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29/04/2018

Le baptême d'un futur roi de France

1er mai 1821, Palais des Tuileries. Précédé et suivi de la garde royale à cheval, un cortège de 27 majestueux carrosses quitte les lieux. Au centre, une merveille ! Une berline de gala à sept glaces, décorée d'une ceinture de bronze dorée et ciselée.

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La caisse est peinte aux armes royales de France et de Navarre et ornée de chérubins. Six magnifiques chevaux sont chargés de la mener. A bord, trois passagers : Mademoiselle d'Artois et son frère, un bébé de 7 mois sur les genoux de sa gouvernante. Cette berline pimpante a été réalisée pour son baptême par le carrossier Jean Ernest Auguste Getting. Son coût ? 50 000 francs de l'époque, soit environ 163500 € !

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Ce bébé n'est autre que le duc de Bordeaux, surnommé par Lamartine "l'enfant du miracle". Il est appelé à devenir le 70ème roi de France ! Il est le dernier descendant légitime en ligne masculine de Louis XV (1710-1774) et de Marie Leszczyńska (1703-1768).

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Son père, le duc de Berry, fils cadet du Comte d'Artois, futur Charles X (1757-1836) et neveu de Louis XVIII (1755-1824), est mort assassiné dans la nuit du 13 au 14 février 1820 par un ouvrier du nom de Louvel qui voulait "tarir la race des Bourbons". C'est d'autant plus un drame que le roi Louis XVIII n'a pas d'héritier et que tous les espoirs de la dynastie reposaient sur lui. Heureusement, peu de temps après le meurtre, son épouse révèle qu'elle attend un heureux évènement. L'enfant posthume, Henri d'Artois, naît le 29 septembre 1820 et devient le bébé le plus gâté, le plus surveillé et le plus protégé du monde.

A sa naissance, le jour de Saint Michel, il se disait que "l’archange allait mettre le dragon sous ses pieds" ! Hélas, il n'en sera rien : le bébé duc ne deviendra jamais officiellement roi. Il n’a pas encore dix ans quand éclate la Révolution des trois-Glorieuses de 1830. Charles X, devenu en 1824 roi à la mort de Louis XVIII, abdique en sa faveur. Il devient alors l’héritier légitime du trône sous le nom d’Henri V. Mais, à la suite de différentes manœuvres politiques, les députés vont appeler au pouvoir le gouverneur du royaume, le duc d'Orléans. Il va prendre le pouvoir sous le nom de Louis Philippe. Plus connu sous son titre de courtoisie de comte de Chambord, du nom du château qui lui avait été offert par une souscription nationale, le duc de Bordeaux part en exil en Angleterre avec l’ensemble de la famille des Bourbons, puis à Prague. En 1844, il s’installe à Frohsdorf, en Autriche, où il mourra le 24 août 1883.

 

22/04/2018

L'arbre généalogique de Guillaume le Conquérant

Amis généalogistes, pour vous, cet arbre datant du XIVe siècle*. Il indique les descendants mâles de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie et roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume Ier, né à Falaise en 1027 ou 1028 et mort à Rouen le 9 septembre 1087.

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Vers 1050, Guillaume à épousé à Eu (Seine-Maritime) Mathilde de Flandre, fille de Baudouin V, comte de Flandre. Ils auront au moins dix enfants dont quatre fils. Trois d'entre-eux survivront à leur père.

C'est sur son lit de mort que Guillaume va leur annoncer ses dispositions testamentaires. Son fils aîné Robert Courteheuse recevra le duché de Normandie, le second, Guillaume le Roux, le royaume d'Angleterre, tandis qu'Henri n'obtiendra aucune terre mais une forte somme d'argent. Dès lors, ses fils vont se déchirer et rien ne se passera comme prévu...

L'aîné, Robert dit Courteheuse (v. 1050/52-1134), qui doit son surnom à sa petite taille, est fait Comte du Maine, puis duc de Normandie. L'historiographie anglo-normande le dépeint comme un prince faible et turbulent, incapable de gouverner le duché, mais cependant brave au combat. Héritier du duché de Normandie, il se heurte aux ambitions de ses deux frères cadets qui vont le combattre et le détruire. Il va terminer sa vie prisonnier et décède en février 1134, à plus de 80 ans. Il est inhumé dans l'église abbatiale Saint-Pierre à Gloucester

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Représentation de Guillaume le Roux dans une œuvre de Matthieu Paris (XIIIe siècle).

