Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/10/2018

Monnaie de nos aïeux : l'écu

Parmi les monnaies de notre pays, "l'écu", qui tire son nom du latin "scutum" signifiant " bouclier rond ", est apparu en France en 1263.

L'année précédente, le roi Louis XI (1423-1483) met en place une réforme monétaire destinée à unifier les différents monnayages du Royaume. Non seulement les monnaies féodales n'ont plus cours que sur le territoire de leur émetteur, mais est affirmée la suprématie de la livre tournois, dont le cours légal est appliqué à tout le royaume, sur la livre parisis. La livre tournois vaut alors 20 sous ou gros tournois de 4,2199 grammes d'argent à 958/1000e soit 20 x 4,044 = 80,88 grammes d'argent fin (ou environ 6,74 grammes d'or au cours de l'or variant à l'époque autour de 12 parts d'argent pour 1 part d'or).

ecu or soleil recto.jpg

Écu d'or au soleil - avers : couronné sommé d'un soleil

A l'occasion de cette réforme, en 1263, le roi fait frapper le "denier d'or à l'écu". "L'écu au soleil" ou "écu sol" avait un poids de 3,45 grammes et valait 1 livre 13 sols tournois. Symbole de l'unification du Royaume, il s'agit là de la première émission d'or depuis plus de 250 ans. Très vite, son nom va être abrégé en "écu" d'une valeur de trois livres tournois.

eco d or soleil verso.jpg

Écu d'or au soleil - revers : Croix fleurdelisée avec quadrilobe en cœur

Cette monnaie restera l'étalon de référence jusqu'à la réforme monétaire de 1640 voulue par le roi Louis XIII (1601-1643). En vertu de celle-ci, le terme « écu blanc » désignera une grande pièce d'argent, toujours d'une contre-valeur de trois livres ou soixante sols. La valeur de l'écu d'argent monta sous le règne de Louis XVI (1754-1793) à quatre puis à six livres.

ecu 1.jpg

Pour vous, amis généalogistes, cette seconde grille de d'orthographe et de calligraphie du mot "écu" entre 1450 et 1698, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine-Maritime. de la calligraphie du mot "écu" de 1474 à 1586.

A suivre...

08/07/2018

L'argent : du métal à la monnaie

Charlemagne (742-814), faute d’approvisionnement suffisant en or, doit se résigner, durant son règne, à mettre en circulation une nouvelle monnaie de référence, le denier d’argent (de 1,36 g à 1,80 g d'argent). En prescrivant de tailler 240 deniers dans une livre d'argent, l'Empereur à la barbe fleurie jette les bases d'un système monétaire et comptable qui persistera, en France jusqu'à la Révolution : 1 livre = 20 sous ou 240 deniers, et un sou = 12 deniers. En outre, est frappée une division du denier, l'obole d'argent, qui correspond à sa moitié.

argent denier charlemagne rv.jpg

Le nouveau monométallisme entre si bien dans les mœurs qu’on utilise aujourd’hui encore le nom du métal en question, l’argent, comme synonyme de monnaie ou numéraire. Le choix de l’argent comme de l'or s’explique bien sûr par le fait que ces matières sont rares et qu'elles présentent une grande valeur pour un poids et un volume réduit.

argent 3.jpg

Pour nous les généalogistes et historiens amateurs à la recherche de toute information utile sur la vie quotidienne de nos ancêtres, les archives notariales sont un passage obligé. Mais déchiffrez ces contrats de mariage, testaments et autres inventaires après décès, requiert de se familiariser avec la valeur des biens pour les estimer.

argent 1.jpg

Pour nous y aider, voici quelques outils bien utiles découverts lors de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine-Maritime animé par l'excellente Marie Groult que je remercie. Le premier d'entre-eux, cette grille de lecture d'orthographe et de la calligraphie du mot "argent" de 1450 à 1698.

A suivre...

 

01/04/2018

Quand la Justice ne rigolait pas avec les délinquants !

Notre Justice est en crise ! Trop lente... Trop laxiste... La Justice d'hier était sûrement, il est vrai, moins humaine, beaucoup plus "radicale" et plus expéditive aussi. En témoigne, le procès de Martin Guerre, une affaire judiciaire d'usurpation d'identité, que le cinéma a fait connaître au grand public.

proces m guerre 1.jpg

  Procès-Verbal du procès de Arnaud du Tilh

Martin Guerre, c'est ce paysan d'Artigat dans le comté de Foix, qui après huit ans d'absence de son village et sa famille, dépose plainte à son retour contre Arnaud du Tilh, l'homme qui a usurpé son identité, trompant même son épouse, Bertrande de Rols. À l'issue d'une longue et complexe procédure judiciaire, le jeudi 12 septembre 1660, la Chambre Criminelle de Toulouse, déclare Arnaud du Tilh coupable et le condamne à faire amende honorable et à être pendu.

proces m guerre 2.jpg

Le mot "amende" vient du verbe 'amender', dérivé du latin "emendare" significant « corriger, amender », dans le sens "rendre meilleur". Au Moyen Age et, jusqu’à la Révolution Française , l'amende honorable est, en termes de droit, une "peine afflictive et infamante" publique au même titre que le blâme, l’exposition publique, le fouet ou la flétrissure, en se situant malgré tout en-dessous de la mutilation, des galères, du bannissement et de la question.

martin guerre 4.jpg

En présence du juge, d'un prêtre et des personnes lésée, le condamné doit reconnaître publiquement sa faute et « en demander pardon à Dieu, à la société et aux hommes ». Cette peine n'avait pas pour but de préserver le salut de l'âme, pour cela il y avait la confession, mais de purger la faute civile en annulant l'outrage et en interdisant la vengeance.

Cet aveu devait se faire, soit au tribunal, soit sur la place publique, comme devant le portail de l'église la plus proche du lieu du délit ou du crime. Le condamné, conduit par le bourreau, paraissait nu-tête, nu-pieds et en chemise, en tenant un cierge à la main. Il se mettait à genoux pour dire la formule d'amende honorable qui était précisée dans le jugement. Ce commencement de pénalité n’était bien souvent que le prélude aux galères ou à la peine capitale. Et lorsqu'il était condamné à mort, on ajoutait à son cou une corde...

En 1992, l'expression « peines afflictives et infamantes » a été supprimée du Code pénal français.

 

Biblio. Merci à Marie, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales 76, qui nous a fait découvrir ce texte.