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04/12/2016

La papillote de Lyon

Si je vous dis que cette friandise au chocolat au lait ou noir, fourrée de praliné, de ganache, de pâtes de fruits ou de fondants, est incontournable des fêtes de fin d'année ? Que sa particularité tient essentiellement dans son papier d'emballage multicolore et frangé à ses extrémités, ? Que chacune d'elle recèle un message secret ? Si j'ajoute qu'elle a aujourd'hui environ 225 ans et qu'elle porte toujours le nom de son créateur ? Avez-vous deviné que je vous parle de la papillote de Lyon ?

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Car c'est bien dans la capitale des gaules qu'elle a vu le jour, au cœur du quartier des Terreaux, lieu emblématique de la ville, rue du Bât d’Argent, dans l'atelier de la boutique d'un chocolatier-confiseur. Nous sommes au lendemain de la Révolution, vers 1790. La légende raconte qu'elle est née d'une histoire d'amour, celle d'un jeune commis de Me Papillot, homme de biens que le sucre et ses dérivés ont enrichi, qui, pour séduire la nièce de son patron, dont il était fou amoureux et qui travaillait à l'étage supérieur de la boutique, lui faisait parvenir chaque jour une confiserie sortie des fourneaux de son maître, qu'il entourait alors d'un message enflammé, avant de l'envelopper d'un joli papier doré.

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Lyon, place des Terreaux

Bien sûr, en découvrant l'indélicatesse de son apprenti, son patron le congédia sur le champ. Mais ce dernier conserva l'astucieuse idée et la repris à son compte. Remplaçant les déclarations d'amour par un proverbe, une citation, des histoires drôles ou des rébus, il la baptisa "papillote" et la commercialisa avec succès.

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C'est un siècle plus tard, avec la création de l'entreprise Révillon Chocolatier, que la papillote de Lyon connait sa véritable ascension commerciale. Reine des gourmandises, elle acquière la notoriété qu'on lui connaît aujourd'hui.

A noter que le mot "papillote", féminin de l’ancien français papillot (« paillette, petit papillon »), est apparenté à papillon. Les paillettes sont en effet comparées à leurs ailes chatoyantes.

Le mot sera ensuite repris en cuisine, pour indiquer que l'aliment est recouvert hermétiquement avant cuisson d'une feuille d'aluminium ou de papier sulfurisé.

 

Biblio. "Bonbons de toujours - Histoire et tradition des meilleurs bonbons artisanaux de France " - Ed.Gründ 2015.

30/11/2016

La « Dilaceratio corporis », un privilège de roi

C'est là une tradition aux origines anglaises, diffusée par des chevaliers morts en croisade  : l'inhumation séparée des cœurs des rois. Depuis la fin du IXe siècle, l'éviscération est utilisée pour conserver les corps décédés loin du lieu de leur sépulture. Le plus lointain exemple est celui du roi carolingien Charles II dit le Chauve qui trouva la mort à Avrieux dans les Alpes en 877 alors qu'il revenait d'Italie où il était allé porter secours au pape Jean VIII en lutte contre les Sarrasins.

 

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 Gisant du roi Charles V (1338-1380) - Basilique Saint-Denis

 

S'agissant de la « Dilaceratio corporis » c'est-à-dire la division des corps, la pratique funéraire, autorisée par le pape, est attestée dans le royaume de France à partir de la première moitié du XIIIe siècle. Elle devient le privilège dynastique des capétiens, nombreux à mourir loin de France. Ce sont essentiellement des raisons politiques, familiales et spirituelles qui vont pousser les souverains français à adopter ce rituel qui prendra une grande importance au décès du roi Charles V dit « Charles le Sage » (1338-1380), qui fut duc de Normandie de 1356 à 1364 sous le nom de Charles Ier. A sa mort, le 16 septembre 1380, selon ses volontés, son corps a été enterré à Saint-Denis comme ses prédécesseurs, dans la chapelle qu'il avait fait édifier, près de la dépouille de son épouse. Cependant, afin d'affirmer la présence royale face aux prétentions anglaises, il va léguer son cœur à la cathédrale de Rouen. Il s'y trouve toujours dans une petite niche de la crypte protégée par une grille. Quant à ses entrailles, elles reposeront aux côtés de sa mère Bonne de Luxembourg (1315-1349) à l'abbaye de Maubuisson.

 

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Le cœur du roi Charles V - Cathédrale de Rouen

Tous les rois de France et beaucoup de reines, vont recevoir après lui des sépultures multiples : les ossements ici, les entrailles là, le cœur ailleurs encore. A l'exception toutefois de Louis XV (1710-1774), mort de la « petite-vérole » (variole) le 10 mai 1774 au château de Versailles, dont le corps s'était putréfié si vite que l'embaumement n'a pas été possible.

 

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Le roi Louis XV (1710-1774)

Il fut donc inhumé « en entier », avec son cœur, dans la Basilique Saint-Denis, à la sauvette, deux jours après sa mort, dans une indifférence quasi générale. En effet, par crainte de contagion, la cour avait déserté le cortège funèbre hormis son compagnon d'enfance, le prince Charles de Rohan Soubise (1715-1787).

 

Biblio. « Les plus savoureuses histoires des Grands de France » de J-P. Rorive – Ed. La bôite à Pandore 2014.

27/11/2016

Le nid d'abeilles de l'église de Saint-Céneri-le-Gerei

Niché au cœur des Alpes mancelles, aux confins des départements de l’Orne, de la Sarthe et de la Mayenne, dans un méandre de la Sarthe qu’il surplombe du haut d'un éperon rocheux, voici le village de Saint-Céneri-le-Gérei. Une perle normande ! Il est classé parmi les "Plus beaux villages de France". Ses vieilles maisons s'enroulent autour de son l’église romane construite à partir de 1089 par la famille Giroie (ou Géré) issue de la moyenne aristocratie normande et à l’origine de la seconde partie du nom de la commune. L’église s'est placée sous la protection de son fondateur, un ermite italien mort vers 669, auquel le peuple a décerné le titre de Saint. Son nom est devenu ensuite celui du village groupé autour de l’abbaye.

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Si ses fresques de cet édifice classé monument historique en 1886 sont exceptionnelles, ce qui attire le regard se trouve sur son mur arrière gauche. Là, un curieux trou bourdonne... Tout à côté, on a apposé une petite pancarte...

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On peut y lire ceci : "Nid d'abeilles protégé - En 898, Charles III Le Simple envoie son armée afin de résister face aux Normands qui protestent contre son règne. les soldats, basés non loin de St-Céneri, se conduisent avec irrespect aux abords immédiats de l'église abritant le tombeau du fondateur. Des abeilles attaquent les auteurs du sacrilège qui, affolés, ne sachant où fuir, se précipitent du haut de la falaise et se tuent en s'écrasant en bas. Depuis, les abeilles continuent de protéger l'église."

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Aujourd'hui encore, elles chassent les trublions venant perturber le calme des lieux. Leur nid a été confié à des apiculteurs locaux.

 

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C. Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez, 2013.