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21/06/2020

L'aventure d'un Dionyso-Thébaldien

Qu'ont donc en commun le joueur de baseball américain Lou Boudreau (1917-2001), le pilote automobile canadien Jacques Villeneuve (né en 1971), le catcheur et acteur américain John Cena (né en 1977) et l'inventeur canadien du motoneige Joseph Armand Bombardier (1907/1964) ? L'amour du sport bien sûr ! Effectivement, mais pas que...

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De gauche à droite : Lou Boudreau, Jacques Villeneuve, John Cena et Joseph Armand Bombardier

La clef de l'énigme se trouve en Normandie, dans un petit village de Seine-Maritime, celui de Saint-Denis-le-Thiboult. Niché à l'est de Rouen, entre Ry et Vascoeuil, son nom, "Parrochia sancti Dionisii le Tiebout", attesté depuis 1208, s'est transformé au fil du temps pour se fixer en 1757 sous sa forme actuelle. A Saint-Denis, premier évêque de Paris, s'est ajouté la forme régionale de "Thibault", issus de "Theobald", nom de baptême et patronyme d'origine germanique, composé de theod « peuple » et bald « audacieux ». "Peuple audacieux",  une qualité commune à tous les sportifs !

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St-Denis le Thiboult sur la Carte de Cassini

Maintenant, remontons le temps et transportons nous au début du XVIIe siècle sous le règne de sa majesté Louis XIII (1601-1643). Dans l'église de ce village, le 2 juin 1607, vient d'être célébré le mariage de Jehan Messier (1581-1658) et Françoise Haudricourt (ca1586-ca1676). "Messier" est un patronyme bien normand qui, en ancien français, désigne un garde des moissons ou des vignes, et plus généralement un garde champêtre. Jehan Messier, surnommé "Blondelet", "celui qui a les cheveux blonds", comme avant lui son père et son grand-père, est originaire du village voisin de La Haye-en-Lyons. C'est un homme de journée, un métier bien aléatoire pour faire vivre une femme et les nombreux enfants qu'elle va lui donner !

Car, de leur union vont survivre quatre enfants. Deux filles et deux garçons. David (né vers 1612), le plus jeune, homme de journée lui aussi, épousera une jolie Marguerite (ca 1619-1676). L'aîné de leurs enfants, Michel (ca 1640-1725), refusera la misère et choisira le chemin de l'exil vers la Nouvelle-France. Il n'a que 10 ans lorsqu'il débarque en 1650 au Québec, à Ville-Marie, rejoindre son oncle paternel Jacques (né vers 1610). Il y épousera le 25 février 1658 Anne Lemoyne, une dieppoise orpheline de père et "fille du roi".

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Acte de mariage de Michel Messier et Anne Lemoyne - Notre-Dame de Montréal (Canada) -

Archives nationales du Québec - Registre 1642-1694, vue 123 de 598

Devenu Sieur Michel Messier de la Guillaudière, plus connu sous le nom de Michel Messier dit Saint-Michel, Seigneur de Cap-Saint-Michel, il va fonder la lignée Messier d'Amérique du Nord qui donnera naissance à nos quatre sportifs et qui, de fait, sont cousins !

Jehan Messier et Françoise Haudricourt font également partie de mon arbre généalogique. Ils sont les ancêtres à la 10ème génération de ma grand-mère maternelle Blanche Bénard (1902-1977)

14/06/2020

Du sang bleu dans les veines

On ne descend pas tous en ligne directe d'une famille noble. Et pour être honnête, on a souvent dans sa généalogie plus d'ancêtres roturiers que de seigneurs. Cependant, il est tout à fait possible de compter un peu de sang bleu dans ses veines.

 

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Charlemagne (742-814)

En 1986, la revue "Nos ancêtres et Nous" a étudié la descendance de Charlemagne et a conclu que "depuis au moins 5 générations, tout français de souche descend de cet empereur." Ce "père de l'Europe" mérite bien son surnom car il se retrouve inlassablement dans la plupart des généalogies ancrées au-delà du XVIIe siècle. Les descendants des Carolingiens se compteraient donc par dizaines de milliers et 9 français sur 10 descendraient d'un roi !

Alors, pensez-vous, comment faire ? D'abord, remonter le temps. C'est mathématique, plus le nombre de ses ancêtres augmente et plus grande est la chance de retrouver des nobles dans son ascendance. Sur 10 générations, l'un de ses 1024 ancêtres est forcément issu d'un autre milieu social. Pour la plupart des familles "ordinaires", l'étude des registres paroissiaux permet de remonter sa généalogie jusqu'aux années 1650. On peut quelquefois gagner quelques décennies supplémentaires en "chassant" les contrats passés chez les notaires.

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Ensuite, on va surtout s'intéresser aux femmes ! Un épithète d’honneur placé devant son patronyme comme « damoiselle », fille de « noble homme » ou de « noble dame », de « hault et puissant seigneur » ou « haulte et puissante dame », de « dame douairiere » ou bien encore de « sieur de » comme un titre d'écuyer ou de chevalier, l'occupation d'une charge, un patronyme suivi d'un nom de terre,... sont autant d'indices à vérifier.

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Les merlettes

Il ne reste plus qu'à creuser, fouiller, chercher, se documenter et s'armer de patience et de courage. Pour nous aider dans notre quête, les associations généalogiques et les services d'archives mettent à disposition de nombreux ouvrages et documents traitant de la généalogie particulière de la noblesse. Leurs conseils avisés évitent les pièges des "vendeurs de merlettes", ce petit oiseau que l'on trouve fréquemment dessiné sur les blasons, et leurs généalogies de complaisance dans lesquelles il n'ont pas hésité à "valider" les fausses prétentions de ceux désirant "s'ensoucher" sur d'autres tiges que celles qui les avaient portés."

 

Biblio. "Généalogie facile - réaliser son arbre" - Hachette Collections, 2008 - "Larousse de la Généalogie" 2002 -"Revue française de Généalogie" n° 163 - Avril-Mai 2006 - "Votre généalogie" n° 76, 77, 78 - 2017 - "Gé-Magazine" n° 218.

07/06/2020

Médard : un prénom défiant le temps !

« S'il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard,

à moins que Saint-Barnabé (fêté le 11 juin) ne lui coupe l'herbe sous le pied. »

 

Parmi les prénoms "originaux" rencontrés dans ma généalogie, celui de Médard ! Un nom "vieux-francique", qui a été latinisé en "Medardus". Si la finale "ard" («dur, solide») est claire, le radical peut-être soit les germaniques "meht" («pouvoir») ou "maed" («honneur») ou le celtique "mat" («bon»). Peu voire plus du tout populaire, ce prénom a donné les Med, Médie et Meddy d'aujourd'hui.

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Célébré le 8 juin, Saint-Médard est la plupart du temps représenté en évêque, avec la crosse épiscopale. Souvent aussi, il a la bouche entrouverte et montre ses dents, tout simplement parce qu'il était notamment invoqué contre les névralgies dentaires. Médard de Noyon, devenu Saint Médard, ou Saint Mard (456-545), ce qui est une évolution phonétique normale en français, fut évêque de Noyon (Oise). Né à Salency (Picardie), il est le fils de Nectar (ou Nectardus), un noble franc de la cour de Childéric Ier, et de Protagie (ou Protagia c'est-à-dire «première sainte» selon l'étymologie grecque), une noble gallo-romaine qui convertit son futur époux au christianisme en échange de son renoncement à la virginité. Le "martyrologe romain", c'est-à-dire la liste détaillée mais non exhaustive des saints, bienheureux et martyrs reconnus comme tels par l'Église, nous apprend que Godard, archevêque de Rouen et Médard, archevêque de Noyon, seraient en réalité frères jumeaux. Si l'on en croit "les tables" de l'église de Rouen, tous deux assistèrent Remi de Reims, Saint Remi ( 437-533) lors du baptême en 496 du roi Mérovingien Clovis (466-511).

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Baptême de Clovis par saint Rémi - Dernier quart du IXe siècle - Amiens, musée de Picardie -

Saint-Médard est le patron des personnes emprisonnées, des malades mentaux, des migraineux, des agriculteurs et des viticulteurs. "Saint-Pluvieux", il est invoqué contre le mauvais temps, pour ou contre la pluie et pour le bon déroulement de la moisson. C'est à lui qu'on doit l'institution de "la Rosière", la remise d'une couronne de roses à la jeune fille du village reconnue pour sa conduite irréprochable, sa vertu, sa piété et sa modestie.

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Un de mes ancêtres portait ce prénom assez rare : Médard Roquigny. Il était né le 20 juin 1657 à Saint-Mards, un petit village normand de Seine-Maritime, situé à une vingtaine de kilomètres de Dieppe, qui possède une église datant du XIe siècle, grandement remaniée au XVIème siècle, dédiée, devinez à qui... à Saint-Médard bien sûr !