14.12.2009

Quel est le plus vieux nom de famille de France ?

Martin ? Durant ? Dupont ?

Non ! Aucun des trois !

Du fait que les surnoms, qui ont été à l’origine de nos patronymes, ne se sont pas dégagés avant les XIe-XIIe siècles, tous les noms de famille sont dès lors à peu près à égalité. En conséquence, pas plus de Durant que de Dupont !

Compte-tenu par ailleurs que les familles nobles, avant cette époque, étaient déjà connues sous des noms de terres, rechercher le plus ancien nom revient à identifier la plus vieille maison de la noblesse française.

On pense immédiatement aux Capétiens, mais la réponse n’est qu’en partie bonne. C’est vrai pour l’ancienneté, mais pas pour ce qui est du nom. Et cela, pour la simple raison que cette dynastie… n’a jamais eu de nom ! Lorsque les révolutionnaires nommaient Louis XVI « le citoyen Capet », cela ne rimait à rien !  Capet avait été seulement le surnom, personnel et individuel, du premier de ses ancêtres à être monté sur le trône de France.

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Hugues Capet, sacré Roi des Frances à Noyon, le 3 juillet 987

Les descendants d'Hugues Capet, qui avait été surnommé ainsi pour des raisons qui restent aujourd'hui encore très floues (sa petite tête ou plus vraisemblablement, le fait de la « cape » ou « chape » qu’il portait en tant qu’abbé laïc de l’abbaye de Marmoutier) seront ducs de Valois, de Bourbon et d’Orléans,  noms des branches dont ils seront à l'origine. Officiellement, les rois de Frances ne portaient aucun patronyme.

Il en avait d’ailleurs été de même pour les Carolingiens et les Mérovingiens, noms de dynasties fabriqués par les historiens.

Alors, me direz-vous, quel est donc le nom de famille le plus ancien en France ?

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François-Henri d'Harcourt (1726-1802) peint par Fragonard,

Grand-Bailli de Rouen et Gouverneur de Normandie

C’est celui de la famille d’Harcourt, puissante famille normande, connue depuis l’an 966. Elle coiffe ainsi au poteau la famille de Rochechouard dont on connaît pourtant les ancêtres depuis 876, ! Mais, à l' époque, ils sont vicomtes de Limoges et ne prennent le nom de Rochechouard qu’en 980, soit 14 ans après les d'Harcourt.

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Château d'Harcourt (Eure)

Qu’en est-il ailleurs ? Les rois des autres pays ont-ils des noms ? Pas plus que les nôtres, et pour les mêmes raisons. Ceux d’Angleterre ne sont devenus Windsor que sous Georges V, en 1917, premier roi d’Angleterre à parler l’anglais sans accent allemand et auquel l’actualité souffla de se démettre du nom par trop germanique de Saxe-Cobourg-Gotha.

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Jean-Baptiste Jules Bernadotte, couronné Charles XIV Jean de Suède (1763-1844)

En fait, la seule maison royale européenne à avoir porté un vrai nom de famille est celle de Suède, issue du maréchal français Bernadotte, qui monta sur le trône en 1818, et qui était le fils d’un tailleur de Pau et le petit-fils d’un tisserand. Ce Bernadotte qui, lorsqu’il n’était encore que sergent, s’était fait tatouer sur la poitrine le slogan « Mort aux rois » !... 

Biblio : D’après l’ouvrage de Jean-Louis Beaucarnot   « Laissez parler les noms ! » Publié chez JC Lattès - Paris - 2004

10.12.2009

Quand les normandes potinaient...

Encore une expression de notre terroir, à l’origine anodine et nullement méchante !

Car la « potine » était au XVIIème siècle en Normandie un simple petit pot de terre cuite qui servait à se chauffer les pieds, une sorte de bouillotte.

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Bouillotte de 1925

Autrefois, lors des veillées d’hiver, lorsque les femmes se réunissaient autour du foyer pour tricoter ou filer, elles apportaient leur potine garnie de braises. Comme seuls leurs doigts étaient occupés, les langues de ces « potinières » allaient bon train : elles « potinaient ». 

Allumer un petit feu,

L’entourer de quelques potinières,

Laisser potiner à feu doux,

Ne rien remuer,

Laisser mijoter jusqu’à ébullition de vos oreilles »,

C’est tout, le potinage a pris… et le potin est là ! » 

Le verbe « potiner » signifiait donc simplement « se réunir autour des potines pour bavarder ».

Au fil du temps, le potinage, petit commérage d’antan, a laissé la place au « potin » qui a pris le sens de « commérages », puis de « ragots », et enfin de « bruit ».

