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11/02/2018

L'histoire de notre numéro de sécu...

Un brin normand, notre numéro de Sécu ! Je m'explique : son père s'appelait René Carmille. Né à Trémolat en Dordogne le 8 janvier 1886 et mort pour la France en déportation à Dachau (Bavière) le 25 janvier 1945, pour avoir, pendant les heures les plus dangereuses du gouvernement du Vichy, été un membre influent de la Résistance, ce polytechnicien et officier français, contrôleur général des armées, est le créateur en 1941 du Service national des statistiques (SNS), qui deviendra cinq ans plus tard l’Insee. Et c'est cet homme qui inventa en 1934 un numéro de code individuel qui sera repris tel quel à la Libération par la Sécurité sociale.

 

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René Carmille (1886-1945)

 

Rien de normand dans tout cela, pensez-vous. Et bien si, pionnier de l’utilisation administrative en France des machines mécanographiques à cartes perforées, l'objectif premier de René Carmille est de faciliter la mobilisation clandestine à des fins de résistance. Pour « identifier » les individus, il va attribuer un numéro à chacun. Pour ce faire, il mène plusieurs expériences concluantes sur la gestion mécanographique d’un bureau de recrutement dont la principale chez nous, en Normandie, à Rouen.

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Ce numéro résulte d'une combinaison de 12 chiffres : deux pour l'année de naissance, deux pour le mois, deux pour le département, trois pour la commune (sachant qu'aucun département ne comptait plus de 999 communes et trois pour un numéro d'ordre dans le mois de naissance (aucune commune n'enregistrant plus de 999 naissances par mois). Bien sûr, de part sa finalité, ce numéro ne concerne que les hommes. Mais, pour mieux cacher son jeu, il va lui rajouter un treizième chiffre, qu'il place en première position : le chiffre 1 pour les garçons et le 2 pour les filles.

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Dans les années 1970, lorsque l'informatique se généralisera, la Sécu ajoutera une "clé" à deux chiffres. Ces derniers ont été choisis de façon à permettre la vérification par l'ordinateur, en retenant un nombre qui est le complément à 97 du reste de la division du numéro à treize chiffres par 97.

 

 

Biblio. "Nos ancêtres étaient-ils plus heureux ?" de Jean-Louis Beaucarnot - Ed. JC-Lattès - 2017.

04/02/2018

Vous m’aviez conseillé de me garder du froid...

En ce 5 février 1766, en Lorraine, il fait très froid. Dans sa chambre, en son château de Lunéville, le maitre des lieux, Stanislas Leszczynski (1677-1737), 88 ans, grelotte de froid. Ce prince "par la grâce de Dieu, Roi de Pologne, Grand-Duc de Lituanie, Russie, Prusse, Mazovie: Samogirle, Kiovie, Volhinie, Podlachie, Livonie, Smolensko, Sévérie, Czernichovie, Duc de Lorraine et de Bar, Marquis de Pont-à-Mousson et de Nomeny, Comte de Vaudemont, de Blamont, de Sarwerden, et de Salm" est aussi et surtout le beau-père de Louis XV (1710-1774) depuis que sa fille Marie (1703-1768) est devenue Reine en épousant le roi de France le 4 septembre 1725.

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Château de Lunéville

Mais voilà, aucun de ces prestigieux titres n'empêche aujourd'hui l'aristocrate affaibli par l'âge et qui n'y voit plus très bien, d'être transi de froid. Il s'est enveloppé dans sa plus confortable robe de chambre, cadeau de sa fille et s'est assis devant le bon feu qui tente vainement de réchauffer la pièce. Pour profiter de la chaleur des braises, le vieil homme se tient au plus près du foyer. Tellement près que son vêtement s'enflamme. Alors qu'il se baisse pour tenter d'éteindre de la main le feu qui gagne, il perd l'équilibre et tombe dans l'âtre, se blessant dans sa chute sur la pointe d'un chenet. Comme sa main gauche s'appuie sur des charbons ardents, victime d'horribles douleurs, il est incapable de se relever.

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Stanislas Leszczynski (1677-1737)

A l'extérieur de la pièce, un garde veille bien sûr mais celui-ci à ordre de ne pas entrer dans la chambre de son maitre sans y avoir été invité. Bien sûr, une acre odeur de brûlé vient chatouiller les narines de ce serviteur qui s'interroge longuement sur l'opportunité ou pas d'enfreindre le protocole...

Et quand enfin on ouvre la porte, il est trop tard. Stanislas Leszczynski est profondément brûlé. Les doigts de sa main gauche sont calcinés et, du même côté, son corps, de la joue au genou, n'est plus qu'une plaie. Lui qui restera dans l'Histoire comme l'arrière-grand-père de trois rois de France, Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, meurt le dimanche 23 février suivant à 4 heures du matin, après 18 jours d'affreuses souffrances.

5 février 1766,stanislas leszczynski,château de lunéville

La Reine Marie Leszczynski - 1725

Avant de mourir, il aurait eu ses derniers mots pour sa fille : « Vous m’aviez conseillé de me garder du froid, vous auriez mieux fait de me dire de me préserver du chaud. »

Le malheur de l'un faisant le bonheur des autres, son décès permit le rattachement des duchés de Lorraine et de Bar, stratégiquement situés entre Paris et le Rhin, au Royaume de France. Il .

 

Biblio. "le grand Bêtisier de l'Histoire de France" d'A. Dag'Naud - Ed. Larousse, 2012.

Merci au nombreux sites sur le sujet et particulièrement au pages chrisagde.free.fr et Wikipédia.

 

31/12/2017

Ce soir, tous sur notre 31 !

31 ? Comme le 31 décembre ? Pas vraiment... Quoi que... L'origine de cette expression, née au XIXe siècle, est très incertaine...

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Plusieurs explications ont été avancées dont une venant de Prusse et qui concerne effectivement le 31 du mois (mais pas seulement de décembre !) Sept fois par an, à cette occasion, les hommes de troupe recevraient un supplément de traitement, histoire de pouvoir terminer le mois sans trop tirer la langue. Mais cela s'accompagnait aussi d'une revue en détail du casernement ! Tout devait rutiler, les militaires comme les paquetages !

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Plus rationnellement, l'expression pourrait provenir d'une déformation du mot "trentain" qui désignait du XIIe siècle à la fin du XVe siècle, une étoffe riche et somptueuse, un drap dont la chaine était composée de trente centaines de fil. Il était réservé à la confection de vêtements de luxe portés les jours de fête... L'explication est tentante... Mais voilà, elle se heurte à un problème de calendrier... Au XIXe siècle, on ne parlait plus de trentain...

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L'ultime explication nous vient d'un jeu de cartes très populaire au XIXe siècle: le" trente-et-un", un jeu de pari basé sur le principe du blackjack . Pour gagner, il suffit d'avoir le maximum de points, c'est à dire... 31 !

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.