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29/01/2017

Bolée normande à l'ananas

Son nom, en langue tupi-guarani, celle des tribus habitant les bassins des fleuves Paraguay et Parana, signifie "fruit savoureux". Et ça lui va bien ! Bien que découvert  en 1493 par Christophe Colomb (1451-1506), dans l île qu'avec ses compagnons il vient d aborder et qu il a baptisée "Guadeloupe", en souvenir des moines espagnols de Notre-Dame-de-Guadelupe, l'ananas, puis qu il s'agit de lui, est originaire d'Amérique du sud.

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Champ d'ananas en Guadeloupe


Adopté par les populations indiennes, cultivé jusque dans les îles de la mer des Antilles, ce sont en premier les marins portugais puis les espagnols qui, dès le début du XVIe siècle, vont contribuer à sa propagation. Mais les voyages de ce temps là sont bien longs ! C'est pourquoi, chez nous, il faudra attendre le XVIIIe siècle, l'année 1733 exactement, pour que mûri à l'abri d une serre chauffée à grand frais, au cœur du potager du roi à Versailles, pour la première fois, Louis XV (1710-1774) déguste un ananas.

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Sa " chair douce et extrêmement fondante, relevée d une pointe d acide, et accompagnée d'un parfum plus agréable que celui de la fraise", va séduire le roi de France. Dès lors, l'ananas va devenir un symbole de haut luxe, voire d'extravagance, et orner les meilleures tables. Et cela, tant chez nous que chez nos voisins européens, mais aussi en Russie où, jusqu'au début du XXe siècle, rien n'est plus élégant que de mettre de l'ananas dans le champagne !


Pas franchement normand bien sur l'ananas, mais j'ai tout de même trouvé, pour vous tous, amis gourmands aux babines alléchées, une délicieuse recette de "Bolée normande"* à base d'ananas et boire avec modération bien sûr !

Il vous faut 50 g de sucre en poudre, 1 bouteille de cidre doux, 1 petit ananas, 1 citron jaune, 1 orange et 1 verre de calvados.

Laver l'orange et le citron. Les couper en tranches, puis les trancher en quartiers. Couper l'ananas et le découper en petits morceaux.

Mettre les fruits dans une jarre ou un saladier. Les saupoudrer de sucre et ajouter le calvados. Laisser macérer une heure dans un endroit frais.

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Au moment de servir, mettre le cidre sur la préparation avec quelques glaçons. Servir dans de jolies bolées.

Bon appétit !

 

 

* Recette provenant du site www.750g.com.

Biblio. "L'hervier voyageur - histoire des fruits, légumes et épices du monde" de M. Jeanguyot et Martine Séguier-Guis - Ed. Plume de carotte, 2004
Merci au site images.google.fr/imgres

22/01/2017

La motte castrale, ancêtre du château-fort.

Au cœur du département de l'Orne, niche un petit village d'un peu plus de 150 âmes situé dans l'arrondissement d'Alençon et dans le canton de Carrouges, celui de La Motte-Fouquet. Très ancienne seigneurie de haute et basse justice, dont l'origine remonte au XIIème siècle, qui,  comme nombre d'autres lieux en France,  tient son nom de "motte" du premier moyen défensif édifié contre les raids ponctuels menés par les envahisseurs, Sarrasins puis Normands, lesquels, il y a très longtemps, menaçaient nos ancêtres. Pour se défendre de ces attaques, les Carolingiens vont en effet édifier, de la fin du Xe siècle et jusqu'au début du XIIIe, des mottes castrales, embryons de nos châteaux-forts.

 

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À l'origine de l'organisation des la société féodale, la motte castrale consistait en un rehaussement artificiel important de terre rapportée de forme circulaire, le tertre. En général, les mottes avaient un diamètre à la base de 30 mètres et une hauteur de 10 m. La plupart du temps, le tertre était entouré d'un fossé. Bien qu'aucune n'ait été conservée, on sait qu'une tour de bois était emmottée sur le sommet, souvent entourée d'une palissade ou encore d'un muret comme à Grimbosq (Calvados).

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Donjon du château de Gisors (Normandie), construit sur une motte castrale

On pense qu'avec les moyens de l'époque, la construction d'une motte nécessitait en moyenne 2000 journées homme. La Tapisserie de Bayeux nous dévoile la construction par des paysans de l'une d'elles, celle de la motte d'Hastings (Hesteng ceastra).

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Les mottes castrales permettaient non seulement de voir arriver l'ennemi de loin mais également de tenir la position autant que possible en attendant d’éventuels renforts. Elles sont ensuite très vite devenues un lieu symbole de protection pour les populations environnantes et un lieu d’échanges commerciaux denses. C'est le plus souvent sur leur emplacement que furent construits les châteaux-forts qui allaient les remplacer.

 

Biblio. "La petite Histoire - 60 faits insolites de l'Histoire de France" de H. et M. Deveaux - Librio Mémo, 2016.

15/01/2017

15 janvier 1525, la "male marée" ravage la ville nouvelle du Havre

Deux ans après sa victoire à Marignan de 1517, le roi François Ier (1494-1547) charge un de ses proches, un ami de jeunesse, l’Amiral de France Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet (1482-1525), de créer un port au lieu dit « de Grasse », c’est-à-dire le long d’une plaine marécageuse au centre de laquelle on ne trouve guère qu’une simple chapelle dédiée à Notre-Dame de Grâce.

« François, par la grâce de Dieu Roy de France… pour tenir en sûreté les navires et vaisseaux de nous et de nos sujets naviguant sur les mers océanes, avons fait chercher en la côte de Normandie et pays de Caux lieu sûr et convenable… avons donné plein pouvoir et autorité de faire construire le dit Havre et fortifications. »

 

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L’ambition du roi est de faire du lieu une cité fortifiée, un bel arsenal, un port, à la fois militaire et commercial, et un débouché pour Paris. Alors, malgré l’instabilité du sol et les tempêtes, les travaux vont bon train.

Côté port, on aménage le bassin du roi, on maçonne les digues et on aligne des quais. En 1518, il est utilisable et les premiers navires y sont accueillis. On plante la «  grosse tour » de surveillance qui défend son entrée.  

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Côté ville, quartier Notre-Dame, le roi, fervent admirateur de la Renaissance italienne, va faire appel à un Architecte Urbaniste venu de la terre de Sienne, Jérôme Bellamarto, auquel il va ordonner de tracer la première enceinte et les premières rues.  

le havre,male marée,1525

Enfin, pour attirer les futurs habitants du lieu, le souverain leur accorde l’exemption de taille et de franc-salé. Plus, du jamais vu, il les autorise à lever des taxes locales, à percevoir un droit d’ancrage sur tous les bâtiments restant en rade et leur consent un privilège d’achat sur les marchandises débarquées dans le port. Les bretons vont être très nombreux à répondre à l’appel du roi.

Hélas, caprice du temps ou colère divine, le 15 janvier 1525, la « male marée» submerge la ville. En une seule nuit, tout est ravagé. La tempête a raison des premières constructions. Le terrible coup de vent emporte 28 bateaux de pêche et détruit la chapelle Notre-Dame. Au lever du jour, on dénombre plus de 100 morts sur les 600 âmes que comptait la population.

Jusqu’en 1792, un service religieux commémorera chaque année ce funeste évènement.

 

Biblio. "Le Havre, itinéraires insolites" - Y. Letélié - Ysec éditions - 2011.

Merci aux nombreuses pages havraises sur le sujet. 

07:29 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le havre, male marée, 1525