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HISTOIRE - Page 11

  • Décapité deux fois !

    L'hiver de 1783 à 1784 fut l'un des plus rigoureux que la France connaîtra ! De novembre à février, un froid polaire glacial s'abat tout le Royaume et en particulier sur sa moitié nord. Durant de longues semaines, Paris est sous la neige ! Le vin, l’eau, le pain posés sur une table au dehors se solidifient en quelques minutes. Les rues sont désertées : églises, ateliers, lieux publics gardent porte close. Partout, on meurt de faim et de froid.

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    Louis XVI en costume de sacre, huile sur toile de Joseph-Siffred Duplessis (1777)

    Extrêmement préoccupé par la situation, le roi Louis XVI (1754-1793) demande à son lieutenant général de police Lenoir (1732-1807) de le tenir quotidiennement informé. Devant la misère de son peuple et les dégâts économiques causés par ces conditions climatiques extrêmes, il donne ordre à son contrôleur général des finances, Charles-Alexandre de Calonne (1734-1802) de réduire les impôts dans les provinces les plus touchées ainsi que les droits sur le sucre et le café. En outre, pour combler les caisses vides de l’État et soulager par des aumônes les plus nécessiteux de ses sujets, il fait lever une taxe sur la noblesse et la bourgeoisie en application d'une ordonnance du Grand Bureau des Pauvres ( (1544-1791), ancêtre de notre Assistance Publique.

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    Le Pont-Neuf au XVIIIe siècle

    Cette décision, affichée dans touts les rues de Paris, est saluée par la population. En témoignage de reconnaissance, les parisiens érigent sur le Pont Neuf, une énorme statue de neige, haute de deux étages de maison, à l'effigie de leur roi. "Les traits du roi étaient d'une ressemblance parfaite, peut-on lire dans « Le Messager ». Sur la tête de cette effigie, on avait posé une couronne de fleurs artificielles, donnée par Mlle Bertin, modiste de la reine. Sur le piédestal de la statue, on avait gravé cette inscription : Notre amour pour lui nous réchauffe. Tout Paris voulut voir cette statue improvisée et si pittoresque. Il devint à la mode d'aller se promener sur le pont Neuf et le terre-plein ; les femmes les plus élégantes, les hommes les plus distingués s'y donnaient rendez-vous et s'y mêlaient au populaire. »

    Le 21 janvier 1784, le redoux de retour, le dégel a raison de la tête de ce colosse de neige ... »M. de Malesherbes, que la charité rendait matinal, et qui était en disgrâce depuis quelques jours, M. de Malesherbes traversait ce jour-là de bonne heure la place Dauphine, pour aller visiter les prisonniers du Châtelet. Il vit la chute de la tête ; il vit aussi un homme, un porteur d’eau, ramasser la couronne de fleurs qui était montée sur un cerceau, et s’en servir pour porter les seaux qu’il venait de remplir à la rivière. M. de Malesherbes fut frappé de ce spectacle et le consigna dans ses notes, bien qu’il ne songeât pas à y voir un sombre pronostic. »

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    Mort de Louis Capet 16e du nom le 21 janvier 1793 - Gravure. (Bibliothèque des Arts Décoratifs de Paris/Aurimages)

    Pourtant, cela se passait juste neuf ans, jour pour jour, avant la « vraie » décapitation du roi !

  • La Galette, l'hymne des Saint-Cyriens

    « Noble galette que ton nom,
    Soit immortel dans notre histoire,
    Qu’il soit ennobli par la gloire... »

    Écrite par Léon Bouisset (1824-1900), un élève de cette prestigieuse école, chantre de sa promotion, sur l'air de « la marche des Puritains » tiré de l'opéra créé en 1835 par Vincenzo Bellini (1801-1835), « La Galette » est le chant traditionnel de l'école militaire de Saint-Cyr, un hymne que les Saint-Cyriens entonnent chaque année lors du « Triomphe » de leur promotion.

