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02/12/2018

La couronne de Napoléon

Pour son sacre dans la cathédrale de Paris, le 2 décembre 1804, Napoléon Ier avait voulu une coiffe spécifique. Il faut dire que la Révolution française, l'abolition de la monarchie et l'exécution du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette, avait conduit à la destruction de la plupart des anciens joyaux de la couronne  dont l'ancienne couronne royale. Seule celle de Louis XV, de style rococo, échappa au massacre et Napoléon la refusa !

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La couronne du sacre de Napoléon dite "Couronne de Charlemagne"

Lui qui disait ne pas avoir "succédé à Louis XVI mais à Charlemagne", roi des Francs et empereur romain germanique auquel il aimait se comparer, se fit donc fabriquer une couronne impériale par l'orfèvre Martin-Guillaume Biennais (1764-1843).

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Martin-Guillaume Biennais

De style médiévale, cette "couronne de Charlemagne", telle qu'il l'a baptisa lui-même, du nom de l'ancienne couronne royale de France, est faite de huit demi-arches avec des camées en coquillage et des corniches sculptées qui se rejoignent sur un globe doré, au sommet duquel est placée une croix.

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Le Sacre de Napoléon - Jacques-Louis David (1808 - Musée du Louvre)

Au cours de son couronnement, Napoléon a finalement utilisé deux couronnes. En premier, à l'image de celle des empereurs romains, il se coiffa d'une couronne de laurier en or composée de 44 grandes feuilles, de 42 graines mobiles et de douze feuilles plus petite. Ensuite, il plaça brièvement la couronne impériale de Charlemagne sur sa tête, puis la toucha à la tête de l'impératrice, Joséphine.

 

En 1885, pour empêcher toute nouvelle tentative de restauration royale ou impériale, l'Assemblée nationale française choisit de vendre la plupart des joyaux de la couronne française. Seule une poignée de couronnes vont être conservées pour des raisons historiques. La couronne de Napoléon fit partie de celles-ci. Elle est maintenant exposée au musée du Louvre à Paris. Quant à la couronne de laurier, fondue avec les autres insignes royaux ou impériaux, il n'en reste aujourd'hui plus que deux feuilles ! En effet, la jugeant trop lourde, Napoléon avait fait retiré six des feuilles en or qui l’ornaient et les avait offertes en remerciement à Martin-Guillaume Biennais. Quatre se sont perdues et seules les deux dernières sont parvenues jusqu'à nous. L'une est exposée au musée Napoléon du château de Fontainebleau et l'autre a été vendue aux enchères en 2017 pour la somme de 625 000 euros.

11/11/2018

Les quatre notes de la paix

Regardez-bien ce clairon ! C'est "le clairon de l'Armistice" ! Celui de Pierre Sellier (1892-1949), caporal au 171e régiment d’infanterie de Belfort.

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La clairon de l'Armistice - Musée de l'Armée - Paris

Il y a un siècle, jour pour jour, l’Armistice de la Grande Guerre signe la fin du cauchemar. La onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année 1918, dans tous les régiments, ce sont les "clairons", soldats affectés à la sonnerie de l'instrument du même nom, qui sont chargés de sonner le cessez-le-feu. Le front occidental s’étendant sur des centaines de kilomètres, ils vont être des dizaines à s’époumoner pour que cette sonnerie si attendue, si espérée, parvienne, simultanément, aux oreilles de tous les combattants. De partout, les soldats surgissent. Instant d'émotion : on se réjouit, on s'étreint, on pleure aussi, de bonheur d'être encore en vie ! Car, dans les seuls rangs français, 1 400 000 hommes soit 1 soldat sur 6 mobilisés, sont tombés au cours de ces quatre années de "boucherie". Et combien de blessés, d'estropiés, de "gueules cassées"...

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Signature de l'Armistice - 11 novembre 1918

Le clairon est un instrument en cuivre à air et à embouchure d'origine arabe qui se différencie de la trompette par le fait qu'il ne comporte ni clef ni piston. Il joue dans un ton unique, celui du si bémol, et ne donne que quatre notes, par la seule pression plus ou moins forte des lèvres de l'exécutant. En France, son utilisation s'est généralisée au début du XIXe siècle quand il a remplacé le cornet à pistons utilisé dans l'infanterie. Depuis, il participe aux fanfares militaires mais sert surtout à sonner les mouvements et les ordres.

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Caporal Pierre Sellier (1892-1949)

Cependant, comme souvent, l'histoire réserve des surprises : le titre de "clairon de l'Armistice", attribué au clairon Pierre Sellier, est trompeur. Certes, c'est bien lui qui a sonné à La Capelle (Aisne) le premier le «cessez le feu » du front occidental. Mais ce "cessez-le-feu" là date en réalité du 7 novembre 1918. Et n'a duré que quelques heures, le temps pour les plénipotentiaires du Haut Commandement allemand de traverser nos lignes pour rejoindre l'état major français chargé des négociations.

 

Biblio. : "Les objets racontent l'histoire" de J.Garrigues et M.-H.Baylac - Larousse, 2000.

30/09/2018

Pas allemande mais tchèque : l'histoire d'un plagiat !

Cette voiture ne vous rappelle rien ? Regardez-bien ! Ces phares comme des yeux écarquillés, ces courbes arrondies ?

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Mais oui ! On dirait la Coccinelle ! A sa naissance, celle qui fit la réputation de son constructeur, est baptisée T97. Elle a été imaginée en 1936 par Hans Ledwinka, un ingénieur de la firme tchèque "Tatra", une entreprise située dans la bourgade de Nesseldorf en Moravie, province de l'empire austro-hongrois. "Tatra", du nom des montagnes du pays, fabrique des véhicules hippomobiles depuis 1850 et des automobiles à partir de 1897.

La T97 est une petite berline à moteur arrière dotée d’un quatre cylindres à plat de seulement 40 ch. Elle ne sera produite qu'à environ 500 exemplaires, jusqu'au 10 octobre 1938, date de l’annexion du territoire des Sudètes par le Reich, qui fait passer l’usine sous contrôle allemand.

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A la demande du chancelier Adolf Hitler, l'ingénieur autrichien Ferdinand Porsche est chargé de la conception de cette première voiture. La "voiture du peuple" voit le jour 2 ans plus tard, sous le nom officiel de Elle est initialement dénommée KdF WagenN 3, pour « Kraft durch Freude » (La force par la joie), du nom d'une branche du Front du travail nazi, elle est très vite surnommée en France "Coccinelle".

 

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"Comme la conception de la Porsche 911 actuelle est dérivée de la première Porsche, dérivée elle-même de la Coccinelle, elle-même dérivée de la Tatra T97, on peut dire aux fiers possesseurs d’une Porsche que leur bolide est issu d’une obscure mais brillante voiture tchèque de 1936".

Pour la suite de l'histoire, en 1961, à la suite d'un procès pour plagiat gagné par Tatra, Volkswagen sera condamné à lui payer 3 millions de Marks !

En juillet 2019, après plus de sept décennies d'histoire, on vient d'apprendre que la toute dernière incarnation de la mythique Coccinelle tirera définitivement sa révérence !