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21/05/2017

Fricassée de coquillages d'Etretat

Etretat ! Située au nord du Havre, c'est aujourd'hui une cité balnéaire normande de renom, connue pour ses falaises de craie blanche, pour son aiguille, sa Manneporte, son "Trou à l'homme" et ses plages de galets... Pas étonnant que ce site unique et majestueux ait attiré et inspiré nombre de peintres comme Monet, Corot ou Boudin, de cinéastes tels Labro, Le Conte ou Salomé et d'écrivains pour ne citer que Maupassant, Simenon ou Leblanc....

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De l'Etretat, d'hier*...

La fricassée de coquillages d'Etretat** dont je vous livre aujourd'hui la recette, amis gourmands aux babines alléchées, fait honneur au passé maritime de cet ancien et modeste village de pêcheurs.

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Pour 6 personnes, prévoir 3 kg de coquillages assortis (moules, coques, praires, palourdes,...), 1 botte de cerfeuil (coupée aux ciseaux), 20 cl de vin blanc, 50 g de concentré de tomates, 200g de champignons meunier ou de petits champignons de Paris, un peu de crème fraîche (s'il n'y a pas assez de jus), du sel et du poivre.

Préparer et cuire les champignons (sans les couper) dans un peu de vin blanc. Saler, poivrer et les réserver. Conserver le jus dans la casserole de cuisson.

Nettoyer et laver les coquillages, les cuire dans la casserole des champignons avec le reste du vin à feu vif et les remuer pendant leur cuisson. Dès qu'ils sont ouverts, les retirer et mélanger avec les champignons.

A part, filtrer le jus, faire réduire, ajouter le concentré de tomates, mélanger avec les coquillages pour les réchauffer doucement, vérifier l'assaisonnement, ajouter le cerfeuil, dresser dans un plat et servir de suite.

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... à celui d'aujourd'hui

Bon appétit !

 

 

** Recette extraite de "Les recettes normandes" de Jean Robert - Ed. J-P. Gisserot - 2005.

*Image : "La Côte normande - La Seine-Maritime" - D. Quesney - Collection Revoir - Périple-Ed. 2008.

14/05/2017

Ni à gauche, ni à droite, mais "au-dessus" !

Aujourd'hui même, le nouveau Président que viennent de se choisir les français va franchir le seuil du Palais de l’Élysée, siège de la présidence de la République française et résidence officielle du président depuis la IIe République. L'occasion de se souvenir du Général de Gaulle qui, en qualité de Premier Président de la Ve République, succédant au normand et havrais René Coty (1882-1962), prit possession des mêmes lieux le 8 janvier 1959.

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Ce palais (11 179 m2, dont 300 m2 d'appartements privés, pour 365 pièces), édifié entre 1718 et 1722 pour Henri-Louis de la Tour d'Auvergne, comte d’Évreux (1679-1753), "ne plaisait pas à son nouveau locataire, à commencer par l'environnement, jugé trop bruyant. En outre, depuis les balcons d'un atelier de couture voisin, les ouvrières avaient une vue plongeante sur le parc, dont de Gaulle regrettait le manque d'intimité. Du côté cour, de l'autre côté de la rue, une enseigne du plus mauvais goût indisposait d'autant plus le général qu'elle était prétexte à plaisanterie : "Attila, le fléau des rats, détruit rongeurs, cafards, insectes, punaises..." Une autre, juste en face de "chez lui", le gênait tout autant : "Chez Popoff", un antiquaire, qui, en portant ce nom ridicule, ternissait sans doute celui du monarque voisin... (...) Quant au palais lui-même, il le jugeait trop bourgeois et sa décoration d'un goût douteux. Bref, l'ensemble manquait de grandeur..."

 

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Honnêtes et scrupuleux, ni lui, ni son épouse n'omettaient d'éteindre les lustres en quittant une pièce. Rappelons qu'ils firent installer dans leurs appartements privés un compteur divisionnaire afin d'être en capacité de régler sur leurs deniers propres leur consommation personnelle d’électricité. Dans le même esprit, Madame de Gaulle allait jusqu'à faire retourner, pour éviter de les faire remplacer, les rideaux usagers du Palais...

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Pour finir sur un clin d’œil, cette petite anecdote : peu avant la création, le 1er octobre 1958, de l'U.N.R., le parti politique destiné à soutenir son action, alors que ses futurs dirigeants demandèrent au général si ce parti serait de droite, de gauche ou du centre, il leur répondit : "De Gaulle n'est ni à gauche, ni à droite, il est "au-dessus" !"

 

Biblio. "Petites histoires des Grands de France" de J-P. Rorive - Jourdan Ed. 2005.

07/05/2017

La Légende des fous de Boëcé.

Ils sont forts ces Normands ! Et un peu fous aussi parfois ! Saviez-vous que les habitants de Boëcé, une petite commune située au sud du département de l'Orne, entre Le Mêle-sur-Sarthe et Mortagne-au-Perche, ont tout simplement déplacé leur église à la simple force de leurs bras et de leur ferveur religieuse !

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Enfin, c'est ce que la légende raconte... Cela s'est passé en l'an de grâce 1764. A cette époque, Louis XV (1710-1774) règne sur près de 26 millions de sujets. Et si, dans le royaume, on vit l'apogée économique du siècle, dans le petit village normand d'environ 150 âmes, c'est plutôt la révolte ! Pensez-donc, il est question de bâtir une grande tour carrée au centre du village, à deux pas de l'église Saint-Aubin, un édifice roman datant du XIe siècle, et cela n'est pas du tout du goût des villageois. Ils craignent tout simplement que de tels travaux n'endommagent leur lieu de culte !

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Aussi, un dimanche après-midi, après les vêpres, les voilà tous réunis devant leur église. Leur décision est prise. Pour éviter le désastre, il n'y a qu'un moyen : écarter la maison de Dieu de la grand-route.

Alors, tous, à l'exception des enfants et des éclopés, vont s'atteler à la tâche. Ils forment deux groupes et, à l'aide de gros cordages de chanvre, sans ménager leur peine et leur sueur, ceux qu'on allait surnommés "les fous de Boëcé", vont tirer de toutes leurs forces, encouragés par leur curé et le sacristain. Un vrai travail de forçat... qui finit par porter ses fruits : l'église recula ! Seulement de quelques centimètres bien sûr, mais, les traces présentes sur le sol humide témoignent de son déplacement !

On fêta le miracle avec quelques verres de bon cidre et l’histoire se répandit dans toute la région. Bien sûr, il se trouva quelques mauvaises langues pour prétendre que le lieu saint n’avait pas bougé d'un iota et que la seule activité commune des villageois ce jour-là avait été de lever de coude !

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Mais que cette histoire soit vraie ou pas, on parla longtemps, et on parle toujours, des "fous de Boëcé". Et  aujourd'hui encore, une fois par an, le dimanche du week-end du premier mai, une messe est donnée dans l'église en leur souvenir !

 

 

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C Collet et A. Joubert - Ed. Jonglez 2013,

Merci aux sites http://orne61.unblog.fr (Article Ouest France du 08 août 2008) et http://gillestargat.canalblog.com.