Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

GASTRONOMIE NORMANDE

  • Far aux pommes et Calvados

    Pas franchement normand le Far ? Non bien sûr ! Cette pâtisserie et spécialité culinaire traditionnelle à base d'œuf, farine, beurre demi-sel, sucre, et éventuellement de rhum, pruneaux ou raisins secs, est emblématique de la cuisine bretonne !

    far 01.jpg

    Le « far » qui, en latin, signifie « froment, blé, gruau », est au XVIIIe siècle une bouillie salée de blé noir (ou sarrasin) servie avec lard, viande, ou poisson.

    far 02.jpg

    Collection Chasse-Marrée, Hisser à bord du quatre-mâts, Parma en 1933

    La recette du far breton tel que nous le connaissons aujourd'hui remonte au XIXe siècle. On y retrouve bien sûr la farine de blé ou de sarrasin (voire des deux dans certaines recette), mais cette fois cuite au four et agrémentée de sucre, d'œufs, de beurre demi-sel, de lait et de pruneaux séchés. Ces derniers, importés de la région bordelaise, étaient couramment consommés par les marins bretons durant leurs campagnes de pêche au long cours, pour leurs qualités nutritionnelles, notamment anti scorbut, et leur facilité de conservation (avec le rhum).

    far aux pommes.jpg

    Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, cette version normande, le far aux pommes et Calvados.

    Pour 6 personnes, prévoir 125 g de farine, 75 g de sucre, 1 pincée de sel, 1/2 sachet de levure en poudre, 2 œufs, 50 cl de lait, 4 pommes, 10 g de beurre.

    Versez la farine en fontaine dans une terrine, mettez le sucre, le sel et la levure au milieu. Cassez-y les œufs. Délayer progressivement avec le lait.Pelez et émincez les pommes.

    Beurrez un plat allant au four. Couvrez le fond d'une couche de pommes, versez la pâte par dessus. Recouvrez de pommes.

    Cuire pendant 40 min environ à 180°C (thermostat 6). Parfumer la pâte avec de la vanille, du rhum ou du calvados.

     

    Bon appétit !

  • Le flan aux pommes

    Le flan pâtissier est un dessert traditionnel crémeux et fondant dont les gourmands du monde entier se délectent. Est-il originaire de la région d'Amiens en Picardie où dès le XIIIe siècle on le savourait sous le nom de « dariole » ? Ou nous est-il venu d'Outre-Manche où, sa version anglaise, la « custard tart », honorait déjà en 1399 la table de couronnement du roi Henri IV d'Angleterre ?

    flan patissier.jpg

    Ce qui est sûr c'est que son nom de flan vient de l'ancien français « fladon » (XIe s.) au sens de » rond de métal » utilisé pour faire une pièce de monnaie. La recette la plus proche de celle que nous connaissons aujourd’hui existe depuis 1900. Elle a été codifiée par le chef cuisinier français Jean-Baptiste Reboul (1862-1926).

    flan jean baptiste reboul.jpg

     

    Et puis, au fils du temps, de «  pâtissier », il devenu « parisien » servi sur une pâte brisée ou feuilletée.

    flan au pommes.jpg

    Il existe de nos jours de nombreuses variétés de flans pâtissiers. La recette que je vous propose aujourd'hui, amis gourmands aux babines alléchées, celle d'un flan au pommes, est à la fois facile à réaliser, peu coûteuse et très savoureuse !

    Prévoir 4 pommes, 50 g de beurre, 80 g de farine, 50 g de sucre, 2 sachets de sucre vanillé, 4 œufs, 25 cl de lait. Éplucher les pommes, les couper en quartiers avant de les faire dorer dans le beurre pendant 5 à 10 min dans une casserole. Ensuite verser la farine tamisée dans un saladier avec les 4 œufs et le sucre. Délayer avec le lait. Dans un moule beurré, verser la préparation et ensuite les pommes légèrement dorées. Mettre au four pendant 40 min environ 180ºC (thermostat 6). Le flan doit être doré sur le dessus.

    Bon appétit !

  • La Gournay, un précieux héritage viking

    Avec son plumage caillouté noir moucheté de blanc, ses oreillons ovales et blancs, ses tarses marbrés rose et noir, sa queue portée haute, la poule de Gournay est la fierté du marché de la jolie localité brayonne située au confluent de l'Epte et de la Morette dont elle porte le nom. Sa chair blanche comparable à celle de la poule de Bresse et ses œufs, également blancs, sont des plus prisés.

