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02/04/2017

La perruque, une victime de la Révolution Française

Parce que le luxe est toujours synonyme de parures de toutes sortes, les Grecs comme les Romains portaient perruques. Utilisées bien avant eux par d’autres civilisations anciennes, notamment par les Égyptiens qui protégeaient ainsi leur crâne rasé du soleil, elles vont progressivement cependant disparaître…

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Perruque égyptienne

 

... Pour mieux renaître au royaume de France au début du XVIe siècle et ce, malgré les réticences de l’Église arguant qu’ « il déplaît à Dieu que l’homme, en usant d’une fausse chevelure, contrarie ce que la nature lui a donné ! ». Car c’est au roi Louis XIII, victime d’une calvitie précoce à seulement 19 ans, que l’on doit son retour.

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A  cette époque, l’homme dégarni n’a d’autre solution pour remédier à ce désagrément, que de porter un couvre-chef triste et plat appelé « calotte ». C’est sur cette « calotte » qu’on va imaginer d’attacher des cheveux postiches. On va tout d’abord lacer des cheveux dans un « toilé de tisserand » et aussi dans un « tissu à franger » nommé « point de Milan ». Puis, plus tard, on va coudre par rangées ces entrelacements sur la calotte. Celle-ci aussi s’améliore au fil du temps et devient de plus en plus mince et légère. 

Elles prennent aussi différentes couleurs et sont réalisées dans différentes matières comme la peau de mouton, le satin ou la soie. Les longs cheveux qui y sont cousus à l’aiguille, un par un, très minutieusement, sont par la suite frisés. Et c’est ainsi que les perruques vont devenir au fil du temps de plus en plus compliquées et imposantes. Les plus beaux modèles sont fabriqués avec de véritables cheveux humains, le crin de cheval étant une alternative moins chère.

Dès 1620, après que le roi Louis XIII l’eut adoptée, la perruque devient et restera pendant plus de deux siècles une composante essentielle de l’apparence. Ainsi, la mode va gagner progressivement les gens de cour, les bourgeois et même les ecclésiastiques. Le roi Louis XIV confiait volontiers que «La perruque donne à la physionomie de l’homme plus de majesté et plus de noblesse.»

Chacun va l’utiliser et pas seulement pour améliorer son aspect physique ! En effet, l’époque n’étant pas à proprement parler celle de l’hygiène corporelle, les cheveux rasés sous la perruque permettent d’éviter les infections capillaires et autres démangeaisons disgracieuses.

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Sous le règne du roi Louis XV,  le rôle du perruquier prend une importance considérable. Car c’est son art qui assigne à chaque personnage son rang dans la société : « la perruque fait le moine » ! Chacun, qu’il soit aristocrate, magistrat, militaire, gentilhomme, femme de cour, prêtre, marchand ou simple valet…,  chacun se doit d’inclure cet accessoire dans sa « panoplie » de cérémonie !

Au XVIIIe siècle, à Paris, presque tout le monde porte une perruque, depuis le vieillard jusqu’à l’enfant. « Le moindre laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux, et la condition des personnes se reconnaissait à la forme de leur perruque. » D’ailleurs différentes professions, notamment celles de justice, vont l’adopter dès lors comme un des éléments de leur uniforme.

La fin des perruques sonnera quand les têtes tomberont, victimes les unes et les autres, de la Révolution Française.

 

Biblio : « Parfum et cosmétiques » - Nos ancêtres – Vie et Métiers, n°47 – Jan-Fev. 2011

Merci aux sites gralon.net et france-pittoresque.com

 

15:02 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

26/03/2017

Le grand jeu de Mademoiselle Lenormand !

27 mai 1772 : Marie Anne Adélaïde Lenormand voit le jour à Alençon, au domicile de ses parents, des bourgeois drapiers qui habite la Grande Rue. Orpheline à 5 ans, elle est placée chez les Sœurs Bénédictines puis chez les Visitandines. Studieuse, apprenant vite, elle s’amuse pendant les récréations à prédire l’avenir de ses camarades de classe. Elle fait déjà état d’une grande imagination et de qualités qualifiées de « pénétration psychologique ».

