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19/10/2016

L'accident du Granville/Paris, l'un des plus spectaculaires de toute l'histoire ferroviaire

Mardi 22 octobre 1895, 16 h. Le train express no 56 desservant la ligne Granville/Paris entre en gare de l'Ouest-Rive gauche, future gare Montparnasse.

 

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Gare de l'Ouest-Rive gauche.

 

Parti à 8h45, il était attendu, voie 6, à 15h55. Cinq minutes de retard qui vont être la cause de l’un des plus spectaculaires accident de toute l’histoire ferroviaire ! Aux commandes de la locomotive n°721 de type 120, un cheminot d'expérience, Guillaume-Marie Pellerin, 35 ans. Il travaille depuis 19 ans pour les chemins de fer et met un point d'honneur à ce que son train arrive toujours à l’heure. Le convoi, transportant 131 passagers, est composé de deux fourgons à bagages, un wagon postal, dix voitures de voyageur dont un wagon-salon, et enfin un dernier fourgon à bagages.

Lors de son passage en gare de Versailles-Chantier, le train accuse un petit retard de sept minutes. Pour tenter de le rattraper, ll est lancé à pleine vitesse et fonce à 65 km/h. Quelques centaines de mètres avant l'arrivée, pour le ralentir, on renverse la vapeur. Cela se révèle insuffisant. Pressentant le danger, le chef du train, Albert Mariette, actionne en dernier recours le frein d'urgence à air type Westinghouse mais, dira t'il, celui-ci ne fonctionne pas. C'est donc à environ 40 km/h, une vitesse qualifiée de "vertigineuse" par la presse, que le convoi entre sous le hall de la gare. Le mécanicien et son chauffeur, Garnier, sautent du train juste avant la collision. "À 16 h précises , le heurtoir qui doit servir d’ultime butée est emporté comme un fétu de paille. Le train traverse les halls au milieu des voyageurs effarés et défonce la façade de la gare. La locomotive et son tender terminent leur folle course sur la place de Rennes, après un parcours de plus de 15 mètres en dehors des voies , et tombent sur une station de tramway située dix mètres en contrebas."

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Cet évènement impressionnant aurait pu avoir des conséquences catastrophiques. On déplora cinq blessés graves et 5 plus légèrement et un décès, celui de la malheureuse marchande de journaux installée à la station des tramways, Marie-Augustine Aiguillard, 39 ans, mère de deux jeunes enfants, qui, ce jour-là remplaçait son mari au kiosque, et qui a été écrasée à la fois par une pierre tombée de la façade et par le cendrier de la locomotive.

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La Société des Chemins de fer a payé son enterrement et versé une rente à ses deux enfants. Le conducteur Pellerin a été condamné à deux mois d’emprisonnement et 50 francs d’amende. Le chef de train Mariette à 25 francs d’amende.

 

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia et aux nombreux sites sur le sujet.

 

05/10/2016

Le plus révolutionnaire des refrains

Ce refrain là symbolise la Révolution. Pourtant, à sa création, il s'agissait d'un chant de paix exprimant à la fois l'optimisme et la confiance :

 

"Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Le peuple en ce jour sans cesse répète,

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins tout réussira.

Nos ennemis confus en restent là

Et nous allons chanter « Alléluia !"

 

La musique, le "Carillon national", est une contredanse très populaire sous l'Ancien Régime signée Bécourt, un violoniste parisien exerçant au théâtre des Beaujolais. Aujourd'hui disparu, à son emplacement se situe  le théâtre du Palais-Royal. Cet air plaisait dit-on énormément à la reine Marie-Antoinette (1755-1793) qui le jouait volontiers sur son clavecin...

