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08/04/2018

"La fillette aux bulles de savon"

Dans la main de cette petite fille,  une bulle de savon, symbole du caractère éphémère de la vie... C'est ce que a voulu représenter Pierre Mignard (1612-1695), l'auteur de ce portrait peint en 1682, celui d'une enfant qui n'est déjà plus... Car "La fillette aux bulles de savon" est le portrait posthume du cinquième enfant de Madame de Montespan (1640-1707) et du roi Louis XIV (1638-1715), Louise Marie Anne de Bourbon, née le 12 novembre 1674 à Saint-Germain-en-Laye. 

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En cette fin du XVIIe siècle, la mortalité infantile bat des records ! Près d'un nouveau-né sur trois décède avant son premier anniversaire, victime le plus souvent d’une maladie infectieuse ! Il naît beaucoup d’enfants, il en meurt aussi beaucoup. Toutes les familles, même les plus riches comme les familles royales, sont touchées. La mort frappe sans distinction de classe !

Confiée, comme ses frères et sœurs aux bons soins de Madame Scarron (1635-1719), la future marquise de Maintenon, Louise Marie Anne est légitimée en janvier 1676 avec le titre de « Mademoiselle de Tours ». Elle connaît une enfance discrète à la cour du Roi son père. Ses parents la surnomme "Toutou". On la dit jolie malgré un léger strabisme.

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Pierre Mignard (1612-1695)

Elle tombe malade, probablement victime d'une maladie infantile, au début de mois de septembre 1681 et est confiée aux bons soins du médecin du roi, Guy-Crescent Fagon (1638-1718) qui ne peut sauver la fillette.

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Église Saint-Pierre Saint-Paul de Souvigny

Elle meurt le 15 septembre 1681 à l'âge de six ans à Bourbon-l'Archambault, situé à plus de 300 km de Versailles. Sa mère, qui, avec la Cour, passe l'été à Fontainebleau, prend immédiatement la route pour la rejoindre mais arrive trop tard. La petite princesse est enterrée dans le cœur de l'église du prieuré de Souvigny, nécropole de la branche aînée des Ducs de Bourbon, le 19 septembre suivant. Sur ordre du roi, la marquise de Montespan n'assistera pas aux funérailles de sa fille. En effet, elle doit rester dans l'ombre. Comme son nom ne figure pas sur l'acte de légitimation de l'enfant et qu'elle n'a pas été officiellement déclarée sa mère, elle est tenue à l'écart du cérémonial. Toute la Cour, la Reine la première, défile devant Mademoiselle de Nantes, âgée de 8 ans, sœur aînée de la défunte, pour lui présenter des condoléances sincères...

 

18/03/2018

Assurément, un homme de poids !

Et pas seulement de par sa fonction ! André Couste, Seigneur de Villiers-Louis et de Saint-Rémy, lieutenant civil et criminel au bailliage de Sens (Yonne) est mort des suites d'une "faim canine" !

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Acte de sépulture - Registre paroissial de St-Hilaire de Sens

"La Faim canine, d'après "l' Encyclopédie ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers", est une faim démesurée qui porte à prendre beaucoup de nourriture. Le nom savant de cette maladie est "cynorexie".

Sur ce bourguignon atypique, les savants de Sens ont exhumé des textes épiques. Il faut dire que cet homme là était renommé dans toute la région pour sa corpulence et son appétit gargantuesque :

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"André de Couste avait la ceinture si large qu'il fallait sept aunes (environ 8m50) de panne (étoffe semblable au velours) pour lui faire une culotte. On avait remarqué que sa mère était extrêmement puissante. Son appétit croissait démesurément ; il mangeait comme quatre des plus affamés et buvait à proportion. Lorsqu'il voyageait, il se faisait préparer un repas pour douze personnes ; sa taille était de plus de cinq pieds et demi. Il devint d'un embonpoint si colossal qu'à peine pouvait-il marcher et, pour peu qu'il fit le moindre exercice, il fondait en sueur ; son ventre lui tombait sur les genoux. Étant tombé une fois par terre, il fallut sept ou huit hommes des plus forts pour le relever et le remettre dans son lit ; ils estimèrent qu'il pesait de huit à neuf cents livres (environ 385 kg). Il mourut en 1804, le 27 février, âgé de 39 ans, des suites d'une faim canine.*"

"A sa mort, on fit l'ouverture de son corps : on lui trouva quatorze pouces (36 cm) de graisse sur les muscles du bas-ventre**".

 

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La table d'abondance - Guy Thiant

Pour éviter que son cercueil se disloque, il fallu le cercler de fer. Il fut porté en terre par 16 garçons bouchers. Chacun d'eux reçut un écu pour prix de son effort...

 

* Source Gallica - "Le Temps" de Paris, 1er avril 1894.

** Source Gallica - "Recherches historiques et anecdotiques sur la ville de Sens par T. Tarbé, Paris, 1888.

11/03/2018

C'est l'histoire d'un mec... Son nom ?... Coluche !

Mais le prénom de notre homme est Jean Baptiste. Grenadier dans l’armée napoléonienne, grognard du 17ème de ligne, il doit sa célébrité à un épisode survenu après la bataille d’Ebersberg (Autriche) le 3 mai 1809 où s'affrontèrent les troupes françaises et autrichiennes.

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Jean Baptiste Coluche (30 mars 1780-2 mai 1867)

(Estampe d'après un croquis de Pauline Viardot en 1846)

 

Le soldat était de garde devant la maison où logeait Napoléon (1769-1821) avec la consigne de ne laisser entrer ou sortir personne qui ne soit pas accompagné d’un officier d’état-major. Voyant approcher un homme vêtu d’une redingote il s’écria : « on ne passe pas ». Mais l'interpelé, perdu dans ses pensées, ne s'arrêta pas... Ajustant son arme, Coluche cria : "Si tu fait un pas de plus, je te fous ma baïonnette dans le ventre !"

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Cet homme distrait n’était autre que Napoléon lui-même, préparant le plan de sa prochaine bataille. S'étant fait reconnaître, il demanda son nom à la sentinelle. L'homme lui répondit qu'il se nommait Coluche et qu'il était originaire de Gastins, un village du département de la Seine-et-Marne. Loin d’être puni pour avoir ainsi défié l’Empereur, ce dernier le décora de la Légion d’honneur pour avoir monté la garde avec tant de zèle.

Après une carrière militaire bien remplie, il avait participé à de nombreuses campagnes militaires entre 1805 et 1814, le vigneron retourna dans son village natal de Gastins où il ouvrit une auberge, avec pour enseigne "On ne passe pas". C'est là qu'il est mort, en 1867, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.

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Napoléon III (1808-1873), neveu de l'Empereur, avait voulu faire sa connaissance. Nullement intimidé, Coluche lui aurait déclaré : "J'ai bien connu votre oncle. Nous avons beaucoup voyagé ensemble..."