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25/12/2018

Joyeux Noël à tous !

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23/12/2018

Arbre généalogique et légitimité du pouvoir capétien

Au XIIIe siècle, le caractère utilitaire de la généalogie s'affirme tant dans le domaine du droit que des prétentions politiques. Prouver le bien fondé de possessions de domaines ou de rentes donne lieu à l'établissement de généalogies. Nombre d'entre-elles sont réalisées dans des contextes de crise successorale ou de légitimité du pouvoir.

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L'abbaye de Saint-Denis et ses dépendances

Parmi ces œuvres de légitimation, on peut citer les efforts des Capétiens pour faire taire les doutes qui persistent sur les conditions de leur accession au trône. De grandes familles, comme les comtes de Flandres, de Hainaut ou de Champagne, insistent sur leurs origines carolingiennes pour contester le pouvoir capétien. Dès lors, les clercs de l'entourage de ces derniers vont développer différents discours généalogiques insistant sur le fait connu des généalogistes du XIIe siècle qu'Hugues Capet descend par sa mère, Hawide, de Charlemagne.

Pour imposer visuellement cette légitimité d'Hugues Capet à succéder aux Carolingiens, et répondre ainsi aux attentes de Philippe IV le Bel (1285-1314), les abbés de l'abbaye royale de Saint-Denis vont faire réaliser pour les rois de France un manuscrit enluminé "La vie de Saint-Denis", saint patron des monarques capétiens, réalisé par un des moines de l'abbaye appelé Yves. C'est ce religieux qui va composer cette image remarquable, bien plus efficace que bien des discours.

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Yves de Saint-Denis - "Vie et miracles de saint Denis" (1317) - B.N.F.

"La colonne de gauche donne la succession des rois, de Charlemagne (en haut) à Hugues Capet (en bas). Les portraits des rois sur leur trône, peints par Jean Pucelle ou un proche apparaissent dans des quadrilobes sertis dans un cadre commun au décor d'orfèvrerie. Seul un discret lierre ou rinceau feuillage qui court d'un médaillon à l'autre dans ce cadre doré exprime les filiations et révèle l'absence de lien entre le premier Capétien et son prédécesseur. Mais ainsi figurée, cette rupture ne paraît qu'un détail secondaire en comparaison de la parenté par les femmes d'Hugues avec Charlemagne que manifeste nettement la colonne de droite."

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Gilles de Pontoise fait don du manuscrit au roi Philippe V le Long

 

"La Vie de saint Denis" sera achevé en 1317 et présenté par l'abbé Gilles de Pontoise au roi Philippe V le Long (1293-1322). Il restera en possession des rois de France jusqu'à Charles VI (1368-1422) avant d'entrer à la bibliothèque royale en 1662. Il est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France.

 

Biblio et image n° 2 : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.

16/12/2018

Comment interpréter les signatures de ses ancêtres ?

Enfin c'est fait, on vient de trouver l'acte que l'on cherchait depuis si longtemps et, cerise sur le gâteau, il est signé ! Une, deux ou trois signatures... De simples marques bien souvent ou, avec un peu de chance, un patronyme écrits de façon malhabile. Quoi qu'il en soit, à nous maintenant d'interpréter cet héritage !

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Quelquefois de simples initiales en guise de signature

Parmi nos aïeux, il y a ceux qui ne savent pas signer leur nom et apposent en remplacement leurs initiales en capitales d'imprimerie ou plus simplement encore, une croix, un signe, une marque. Peut-on en déduire qu'ils ne savaient ni lire, ni écrire ? Pas si sûr ! D'une part, certaines personnes à l'époque refusent volontairement de signer les actes d'état-civil alors qu'elles signent couramment les actes notariés, accordant par ce geste plus d'importance à ces derniers. Il n'est pas rare non plus qu'un ancêtre ne sachant signer lors de son propre mariage, le fasse au mariage de l'un de ses enfants. Impatience du premier curé devant un futur époux qui ne sait pas à l'évidence tenir une plume ? Témoignage d'une progression sociale ?

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Exemples de signatures maladroites...

Deuxième cas de figure, le patronyme est écrit mais à peine compréhensible. L'écriture est tremblotante , les caractères qui la composent se présentent sous la forme de lettres-bâtons et pas toujours dans le bon ordre. Trois déductions sont possibles. Soit, l'individu est totalement analphabète mais utilise un modèle qu'il s'efforce de reproduire au mieux, soit, sans savoir lire, il a seulement appris à signer son nom, soit enfin, il sait écrire mais "pratique" la plume trop peu souvent pour la maîtriser ou bien encore il est victime d'une infirmité qui le gène pour écrire.

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...ou informes

 

Troisième cas : l'acte n'est signé d'aucune des personnes intéressées et la mention de leur incapacité à signer n'est pas précisée. On ne peut, là non plus, parler systématiquement d'analphabétisme. Il peut s'agir d'une simple négligence du prêtre. Nombre d'entre-eux ne respectaient pas toujours l'obligation qu'il leur était faite de faire signer les témoins, parrains/marraines ou époux.

C'est pourquoi, il ne faut surtout pas se limiter à l'examen d'une seule signature. Au contraire, il faut s'efforcer de suivre les signatures de chaque individu à travers chaque étape de sa vie. Par comparaison, on pourra mesurer son évolution personnelle, sociale et professionnelle. On ne signe pas à l'identique à 20 ans comme à 80 ans. Avec le temps, l'écriture peut ou pas se fluidifier, les lettres apparaître plus ou moins bien formées. On peut avoir appris à lire et à écrire, et, faute de pratique, avec le temps, avoir oublié jusqu'à la calligraphie des lettres...

 

A suivre...

 

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.