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26/10/2016

Poussez, poussez, l'escarpolette, Poussez pour mieux me balancer !

Saviez-vous que c'est notamment par ce tableau libertin, "les hasards heureux de l'escarpolette", qu'un grand maître de la peinture du XVIIIe siècle s'est fait connaître ?

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"Les hasards heureux de l'escarpolette" de J.-H. Fragonard (1667-1669)

 

Allongé dans un buisson, un homme se rince l’œil ! Cet homme là se nomme François David Bollioud (1713- 1787). Il est Écuyer, Seigneur de Saint-Julien, Baron d'Argental et Receveur Général du Clergé de France du roi Louis XV (1710-1774). Et ce qu'il contemple avec extase, c'est sa maîtresse. Une jeune femme perchée sur une balançoire de velours rouge, couleur de l'érotisme, qui, levant la jambe avec espièglerie, lui dévoile sans pudeur ce qui aurait dû rester caché ! A l'époque, il faut savoir que les femme ne portaient nul sous-vêtement sous leurs jupons...

Fantasme de cet "un homme de cour", qui, en 1767, n'hésite pas à passer une commande coquine au peintre Gabriel-François Doyen (1709-1783). Le maître vient de triompher au salon de 1766 avec "Le miracle des ardents" pour l’Église Saint-Roch, pas vraiment le même genre ! "Je désirerais, lui dit-il, que vous peignissiez Madame, désignant sa maîtresse, sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau." Scandalisé, Doyen refuse. Beaucoup trop indécent pour lui. Le baron se tourne alors vers un jeune artiste moins frileux, Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) qui n'hésite pas une seconde et compose cette œuvre qui contient tous les éléments d'une scène galante.

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Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

C'est dans l’ombre, loin de la lumière, que réside la clef du tableau. L'homme en bas à droite, vraisemblablement le mari, tient la corde de l’escarpolette et dirige les mouvements de la jeune femme, laquelle, dans son élan, perd un de ses escarpins. Sa jupe retroussée dévoile une jarretière. En bas à gauche, un homme à terre: l'amant dont le regard scrute les dessous de la jeune fille.

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Au-dessus de lui, Cupidon, d'un geste gracieux, porte son index sur la bouche, assurant par là les personnages de son silence complice...

19/10/2016

L'accident du Granville/Paris, l'un des plus spectaculaires de toute l'histoire ferroviaire

Mardi 22 octobre 1895, 16 h. Le train express no 56 desservant la ligne Granville/Paris entre en gare de l'Ouest-Rive gauche, future gare Montparnasse.

 

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Gare de l'Ouest-Rive gauche.

 

Parti à 8h45, il était attendu, voie 6, à 15h55. Cinq minutes de retard qui vont être la cause de l’un des plus spectaculaires accident de toute l’histoire ferroviaire ! Aux commandes de la locomotive n°721 de type 120, un cheminot d'expérience, Guillaume-Marie Pellerin, 35 ans. Il travaille depuis 19 ans pour les chemins de fer et met un point d'honneur à ce que son train arrive toujours à l’heure. Le convoi, transportant 131 passagers, est composé de deux fourgons à bagages, un wagon postal, dix voitures de voyageur dont un wagon-salon, et enfin un dernier fourgon à bagages.

Lors de son passage en gare de Versailles-Chantier, le train accuse un petit retard de sept minutes. Pour tenter de le rattraper, ll est lancé à pleine vitesse et fonce à 65 km/h. Quelques centaines de mètres avant l'arrivée, pour le ralentir, on renverse la vapeur. Cela se révèle insuffisant. Pressentant le danger, le chef du train, Albert Mariette, actionne en dernier recours le frein d'urgence à air type Westinghouse mais, dira t'il, celui-ci ne fonctionne pas. C'est donc à environ 40 km/h, une vitesse qualifiée de "vertigineuse" par la presse, que le convoi entre sous le hall de la gare. Le mécanicien et son chauffeur, Garnier, sautent du train juste avant la collision. "À 16 h précises , le heurtoir qui doit servir d’ultime butée est emporté comme un fétu de paille. Le train traverse les halls au milieu des voyageurs effarés et défonce la façade de la gare. La locomotive et son tender terminent leur folle course sur la place de Rennes, après un parcours de plus de 15 mètres en dehors des voies , et tombent sur une station de tramway située dix mètres en contrebas."

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Cet évènement impressionnant aurait pu avoir des conséquences catastrophiques. On déplora cinq blessés graves et 5 plus légèrement et un décès, celui de la malheureuse marchande de journaux installée à la station des tramways, Marie-Augustine Aiguillard, 39 ans, mère de deux jeunes enfants, qui, ce jour-là remplaçait son mari au kiosque, et qui a été écrasée à la fois par une pierre tombée de la façade et par le cendrier de la locomotive.

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La Société des Chemins de fer a payé son enterrement et versé une rente à ses deux enfants. Le conducteur Pellerin a été condamné à deux mois d’emprisonnement et 50 francs d’amende. Le chef de train Mariette à 25 francs d’amende.

 

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia et aux nombreux sites sur le sujet.

 

05/10/2016

Le plus révolutionnaire des refrains

Ce refrain là symbolise la Révolution. Pourtant, à sa création, il s'agissait d'un chant de paix exprimant à la fois l'optimisme et la confiance :

 

"Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Le peuple en ce jour sans cesse répète,

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins tout réussira.

Nos ennemis confus en restent là

Et nous allons chanter « Alléluia !"

 

La musique, le "Carillon national", est une contredanse très populaire sous l'Ancien Régime signée Bécourt, un violoniste parisien exerçant au théâtre des Beaujolais. Aujourd'hui disparu, à son emplacement se situe  le théâtre du Palais-Royal. Cet air plaisait dit-on énormément à la reine Marie-Antoinette (1755-1793) qui le jouait volontiers sur son clavecin...

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Les paroles, des vers débonnaires, sont de Ladré, un ancien soldat devenu chanteur. Le titre comme le thème du refrain lui furent inspirés par le positivisme de l'américain Benjamin Franklin (1706-1790). Lorsqu’on lui demandait des nouvelles de la guerre d’Indépendance américaine, il répondait invariablement dans son mauvais français : « Ça ira, ça ira. »

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Mais voilà, avec le temps, les paroles de ce chant vont évoluer. Rien de commun entre le « Ah ça ira, ça ira ! Pierrot et Margot chantent à la ginguette ! Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Réjouissons nous, le bon temps reviendra » chanté lors de la première fête du 14 juillet appelée à l'époque "Fête de la Fédération", et quelques mois plus tard, ces vers de haine écrits par un sans-culotte anonyme :

 

« Ah ça ira, ça ira, ça ira,

Les aristocrates à la lanterne.

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

Les aristocrates on les pendra. »

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Et ce sont ces paroles-là qui furent entonnées pendant la nuit du 5 au 6 octobre 1789, par les insurgés du château de Versailles. Elles furent reprises ensuite par le peuple jusqu’à la fin du règne de la Terreur avant de finir par être interdites sous le Consulat.

 

Biblio. "Le grand Bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Ed. Larousse 2012.

Merci aux nombres pages sur ce thème et notamment à celles de Wikipédia.