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07/02/2016

Autant de Cocu que de Crétin !

Dans son livre ""Guide Normand de Généalogie*", Gilles Henri cite ce message humoristique établi par une association généalogique : "Il y a en France 3000 Cocu. Qui est responsable de cette situation ? Les 3000 Crétin qui s'en prennent aux 700 Catin et reçoivent l'aide des 2000 Trouillard pour également mettre en cause 500 Putin pour ne (presque) rien dire des 300 Saligot qui dénoncent 400 Salope pour faire plaisir à 800 Conard ! Le tout sous le regard languissant et superbe d'autres Boudin, Moche, Beaucrétin et Baveux".

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En France, en un siècle, on a répertorié 1 329 359 patronymes (la France détient en la matière le record mondial de la diversité) et parmi ceux-ci certains insolites et difficiles à porter. Ainsi, on en dénombre pas moins de 67 malsonnants comme les Boudin, nombreux en Normandie, les Vilain, les Sacavin ou les Batard, auxquels s'ajoutent ceux, au nombre de 79, que l'on peut considérer comme plus obscènes tel que Lanusse, Grossin, Lacrotte ou Mouille. Sans oublier les 23 morbides comme Croquemort, Pendu ou le Faucheur.

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Ces noms de famille ne figurent toutefois pas parmi les plus portés dans notre pays. Les Martin tiennent toujours la première place depuis 1891 avec 228857 naissances en un siècle. Ils sont toutefois devancés en Haute-Normandie par les Lefebvre et en Basse-Normandie par les Marie. A noter que, sur la France entière, les Normand se situent à la 314ème place avec 14790 naissances.

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Parallèlement, certains patronymes ont disparu, des noms présents entre 1891 et 1940 mais pour lesquels aucune naissance n'a été recensée entre 1941 et 1990 comme Ampert pour lequel a été enregistrée entre 1891 et 1915 une seule naissance en Seine-Maritime !

En conclusion, si, au cours du siècle dernier, son nés 44 Assassin, on a compté tout de même 489 Innocent et seulement un seul Flic !

 

* Paru aux Editions OREP en 2013.

Merci au site http://www.geopatronyme.com

27/01/2016

Ni Jules, ni Empereur !

L'Empereur Romain Jules César ne s'appelait pas Jules et n'a jamais été couronné Empereur ! L'homme au destin exceptionnel, né le 13 juillet 100 ou 101 avant Jésus-Christ, se nommait en réalité Caius Julius Caesar. Son prénom n'était donc pas « Jules » mais « Caius », son nom de famille « Julius » et son surnom « Caesar ».

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 Jules César au Musée d'Arles

Le nom complet d'un citoyen romain se composait de trois éléments : un prénom, le « praenomen », un nom de famille, le « nomen » et un surnom, le « cognomen ». Cependant, l'histoire mentionne le plus souvent les seuls « nomen » et « cognomen », voire uniquement le «cognomen » des Romains célèbres.

Pour le « praenomen », le prénom, le choix des heureux parents était limité. S'agissant d'un garçon, ils devaient trouver leur bonheur entre les onze existants. Il était toutefois d'usage de donner au nouveau-né le prénom d'un de ses ancêtres ou un prénom faisant écho à une particularité de sa naissance. Par exemple, « Lucius » signifie « qui est né à l'aube » et provient de « lux », « lucis », c'est-à-dire la « lumière ».

Quant aux « cognomen », aux surnoms, destinés à distinguer une branche de la « gens », de la famille, il vont devenir avec le temps de véritables titres. C'est ainsi que, d'après une belle légende, le surnom de « César » proviendrait du carthaginois « kesar » signifiant « éléphant ». D'ailleurs, notre homme avait pris cet animal pour emblème, croyant qu'un de ses ancêtres avait tué un éléphant au cours de la première guerre punique et qu'il avait ainsi obtenu ce surnom prestigieux.

 

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 Denier de Jules César - monnaie romaine en argent émise en 49-48 avant JC.

 

Mais la vérité est malheureusement bien plus terre à terre. Le mot latin « caesar » désignait en réalité les enfants nés par césarienne. Ce n'est certes pas Jules César qui naquit ainsi, mais l' un de ses ancêtres : Jules étant le quatrième membre de la « gens julia » à se nommer ainsi.

