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21/10/2018

Les enluminures du Maître de l'échevinage de Rouen

Cet autre arbre de Jessé, sur lequel douze rois se dispersent sans aucune rigueur généalogique autour de la Vierge et de l'Enfant, on le doit au Maître de l'échevinage de Rouen, un maître enlumineur anonyme qui à travaillé dans la capitale normande entre 1450 et 1485. Il est nommé ainsi d'après les cinq manuscrits qu'il enlumina, entre 1457 et 1480, pour la librairie des échevins de Rouen. Rappelons que l'échevin était un magistrat municipal dont la charge était de représenter les pouvoirs fondamentaux du souverain sur ses terres, d’y faire appliquer le droit, d’y organiser la police et de percevoir les taxes.

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 Arbre de Jessé peint par le Maître de l'échevinage de Rouen

(Bréviaire à l'usage de Besançon - fin XVe siècle)

Après le départ des Anglais, Rouen connaît un essor économique sans précédent qui s'accompagne d'une intense activité artistique. Ville marchande prospère et archevêché important, la cité possède une grande clientèle livresque potentielle, laïque comme ecclésiastique. C'est dans ce contexte qu'elle devient un centre de production de manuscrits enluminés de premier rang dans lequel se détache, la personnalité du maître de l'échevinage. Il puise ses sources notamment dans l'enluminure parisienne pratiquée dans cette première moitié du XVe siècle, par le Maître de Bedford, autre maître anonyme enlumineur actif quant à lui à Paris.

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« Couronnement de Charles VI », par le Maître de l'échevinage de Rouen

(Chroniques de Charles VI -1480)

Durant au moins une vingtaine d'années, l'échevinage de Rouen, par un mécénat, soutien activement des ateliers d'enluminure installés à Rouen pour rivaliser avec la production parisienne. Figure dominante, le Maître de l'Échevinage va susciter de nombreux imitateurs qui vont contribuer à donner à la production de la cité normande un style inhabituellement unifié. Ses illustrations se caractérisent notamment par l’inscription systématique en lettres d’or des noms des personnages et des villes, un procédé d’une utilité pratique indéniable et fort bien venue.

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"Roue de la Fortune et assassinat d'Alexandre II de Macédoine" par le Maître de l'échevinage de Rouen

(La Bouquechardière - 1457)

 

On doit à cet artiste l'illustration de cinq manuscrits commandés par les échevins et conservés par la Bibliothèque nationale de France dont "La Bouquechardière", commandé en 1457, une chronique universelle de Jean de Courcy, seigneur de Bourg-Achard en Normandie, qui tire son nom de ce lieu.

 

Biblio et image n°1 : "Mille ans d'histoire de l'Arbre Généalogique en France" de M.-E. Gautier - Ed. Ouest-France, 2008.

14/10/2018

Mais où se cachent les signatures de nos ancêtres ?

C'est sûrement la première question qu'on se pose lorsque, après des heures et des heures de travail, on vient de dénicher l'acte qu'on recherchait depuis longtemps, celui qui va combler notre âme d'enquêteur, qui va faire, on en est certain, avancer d'un pas de géant nos précieuses recherches généalogiques ! Cette question, c'est "Est-ce qu'il est signé ?"

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Signatures sur l'acte de sépulture de mon ancêtre Jean Le Coq - 1684 -

C'est le cas généralement en ce qui concerne les registres paroissiaux. En effet, à partir du règne de Louis XIV (1643-1715) et la mise en place du Code Louis en 1667, les actes des sacrements sont signés. Lors du baptême, par le père de l'enfant, ses parrains et marraines ; Lors du mariage, par les conjoints, leurs témoins et parfois leurs parents et quelquefois mais plus rarement, s'agissant des actes de sépulture, par le ou les déclarants et témoins. En outre, en vertu de l'article 10, "si aucun d'eux ne savent signer, ils le déclareront, et seront de ce fait interpellés par le curé ou vicaire, dont il sera fait mention".

