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01/05/2020

Le muguet, emblème de Christian Dior

Le grand couturier Christian Dior (1905-1957), "Dior, entre Dieu et Or" pour paraphraser Jean Cocteau (1889-1963), l'ambassadeur de l'élégance française, qui a bouleversé la mode d'après-guerre, avait pour fleur fétiche, une petite fleur d'apparence humble et discrète, qui annonce le retour des beaux jours et s’offre comme un porte-bonheur : le muguet.

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Son parfum intense mais audacieux lui rappelait disait-il l'odeur du jardin de son enfance, quand, les matins de printemps, il ouvrait la fenêtre de la maison familiale de Normandie, "Les Rhumbs", située au bord de la falaise de Granville (Manche). C'est là, dans le jardin qui entoure la villa que, dès son plus jeune âge, il va s'initier au jardinage avec la plus avisée des amatrices, sa mère Madeleine. Elle connaissait petits et grands secrets des plantes et des fleurs et savait si bien les sélectionner et les soigner ! Ensemble, ils vont choisir l'endroit le mieux protégé du jardin pour y faire pousser leur muguet : sous les Arums, au pied du mur qui mène à la mer. Et c'est toujours là qu'il prospère encore aujourd'hui.

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Villa "Les Rhumbs" de Granville - Aujourd'hui Musée Christian Dior

Passionné par la nature, le jeune garçon va dévorer les catalogues horticoles. A l'âge de 20 ans, se croyant une vocation d'architecte, il redessine entièrement le jardin en y ajoutant pergolas, bassins et roseraie. Et quand, bien plus tard, après la crise de 1929, la maison de ses parents sera vendue, le célèbre couturier n'aura de cesse que de reconstituer ailleurs ce paradis perdu.

Ailleurs : ça sera aussi dans ses créations de mode. Ses modèles vont emprunter aux fleurs formes et couleurs. Et parmi elles, le muguet aura la place du roi. Non seulement, il lui inspirera des parfums célèbres, comme "Miss-Dior" ou "Diorissimo", mais il sera présent dans toutes ses collections.

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Henri Verneuil, Christian Dior et Françoise Arnoul dans la Robe "Muguet" de Christian Dior - Bustier en soie crème, brodée de brins de muguets et de strass (1956)

Pour en disposer en toute saison, il avait demandé à sa fleuriste de faire pousser du muguet toute l'année dans une serre spécialement aménagée à cet effet ! Ainsi, été comme hiver, il pouvait en glisser quelques brins à sa boutonnière ou les garder précieusement au fond de sa poche dans une petite boîte ouvragée. Superstitieux, lors des défilés, tels des gris-gris pour enrayer le mauvais sort, ordre était donné aux couturières d'en glisser dans l’ourlet d’une manche ou d’une robe ou d'en épingler au revers du col des tailleurs.

Fidèle à la tradition, chaque Premier Mai, ce génie de la haute-couture, n'oubliait d'en offrir un brin à toutes ses petites mains et clientes.

"Les femmes, avec leur instinct si sûr, ont dû comprendre que je rêvais de les rendre non seulement plus belles, mais plus heureuses" a-t'il écrit en 1956 dans son autobiographie. Le 29 octobre 1957, des milliers de brins de muguet viendront couvrir son cercueil.

12/04/2020

L'histoire des valets de nos cartes à jouer...

... Ou pourquoi portent-ils les noms d'Hector, La Hire, Hogier et Lancelot? L'histoire débute au château de Wideville. Il  s'élève à un quinzaine de kilomètres de St-Germain-en-Laye, à la frontière des communes de Crespières et Davron, et a un lien avec la Normandie. En effet, son nom, "Wideville" pourrait provenir du patronyme d'un compagnon de Guillaume le Conquérant, Hugues de Guideville, lequel, au fil du temps, aurait perdu son "g" pour donner "Udeville" puis, vers 1366, "Videville".

La demeure a été bâtie de 1580 à 1584 sur l'emplacement d'un ancien manoir. En briques, avec encadrement des fenêtres en pierre, il est entouré d'un parc magnifique.

