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05/08/2018

Un "Caconyme*" de l'histoire

L'histoire est aussi une suite de farces qui se transforment en "petites histoires de la grande" pour nous la rendre plus savoureuse encore ! Comme celle-ci justement. Notre héroïne porte le titre de "Baronne de La Queue". Rien d'extraordinaire pensez-vous ! Mais où ça devient particulièrement cocasse, c'est lorsqu'on apprend qu'elle est une fille naturelle non légitimée du Roi Soleil !

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Louis XIV en famille - 1710 - Portrait de Nicolas de Largillière (1656-1746)

Si Louis XIV (1638-1715) n'a eu que six enfants légitimes de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), on compte à son actif pas moins de seize voire dix-sept enfants conçus hors mariage. Parmi ces "bâtards" comme on disait alors, la petite Louise, née le 7 janvier 1676 des amours royales avec Claude de Vin des Œillets, dite Mademoiselle des Œillets (1637-1687), dame de compagnie de Madame de Montespan.

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Portrait de Mademoiselle des Œillets - Peinture de Pierre Mignard

D'après Primi Visconti (1648-1713), gentilhomme et littérateur piémontais, chroniqueur de la Cour de Versailles, "cette demoiselle laissait entendre que le Roi avait eu commerce avec elle par diverses fois. Elle paraissait même se vanter d'en avoir eu des enfants. Elle n'est pas belle, mais le Roi se trouvait souvent seul avec elle quand sa maîtresse était occupée ou malade..."

A sa naissance, l'enfant est officiellement déclarée sous de faux noms, ceux de Philippe de Maisonblanche, ancien capitaine de cavalerie, et de dame Gabrielle de la Tour, son épouse.

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Louise de Bourbon de Maison blanche (1676-1718)

Le roi ne reconnaîtra jamais Louise, mais prendra soin d'elle et de son avenir. Comme elle refusait de devenir religieuse, il la dota de quarante mille livres d'argent et de bijoux, toutefois sans terre ni maison, et lui trouva un mari.  Mais voilà ce Lieutenant au régiment de cavalerie du duc de Bourgogne (1695) est marquis de Prez et baron de la Queue ! Qu'importe,  Bernard de Prez de La Queue (1670-1740) épousa le 17 avril 1696 Louise Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Bourbon-Maisonblanche, faisant de son épouse, la nouvelle Baronne de la Queue, une baronne qui, dit-on, ressemblait tant à son géniteur qu'elle devait se voiler la face quand elle se hasardait dans les allées du château de Versailles. Elle donna naissance à douze enfants dont deux filles lesquelles, en qualité de "petite-fille du Roi", seront élevées à la maison royale de Saint-Cyr .

La Baronne de La Queue mourut le 12 septembre 1718 de la petite vérole. L'acte de sépulture fut rédigé en ces termes : « L’an 1718 le 13 septembre, a été par moi, curé de cette paroisse, inhumée en cette chapelle Saint-Nicolas paroisse de Galuys, Dame Louise de Bourbon de Maisonblanche, fille naturelle du Roy Louis XIV, décédée le jour précédent et âgée de 42 ans. »

 

 

Biblio.* : terme inventé par B. Fuligni auteur du livre "L’Évêque Cauchon et autres noms ridicules de l'histoire" - Ed. Les Arènes, 2017.

20/05/2018

Le choix d'un nom de plume...

Le célèbre romancier Tristan Bernard (1866-1947) s'appelait en réalité Paul Bernard ? Savez-vous comment il avait choisi son nom de plume ? Vous pensez à la célèbre légende de "Tristan et Iseult" ? Et bien non, strictement rien à voir ! La réalité colle bien mieux à ce personnage fantaisiste...

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Tristan Bernard croqué par Henri de Toulouse-Lautrec

 

Célèbre pour ses mots d'esprit, l'humoriste facétieux à qui l'on doit notamment cette strophe supplémentaire aux "Stances à Marquise" du normand Pierre Corneille (1606-1684), reprises plus tard en chanson par Georges Brassens :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant. »

 

était un joueur impertinent ! Il disait "Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman, avec mes pertes, j'aurais pu me payer le bateau."

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Dans sa jeunesse, il fréquentait surtout les champs de courses et y laissait aussi beaucoup d'argent. Un jour cependant, il empocha une somme rondelette grâce à un cheval nommé "Tristan", qui franchit en premier la ligne d'arrivée... alors que personne ne l'y attendait.

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Du coup, il décida de faire du nom de ce vainqueur son nouveau prénom, persuadé que cela lui porterait chance ! Tout simplement ! Et l'avenir lui donna raison !

Pour conclure mon propos, je ne résiste pas à vous livrer cette anecdote truculente : alors que l'homme se plaignait de rhumatismes à son médecin, celui-ci lui répondit "votre jambe vous fait mal, mais il n'y a pas grand-chose à faire. Que voulez-vous, c'est l'âge !" Ce à quoi, Tristan Bernard répliqua "L'âge, l'âge... C'est vite dit ! L'autre ne me fait pas mal et elle a exactement le même âge !"

09/11/2016

Un fauteuil pour Monsieur Voltaire !

 Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire ...

Chanson de Gavroche - Les Misérables - V. Hugo

Comment le nom de Voltaire (1694-1778), ce polémiste satirique, historien et philosophe de génie, l'un des plus importants des Lumières, comment donc le nom de cet épistolier, conteur et auteur dramatique, au coup de plume piquant... est-il resté attaché à un objet de commodité courante ? Je veux parler du "Voltaire" bien-sûr, vous savez, ce grand fauteuil confortable à haut dossier incliné !

 

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Et bien, cela viendrait d'un portrait de lui datant de 1820 ! Il y est représenté alangui dans un haut fauteuil médaillon avec dossier en bois naturel apparent. Il est vrai que c'est fréquemment ainsi, c'est-à-dire assis dans un fauteuil bas, à dossier élevé et légèrement renversé en arrière, que les peintres représentait le grand homme. Était-ce là effectivement son habitude ?

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Ce type de fauteuil, mis à la mode sous Louis-Philippe, rappelait donc celui de Voltaire et c'est ainsi qu'on se mit à l'appeler "fauteuil à la Voltaire", puis, en 1876, "Voltaire" tout court.

 

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Fauteuil mortuaire de Voltaire. Charles-François Normand. Musée Carnavalet

Pour la petite histoire, Voltaire ne rendit pas son dernier soupir, le 30 mai 1778, comme le veut la légende, assis dans son fauteuil. Il en avait cependant un auprès de lui lorsqu il mourut. Un fauteuil d'une grande simplicité, confortable et commode, porté par quatre pieds légèrement cambrés montés sur roulettes afin d'assurer un déplacement aisé et dont la traverse arrière portait l'estampille du maitre-menuisier parisien Charles-François Normand.


Biblio. "petit dictionnaire des mots qui ont une histoire" de Gilles Henry Éd. Tallandier 1991 et 2012.