 100 cheminées".

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Malheureusement, cette activité textile s'éteindra dans les années 1950, victime de la concurrence des fibres synthétiques. Il en sera fini du "bel elbeuf"... Pas tout à fait cependant, car le terme est demeuré dans le langage courant.

 

Merci aux sites www.cartographie-litteraire.net et www.metropole-rouen-normandie.fr/fabrique-des-savoirs-de-la-metropole-historique.

09/12/2015

Et Marcel créa Bic...

L'idée du stylo à bille a germée au XIXe siècle dans l'esprit de l'Américain John J. Loud (1844-1916). Déposé le 10 octobre 1888, son brevet ne sera pourtant jamais commercialisé. Trop en avance sur son temps sans doute... Du coup, la paternité de cette invention va revenir au journaliste hongrois Laszlo Biro (1899-1985), lequel va polir le projet.. tout simplement en regardant jouer les enfants.

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Laszlo Biro (1899-1985)

En fin observateur, le mince filet que les billes tombées dans l'eau laissent dans leur sillage ne lui échappe pas. C'est le déclic ! Pour conjurer la viscosité qui empêche l'encre de s"écouler jusqu'à la plume, il a en outre l'ingéniosité d'introduire une petite bille d'acier d'un millimètre de diamètre qui évolue librement dans une alvéole pour mieux s'imprégner de la couleur et la déposer sans crachotements ni tâches sur le papier. Nous sommes en 1938. Et, si l'avènement du stylo à bille sonne le "glas des pleins et des déliés", il annonce aussi une quasi-révolution du quotidien.

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Marcel Bich, devant son usine de Clichy en 1953.

Onze ans plus tard, son brevet est racheté par le baron Marcel Bich (1914-1994), un industriel français d'origine transalpine. En 1950, après avoir enlevé le "h" de son patronyme, cet as du marketing lance le "bic cristal" : un tube en plastique transparent hébergeant une longue et fine cartouche réservoir contenant une encre visqueuse.

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Vendu 50 centimes de franc, il est conçu pour offrir deux kilomètres d'écriture. Il inaugure aussi le concept du jetable et de la société de consommation. Destiné selon la publicité aux "hommes d'action", il leur promet "une écriture nette, intense et décontractée". Le succès est phénoménal, sans précédent. Pour exemple, en 2005, il s'en est vendu, dans le monde entier, plus de 100 milliards d'unités ! Cela équivaut en écriture à quarante fois la distance de la Terre à la Lune !

En France,c'est en 1965 que, non sans mal, le stylo Bic sera adopté par l’Éducation nationale. Dès lors, les écoliers peuvent non seulement écrire au stylo-bille, ce qui leur était interdit jusque là, mais aussi confectionner de formidables sarbacanes...

 

Biblio. "Objets de France" de J. Victor et T. Fraisse - Ed. De Borée, 2014, "Ces objets emblématiques que vous sauveriez ou pas avant de quitter la France" d'A. Wizman - Ed. Lafon, 2014,  "De quand ça date ?" - Historia Spécial n°14 - 2013.