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05/06/2016

Asperges à la Fontenelle

"C'est joli une asperge, disait Charles Monselet (1825-1888), c'est gai. On dirait la carte de visite du printemps apportée dans une assiette..."

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Bottes d'asperges - Mosaïque romaine

Originaire des régions tempérées de l’Eurasie, connue des grecs, des romains et des égyptiens, c'est vers 1300 que cette plante de la famille des Asparagaceae, après avoir été introduite par les Arabes en Espagne, gagna Paris où on commença à la cultiver dans la région d'Argenteuil.

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Buste de Fontenelle (1657-1757)

Le normand, rouennais de naissance, neveu du grand Corneille, Fontenelle, né Bernard Le Bouyer ou Le Bovier de Fontenelle (1657-1757), écrivain et scientifique, qui mourut à près de 100 ans, était reconnu tant pour le sérieux de ses recherches et de ses écrits que par son humour et ses bons mots, en raffolait, surtout lorsqu'elles étaient accommodées à l'huile. Dans son dictionnaire de cuisine*, Alexandre Dumas (1802-1870) rapporte cette anecdote : un jour que le poète et philosophe dînait en compagnie de son ami académicien, l'abbé Jean Terrasson (1670-1750), il lui avoua avoir fait un grand sacrifice en lui cédant la moitié de son plat d'asperges, et en ordonnant pour lui faire plaisir qu'on mît cette moitié au beurre. or, peu de temps avant de se mettre à table, l'abbé se trouva mal et tomba bientôt en apoplexie. Fontenelle se leva précipitamment, couru vers la cuisine en criant : "Tout à l'huile, maintenant ; tout à l'huile !..."

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Allez savoir pourquoi, la recette des "asperges à la Fontenelle*" inventée par quelque admirateur de l'auteur de "La pluralité des mondes", fait appel... au beurre fondu !!! Pour la réaliser, prévoyez 1 kg d'asperges d'Argenteuil, 1 œuf par convive, 100 g de beurre fondu et du poivre.

Les peler après les avoir pelées et avoir rogné le bout terreux. les relaver à l'eau froide, les égoutter. Les mettre en bottillons et les cuire à l'eau bouillante salée (cuisson 12 minutes maximum). Les servir, égouttées, sur un linge chaud. Cuire en même temps les œufs à la coque. Les servir en coquetier.

Faire fondre au bain-marie, en casserole, le beurre. Le passer à l'étamine dans une saucière. poivrer légèrement. Chaque convive recevra du beurre dans une coupelle individuelle et pourra y tremper ses asperges avant de les plonger dans l’œuf à la coque.

 

 

* Recette extraite de "100 merveilles de la cuisine française" de La Reynière - Ed. Seuil 1971.

 

15/05/2016

Une gourmandise à faire damner un saint !

Il aurait pu s'appeler le Saint-Lazare ! Car, si ce gâteau là doit bien son nom au saint patron des boulangers-pâtissiers, il faut savoir que leur tout premier ange gardien ne fut pas Saint-Honoré mais Saint Lazare. Ce n'est qu'au XVe siècle que la première confrérie de boulangers, érigée à Paris en l'église collégiale Saint-Honoré, le remplaça par Saint-Honoré, certains qu'il leur assurerait une meilleure prospérité et protection. Depuis, tous les 16 mai, date anniversaire de sa mort, c'est la fête du pain dans toutes les boulangeries de France.

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Originaire de Picardie et Évêque d'Amiens, Saint-Honoré (début du Vie siècle-16 mai 600) aurait fait part très tôt de sa vocation de devenir prêtre à sa nourrice. La légende veut que la brave femme était alors occupée à enfourner son pain à l'aide d'une longue pelle. Elle lui aurait répondu en se moquant : « Et quand ma pelle aura des feuilles, tu seras évêque ! » Et c'est là que, sous ses yeux ébahis, sa pelle se couvrit effectivement de grandes feuilles vertes ... . Parvenu à convertir nombre de réfractaires à la foi chrétienne, sa renommée va s'étendre jusqu'à Paris où, au XIIIe siècle, des picards émigrés vont lui bâtir une chapelle. La rue et le faubourg qui portent aujourd'hui son nom l'ont rendu célèbre dans le monde entier, tout autant que la pâtisserie qui porte ce nom.

 

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Elle se présente comme une petite pièce montée. C'est vers 1846 que le plus célèbre pâtissier parisien de l'époque, Chiboust, installé rue St Honoré, le réalise comme une grosse brioche fourrée de crème pâtissière.

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En 1863, l'un de ses apprentis, Auguste Jullien, aidé de son frère, va retravailler la recette et donner au gâteau la forme qu'il a aujourd’hui : un fond en pâte brisée recouvert sur le pourtour d’un cordon de pâte à choux sur lequel 8 petits choux garnis de crème pâtissière à la vanille sont collés au caramel. Le fond de l’entremets est garni soit de crème pâtissière recouverte ensuite de crème chantilly soit d’une crème « chiboust » (mélange de crème pâtissière et de meringue).

 

 

Biblio. « Almanach 2014 des Terres de France » - Presses de la Cité -2013.

17/04/2016

Ceuser sa tombe avec sa fourchette !

"Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger" nous rappelle  le sage aphorisme de Socrate. Certains, et notamment parmi les plus grands, ont payé de leur vie leur amour de  la trop bonne chère. 

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Ce fut le cas du Roi de Suède et Grand Duc de Finlande, Adolphe Frédéric (1710-1771) qui, dans son palais de Stockholm, pour terminer une "légère" collation arrosée de Champagne et composée de homard, caviar, choucroute, hareng et poisson fumé, s'octroya un "semla", une brioche fourrée à la pâte d'amande et à la crème fouettée servie dans du lait chaud. Il raffolait tant de cette friandise qu'il en reprit... 14 fois et mourut en ce 12 février 1771 d'une belle indigestion.

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Le semla

 

Bien avant lui, l'Empereur Maximilien Ier (1459-1519), l'époux de Marie de Bourgogne (1457-482), d'Anne de Bretagne (1477-1514) et de Blanche-Marie Sforza (1472-1510) fit également les frais d'un excès de table. De retour d'une partie de chasse, pour se rafraîchir, il mangea tant et tant de melons frais et juteux... qu'il en rendit l'âme ! Il était alors dans sa soixantième année. Les historiens affirment que 26 ans auparavant, son père, l'empereur Fréderic III (1415-1493), archiduc d'Autriche et arrière-grand-père de l'empereur Charles Quint(1500-1558) perdit la sienne un 19 aout 1493 dans des circonstances identiques. Une tare héréditaire en somme...

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Maximilien de Hasbourg (1459-1519)

 

Quant au jeune Claudius Drusus, fils de l'Empereur romain Claude (10 av. J-C-54 ap. J-C) et de son épouse Plautia Urgulanilla, c'est en pratiquant un  jeu stupide que, vers l'an 20 ap. J-C, il passa de vie à trépas ! Il s'amusait à lancer des fruits en l'air et à les gober. Tout se passa bien avec les olives... Mais la poire elle resta bloquée au fond de sa gorge...

 

Merci à la page fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_morts_insolites