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06/04/2016

« S'il vous plaît… dessine-moi un mouton ! »

C'était un 6 avril, le 6 avril 1943. Ce jour-là, à New-York, de l'imagination d'Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), l'écrivain aviateur, reporter et poète, auteur notamment de "Vol de nuit" (1931) et de "Terre des hommes" (1939), naît le "Petit Prince". Sous l'apparence d'un livre pour enfants, ce conte poétique et philosophique, deviendra phénomène éditorial. Il est aujourd'hui l’ouvrage de littérature française le plus lu et le plus connu dans le monde. Traduit en environ 270 langues et dialectes, c'est aussi l'un des meilleurs messagers de la langue française.

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Selon les propres dires de son auteur, l'histoire trottait dans sa tête depuis 7 ans déjà quand, en 1942, il cède à l'insistance de ses éditeurs américains et écrit ce récit destiné au jeune public. D'Eaton's Neck (Northport), aux États-Unis, sa terre d’exil et d’accueil depuis janvier 1941, celui qui aimait tant multiplier les défis, se met au travail. Il ne connaîtra jamais l’incroyable destinée de cet ouvrage qui deviendra son succès le plus populaire.... Il dessine lui-même le portrait de son héros et va lui créer un univers à la fois unique et reconnaissable par tous. Comme lui, le narrateur est un aviateur. Alors qu'il est en panne dans le Sahara, il rencontre un petit prince qui s'interroge sur l'absurdité du monde des adultes.

 

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Extrait du manuscrit du Petit Prince

 

Le livre sera réédité à plusieurs reprises aux États-Unis, tant en langue française qu’en traduction anglaise, et ce, avant même sa parution en France. Car ce n’est qu’après-guerre, en avril 1946, que la maison Gallimard, en contrat avec Saint-Exupéry depuis 1929, va le publier.

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Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

Après la sortir de son ouvrage, Saint-Exupéry quitte l’Amérique. Tourmenté d’être séparé des siens et de son pays, désespéré d’être coupé de l’action et du combat, « Mon premier tort est de vivre à New York quand les miens sont en guerre et meurent », il a hâte de retrouver ses camarades du Groupe de reconnaissance « II/33 » qu'il a quittés après sa démobilisation en juillet 1940. Il rejoint l'Algérie en mai 1943, réintègre son escadre de rattachement et reprend, en dépit de son âge, son activité de pilote. Le 31 juillet 1944, il s'envole, à bord de son Lightning P38, de l'aérodrome de Borgo, en Haute-Corse, pour une mission de reconnaissance en Savoie. Il ne regagnera jamais sa base : son avion disparaît à jamais au-dessus de la Méditerranée ...

 

03/04/2016

Les dessous d'un dessous féminin qui doit son succès aux hommes...

...Et le premier d'entre-eux se nomme Féréol Dedieu. C'est en effet ce corsetier de métier qui redécouvre au XIXe siècle notre porte-jarretelles. Il va remettre au goût du jour un système d'attache des bas en vogue sous le règne de Louis XIV (1638-1715) et en déposer le brevet d'invention en 1876.

Porte-jarretelles, Jarretière, Dessous féminins

Jarretelle, comme jarretière, sont dérivées de jarret, cette partie de la jambe située derrière le genou. Les femmes grecques, qui ne connaissent pas les bas, portent la jarretière agrémenté d'un petit bijou en simple accessoire de charme. Au Moyen-âge, de facture très simple et en cuir, elle serre les chaussettes ou bas de chausse des hommes comme elle maintient les bas roulés des femmes au-dessous, au-dessus du genou ou à mi-cuisse. "Les dames, écrit Rabelais (1494-1553), portent chausses d'écarlate ou de migraine (couleur pépins de grenade) et lesdites chausses montent au-dessus du genou juste à la hauteur de trois doigts". Et d'ajouter que les jarretières féminines sont brodées et de la couleur des bracelets de celles qui les portent. La Renaissance ennoblit encore la jarretière des élégantes en les ornant de dentelles et de rubans.

