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22/06/2016

Le psautier dit de Saint-Louis

"C'est un petit ouvrage, magnifique, de 21 centimètres sur 14,5, enfermé à double tour dans un coffre dûment codé. Après une vie aventureuse qui l'a mené jusqu'aux confins de la Russie, il n'a plus bougé,ou presque,de son écrin de la Bibliothèque Nationale de France de la rue de Richelieu. Patrimoine d’État, et donc inaliénable, le Psautier de Saint Louis figure parmi les joyaux de l'histoire de France comme de l'histoire religieuse."


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Ce recueil de psaumes, typique du Moyen Age, a un «frère jumeau», qui a appartenu à Isabelle de France (1292/1296–1358). Il contient le texte des psaumes en latin et en anglo-normand et est aujourd'hui préservé à Cambridge. Il en existe aussi un autre dans lequel Saint Louis aurait apprit à lire. Ce dernier est conservé aux Pays-Bas.

 

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Psautier d'Isabelle de France

Document historique de premier plan, ce psautier dit de Saint-Louis illustre des personnages bibliques tirés de l’Ancien Testament revêtus des armures des croisés, des costumes des dames de la cour et des troubadours du XIIIe siècle. Créé dans les années 1258-1270 (sa datation est imprécise), il fut réalisé sur ordre du souverain «à l'usage de la Sainte-Chapelle», achevée en 1248 au sein de son palais de la Cité. C'est ici en effet, au cœur de Paris, que le très chrétien roi Louis IX (1214-1270) souhaitait entreposer, pour s'y recueillir, les reliques qu'il venait d'acquérir auprès de l'empereur de Constantinople.

Douze mois de travail seront nécessaires aux parcheminiers, enlumineurs et copistes pour concevoir l'œuvre composée de trois parties: un calendrier signalant les fêtes liturgiques propres à la chapelle et à la famille royale, l'histoire sainte en images, 150 psaumes en latin tirés de la Bible, divisés en sept chapitres pour les sept jours de la semaine.

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Saint Louis offrit l'ouvrage à son fils, Philippe III (1245-1285), qui le donna à son aîné. Il se retrouva ensuite entre les mains de Jeanne d’Évreux (1310-1371), qui le concéda à son tour à Charles V (1338-1380). On va perdre sa trace à partir de l'an 1400 pour le retrouver quatre siècles plus tard de retour dans les mains du roi Louis XVIII (1755-1824) qui le met immédiatement en dépôt à la Bibliothèque royale, future Bibliothèque Nationale de France*."



Biblio. * Extrait de l'article "Le psautier culte de Saint Louis" du site www.lexpress.fr. Merci.

09/10/2013

La mort d'un Chevalier

« Petit, noiraud, difforme, le cou épais, les épaules larges, les bras trop longs, les jambes grêles, la tête affreuse, semblable à celle d’un crapaud avec son front bombé, ses yeux verts exorbités, sa mâchoire prognathe surmontée d’une bouche aux lèvres retroussées » tel est le portrait peu flatteur qu’historiens et chroniqueurs ont laissé du connétable de France et de Castille, Bertrand du Guesclin (1320-1380). On comprend pourquoi ce breton de naissance avait pris pour devise «  Le courage donne ce que la beauté refuse » !

 

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Brave parmi les braves, ayant gagné le respect de la noblesse à la pointe de son épée, il entre en 1364 au service du Roi Charles V dit « Le Sage » (1338-1380) en remportant en Normandie la bataille de Cocherel contre l'armée du roi de Navarre. En récompense, il reçoit le Comté de Longueville.

L’extrait ci-dessous du long poème achevé en 1387, rimé à la manière d’une chanson de geste,  « La vie vaillante de Bertrand du Guesclin » que l’on doit au biographe Cuvelier, un trouvère décédé en 1389, narre la mort de ce vaillant guerrier. En chasse contre les compagnies de mercenaires, il se trouve en Gévaudan, sous les murs de Châteauneuf-de-Randon, perdu dans la montagne entre Mende et Le Puy quand, le 7 juillet 1380, il tombe malade sûrement d’avoir bu de l’eau glacée après avoir combattu en plein soleil. Il meurt 6 jours plus tard au moment même où l’on vient lui remettre les clefs de la place qu’il était entrain d’assiéger.

