Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/03/2017

La Normandie : l'autre pays des cigognes !

Le saviez-vous, les cigognes aiment la Normandie! Et notamment les marais du Bessin et ceux de la Dives en Basse-Normandie. Mais on les rencontre également en Haute-Normandie, dans le département de l'Eure, en baie de Seine, au cœur du Marais Vernier, l'une des douze réserves naturelles de notre belle province.

cigogne blanche.jpg

C'est en 1973 que le marais de Mannevilles, est acquis par le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement. Classé en 1994 sous le nom de « Réserve naturelle nationale des Manneville », le site est réuni en février 2013 au marais de Bouquelon, propriété du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande et devient ainsi la « Réserve naturelle nationale du marais Vernier ».

Situé dans un ancien méandre de la Seine, au nord-ouest du plateau crayeux du Roumois, le marais Vernier s'étend sur 4 500 hectares. Il est entretenu majoritairement par un troupeau de Highlands et de chevaux de Camargue.

marais vernier.jpg

Et parmi les oiseaux nicheurs ou migrateurs qu'il abrite au sein des roselières, des iris des marais et des orchidées, la Cigogne blanche, symbole de fidélité et de fécondité mais aussi symbole de l'Alsace depuis des décennies, y nidifie avec succès depuis 1993. Elle bénéficie de nids artificiels construits à dessein pour favoriser son retour. Car, pour construire son nid, la cigogne doit travailler une bonne semaine. La base est constituée de branches, mêlées à des mottes de terre, des herbes..., puis à des matériaux plus fins comme du foin, de la mousse et même des papiers ou des chiffons. Mais si elle occupe un ancien nid, elle va n'avoir de cesse que de l'agrandir. C'est ainsi qu'un nid tout neuf mesurant environ 80 cm de diamètre pour 40 cm d'épaisseur, pourra atteindre avec le temps, plus de 2 m de diamètre et de hauteur et dépasser les 500 kilos !

cigogne en normandie,marais vernier,réserve naturelle de mannevilles

La réserve nationale du Marais Vernier se visite d'avril à novembre. Elle vous attend !

 

Biblio. « Fier d'être Normand – 100 bonnes raisons » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France 2013,

Merci aux pages dédiées aux réserves naturelles de Normandie.

12/03/2017

Cuisses de grenouille au cidre

Si, de tous les européens, les français sont les plus gros consommateurs de cuisses de grenouille, il semble bien que, contrairement à l'idée reçue, ils ne soient pas les premiers à les avoir appréciées. En effet, des archéologues britanniques ont récemment découvert au cours de fouilles que leurs ancêtres en mangeaient déjà plus de 8000 ans avant que ce mets ne fasse son apparition sur les tables de l’hexagone ! Un vrai pied de nez à ceux qui sont réputés pour en avoir horreur et qui, de surcroît, nous taxent volontiers de ce surnom de «  Frog-eaters », des  mangeurs de grenouilles ! Pour la petite histoire, on raconte qu'en 1908, Auguste Escoffier (1846-1935) aurait fait sensation en servant au Prince de Galles, sans qu'il le sache, des cuisses de grenouille pochées au vin blanc avec une sauce chaud-froid au paprika, de couleur aurore, baptisées pour l'occasion « Nymphes a l'Aurore »...

 

cuisse de grenouille.jpg

 

Chez nous, depuis le XIIe siècle, la grenouille fait partie des festins médiévaux. La plus ancienne recette, une simple friture, provient du « Mesnagier de Paris », le livre manuscrit d'économie domestique et culinaire écrit entre juin 1392 et septembre 1394. Pourtant, si l'on en croit Alexandre Dumas (1802-1870), « Bien des médecins du Moyen Âge se sont opposés à ce qu'on mangeât cette viande qui cependant est blanche et délicate et contient un principe gélatineux plus fluide et moins nourrissant que celui des autres viandes. » Il relève cependant qu'« au seizième siècle pourtant, les grenouilles étaient servies sur les meilleures tables. »

 

le_menagier_de_paris.jpg

 

