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07/05/2017

La Légende des fous de Boëcé.

Ils sont forts ces Normands ! Et un peu fous aussi parfois ! Saviez-vous que les habitants de Boëcé, une petite commune située au sud du département de l'Orne, entre Le Mêle-sur-Sarthe et Mortagne-au-Perche, ont tout simplement déplacé leur église à la simple force de leurs bras et de leur ferveur religieuse !

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Enfin, c'est ce que la légende raconte... Cela s'est passé en l'an de grâce 1764. A cette époque, Louis XV (1710-1774) règne sur près de 26 millions de sujets. Et si, dans le royaume, on vit l'apogée économique du siècle, dans le petit village normand d'environ 150 âmes, c'est plutôt la révolte ! Pensez-donc, il est question de bâtir une grande tour carrée au centre du village, à deux pas de l'église Saint-Aubin, un édifice roman datant du XIe siècle, et cela n'est pas du tout du goût des villageois. Ils craignent tout simplement que de tels travaux n'endommagent leur lieu de culte !

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Aussi, un dimanche après-midi, après les vêpres, les voilà tous réunis devant leur église. Leur décision est prise. Pour éviter le désastre, il n'y a qu'un moyen : écarter la maison de Dieu de la grand-route.

Alors, tous, à l'exception des enfants et des éclopés, vont s'atteler à la tâche. Ils forment deux groupes et, à l'aide de gros cordages de chanvre, sans ménager leur peine et leur sueur, ceux qu'on allait surnommés "les fous de Boëcé", vont tirer de toutes leurs forces, encouragés par leur curé et le sacristain. Un vrai travail de forçat... qui finit par porter ses fruits : l'église recula ! Seulement de quelques centimètres bien sûr, mais, les traces présentes sur le sol humide témoignent de son déplacement !

On fêta le miracle avec quelques verres de bon cidre et l’histoire se répandit dans toute la région. Bien sûr, il se trouva quelques mauvaises langues pour prétendre que le lieu saint n’avait pas bougé d'un iota et que la seule activité commune des villageois ce jour-là avait été de lever de coude !

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Mais que cette histoire soit vraie ou pas, on parla longtemps, et on parle toujours, des "fous de Boëcé". Et  aujourd'hui encore, une fois par an, le dimanche du week-end du premier mai, une messe est donnée dans l'église en leur souvenir !

 

 

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez 2013,

Merci aux sites http://orne61.unblog.fr (Article Ouest France du 08 août 2008) et http://gillestargat.canalblog.com.

 

30/04/2017

Un matin de printemps en Normandie...

En ce jour de printemps du 30 avril, on honore les Robert ! Bonne fête à eux ! Robert, c'est le prénom que s'était choisi Rollon, Jarl des Normands, lorsque, en 912 , convertit au christianisme, l'archevêque Francon le baptisa à Rouen, de la source bénite dite de la Saint-Trinité.

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C'était également au printemps que les Vikings, ces marchands-pirates scandinaves, principalement des Danois, quittaient leurs villages pour mener une "expédition", "i vikingu" en norrois, d'ou leur nom. Grâce à leurs navires à faible tirant d'eau et à fond plat, les "langskips", des bateaux de guerre dont la proue à la forme d'une tête de dragon (d'ou le nom de "drakkars" (dragons) qu'on leur donnera bien plus tard), ils s'approchaient au plus près des côtes, remontaient les fleuves et frappaient les grandes villes, exigeant un "danegeld", un tribut, pour quitter les lieux. Au cours de leurs raids, certains de ces hommes fondèrent des bases dans la baie de Seine et dans la vallée du fleuve, notamment à Rouen et Oissel, menaçant directement Paris.  D'autres venus d'Irlande, colonisèrent le nord du Cotentin et d'autres encore s'implantèrent solidement dans l'estuaire de la Loire.

 

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Flotte normande d'après une miniature d'un manuscrit de la BNF


Au début du IXe siècle, les côtes de l'actuelle Normandie, du Cotentin au Pays de Caux, sont régulièrement razziées. Ne pouvant chasser les envahisseurs par les armes, Charles III dit le Simple (879-929), roi de Francie occidentale, va user de la carte de la diplomatie. Pour faire cesser ces raids incessants et protéger Paris, le cœur de son royaume, il va reprendre une stratégie mise en place jadis par les Romains. En effet, ces derniers avaient l'habitude de pratiquer le système des "fédérés" qui consistait à accueillir et à installer un peuple barbare, à charge pour lui d'interdire la venue d'autres barbares.

