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13/03/2016

La langue d'Einstein !

C'est sûrement la langue la plus célèbre au monde ! Et ce portrait d'Albert Einstein, l'un des plus connu du prix Nobel de Physique, n'est pas un trucage ! La photographie a été prise il y a tout juste 65 ans. Ce jour là, le 14 mars 1951, le génial scientifique, inventeur de la théorie de la relativité, fête son 72ème anniversaire au Princeton Club, (nord-est des États-Unis), sur le campus de la prestigieuse université américaine.

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Albert Einstein (1879-1955)

A sa sortie, une meute de photographes se bouscule, quémandant un sourire. Comme à son habitude, le cheveu en bataille et l’œil espiègle, le grand physicien s'exécute puis prend place entre deux amis à l'arrière d'un véhicule quant Arthur Sasse, photographe de l'agence américaine UPI, le sollicite à nouveau. Un peu las et énervé aussi, Einstein le regarde et, tel un galopin mal élevé, lui tire une longue langue pointue. En bon pro, Sasse appuie sur le déclencheur : il tient là l'une des photos du siècle ! Recadrée, elle fera le tour du monde et s'étalera à la une des plus grands quotidiens.

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Einstein, amusé, commentera le cliché avec ces mots : "Cette pose révèle bien mon comportement. J'ai toujours eu de la difficulté à accepter l'autorité et ici, tirer la langue à un photographe qui s’attend sûrement à une pose plus solennelle, cela signifie que l’on refuse de se prêter au jeu de la représentation, que l’on se refuse à livrer une image de soi conforme aux règles du genre." Son expression sur cette photo est devenue l’archétype du « savant fou ».

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Le physicien, qui fut successivement allemand, apatride, suisse avant de détenir la double nationalité helvético-américaine, va commander neuf tirages à Sasse, qu'il distribuera avec d'amusantes dédicaces. L’un d’eux, offert à un ami journaliste de télévision en 1953, sera vendu aux enchères aux États-Unis en 2009 pour un peu plus de 74.000 dollars (53.000 euros).

 

28/02/2016

Impériale violette, la fleur de Napoléon

La violette fleurit à partir du mois de février, mais c'est à l'approche des beaux jours qu'elle se cueille. Selon la légende, Joséphine de Beauharnais (1763-1814), qui par ailleurs avait la passion des roses, arborait un bouquet de violettes à sa ceinture le jour où elle a rencontré pour la première fois Bonaparte (1769-1821). Pour plaire à son futur mari qui en avait la passion, le jour de leur mariage en mars 1796, elle choisit une robe brodée de ces précieuses fleurs. Napoléon ne manquera pas par la suite de lui offrir un bouquet de violette à chaque jour anniversaire de leur union. Et, au moment de partir en exil vers l'Ile d'Elbe, il lance à ses grognards : "Je reviendrai avec les violettes". Ses partisans vont désormais le surnommer "Caporal violette" ou "Père la violette" et, en signe de ralliement, arborer cette fleur à leur boutonnière lors des Cent-Jours.

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Joséphine de Beauharnais (1763-1814)

 

Fleur de la tempérance, la violette symbolise la douceur et l'humilité, la simplicité et la pudeur. Sa réputation de modestie s'accorde bien avec la nouvelle référence de l'Empire, la laborieuse abeille. Toutes deux se veulent aux antipodes de l'orgueilleux lys royal.

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Arrivée d'Orient en France par l'Italie, elle est connue des Perses comme des Grecs. On raconte que la nymphe Io, courtisée par Apollon, se refusa à lui. Indigné, le dieu la condamna en la métamorphosant en une fleur chaste et pudique :  la violette. Les Romains s'enivrent de vin de violette et se décorent la tête de ses couronnes rafraîchissantes. Ils en usent également à la place de nos chrysanthèmes et appellent le jour des morts "dies volaris", le jour des violettes.

Fleur emblématique du XIXe siècle, ses parfums suaves et délicats culminent dans la parfumerie à la veille de la Première Guerre mondiale à travers les créations de Lubin, Guerlain et Jean Patou. Passée de mode dans les années cinquante, elle est redevenue tendance aujourd'hui, grâce notamment à Fahrenheit et Dioressence de Dior ou à Lolita Lempicka.

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En bonbon ou cristallisée, la violette accompagne aussi avec bonheur un gibier. Elle met de la couleur dans la salade et, en macaron, flatte avantageusement le palais.

 

Biblio. "Une histoire des fleurs" de R. De Ayala et M. Aycard - Ed. Perrin, 2001.

21/02/2016

Il y a cent ans : l'enfer de Verdun

Aucune bataille n'a autant marqué la mémoire des Français ! Tout a commencé un matin d'hiver, froid et sec, à Verdun, en Lorraine. Ce 21 février 1916, l'armée allemande, déterminée à en finir avec cette guerre de positions qui s'enlise, a décidé de prendre les forces alliées de vitesse et de lancer une vaste offensive sur ce secteur calme du front. Elle espère y attirer la majeure partie des forces françaises... L'objectif du commandant en chef des opérations, Erich von Falkenhayn (1861-1922), est de « saigner l'armée française » par des bombardements intensifs. Grâce à 1 225 pièces d’artillerie, l'ennemi va faire pleuvoir à Verdun un véritable déluge de feu et de fer. En deux jours, notre armée va subir  une pluie de plus de 2 millions d’obus, soit un obus toutes les 3 secondes !

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Quand les 60 000 soldats ennemis s’avancent ensuite vers les positions françaises, ils pensent leur adversaire anéanti. Mais ils se trompent car, contre toute attente, ils vont devoir faire face à une résistance héroïque. Surgis de nulle part, enlisés dans la boue d’un terrain aux allures lunaires, la plupart du temps sans officiers et sans commandement, nos poilus résistent vaillamment au prix de leur vie. Il faut stopper l’offensive allemande ! Alors, ils s'organisent tant bien que mal. Hélas, ces efforts n'éviteront pas que le 25 février, ils doivent abandonner aux mains ennemies le fort de Douaumont.

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Les attaques vont se poursuivre ainsi sans répit durant dix mois ! Des parcelles de terrain qui, à peine reconquises aux prix d'efforts surhumains, de luttes infernales contre les lance-flammes et les terrifiantes bombes allemandes au phosgène, un gaz mortel en quelques secondes, retombent inexorablement aux mains des assaillants, avant d'être reprises à nouveau, et ainsi de suite...

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On est au paroxysme d'une horreur qui ne prendra fin qu'au bout de trois cents jours et trois cents nuits, le 15 décembre 1916. Et, ce jour-là, la situation à Verdun sera alors presque celle du... 21 février 1916. Tout ça pour ça ! Tout ça au prix d'une terrible hécatombe : 714 231 morts, disparus ou blessés, 362 000 soldats français et 337 000 allemands, soit une moyenne de 70 000 victimes pour chacun des dix mois de la bataille. Avec la rotation importante des unités françaises, la « noria », deux tiers des poilus auront connu l'enfer de Verdun, la bataille la plus meurtrière des batailles de la Grande Guerre de 1914-1918, après l'offensive de la Somme.

 

Biblio. "Les poilus, leur vie quotidienne" de J-P. Soudagne - France-Loisirs, 2004.

Merci au site http://www.herodote.net et aux pages wikipédia sur le sujet.