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16/04/2017

16 avril 1917 : le désastre du Chemin des Dames

« L'heure est venue, confiance, courage et vive la France ! » : c'est avec ces mots et sous ses ordres que le 16 avril 1917 à 6 heures du matin, le Général Nivelle (1856-1924) lance, dans des conditions météorologiques hivernales, la grande offensive du Chemin des Dames. Elle ne devait durer que 24 voire 48 heures au maximum...

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 Le Général Nivelle (1856-1924)

La « mère de toutes les batailles », celle de Verdun, n'est pas encore achevée que déjà l'état-major français songe à porter ailleurs l'offensive dans l'espoir d'une percée définitive. La stratégie élaborée par Nivelle, qui vient de remplacer Joffre (1852-1931) à la tête des armées, est de mettre un terme à la guerre d'usure menée par ce dernier en lançant des attaques frontales massives et brusquées à l’abri d’un rideau de feu.

Pour cela, il choisit le plateau du Chemin des Dames, qui domine la vallée de l'Aisne, où la ligne de front s'est figée. Il en est convaincu : une vaste offensive des forces françaises et anglaises va permettre de remporter une victoire décisive. Le Chemin des Dames, ce sera le « dernier coup » !

 

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En mars 1917, alors que, du côté français, on accélère les préparatifs, les Allemands, qui ont renoncé à Verdun, entament un repli stratégique tout en renforçant sérieusement leurs lignes de défense sur un front désormais réduit. Cela va avoir de lourdes conséquences sur la suite du conflit et l'état major français le sait bien : l'offensive des alliés n'aura aucun effet de surprise sur l'ennemi, bien au contraire ! On tente en vain de persuader Nivelle de revoir son plan, mais celui-ci s'obstine : il a rassemblé plus de 800 000 hommes et n'entend pas renoncer.

 

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Après seulement quelques heures d'âpres combats, les pertes humaines sont effroyables. Tous les assauts échouent, les hommes tombent par milliers et il semble évident qu'il faut arrêter l'opération avant qu'il ne soit trop tard. Pourtant, rien ni personne ne fait dévier le généralissime Nivelle de ses espoirs de victoire, pas même la vie des poilus. Après une semaine de lutte, les combattants n'ont pratiquement pas progressé. Pourtant, 35 000 hommes sont déjà morts ! Les autres sont cloués au sol et vivent un calvaire qui va continuer des semaines durant. L'échec se transforme en fiasco. Le mécontentement gronde. C'est le début des fameuses mutineries de 1917 qui seront maîtrisées par le Général Pétain (1856-1951), Commandant en chef des armées, qui fera fusiller quarante-neuf soldats, dont certains pour l'exemple. Or, ces soldats ne refusent de se battre, mais ils ne veulent plus aller « au casse pipe » en participant à des offensives mal préparées et des plus meurtrières. 

Nivelle, relevé de son commandement, le moral des troupes s’améliore. Il faudra tout de même attendre la victoire de la Malmaison, le 24 octobre 1917 pour que s'achève enfin la bataille la plus absurde de cette Grande Guerre... où 200 000 soldats, français et anglais, ont été tués ou blessés.

Bien que disgracié en décembre 1917 et expédié loin du front, avec la paix revenue, le temps de la réhabilitation sonnera pour celui qui restera pour la postérité « le boucher du Chemin des Dames ». Nommé au Conseil supérieur de la guerre puis élevé le 28 décembre 1920 à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur et décoré de la Médaille militaire, Nivelle meurt dans son lit le 22 mars 1924. Inhumé à Passy, son corps a été transféré aux Invalides en 1932. C'est le ministre de la Guerre d'alors, André Maginot (1877-1932), qui a prononcé son éloge funèbre.

 

Biblio. « Les pires décisions de l'histoire » de R. Thomazo – Mini-Larousse 2011.

09/04/2017

9 avril 1860 : le premier enregistrement d'une voix humaine

 « Au clair de la lune,

Mon ami Pierrot,

Prête moi ta plume,

Pour écrire un mot... »

 

Qui n'a pas un jour ou l'autre fredonné ces paroles ? Sûrement la plus populaire de nos chansons enfantines mais aussi celle dont l'histoire reste la plus mystérieuse. On ne connaît ni son auteur ni son compositeur, même si certains l'attribuent à Jean-Baptiste Lully (1632-1687).

 

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Très à la mode vers 1780, alors que la France vient d'entrer en Révolution, il faut savoir que cette comptine n'était pas à l'origine destinée aux enfants car, derrière ses paroles anodines, se cachent des sous-entendus des plus érotiques... Mais saviez-vous qu'elle a une autre particularité : c'est le premier enregistrement sonore réalisé au monde et par un français de surcroît !

Car, si l'américain Thomas Edison (1847-1931) fut bien le premier à reproduire un son enregistré grâce à un phonographe en 1877, le premier enregistrement sonore conservé date du 9 avril 1860, soit 17 ans plus tôt. Il a été réalisé par un ingénieux français, Édouard Léon Scott de Matinville (1817-1879), ouvrier typographe, libraire et écrivain, lequel a chanté « Au clair de la lune » devant le cornet d'un appareil de son invention pour lequel il a déposé un brevet le 25 mars1857.

