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01/04/2018

Quand la Justice ne rigolait pas avec les délinquants !

Notre Justice est en crise ! Trop lente... Trop laxiste... La Justice d'hier était sûrement, il est vrai, moins humaine, beaucoup plus "radicale" et plus expéditive aussi. En témoigne, le procès de Martin Guerre, une affaire judiciaire d'usurpation d'identité, que le cinéma a fait connaître au grand public.

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  Procès-Verbal du procès de Arnaud du Tilh

Martin Guerre, c'est ce paysan d'Artigat dans le comté de Foix, qui après huit ans d'absence de son village et sa famille, dépose plainte à son retour contre Arnaud du Tilh, l'homme qui a usurpé son identité, trompant même son épouse, Bertrande de Rols. À l'issue d'une longue et complexe procédure judiciaire, le jeudi 12 septembre 1660, la Chambre Criminelle de Toulouse, déclare Arnaud du Tilh coupable et le condamne à faire amende honorable et à être pendu.

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Le mot "amende" vient du verbe 'amender', dérivé du latin "emendare" significant « corriger, amender », dans le sens "rendre meilleur". Au Moyen Age et, jusqu’à la Révolution Française , l'amende honorable est, en termes de droit, une "peine afflictive et infamante" publique au même titre que le blâme, l’exposition publique, le fouet ou la flétrissure, en se situant malgré tout en-dessous de la mutilation, des galères, du bannissement et de la question.

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En présence du juge, d'un prêtre et des personnes lésée, le condamné doit reconnaître publiquement sa faute et « en demander pardon à Dieu, à la société et aux hommes ». Cette peine n'avait pas pour but de préserver le salut de l'âme, pour cela il y avait la confession, mais de purger la faute civile en annulant l'outrage et en interdisant la vengeance.

Cet aveu devait se faire, soit au tribunal, soit sur la place publique, comme devant le portail de l'église la plus proche du lieu du délit ou du crime. Le condamné, conduit par le bourreau, paraissait nu-tête, nu-pieds et en chemise, en tenant un cierge à la main. Il se mettait à genoux pour dire la formule d'amende honorable qui était précisée dans le jugement. Ce commencement de pénalité n’était bien souvent que le prélude aux galères ou à la peine capitale. Et lorsqu'il était condamné à mort, on ajoutait à son cou une corde...

En 1992, l'expression « peines afflictives et infamantes » a été supprimée du Code pénal français.

 

Biblio. Merci à Marie, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales 76, qui nous a fait découvrir ce texte.

04/03/2018

"Remède pour le foix gaté"...

"Pomme du matin éloigne le médecin" assuraient nos grands-mères normandes ! L'expression date d'un temps, bien avant la création de notre Sécurité Sociale (1945), où on avait recours au médecin uniquement dans les cas graves, voire totalement désespérés... Pour les petits maux de tous les jours, on se soignait notamment en consommant des aliments qui avaient la réputation de garder en bonne santé. Et en Normandie bien sûr, on mangeait des pommes, ce fruit dont les vertus nombreuses sont bel et bien reconnues de nos jours par tout le corps médical !

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Parmi ses qualités diététiques, il est prouvé que la pomme fait baisser le taux de mauvais cholestérol. Or, les calculs biliaires se forment dans le foie lorsque notre corps est trop chargé en cholestérol, car ce dernier empêche que la bile joue correctement son rôle...

Voici un "Remède pour le foix gaté", une recette médicinale d'un apothicaire normand du XVIIe siècle*, toujours d'actualité semble-t’il !

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"Il faut prendre unne pomme nommé melo appio ou autre,

i faire unne fosse avec un couteau ôtant unne partie

dedans de manière que le trou ne passe pas d'outgre en outre ;

mettez dans cette fosse 3 ou 4 grains d'encens mâle, ensuite

recouvrez la dite fosse du morceau qui en sera sortie et la

cuire ainsy sous les cendres chaudes de manière qu'elle ne bouent

et qu'elles deviennent tendrettes ; ensuite la couper en quatre avec

ce qui est dedans et la menger (n'importe si c'est à jeun)."

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* Publiée par l'Académie paléographique de l'Eure" d’Évreux en 1986.

21/01/2018

Une recette médicinale contre la peste

Dernièrement, certaines vaccinations ont été rendues obligatoires. L'occasion de se souvenir que nous sommes tous des "survivants" compte tenu des dangers qui ont, au cours des siècles, menacé et décimé nos ancêtres. Il est peu de familles, en effet, qui n'aient eu à payer quelque tribut aux grandes "contagions" des siècles passés. Choléra, diphtérie, grippe espagnole,... sans oublier bien sûr la peste. Disparue de l'Europe depuis le VIe siècle, elle réapparaît brutalement en 1340. Cette épidémie, appelée "peste noire", va envahir rapidement toute l'Europe continentale, empruntant les voies maritimes et fluviales.

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Elle arrive en Normandie, dans le port de de Rouen, le 25 juillet 1348. En deux ans, elle va emporter avec elle la moitié de la population de la ville qui compte alors entre 30 000 et 40 000 âmes. Témoin de cette époque, l'aître Saint-Maclou, ce cimetière charnier constituant un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe. La peste va continuer ensuite à frapper périodiquement notre province. En quatre siècles, la Ville de Rouen connaîtra 35 années de pics épidémiques d'une terrible violence.

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Aître Saint-Maclou de Rouen

La médecine de l'époque se révèle bien impuissante. Pour examiner les malades, les "médecins", affublés du costume de "corbeau", utilisent une baguette dite "canne de Saint Roch" ou des pinces à long manche avec lesquelles ils ouvrent et cautérisent à distance les ganglions infectés. Ils pratiquent aussi des saignées et ont également recours à des pratiques frôlant soit la sorcellerie, comme placer des grenouilles sur les bubons afin de « rééquilibrer les humeurs », soit la magie, comme la confection des breuvages "miraculeux" .

Ainsi, cette recette médicinale de "prévention de peste" datant du XVIIe siècle et publiée par l'Académie Paléographie de l'Eure.*.

 

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"Remède contre la peste esprouvé par tout / ceux qui gouvernent les mallades de Sainct / Louis à Paris envoyé par un médecin de la / santé, par la vertu duquel ceux qui en ont / usé ont esté préservéz quoy qu'ilz ayent beu et / mengé avec les pestiféréz.

Il fauct prendre quatre pincés d'herbes, / auttant de l'un que de l'aultre cy-après déclaréz. / Scavoir une peincée de foeuille de roses, / auttant de foeuilles de sauge franche, / auttant de foeuilles de rue, / auttant de foeuilles de sureau et les / broiés toutes ensemble, puis les destremper / avec du vin blanc et après les fecte très / bien bouillir ensemble puis les couller à travers / un linge blanc dans un pot net et aprais / mettre de la poudre de gingemvre dedans / le breuvage. Sela faict, beuvez-en au mattin / devant desjeuner par l'espace de neuf jours, / environ un pouce ou deux doigtz dedans un / verre et cela prins, il ne fault boire / ny manger de deux heures après et au / bout des neuf jours serez affranchy, préservé / pour toutte l'année dans que rien vous puisse / faire mal."

 

* "L'Eure et son passé - 2- " Recettes médicinales du XVIe au XIXe siècle - Evreux, 1986.