 

« Faire du potin » aujourd’hui, c’est faire beaucoup de bruit…

 

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Madame Tintamarre de R. Hargreaves 

 

07.12.2009

L'arrivée de la famille Boulangé dans la paroisse de Mesnil-Esnard

Quittant Bois-d’Ennebourg, commune située à 12 km de Rouen, notre arrière-arrière-arrière grand-père Nicolas Boulangé (sosa 32 ) s’installe en 1803, après son mariage avec Flore HUBERT, dans la commune de Mesnil-Esnard, située sur le plateau Est de ROUEN, à 5 km de la capitale normande.

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Laurens HUBERT, le grand-père de Flore, originaire de la localité voisine de La Neuville Chant d'Oisel (Seine-Maritime), beaugeur de son état, est arrivé dans cette paroisse en 1744. Son fils Antoine, né en 1752, exerçant la profession de Charpentier, épousera en 1773 une fille du pays, Magdeleine SERGEANT. De leur union  naîtront 7 enfants dont 5 décèderont en bas âge. Grégoire, le seul fils survivant, périra Soldat en Belgique en 1813. Sa sœur aînée, Flore, née en 1779, sera la femme de mon aïeul Nicolas Boulangé.

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La première mention du nom de ce village de « Mesnil-Esnard » remonte à 1055 sous la forme latine de « Einardi Mansionali ». Elle allait connaître bien des transformations liées à l’influence des parlers ou de la prononciation comme en témoignent les écritures médiévales de « Maisnilli Enardi » en 1212 ou du « Mesnil Lyenard » en 1451, avant sa forme actuelle, attestée pour la première fois en 1456.

Ces orthographes successives font ressortir un nom composé dont le premier élément est un dérivé du latin « mansio », signifiant l’habitation ou la demeure.  Pour le second,  il pourrait, selon certains  provenir du nom germanique « Einardus » quand pour d’autres, prenant en considération l’orthographe médiévale de « Lyenard », il serait la déformation de Léonard, second patron de la commune.

Saint Léonard vécut au VIème siècle. Ermite du Limousin, partout où il passait, les fers des prisonniers se brisaient, les serrures s’ouvraient et les geôliers s’endormaient. La légende veut que lorsqu’il vivait dans la forêt de Pacevin, il entendit une femme gémir de douleur. Il s’approcha et découvrit la reine, épouse de Théodebert 1er, qui était en train d’enfanter dans les plus grandes souffrances. Le saint s’agenouilla et se mit à prier. L’enfant naquit aussitôt. En récompense, le roi lui offrit la forêt qu’il appela Noblet.

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Statue de Saint-Léonard - Hamars (Calvados)

Invoqué depuis par tous ceux qui attendent une délivrance, il devint un saint très populaire et son culte se répandit durant les croisades au cours desquelles plusieurs libérations miraculeuses lui furent attribuées. Est-ce en souvenir de l’une d’entre elles que se développa dans la paroisse un pèlerinage qui, le 6 novembre de chaque année, attirait les fidèles des villages environnants ?  Ils s’y rendaient en foule et cette dévotion survécut à la tourmente révolutionnaire avant de s’étioler puis de renaître en 1873 sous l’influence de l’abbé Bouvier.

Lors de l’arrivée à Mesnil-Esnard de mon aïeul Nicolas Boulangé, Couvreur en Paille, le village commence a être aspiré par le développement de l’agglomération rouennaise. Au fil des ans, de plus en plus de Mesnillais abandonnent le travail de la terre pour se consacrer à celui de l’industrie cotonnière.  Ils travaillent à leur domicile en effectuant des ouvrages ou en filant le coton pour le compte de différents marchands. C’est le cas de Flore. Cette activité engendre non seulement un dynamisme démographique,  puisque la population passe de 108  feux (soit environ 500 habitants) en 1707 à 250 feux (soit près de mille personnes) en 1788, mais oblige l’administration Royale à améliorer la desserte routière entre Paris et Rouen en ouvrant un nouvel axe de communication à la fois plus large et plus direct. Débutés vers 1750, les travaux vont durer 3 ans. Ils sont effectués par les plus pauvres des habitants des différentes paroisses afin de leur procurer un travail et de les  « soulager de la disette ». 

Cette route royale (aujourd'hui route de Paris, allée principale et centrale de la commune) transforma progressivement la physionomie du village en attirant quelques rouennais soucieux de faire élever d’élégantes demeures à la campagne et en créant de l’ouvrage.

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 La Route de Paris, au début du XXe siècle