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01/03/2015

Maillets, Maillotins, Maillot

Saviez-vous que la Porte Maillot, l'une des huit portes que comptait l'enceinte du Bois de Boulogne, réalisée sous le règne de Henri II (1519-1547), a été baptisée ainsi à partir du XVIe siècle en souvenir de la révolte des Maillotins, l'une des plus graves révoltes populaires qui éclatèrent dans tout le royaume de France au Moyen-âge, à l'image de celle de la Harelle en Normandie ?

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Le roi Charles VI (1368-1422) est arrivé au pouvoir en 1380. Il n'a que 12 ans. Ses oncles, Jean de Berry et Philippe II de Bourgogne, assurent la régence du royaume. Sa minorité est troublée par les querelles des régents et des ducs d'Anjou et de Bourbon, aussi ses oncles, qui se disputent le pouvoir et s'enrichissent sur le dos de la population accablée par le rétablissement d'anciens impôts iniques dès janvier 1382. À cette époque, comme écrit Jean Froissart (1337-1405), dans ses « Chroniques », « Les seigneurs sont vêtus de velours et de fourrures : nous sommes vêtus de pauvres draps. Ils ont le vin, les épices et les bons pains : nous avons le seigle, la paille et l'eau. » Aussi, en réaction à la misère et aux poids des impositions, partout dans le royaume de France, on assiste à des soulèvements populaires. A Paris, la révolte éclate le 1er mars 1382, lorsque le duc d’Anjou rétablit de force une taxe sur les denrées de première nécessité.

Ce jour-là, les bourgeois de Paris, marchands, artisans et notables, rejoints par les ouvriers et les paysans sont dans la rue. A l'hôtel de ville et à l'Arsenal, ils s'emparent d'environ 2 000 lourds maillets de plomb, d'où leur nom, entreposés là dans l'attente d'une éventuelle attaque. Ainsi armés, ils saccagent et tuent en s'en prenant notamment aux collecteurs d'impôts dont ils brûlent leurs registres et aussi aux juifs.

 

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La révolte des Maillotins durera plusieurs mois avant que le pouvoir royal ne parvienne à reprendre la situation en main. Car pendant ce temps là, le roi est en campagne en Flandres contre les révoltés flamands qu'il écrase le 27 novembre 1382 à Roosebeke.

 

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Les Maillotins sortant de Paris pour recevoir Charles VI

C'est donc à la tête de son armée victorieuse qu'il marche sur Paris. « Lorsque le roi arriva, écrit Michelet, les bourgeois, pour le mieux fêter, crurent faire une belle chose en se mettant en bataille. Peut-être aussi espéraient-ils, en montrant ainsi leur nombre, obtenir de meilleures conditions. Ils s'étalèrent devant Montmartre en longues files; il y avait un corps d'arbalétriers, un corps armé de boucliers et d'épées, un autre armé de maillets ; ces maillotins, à eux seuls, étaient vingt mille hommes ». Hélas, sans chefs, les parisiens ne surent pas se défendre. Ils laissèrent pénétrer dans leurs murs le roi qui y entra avec ses troupes par une brèche, comme dans une ville conquise. »

Les bourgeois furent ensuite désarmés, et l’esprit de révolte fut étouffé dans les supplices. Le souverain ne montra aucune faiblesse Les émeutiers, notamment les meneurs, sont décapités ou pendus sans autre forme de procès. En 1388,le roi va reprendre en main les affaires du royaume en chassant ses oncles prévaricateurs et en rappelant les sages conseillers de son père.

 

01/02/2015

Marianne, une Colmarienne icône de la République

Particularité de notre pays, symbole républicain s'il en est, "Marianne" personnifie en France la République et non la nation française. Si les premières représentations d’une femme à bonnet phrygien, apparaissent sous la Révolution française, l'histoire de "Marianne", icône de la liberté et de la démocratie, débute réellement le 18 Fructidor de l’An V de la République (4 septembre 1797). Ce jour-là, la Convention Nationale succède à l'Assemblée législative. Elle fonde la Première République. Ceux qui la dirige ont la lourde tâche de lui donner un visage humain : la besogne n'est pas évidente après cinq ans de Terreur !

 

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 Paul François Jean Nicolas, Vicomte de Barras (1755-1829)

Et c'est dans cet esprit que le Directoire cherche à lui trouver un nom plaisant. Un de ses membres, Paul François Jean Nicolas, Vicomte de Barras (1755-1829), va le découvrir lors d'une réception chez le Colmarien Jean-François Reubell (1747-1807) et son épouse née Mouhat (1759-1813). Comme il s'enquiert du prénom de son hôtesse, « Marie-Anne » lui répond-telle. «Parfait, il est simple, il est bref et sied à la République, autant qu'il sied à vous-même».

 

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Jean-François Reubell (1747-1807)

C'est ainsi que "Marianne" deviendra symbole de la République. Cela vaudra même à son inspiratrice, Marie-Anne Mouhat, une pension à vie de 6.000 livres accordée par Napoléon. Pourtant, ce n'est qu'à partir de juin 1848 que ce prénom commencera a être donné de façon clandestine pour désigner la République et qu'après 1877 que les "Marianne" vont apparaître dans les Hôtels de Ville en remplacement des bustes de Napoléon III.

 

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04/01/2015

De "Champ de Bertin" à "Chambertin"

Le saviez-vous ? C'est à un paysan du nom de Bertin que l'un de nos plus célèbres vins rouges de Bourgogne, le Chambertin, doit son nom.

 

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Grâce aux recherches archéologiques réalisées sur la commune de Gevrey-Chambertin située au pied de la Côte Bourguignonne, à 12 kilomètres de Dijon, on peut affirmer que les premières vignes gallo-romaines datent ici du Ier siècle avant notre ère. Cinq cents ans plus tard, l’implantation du christianisme va favoriser son extension par la création d’importants domaines rattachés aux abbayes, comme l'abbaye de Cîteaux édifiée en 1098.

 

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A Gevrey, ce sont bien les moines de l'abbaye mérovingienne de Bèze qui cultivent la vigne. On raconte que Bertin, Berht-in, c'est à dire le fils de Berht, le Brillant, possédait vers l'an 650, un champ de céréales voisin de celui desdits religieux. Placé au sud du village, orienté plein Est, il se situait directement sous le bois qui coiffe le côteau. Suivant l'exemple de ses voisins , Bertin y cultiva de la vigne. Il utilisa pour cela le même cépage qu'eux et adopta les mêmes méthodes de travail. Les vins qu'il obtint étaient si parfaits que les vignerons ne nommèrent plus le vignoble ainsi créé que du nom de son propriétaire : les "Champs de Bertin" ou «Chambertin». Les puissantes abbayes de Langres, Cluny et les seigneurs locaux se partagèrent plus tard la propriété de ce noble terroir.

 

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Classé parmi les grands crus du vignoble de la côte de Nuits, le Chambertin atteignit son heure de gloire sous l'Empereur Napoléon (1769-1821) qui en avait fait son vin préféré. Il en buvait une demi-bouteille à chaque repas, toutefois coupé d'eau. On dit qu'il l'affectionnait tant qu'il ne lui était infidèle, parfois, que pour une coupe de champagne !

 

Merci au site www.rossignol-trapet.com