12/10/2014

De Bourville à Bourvil

Certains héros laissent leur nom à un village, une ville, voire un pays. D'autres, au contraire, deviennent célèbres grâce à la localité dont ils sont originaires et/ou dont ils sont fiers. C'est le cas du plus comique des normands, je veux parler bien sûr de Bourvil !

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Celui qui brilla dans la chanson comme au cinéma prit comme pseudonyme, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le nom du village de son enfance, Bourville, une petite bourgade du département de la Seine-Maritime d’environ 300 âmes, située au cœur du pays de Caux, à mi-chemin entre Dieppe et Fécamp.

A sa naissance, le 27 juillet 1917, la famille d'André Raimbourg habite Prétot-Vicquemare non loin de là, à quelques kilomètres à peine de Doudeville et de Saint-Laurent en Caux. Il ne connaîtra pas son père qui, exploitant agricole, après s'être battu sur le front, sera emporté par une mauvaise grippe en novembre 1918. Trois ans plus tard, sa mère, Eugénie, s'installe avec ses trois jeunes enfants à Bourville dans une ferme de son village natal.

Élève appliqué (en 1931, il sortira premier du canton au Certificat d’Études Primaires) mais cependant un peu rêveur, il aime déjà se livrer à quelques pitreries et autres facéties pour faire rire ses camarades.

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 Bourvil à l'âge de 15 ans avec un de ses amis

Après son apprentissage, en 1936, il devient boulanger à Rouen. Mais c'est de la musique qu'il rêve en secret de faire son métier. Il aime le music-hall, le caf' conc' comme on disait alors. C'est pourquoi, en 1937, il rejoint d'autres jeunes musiciens en incorporant le 24e Régiment d'Infanterie basé à Paris, premier pas qui le mènera vers sa future carrière.

Mobilisé en 1939, libéré en juin 1940, c'est sous le nom d'Andrel, en hommage à Fernandel qu'il admire tant, qu'il court désormais le cachet. Il se produit ici et là en interprétant des textes de son cru, en campant déjà le personnage qui le fera connaître, celui d'un parfait nigaud, d'un imbécile heureux, à la fois naïf et tendre, qui, vêtu d'un costume noir étriqué, débite des blagues, des monologues contés d'une voix de fausset et chante des grivoiseries. Il prend alors le surnom de Bourvil en hommage à son enfance, à sa famille, à sa Normandie natale.

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 Bourvil et Gabin dans "La traversée de Paris"

En 1943, sa chanson « Les crayons » va faire de lui un grand chanteur comique apprécié d'un public qui applaudit à tout rompre. Et les succès vont s'enchaîner... Le cinéma va lui offrir aussi de très grands rôles. Il tourne notamment avec Louis de Funès et Jean Gabin dans « La traversée de Paris » et obtiendra pour ce rôle le Grand Prix d’Interprétation au Festival de Venise. Durant les années 1960, il doit ses plus grands succès cinématographiques à Gérard Oury : « Le Corniaud », « La Grande vadrouille » et « Le Cerveau ». Bourvil n'en oublie pas pour autant la chanson et fait des succès de sa « Ballade irlandaise » comme de sa « Salade de Fruits ».

Pour son dernier film, « Le Cercle rouge » tourné au début de l'année 1970, le réalisateur Jean-Pierre Melville fera apparaître pour la première fois sur l'affiche le prénom de l'acteur cauchois.

Atteint de la maladie de Kahler, une maladie du sang, Bourvil s'éteint à son domicile le 22 septembre 1970. Il a 53 ans.

07/09/2014

Le syndrome de Stendhal

Savez-vous que Stendhal (1783-1842), l'auteur du «  Rouge et Noir » et de « La Chartreuse de Parme », a laissé son nom à un syndrome appelé aussi « syndrome de Florence ».

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 Stendhal (Henri Beyle) -(1783-1842)

Il s'agit là d'un trouble psychique passager qui touche certaines personnes « à la contemplation de trop de beauté »... . Pour Stendhal, ce fut l'abondance d’œuvres d'art de la Basilique Santa Croce de Florence !

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 Basilique de Santa Croce, Florence

Il a lui-même explique ce qu'il avait ressenti dans ses carnets de voyage «  Rome, Naples et Florence » publiés en 1826 : « J'étais dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »

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Le syndrome de Stendhal a été décrit et nommé en 1990 par une psychiatre de Florence, le docteur Graziella Magherini. Entre 1980 et 1990, celle-ci a recensé une centaine de victimes présentant des états de folie, de confusion mentale et de souffrances psychiques diverses : vertiges, perte du sentiment d'identité et du sens de l'orientation, violentes douleurs à la poitrine, suffocations, tachycardie, hallucinations,... D'après elle, les causes de ce trouble sont " une personnalité impressionnable, le stress du voyage et de la rencontre avec une ville comme Florence », au patrimoine artistique si riche !

 

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

13/08/2014

« Bluetooth » et la Normandie

Saviez-vous que « Bluetooth », technologie de réseaux sans fil d'une faible portée permettant de relier des appareils entre eux et inventée en 1994 par Ericsson, entreprise suédoise fondée en 1876, a un point commun avec la Normandie ?

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 Le baptême d'Harald, vers 970

Le nom « Bluetooth », littéralement « dent bleue », est directement inspiré du roi danois Harald Ier surnommé "Harald à la dent bleue" (en danois Harald Blåtand, en anglais Harald Bluetooth). Né en 910 et mort en 986, il régna à partir de 958. Unificateur au Xe siècle des États du Danemark, de Norvège et de Suède, l'homme doit son surnom à sa passion dévorante pour les baies...

 

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Le logo de Bluetooth, est d'ailleurs inspiré des initiales en alphabet runique du Futhark récent de Harald Blåtand : (Hagall) (ᚼ) et  (Bjarkan) (ᛒ).

Si Ericsson a choisi d'honorer ce roi, c'est qu'il a également aidé le duc Richard en difficulté en Normandie en l'an 945. A l'appel du Normand d'origine danoise Bernard, régent du duché de Normandie, il va intervenir avec ses troupes pour aider le jeune duc Richard (930-996) en conflit avec le roi carolingien Louis IV dit d'Outremer (920-954).

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Pierre de Jelling à Rouen

Lors du millénaire de la Normandie en 1911, pour rappeler l'étroite collaboration entre les deux hommes, le Danemark offrit à la ville de Rouen une copie de la pierre de Jelling. Cette pierre runique, commandée par Harald 1er en l'honneur de son père, a désormais sa copie au pied de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen.