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30/04/2017

Un matin de printemps en Normandie...

En ce jour de printemps du 30 avril, on honore les Robert ! Bonne fête à eux ! Robert, c'est le prénom que s'était choisi Rollon, Jarl des Normands, lorsque, en 912 , convertit au christianisme, l'archevêque Francon le baptisa à Rouen, de la source bénite dite de la Saint-Trinité.

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C'était également au printemps que les Vikings, ces marchands-pirates scandinaves, principalement des Danois, quittaient leurs villages pour mener une "expédition", "i vikingu" en norrois, d'ou leur nom. Grâce à leurs navires à faible tirant d'eau et à fond plat, les "langskips", des bateaux de guerre dont la proue à la forme d'une tête de dragon (d'ou le nom de "drakkars" (dragons) qu'on leur donnera bien plus tard), ils s'approchaient au plus près des côtes, remontaient les fleuves et frappaient les grandes villes, exigeant un "danegeld", un tribut, pour quitter les lieux. Au cours de leurs raids, certains de ces hommes fondèrent des bases dans la baie de Seine et dans la vallée du fleuve, notamment à Rouen et Oissel, menaçant directement Paris.  D'autres venus d'Irlande, colonisèrent le nord du Cotentin et d'autres encore s'implantèrent solidement dans l'estuaire de la Loire.

 

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Flotte normande d'après une miniature d'un manuscrit de la BNF


Au début du IXe siècle, les côtes de l'actuelle Normandie, du Cotentin au Pays de Caux, sont régulièrement razziées. Ne pouvant chasser les envahisseurs par les armes, Charles III dit le Simple (879-929), roi de Francie occidentale, va user de la carte de la diplomatie. Pour faire cesser ces raids incessants et protéger Paris, le cœur de son royaume, il va reprendre une stratégie mise en place jadis par les Romains. En effet, ces derniers avaient l'habitude de pratiquer le système des "fédérés" qui consistait à accueillir et à installer un peuple barbare, à charge pour lui d'interdire la venue d'autres barbares.

C'est ainsi que va être signé à l'automne de l'année 911, à Saint-Clair, un village situe sur l'Epte, petit affluent de la Seine, un traité de paix avec Hrolfr ou Rollon (mort entre 928 et 933), "jarl" norvégien à la tête d'une armée danoise, qui, auparavant, a longtemps séjourné dans le nord de l’Écosse et en Angleterre. Charles III concède au chef viking la terre située entre la mer, l'Epte, la Bresle et probablement la rivière Avre, ce qui correspond à l'ancienne région de Haute-Normandie. Il entend ainsi fixer ces "Normands" sur ce territoire, les empêcher de remonter plus en avant la Seine et aussi les faire participer activement à la protection de son royaume. En outre, il donne au chef viking la main de sa fille Gisèle, lequel, de son côté, accepte de se faire baptiser.

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Charles III donne la main de sa fille Gisèle au chef viking Rollon


Le traité de Saint-Clair-sur-Epte fonde le comté de Rouen, une nouvelle principauté, la Normandie, qui, en quelques décennies, va devenir l'une des premières du royaume franc. Pourtant, si Robert Ier est à l'origine d’une dynastie prestigieuse, celle des ducs de Normandie, il ne fut pas lui-même duc. C'est son arrière-petit-fils, Richard II, qui sera le premier à porter ce titre.



Biblio. "histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

"Histoire de la Normandie - Des origines à nos jours" de R. Jouet et Cl. Quétel - Orep Editions 2009.

Merci aux nombreuses pages dont celles de Wikipédia sur le sujet.

 

23/04/2017

22 avril 1370 : pose de la première pierre de la Bastille

Commandée par le roi Charles V (1338-1380), la bastille Saint-Antoine voit sa construction débuter le 22 avril 1370. C'est au prévôt de Paris et Officier Royal Hugues Aubriot (1320-1382) que revient l'honneur de poser la première pierre de ce véritable château et arsenal.

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Élevée à l'emplacement du débouché de la rue Saint-Antoine, sur l’actuelle place de la Bastille à Paris, sur le modèle de 4 tours courant à l'époque, la forteresse en pierre mesure 24 mètres de hauteur pour 66 mètres de longueur et 34 mètres de largeur. Elle est entourée d’un fossé de 25 mètres de largeur par 8 mètres de profondeur alimenté par les eaux de la Seine. Quatre autres tours seront ajoutées par la suite.

A l'origine, la « Bastille » ou « Bastille Saint-Antoine » ou encore « fort et bastide Saint Anthoine lez Paris » a pour fonction officielle de renforcer les remparts de l'est de Paris devenus vulnérables. Mais, et le roi ne l'ignore pas, en cas de révolte du peuple parisien, cette forteresse peut aussi le protéger en sécurisant la route reliant sa résidence de l'hôtel Saint-Pol au château de Vincennes où il a choisi d'établir le centre administratif du royaume.

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Une fois achevée, après 13 années de chantier, un capitaine gouverneur est nommé par le roi Charles VI (1368-1422) en 1386, en la personne de son chambellan Jehan de La Personne, vicomte d'Acy, ancien compagnon de Bertrand du Guesclin.

