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GASTRONOMIE NORMANDE

  • Crevettes au cidre

    Le saviez-vous, la crevette, ce petit crustacé gris que l’on pêche sur nos côtes, tient son nom du normand « Kevrette » signifiant « chevrette ». En effet, dès le XVIe siècle, en raison de la manière dont elle se déplaçait, par petits sauts successifs, la crevette a été comparée à une petite chèvre.

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    Dans le même esprit, le bouquet, cette grosse crevette rose, a été nommé ainsi à cause de ses barbes qui le faisait ressembler cette fois à un petit bouc.

    Pour vous aujourd'hui, amis gourmands aux babines alléchées, cette recette toute simple, rapide ( pas plus de 5 minutes de préparation et 5 minutes de cuisson) mais cependant délicieuse de crevettes au cidre*

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    Pour 4 personnes, prévoir 500 g de crevettes grises crues, 1 feuille de laurier, 1 brin de thym frais, 50 cl de cidre brut, du gros sel de mer et du poivre noir du moulin.

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    Dans une grande sauteuse, versez le cidre, ajoutez 50 cl d'eau, une poignée de gros sel, 1 cuillerée à soupe rase de poivre, le thym et le laurier. Portez à ébullition. Jetez les crevettes dans le bouillon.

    Laissez cuire à découvert sur feu vif 4 minutes environ, en terminant à pleine ébullition.

    Égouttez bien les crevettes et servez-les de préférence chaudes avec du pain de campagne ou de seigle et du beurre frais.

    Servir accompagné d'un cidre brut.

     

    Bon appétit !

     

    * Recette extraite de « Normandie, Recettes cultes moulées à la louche » de S. Girard-Lagorce – Solar Ed. 2014.

    Biblio. « Les mots aux origines étonnantes » de S. Brunet – First Ed., 2012.

  • Artichauts braisés au cidre

    En 1575, pour avoir trop mangé d'artichauts, Catherine de Médicis (1519-1589), qui en était très friande, faillit en « éclater ». C'est le terme qu'elle même aurait employé !

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    Bien que venu d'Italie, il semble bien que ce ne soit pas l'épouse de notre roi de France Henri II (1519-1559) qui introduisit l'artichaut dans notre pays par son mariage à Marseille le 28 octobre 1533 avec le futur héritier du trône, car, déjà à cette époque, il se diffusait dans le Comtat et le Languedoc. Ce qui est certain par contre, c'est qu'elle contribua à le populariser dans la noblesse.

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    « Nature morte à l’artichaut » d'Hippolyte Chaignet (1820-1865) - Peinture à l’huile sur carton -

    Musée des beaux-arts de Dijon

    L'artichaut est originaire d'Afrique du Nord, d’Égypte ou d’Éthiopie. Il a été introduit par les Arabes en Sicile lorsque celle-ci était une colonie espagnole. Ce sont les juifs de cet archipel qui, au XVème siècle, contraints de remonter vers le nord de l'Italie, vont le faire pousser dans les régions où ils vont s'installer. D'ailleurs, le mot artichaut, apparu à la Renaissance, est emprunté à son nom arabe par l'intermédiaire de l'italien dialectal du nord « articiocco » alors en usage en Lombardie et au Piémont.

    Pour vous tous, amis gourmands aux babines alléchées, cette recette simple, rapide d'artichauts braisés au cidre*. Elle ne vous demandera que 10 minutes de préparation et 30 de cuisson.

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    Pour 4 personnes, prévoir 4 petits artichauts camus bien frais, 1 oignon, 3 brins de serpolet, 1 bouteille de cidre brut, huile de tournesol, vinaigre de cidre, 1 c. à soupe de persil haché, 1 échalote, sel et poivre.

    Laver chaque artichaut, en couper la tige et la partie supérieure des feuilles, les trancher en deux dans la hauteur et retirer le foin.

    Peler et hacher l'oignon. Le faire revenir dans une cocotte avec un filet d'huile. Ajouter les artichauts côté tranché dans le fond de la cocotte sans les superposer (opérer en plusieurs fois si nécessaire) et laisser colorer 3 à 5 minutes à feu moyen sans y toucher.

    Ajouter le cidre, le serpolet, saler et poivrer. Laisser mijoter 20 à 25 minutes à couvert.

    Préparer la vinaigrette en mélangeant 4 c. à soupe d'huile de tournesol, 2 c. à soupe de vinaigre de cidre, le persil haché, l'échalote finement hachée, sel et poivre.

    Posez 2 moitiés d'artichauts par assiette, face tranchée au-dessus. Arrosez-les de vinaigrette et servez-les encore tièdes.

    Bon appétit !

     

     

    *Recette de Laurent Mariotte – www.tf1.fr/tf1/petits-plats-en-equilibre

  • Matelote normande

    « On m'a offert des petits verres et des fritures, et des matelotes pour me faire causer ! (…)

    Ah ! Oui, on m'a tapé sur le ventre pour connaître ma recette...

    Il n'y a que ma femme qui la sait... et elle ne la dira pas plus que moi !... Pas vraie, Mélie ? »

    Guy de Maupassant (1850-1893), « Le Trou », 1886.

     

    Vieille recette normande la Matelote ? Pas vraiment ! Mais en tout cas, une digne héritière de la soringue d'anguille, une recette de la cuisine parisienne médiévale qui nous a été révélée par un bourgeois de la capitale dans son livre manuscrit «  Le Ménagier de Paris ». Ce livre d'économie domestique et culinaire, il l'avait écrit à l'intention de sa jeune épouse à laquelle il voulait apprendre la façon de tenir une maison et de faire la cuisine !...

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    Page manuscrite du Ménagier de Paris

    L'appellation « matelote » est attestée par le Dictionnaire de l'Académie en 1694 et provient bien de « matelot ». Un mot qui a pour origine le norois « mötunautr » que l'on peut traduire pas «compagnon de table ». D'ailleurs, à bord d'un navire, le personnel se répartissait en plusieurs « mötuneyti » ou compagnies de table.

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    Si à l'origine les matelots cuisinaient leur matelote au vin, les normands quant à eux lui préférèrent bien entendu leur cidre. C'est cette recette de « chaudronnée » ou « Matelote normande »* que je vous propose aujourd'hui de découvrir, amis gourmands aux babines alléchées.

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    Prévoir : 1 barbue ou turbot, 2 livres de moules, 6 oignons, 250 g de crevettes, 1 dl de cidre brut, 50 g de beurre, 1 petite cuillerée de farine, persil et citron.

    Préparer les moules à la marinière. Dans une sauteuse, faire braiser au beurre pendant une demi-heure les oignons émincés avec un peu de persil haché. Verser dans un grand plat creux allant au feu, le jus de cuisson des moules (ces dernières étant réservées) et les oignons avec leur jus. Poser le poisson dessus et mouiller mi-eau, mi-cidre pour que le poisson baigne un peu plus de la moitié. Couvrir et faire partir au feu. A mi-cuisson, mettre à four bien chaud et arrosant souvent.

    Juste avant de servir, ajouter un bon morceau de beurre manié d'un rien de farine et persil haché et aromatisé d'un jus de citron.

    Garnir avec les moules retirées de leur coquille et les crevettes. Donner un bouillon à plein feu et servir.

    Bon appétit !

     

    * Recette extraite de « Recettes Normandes de nos Grands-Mères » de L. Gildas, Ed. Reflets de Terroir – CPE - 2005 .