 

C'est Guillaume II dit Guillaume le Roux (v. 1060-1100), qui succède donc à son père comme roi d’Angleterre de 1087 à 1100. Les historiens du XIIe siècle ont donné de lui une image négative, le décrivant comme brutal, doté d'une morale douteuse et sans culture. Ceux d'aujourd'hui ont un avis plus nuancé. Ils reconnaissent que Guillaume a réussi à maintenir l'ordre en Angleterre et a restauré la paix en Normandie. Mort à seulement quarante ans, il n'a pas été en mesure de montrer l'étendue de ses capacités. Le jeudi 2 août 1100, il participe à une partie de chasse au cerf dans la New Forest (comté d’Hampshire en Angleterre) avec ses compagnons quand, en fin d'après-midi, il est tué par une flèche reçue en plein cœur.

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Représentation de Henri Ier Beauclerc

 

Contre toute attente, c'est enfin le cadet, Henri Ier Beauclerc (1068/69-1135), qui succède à son frère Guillaume II le Roux sur le trône d'Angleterre, en s'emparant au passage du duché de Normandie. Surnommé « Lion de Justice » pour son amélioration des rouages rudimentaires de l'administration et de l'appareil législatif du pays, il est considéré comme « un grand roi et un grand duc ». En qualité de benjamin de la famille, il était destiné à la prêtrise et avait reçu une éducation scolaire importante pour un jeune noble de cette époque. Il était probablement le premier chef normand à savoir parler en anglais. Il meurt à l'âge de 67 ans d'une intoxication alimentaire après avoir mangé des lamproies avariées en décembre 1135 à Saint-Denis Le Ferment (Saint-Denis-en-Lyons) en Normandie et est enterré à l'abbaye de Reading.

 

*Image publiée dans la reuve "L'histoire des Normands" - Les grandes civilisations de l'histoire -N° Hors-Série 08 - 2018.

Biblio. "La véritable histoire des Ducs de Normandie" de A. Davy - Ed. P. Galodé, 2011.

15/04/2018

Napoléon et les codes... du savoir-vivre !

On nous a laissé croire que, parce qu'il plaçait la main dans son gilet, Napoléon souffrait d'un ulcère à l'estomac ! Pure Intox ! Il savait seulement "bien se tenir" ! En effet, à cette époque, il était inconvenant de laisser pendre ses bras le long de son corps.

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Portrait du peintre Ingres (1780-1867) réalisé en 1804

Sûrement avait-il appris les bonnes manières dans le livre "Les règles de la bienséance et de la civilité chrétienne" de Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719), fondateur des frères des écoles chrétiennes. Cet ouvrage constitua pendant plus d'un siècle la base du savoir-vivre français. Il fut à maintes reprises réédité et réadapté. Le passage qui suit est extrait d'une édition publiée à Rouen en 1797.

« C’est un défaut de croiser les bras sur la poitrine, de les entrelacer derrière le dos, de les laisser pendre avec nonchalance, de les balancer en marchant, sous prétexte de soulagement ; l’usage veut que si l’on se promène avec une canne à la main, le bras qui est sans appui soit posé légèrement contre le corps, et qu’il reçoive un mouvement presque imperceptible, sans cependant le laisser tomber de côté ; si l’on n’a point de canne, ni manchon, ni gants, il est assez ordinaire de poser le bras droit sur la poitrine ou sur l’estomac, en mettant la main dans l’ouverture de la veste, à cet endroit, et de laisser tomber la gauche en pliant le coude, pour faciliter la position de la main, sous la basque de la veste. En général, il faut tenir les bras dans une situation qui soit honnête et décente. »

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Portrait du peintre David (11748-1825) réalisé en 1813

Et comme les pantalons étaient alors dénués de poches, les peintres eurent l'idée de demander aux hommes qu'ils représentaient de porter la main à l'intérieur de leur gilet. Cette pose avait en outre l'avantage de véhiculer l'image d'un modèle faisant preuve de caractère et d'une calme assurance. Elle fut rapidement adoptée par de nombreux peintes européens. Mozart (1756-1791) et Louis XVI (1754-1793) ont eu droit, eux aussi, à leur portait "main dans le gilet", mais les plus célèbres sont restés ceux de Napoléon Bonaparte qu'ils soient l’œuvre d'Ingres, David, ou encore Delaroche...

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Portrait du peintre Delaroche (1797-1856) réalisé en 1814

La pose "main dans le gilet" est restée populaire, même après l'avènement de la photographie. Elle est tombée en désuétude à la fin du XIXe siècle.

 

Biblio. "50 drôles d'anecdotes historiques pour se la raconter dans les diners" de F. Royer - First Ed. 2017.