Bien entendu, au fil du temps, le mode de préparation des cuisses de cet amphibien a évolué. Aujourd'hui, on les accommode principalement au beurre, ail et persil. Et, en Normandie, on y ajoute, devinez-quoi ? Du cidre ! Voici, comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, la recette des Cuisses de grenouille au cidre* :

 

cuisse de grenouille 2.jpg

 

Pour 4 personnes, il vous faut 24 cuisses de grenouille, 100 g de beurre, 4échalotes, 1 gousse d'ail, 2 dl de cidre brut, 1 dl de bon bouillon de volaille, 125 g de crème fraîche, persil, ciboulette, cerfeuil (hachés menu ensemble), sel et poivre.

Hacher les échalotes, les faire revenir dans du beurre. Ajouter les cuisses de grenouilles avec l'ail haché. Les dorer rapidement puis verser le cidre et le bouillon. Saler et poivrer. Laisser les cuisses mijoter 10 minutes dans le liquide de cuisson, puis les ranger dans un plat de service. Les réserver au chaud. Faire réduire de moitié le liquide de cuisson, ajouter le beurre en petits morceaux en fouettant vivement. Incorporer la crème toujours en fouettant, puis les fines herbes. Réchauffer la sauce une minute sans la faire bouillir. En napper les cuisses de grenouille. Servir aussitôt.

 

 

Recette extraite de « Au cœur de la cuisine Normande » de B. et C. Drouin – Ed. Charles Corlet, 2001.

Biblio. « L'histoire à table » d'A. Castelot – Librairon Plon, 1972.

05/03/2017

"Honi soit qui mal y pense », parole de gentleman !

Quelle belle histoire que celle de cette petite phrase ! Et même si elle est née de la légende, je ne résiste pas au plaisir de vous la conter. Cela se passe à Calais vers 1346 en pleine guerre de Cent Ans, ce conflit qui va opposer de 1337 à 1453 la dynastie des Plantagenêts à celle des Valois, et à travers elles le royaume d'Angleterre à celui de France. Pour l'heure, la ville est occupée et anglaise.

 

jarretière edouard III.jpg

 Le roi d'Angleterre Édouard III (1312-1377)

Lors d'un bal donné par le roi Édouard III (1312-1377), sa maîtresse, la comtesse de Salisbury, probablement Jeanne Plantagenêt (1328-1385), comtesse de Kent et baronne Wake de Liddel, que l'un des plus importants chroniqueurs de l'époque médiévale, Jean Froissart (1337-1404), désigne comme « la plus belle femme du royaume d'Angleterre et la plus aimable », perd en dansant une de ses jarretières, un mince ruban bleu destiné à tenir son bas sur sa jambe.

 

jarretière jeanne de kent.jpg

 La comtesse de Kent (1328-1385)

Aussitôt, voulant faire taire les quolibets et autres railleries de ses courtisans, le roi la ramasse et l'attache à son propre genoux en disant : « Messires, honi soit qui mal y pense ! Tel qui s'en rit aujourd'hui s'honorera de la porter demain, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs le chercheront avec empressement ». « Honte à celui qui y voit du mal » et aussitôt tous les moqueurs se taisent !

 

jarretière 0.jpg

 

Le roi promet alors  à sa belle que ce ruban deviendra l'emblème d'un très noble ordre de chevalerie que les courtisans les plus fiers s’estimeront trop heureux de porter. Nommé par lui « Ordre de la Jarretière » et fondé le 23 avril 1348, jour de la Saint Georges, il est aujourd'hui le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et l’un des plus prestigieux au monde. Bien sûr, sa devise est  « Honi soit qui mal y pense », avec un seul « n » selon l'orthographe de l'époque. La langue anglo-normande, importée avec la conquête normande de l'Angleterre, est alors en usage à la cour. En français moderne, « honi » s'écrit avec deux « n », le participe passé du verbe honnir étant « honni ».

Cet ordre compte aujourd'hui encore 24 membres sous les ordres du « Souverain de la Jarretière », en l’occurrence la reine Élisabeth II.

 

Biblio. "Le petit livre des grandes phrases" de G. Guilleron - First Ed. 2010.