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11/08/2019

Monnaie de nos aïeux : le quart-d'écu

En 1577, une série d’ordonnances monétaires impose une profonde réorganisation du système monétaire. Le roi Henri III (1551-1589) change officiellement le système de compte, abandonnant la livre au profit de l’écu.

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Portrait au crayon du roi Henri III - Dessin de Jean Decourt, après 1578

 

La monnaie de compte était représentée en nature depuis le 31 mai 1575 par l’écu d’or pesant 3,2g d'or, valant 60 sous donc 3 livres tournois. Le franc, créé la même année, faisait un tiers d’écu, soit 20 sols.

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Henri III, quart d'écu croix de face, 1588 Rouen

 

Suivaient les divisionnaires du franc, le demi et le quart, respectivement sixième et douzième d'écu. On leur ajouta alors une division binaire supplémentaire : les quarts et huitièmes d'écus d'argent créés le 28 septembre 1577.

 

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Pour vous, amis généalogistes, cette dernière grille, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine, d'orthographe et de calligraphie du mot "quart" tel qu'on peut le trouver sur les actes officiels entre 1559 et 1693.

04/08/2019

La folie d'un père

Pour nombre d'entre-nous, Cartouche, c'est Jean-Paul Belmondo dans le film que Philippe de Broca tourna en 1962 : un brigand audacieux, bagarreur et charmeur, qui sévissait à la manière d'Arsène Lupin dans le Paris du début du XVIIIe siècle. Personnage de fiction ? Pas du tout, même si des légendes bienveillantes ont fait de ce fripon devenu voleur puis bandit insolent et enfin chef de bande et sûrement meurtrier, un héros sympathique voire attachant.

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Cet homme là s'appelait en réalité Louis Dominique Garthauzsien, un nom qui, par francisation, se transformera en celui de « Cartouche ». Né en 1693, à Paris, rue du Pont-aux-Choux, il est le fils de Jean Garthauzsien, un ancien mercenaire allemand originaire de Hambourg, qui exerce le métier de tonnelier dans le quartier de la Courtille, ce lieu de plaisir parisien de jadis situé à Belleville. Auparavant, l'homme avait été valet chez Guy César de la Luzerne, marquis de Beuzeville (-sur-le-Vey), près de Carentan (Manche). Jean Garthauzsien, dit Lallemand, est connu pour être honnête et droit. Il a épousé Catherine Delamarre. Elle est la fille d'artisans bourgeois. Les parents de Claude Delamarre, son père, sont maîtres tonneliers déchargeurs de Vin à Paris et ceux de sa mère, Elisabeth Royer, des maîtres fileurs d'or et d'argent.

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Longuement traqué par la police du Régent Philippe d'Orléans (1674-1723), Cartouche est finalement arrêté le 15 octobre 1721. Jugé et condamné à mort, il est soumis à la terrible "question" et meurt le 26 novembre 1721 roué en Place de Grève.  Il n'a que 28 ans. Juste avant son supplice, il s'est écrié : « Je suis un malheureux. Mon père et ma mère sont d'honnêtes gens. » Ses trois frères seront condamnés aux galères. Le cadet, âgé de quinze ans environ, ne résistera pas à une pendaison par les aisselles deux heures durant et mourra peu de temps après avoir été dépendu.

En octobre 1737, César Antoine de la Luzerne, marquis de Belleville, écrit, dans une lettre adressée au lieutenant-général de police René Hérault, originaire de la région de Rouen, "Feu mon père avait retiré par charité chez lui le père du fameux Cartouche ; j'ai continué la même charité, cet homme m'avait servi dans mon enfance... Il est devenu fou tout d'un coup (...) Tantôt, il veut aller se noyer, tantôt il veut mettre le feu à ma maison."

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Acte de sépulture de Jean Garthauzsien, père du bandit Cartouche - Paroisse de La Houssaye (27)

Un an plus tard, le 1er novembre 1737, Jean Garthauzsien, père du bandit Cartouche, âgé de 78 ans environ, est inhumé dans le petit cimetière du château du Moulin-Chapelle de la paroisse de La Houssaye (Eure).

 

 

Biblio. "Guide Normand de Généalogie" de Gilles Henry - Orep Ed. 2013.

28/07/2019

Crevettes à la Honfleuraise

En Normandie, elle fréquente les estuaires et les zones sablo-vaseuses, telle que la Baie du Mont Saint Michel. On la trouve aussi à l'Est de la Baie de Seine, du côté de Trouville et d'Honfleur où la pêche à la « petite grise » est depuis bien longtemps une des spécialités du port. Vendue cuite ou vivante, la crevette grise régale nos plateaux de fruits de mer.

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Si son nom scientifique est "Crangon crangon", chez nous, on l'appelle aussi "sauticot" à cause des bonds qu'elle fait une fois le filet relevé ou bien encore "chevrette".

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Chaloupe honfleuraise du XIXe siècle

 

Pour vous aujourd'hui, amis gourmands aux babines alléchées, une recette normande toute simple à déguster en entrée légère avec un verre de cidre brut du Pays d'Auge, celle des crevettes à la Honfleuraise*.

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Pour 500 g de crevettes grises de Honfleur, bien vivantes, il vous faut bouteille de cidre brut, du sel et du poivre.

Cuire les crevettes pendant minutes dans le cidre bouillant additionné de poivre. Égoutter. Servir les crevettes chaudes avec du pain de campagne et du bon beurre. Bon appétit !

 

 

* Recette extraite de "Au cœur de la cuisine normande" de B. et Ch. Drouin - Ed. Charles Corlet, 2001.

Biblio. Merci au site www.normandiefraicheurmer.fr.