Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/07/2016

Le sacre des rois de France

1073 ans séparent le premier sacre, celui de Pépin le Bref (714-768), du dernier, celui de Charles X (1757-1836), célébré à Reims, le 29 mai 1825. Tout au long de ces onze siècles, c'est par ce rituel que le roi de France devient véritablement roi.

sacre du roi Charles X.jpg

Sacre de Charles X, à Reims, 29 mai 1825

Le mot "roi" vient de "rex". C'est ainsi que les Romains désignent les chefs des peuples qui se sont établis de force dans leurs anciennes provinces.

C'est Reims, située au cœur du royaume original des Francs, où Saint-Rémi, leur apôtre, a été enterré vers 533 et où Clovis s'est fait baptiser le 25 décembre 498, qui s'impose comme la ville emblématique du sacre des rois de France. Le premier souverain à y avoir été oint et consacré est Louis Ier le Pieux, fils de Charlemagne, le 5 octobre 816. Et si tous les sacres n'ont pas eu lieu à Reims, ils s'y sont déroulés presque systématiquement à partir de celui d'Henri Ier (1008-1060) en 1027. En tout, 35 rois y seront sacrés. A noter qu''Henri IV a été sacré à Chartres le 27 février 1594 et que Louis XVIII ne l'a pas été du tout.

sacre du roi 00.jpg

Baptême sacre du Roi Clovis

Le sacre a lieu soit un dimanche, soit le jour d'une grande fête liturgique, au cours d'un cérémonial qui s'est progressivement mis en place à partir du XVe siècle. Robert II le Pieux (972-1031) est ainsi sacré le jour de Noël 987, Philippe II Auguste (1165-1223), le jour de la Toussaint, 1er novembre 1179, Philippe le Bel (1268-1314), le jour de Épiphanie, 6 janvier 1286 et Louis XI (1423-1483), le jour de l’Assomption, 15 août 1461.

sacre des rois ecrouelles.jpg

Illustration de Saint-Louis guérissant les écrouelles

Le sacre est également l'occasion de mettre en lumière le pouvoir guérisseur des rois. Ils sont censés soulager "le mal royal", les écrouelles ou adénites tuberculeuses, infections des ganglions du cou par la tuberculose. Cette tradition, qui remonte à Robert le Pieux, "Le roi te touche, Dieu te guérit", met en lumière la croyance du peuple en la puissance divine du roi. Louis XV touchera ainsi 2000 malades au lendemain de son sacre, le 29 octobre 1722, et Louis XVI 2400 au lendemain du sien. Cette pratique cessera avec Charles X qui n'a touché qu'une centaine de malades le 31 mai 1825, soit deux jours après son sacre.

 

Biblio. "La cérémonie du sacre, le merveilleux et le miraculeux" de F. BEY - Histoires de France n°13 - 2014.

03/04/2013

Une âme, un nom, une histoire...

Elles ont pour nom  « Durandal », « Courtoise » ou « Joyeuse ». Armes des officiers, comme les lances sont celles des soldats, elles sont entrées dans l’arsenal français dès le haut Moyen-âge.

Symbole de pouvoir auquel on confère souvent une âme et on donne un nom, l’épée fait partie du rituel lors du sacre des rois de France et ce, depuis celui de Philippe Auguste en 1179.

« Durandal », « Courtoise » ou « Joyeuse » sont des épées uniques et prestigieuses, de celles qui ont une histoire...

 Epee Durandal.jpg

 

 Durandal à Rocamadour

 

« Durandal », c’est l’épée mythique du chevalier Roland (736-778). La légende raconte qu’alors qu’il est  blessé à mort à Roncevaux, il tente de la casser sur un rocher afin qu’elle ne tombe pas dans les mains de l'ennemi, les Sarrasins. Mais c’est le rocher qui se brise, ouvrant providentiellement une importante trouée naturelle, la « brèche de Roland ». Une autre version veut que le chevalier, après avoir appelé à l’aide l’archange Saint-Michel, ait lancé son épée vers la vallée. Elle a traversé miraculeusement plusieurs centaines de kilomètres avant d'aller se planter dans le rocher de Notre-Dame de Rocamadour, où on peut encore l’admirer aujourd’hui.  

Epee de Guillaume.jpg

 "Courtoise", l'épée de Guillaume II

 

Avec « Courtoise »,  Guillaume II, comte d’Angoulême de 929 à 956 aurait pourfendu d’un coup unique, le corps de Stonius, un chef viking pourtant armé d’une cuirasse. Cela  lui valut le surnom mérité de Taillefer !

Quant à « Joyeuse », l’épée de Charlemagne (742-814) dans la chanson de Roland, elle porte dans son pommeau la relique de la Sainte-Lance, celle qui aurait percé le flanc du Christ sur la croix :

 

« Nous avons fort à dire sur la lance

Dont Notre Seigneur fut blessé sur la croix.

Charles, grâce à Dieu, en a la pointe.

Il l’a fait enchâsser dans un pommeau d’or.

En raison de cet honneur et de cette grâce,

Le nom de Joyeuse fut donnée à l’épée.* »

 

Joyeuse.jpg

 

        "Joyeuse", l'épée de nos rois

 

« Joyeuse », c’est aussi le nom de l’épée utilisée lors du sacre des rois de France. Elle est aujourd’hui en sécurité au Musée du Louvre. Mais s’agit-il de l'épée de Charlemagne ? Elle semble avoir été fabriquée plus tardivement à partir d’éléments d’époques diverses…

 

 

* Extrait de La Chanson de Roland.

 

Biblio. Merci aux nombreuses pages Wikipédia sur le sujet.