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16/06/2019

L'appel du 18 juin !

"Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre

et ne s'éteindra pas".

Charles De Gaulle

 

18 juin ! 18 juin 1940 ! Comment oublier cette date inscrite à jamais dans notre histoire ? Comment ne pas se souvenir que c'est à la suite de son célèbre "appel" sur les ondes de la BBC de Londres, un appel à la résistance invitant les Français à refuser la défaite et à lutter, que De Gaulle (1890-1970) va poser la première pierre de l’aventure de la France Libre ?

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La veille, à la radio, les auditeurs ont entendu un tout autre discours. Celui du Maréchal Pétain, nouveau chef du Gouvernement français, annonçant officiellement et le "cœur serré" qu'il faut "cesser le combat" face à l'Allemagne et demander à l'ennemi la signature d'un armistice.

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C'est en réaction à ce discours défaitiste que De Gaulle va lancer son célèbre appel aux armes où il incite la population à refuser la capitulation et à poursuivre le combat face aux nazis. Il va alors prédire la mondialisation de la guerre. Pourtant, très peu de français vont l'entendre sur le moment. De Gaulle, alors âgé de 49 ans, est encore inconnu du grand public et la population comme les soldats en pleine débâcle ont bien d'autres choses à faire que de se brancher sur la radio britannique ! Seulement quelques journaux de la presse régionale reprendront son discours le lendemain.

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Pour la petite histoire, cet appel a la résistance vaudra a de Gaulle d'être condamné une première fois par la France à 4 ans de prison et 100 francs d'amende pour "incitation à la désobéissance". Estimant ledit jugement "coupable d'indulgence", les autorités de Vichy vont faire  appel et, le 2 août 1940, obtenir du tribunal militaire siégeant à Clermont-Ferrand sa condamnation à mort, sa dégradation militaire et la confiscation de ses biens. Le condamné à mort fera savoir fièrement et simplement qu'il considère ces jugements comme " nuls et non avenus".

 

Biblio. "Petites histoires des Grands de France" de J-P. Rodrigue -Jourdan Éd. 2005.

05/05/2019

La charte autographe de Guillaume le Conquérant

Regardez bien ce document !... Ou plutôt, regardez-bien la première croix en bas du texte.

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Une simple croix ?... Non, une croix inscrite de la main de Guillaume le Conquérant (1027/1028 - 1087) en personne sur une charte datée entre 1066 et 1087.

 

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Né à Falaise, rappelons que ce 7ème Duc de Normandie est le fils illégitime de Robert "le Diable" ou "le Magnifique", duc de Normandie et de sa maîtresse Herleve, appelée également Arlette, fille de Fullbert, maître de Falaise. On ne sait pas quelle éducation le jeune Guillaume a réellement reçue.

Successeur de son père après sa mort prématurée en 1035, les grands seigneurs de Normandie, qui le considèrent comme un bâtard exempt de sang noble, contestent alors son pouvoir. Le duché connaît une période de troubles et de rébellions et le jeune Duc échappe de peu à différentes tentatives d’assassinat. Cette période particulièrement difficile va cependant contribuer à forger son caractère. En 1047, il parvient à établir définitivement son autorité sur ses terres et à unifier la Normandie. Dès lors, rien ne va plus l'arrêter !

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Tête dite de Guillaume le Conquérant, musée de l'abbaye de Jumièges

 

Ce normand va être le premier et reste le seul à ce jour à avoir envahi et conquis l’Angleterre après sa victoire à la bataille d’Hastings le 14 octobre 1066. Couronné à l’abbaye de Westminster le jour de Noël de la même année, il est fait  roi d’Angleterre sous le nom de Guillaume Ier.

Afin de sécuriser son nouveau royaume, Guillaume y ordonne la construction de nombreux châteaux forts, donjons et autres mottes. Si la plus emblématique de ces constructions est "la Tour de Londres", et son donjon "la Tour Blanche", bâtie en pierre de Caen, il faut citer également le château de Windsor, l'une des résidences préférées de la famille royale britannique actuelle, où s'est déroulé le 19 mai dernier le mariage princier d'Harry et Meghan.

03/03/2019

Le dernier séjour en Normandie du dernier roi des Français

Hiver 1848. Rien ne va plus sur notre belle terre de France. La crise économique qui sévit sur tout le pays est sans précédent. Personne n'est épargné, ni aucun territoire. Émeutes et manifestations violentes se succèdent.

Après dix-huit ans de règne, le dernier roi des Français, et aussi dernier roi Bourbon, Louis-Philippe (1773-1850), finit par prendre conscience de la gravité des événements. Craignant pour sa vie, "le Roi Bourgeois" est poussé à l’abdication le 24 février 1848. Souhaitant rejoindre l'Angleterre au plus vite, la famille royale quitte la capitale à la sauvette et déguisé, à bord d'une voiture banale et sous le nom d'emprunt de « Mr. Smith », se dirige vers la Normandie.

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Chapelle de la Vierge de Grâce d'Équemauville

Un ami, le Colonel de Perthuis, leur offre l'hospitalité dans son château de la Côte de Grâce. Construit en 1840 par un bourgeois honfleurais, cet édifice "Troubadour", est un mélange de styles Moyen-âge, Renaissance et  Louis XIII. Il se trouve sur la commune d'Équemauville (Calvados), une petite commune d'un peu plus de 600 âmes à l'époque. Par souci de discrétion, la famille royale va y occuper un petit pavillon situé à l'écart et réservé habituellement au jardinier. A quelques pas de là, se trouve la chapelle de la Vierge de Grâce, construite vers 1610 par les bourgeois et les marins de Honfleur, où la Reine Marie-Amélie viendra se recueillir et prier.

 

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Steamer "Le Courrier" en 1837

Au bout de quelques jours, toute la famille embarque à bord du Steamer "Le Courrier" (1831-1885) pour se rendre au Havre ou les attend le Vapeur Anglais "l’Express" qui assure  la ligne Le Havre-Southampton. C'est ce vapeur qui va les emmener à New-Haven en Angleterre où ils débarquent le 3 mars. La famille s'installe au château de Claremont House, dans le Surrey, une demeure mise à leur disposition par la reine Victoria (1819-1901).

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Louis-Philippe et sa famille en compagnie de la reine Victoria et du prince Albert

C'est là que Louis-Philippe rend l'âme le 26 août 1850. Inhumé dans la chapelle Saint-Charles Borromée à Weybridge, son corps, ainsi que celui de sa femme, décédée le 24 mars 1866, seront ramenés en 1876 à la chapelle royale Saint-Louis, nécropole familiale de Dreux.