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20/07/2016

Le premier guide routier de France

Sous le titre original de "La Grand Guide des Chemins pour aller et venir par tout le Royaume de France. Avec les noms des Fleuves & Rivieres qui courent parmy lesdicts pays. Augmenté du voyage de S. Lacques, de Rome, & Venise", ce premier guide routier français a été imprimé en l'an de grâce 1552 ! Et ce fut un grand succès de librairie puisque, en un peu plus de 15 années, jusqu'en 1568, 28 éditions vont être publiées !

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L'auteur de ce guide se nomme Charles Estienne (c.1504/1505-1564). Il est issu d'une célèbre famille d’imprimeurs-éditeurs et humanistes français qui travaillèrent du XVe au XVIIe siècle à Paris, Lyon et à Genève. Bien qu'élevé dans la connaissance des belles-lettres et des langues anciennes, il choisira tout d'abord la médecine qu'il exercera jusqu'en 1550, date à laquelle il va reprendre la direction de l’imprimerie familiale. Onze ans plus tard, à la suite de mauvaises affaires, il est incarcéré pour dettes au Grand-Châtelet, l'édifice le plus sinistre de la capitale, et il y demeurera jusqu'à sa mort.

Auteur de plusieurs dictionnaires et de nombreux autres ouvrages, Charles Estienne est décrit comme "un homme avare et emporté, jaloux de ses confrères et même de ses neveux, qu'il cherchait à desservir dans toutes les occasions". Il n'en reste pas moins que, selon le bibliographe anglais Michael Maittaire (1668-1747), la beauté des ses éditions n'a jamais été surpassée.

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A cette époque, après les ravages de la Guerre de Cent-Ans, le réseau routier du royaume se met en place, ce qui permet au roi François Ier (1494-1547) et de sa cour, de se déplacer aisément de Fontainebleau à Lyon et Toulouse. L'ouvrage est destiné à aider le simple voyageur ou pèlerin en route vers Saint Jacques de Compostelle ou Rome à retrouver son chemin, à choisir ses gîtes d’étapes et à se prémunir des dangers du voyage. 283 itinéraires sont proposés, tous accompagnés d'informations sur les curiosités, les monuments, l’hébergement et les particularités des régions parcourues. On y trouve aussi de nombreux détails pratiques, comme par exemple des mises en garde contre les passages dangereux, mais aussi des commentaires insolites comme : « Belle Ville, mal nommée » ou « La Ferté, première des quatre filles de Citeaux". Tout y est... à l'exception d'un simple détail : il n'est doté d'aucune carte !

Aujourd'hui, ce guide est consultable en ligne sur le site de Gallica. S'agissant du duché de Normandie, on peut notamment y lire que "les chemins de ceste Duché sont notables, à raison des marchandises qui abordent aux ports de mer" ou bien encore que "Le Royaume d'Yvetot est fort petit, et ne contient villes, bourg, ni lieux notables".

 

 

Biblio. "Le grand Bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Ed. Larousse 2012.

Merci au site http://www.histoire-genealogie.com, aux nombreuses pages sur le sujet dont celle de Wikipédia.

22/06/2016

Le psautier dit de Saint-Louis

"C'est un petit ouvrage, magnifique, de 21 centimètres sur 14,5, enfermé à double tour dans un coffre dûment codé. Après une vie aventureuse qui l'a mené jusqu'aux confins de la Russie, il n'a plus bougé,ou presque,de son écrin de la Bibliothèque Nationale de France de la rue de Richelieu. Patrimoine d’État, et donc inaliénable, le Psautier de Saint Louis figure parmi les joyaux de l'histoire de France comme de l'histoire religieuse."


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Ce recueil de psaumes, typique du Moyen Age, a un «frère jumeau», qui a appartenu à Isabelle de France (1292/1296–1358). Il contient le texte des psaumes en latin et en anglo-normand et est aujourd'hui préservé à Cambridge. Il en existe aussi un autre dans lequel Saint Louis aurait apprit à lire. Ce dernier est conservé aux Pays-Bas.