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Les paroles, des vers débonnaires, sont de Ladré, un ancien soldat devenu chanteur. Le titre comme le thème du refrain lui furent inspirés par le positivisme de l'américain Benjamin Franklin (1706-1790). Lorsqu’on lui demandait des nouvelles de la guerre d’Indépendance américaine, il répondait invariablement dans son mauvais français : « Ça ira, ça ira. »

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Mais voilà, avec le temps, les paroles de ce chant vont évoluer. Rien de commun entre le « Ah ça ira, ça ira ! Pierrot et Margot chantent à la ginguette ! Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Réjouissons nous, le bon temps reviendra » chanté lors de la première fête du 14 juillet appelée à l'époque "Fête de la Fédération", et quelques mois plus tard, ces vers de haine écrits par un sans-culotte anonyme :

 

« Ah ça ira, ça ira, ça ira,

Les aristocrates à la lanterne.

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

Les aristocrates on les pendra. »

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Et ce sont ces paroles-là qui furent entonnées pendant la nuit du 5 au 6 octobre 1789, par les insurgés du château de Versailles. Elles furent reprises ensuite par le peuple jusqu’à la fin du règne de la Terreur avant de finir par être interdites sous le Consulat.

 

Biblio. "Le grand Bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Ed. Larousse 2012.

Merci aux nombres pages sur ce thème et notamment à celles de Wikipédia.

14/09/2016

15 septembre 1916 : entrée en scène des premiers chars d'assaut

15 septembre 1916. En Picardie, à Flers, cité de la Somme entre Albert et Bapaume. Le britannique Douglas Haig (1861-1928), commandant en chef des forces britanniques en France, vient de positionner les tout premiers chars d'assaut de l'histoire.

premiers chars d'assaut,mark-1 - réservoir,bataille de la somme,1916

 

L'objectif des alliés est clair : en finir avec cette guerre de positions qui dure depuis la fin de l'année 1914. Ces monstres d'acier sont destinés à "détruire les barbelés, traverser les tranchées et résister au feu ennemi tout en progressant". Pour cela, l'armée de sa majesté dispose de 49 tanks à chenille, des "Mark-1 - réservoir". Ces nouveaux engins de guerre pèsent près de 30 tonnes chacun. Longs de 8 mètres et larges de 4, ils sont dotés d'un armement puissant composé de 2 canons et 4 mitrailleuses Hotchkiss situées sur le côté de la caisse. Grâce à leur forme rhomboïde, ils peuvent franchir une tranchée de près de 4 m de largeur et un obstacle de plus de 1 m de haut. Une fois la tranchée franchie, ils obliquent et la longent en mitraillant.

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Un britannique Mark I "mâle" réservoir près de Thiepval le 25 Septembre 1916, équipé d' un treillis métallique pour dévier des grenades et la queue de pilotage initial, montré soulevé.


Ces machines sont conçues sur le modèle des voitures blindées de l'époque. Pour garder le secret de leur construction, le gouvernement britannique décide de  faire croire qu'elles ne sont destinés qu'au ravitaillement en eau des armées. Pour cela, elles vont être baptisées « tank », c'est-à-dire en français « réservoir », par l' une des forces motrices de leur création et de leur adoption, le Major-General Sir Ernest Dunlop Swinton, (1868-1951).

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Major-General Sir Ernest Dunlop Swinton, (1868-1951).

Sur le champ de bataille, l'engin surprend et son utilisation permet effectivement de reprendre du terrain. Mais à l'usage, ces chars vont se révéler décevants. Au soir de cette journée du 15 septembre 1916, sur le champ de bataille de Flers-Courcelette, 14 des 21 chars engagés sont tombés en panne ou se sont embourbés. Un tiers d'entre-eux seulement ont réussi à percer. D'une part, leur vitesse de pointe est à peine supérieure à celle d’un homme au pas, et d'autre part ils ne disposent que d'une faible autonomie de 40  km. Surtout, ils nécessitent un équipage de huit hommes, dont deux chargés de manœuvrer chaque chenille, des chenilles par ailleurs très fragiles qui doivent être remplacées tous les 80 km.




Biblio. "histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.