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    Ce titre a une histoire... Il fait en effet référence à une tradition de l'établissement au XIXe siècle. A cette époque, pour différencier les meilleurs élèves des plus médiocrement classés, on dote les premiers d'épaulettes dorées à franges alors que les second n'ont droit qu'à de simples épaulettes bleues, sans franges ni décorations, qui ressemblent tout simplement à de plates galettes. Et curieusement, ceux qui les portent sont les plus fiers ! Persuadés que ce n'est pas la théorie qui fait le bon soldat !

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    Jean-de-Dieu Soult (1769-1851)

    En 1845, le maréchal Jean-de-Dieu Soult (1769-1851) alors président du Conseil de Louis-Philippe (1773-1850) décide d'un nouvel uniforme encore en usage aujourd'hui . Exit les galettes ! Désormais, pour tous, ce sera l’épaulette écarlate à franges de grenadiers

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    Et c'est pour protester contre cette décision que Léon Bouisset, qui fait alors partie du clan des mal notés, va composer ce chant qui curieusement va devenir l'hymne de l'école de Saint Cyr. Sorti à 20 ans avec un numéro de classement digne d’un ancien porteur de galette, c'est-à-dire 169ème sur 274, Léon Bouisset, Saint-Cyrien de la promotion d'Isly, est bien loin de se douter de l’éclatante destinée de sa galette !...

     

  • Le jardin-cimetière Saint-Sever de Rouen, territoire britannique

    C'est en Seine-Maritime, à Rouen, que se trouve le plus grand cimetière britannique de France. Il s'agit du cimetière Saint-Sever, un cimetière à l'origine réservé aux habitants de la rive gauche de la Seine, et qui, bien que situé en grande partie sur le territoire de la commune voisine du Petit-Quevilly, appartient à la ville de Rouen depuis 1909.

    Durant la Première guerre mondiale, la capitale de la Normandie avait été choisie comme base arrière des troupes anglaises. Tous les blessés de l’armée britannique victimes des armes meurtrières de l'ennemi et notamment de son artillerie, sont  dirigés vers les hôpitaux militaires de la périphérie rouennaise de Grand-Quevilly, Saint-Étienne-du-Rouvray et Sotteville-lès-Rouen. Et, à partir de 1914 et durant toute la durée de ce conflit, les soldats tués au combat vont être inhumés au cimetière Saint-Sever.

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    Au total, ce chiffre qui donne le vertige : 11 436 corps d'hommes et de femmes, de soldats, d'infirmières, de pasteurs et de travailleurs venus de tout le Commonwealth et originaires du Royaume-Uni, des Indes orientales, d’Égypte, d’Australie, d’Afrique du Sud, de Birmanie, de Nouvelle-Zélande, d'Inde ou de Chine sont enterrés dans ce cimetière aux côtés de plusieurs centaines de soldats français.

     

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    Lors de la Seconde guerre mondiale, ce cimetière St-Sever a également accueilli les dépouilles des soldats britanniques tués dans la région rouennaise et celles des soldats canadiens blessés durant la tentative de débarquement allié à Dieppe le 19 août 1942 et décédés à l’Hôtel Dieu de Rouen.

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    En reconnaissance du lourd tribut humain payé, en 1921, cinq hectares du cimetière St-Sever sont devenus officiellement territoire britannique. C'est ainsi qu'aujourd'hui, l'endroit, aménagé par l’architecte paysagiste anglais Réginald Blomfield (1856-1942), est soigneusement entretenu par les jardiniers du Commonwealth War Graves Commission.

    Au cœur de ce cimetière se dresse le monument aux morts de la ville de Rouen dû à Georges Lisch (1869-1960) et Raoul Verlet (1857-1923) inauguré le 11 novembre 1924 et mettant à l'honneur les 6000 soldats rouennais qui ont péri durant la guerre 14/18.