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28/12/2016

Grandes oeuvres et petits secrets

La science, l'histoire ou simplement l'observation dévoilent à "nos yeux qui ne voient rien" de petits secrets d'artistes dont la curieuse que je suis est assez friande*...

Vincent Van Gogh (1853-1890) a été déclaré fou en 1888 après qu'il se soit auto mutilé en se tranchant l'oreille droite. Des médecins contemporains, après avoir examiné la description des symptômes telle que consignée par l'artiste lui-même, ont conclu qu'il souffrait en fait de crises d'épilepsie partielle (ou épilepsie du lobe temporal), probablement aggravées par sa consommation d'alcool et notamment d'absinthe. À l'époque, l'épilepsie était soignée avec de la digitale, plante responsable d'un trouble de la vision appelée "xanthopsie". Il a la particularité de donner une teinte jaune uniforme à tous les objets. Voilà de quoi expliquer pourquoi cette couleur prédomine dans nombre de tableaux de l'artiste...

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La maison jaune de Vincent Van Gogh


Le célèbre portrait réalisé par Léonard de Vinci (1452-1519), entre 1503 et 1507, celui de la Joconde, représente, de l'avis de la plupart des spécialistes, la florentine Lisa Gherardini, épouse du riche marchand italien Francesco del Giocondo. En 2004, un examen scientifique du tableau a révélé des détails inattendus, à commencer par une gaze transparente dont le corps de Monna Lisa paraît enveloppé et qui déborde sur son épaule gauche. Il faut savoir qu'au début du XVIe siècle, un tel voile était porté par les femmes enceintes ou venant d'accoucher. De même, celles-ci se coiffaient souvent d'un bonnet, dont la trace est apparue sur la toile grâce aux infrarouges. Voilà pourquoi, les experts ont établi que vraisemblablement,  ce tableau a été peint pour célébrer la naissance du deuxième fils de Monna Lisa.

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La Joconde de Léonard de Vinci


Dernier exemple... Enfin pour aujourd'hui bien sûr... On doit au Titien (1488-1576), alors au sommet de son art, ce portrait du roi François Ier (1494-1557).

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Au fait de sa gloire, le puissant monarque est représenté plein de fierté et de vitalité avec une certaine bonhommie dans le regard... Or, on sait aujourd'hui qu'il ne s'agit pas d'un portrait fidèle à la réalité mais de celui d'un roi tel que l'artiste l'imaginait. Car le maître n'a jamais vu son auguste modèle ! Il a réalisé son œuvre d'après une médaille, ce qui explique d'ailleurs la pose retenue pour peindre le roi.

 

* D'après "Les vérités de l'histoire" - Sélection du Reader's Digest - 2007.

 

07/12/2016

De la susceptibilité des élus...

Afin de remplacer les provinces de France et après 4 mois de querelles et d’âpres discussions, en application de la loi du 22 décembre 1789, l'Assemblée constituante décrète le découpage de la France en 83 départements. Ce mot, qui signifie en ancien français « action de partager », appartient au vocabulaire administratif depuis le roi François 1er. La Normandie, tout comme la Bretagne, est divisée en cinq départements. Leur taille est telle que chaque citoyen peut accéder à son chef-lieu en une journée de cheval au maximum.

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Afin de faire disparaitre toutes traces de l'administration royale, les Révolutionnaires ont décidé que ces nouveaux départements seraient nommés d'après un élément géographique, cours d'eau ou reliefs remarquables, des provinces d'où ils sont issus. Les départements du Finistère et Nord correspondent ainsi à une situation géographique, la Sarthe et le Rhône à des cours d'eau, les Vosges et le Cantal à des montagnes. Dans la région du Bas-Poitou, le Lay est choisi.

 

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Principal fleuve côtier de la Vendée, d'une longueur de 120 km, le Lay se jette dans l'Atlantique, entre les deux flèches sableuses de L'Aiguillon-sur-Mer et de la Pointe d'Arçay, commune de La Faute-sur-Mer. Sa partie amont se décompose en deux branches : Le Grand Lay qui prend sa source à Saint-Pierre-du-Chemin et se développe sur une longueur d'environ 60 km et le Petit Lay, qui prend sa source à Saint-Michel-Mont-Mercure. La confluence du Grand et du Petit Lay intervient au lieu-dit "L'Assemblée des Deux-Lays", dans la commune de Chantonnay.

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Le Grand et le Petit Lay doivent donc naturellement donner le nom de « Deux-Lays » au nouveau département. Mais, afin de ne pas froisser la susceptibilité des députés qui la représenteront, on préféra le nom d’une rivière beaucoup moins importante ! C'est ainsi que le département de la Vendée a été créé le 4 mars 1790.

 

Biblio. "La Petite Histoire - 60 faits insolites de l'Histoire de France" de H. et M. Deveaux - Librio Mémo 2016.

 

30/11/2016

La « Dilaceratio corporis », un privilège de roi

C'est là une tradition aux origines anglaises, diffusée par des chevaliers morts en croisade  : l'inhumation séparée des cœurs des rois. Depuis la fin du IXe siècle, l'éviscération est utilisée pour conserver les corps décédés loin du lieu de leur sépulture. Le plus lointain exemple est celui du roi carolingien Charles II dit le Chauve qui trouva la mort à Avrieux dans les Alpes en 877 alors qu'il revenait d'Italie où il était allé porter secours au pape Jean VIII en lutte contre les Sarrasins.

 

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 Gisant du roi Charles V (1338-1380) - Basilique Saint-Denis

 

S'agissant de la « Dilaceratio corporis » c'est-à-dire la division des corps, la pratique funéraire, autorisée par le pape, est attestée dans le royaume de France à partir de la première moitié du XIIIe siècle. Elle devient le privilège dynastique des capétiens, nombreux à mourir loin de France. Ce sont essentiellement des raisons politiques, familiales et spirituelles qui vont pousser les souverains français à adopter ce rituel qui prendra une grande importance au décès du roi Charles V dit « Charles le Sage » (1338-1380), qui fut duc de Normandie de 1356 à 1364 sous le nom de Charles Ier. A sa mort, le 16 septembre 1380, selon ses volontés, son corps a été enterré à Saint-Denis comme ses prédécesseurs, dans la chapelle qu'il avait fait édifier, près de la dépouille de son épouse. Cependant, afin d'affirmer la présence royale face aux prétentions anglaises, il va léguer son cœur à la cathédrale de Rouen. Il s'y trouve toujours dans une petite niche de la crypte protégée par une grille. Quant à ses entrailles, elles reposeront aux côtés de sa mère Bonne de Luxembourg (1315-1349) à l'abbaye de Maubuisson.

 

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Le cœur du roi Charles V - Cathédrale de Rouen

Tous les rois de France et beaucoup de reines, vont recevoir après lui des sépultures multiples : les ossements ici, les entrailles là, le cœur ailleurs encore. A l'exception toutefois de Louis XV (1710-1774), mort de la « petite-vérole » (variole) le 10 mai 1774 au château de Versailles, dont le corps s'était putréfié si vite que l'embaumement n'a pas été possible.

 

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Le roi Louis XV (1710-1774)

Il fut donc inhumé « en entier », avec son cœur, dans la Basilique Saint-Denis, à la sauvette, deux jours après sa mort, dans une indifférence quasi générale. En effet, par crainte de contagion, la cour avait déserté le cortège funèbre hormis son compagnon d'enfance, le prince Charles de Rohan Soubise (1715-1787).

 

Biblio. « Les plus savoureuses histoires des Grands de France » de J-P. Rorive – Ed. La bôite à Pandore 2014.