Porte-jarretelles, Jarretière, Dessous féminins

Rien de tout cela au XIXe siècle : l'objet conçu par Dedieu ne se compose que d'une simple ceinture et de deux rubans de tissu élastique se dédoublant chacun sur leur extrémité pour permettre quatre points d'attache. Inesthétique, il est destiné à remplacer l'usage de la jarretière dont les élastiques "gênent la circulation du sang et amènent toujours le gonflement des pieds et une prompte lassitude." Il va demeurer ignoré durant une vingtaine d'années avant de finir par s'imposer avec la mode du port du corset et ce sont les Anglaises qui, les premières, vont véritablement l'adopter à partir de 1893.

Dans les années trente, le couturier Paul Poiret (1879-1944) va donner au porte-jarretelles ses lettres de noblesse. Soucieux de changer et d'assouplir la silhouette féminine, il remplace le corset par une gaine souple à laquelle il ajoute des jarretelles. Parallèlement, les jupes raccourcissent, les jambes se montrent et les bas quittent le noir épais de la laine pour la soie couleur chair. Dans son film "L'Ange Bleu", le premier film allemand parlant, Joseph Von Sternberg confie à Marlène Dietrich le soin d'immortaliser le porte-jarretelles en tant qu'accessoire indispensable de la femme fatale.

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Après la Seconde Guerre mondiale, le porte-jarretelles entame sa traversée du désert. Avec l'arrivée des bas-nylon, la création de la guêpière par Marcel Rochas (1902-1955) et l'apparition de la mini-jupe qui s’accommode mieux du collant, il est jugé ringard, réservé aux femmes légères, et souffre d'une mauvaise réputation. Aujourd'hui, enfin débarrassé de cette image sulfureuse, il est redevenu un symbole de féminité, de raffinement et d'élégance.

 

Biblio. "Le porte-jarretelles" de F. Labalette - Historia Thématique - Sept-Oct. 2009.

13/03/2016

La langue d'Einstein !

C'est sûrement la langue la plus célèbre au monde ! Et ce portrait d'Albert Einstein, l'un des plus connu du prix Nobel de Physique, n'est pas un trucage ! La photographie a été prise il y a tout juste 65 ans. Ce jour là, le 14 mars 1951, le génial scientifique, inventeur de la théorie de la relativité, fête son 72ème anniversaire au Princeton Club, (nord-est des États-Unis), sur le campus de la prestigieuse université américaine.

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Albert Einstein (1879-1955)

A sa sortie, une meute de photographes se bouscule, quémandant un sourire. Comme à son habitude, le cheveu en bataille et l’œil espiègle, le grand physicien s'exécute puis prend place entre deux amis à l'arrière d'un véhicule quant Arthur Sasse, photographe de l'agence américaine UPI, le sollicite à nouveau. Un peu las et énervé aussi, Einstein le regarde et, tel un galopin mal élevé, lui tire une longue langue pointue. En bon pro, Sasse appuie sur le déclencheur : il tient là l'une des photos du siècle ! Recadrée, elle fera le tour du monde et s'étalera à la une des plus grands quotidiens.

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Einstein, amusé, commentera le cliché avec ces mots : "Cette pose révèle bien mon comportement. J'ai toujours eu de la difficulté à accepter l'autorité et ici, tirer la langue à un photographe qui s’attend sûrement à une pose plus solennelle, cela signifie que l’on refuse de se prêter au jeu de la représentation, que l’on se refuse à livrer une image de soi conforme aux règles du genre." Son expression sur cette photo est devenue l’archétype du « savant fou ».

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Le physicien, qui fut successivement allemand, apatride, suisse avant de détenir la double nationalité helvético-américaine, va commander neuf tirages à Sasse, qu'il distribuera avec d'amusantes dédicaces. L’un d’eux, offert à un ami journaliste de télévision en 1953, sera vendu aux enchères aux États-Unis en 2009 pour un peu plus de 74.000 dollars (53.000 euros).