 

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Enfin, Consul et dictateur à vie de la République romaine, portant le titre d' « Imperator », Jules César n'a jamais été couronné empereur. Le mot latin « imperator », duquel dérive le nom commun d'« empereur », désignait à l'origine un général victorieux, acclamé par ses troupes et ayant eu droit au triomphe accordé par le Sénat. Si Jules César est bien le premier dirigeant romain a porter ce titre honorifique, le premier « empereur » fut son fils adoptif posthume Octave devenu Auguste (63 av ; J-C. - 14 ap. J-C.), dont le règne de plus de quarante ans sera l'un des plus longs de l'histoire de l'Empire romain.

 

Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur ce sujet.

06/01/2016

Le "bel elbeuf", un drap fin de qualité

Quant on parle du "bel elbeuf', avec un "e" minuscule, on ne désigne pas la ville normande du département de la Seine-Maritime située au sud de Rouen, baignée par la Seine, et qui mérite pleinement son "E" majuscule. Non, le "bel elbeuf'" dont il s'agit, c'est ce drap fin  de qualité que l'on y fabriquait et qui porte son nom. Particulièrement apprécié au milieu du 18ème siècle, tous les grands couturiers l'ont utilisé pour la confection de leurs plus beaux complets.

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Mais saviez-vous que, durant quatre siècles, la ville d'Elbeuf a dû sa fortune au cours d'eau minuscule qui traverse sa partie occidentale, un affluent de la Seine que l'on désigne sous le nom de Puchot ? Quelques centaines de mètres seulement séparent sa source de son embouchure. Mais, si modeste que soit son cours, si faible que soit son débit, c'est bien ce petit ruisseau qui est à l’origine de l'importante activité drapière qui s'y est développée.

Particulièrement approprié au lavage des laines en suint mais aussi des laines teintes, c'est "aux abords de ses rives basses et tortueuses, au pied du mont Duve d’où il sort, à quelques pas du château des ducs, rue Saint-Étienne, rue Saint-Auct qui descend de la forêt de la Londe, rue Meleuse, rue Royale", que peu à peu vont venir s'installer nombre de teinturiers et, c'est à partir de leur activité, que vont se développer, dès 1514, les premières draperies de la ville. Témoignages de cette époque, les superbes vitraux de l'église Saint-Jean représentant des scènes du métier de drapier.

Un siècle plus tard, en 1667, c'est l’apothéose. Le ministre de Louis XIV et Contrôleur Général des Finances, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) décrète l'ouverture de la Manufacture Royale du drap d’Elbeuf.

Dans l' "Encyclopédie méthodique, Manufactures, arts et métiers" (1784-1785) de Roland de la Platiere (1734-1793), on peut lire "Elbeuf est une des plus anciennes manufactures de drap de France. Elle fut très renommée et mérita sa réputation. Longtemps, on ne fut guère mieux vêtu qu'avec du drap d Elbeuf." À la fin du XVIIIe siècle, les métiers tournent à plein régime, attirant une main d’œuvre nombreuse. « Elbeuf est une ruche, tout le monde y travaille ! » dira le Premier Consul Bonaparte (1769-1821)en visite, en 1802. C'est en sa mémoire d'ailleurs que la ville a choisi de faire figurer sur ses armoiries une ruche et des abeilles.

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La teinturerie Gustave Hue, vers 1900

Et jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale, Elbeuf va ainsi fourmiller et bruisser du ronronnement des machines fabriquant notamment ce" bel elbeuf". Avec l’apparition de la machine à vapeur puis celle du métier Jacquard, tels des champignons, des cheminées vont pousser sur tout son territoire, emblèmes de la cité industrieuse qu'elle est devenue et qui lui vaudra l'appellation de "ville aux 100 cheminées".

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Malheureusement, cette activité textile s'éteindra dans les années 1950, victime de la concurrence des fibres synthétiques. Il en sera fini du "bel elbeuf"... Pas tout à fait cependant, car le terme est demeuré dans le langage courant.

 

Merci aux sites www.cartographie-litteraire.net et www.metropole-rouen-normandie.fr/fabrique-des-savoirs-de-la-metropole-historique.