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05/10/2016

Le plus révolutionnaire des refrains

Ce refrain là symbolise la Révolution. Pourtant, à sa création, il s'agissait d'un chant de paix exprimant à la fois l'optimisme et la confiance :

 

"Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Le peuple en ce jour sans cesse répète,

Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira,

Malgré les mutins tout réussira.

Nos ennemis confus en restent là

Et nous allons chanter « Alléluia !"

 

La musique, le "Carillon national", est une contredanse très populaire sous l'Ancien Régime signée Bécourt, un violoniste parisien exerçant au théâtre des Beaujolais. Aujourd'hui disparu, à son emplacement se situe  le théâtre du Palais-Royal. Cet air plaisait dit-on énormément à la reine Marie-Antoinette (1755-1793) qui le jouait volontiers sur son clavecin...

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Les paroles, des vers débonnaires, sont de Ladré, un ancien soldat devenu chanteur. Le titre comme le thème du refrain lui furent inspirés par le positivisme de l'américain Benjamin Franklin (1706-1790). Lorsqu’on lui demandait des nouvelles de la guerre d’Indépendance américaine, il répondait invariablement dans son mauvais français : « Ça ira, ça ira. »

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Mais voilà, avec le temps, les paroles de ce chant vont évoluer. Rien de commun entre le « Ah ça ira, ça ira ! Pierrot et Margot chantent à la ginguette ! Ah ! ça ira, ça ira, ça ira ! Réjouissons nous, le bon temps reviendra » chanté lors de la première fête du 14 juillet appelée à l'époque "Fête de la Fédération", et quelques mois plus tard, ces vers de haine écrits par un sans-culotte anonyme :

 

« Ah ça ira, ça ira, ça ira,

Les aristocrates à la lanterne.

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !

Les aristocrates on les pendra. »

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Et ce sont ces paroles-là qui furent entonnées pendant la nuit du 5 au 6 octobre 1789, par les insurgés du château de Versailles. Elles furent reprises ensuite par le peuple jusqu’à la fin du règne de la Terreur avant de finir par être interdites sous le Consulat.

 

Biblio. "Le grand Bêtisier de l'Histoire de France" de A. Dag'Naud - Ed. Larousse 2012.

Merci aux nombres pages sur ce thème et notamment à celles de Wikipédia.

14/09/2016

15 septembre 1916 : entrée en scène des premiers chars d'assaut

15 septembre 1916. En Picardie, à Flers, cité de la Somme entre Albert et Bapaume. Le britannique Douglas Haig (1861-1928), commandant en chef des forces britanniques en France, vient de positionner les tout premiers chars d'assaut de l'histoire.

premiers chars d'assaut,mark-1 - réservoir,bataille de la somme,1916

 

L'objectif des alliés est clair : en finir avec cette guerre de positions qui dure depuis la fin de l'année 1914. Ces monstres d'acier sont destinés à "détruire les barbelés, traverser les tranchées et résister au feu ennemi tout en progressant". Pour cela, l'armée de sa majesté dispose de 49 tanks à chenille, des "Mark-1 - réservoir". Ces nouveaux engins de guerre pèsent près de 30 tonnes chacun. Longs de 8 mètres et larges de 4, ils sont dotés d'un armement puissant composé de 2 canons et 4 mitrailleuses Hotchkiss situées sur le côté de la caisse. Grâce à leur forme rhomboïde, ils peuvent franchir une tranchée de près de 4 m de largeur et un obstacle de plus de 1 m de haut. Une fois la tranchée franchie, ils obliquent et la longent en mitraillant.

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Un britannique Mark I "mâle" réservoir près de Thiepval le 25 Septembre 1916, équipé d' un treillis métallique pour dévier des grenades et la queue de pilotage initial, montré soulevé.


Ces machines sont conçues sur le modèle des voitures blindées de l'époque. Pour garder le secret de leur construction, le gouvernement britannique décide de  faire croire qu'elles ne sont destinés qu'au ravitaillement en eau des armées. Pour cela, elles vont être baptisées « tank », c'est-à-dire en français « réservoir », par l' une des forces motrices de leur création et de leur adoption, le Major-General Sir Ernest Dunlop Swinton, (1868-1951).

premiers chars d'assaut,mark-1 - réservoir,bataille de la somme,1916

Major-General Sir Ernest Dunlop Swinton, (1868-1951).

