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03/06/2018

Un verbe normand dans le Larousse 2019 !

Depuis le 23 mai 2018, la Normandie pavoise ! Pensez-donc, un monument de son patrimoine linguistique vient d'entrer par la grande porte dans le Larousse 2019 ! Le verbe normando-normand "se boujouter" y figure désormais en bonne place !

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"Se boujouter" - Photo Boris Maslard - Paris-Normandie

Le mot "boujou", un mot plein d'ingéniosité, d'origine cauchoise, est peut être le mot le plus caractéristique et le plus vivace du vocabulaire de notre terroir ! Généreux, il a plusieurs sens. Petit cours de normand appliqué rien que pour vous !

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Tout d'abord, notre "boujou" signifie aussi bien bonjour qu' au revoir.  De cette caractéristique, sont nées  des expressions savoureuses du genre "boujou pi des bobons" qui équivaut à l'argot "à la r'voyure". Ou bien "dis-y boujou", une formule pratique pour faire passer le bonjour à quelqu'un. Ou bien encore "allez, boudou !" qui signifie plutôt "au revoir, à la prochaine". Sans oublier, le "boujou bin", notre "bien le bonjour !"

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Il y a aussi le "boujou Luc !" pour marquer l'étonnement devant un évènement, une révélation, ou la fin inopinée de quelque chose. Quant au "Boujou Berthe ! ", on l'emploie pour signifier "chapeau !", "c'est le pompon !" comme "c'est fichu !".

Et pour s'embrasser ou "se boujouter", on a le choix entre "se faire ueune boujoute" ou "un boujou à pincettes", soit un "tit bec" ou "bécot" que l'on se donne en pinçant doucement les joues de l'autre ! Attention tout de même à ne pas exagérer car dans ce cas on devient un "boujouteux" ou une "boujouteuse", c'est-à-dire quelqu'un qui embrasse souvent, voire un peu trop.

Allez, c'est pas l'tout, faut qu'y aille : boudou !

 

Biblio. "Le parler rouennais" de G. Larchevêque - Ed. Le Pucheux, 2007.

Image : "Bienvenue chez les Normands !" de N. Sterin - Ed. De Borée, 2011.

27/05/2018

Salade cauchoise printanière à la façon de Bel Ami

La Normandie est sous le soleil en ce dernier dimanche de mai où toutes les mamans sont à la fête ! L'occasion pour moi de vous faire découvrir, amis gourmands aux babines alléchées, cette recette de Salade Cauchoise printanière à la façon de Bel Ami*. Il s'agit là d'une entrée peu coûteuse, facile et rapide à réaliser.

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Pour ceux (et ils ne devraient pas être bien nombreux...) qui ignoreraient encore où se situe le Pays de Caux, qu'ils sachent que son territoire occupe  toute la partie occidentale du département de la Seine-Maritime, un plateau délimité au sud par la Seine, à l’ouest et au nord par les falaises de la Côte d'Albâtre, à l’est par les hauteurs dominant les vallées de la Varenne et de l’Austreberthe. Le Pays de Caux doit son nom aux Calètes, une tribu celte qui s'y est installée dès l'âge du fer.

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Guy de Maupassant (1850-1893)

 

C'est sur cette terre qu'est né l'auteur de "Bel Ami", Guy de Maupassant, le 5 août 1850, au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques, .

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Pour 6 personnes, prévoir 8 pommes de terre nouvelles, 4 branches de céleri bien tendres, 2 belles tranches de jambon cuit à l'os, 20 cl de crème liquide, 1 c. à soupe de vinaigre de cidre, 1 petit bouquet de cerfeuil, du sel et du poivre du moulin.

Faire cuire les pommes de terre en robe des champs pendant 2 minutes à l'eau bouillante. Les laisser tiédir, puis les éplucher et les couper en dés. Mélanger la crème liquide avec le vinaigre de cidre et assaisonner de sel et de poivre. Rincer et détailler le céleri en fines tranches. Émincer le jambon. Ciseler le cerfeuil. Mélanger soigneusement les pommes de terre avec le céleri, le jambon et la sauce à la crème. Servir sans tarder parsemé de cerfeuil haché.

Pour apporter une saveur acidulée à cette salade, on peut y ajouter des dés de pommes crue.

Bon appétit !

 

Recette : Revue "Normands en cuisine - N°1 - Juil-Août 2013.

20/05/2018

Le choix d'un nom de plume...

Le célèbre romancier Tristan Bernard (1866-1947) s'appelait en réalité Paul Bernard ? Savez-vous comment il avait choisi son nom de plume ? Vous pensez à la célèbre légende de "Tristan et Iseult" ? Et bien non, strictement rien à voir ! La réalité colle bien mieux à ce personnage fantaisiste...

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Tristan Bernard croqué par Henri de Toulouse-Lautrec

 

Célèbre pour ses mots d'esprit, l'humoriste facétieux à qui l'on doit notamment cette strophe supplémentaire aux "Stances à Marquise" du normand Pierre Corneille (1606-1684), reprises plus tard en chanson par Georges Brassens :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant. »

 

était un joueur impertinent ! Il disait "Avec mes gains au casino, je me suis acheté une casquette de yachtman, avec mes pertes, j'aurais pu me payer le bateau."

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Dans sa jeunesse, il fréquentait surtout les champs de courses et y laissait aussi beaucoup d'argent. Un jour cependant, il empocha une somme rondelette grâce à un cheval nommé "Tristan", qui franchit en premier la ligne d'arrivée... alors que personne ne l'y attendait.

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Du coup, il décida de faire du nom de ce vainqueur son nouveau prénom, persuadé que cela lui porterait chance ! Tout simplement ! Et l'avenir lui donna raison !

Pour conclure mon propos, je ne résiste pas à vous livrer cette anecdote truculente : alors que l'homme se plaignait de rhumatismes à son médecin, celui-ci lui répondit "votre jambe vous fait mal, mais il n'y a pas grand-chose à faire. Que voulez-vous, c'est l'âge !" Ce à quoi, Tristan Bernard répliqua "L'âge, l'âge... C'est vite dit ! L'autre ne me fait pas mal et elle a exactement le même âge !"