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09/12/2017

Salut Johnny !

Une étoile de plus scintille dans notre ciel ! Johnny s'en est allé... Permettez-moi cet humble hommage personnel à celui qui a bercé de ses romances mes jeunes années et avec lequel, comme Sylvie, on rêvait toutes d'être "la plus belle pour aller danser"...

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C'est chez nous, en Normandie, que "l'idole des jeunes" avait fait ses premiers pas de chanteur. Cela se passait l'été 1953 au Casino de Trouville. Il n’avait que 10 ans !

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"Sa tante Hélène Mar, qui l’a élevé, décide de passer la saison sur la côte Fleurie. Elle se dit que l’air de la mer fera le plus grand bien au petit blondinet aux yeux bleus qui connaît des problèmes de santé.

Elle choisit de résider à Trouville plutôt qu’à Deauville car le lieu convient mieux au budget de la famille. Desta Hallyday, la cousine du chanteur, raconte, photo à l’appui, dans son livre "Johnny, ses tendres années" que Jean-Philippe Smet était vêtu d’un habit de cowboy rapporté des États-Unis par les parents de Lee Hallyday, le mari américain de Desta.

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"Photographie du petit Jean-Philippe Smet en 1953 à Trouville où il avait remporté un concours de chant. Episode évoqué par sa cousine Desta, dans son livre: "Johnny, ses tendres années".

Sur scène, la voix peu assurée, il avait chanté « La ballade de Davy Crockett » et « Dans les plaines du Far West ». Ovation du public, le futur Johnny remporte le concours de chant et pose fièrement sur la photo avec sa guitare illustrée de personnages de Walt Disney".

Bon vent l'ami !

 

Merci à l'article de Nicolas Corbard paru sur le site france3-regions.francetvinfo.fr le 6 décembre 2017.

03/12/2017

Les veines de l'homme

Quand je vous dis qu’ les hommes ont toutes les veines
Eh oui, toutes les veines nous les avons !

 

Quand j'étais petite fille, les repas de fête ou de famille et les cérémonies se terminaient toujours en chanson. Après le Café et le "pousse-café" (comprenez "le petit verre de Calva"), chaque convive, à tour de rôle, était invité à distraire la tablée. Personne ne se faisait prier ! C'était toujours les mêmes refrains qui revenaient ! Mes grands-parents, mes grands oncles et tantes, avaient tous une chanson bien à eux.

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Mes grands-parents maternels, Blanche et Henri, le jour de leur mariage, le 19 novembre 1923

Si pour ma grand-mère Blanche, c'était "la Caissière du Grand Café", pour mon grand-père Henri, c'était "Les veines de l'homme" !

 

"J’ possède trois moutards,
Lucien, Paul, Édouard
Et ma femme aime la nature
L’ dimanche au bois j’ conduis ma progéniture
Su’ l’ dos j’ai le cadet
D’une main un filet
De l’autre j’ pousse la voiture
Ma femme me suit
En f’sant des tas de chichis
Et quand, éreinté, je lui dis :
V’là deux heures que j’ porte le p’tit
Elle répond : Je t’en prie, tais-toi
Moi, je l’ai bien porté neuf mois
Et je repars alors jusqu’au bois d’ Vincennes
Où j’ dis en déposant gosses et provisions
On peut dire que les hommes ont toutes les veines
Eh oui, toutes les veines nous les avons ! "

 

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Créée au début du siècle dernier par Louis Bousquet (1871-1941) sur une musique de Vincent Scotto (1874-1952), cette chanson "« Les veines (L'homme est un butor) » était interprétée par Victor Lejal (1863-1916), un goguettier qui, à l'âge de 20 ans, en 1894, lorsqu'il débute sa carrière, se fait appeler "Monsieur Bravo" ou "Bravo".

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Victor Lejal

Devenu chanteur professionnel de café-concert, il se produit au Ba-Ta-Clan et sur les planches des grandes salles parisiennes de l’Eldorado, des Ambassadeurs, de La Scala et du Caveau des Innocents. En 1901, il est à l'affiche des Folies-Bergère et en 1903 de celle du Moulin-Rouge. "Son style se serait apparenté à celui qui lui a donné sa première chance à Paris, Paulus (1845-1908). Fantaisiste, gambilleur, il se serait continuellement "donné" tout entier dans ses tours de chant, gesticulant et marchant d'un bout à l'autre de la scène".

Biblio. "Grand-mère chantait" de Jean-Michel Le Corfec, Ed. Sud-Ouest, 2013.

Merci au site http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net

 

26/11/2017

La Caissière du Grand Café

"Elle est belle, elle est mignonne
C'est une bien jolie personne
Mais les femmes, ça n'a pas de raison
Quand ça dit oui ça veut dire non"

 

J'entends encore ma grand-mère Blanche, lors des repas de fête, entonner à la demande générale, "sa"chanson, "La Caissière du Grand Café" !

 

"Elle est belle, elle est mignonne,

c'est un' bien jolie personne,

De dedans la rue on peut la voir

Qu'elle est assis' dans son comptoir."

 

Les plus anciens (et aussi sûrement les plus nostalgiques) d'entre-nous, se souviennent bien sûr de cet air entraînant qui a plus d'un siècle ! Sur une musique de Louis Isoird (1886-1974), elle a été écrite en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, par un autre Louis, Louis Bousquet (1871-1841), un éditeur dont la chanson était une vraie passion.

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Classique du "Comique troupier", la Caissière du Grand Café est d'abord interprétée par Bach (1882-1953), de son vrai nom Charles-Joseph Pasquier, un "touche-à-tout", chanteur, comique et comédien, qui tourna entre 1910 et 1949 dans des dizaines de films et joua dans de nombreuses pièces de théâtre. Petit, maigrichon, fringué "comme l'as de pique", il avait ce talent particulier de faire rire avant même d'avoir ouvert la bouche ! Trois chansons, toutes trois écrites par Louis Bousquet, lui ouvrirent les portes du succès : "Quand Madelon","Avec l'ami Bidasse" et bien sûr "La Caissière du Grand Café" !  Après l'Armistice, en 1919, il les chantera, avec son humour et sa gouaille, tous les soirs au cabaret parisien l'Eldorado.

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"La Caissière du Grand Café" fut reprise dans la foulée notamment par Polin et Ouvrard. En 1928, à Bobino, un jeune chanteur de 25 ans du nom de Fernandel s'en emparera à son tour et l'immortalisera !

 

"Entourée d'un tas de verres à pied
Bien tranquille devant son encrier
Elle est dans la caisse, la caissière
Ça fait qu'on n'en voit que la moitié"

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Ce "Grand-Café" dont il s'agit, aujourd'hui "Grand Café Capucines" se trouve au 4 de l'avenue des Capucines à Paris, près de l'Opéra Garnier. Il a été créé en 1875 et était, au siècle dernier, une véritable institution !

 

 

Biblio. "Grand-mère chantait" de Jean-Michel le Corfec - Ed. Sud-Ouest, 2013.