Du Guesclin a demandé à être enterré sur sa terre natale, à Dinan. Mais la route est longue et il fait chaud. Mal embaumé, ses chairs devront être inhumées en chemin, au couvent des Cordeliers de Montferrand. Seuls son squelette et son cœur poursuivront leur route vers la Bretagne. Mais, selon la volonté du roi, ceux-ci seront finalement déposés dans l’abbaye royale de Saint-Denis où sa sépulture,  n’échappant pas aux révolutionnaires de 1793, sera profanée.

 

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« Ainsi moru Bertran qui tant fu de haut pris,

Dont moult furent dolent li baron de haut pris

Et tous les soudoiers les grans et les petis :

Onques ne fu tant plains homme de mère vis.

Et quant le bon roy sceut que Bertran fu fenis,

Ains ne fu si dolans, si con dit li escrips ;

Assez le regreta le bon roy que je dis,

Et commanda le roy que Bertran li gentilz

Soit mis et enterrez tout droit à S.-Denis,

Droit au pié de la tumbe où il doit estre mis.

... »

 

Bilio. « Cuvelier – La mort du Du Guesclin de Michel Pastoureau in « Les plus belles pages manuscrites de l’histoire de France » - R. Laffont  1993

11/09/2013

Remède contre la surdité

Le poète français Joachim du Bellay (1522-1560), le peintre espagnol Francisco de Goya (1746-1829) et le compositeur allemand (1770-1827) Ludwig van Beethoven (1770-1827), pour ne citer qu’eux, avaient en commun le handicap d'être malentendants.

Pour eux comme pour nos ancêtres, il faut se rappeler que, bien avant notre médecine contemporaine, pour soigner ou prévenir les maladies et fléaux de la vie, bien modeste était l’arsenal thérapeutique dont disposaient les soignants. Ce n’est qu’au tout début du XVIIIe siècle que l’apprentissage pratique de la médecine « au lit du malade » commencera à se répandre, au détriment de l’apprentissage théorique en amphithéâtres de Facultés. 

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C’est à cette époque, qu’en Normandie, circule ce  « remède contre la surdité* ». Nous sommes en l’an de grâce 1705, sous le règne du roi Louis XIV (1638-1715). Dans « Les règles de la bienséance chrétienne », Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719), l’ecclésiastique et pédagogue français décédé à Rouen et canonisé en 1900, recommande ceci : « Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins le visage avec un linge blanc pour le décrasser. Il est moins bien de se laver avec de l’eau car cela rend le visage susceptible de froid en hiver et de hasle en été. » 

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« Prenés une grosse anguille qui sera blanche par-dessous le ventre, vous l’écorcherés sans perdre le sang, vous prendrés du romarin à demi sec et la piquerés par-dessus le dos, vous la lierés sur une broche de bois qui ne rompe point, qui soit plus longue que l’anguille, pour la lier sur une broche de fer, vous la ferés rostir à petit feu et vous l’arroserés en rostissant avec un demi carteron de beurre frais. Il faut prendre un pot de terre neuf et mettre la recepte qui se trouvera dans le commencement que l’anguille commencera à donner sa graisse, vous piquerés l’anguille avec une aleine par la tête et par le ventre et vous metterés la recepte dans un autre pot lorsqu’il s’en trouvera gros comme le poulce ou environ et s’en servir pour la surdité en la manière suivante : Vous écurerés bien l’oreille et avec une plume vous en tirerés du pot et en frotterés une tente (petit rouleau de charpie que l’on introduit dans les ulcères) qui sera pointue que vous metterés dans les deux oreilles. » 

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* « L’Eure et son passé – 2 » - Recette médicinales – Académie paléographique de l’Eure -  Evreux 1986.