 

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 Le phonautographe de Scott de Martinville. (Desbeaux 1891)

 

Permettant de transcrire des ondes sonores mais pas de les reproduire, son phonautographe (la voix s'écrivant elle-même) se composait d'un résonateur qui faisait vibrer un stylet sur la surface d'un papier recouvert de noir de fumée et fixé sur un cylindre.

Ayant appris l’invention d'Edison, le français écrira dans l’introduction de son dernier livre mémoire paru en 1878 : « Je ne demande pour mes efforts qu’une seule récompense (...) de ne pas oublier de prononcer mon nom dans cette affaire... »

 

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 Édouard Léon Scott de Matinville (1817-1879)

 

En 2007, un collectif d'ingénieurs du son et de scientifiques américains, vont parvenir à lire son enregistrement, le plus ancien qui soit actuellement connu, à l aide d'une tête de lecture virtuelle. On peut désormais entendre durant 10 secondes la voix de Scott de Matinville entonner : « Au clair de la lune, mon ami Pierrot » ! Essayez sur https://www.youtube.com !

 

Biblio. « Histoires insolites de la Science et des scientifiques » de M. Lefrançois – City Ed. 2014.

« Refrais d'enfance » de M. David et A-M. Delrieu -Ed. Herscher 1988.

« Au clair de la lune » article de B. Dicale – Revue Historia Oct. 2012.

02/04/2017

La perruque, une victime de la Révolution Française

Parce que le luxe est toujours synonyme de parures de toutes sortes, les Grecs comme les Romains portaient perruques. Utilisées bien avant eux par d’autres civilisations anciennes, notamment par les Égyptiens qui protégeaient ainsi leur crâne rasé du soleil, elles vont progressivement cependant disparaître…

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Perruque égyptienne

 

... Pour mieux renaître au royaume de France au début du XVIe siècle et ce, malgré les réticences de l’Église arguant qu’ « il déplaît à Dieu que l’homme, en usant d’une fausse chevelure, contrarie ce que la nature lui a donné ! ». Car c’est au roi Louis XIII, victime d’une calvitie précoce à seulement 19 ans, que l’on doit son retour.

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A  cette époque, l’homme dégarni n’a d’autre solution pour remédier à ce désagrément, que de porter un couvre-chef triste et plat appelé « calotte ». C’est sur cette « calotte » qu’on va imaginer d’attacher des cheveux postiches. On va tout d’abord lacer des cheveux dans un « toilé de tisserand » et aussi dans un « tissu à franger » nommé « point de Milan ». Puis, plus tard, on va coudre par rangées ces entrelacements sur la calotte. Celle-ci aussi s’améliore au fil du temps et devient de plus en plus mince et légère. 

Elles prennent aussi différentes couleurs et sont réalisées dans différentes matières comme la peau de mouton, le satin ou la soie. Les longs cheveux qui y sont cousus à l’aiguille, un par un, très minutieusement, sont par la suite frisés. Et c’est ainsi que les perruques vont devenir au fil du temps de plus en plus compliquées et imposantes. Les plus beaux modèles sont fabriqués avec de véritables cheveux humains, le crin de cheval étant une alternative moins chère.

Dès 1620, après que le roi Louis XIII l’eut adoptée, la perruque devient et restera pendant plus de deux siècles une composante essentielle de l’apparence. Ainsi, la mode va gagner progressivement les gens de cour, les bourgeois et même les ecclésiastiques. Le roi Louis XIV confiait volontiers que «La perruque donne à la physionomie de l’homme plus de majesté et plus de noblesse.»

Chacun va l’utiliser et pas seulement pour améliorer son aspect physique ! En effet, l’époque n’étant pas à proprement parler celle de l’hygiène corporelle, les cheveux rasés sous la perruque permettent d’éviter les infections capillaires et autres démangeaisons disgracieuses.

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Sous le règne du roi Louis XV,  le rôle du perruquier prend une importance considérable. Car c’est son art qui assigne à chaque personnage son rang dans la société : « la perruque fait le moine » ! Chacun, qu’il soit aristocrate, magistrat, militaire, gentilhomme, femme de cour, prêtre, marchand ou simple valet…,  chacun se doit d’inclure cet accessoire dans sa « panoplie » de cérémonie !

Au XVIIIe siècle, à Paris, presque tout le monde porte une perruque, depuis le vieillard jusqu’à l’enfant. « Le moindre laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux, et la condition des personnes se reconnaissait à la forme de leur perruque. » D’ailleurs différentes professions, notamment celles de justice, vont l’adopter dès lors comme un des éléments de leur uniforme.

La fin des perruques sonnera quand les têtes tomberont, victimes les unes et les autres, de la Révolution Française.

 

Biblio : « Parfum et cosmétiques » - Nos ancêtres – Vie et Métiers, n°47 – Jan-Fev. 2011

Merci aux sites gralon.net et france-pittoresque.com

 

15:02 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)