 

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Psautier d'Isabelle de France

Document historique de premier plan, ce psautier dit de Saint-Louis illustre des personnages bibliques tirés de l’Ancien Testament revêtus des armures des croisés, des costumes des dames de la cour et des troubadours du XIIIe siècle. Créé dans les années 1258-1270 (sa datation est imprécise), il fut réalisé sur ordre du souverain «à l'usage de la Sainte-Chapelle», achevée en 1248 au sein de son palais de la Cité. C'est ici en effet, au cœur de Paris, que le très chrétien roi Louis IX (1214-1270) souhaitait entreposer, pour s'y recueillir, les reliques qu'il venait d'acquérir auprès de l'empereur de Constantinople.

Douze mois de travail seront nécessaires aux parcheminiers, enlumineurs et copistes pour concevoir l'œuvre composée de trois parties: un calendrier signalant les fêtes liturgiques propres à la chapelle et à la famille royale, l'histoire sainte en images, 150 psaumes en latin tirés de la Bible, divisés en sept chapitres pour les sept jours de la semaine.

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Saint Louis offrit l'ouvrage à son fils, Philippe III (1245-1285), qui le donna à son aîné. Il se retrouva ensuite entre les mains de Jeanne d’Évreux (1310-1371), qui le concéda à son tour à Charles V (1338-1380). On va perdre sa trace à partir de l'an 1400 pour le retrouver quatre siècles plus tard de retour dans les mains du roi Louis XVIII (1755-1824) qui le met immédiatement en dépôt à la Bibliothèque royale, future Bibliothèque Nationale de France*."



Biblio. * Extrait de l'article "Le psautier culte de Saint Louis" du site www.lexpress.fr. Merci.

09/10/2013

La mort d'un Chevalier

« Petit, noiraud, difforme, le cou épais, les épaules larges, les bras trop longs, les jambes grêles, la tête affreuse, semblable à celle d’un crapaud avec son front bombé, ses yeux verts exorbités, sa mâchoire prognathe surmontée d’une bouche aux lèvres retroussées » tel est le portrait peu flatteur qu’historiens et chroniqueurs ont laissé du connétable de France et de Castille, Bertrand du Guesclin (1320-1380). On comprend pourquoi ce breton de naissance avait pris pour devise «  Le courage donne ce que la beauté refuse » !

 

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Brave parmi les braves, ayant gagné le respect de la noblesse à la pointe de son épée, il entre en 1364 au service du Roi Charles V dit « Le Sage » (1338-1380) en remportant en Normandie la bataille de Cocherel contre l'armée du roi de Navarre. En récompense, il reçoit le Comté de Longueville.

L’extrait ci-dessous du long poème achevé en 1387, rimé à la manière d’une chanson de geste,  « La vie vaillante de Bertrand du Guesclin » que l’on doit au biographe Cuvelier, un trouvère décédé en 1389, narre la mort de ce vaillant guerrier. En chasse contre les compagnies de mercenaires, il se trouve en Gévaudan, sous les murs de Châteauneuf-de-Randon, perdu dans la montagne entre Mende et Le Puy quand, le 7 juillet 1380, il tombe malade sûrement d’avoir bu de l’eau glacée après avoir combattu en plein soleil. Il meurt 6 jours plus tard au moment même où l’on vient lui remettre les clefs de la place qu’il était entrain d’assiéger.

Du Guesclin a demandé à être enterré sur sa terre natale, à Dinan. Mais la route est longue et il fait chaud. Mal embaumé, ses chairs devront être inhumées en chemin, au couvent des Cordeliers de Montferrand. Seuls son squelette et son cœur poursuivront leur route vers la Bretagne. Mais, selon la volonté du roi, ceux-ci seront finalement déposés dans l’abbaye royale de Saint-Denis où sa sépulture,  n’échappant pas aux révolutionnaires de 1793, sera profanée.

 

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« Ainsi moru Bertran qui tant fu de haut pris,

Dont moult furent dolent li baron de haut pris

Et tous les soudoiers les grans et les petis :

Onques ne fu tant plains homme de mère vis.

Et quant le bon roy sceut que Bertran fu fenis,

Ains ne fu si dolans, si con dit li escrips ;

Assez le regreta le bon roy que je dis,

Et commanda le roy que Bertran li gentilz

Soit mis et enterrez tout droit à S.-Denis,

Droit au pié de la tumbe où il doit estre mis.

... »

 

Bilio. « Cuvelier – La mort du Du Guesclin de Michel Pastoureau in « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - R. Laffont  1993