13/08/2014

« Bluetooth » et la Normandie

Saviez-vous que « Bluetooth », technologie de réseaux sans fil d'une faible portée permettant de relier des appareils entre eux et inventée en 1994 par Ericsson, entreprise suédoise fondée en 1876, a un point commun avec la Normandie ?

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 Le baptême d'Harald, vers 970

Le nom « Bluetooth », littéralement « dent bleue », est directement inspiré du roi danois Harald Ier surnommé "Harald à la dent bleue" (en danois Harald Blåtand, en anglais Harald Bluetooth). Né en 910 et mort en 986, il régna à partir de 958. Unificateur au Xe siècle des États du Danemark, de Norvège et de Suède, l'homme doit son surnom à sa passion dévorante pour les baies...

 

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Le logo de Bluetooth, est d'ailleurs inspiré des initiales en alphabet runique du Futhark récent de Harald Blåtand : (Hagall) (ᚼ) et  (Bjarkan) (ᛒ).

Si Ericsson a choisi d'honorer ce roi, c'est qu'il a également aidé le duc Richard en difficulté en Normandie en l'an 945. A l'appel du Normand d'origine danoise Bernard, régent du duché de Normandie, il va intervenir avec ses troupes pour aider le jeune duc Richard (930-996) en conflit avec le roi carolingien Louis IV dit d'Outremer (920-954).

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Pierre de Jelling à Rouen

Lors du millénaire de la Normandie en 1911, pour rappeler l'étroite collaboration entre les deux hommes, le Danemark offrit à la ville de Rouen une copie de la pierre de Jelling. Cette pierre runique, commandée par Harald 1er en l'honneur de son père, a désormais sa copie au pied de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen.

 

16/07/2014

Comment se faire un nom...

 … quand on est né simple roturier à Carhaix en Bretagne ? C'était le cas de ce valeureux Premier Grenadier de la République, qui comptait dans ses veines qu'« une goutte de sang ardennais et un flot de sang breton », mais hélas, aucun sang bleu !

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 Théophile-Malot de La Tour d'Auvergne-Corret (1743-1800)

Jusqu'à ses 23 ans, il s'appelait Théophile Malo Corret (1743-1800). Fils de l'avocat Olivier Corret et de son épouse Jeanne Lucrèce Salaün, il serait né à Saint-Hernin où son père était régisseur du château de Kergoat et aurait été baptisé à Carhaix. C'est de sa mère qu'il tenait son goût pour « les noms à particule ». Celle-ci, entichée de noblesse, devenue en troisièmes noces madame Billonois, se faisait déjà appeler madame « de » Billonois.

Dans un premier temps, Théophile choisit de se faire appeler « Corret de Kerbeauffret » à l'instar de ces bourgeois dénoncés par Molière qui, sans être de condition noble, faisaient suivre leur patronyme d'un nom de terre non seigneuriale.

Loin d'être satisfait par son nouveau patronyme, à force de chercher, notre breton finit par trouver beaucoup mieux ! Il découvrit "miraculeusement" qu'il était le digne descendant d'un certain Henri Corret, enfant des amours illicites du prince Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon (1611-1675), plus connu sous le nom de Turenne, et d'Adèle Corret ! Rien que ça !

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 Portrait du Duc de Bouillon - (Jean-François Colson, 1775)

Bien sûr, restait à le prouver ! Pour ce faire, il devint l'ami d'un descendant du duc de Bouillon, Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne (1728-1792). Grâce à un coup de baguette ducale, c'est-à-dire un courrier officiel du duc attestant une souche commune, le bas breton Théophile Malo Corret, ex-Corret de Kerbeauffret, se transforma le plus légalement du monde, le 20 mai 1785, en un fringant Théophile-Malot de La Tour d'Auvergne-Corret !

Pour gagner en authenticité, il décida d'octroyer à ses frères et sœurs le nom qu'il venait d'acquérir. Ainsi, son frère cadet Thomas-Louis Corret sera enterré sous une dalle gravée « Thomas de La Tour d'Auvergne, Chevalier de Corret ».

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Le prince de Bouillon, comte d'Evreux, qui avait obtenu par le crédit de La Tour d'Auvergne la restitution de ses biens (la famille de La Tour d'Auvergne était une branche bâtarde de celle de Bouillon), lui offrit une terre, rapportant 10 000 livres de rentes, chez nous, en Normandie, à Beaumont-le-Roger, dans l'actuel département de l'Eure. Mais il la refusa au motif élégant qu'il ne voulait pas mettre de prix à ses services... Noble sentiment, n'est-ce-pas ?

Biblio. « Étonnantes histoires de France et de Navarre » de D. Appriou – Larousse 2013.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

 

25/06/2014

Repetto, cadeau d'une mère à son fils

Saviez-vous que l'on doit les pointes, ballerines et chaussons de danse Repetto à la mère d'un de nos plus grands chorégraphes français ?

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Quand l'histoire commence, en 1947, Rose Repetto (1917-1984) n'a que 40 ans. D'origine italienne, c'est pour l'un de ses fils, Roland, qui revient fréquemment de ses cours de danse les pieds en sang, qu'elle va mettre au point un chausson permettant une plus grande aisance dans la pratique de cet art.

Ingénieuse et bonne couturière,elle se sert du « cousu-retourné », la semelle en cuir est cousue à l’envers avant d’être retournée, pour créer des chaussons-pointes qui vont ni plus ni moins révolutionner la danse.

Le succès est immédiat et rapidement elle va abandonner son métier de bistrotière pour ouvrir un atelier près de l’Opéra de Paris. C'est là qu'elle fabrique en nombre les ballerines qui vont désormais porter son nom, les ballerines Repetto.

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Neuf ans plus tard, en 1956 , une jeune actrice et danseuse, déjà cliente de l’atelier, va donner à Repetto "la juste dose de paillettes nécessaire pour métamorphoser la marque d'un fabricant spécialisé en un mythe discret d'élégantes branchées". Brigitte Bardot fait ses premiers pas dans le cinéma aux côtés de Roger Vadim quand elle fait appel aux talents de Rose pour lui inventer une ballerine de ville, avec laquelle elle exécutera le torride mambo de Et Dieu créa la femme. Cette ballerine réalisée en rouge carmin, baptisée « Cendrillon », devient dès lors l'accessoire indispensable des jeunes filles en robes vichy.

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Rose Repetto transférera son atelier-magasin au 22, rue de la Paix à Paris où de nombreux danseurs étoiles de l'Opéra Garnier seront ses clients : Maurice Béjart, Rudolf Noureev, Mikhaïl Barychnikov, Carolyn Carlson, Cyril Atanassoff,... mais aussi les danseurs des Folies Bergère deviennent dès lors ses clients attitrés. Sans oublier bien sûr son fils, Roland Petit et sa belle-fille Zizi Jeanmaire.

Biblio. Merci au site des ateliers Repetto et aux pages Wikipédia sur le sujet.