    Image n°1.jpg

    On sait aujourd'hui que cette magnifique gallinacée normande, l'une des plus anciennes races françaises, fait partie de notre héritage viking ! D'éminents chercheurs ont mis en évidence des analogies physiques entre elle et ses cousines vivant actuellement en Islande et au Danemark. D'après eux, l'ancêtre de notre poule de Gournay aurait été introduite chez nous par les Scandinaves lors d 'échanges marchands entre nos deux pays et ce bien avant même la signature du traité de Saint-Clair-sur-Epte de l'an 911, acte fondateur de la Normandie, accordant une partie de la Neustrie à Rollon. Ce serait donc cette volaille scandinave au plumage tacheté qui, croisée avec des poules de souche locale, aurait donné naissance à l'ancêtre de notre belle Gournay d'aujourd'hui.

    image n°3.jpg

    Malgré ce prestigieux pedigree, la poule de Gournay a bien failli disparaître, victime des poules venues notamment d'Asie, beaucoup plus productives. Deux éleveurs vont heureusement réussir à reconstituer la race dès 1896. Son standard établi en 1915 ne sera définitivement fixé qu'en 1924.

    Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, cette vieille recette normande de Poule au blanc*, une recette à préparer le dimanche qui régalera toute la famille !

    Image n°4.jpg

    Pour 6 personnes, prévoir une belle poule d'environ 1,5 kg avec ses abats, 3 carottes, 3 blancs de poireaux, 3 branches de céleri, 2 oignons, 2 clous de girofle, 1 branche d'estragon frais, 20 cl de crème fraîche, 40 g de beurre, 40 g de farine, 1 jaune d’œuf, un bouquet garni, quelques pluches de cerfeuil, sel et poivre.

    Préparation 25 minutes – Cuisson 2h.

    Gratter et émincer les carottes. Parer les poireaux et les branches de céleri et les découper en tronçons. Éplucher les oignons, les laisser entiers en les piquant chacun d'un clou de girofle.

    Plonger quelques secondes la branche d'estragon dans de l'eau bouillante, l'égoutter et l'insérer dans la poule préalablement vidée et assaisonnée de sel et de poivre. Remettre les abats à l'intérieur et lier la poule avec de la ficelle de cuisine. La mettre dans une grande casserole et la couvrir d'eau froide. Porter lentement à ébullition. Écumer soigneusement, puis ajouter les différents légumes (carottes, poireaux, céleri et oignons piqués de clou de girofle) ainsi que le bouquet garni. Laisser reprendre l'ébullition avant de baisser le feu et établir des frémissements bien réguliers. Couvrir à moitié le récipient et poursuivre la cuisson pendant environ 2 heures. 

    Mettre le beurre à fondre dans une casserole. Y ajouter la farine. Bien mélanger pendant 2 minutes sans cesser de remuer jusqu'à l'obtention d'un roux. Dès que celui-ci commence à blondir, verser délicatement, toujours sans cesser de remuer, 50 cl du bouillon de cuisson de la poule. A feu moyen, laisser épaissir en remuant.

    Verser la crème fraîche dans un bol et y mélanger le jaune d’œuf. Saler et poivrer. Délayer avec un peu de bouillon puis verser la liaison ainsi obtenue dans la casserole de sauce blanche. Mélanger intimement et rectifier au besoin l'assaisonnement.

    A la fin de sa cuisson, égoutter soigneusement la poule et la déficeler. La couper en morceaux de la manière classique. Déposer les morceaux dans un plat creux de service puis ajouter tout autour les divers légumes soigneusement égouttés eux aussi.

    Napper avec un peu de sauce blanche et verser le reste dans une saucière.

    Parsemer le plat avec quelques pluches de cerfeuil et servir aussitôt, bien chaud, accompagné d'un cidre brut.

    Bon appétit !

     

    * Recette extraite du « Cahier d'une cuisinière normande » de Blanche Duval, Ed. De Borée, 2013.

    Biblio. FETTU, A. Animaux de Normandie. Orep Ed., 2015 ; CALLU, F. et VERMEULEN, N. Les races normandes . Ed. Ch. Corlet, 2004 ; FALQUET, P.-A.  Il était une fois la poule de Gournay. Article paru sur le site www.association-patrimoines.fr