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12/03/2017

Cuisses de grenouille au cidre

Si, de tous les européens, les français sont les plus gros consommateurs de cuisses de grenouille, il semble bien que, contrairement à l'idée reçue, ils ne soient pas les premiers à les avoir appréciées. En effet, des archéologues britanniques ont récemment découvert au cours de fouilles que leurs ancêtres en mangeaient déjà plus de 8000 ans avant que ce mets ne fasse son apparition sur les tables de l’hexagone ! Un vrai pied de nez à ceux qui sont réputés pour en avoir horreur et qui, de surcroît, nous taxent volontiers de ce surnom de «  Frog-eaters », des  mangeurs de grenouilles ! Pour la petite histoire, on raconte qu'en 1908, Auguste Escoffier (1846-1935) aurait fait sensation en servant au Prince de Galles, sans qu'il le sache, des cuisses de grenouille pochées au vin blanc avec une sauce chaud-froid au paprika, de couleur aurore, baptisées pour l'occasion « Nymphes a l'Aurore »...

 

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Chez nous, depuis le XIIe siècle, la grenouille fait partie des festins médiévaux. La plus ancienne recette, une simple friture, provient du « Mesnagier de Paris », le livre manuscrit d'économie domestique et culinaire écrit entre juin 1392 et septembre 1394. Pourtant, si l'on en croit Alexandre Dumas (1802-1870), « Bien des médecins du Moyen Âge se sont opposés à ce qu'on mangeât cette viande qui cependant est blanche et délicate et contient un principe gélatineux plus fluide et moins nourrissant que celui des autres viandes. » Il relève cependant qu'« au seizième siècle pourtant, les grenouilles étaient servies sur les meilleures tables. »

 

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Bien entendu, au fil du temps, le mode de préparation des cuisses de cet amphibien a évolué. Aujourd'hui, on les accommode principalement au beurre, ail et persil. Et, en Normandie, on y ajoute, devinez-quoi ? Du cidre ! Voici, comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, la recette des Cuisses de grenouille au cidre* :

 

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Pour 4 personnes, il vous faut 24 cuisses de grenouille, 100 g de beurre, 4échalotes, 1 gousse d'ail, 2 dl de cidre brut, 1 dl de bon bouillon de volaille, 125 g de crème fraîche, persil, ciboulette, cerfeuil (hachés menu ensemble), sel et poivre.

Hacher les échalotes, les faire revenir dans du beurre. Ajouter les cuisses de grenouilles avec l'ail haché. Les dorer rapidement puis verser le cidre et le bouillon. Saler et poivrer. Laisser les cuisses mijoter 10 minutes dans le liquide de cuisson, puis les ranger dans un plat de service. Les réserver au chaud. Faire réduire de moitié le liquide de cuisson, ajouter le beurre en petits morceaux en fouettant vivement. Incorporer la crème toujours en fouettant, puis les fines herbes. Réchauffer la sauce une minute sans la faire bouillir. En napper les cuisses de grenouille. Servir aussitôt.

 

 

Recette extraite de « Au cœur de la cuisine Normande » de B. et C. Drouin – Ed. Charles Corlet, 2001.

Biblio. « L'histoire à table » d'A. Castelot – Librairon Plon, 1972.

05/03/2017

"Honi soit qui mal y pense », parole de gentleman !

Quelle belle histoire que celle de cette petite phrase ! Et même si elle est née de la légende, je ne résiste pas au plaisir de vous la conter. Cela se passe à Calais vers 1346 en pleine guerre de Cent Ans, ce conflit qui va opposer de 1337 à 1453 la dynastie des Plantagenêts à celle des Valois, et à travers elles le royaume d'Angleterre à celui de France. Pour l'heure, la ville est occupée et anglaise.

 

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 Le roi d'Angleterre Édouard III (1312-1377)

Lors d'un bal donné par le roi Édouard III (1312-1377), sa maîtresse, la comtesse de Salisbury, probablement Jeanne Plantagenêt (1328-1385), comtesse de Kent et baronne Wake de Liddel, que l'un des plus importants chroniqueurs de l'époque médiévale, Jean Froissart (1337-1404), désigne comme « la plus belle femme du royaume d'Angleterre et la plus aimable », perd en dansant une de ses jarretières, un mince ruban bleu destiné à tenir son bas sur sa jambe.

 

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 La comtesse de Kent (1328-1385)

Aussitôt, voulant faire taire les quolibets et autres railleries de ses courtisans, le roi la ramasse et l'attache à son propre genoux en disant : « Messires, honi soit qui mal y pense ! Tel qui s'en rit aujourd'hui s'honorera de la porter demain, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs le chercheront avec empressement ». « Honte à celui qui y voit du mal » et aussitôt tous les moqueurs se taisent !

 

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Le roi promet alors  à sa belle que ce ruban deviendra l'emblème d'un très noble ordre de chevalerie que les courtisans les plus fiers s’estimeront trop heureux de porter. Nommé par lui « Ordre de la Jarretière » et fondé le 23 avril 1348, jour de la Saint Georges, il est aujourd'hui le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et l’un des plus prestigieux au monde. Bien sûr, sa devise est  « Honi soit qui mal y pense », avec un seul « n » selon l'orthographe de l'époque. La langue anglo-normande, importée avec la conquête normande de l'Angleterre, est alors en usage à la cour. En français moderne, « honi » s'écrit avec deux « n », le participe passé du verbe honnir étant « honni ».

Cet ordre compte aujourd'hui encore 24 membres sous les ordres du « Souverain de la Jarretière », en l’occurrence la reine Élisabeth II.

 

Biblio. "Le petit livre des grandes phrases" de G. Guilleron - First Ed. 2010.

26/02/2017

L'Yonne serait-elle normande ?

Et si ce n'était pas la Seine qui, venant de Paris, traversait notre unique Normandie, notre belle ville de Rouen, avant de se jeter dans la Manche au Havre ? Car techniquement, si l’on considère la puissance des débits à leur confluence, ce n’est pas la Seine qui coule sous le Pont-Neuf, mais bel et bien... l’Yonne !

 

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Explication : les deux se rencontrent à 75 kilomètres au sud de Paris, à Montereau-Fault-Yonne, dans le département de la Seine-et-Marne, en amont de Paris. Lorsque deux fleuves se réunissent, on considère que c’est celui au plus petit débit qui se jette dans l’autre. Or, à cet endroit, le débit de l'Yonne est de 93 m³/seconde tandis que celui de la Seine seulement de 80 m³/seconde. C'est donc bien la Seine qui se jette donc dans l’Yonne et non l'inverse : cqfd ! L'Yonne traverse donc Paris avant de venir en Normandie se jeter dans la Manche.

 

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Est-ce une erreur ? Pas vraiment car ce choix de la Seine remonte aux Gaulois. Et en ce temps là, imposer un fleuve, dont la source était un lieu sacré, permettait à la tribu qui le contrôlait d'asseoir fermement son pouvoir !

 

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Une chose est sûre : les sources de la Seine appartiennent bien à la Ville de Paris ! En effet, depuis 1864, elle est propriétaire de l'ensemble du domaine entourant ses sources lesquelles se trouvent à Source-Seine en Côte-d’Or, soit à 231 kilomètres de la capitale française. Aménagé au XIXe siècle par différents architectes dont Victor Baltard (1805-1874), on y a retrouvé les vestige d’un temple gallo-romain dédié à la déesse Sequana, nymphe du fleuve nourricier, laquelle, aux Ier et IIe siècles de notre ère, a laissé son nom au fleuve.

 

Merci au site via-images.com/seine.html

 

08:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : seine, yonne, sequana