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06/01/2019

La balance de Personne

Pendant près de trois siècles, elle a fait autorité ! La balance Roberval, née en 1669, doit sa pérennité à sa fiabilité, sa précision dans la pesée, la stabilité de son réglage et sa robustesse. Elle se compose de deux plateaux, l'un pour déposer l'objet à peser, l'autre les poids, tous deux soutenus par un fléau au milieu duquel une aiguille indique l'équilibre.

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A qui doit-on cette belle invention ? À Personne ! Personne, c'est le nom de son créateur. Il reçut par la suite le droit d'accoler à son nom celui du bourg de l'Oise où il est né.

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Portrait de Gilles Personne de Roberval avec les membres de l'Académie des sciences vers 1670 (détail)

Gilles Personne (1602-1675) est le fils de petits paysans habitant le village de Roberval situé sur la rive gauche de l'Oise dans le Valois.

C'est grâce grâce au curé de la paroisse voisine de Rhuis, également aumônier de la reine Marie de Médicis, qui avait remarqué sa vive intelligence, qu'il va recevoir une solide instruction en mathématiques, en latin et sans doute en grec. Brillant, mais au caractère entier et querelleur, il devient professeur de philosophie, avant d'enseigner les mathématiques au Collège de France. En 1666, il fait partie des sept savants, avec Pierre de Carcavi, Christiaan Huygens, Bernard Frénicle de Bessy, Adrien Auzout, l'abbé Jean Picard et Jacques Buot, qui fondent l’Académie royale des sciences.

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La balance de Roberval géante installée dans le village d'origine de son inventeur

Il meurt le 27 septembre 1675 et est inhumé dans le chœur de l’église Saint-Séverin, à Paris. Célibataire, il a laissé tous ses écrits à l’Académie des Sciences.

Pour la petite histoire, on trouve le patronyme de "Personne" notamment en Dordogne et en Corrèze, ainsi que dans la Somme. Le nom "personne" désignait au Moyen-âge un ecclésiastique, notamment le titulaire d'un bénéfice (sens conservé dans l'anglais "parson"). C'est sans doute le sens qu'il faut donner au nom de famille.

 

Biblio. "Les 100 inventions qui font la fierté de la France" d"E. Hecht - Ed. Le Figaro-Magazine, 2018.

28/10/2018

Des patronymes trompeurs

Que les Roi, Roys et Leroy retombent sur terre : leur patronyme ne les fait pas plus descendre d'un roi que les Lempereur d'un empereur ! Soit, il s'agit là d'un sobriquet désignant celui qui affecte des allures nobles, soit leur ancêtre a été vainqueur d'un jeu d'adresse, populaire et médiéval, que nos aïeux pratiquaient à leurs rares moments perdus, comme le jeu de tir à l'arc ou à l'arbalète et à l'issue duquel le gagnant se voyait sacré pour l'année durant : "roi du jeu" ou "empereur" s'il avait remporté la victoire plusieurs fois de suite.

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La chanteuse Nolwenn Leroy

Pour les Baron, Comte, Lecomte, Marquis, Duc, Leduc, Prince ou Leprince, on peut bien sûr également envisager des surnoms ironiques. Mais une autre hypothèse liée aux liens de dépendance est possible. En effet, chaque paysan dépendait d'un seigneur, auquel il versait des redevances pour sa maison et ses terres, et dont, au Moyen-âge, il était "l'homme". Comme, dans le même village, les biens et les hommes n'appartenaient pas tous au même seigneur, on appelait Comte celui qui était "l'homme du comte", par opposition aux autres villageois qui dépendaient d'une autre seigneurie.

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L'acteur Jules Baron

Pour ce qui est des Baron, là encore, on peut imaginer soit à une personne hautaine, soit celui qui était au service d'un baron ou qui détenait des terres appartenant à un baron. Cependant, et, d'une façon générale, le patronyme correspond à ce dernier sens, il faut savoir qu'au Moyen-âge, le mot servait à désigner un homme de guerre et d'une façon générale un "mari" en tant que chef de famille vénéré et tout puissant.