C'est ainsi que va être signé à l'automne de l'année 911, à Saint-Clair, un village situe sur l'Epte, petit affluent de la Seine, un traité de paix avec Hrolfr ou Rollon (mort entre 928 et 933), "jarl" norvégien à la tête d'une armée danoise, qui, auparavant, a longtemps séjourné dans le nord de l’Écosse et en Angleterre. Charles III concède au chef viking la terre située entre la mer, l'Epte, la Bresle et probablement la rivière Avre, ce qui correspond à l'ancienne région de Haute-Normandie. Il entend ainsi fixer ces "Normands" sur ce territoire, les empêcher de remonter plus en avant la Seine et aussi les faire participer activement à la protection de son royaume. En outre, il donne au chef viking la main de sa fille Gisèle, lequel, de son côté, accepte de se faire baptiser.

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Charles III donne la main de sa fille Gisèle au chef viking Rollon


Le traité de Saint-Clair-sur-Epte fonde le comté de Rouen, une nouvelle principauté, la Normandie, qui, en quelques décennies, va devenir l'une des premières du royaume franc. Pourtant, si Robert Ier est à l'origine d’une dynastie prestigieuse, celle des ducs de Normandie, il ne fut pas lui-même duc. C'est son arrière-petit-fils, Richard II, qui sera le premier à porter ce titre.



Biblio. "histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

"Histoire de la Normandie - Des origines à nos jours" de R. Jouet et Cl. Quétel - Orep Editions 2009.

Merci aux nombreuses pages dont celles de Wikipédia sur le sujet.

 

23/04/2017

22 avril 1370 : pose de la première pierre de la Bastille

Commandée par le roi Charles V (1338-1380), la bastille Saint-Antoine voit sa construction débuter le 22 avril 1370. C'est au prévôt de Paris et Officier Royal Hugues Aubriot (1320-1382) que revient l'honneur de poser la première pierre de ce véritable château et arsenal.

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Élevée à l'emplacement du débouché de la rue Saint-Antoine, sur l’actuelle place de la Bastille à Paris, sur le modèle de 4 tours courant à l'époque, la forteresse en pierre mesure 24 mètres de hauteur pour 66 mètres de longueur et 34 mètres de largeur. Elle est entourée d’un fossé de 25 mètres de largeur par 8 mètres de profondeur alimenté par les eaux de la Seine. Quatre autres tours seront ajoutées par la suite.

A l'origine, la « Bastille » ou « Bastille Saint-Antoine » ou encore « fort et bastide Saint Anthoine lez Paris » a pour fonction officielle de renforcer les remparts de l'est de Paris devenus vulnérables. Mais, et le roi ne l'ignore pas, en cas de révolte du peuple parisien, cette forteresse peut aussi le protéger en sécurisant la route reliant sa résidence de l'hôtel Saint-Pol au château de Vincennes où il a choisi d'établir le centre administratif du royaume.

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Une fois achevée, après 13 années de chantier, un capitaine gouverneur est nommé par le roi Charles VI (1368-1422) en 1386, en la personne de son chambellan Jehan de La Personne, vicomte d'Acy, ancien compagnon de Bertrand du Guesclin.

Convertie une première fois en prison par Louis XI (1423-1483), la Bastille est utilisée comme entrepôt d'armes et lieu de réception par François Ier (1494-1547), puis comme coffre-fort des richesses royales sous Henri IV (1553-1610). C’est le cardinal de Richelieu (1585-1642) qui la transforme en prison d’État laquelle dispose d'un quartier "V.I.P." de 42 cellules plutôt confortables destinées aux personnes de qualité, nobles et grands bourgeois, comme le Marquis de sade (1740-1814) qui va y demeurer plus de cinq années. Ces personnalités mangent tous les jours « à la table du gouverneur », non avec lui mais bénéficie du même repas que lui.

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Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël.

 

Assiégée par le peuple parisien le 14 juillet 1789, elle est détruite par Pierre-François Palloy dit « le Patriote » (1755-1835), un entrepreneur privé qui met dès le lendemain une équipe de huit cents ouvriers à la tâche. A la fin novembre, il ne reste plus rien de la forteresse ! L'homme va se faire de l'argent en vendant des modèles réduits de celle-ci avec la mention : « je certifie que cette pièce vient de la Bastille » signé « Palloy patriote » !

 

Biblio.Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.