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15/07/2018

Les brochettes normandes

C'est l'été ! C'est dimanche ! Il fait beau, il fait chaud et, dehors, le barbecue attend... Que diriez-vous pour ce midi, amis gourmands aux babines alléchées, de griller quelques belles brochettes ? Mais des "brochettes normandes*", il va sans dire, que vous servirez très chaude accompagnées d'un cidre bouché bien frais.

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Pour la petite histoire (et aussi pour se cultiver un peu...), la première apparition du terme "brochette" remonte au Moyen Âge. A cette époque, il désignait uniquement l’accessoire métallique, terminé en son bout par une pointe acérée. Ce n'est qu'à la fin du XIVe siècle qu' on va rencontrer le terme pour la première fois dans une acception culinaire.

Mais revenons à notre recette... Pour 8 personnes, prévoir 1 kg de gigot d'agneau désossé (ou la même quantité de bœuf ou de veau à condition de ne pas les mélanger, eu égard à leurs temps de cuisson différents), 2 oignons, 8 petites pommes de reinette, 1 c. à soupe de thym séché et 2 feuilles de laurier émiettées, sel et poivre concassé, huile, 1 grand verre de cidre, quelques gouttes de Calvados.

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Peler les oignons et les émincer finement. Couper la viande en morceaux réguliers, de préférence cubiques et pas trop gros. Les mettre dans une terrine avec les oignons, ajouter le thym et le laurier. Arroser de cidre. Ajouter le Calvados et plusieurs pincées de poivre concassé. Mélanger et laisser mariner deux heures.

Laver les pommes, les essuyer, les couper en quartiers en retirant le cœur et les pépins sans les peler. Enfiler les morceaux de pommes et les morceaux de viande égouttés sur les brochettes.

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Badigeonnez légèrement d'huile les brochettes. Les faire griller une dizaine de minutes, sur un gril chauffé et huilé, mais sur feu moyen et en les retournant souvent. Saler en fin de cuisson.

 

Bon appétit !

 

* Recette et image : "Cuisines régionales de France - Normandie" de S. Girard - Ed. du Fanal, 1994.

08/07/2018

L'argent : du métal à la monnaie

Charlemagne (742-814), faute d’approvisionnement suffisant en or, doit se résigner, durant son règne, à mettre en circulation une nouvelle monnaie de référence, le denier d’argent (de 1,36 g à 1,80 g d'argent). En prescrivant de tailler 240 deniers dans une livre d'argent, l'Empereur à la barbe fleurie jette les bases d'un système monétaire et comptable qui persistera, en France jusqu'à la Révolution : 1 livre = 20 sous ou 240 deniers, et un sou = 12 deniers. En outre, est frappée une division du denier, l'obole d'argent, qui correspond à sa moitié.

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Le nouveau monométallisme entre si bien dans les mœurs qu’on utilise aujourd’hui encore le nom du métal en question, l’argent, comme synonyme de monnaie ou numéraire. Le choix de l’argent comme de l'or s’explique bien sûr par le fait que ces matières sont rares et qu'elles présentent une grande valeur pour un poids et un volume réduit.

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Pour nous les généalogistes et historiens amateurs à la recherche de toute information utile sur la vie quotidienne de nos ancêtres, les archives notariales sont un passage obligé. Mais déchiffrez ces contrats de mariage, testaments et autres inventaires après décès, requiert de se familiariser avec la valeur des biens pour les estimer.

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Pour nous y aider, voici quelques outils bien utiles découverts lors de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine-Maritime animé par l'excellente Marie Groult que je remercie. Le premier d'entre-eux, cette grille de lecture d'orthographe et de la calligraphie du mot "argent" de 1450 à 1698.

A suivre...

 

01/07/2018

Les Pierres Pouquelées de Vauville

Sur la côte Ouest du bras de la Manche, sur un vaste promontoire couvert d’ajoncs et de bruyères surplombant l’anse de Vauville, près de La Hague, entre le cap de Flamanville et les falaises de La Hague, se trouve un site mégalithique qui n'a rien à envier à ses semblables bretons.

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Des "pierres pouquelées" ont été appareillées ensemble ici, de main d'homme, dans un but encore aujourd'hui énigmatique.

Le mot "pouquelé" vient de l'ancien normand "pouque" qui désigne une poche. L'ajustement de ses pierres mégalithiques formaient des poches comme les dolmens. Le terme "pouquelé" a donné par déformation "pierres couplées", "encouplées" ou "accouplées", c'est-à-dire appareillées ensemble de main d'homme. Il s'agit là d'une terminologie utilisée essentiellement en Normandie et dans les îles Anglo-Normandes pour désigner un alignement de pierres formant un monument mégalithique de type dolmen.

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Plan de l'allée couverte dans son état actuel - Dessin de Cyril Marcigny, Hubert Lepaumier, Emmanuel Ghesquiere - Un nouvel inventaire des Mégalithes de la Manche - Bulletin du G.R.A.C N° 7 avril 1996, p.44

 

Sur une plate-forme dominant la mer, à 134 mètres de hauteur, au milieu des joncs et des bruyères, on trouve une allée de rochers dont la disposition soigneuse n'est en rien due au hasard. L'allée est longue d'une quinzaine de mètres sur un mètre de large. Sur les pierres de quartzite silurien qui composent les parois, sont posés des rochers de granodiorite provenant probablement du gisement de la baie des Fontenelles, situé à trois kilomètres de là et à une altitude proche du niveau de la mer. . Comment ces rochers ont-ils été montés là ? Par qui ? Et pourquoi ? En vérité, on ne sait pas grand chose si ce n'est que cette allée couverte, de type " armoricain " était une sépulture collective érigée durant la civilisation néolithique, il y a 4 500 ans environ.

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Le site a fait l'objet de recherches archéologiques partielles conduites par les premiers membres de le Société Académique de Cherbourg en 1755, l'année même de sa fondation. Ce furent là les premières investigations menées en Basse-Normandie sur un site préhistorique.

Dans les années 1830, les paysans de la région faillirent détruire l'ensemble pour utiliser les pierres afin de construire un pont. Par chance, le préfet de l'époque s'y opposa et fit remettre le site en état. L'allée couverte a été classée Monument historique, ce qui la sauva définitivement du vandalisme.

 

Biblio et images : merci au site www.lahague.com