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PASSION GENEALOGIE, HISTOIRES de NORMANDIE et d'AILLEURS - Page 5

  • Joyeux Noël 2020 !

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  • Un effrayant cadeau de Noël

    Curieux présent que celui que fit le soir du dimanche 23 décembre 1888, le peintre Vincent Van Gogh (1853-1890) à Rachel, l'élue de son cœur, une jeune femme chambre d'une maison close de la ville d'Arles dans laquelle il a ses habitudes. Ce cadeau, c'est tout simplement son oreille gauche, entière et encore toute ensanglantée, enveloppée dans du vulgaire papier journal.

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    "Autoportrait à l'oreille bandée" - Toile de Vincent Van Gogh (1889)

    Pour Bernadette Murphy (*), parce que la jeune femme "avait une terrible cicatrice sur le bras due à une morsure de chien", le peintre hollandais, qui souffre de troubles psychologiques sévères, a voulu ainsi "lui faire don de sa chair".

    La thèse officielle parle d'automutilation. Elle repose sur le témoignage exclusif du peintre postimpressionniste Paul Gauguin (1848-1903).

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    La famille de Vincent van Gogh :
    En haut : son père Theodorus van Gogh et sa mère Anna Cornelia van Gogh (née Carbentus)
    En dessous : Vincent Willem, Anna Cornelia, Theo, Elisabetha Huberta, Willemina Jacoba et Cornelis Vincent.

    En octobre 1888, Gauguin est venu rejoindre son ami Van Gogh dans la "Maison jaune" qu'il loue à Arles. Ils vont y cohabiter un temps, pour peindre tout en buvant beaucoup d'absinthe... Deux jours avant Noël, une violente querelle de nature artistique éclate entre-eux. Van Gogh, en proie au délire, menace alors son ami d'un couteau. Une geste qui marquera définitivement la fin de leur collaboration. De peur, Gauguin prend la fuite. Resté seul, en fin de soirée, dans un geste fou, à l'aide d'un rasoir, Van Gogh se tranche l'oreille gauche.

    Toutefois, une autre thèse a été avancée en 2009 par deux universitaires allemands, H. Kaufmann et R. Wildegans. D'après eux, au cours de cette dispute, ce serait Gauguin, lequel était maître d'arme, qui, voulant effrayer son adversaire, involontairement, d'un coup d'épée malheureux,aurait tranché l'oreille de son ami. Conscient de l'énormité de son geste, il aurait alors pris la fuite en jetant au passage son arme dans le Rhône. Une arme qui n'a plus jamais été en sa possession par la suite...

    Sur place, les policiers, venus chercher le blessé chez lui le lendemain pour l'emmener à l'hôpital, n'ont retrouvé ni rasoir, ni épée... Van Gogh, qui n'a donné aucune explication sensée à son geste, passera la nuit du réveillon et les quelques jours suivants dans les services hospitaliers où il a été admis pour soigner sa blessure.

    A peine de retour chez lui, afin de rassurer son frère Théo mais aussi sa famille et ses amis, parmi lesquels, en premier lieu Gauguin, pour leur prouver à tous sa sérénité retrouvée, il réalisera en janvier 1889 son fameux "Autoportrait à l'oreille bandée".

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    "Tournesols sur un fauteuil" - Toile de Paul Gauguin (1901)

    Dix-huit mois plus tard, le 29 juillet 1890, il se suicidera. En 1901 à Tahiti, Gauguin peindra des tournesols, dernier hommage, remord peut-être, à son ami obsédé par ces fleurs et leur couleur…

     

     

    * "L'Oreille de Van Gogh, rapport d'enquête, de Bernadette Murphy - Ed. Actes Sud.

  • L'ivoire, fleuron du passé Dieppois

    Dieppe et son ivoire, c'est une longue histoire. L'industrie de transformation en ingénieuses fantaisies, voire en objets d'art, de cette matière précieuse, appelée "morfil", que fournissent les défenses d'éléphants, a, durant des siècles, contribué au renom de la cité normande.

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    Les historiens s'accordent pour dater la création du premier atelier d'ivoire de Dieppe au XIVe siècle. Tout aurait commencé en l'an de grâce 1364 quand deux vaisseaux dieppois abordèrent sur les côtes de Guinée, près du rio Sesots et près d'un village qui fut nommé "Le Petit Dieppe". Là, avant de rentrer à leur port d'attache, ils complétèrent leur charge d'ivoire. C'est alors une matière aussi précieuse que rare qui arrive à Paris parcimonieusement en provenance de l’Orient.

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    Très vite, sentant la bonne affaire, des quantités impressionnantes de défenses d’éléphants sont rapportées par les navires dieppois. Elle vont faire de la cité normande la plateforme d'un marché considérable, capable d'alimenter toutes les grandes villes du royaume et surtout Paris, renommée pour ses tailleurs que les ivoiriers dieppois vont s'empresser d'égaler. Comme l'écrit Jacques Savary des Brûlons (1657-1716) dans son Dictionnaire universel de commerce, publié à titre posthume en 1723, "leurs ouvrages ayant eu de la vogue, furent imitez à Dieppe et bientôt surpassez, en sorte que les ouvriers de cette ville se sont depuis conservez la réputation de mieux tourner et de mieux tailler l’yvoire que aucuns du royaume." Crucifix, bénitiers, Vierges et enfants, mais aussi boîtes à poudre, bijoux, râpes à tabac, manches à couteaux ou de fourchettes, auxquels s'ajoutent statuettes et bas-reliefs ... Les sculpteurs-ivoiriers dieppois rivalisent d'idées comme de talent.

    Au XVIIIe siècle, la ville normande compte 12 maîtres ivoiriers et 250 ouvriers. Au siècle suivant, grâce au développement des bains de mer, toute la bonne société venant en villégiature à Dieppe achète des ivoires. Le marché est si florissant qu'en 1850, on compte 22 boutiques d'ivoiriers installés dans la Grande-rue.

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    En 1900, il ne reste plus à Dieppe que 40 ivoiriers en activité, Lentement, le soleil se couche sur ce commerce principal facteur responsable du déclin des populations d’éléphants d'Afrique, dont les deux espèces, éléphant de savane et éléphant de forêt, ont été classées "vulnérable" et "en danger" par l'Union internationale pour la conservation de la nature. La France a interdit sur son territoire le commerce de l'ivoire par arrêté du 16 août 2016. Le Château-Musée de Dieppe offre aujourd'hui à ses visiteurs une collection de plus d'un millier d'objets, témoins du travail de l'ivoire dans la cité.

     

     

    Biblio. "Connaissance de Dieppe et de sa région", n°252 - 2005 - Article de G. Bertout.

    Images : gazette-drouot.com