 

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 Portrait de Marie Anne Lenormand

 

Dès lors, la jeune fille va s’employer à développer ce « don de voyance », non sans risque puisque, à cette époque, les pratiques « magiques », l’occulte et l’énigmatique ne sont guère acceptés. Elle en fait la triste expérience à Paris, en 1786, où elle est arrêtée après avoir tiré les cartes. Pour se faire oublier, elle s’exile à Londres durant quelques mois et en profite pour y prendre des leçons de chiromancie.  

En 1790, de retour en France, elle installe son cabinet de consultation au cœur du Faubourg Saint-Germain, au 115 de la rue de Tournon. Elle va très vite y prophétiser le tout-Paris et surtout le gotha de la Révolution, parmi lesquels Danton, Desmoulin et Robespierre. Elle lit les lignes de la main, manie les cartes avec adresse, consulte le plomb fondu, les miroirs brisés, le cristal de roche, les cendres soufflées et jette même les aiguilles.  

 

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 Le salon de consultation de Melle Lenormand

 

Talentueuse, utilisant avec habilité son image publique, elle écrit, parallèlement à ses activités de prophétesse,  des livres et des pièces de théâtre, et fait même paraître quelques numéros d’un journal intitulé « Le mot à l’oreille ».

En 1793, elle devient l’amie et la confidente de Joséphine de Beauharnais. C’est lors d’une visite à la Malmaison, le 2 mai 1801, que la pythonisse lui prédit le célèbre « Vous serez plus que reine… »

Si la Révolution l’a fait connaître, sa vraie notoriété viendra de l’Empire qui fera d’elle la plus célèbre cartomancienne du XIXe siècle… et aussi sa fortune. Elle s'éteint célibataire et sans enfant le 25 juin 1843. Après ses obsèques à St Jacques du Haut Pas à Paris devant une foule immense, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Sa fortune ira à ses neveux qui hériteront notamment de propriétés acquises à Alençon, sa ville natale.

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Ce n'est qu'après sa mort que va paraître le « Grand jeu de Melle Lenormand », un jeu de tarot de 54 cartes, fondé sur la  Mythologie grecque, qui est toujours autant plébiscité de nos jours.

 

Biblio ; « Hommes et cités de Normandie » de J. Cathelin et G. Gray – Ed. du Sud et A. Michel – Paris 1965.

« Pays de Normandie » n°67 – Hiver 2009-2010

 

19/03/2017

La Normandie : l'autre pays des cigognes !

Le saviez-vous, les cigognes aiment la Normandie! Et notamment les marais du Bessin et ceux de la Dives en Basse-Normandie. Mais on les rencontre également en Haute-Normandie, dans le département de l'Eure, en baie de Seine, au cœur du Marais Vernier, l'une des douze réserves naturelles de notre belle province.

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C'est en 1973 que le marais de Mannevilles, est acquis par le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement. Classé en 1994 sous le nom de « Réserve naturelle nationale des Manneville », le site est réuni en février 2013 au marais de Bouquelon, propriété du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande et devient ainsi la « Réserve naturelle nationale du marais Vernier ».

Situé dans un ancien méandre de la Seine, au nord-ouest du plateau crayeux du Roumois, le marais Vernier s'étend sur 4 500 hectares. Il est entretenu majoritairement par un troupeau de Highlands et de chevaux de Camargue.

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Et parmi les oiseaux nicheurs ou migrateurs qu'il abrite au sein des roselières, des iris des marais et des orchidées, la Cigogne blanche, symbole de fidélité et de fécondité mais aussi symbole de l'Alsace depuis des décennies, y nidifie avec succès depuis 1993. Elle bénéficie de nids artificiels construits à dessein pour favoriser son retour. Car, pour construire son nid, la cigogne doit travailler une bonne semaine. La base est constituée de branches, mêlées à des mottes de terre, des herbes..., puis à des matériaux plus fins comme du foin, de la mousse et même des papiers ou des chiffons. Mais si elle occupe un ancien nid, elle va n'avoir de cesse que de l'agrandir. C'est ainsi qu'un nid tout neuf mesurant environ 80 cm de diamètre pour 40 cm d'épaisseur, pourra atteindre avec le temps, plus de 2 m de diamètre et de hauteur et dépasser les 500 kilos !

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La réserve nationale du Marais Vernier se visite d'avril à novembre. Elle vous attend !

 

Biblio. « Fier d'être Normand – 100 bonnes raisons » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France 2013,

Merci aux pages dédiées aux réserves naturelles de Normandie.