Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/03/2018

Assurément, un homme de poids !

Et pas seulement de par sa fonction ! André Couste, Seigneur de Villiers-Louis et de Saint-Rémy, lieutenant civil et criminel au bailliage de Sens (Yonne) est mort des suites d'une "faim canine" !

couste 2.jpg

Acte de sépulture - Registre paroissial de St-Hilaire de Sens

"La Faim canine, d'après "l' Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers", est une faim démesurée qui porte à prendre beaucoup de nourriture. Le nom savant de cette maladie est "cynorexie".

Sur ce bourguignon atypique, les savants de Sens ont exhumé des textes épiques. Il faut dire que cet homme là était renommé dans toute la région pour sa corpulence et son appétit gargantuesque :

couste.jpg

"André de Couste avait la ceinture si large qu'il fallait sept aunes (environ 8m50) de panne (étoffe semblable au velours) pour lui faire une culotte. On avait remarqué que sa mère était extrêmement puissante. Son appétit croissait démesurément ; il mangeait comme quatre des plus affamés et buvait à proportion. Lorsqu'il voyageait, il se faisait préparer un repas pour douze personnes ; sa taille était de plus de cinq pieds et demi. Il devint d'un embonpoint si colossal qu'à peine pouvait-il marcher et, pour peu qu'il fit le moindre exercice, il fondait en sueur ; son ventre lui tombait sur les genoux. Étant tombé une fois par terre, il fallut sept ou huit hommes des plus forts pour le relever et le remettre dans son lit ; ils estimèrent qu'il pesait de huit à neuf cents livres (environ 385 kg). Il mourut en 1804, le 27 février, âgé de 39 ans, des suites d'une faim canine.*"

"A sa mort, on fit l'ouverture de son corps : on lui trouva quatorze pouces (36 cm) de graisse sur les muscles du bas-ventre**".

 

couste 3.jpg

La table d'abondance - Guy Thiant

Pour éviter que son cercueil se disloque, il fallu le cercler de fer. Il fut porté en terre par 16 garçons bouchers. Chacun d'eux reçut un écu pour prix de son effort...

 

* Source Gallica - "Le Temps" de Paris, 1er avril 1894.

** Source Gallica - "Recherches historiques et anecdotiques sur la ville de Sens par T. Tarbé, Paris, 1888.

11/03/2018

C'est l'histoire d'un mec... Son nom ?... Coluche !

Mais le prénom de notre homme est Jean Baptiste. Grenadier dans l’armée napoléonienne, grognard du 17ème de ligne, il doit sa célébrité à un épisode survenu après la bataille d’Ebersberg (Autriche) le 3 mai 1809 où s'affrontèrent les troupes françaises et autrichiennes.

coluche 1.jpg

Jean Baptiste Coluche (30 mars 1780-2 mai 1867)

(Estampe d'après un croquis de Pauline Viardot en 1846)

 

Le soldat était de garde devant la maison où logeait Napoléon (1769-1821) avec la consigne de ne laisser entrer ou sortir personne qui ne soit pas accompagné d’un officier d’état-major. Voyant approcher un homme vêtu d’une redingote il s’écria : « on ne passe pas ». Mais l'interpelé, perdu dans ses pensées, ne s'arrêta pas... Ajustant son arme, Coluche cria : "Si tu fait un pas de plus, je te fous ma baïonnette dans le ventre !"

coluche 3.jpg

Cet homme distrait n’était autre que Napoléon lui-même, préparant le plan de sa prochaine bataille. S'étant fait reconnaître, il demanda son nom à la sentinelle. L'homme lui répondit qu'il se nommait Coluche et qu'il était originaire de Gastins, un village du département de la Seine-et-Marne. Loin d’être puni pour avoir ainsi défié l’Empereur, ce dernier le décora de la Légion d’honneur pour avoir monté la garde avec tant de zèle.

Après une carrière militaire bien remplie, il avait participé à de nombreuses campagnes militaires entre 1805 et 1814, le vigneron retourna dans son village natal de Gastins où il ouvrit une auberge, avec pour enseigne "On ne passe pas". C'est là qu'il est mort, en 1867, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.

coluche 4.jpg

Napoléon III (1808-1873), neveu de l'Empereur, avait voulu faire sa connaissance. Nullement intimidé, Coluche lui aurait déclaré : "J'ai bien connu votre oncle. Nous avons beaucoup voyagé ensemble..."

11/02/2018

L'histoire de notre numéro de sécu...

Un brin normand, notre numéro de Sécu ! Je m'explique : son père s'appelait René Carmille. Né à Trémolat en Dordogne le 8 janvier 1886 et mort pour la France en déportation à Dachau (Bavière) le 25 janvier 1945, pour avoir, pendant les heures les plus dangereuses du gouvernement du Vichy, été un membre influent de la Résistance, ce polytechnicien et officier français, contrôleur général des armées, est le créateur en 1941 du Service national des statistiques (SNS), qui deviendra cinq ans plus tard l’Insee. Et c'est cet homme qui inventa en 1934 un numéro de code individuel qui sera repris tel quel à la Libération par la Sécurité sociale.

 

numero secu 1.jpg

René Carmille (1886-1945)

 

Rien de normand dans tout cela, pensez-vous. Et bien si, pionnier de l’utilisation administrative en France des machines mécanographiques à cartes perforées, l'objectif premier de René Carmille est de faciliter la mobilisation clandestine à des fins de résistance. Pour « identifier » les individus, il va attribuer un numéro à chacun. Pour ce faire, il mène plusieurs expériences concluantes sur la gestion mécanographique d’un bureau de recrutement dont la principale chez nous, en Normandie, à Rouen.

numéro secu 4.jpg

Ce numéro résulte d'une combinaison de 12 chiffres : deux pour l'année de naissance, deux pour le mois, deux pour le département, trois pour la commune (sachant qu'aucun département ne comptait plus de 999 communes et trois pour un numéro d'ordre dans le mois de naissance (aucune commune n'enregistrant plus de 999 naissances par mois). Bien sûr, de part sa finalité, ce numéro ne concerne que les hommes. Mais, pour mieux cacher son jeu, il va lui rajouter un treizième chiffre, qu'il place en première position : le chiffre 1 pour les garçons et le 2 pour les filles.

numéro secu 3.jpg

Dans les années 1970, lorsque l'informatique se généralisera, la Sécu ajoutera une "clé" à deux chiffres. Ces derniers ont été choisis de façon à permettre la vérification par l'ordinateur, en retenant un nombre qui est le complément à 97 du reste de la division du numéro à treize chiffres par 97.

 

 

Biblio. "Nos ancêtres étaient-ils plus heureux ?" de Jean-Louis Beaucarnot - Ed. JC-Lattès - 2017.