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31/03/2019

Monnaie de nos aïeux : le franc

La valeur du franc, qui a été l’unité monétaire de la France jusqu'au 31 décembre 1998, a beaucoup varié au cours des siècles. Il a connu tous les métaux, des plus précieux aux plus ordinaires comme les pièces en zing de la période de Vichy.

La tentation d'attribuer le parrainage du franc à nos ancêtres, les envahisseurs Francs, si tentante qu'elle soit, n'a rien à voir dans l'affaire. Voici l'histoire : les premiers francs furent frappés à Compiègne le 5 décembre 1360, pour aider à payer la rançon du roi Jean II dit Le Bon, (1319-1364) capturé par les Anglais le 19 septembre 1356 à la bataille de Poitiers.

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Franc à cheval ou Franc jaune de Jean Le Bon

Ceux-ci exigèrent contre sa libération la somme de 4 millions d'écus. Pour ce faire, le régent Charles, futur Charles V, son fils, fit frapper une nouvelle pièce représentant un chevalier armé de pied en cape, sur son destrier : un chevalier "libre" pour la rançon d'un roi prisonnier. Cet écu d'or, ce "franc" au sens de "libre" (comme dans l'expression zone franche), qui va être appelé dès lors par nos ancêtres "le franc à cheval" ou "franc jaune", pesait 3,87 g d'or fin équivalant à 1 livre tournois ou 20 sols. Malgré cet effort financier Jean le Bon mourut en captivité et  Charles V fera frapper en 1366 une monnaie de même qualité et valeur, elle aussi en or, représentant un roi debout et appelée cette fois "franc à pied".

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Franc d'argent ou Franc blanc d'Henri III

Un nouveau nom venait d'être donné à notre monnaie qui jusqu'alors avait porté celui de livre : ces deux noms désignèrent désormais une même "monnaie de compte" qui se perpétua en changeant souvent de valeur et donc aussi de métal.

On doit le franc d'argent ou "franc blanc" au roi Henri III (1551-1589) qui le fit frapper le 31 mai 1575. Il vaut 20 sols et 4 deniers, soit une valeur légèrement supérieure à la livre tournois. En même temps, on frappe ses subdivisions : le demi-franc et le quart de franc.

Avec la loi du 28 thermidor an III (15 août 1795), le franc devient l'unité monétaire française. Sa contenance est de 5 grammes d'argent. Le système décimal est confirmé : le franc est subdivisé en 10 décimes ou 100 centimes.

 

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Pour vous, amis généalogistes, une grille, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "franc" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1466 et 1662.

 

A suivre...

 

Biblio. "Le Franc était notre monnaie" - Article de J. Réveilliez, Gé-Magazine n°211.

03/02/2019

Monnaie de nos aïeux : le denier

"Ordonnons qu'il ne soit fabriqué à l'avenir de monnaies que dans notre palais..."

Charlemagne (768-814)

 

Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, on compte, dans le royaume de France en "denier", 12 "deniers" valant 1 "sou",  une "obole", la moitié d'un "denier".

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Le denier de Charlemagne

Du latin "denarius", le "denier" est une monnaie de base du système monétaire français héritée de l'Empire romain et qui va perdurer jusqu'à la Révolution française. Son nom tiré du latin "denarius" donnera en 1212 le "dinar" serbe, terme repris lors de la décolonisation au XXe siècle par certains pays comme l'Algérie avec le dinar algérien et la Tunisie avec le dinar tunisien.

À l'origine, le denier est petite pièce de billon, cet alliage d'argent et de cuivre, d'environ 1 g. Les monnaies du Moyen-âge ne portent que très exceptionnellement une valeur faciale. La valeur ou cours de chaque pièce est officiellement et arbitrairement fixée par l'autorité émettrice.

Charlemagne consolida l’œuvre de son père, par la revalorisation du denier d'argent, dont il centralisa la fabrication dans son palais d'Aix-la-Chapelle, afin d'endiguer la fausse monnaie. A l'inverse, ses successeurs vont autoriser l'ouverture de manufactures monétaires dans tout le royaume. L’Église, qui a déjà obtenu un certain nombre de privilèges monétaires au cours des temps, va s'octroyer de nouvelles et larges prérogatives comme le droit de modifier le titre et le poids des pièces. Pour couronner le tout, les comtes et barons chargés de surveiller les officines monétaires vont finir par occulter la titulature souveraine sur les monnaies pour ne marquer que le lieu de frappe, en inscrivant au passage leur propre nom sur les pièces.

Difficile de s'y retrouver dans cette anarchie monétaire ! C'est pourquoi, à partir du Xe siècle, les textes de transaction vont devoir préciser le nom géographique de l'atelier ou de l'autorité ayant émis les deniers utilisés : denier de Paris, ou parisis, denier de Tours ou tournois, denier de Cahors, ou cahorsin, etc.

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Pour vous, amis généalogistes, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, cette grille d'orthographe et de calligraphie du mot "denier" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1450 et 1662.

A suivre...

Biblio. "Du sesterce à l'euro, histoire de la monnaie à travers les siècles" de G. Desquesses, F. Clifford et J-M. Darnis - - G.D. Éditions St-Malo, 1999.

09/12/2018

Monnaie de nos aïeux : le douzain

La pièce de "douzain" fut créée par Charles VII (1403-1461). Appelé également "grand blanc", le douzain ne doit pas être confondu avec le "gros blanc", une monnaie d'argent française frappée sous le règne de Jean II le Bon (1319-1364).

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Le douzain valait 12 deniers (d'où son nom) et équivalait donc à un sol. A noter qu'il n'était pas en argent massif mais fabriqué en billon, un alliage d'argent et de cuivre. Contrairement à la monnaie d’or et d’argent, les pièces en billon, uniquement de la petite monnaie dont la valeur numéraire n’atteignait pas la valeur faciale, circulaient entre les mains du plus grand nombre.

De petite taille, il portait comme motif, d'un côté une croix, de l'autre les armes de France.

 

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Portrait de Charles VII (1403-1461)

Le douzain fut fabriqué jusqu'à la réformation instituée par Louis XIII (1601-1643) puis interdit à l'usage sous peine d’amende par une ordonnance de Louis XIV (1638-1715) le 16 septembre 1692. Entretemps, son pouvoir libératoire avait été limité à de petites sommes, inférieures à dix livres tournois.

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Pour vous, amis généalogistes, cette troisième grille, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "douzain" tel qu'on peut le trouver sur les actes notariés en 1550 à 1672.

A suivre...