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Elle changea plusieurs fois de propriétaires avant d'échoir vers 1620 à Claude de Bullion (1569-1640), Garde-des-Sceaux puis Surintendant des finances du Roi Louis XIII, à qui l'on doit le "louis d'or" en 1640. En 1870, le château est la propriété du Comte de Galard qui y entreprend de sévères restaurations, intérieures comme extérieures. Tout en haut du toit, sont installés deux petits chevaliers de pierre, portant chacun un fanion où apparaît un carreau semblable à celui des cartes à jouer. Il s'agit là d'un hommage au plus illustre des Galard, Hector de Galard de Brassac (1415-1475), Chevalier de l'ordre de Saint Michel, Chambellan de Louis XI, nommé en septembre 1474 Capitaine de la compagnie des Cent-vingt gentilshommes de l'hôtel du Roi, Maréchal des camps et logis du roi.

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Bien des années auparavant, Hector de Galard aurait joué devant le roi Charles VII (1403-1461) un ballet où il représentait le valet de carreau, en compagnie d'Etienne de Vignolles (1390-1443), dit La Hire, compagnon de Jeanne d'Arc, qui figurait le valet de cœur. Deux autres acteurs jouaient quant à eux des héros de l'ancienne chevalerie : le chevalier danois légendaire Hogier de Danelarche dit Hogier le Danois pour le pique et celui du cycle des romans de la Table Ronde, Lancelot du Lac pour le trèfle.

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Comme c'était l'époque où les jeux de cartes à jouer faisaient leur apparition en France, les quatre noms, Hector, La Hire, Hogier et Lancelot, vont rester pour désigner les valets.

05/04/2020

Epidémies d'hier, fléaux d'aujourd'hui

"Nous sommes en guerre !" La crise sanitaire que nous vivons aujourd'hui est la plus grave depuis un siècle. Afin d'endiguer la pandémie, sur environ 7, 8 milliards d'êtres humains que compte la terre, plus de 3 milliards de personnes sont aujourd'hui contraintes de ne plus sortir de chez elles. Du jamais vu !

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Et pourtant... L'histoire nous apprend qu'avant nous, nos ancêtres ont connu eux-aussi de grandes épidémies. Elles sont nées dès l'Antiquité au rythme des conflits militaires et du développement des liaisons commerciales. Au XVIe siècle, c'est la peste qui fait trembler le Royaume de France. Elle se répand sur tout l'hexagone et au-delà, sur le continent européen, tuant sur son passage un tiers de la population. En cinq ans, 25 millions de victimes.

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A ce terrible fléau, à partir de 1642, vont s'ajouter, se succéder, disparaître, réapparaître à intervalles irréguliers des épidémies de choléra, de variole, de typhus et de typhoïde.

Au-début du XVIIIe siècle, la dysenterie fait son apparition suivie, entre 1740 et 1742, de la grippe qui s'invite pour la première fois dans les foyers. Après que la fièvre jaune ait fait son entrée au début du XIXe siècle, c'est la tuberculose, la maladie de la pauvreté, qui entre en scène. Elle va tuer elle-aussi plus d'un quart de la population adulte européenne. A partir de 1814, apparaît la méningite cérébro-spinale. Elle sera suivie d'abord d'une épidémie de variole, responsable de 20% des décès de jeunes de moins de 24 ans, puis, dès 1885, de la 4ème pandémie de choléra.

Au début du XXe siècle, à l’automne 1918, la Grippe espagnole, considérée à ce jour comme l'épidémie la plus mortelle de l'histoire, fera près de 30 millions de victimes dans le monde, dont 250.000 dans l’Hexagone.

Notre XXIe siècle n'est pas vraiment épargné. Si l'on déplore encore dans le monde des épidémies de peste, de choléra et de grippe, on se bât aussi contre de nouvelles maladies comme le Sida et maintenant contre le Covid-19.

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Nos aïeux savaient que lorsqu'une épidémie se déclarait, il y allait avoir beaucoup de morts. Fatalistes, ils n'avaient que la religion pour leur venir en aide. Nos sociétés modernes peuvent faire preuve de plus d'optimisme, elles qui savent qu'elles peuvent compter à la fois sur les avancées de la médecine et sur celles de la science. Alors, un grand MERCI à tous les chercheurs mais aussi aux médecins, pharmaciens, infirmiers, aide-soignants, ambulanciers, brancardiers, pompiers,... c'est-à-dire à tous ceux qui, malheureusement quelquefois au prix de la leur, se battent pour notre vie. Un grand MERCI à tous ceux aussi qui, aujourd'hui, à leur poste de travail, sont mobilisés pour que nous puissions continuer à nous alimenter, nous chauffer, nous éclairer, nous informer et communiquer. Un grand, très grand MERCI !