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01/11/2020

Du Missel à la République, une ascension méritocratique

L'ex-ministre du Tourisme (1995), Françoise de Panafieu est née Missoffe. Du nom de son aïeul Lubin François Missoffe. Rien d'extraordinaire à cela, pensez-vous... Ce qui l'est plus, c'est que ce patronyme de "Missoffe" est "né" avec l'intéressé. Voici l'histoire...

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Le 15 septembre 1827, à la Rochelle (Charente-Maritime), l'officier de l'état civil rédige l'acte de naissance d'un bébé "trouvé exposé hier à dix heures du soir en cette ville dans la boîte de l'Hospice Général, lequel était enveloppé d'un drapeau gris, une brassière d'indienne, un mauvais mouchoir à carreaux rouges, un bonnet d'indienne, pour marque une faveur (un ruban) rose". On lui octroie le prénom de Lubin, fêté le 17 septembre, et le nom de Missoffe.

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Comment ce patronyme a t'il été créé ? Qui en est l'auteur ? L'adjoint au Maire, Michel Garos, signataire de l'acte ? L'agent de l'état civil, rédacteur de l'acte ? Le déclarant, Sylvain Bonard, 65 ans, journalier à La Rochelle à qui l'enfant a été ensuite confié pour qu'il le reconduise à l'Hospice où il a été déposé, dans l'attente que ses parents se manifestent ? Les témoins : François Barillet et Adrien Vigié, tous deux journaliers à La Rochelle ? Aucun de ceux-ci vraisemblablement. La tradition veut que ce nom ait été choisi par un prêtre qui aurait ensuite pris soin, élevé et instruit l'enfant abandonné. L'homme d'église aurait tiré ce patronyme, par contraction, de "Missel Officiel" : "Missoffe". Une hypothèse tout à fait vraisemblable...

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Saint-Lubin, église de Notre-Dame de Louviers (27)

Lubin Missoffe (1827/1879) deviendra instituteur au Chay (Doubs). Son fils, Edmond (1858-1884), Professeur agrégé de lettres à l'Université de Paris, sera fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Jacques Missoffe (1893-1982), le grand-père de Françoise, Vice-amiral d'escadre deviendra administrateur des Savonneries Lever (Unilever). François Missoffe (1919-2003), sera Ministre de la Jeunesse et des Sports, tout comme sa femme, Hélène de Mitry, Secrétaire d’État au Tourisme: ce sont les parents de Françoise, fille aînée du couple et femme de Guy de Panafieu.

 

Biblio."Le tout politique" de J.-L. Beaucarnot - Ed. L'Archipel, 2011.

Merci au site Geneastar.

23/08/2020

Empereur et républicain, rien d'antinomique !

S'appeler "Empereur" et avoir pour prénoms César Constantin, voilà qui n'est pas banal ! Mais faire dans ces conditions une carrière politique de républicain, ça relève du jamais vu ! Et pourtant, ce fut le cas de César Constantin Empereur (1848-1929), Député et Sénateur de Savoie.

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César Constantin Empereur (1848-1929)

Si les "Lempereur" sont rares, ils sont toutefois plus fréquents en Lorraine que dans d'autres régions. A noter que l'allemand "Kaiser" a la même signification. Ce nom de dignité, employé comme sobriquet, désignerait celui qui affecte des allures nobles ou qui a une belle prestance. Comme pour le patronyme "Roy", il pourrait également avoir été attribué aux vainqueurs de jeux populaires médiévaux comme celui du tir à l'arc notamment en Picardie et en Bourgogne.

Notre élu est né en Savoie, à la frontière italienne, à Sainte-Foy-Tarentaise, le 17 mai 1848, le berceau de sa famille. En remontant sa généalogie, on trouve notamment un François Joseph Empereur (1729-1776), qui a hérité du prénom de l'Empereur d'Autriche, un Baltazar Empereur (1615-1687) de celui de l'un des trois rois mages et un Antoine Empereur (1590-1632) de celui de l'Empereur Romain. Le nouveau né ne pouvait pas déroger à la règle familiale et porter de vulgaires prénoms communs ! On lui attribua donc ceux de deux empereurs et pas des moindres !

