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03/04/2016

Les dessous d'un dessous féminin qui doit son succès aux hommes...

...Et le premier d'entre-eux se nomme Féréol Dedieu. C'est en effet ce corsetier de métier qui redécouvre au XIXe siècle notre porte-jarretelles. Il va remettre au goût du jour un système d'attache des bas en vogue sous le règne de Louis XIV (1638-1715) et en déposer le brevet d'invention en 1876.

Porte-jarretelles, Jarretière, Dessous féminins

Jarretelle, comme jarretière, sont dérivées de jarret, cette partie de la jambe située derrière le genou. Les femmes grecques, qui ne connaissent pas les bas, portent la jarretière agrémenté d'un petit bijou en simple accessoire de charme. Au Moyen-âge, de facture très simple et en cuir, elle serre les chaussettes ou bas de chausse des hommes comme elle maintient les bas roulés des femmes au-dessous, au-dessus du genou ou à mi-cuisse. "Les dames, écrit Rabelais (1494-1553), portent chausses d'écarlate ou de migraine (couleur pépins de grenade) et lesdites chausses montent au-dessus du genou juste à la hauteur de trois doigts". Et d'ajouter que les jarretières féminines sont brodées et de la couleur des bracelets de celles qui les portent. La Renaissance ennoblit encore la jarretière des élégantes en les ornant de dentelles et de rubans.

Porte-jarretelles, Jarretière, Dessous féminins

Rien de tout cela au XIXe siècle : l'objet conçu par Dedieu ne se compose que d'une simple ceinture et de deux rubans de tissu élastique se dédoublant chacun sur leur extrémité pour permettre quatre points d'attache. Inesthétique, il est destiné à remplacer l'usage de la jarretière dont les élastiques "gênent la circulation du sang et amènent toujours le gonflement des pieds et une prompte lassitude." Il va demeurer ignoré durant une vingtaine d'années avant de finir par s'imposer avec la mode du port du corset et ce sont les Anglaises qui, les premières, vont véritablement l'adopter à partir de 1893.

Dans les années trente, le couturier Paul Poiret (1879-1944) va donner au porte-jarretelles ses lettres de noblesse. Soucieux de changer et d'assouplir la silhouette féminine, il remplace le corset par une gaine souple à laquelle il ajoute des jarretelles. Parallèlement, les jupes raccourcissent, les jambes se montrent et les bas quittent le noir épais de la laine pour la soie couleur chair. Dans son film "L'Ange Bleu", le premier film allemand parlant, Joseph Von Sternberg confie à Marlène Dietrich le soin d'immortaliser le porte-jarretelles en tant qu'accessoire indispensable de la femme fatale.

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Après la Seconde Guerre mondiale, le porte-jarretelles entame sa traversée du désert. Avec l'arrivée des bas-nylon, la création de la guêpière par Marcel Rochas (1902-1955) et l'apparition de la mini-jupe qui s’accommode mieux du collant, il est jugé ringard, réservé aux femmes légères, et souffre d'une mauvaise réputation. Aujourd'hui, enfin débarrassé de cette image sulfureuse, il est redevenu un symbole de féminité, de raffinement et d'élégance.

 

Biblio. "Le porte-jarretelles" de F. Labalette - Historia Thématique - Sept-Oct. 2009.

13/03/2016

La langue d'Einstein !

C'est sûrement la langue la plus célèbre au monde ! Et ce portrait d'Albert Einstein, l'un des plus connu du prix Nobel de Physique, n'est pas un trucage ! La photographie a été prise il y a tout juste 65 ans. Ce jour là, le 14 mars 1951, le génial scientifique, inventeur de la théorie de la relativité, fête son 72ème anniversaire au Princeton Club, (nord-est des États-Unis), sur le campus de la prestigieuse université américaine.

