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10/02/2016

La phobie des gaulois

Si on nous demande ce dont avaient peur les Gaulois, on répond sans hésiter : " Que le ciel leur tombe sur la tête". Il faut dire qu'à cette époque, on se représentait le ciel comme une sorte de couvercle solide posé sur la terre.

 

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L'histoire de cette phobie gauloise nous a été contée par Straton (58 av. J.-C. - 25 ap. J.-C.). Le géographe grec, dont le nom signifie « qui louche », évoque dans le Livre VII de sa "Géographie", la rencontre en 335 av. J.-C. entre des émissaires celtes et Alexandre le Grand (356 av. J.-C. - 11 juin 323 av. J.-C. ). Ce dernier, qui a hérité du génie militaire de son père, a étendu son empire sur trois continents, de la Grèce à l'Inde. Chef tolérant et généreux, respectueux des cultures de chaque pays qu'il conquiert, il se trouve en Thrace, région de la péninsule balkanique, quand il reçoit ses invités. "Le roi, qui les avait accueillis avec cordialité, leur demanda, dans les fumées du vin, ce qu'ils craignaient le plus, persuadé qu'ils allaient le désigner lui-même." Car Alexandre, qui était par ailleurs très orgueilleux, pensait réellement que son armée les faisait trembler...

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Strabon d'Amasée, gravure du XVIe siècle

C'est pourquoi, la réponse de son hôte le laissa pour le moins perplexe... En effet, celui-ci lui assura que son peuple "n'avait peur de personne, qu'il craignait seulement la chute du ciel sur sa tête, mais qu'il plaçait plus haut que tout l'amitié d'un homme comme lui !" Répondre par cette boutade était non seulement osé mais une manière claire d'affirmer que personne, pas même le grand Alexandre, ne leur faisait peur et qu'ils ne craignaient rien !

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L'histoire marqua tellement les chroniqueurs de l'époque qu'elle fut colportée dans tout l'empire et arriva aux oreilles des Romains qui, eux, craignaient comme la peste ces implacables et féroces guerriers gaulois. Ils prirent au premier degré, volontairement ou non, cette frayeur et colportèrent partout que ces irréductibles guerriers... avaient peur que le ciel leur dégringole sur la tête !

Biblio. "Les dessous de l'Histoire" de L. Loiseau - Ed. 365, 2015.

20/01/2016

L'histoire du coq-girouette de nos clochers

Pourquoi les clochers de nos églises sont-il surmontés d'un coq faisant office de girouette ? En cuivre, en zinc, en bronze ou en fer blanc, pourquoi c'est cet animal qui a été choisi plutôt qu'un autre ?

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 Église de Saint-Saire (Seine-Maritime)

 

Selon la définition de l’encyclopédie de Diderot et d'Alembert du XVIIIe siècle, la girouette est « une plaque en fer blanc, mobile au gré du vent sur une queue ou pivot que l'on place sur les clochers, les pavillons, les tours et autres édifices pour connaître la direction du vent ». Les anciens s'étaient vite rendus compte de l'importance du sens du vent sur la température, sur l'arrivée de la pluie et donc sur les semailles et les récoltes. Mais au Moyen-Âge, n'avait pas girouette qui voulait ! Comme le donjon, le pont-levis ou encore les créneaux ou le colombier, elle constituait un code marquant la noblesse de celui qui la possédait.

C'est à la suite de l'homonymie qui amusait les Romains (en latin "gallus", signifie à la fois gaulois et coq), que le coq va devenir le symbole de la Gaule et des Gaulois. Mais « Gallia » a donné également le Pays de Galles qui a pour emblème, non pas un coq, mais un poireau...

 

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Il s'avère que c'est le pape Nicolas Ier (800-858) qui décida que toutes les clochers des églises de la chrétienté en seraient dotés. Est-ce en mémoire de la Cène et de cette phrase de Jésus à Simon Pierre «En vérité je te le dis, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois» ? Ou bien a t'il songé à la résurrection du Christ qui eut lieu au chant du coq ? Ou, comme le coq qui chante dès l’aube, voulait-il rappeler aux fidèles la nécessité de la première prière, « les matines » ? Toujours est-il que le sens pratique de nos anciens a fait le reste, réunissant en un même objet le coq et la girouette !

 

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 La grille du Coq - Palais de l’Élysée

 

En 1830, le roi Louis-Philippe fit du coq le symbole de la France. C'est sous la IIIe république qu'il devient un emblème national : la grille du parc du Palais de l’Élysée, construite à la fin du XIXe siècle, est d'ailleurs ornée d'un coq.

 

Biblio. "Le coq-girouette de nos clochers" in Les Clés de l'Histoire - Juin 2014.

16/12/2015

Cha alors !

Savez-vous quel est le point commun entre Alexandre le Grand (356 av. J.-C. - 323 av. J.-C.), l’un des personnages les plus célèbres de l’Antiquité, l'Imperator Jules César (100 av. J.-C. - 44 av. J.-C), le roi de France Henri III (1551-1589) et l'Empereur Napoléon Ier (1769-1821) ? Non ? Vous « donnez votre langue au chat » ? Et bien tous souffraient d'ailurophobie. Et comme tout ailurophobe craint les chats, ces quatre grands hommes avaient tout simplement une peur bleue des chats !

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Provenant du grec « ailouros » signifiant « chat » et « phobos », peur, l’ailurophobie est une peur intense et irraisonnée des chats. Les victimes de cette phobie relativement fréquente sont tout simplement paniqués à l'idée même d'entrer en contact avec l'un d'eux.

Nos gentils minous domestiques, bien souvent inoffensifs, provoquent en effet chez ces malades névrotiques des réactions diverses et variées : une transpiration intense, des tremblements, voire un phénomène de tachycardie le tout toujours accompagné d'une envie irrépressible de prendre la fuite !

 

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On raconte qu'Henri III piquait une crise de nerfs dès qu'un chat s'approchait de lui et que les valeureux guerriers qu'étaient Alexandre le Grand et Jules César s'évanouissaient à leur vue... Quant à Napoléon, son aide de camp le trouva un jour suant à grosses gouttes, l'épée à la main, tout ça à cause d'un chaton qui s'était aventuré sous sa tente...

 

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Pourtant, ce sont bien les chats qui vont sauver sa campagne d’Égypte, berceau il est vrai de leur domestication. Fasciné par Alexandre le Grand, l’Orient représentait pour le Général Bonaparte une grande promesse. En mai 1798, alors que son armée est freinée puis carrément arrêtée par une épidémie de peste, les chats qui faisaient partie du voyage vont être mis à contribution. Les chats faisaient partie du voyage. On les mit donc au travail pour arrêter l’invasion des rats dans les campements de l’armée française. Leurs talents de chasseurs vont ainsi sauver les 38 000 soldats français de la terrible infection.

 

Merci notamment au site http://www.lardeau.net/les-gouts-et-les-couleurs.