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L'enfant grandit et l'homme devint médecin après avoir défendu une thèse sur le thème "Essai sur la nutrition dans l'hystérie". Il ouvre son cabinet en 1876 dans la commune voisine de Bourg-Saint-Maurice, une cité dont il deviendra maire et conseiller général en 1892. Ayant pris goût à la politique, il délaisse peu à peu ses activités sanitaires pour un siège au Palais Bourbon qu'il occupera de 1899 à 1909 et qu'il quittera pour un siège au Palais du Luxembourg de 1909 à 1920.

En qualité de député de Savoie, inscrit au groupe républicain radical, il prend une part active aux discussions budgétaires sans pour autant délaisser aucun problèmes d'actualité. Des dossiers qu'il continuera à suivre en qualité de Sénateur inscrit au groupe de la gauche démocratique. Après 21 ans de bons et loyaux services, ayant manqué sa réélection, il se retire en 1920 à Frontenex où il décède neuf ans plus tard à l'âge de 81 ans.

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Eugénie de Montijo (1826-1920), dernière impératrice des Français

Pour la petite histoire, marié et père de famille, César Constantin Empereur eut rois filles prénommées Théodora et Eudoxie, comme les impératrices de Byzance et Eugénie, comme l'Impératrice des français..

 

Biblio. "L'Evêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire" de B. Fuligni - Ed. Les Arènes, 2017.

29/03/2020

Une homonymie patronymique...

... Ou quand un Guy Marchand en cache un autre... "Marchand", c'est un patronyme français parmi les plus fréquents. Il est issu du latin "mercatus" (marché) qui a sans doute donné le verbe "mercatare", dont le participe présent "mercatantem" est devenu "marcheant", puis "marchand". Si vous y ajoutez Guy, un prénom revenu "à la mode" entre 1930 et 1950, vous obtenez à coup sûr nombre d'homonymies patronymique.

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L'acteur-Chanteur Guy Marchand

Ainsi, parmi les porteurs de ce nom, bien sûr l'artiste aux multiples facettes, acteur, chanteur, musicien et écrivain, Guy Marchand. Si, celui qui incarna à la télévision avec tant de talent "Nestor-Burma", est né à Paris, son plus lointain ancêtre connu, Pierre Marchand, vivait, au milieu du XVIIe siècle, à Reulle-Vergy, une petite paroisse de l'actuel département de la Côte d'Or, département qui, comme celui voisin de la Saône et Loire, fait aujourd'hui partie de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Curiosité généalogique, c'est justement en Saône et Loire, dans la région de Macon, que serait né un autre Guy Marchant.

Ce Guy Marchant là fut un maître imprimeur du XVIe siècle. L'homme, après avoir été ordonné prêtre, se serait installé à Paris à la fin du XVe siècle. Associé à son oncle, Jean Des Granches, prêtre et imprimeur lui-aussi, les deux hommes confectionnent dans un premier temps des livres manuscrits, travaillant notamment pour le collège parisien de Navarre, fondé en 1304 rue de la Fontaine-Ste-Geneviève. Les premières impressions à son nom datent de 1485 à 1506. On lui attribue cependant des impressions anonymes antérieures et postérieures à cette période.

En 1493, Guy Marchant quitte son échoppe du Champ Gaillart, situé derrière le Collège de Navarre, pour s'installer rue Saint-Jacques à l'enseigne du Lilas, "ad intersignium floris lilii". Six ans plus tard, il déménage une nouvelle fois et ouvre, derrière le Collège de Boncourt, l'enseigne du Beauregard, "in Bellovisu" où son neveu, Jean Marchant, lui succèdera.

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Marque employée par Marchant

 

Guy Marchant utilisa différentes marques typographiques d'imprimeurs, l'une d'entre elles était un marteau de cordonnier accompagné de la devise" Sola fides sufficit ", "C'est la foi seule qui suffit".

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La Danse Macabre, incunable publié en 1486 à Paris par Guy Marchant

On lui attribue près de 190 incunables. La plupart de ses productions sont de moyen format et portent sur des textes à caractère religieux. On lui doit notamment une édition en flamand de "La Nef des fous", cinq éditions de "La Danse macabre", sept éditions du "Compost et kalendrier des bergers" et une édition du Calendrier des bergères.

 

Biblio. Merci aux sites www.geneastar.org, data.bnf.fr/fr et Wikipédia.