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PASSION GENEALOGIE, HISTOIRES de NORMANDIE et d'AILLEURS - Page 3

  • Tripes à la crème d'Avranches

    Les tripes ! C'était, dit-on, le péché mignon de Guillaume le Conquérant (1028-1087) ! Un plat de luxe que le Duc de Normandie, qui avait fait bâtir à Caen un château et deux abbayes, dégustait en salivant. "À la mode de Caen", elles sont traditionnellement assaisonnées de graisse de bœuf, de carottes et d'oignons, d'un clou de girofle et d'une bonne rasade de calvados avant d'être mises sur le feu pour cuire lentement, durant de longues heures !

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    Mais les tripes normandes, ce ne sont pas seulement celles de Caen ! A plus d'une heure de route de là, sur le littoral sud du département de la Manche, la cité d'Avranches, capitale du peuple celte des Abrincates, revendique elle-aussi "sa" spécialité de tripes.

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    Les tripes d'Avranches* mijotent quant à elles dans la crème fraîche. Normandie oblige ! Pour vous, amis gourmands aux babines alléchées, voici cette recette à déguster avec gourmandise.

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    Pour 1kg de tripes cuites, il vous faut 2 oignons, 1 verre de crème fraîche, 50 g de beurres, du sel et du poivre.

    Couper les tripes en morceaux d'un centimètre d'épaisseur. Faire fondre 25 g de beurre dans une cocotte. Y mettre les morceaux de tripes et les oignons hachés. Saler et poivrer. Recouvrir avec la crème fraîche. Laisser cuire 2 heures à feu doux. Ajouter le reste du beurre avant de servir. Bon appétit !

     

     

    * Recette issue du "Manuel de cuisine normande" de S. Charriot - Ed. Harriet, 1987.

  • La destinée tragique de l'ormeau ferré de Gisors

    Au XIIe siècle, grâce à sa proximité avec la frontière, Gisors, ancienne capitale du Vexin normand, est un lieu de rencontre entre les souverains anglo-normands et les rois de France. Trois traités entre la France et l’Angleterre y furent signés en 1113, 1158 et 1180. Le château de Gisors est l’une des forteresses les plus connues de l’architecture militaire du XIIe siècle. Déjà avant cette date, Gisors "Gisus-Ritum", signifiant "homme du gué-sur-l’Epte", était un camp retranché dépendant du château de Neaufles-Saint-Martin dans la vallée de l’Epte.

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    Le 15 août 1188, Henri II Plantagenêt (1133-189) et Philippe Auguste (1165-1223) se retrouvent dans un vaste champ situé non loin de la ville pour y parler de paix. Il y a là un orme immense, rond, verdoyant et très beau, qui donne en été un ombrage agréable et qu'Henri affectionne particulièrement. Pour le consolider et garantir sa pérennité, il l'a d'ailleurs fait renforcer de plaques de fer et d'airain.

    Les Anglo-normands s'installent confortablement à l'ombre du large feuillage et se gaussent de ces français qui, en contrebas, cuisent, enfermés dans leurs armures chauffées à blanc par un soleil de plomb.

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    Au troisième jour de ce traitement, ces derniers n'en peuvent plus et foncent les armes à la main en direction des moqueurs, qui se replient dans un désordre indescriptible vers les murailles de Gisors. Une fois maîtres du terrain, les Français se jettent sur le pauvre "ormeau ferré",  l'abattent sans autre forme de procès et le découpent en rondelles !

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    « La rupture de l’Orme » est attestée dans un manuscrit de l’époque qui relate : « Hors de la ville, il y avait un orme rond, verdoyant et beau, qui donnait en été un ombrage agréable ; les hommes du Roi, par stupidité, le découpèrent pièce à pièce".

     

    Biblio. "Normandie Médiévale" - Le Routard - Hachette, 2018.

  • Fulgence : un prénom bienvenu !

    Dans la série des prénoms originaux, voici "Fulgence" ! Vous pensez ne connaître personne portant ce prénom ? Ce n'est pas si sûr... De légère au début du XXe siècle, la popularité de ce prénom est aujourd'hui tout de même anecdotique.

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    Pour commencer, comme ce n'est pas évident, précisons qu'il s'agit là d'un prénom masculin d'origine latine fêté chaque 1er janvier, jour anniversaire de la mort de Saint Fulgence de Ruspe (Thelepte, 462 ou 467-1er janvier 527 ou 533),évêque de la ville de Ruspe, province romaine d'Afrique, aujourd'hui Henchir-Sbia en Tunisie. Ses reliques, transférées à Bourges vers 714, ont été détruites pendant la Révolution.

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    A qui connaît le métro de la Capitale, la station du XIVe arrondissement, «Montparnasse-Bienvenüe» s'érige depuis plus d'un siècle maintenant, comme l'un des principaux lieux de convergence des Parisiens. «Bienvenüe» n'est pas une signe de courtoisie mais le nom de l'un de nos plus ambitieux inventeurs français, auteur des plans et directeur des premiers travaux du métro de Paris.

    Après New-York, après Londres, la capitale française est, le 28 avril 1896, la troisième ville du monde à se doter de ce moyen de transport moderne permettant de se déplacer plus vite, plus sûrement et de résorber les embouteillages. Six lignes sont immédiatement mises en chantier. Le cerveau de cette immense entreprise, «le père du métro» de Paris, c'est Fulgence Bienvenüe (1852-1936), Inspecteur général des Ponts et Chaussées. Natif d'Uzel en Côtes-d'Armor, Bachelier à 15 ans, puis Polytechnicien, il a fait ses armes chez nous, en Normandie, dans le département de l’Orne, dans la mise en place de lignes de chemins de fer locaux.

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    Fulgence Bienvenüe (1852-1936)

    Le Conseil municipal de Paris donnera le titre de «Bienvenüe» à la station de métro «avenue du Maine» en 1933. On lui devait bien ça ! Quelques années plus tard, en 1942, elle prendra le nom qu'on lui connaît aujourd'hui, celui de Montparnasse-Bienvenüe.