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24/11/2019

Comment la triste histoire d'un cordonnier va donner naissance à l'un des plus célèbres romans français

L'histoire qu'Auguste Maquet (1813-1888) découvre un matin de 1840 dans les archives de la police n'est rien de plus qu'un simple mais incroyable fait divers ! Elle va pourtant donner naissance à l'un des plus célèbres romans du XIXe siècle, l’œuvre la plus connue de son auteur, tant en France qu'à l’Étranger.

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Tout commence en 1807. Un nimois, François Pierre Picaud, "cordonnier en chambre", c'est-à-dire un cordonnier sans boutique qui œuvre donc à domicile, est arrêté sans ménagement le jour même de ses noces avec la belle et riche Marguerite Vigoroux, sa promise. Sur des accusations mensongères d'un rival, il est soupçonné d'espionnage, fait prisonnier et enfermé durant sept longues années dans la forteresse alpine et italienne de Fenestrelle.

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Forteresse alpine et italienne de Fenestrelle

Là, il se lie d'amitié avec un compagnon de cellule, le père Torri, un prêtre italien qui, avant de mourir, lui révèle d'existence d'un trésor caché à Milan. Après sa libération, en 1814, Picaud récupère le magot et, une fois riche, décide de se venger de ceux qui ont brisé sa vie.

Tous les éléments de cette extraordinaire destin vont se retrouver dans le roman Alexandre Dumas (1802-1870), "Le Comte de Monte-Cristo". Car Auguste Maquet n'est autre que le collaborateur du grand écrivain. C'est pourquoi, à peine a-t'il pris connaissance de cette histoire, qu'il s'empresse de la narrer à Dumas et aussitôt les deux hommes se mettent au travail.

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Dans le roman qui sera publié au cours de l'été 1844, l'action se déroule en 1815. Le personnage principal, celui de Picaud, prend le nom d'Edmond Dantès, un marin sur le point d'épouser la belle Mercédes, lorsqu'il est incarcéré non pas 7 ans en Italie mais 14 au château d'If, au large de Marseille. Il est fait prisonnier non pas par la police napoléonienne mais par celle de la Restauration. Quand il parvient enfin à s'échapper, grâce aux confidences de l'abbé Faria, il devient le richissime comte de Monte-Cristo et entreprend de se venger de ceux qui l'ont envoyé en prison.

Pour la petite histoire, l'évasion d'Edmond Dantès du château d'If a donné lieu à une épreuve de nage en mer de 5 km, nommée "Défi de Monte-Cristo", qui se déroule tous les ans, au cours de l'été à Marseille et ce depuis 1999.

 

22/09/2019

Les léopards de Normandie

Bien avant l'existence de l'héraldique, la science codifiée des blasons, la Tapisserie de Bayeux prouve que l'on a très tôt pris l'habitude de peindre des motifs distinctifs sur les boucliers. Une scène montre en effet un exemple clair de ce qui a dû favoriser la création des armoiries. Guillaume le Conquérant (1027/1028-1087), en plein combat à Hasting, est annoncé comme mort. Pour éviter la panique dans les rangs normands, le duc est obligé d’enlever son casque afin de se faire reconnaître des siens. Le développement de l’équipement militaire au XIe siècle efface l'identité des combattants, avec notamment le port du haubert, masquant presque entièrement les visages. Pour y faire face, on va singulariser les drapeaux et bannières des forces en présence, prémisses des blasons qui vont décorer ensuite les boucliers et les sceaux.

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C'est ainsi qu'au milieu du XIIe siècle, on trouve plusieurs lions sur le bouclier du Duc de Normandie Geoffroy V d'Anjou (1113 – 1151). Surnommé Plantagenêt à cause du brin de genêt qu'il avait l'habitude de porter à son chapeau, son fils Henri II d'Angleterre sera le fondateur de la dynastie Plantagenêt des rois anglais.

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Effigie de Geoffroy V d'Anjou sur sa tombe, au Mans.

Il faut savoir qu'en héraldique, le lion et le léopard désignent le même animal, mais avec une position de tête différente. Si elle est de profil, c'est un lion, si elle est de face, c'est un léopard. Le « roi des animaux », avec sa réputation de force, de bravoure, de noblesse, si conforme à l'idéal médiéval, ne pouvait que séduire ceux qui voulaient se choisir des armoiries. Et de fait, le lion et son alter ego le léopard sont très nombreux  dans la zone anglo-normande.

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Certains des anciens domaines de la famille Plantagenêt ont hérité de ces léopards sur leur blason : ainsi l'Aquitaine en arbore un, la Normandie deux et l'Angleterre trois.

 

Biblio."Normandie médiévale" - Le Routard - Ed. Hachette, 2018.

08/09/2019

La livre-sterling ? Encore un coup des normands !

La livre sterling , "pound sterling" en anglais, souvent abrégé en "pound", unité monétaire officielle du Royaume-Uni datant des environs de la fin du XIe siècle, c'est-à-dire juste après l'invasion normande et la bataille de Hasting de 1066, est aujourd'hui la plus ancienne monnaie utilisée encore en circulation.

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"La livre", l'unité monétaire, est née de la "livre romaine", l'unité de poids de 12 onces. A l’origine, elle correspondait à une livre d'argent, soit environ 409 grammes de ce métal. Avec ce poids d’argent, on frappait 240 deniers ou 20 sous.

Pour ce qui concerne le mot "sterling", il pourrait provenir de "l'esterlin", transformé phonétiquement en "sterlin", prononciation "sterlin(e)", puis "sterling" sous l'effet de l'absence de nasale dans la langue anglaise.

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Double esterlin a l'ange.

"L'estelin" ou "esterlin" est une ancienne unité de masse des orfèvres et bijoutiers en usage au Haut Moyen-âge dans le royaume de France, vraisemblablement sous les Carolingiens. Il valait le vingtième de l'once soit environ 1,53 grammes.

Devenu monnaie, "l'esterlin" circule à la fois sur le territoire des Plantagenêt, rois d'Angleterre et ducs de Normandie, comme sur celui des Capétiens. D'ailleurs, son cours est fixé par le roi de France. C'est Saint-Louis (1214-1270) qui en interdira son usage sur ses terres.

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Guillaume le Conquérant (1027/1028-1087)

Il est fort probable, d'après les historiens, que, suite à sa réforme monétaire des années 1080, Guillaume le Conquérant (1027/1028-1087) ait imposé l'esterlin en Angleterre, après qu'il en soit devenu roi. Ah, ces normands !!!