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L'acteur Daniel Prévost

Quant aux Prévost (donnant aussi Pruvost, Provost, Prouvost, et par contraction Prost et Proust), Bailli (ou Bally, Bayle, Beyle,...), Sénéchal, Viguier ou Voyer, Maire et Lemaire, Bourgeois ou Lebourgeois, Maître ou Lemaître, Sergent, Capitaine, Châtelain, Vassal, Vasseur (ou Vavasseur, Levasseur,...), Chevallier, Page et Lepage, etc... Ce sont toutes des appellations rappelant un état, une position occupée, une fonction exercée, ou bien encore l'attitude affichée de la personne ou plus simplement encore son caractère.

 

Biblio. "Qui étaient nos ancêtres?" de J.-L. Beaucarnot - Ed. JCLattès, 2002.

Merci au site www.geneanet.org

05/08/2018

Un "Caconyme*" de l'histoire

L'histoire est aussi une suite de farces qui se transforment en "petites histoires de la grande" pour nous la rendre plus savoureuse encore ! Comme celle-ci justement. Notre héroïne porte le titre de "Baronne de La Queue". Rien d'extraordinaire pensez-vous ! Mais où ça devient particulièrement cocasse, c'est lorsqu'on apprend qu'elle est une fille naturelle non légitimée du Roi Soleil !

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Louis XIV en famille - 1710 - Portrait de Nicolas de Largillière (1656-1746)

Si Louis XIV (1638-1715) n'a eu que six enfants légitimes de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), on compte à son actif pas moins de seize voire dix-sept enfants conçus hors mariage. Parmi ces "bâtards" comme on disait alors, la petite Louise, née le 7 janvier 1676 des amours royales avec Claude de Vin des Œillets, dite Mademoiselle des Œillets (1637-1687), dame de compagnie de Madame de Montespan.

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Portrait de Mademoiselle des Œillets - Peinture de Pierre Mignard

D'après Primi Visconti (1648-1713), gentilhomme et littérateur piémontais, chroniqueur de la Cour de Versailles, "cette demoiselle laissait entendre que le Roi avait eu commerce avec elle par diverses fois. Elle paraissait même se vanter d'en avoir eu des enfants. Elle n'est pas belle, mais le Roi se trouvait souvent seul avec elle quand sa maîtresse était occupée ou malade..."

A sa naissance, l'enfant est officiellement déclarée sous de faux noms, ceux de Philippe de Maisonblanche, ancien capitaine de cavalerie, et de dame Gabrielle de la Tour, son épouse.

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Louise de Bourbon de Maison blanche (1676-1718)

Le roi ne reconnaîtra jamais Louise, mais prendra soin d'elle et de son avenir. Comme elle refusait de devenir religieuse, il la dota de quarante mille livres d'argent et de bijoux, toutefois sans terre ni maison, et lui trouva un mari.  Mais voilà ce Lieutenant au régiment de cavalerie du duc de Bourgogne (1695) est marquis de Prez et baron de la Queue ! Qu'importe,  Bernard de Prez de La Queue (1670-1740) épousa le 17 avril 1696 Louise Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Bourbon-Maisonblanche, faisant de son épouse, la nouvelle Baronne de la Queue, une baronne qui, dit-on, ressemblait tant à son géniteur qu'elle devait se voiler la face quand elle se hasardait dans les allées du château de Versailles. Elle donna naissance à douze enfants dont deux filles lesquelles, en qualité de "petite-fille du Roi", seront élevées à la maison royale de Saint-Cyr .

La Baronne de La Queue mourut le 12 septembre 1718 de la petite vérole. L'acte de sépulture fut rédigé en ces termes : « L’an 1718 le 13 septembre, a été par moi, curé de cette paroisse, inhumée en cette chapelle Saint-Nicolas paroisse de Galuys, Dame Louise de Bourbon de Maisonblanche, fille naturelle du Roy Louis XIV, décédée le jour précédent et âgée de 42 ans. »

 

 

Biblio.* : terme inventé par B. Fuligni auteur du livre "L’Évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire" - Ed. Les Arènes, 2017.