Sur le champ de bataille, l'engin surprend et son utilisation permet effectivement de reprendre du terrain. Mais à l'usage, ces chars vont se révéler décevants. Au soir de cette journée du 15 septembre 1916, sur le champ de bataille de Flers-Courcelette, 14 des 21 chars engagés sont tombés en panne ou se sont embourbés. Un tiers d'entre-eux seulement ont réussi à percer. D'une part, leur vitesse de pointe est à peine supérieure à celle d’un homme au pas, et d'autre part ils ne disposent que d'une faible autonomie de 40  km. Surtout, ils nécessitent un équipage de huit hommes, dont deux chargés de manœuvrer chaque chenille, des chenilles par ailleurs très fragiles qui doivent être remplacées tous les 80 km.




Biblio. "histoire des provinces de France" d' Antoine Auger et Dimitri Casali - TF1  entreprises -2010.

Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

07/09/2016

Jeudi 9 septembre 1087, la fin du Conquérant...

... A soixante ans, s'éteint à Rouen, où il était de retour depuis l'automne précédent, Guillaume, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

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Guillaume-le-Conquérant et Harold-le-Saxon-Tapisserie de Bayeux

 

A l'image de sa vie, sa mort ne fut guère paisible. C'est en lançant une expédition triomphale sur le vexin français contre le roi de France Philippe Ier (1052-1108) qu'il va trouver la mort à Mantes, dans la rue de la Chaussetterie, près du parvis Notre-Dame. Écart du cheval ou malaise du cavalier, il tombe lourdement et se blesse à l'arçon de sa selle. Son état s'avère sérieux, voire désespéré. Il est rapidement transporté au château de Rouen, mais incommodé par le bruit, il est transféré à sa demande aux portes de la ville, au prieuré de Saint-Gervais. Il y agonise plusieurs jours durant "sans jamais perdre son bon sens et sans aucun mal à s'exprimer". Il meurt pieusement le matin du 9 septembre, après avoir eu le temps de préciser ses dernières volontés. Son corps est transporté par la mer jusqu'à Caen, pour être inhumé en l'abbatiale Saint-Étienne, ancienne abbatiale de l'abbaye aux Hommes.

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L'abbaye bénédictine Saint-Etienne de Caen

 

D'après Orderic Vital (1075-1143), moine anglo-normand connu comme l'un des plus importants historiens du Moyen Âge central, il fallut forcer son corps pour pouvoir l'introduire dans le sarcophage, si bien que la peau de bœuf dans laquelle il avait été enveloppé à la hâte se déchira, faisant éclater son ventre qui exhala une insupportable odeur de putréfaction. Le jour de son inhumation solennelle à l'abbaye aux Hommes, la cérémonie fut interrompue par une "clameur de haro", un droit sacré que tout Normand qui voulait se plaindre pouvait exercer sur le passage du prince en s'écriant "Haro mon prince, on me fait tort !" On dû verser immédiatement à l'individu, un certain Asselin, la somme de 60 sous pour le faire taire. Sa tombe fut ouverte une première fois en 1522 sur ordre du Pape. Puis, en 1562, pendant les guerres de Religion, elle est profanée, vandalisée et pillée par les Protestants. Sa dépouille est exhumée, mise en pièce, et dispersée. Seul son fémur gauche aurait été sauvé par le poète Charles Toustain de La Mazurie (1501-1564). La relique est placée dans un nouveau tombeau en 1642, qui est remplacé au XVIIIe siècle par un monument plus élaboré, lequel est détruit pendant la révolution française. Sous la dalle actuelle qui porte son épitaphe, datant du XIXe siècle, il ne reste donc de son squelette qu'un fémur et une mâchoire qui auraient été sauvegardés in extremis.

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La mort de Guillaume amène la division de ses états entre ses deux aînés, Robert Courteheuse (1052-1134) et Guillaume le Roux (1060-1100). Mais le cadet, Henri Beauclerc (1068-1135), à défaut de terres, hérite seul des qualités d'intelligence et d'énergie de son père.

 

Biblio. "Histoire de la Normandie" R. Jouet et Cl. Quétel - Orep éditions2009.