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Signatures de l'acte de mariage de mes ancêtres maternels Marin Jullien et Marie Anne Le Cocq - 1733 -

Cependant, dans les fait et dans de nombreuses régions, il faut savoir qu'on peut trouver des signatures sur les actes bien avant la règlementation de 1667, comme en Loire-Atlantique, où les plus anciennes datent de 1550.

Enfin, jusqu'à 1736, la plupart des registres de la série départementale, celle qu'on appelle la "grosse", qui n'est qu'une copie des originaux déposée au bailliage, ne sont pas signés.

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Signatures sur contrat de mariage de mes arrières grands parents Constant Boulangé et Lucie Pellerin - 1842 -

Autre "source" de signatures : la consultation des actes notariés. Autrefois, le recours au service d'un notaire, pour divers actes de la vie quotidienne était courant. Depuis le XVIe siècle et l'ordonnance de 1554, contrats de mariage, testaments, inventaires, reconnaissances et terriers, contrats de vente et de location, quittances, contrats d'affermage, baux de métayage, redevances seigneuriales, contrats d'apprentissage... sont généralement paraphés par les témoins comme par les contractants.

Enfin,on trouve également des signatures sur les cahiers de doléances, les délibérations et procès-verbaux des assemblées, passeports intérieurs, cartes de sûreté, permis de séjour, permis de port d'arme, minutes des commissaires de police, pétitions, cartes postales,... A vous de jouer !

A suivre...

 

 

Biblio. "Les signatures de nos ancêtres, ou l'apprentissage d'un geste" de Th. Sabot - Ed. Thisa, 2012,

"La trace de nos ancêtres" de M. Lequesne - RFG n°141,

"Les signatures, un objet d'étude à ne pas négliger !" de S. Roelandt - Votre Généalogie, n°22.

07/10/2018

Monnaie de nos aïeux : l'écu

Parmi les monnaies de notre pays, "l'écu", qui tire son nom du latin "scutum" signifiant " bouclier rond ", est apparu en France en 1263.

L'année précédente, le roi Louis XI (1423-1483) met en place une réforme monétaire destinée à unifier les différents monnayages du Royaume. Non seulement les monnaies féodales n'ont plus cours que sur le territoire de leur émetteur, mais est affirmée la suprématie de la livre tournois, dont le cours légal est appliqué à tout le royaume, sur la livre parisis. La livre tournois vaut alors 20 sous ou gros tournois de 4,2199 grammes d'argent à 958/1000e soit 20 x 4,044 = 80,88 grammes d'argent fin (ou environ 6,74 grammes d'or au cours de l'or variant à l'époque autour de 12 parts d'argent pour 1 part d'or).

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Écu d'or au soleil - avers : couronné sommé d'un soleil

A l'occasion de cette réforme, en 1263, le roi fait frapper le "denier d'or à l'écu". "L'écu au soleil" ou "écu sol" avait un poids de 3,45 grammes et valait 1 livre 13 sols tournois. Symbole de l'unification du Royaume, il s'agit là de la première émission d'or depuis plus de 250 ans. Très vite, son nom va être abrégé en "écu" d'une valeur de trois livres tournois.

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Écu d'or au soleil - revers : Croix fleurdelisée avec quadrilobe en cœur

Cette monnaie restera l'étalon de référence jusqu'à la réforme monétaire de 1640 voulue par le roi Louis XIII (1601-1643). En vertu de celle-ci, le terme « écu blanc » désignera une grande pièce d'argent, toujours d'une contre-valeur de trois livres ou soixante sols. La valeur de l'écu d'argent monta sous le règne de Louis XVI (1754-1793) à quatre puis à six livres.

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Pour vous, amis généalogistes, cette seconde grille de d'orthographe et de calligraphie du mot "écu" entre 1450 et 1698, proposée par Marie Groult, animatrice de l'atelier de Paléographie des Archives Départementales de Seine-Maritime. de la calligraphie du mot "écu" de 1474 à 1586.

A suivre...