Convertie une première fois en prison par Louis XI (1423-1483), la Bastille est utilisée comme entrepôt d'armes et lieu de réception par François Ier (1494-1547), puis comme coffre-fort des richesses royales sous Henri IV (1553-1610). C’est le cardinal de Richelieu (1585-1642) qui la transforme en prison d’État laquelle dispose d'un quartier "V.I.P." de 42 cellules plutôt confortables destinées aux personnes de qualité, nobles et grands bourgeois, comme le Marquis de sade (1740-1814) qui va y demeurer plus de cinq années. Ces personnalités mangent tous les jours « à la table du gouverneur », non avec lui mais bénéficie du même repas que lui.

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Prise de la Bastille, par Jean-Pierre Houël.

 

Assiégée par le peuple parisien le 14 juillet 1789, elle est détruite par Pierre-François Palloy dit « le Patriote » (1755-1835), un entrepreneur privé qui met dès le lendemain une équipe de huit cents ouvriers à la tâche. A la fin novembre, il ne reste plus rien de la forteresse ! L'homme va se faire de l'argent en vendant des modèles réduits de celle-ci avec la mention : « je certifie que cette pièce vient de la Bastille » signé « Palloy patriote » !

 

Biblio.Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

16/04/2017

16 avril 1917 : le désastre du Chemin des Dames

« L'heure est venue, confiance, courage et vive la France ! » : c'est avec ces mots et sous ses ordres que le 16 avril 1917 à 6 heures du matin, le Général Nivelle (1856-1924) lance, dans des conditions météorologiques hivernales, la grande offensive du Chemin des Dames. Elle ne devait durer que 24 voire 48 heures au maximum...

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 Le Général Nivelle (1856-1924)

La « mère de toutes les batailles », celle de Verdun, n'est pas encore achevée que déjà l'état-major français songe à porter ailleurs l'offensive dans l'espoir d'une percée définitive. La stratégie élaborée par Nivelle, qui vient de remplacer Joffre (1852-1931) à la tête des armées, est de mettre un terme à la guerre d'usure menée par ce dernier en lançant des attaques frontales massives et brusquées à l’abri d’un rideau de feu.

Pour cela, il choisit le plateau du Chemin des Dames, qui domine la vallée de l'Aisne, où la ligne de front s'est figée. Il en est convaincu : une vaste offensive des forces françaises et anglaises va permettre de remporter une victoire décisive. Le Chemin des Dames, ce sera le « dernier coup » !

 

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En mars 1917, alors que, du côté français, on accélère les préparatifs, les Allemands, qui ont renoncé à Verdun, entament un repli stratégique tout en renforçant sérieusement leurs lignes de défense sur un front désormais réduit. Cela va avoir de lourdes conséquences sur la suite du conflit et l'état major français le sait bien : l'offensive des alliés n'aura aucun effet de surprise sur l'ennemi, bien au contraire ! On tente en vain de persuader Nivelle de revoir son plan, mais celui-ci s'obstine : il a rassemblé plus de 800 000 hommes et n'entend pas renoncer.

 

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Après seulement quelques heures d'âpres combats, les pertes humaines sont effroyables. Tous les assauts échouent, les hommes tombent par milliers et il semble évident qu'il faut arrêter l'opération avant qu'il ne soit trop tard. Pourtant, rien ni personne ne fait dévier le généralissime Nivelle de ses espoirs de victoire, pas même la vie des poilus. Après une semaine de lutte, les combattants n'ont pratiquement pas progressé. Pourtant, 35 000 hommes sont déjà morts ! Les autres sont cloués au sol et vivent un calvaire qui va continuer des semaines durant. L'échec se transforme en fiasco. Le mécontentement gronde. C'est le début des fameuses mutineries de 1917 qui seront maîtrisées par le Général Pétain (1856-1951), Commandant en chef des armées, qui fera fusiller quarante-neuf soldats, dont certains pour l'exemple. Or, ces soldats ne refusent de se battre, mais ils ne veulent plus aller « au casse pipe » en participant à des offensives mal préparées et des plus meurtrières. 

Nivelle, relevé de son commandement, le moral des troupes s’améliore. Il faudra tout de même attendre la victoire de la Malmaison, le 24 octobre 1917 pour que s'achève enfin la bataille la plus absurde de cette Grande Guerre... où 200 000 soldats, français et anglais, ont été tués ou blessés.

Bien que disgracié en décembre 1917 et expédié loin du front, avec la paix revenue, le temps de la réhabilitation sonnera pour celui qui restera pour la postérité « le boucher du Chemin des Dames ». Nommé au Conseil supérieur de la guerre puis élevé le 28 décembre 1920 à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur et décoré de la Médaille militaire, Nivelle meurt dans son lit le 22 mars 1924. Inhumé à Passy, son corps a été transféré aux Invalides en 1932. C'est le ministre de la Guerre d'alors, André Maginot (1877-1932), qui a prononcé son éloge funèbre.

 

Biblio. « Les pires décisions de l'histoire » de R. Thomazo – Mini-Larousse 2011.