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Albert Einstein (1879-1955)

A sa sortie, une meute de photographes se bouscule, quémandant un sourire. Comme à son habitude, le cheveu en bataille et l’œil espiègle, le grand physicien s'exécute puis prend place entre deux amis à l'arrière d'un véhicule quant Arthur Sasse, photographe de l'agence américaine UPI, le sollicite à nouveau. Un peu las et énervé aussi, Einstein le regarde et, tel un galopin mal élevé, lui tire une longue langue pointue. En bon pro, Sasse appuie sur le déclencheur : il tient là l'une des photos du siècle ! Recadrée, elle fera le tour du monde et s'étalera à la une des plus grands quotidiens.

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Einstein, amusé, commentera le cliché avec ces mots : "Cette pose révèle bien mon comportement. J'ai toujours eu de la difficulté à accepter l'autorité et ici, tirer la langue à un photographe qui s’attend sûrement à une pose plus solennelle, cela signifie que l’on refuse de se prêter au jeu de la représentation, que l’on se refuse à livrer une image de soi conforme aux règles du genre." Son expression sur cette photo est devenue l’archétype du « savant fou ».

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Le physicien, qui fut successivement allemand, apatride, suisse avant de détenir la double nationalité helvético-américaine, va commander neuf tirages à Sasse, qu'il distribuera avec d'amusantes dédicaces. L’un d’eux, offert à un ami journaliste de télévision en 1953, sera vendu aux enchères aux États-Unis en 2009 pour un peu plus de 74.000 dollars (53.000 euros).

 

28/02/2016

Impériale violette, la fleur de Napoléon

La violette fleurit à partir du mois de février, mais c'est à l'approche des beaux jours qu'elle se cueille. Selon la légende, Joséphine de Beauharnais (1763-1814), qui par ailleurs avait la passion des roses, arborait un bouquet de violettes à sa ceinture le jour où elle a rencontré pour la première fois Bonaparte (1769-1821). Pour plaire à son futur mari qui en avait la passion, le jour de leur mariage en mars 1796, elle choisit une robe brodée de ces précieuses fleurs. Napoléon ne manquera pas par la suite de lui offrir un bouquet de violette à chaque jour anniversaire de leur union. Et, au moment de partir en exil vers l'Ile d'Elbe, il lance à ses grognards : "Je reviendrai avec les violettes". Ses partisans vont désormais le surnommer "Caporal violette" ou "Père la violette" et, en signe de ralliement, arborer cette fleur à leur boutonnière lors des Cent-Jours.

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Joséphine de Beauharnais (1763-1814)

 

Fleur de la tempérance, la violette symbolise la douceur et l'humilité, la simplicité et la pudeur. Sa réputation de modestie s'accorde bien avec la nouvelle référence de l'Empire, la laborieuse abeille. Toutes deux se veulent aux antipodes de l'orgueilleux lys royal.

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Arrivée d'Orient en France par l'Italie, elle est connue des Perses comme des Grecs. On raconte que la nymphe Io, courtisée par Apollon, se refusa à lui. Indigné, le dieu la condamna en la métamorphosant en une fleur chaste et pudique :  la violette. Les Romains s'enivrent de vin de violette et se décorent la tête de ses couronnes rafraîchissantes. Ils en usent également à la place de nos chrysanthèmes et appellent le jour des morts "dies volaris", le jour des violettes.

Fleur emblématique du XIXe siècle, ses parfums suaves et délicats culminent dans la parfumerie à la veille de la Première Guerre mondiale à travers les créations de Lubin, Guerlain et Jean Patou. Passée de mode dans les années cinquante, elle est redevenue tendance aujourd'hui, grâce notamment à Fahrenheit et Dioressence de Dior ou à Lolita Lempicka.

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En bonbon ou cristallisée, la violette accompagne aussi avec bonheur un gibier. Elle met de la couleur dans la salade et, en macaron, flatte avantageusement le palais.

 

Biblio. "Une histoire des fleurs" de R. De Ayala et M. Aycard - Ed. Perrin, 2001.