Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/01/2020

Charte entérinée par Guillaume le Conquérant et sa famille

Regardez-bien ce parchemin ! Il s'agit d'une Charte rédigée vers 1070. Elle acte la donation d'un des familiers de Guillaume le Conquérant (1027/1028-1087), Enguerrand, fils d'Hilbert, à l'Abbaye de Saint-Ouen de deux parts de dîmes à percevoir sur sa terre de Préaux et autant de terre qu'il faudra pour construire une grange et une maison pour le granger. En échange, un clerc devra être reçu comme moine afin de prier pour lui.

guillaume charte 00.jpg

Parchemin de 48 x 20,5 cm - Fonds de l'Abbaye de Saint-Ouen

Ce qui rend cette Charte particulièrement intéressante, c'est qu'elle est entérinée par les principaux membres de la famille ducale. Leur signe a été apposé sous la forme d'une petite croix en bas de l'acte, à côté de leur nom.

guillaume charte 0.jpg

Guillaume n'est désigné ici que comme roi d'Angleterre. Le titre ducal n'apparaît à aucun moment, bien que dans les faits la Normandie n'ait jamais été unie à l'Angleterre. Son épouse Mathilde (1031-1083) symbolise la solide politique d'alliance grâce à laquelle Guillaume consolide son pouvoir. Fille de Baudouin V, comte de Flandres, elle est la nièce du roi capétien Robert Le Pieux (996-1031).

guillaume charte 000.jpg

Deux des quatre fils de Guillaume apparaissent encore sur le document, Robert Courteheuse, futur Duc de Normandie et Guillaume le Roux, futur roi d'Angleterre. Ils sont désignés ici comme comtes, ce qui est bien le cas à l'époque. Le dernier fils de Guillaume, Henri Beauclerc, née en 1068 et qui devient roi d'Angleterre en 1100 n'est pas mentionné. Il en va de même pour son troisième fils, Richard, qui est entré dans les ordres en 1066*."

 

Extrait de "12 siècles d'histoire aux Archives de Seine- Maritime" - Catalogue d'exposition - Ed. Point de vues, 2008.

01/12/2019

Monnaie de nos aïeux : la livre tournois

A l'époque mérovingienne, soit du Ve au VIIIe siècle, les féodalités petites et grandes divisent le royaume. Si le roi possédait sa monnaie, l’Église, mais aussi les monastères et les prélats, tout comme les barons et les comtes, avaient la leur. Ainsi, plus de 800 villes battaient leur monnaie.

Arrivés au pouvoir, les Carolingiens, qui régnèrent ensuite et jusqu'au Xe siècle, firent le ménage dans tout cela : ils restaurèrent l'autorité royale dans l'ordre civil et monétaire en instaurant une triple réforme : adoption du monométallisme-argent, renforcement des espèces et surtout centralisation de la frappe.

Mais cela ne va pas durer : un demi-siècle plus tard, c'est l'anarchie monétaire qui s'installe. Charles le Chauve (823-877) autorise l'ouverture de manufactures monétaires un peu partout sur le territoire du royaume. L'église, qui bénéficiait déjà de privilèges en ce domaine, s'en accorde alors davantage (comme celui de modifier l'empreinte, le titre et le poids des pièces). Quant aux comtes et barons, ils en profitent pour y inscrire leur propre nom.

Bien sûr, les carolingiens avaient bien légué le denier comme unité monétaire, mais quel denier exactement ? Il y en avait tant ! Denier tournois de Tours mais aussi denier breton, provençal, artésien, angevin, chartrain, flamand, lyonnais, mansois, nivernais...

denier de charlemagne.jpg

Denier Tournois - Charlemagne (742-814)

Au milieu de tout cela, la monnaie royale n'était plus qu'une parmi les autres. Limité au domaine royale de la région Ile-de-France, le denier royal devint denier parisis. Ce qui n'empêchait pas d'autres monnaies de concurrencer le parisis à l'intérieur même du domaine royal. Cependant, le seul à rivaliser avec le parisis fut le denier tournois : 100 livres tournois valant 80 livres parisis.

denier tournois philippe IV.jpg

Denier tournois - Philippe IV le Bel (1268-1314)

En 1203, après le rattachement de la Touraine au domaine royal par Philippe-Auguste (1165-1223) et la transformation de l'atelier de Tours en atelier royal, la livre tournois prend le pas sur la livre parisis et devient la monnaie officielle.

En avril 1667, Louis XIV sonne l'hallali ! Par ordonnance, il est fait obligation de compter sur tout le royaume en livres, sous et deniers, sans distinction de système. Les anciennes valeurs parisis, temporairement admises, doivent désormais être réévaluées et converties en livres tournois.

 

tournois.jpg

Pour vous, amis généalogistes, cette grille ci-dessus, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "tournois" tel qu'on peut le trouver, avec ou sans abréviation, sur les actes officiels entre 1500 et 1669.

13/10/2019

Monnaie de nos aïeux : le sou

Le "sou" tire son nom de "solidus", une monnaie de 4,5 g d'or créée par l'empereur romain Constantin (272-337).

sou solidus de constantin.jpg

Solidus romain

"Solidus" va se transformer en "soldus", puis en "solt" dès le XIe siècle et enfin en "sol" au XIIe siècle. Au XVIIIe siècle, s'adaptant à la prononciation qui s'est imposée les siècles durant, “sol” devient “sou", un mot qui va perdurer bien longtemps après sa disparition. Les Français vont continuer d'appeler "sou" le vingtième du franc et dénommer « pièce de cent sous » celle de cinq francs.

sou le dernier 5ct de 1939.jpg

Le dernier "sou" : cinq centimes français de 1939

 

Adopté par les rois mérovingiens (Ve au VIIIe siècle), le "sou" sera dévalué par Charlemagne à 1/20e de livre carolingienne d'argent. Divisé en 12 deniers, ceux-ci seront en fait dans la pratique les seuls à circuler.

sou image 1.jpg

sou 01.jpg

Pour vous, amis généalogistes, une grille, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "sou" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1493 et 1610.

 

A suivre...