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02/10/2016

Saint Christophe le Jajolet, centre mondial de pèlerinage pour les automobilistes

Saint-Christophe, protecteur des automobilistes et des voyageurs "sur terre, sur mer et dans les airs" est vénéré en Normandie comme ailleurs. Mais, parmi les pèlerinages en son honneur, celui de Saint-Christophe-le-Jajolet est le plus célèbre. Dans ce petit village du département de l'Orne, au sud d'Argentan, deux fois par an, en Juillet et en Octobre, à l'issue de la messe, sur le parvis de l’Église, à l’ombre des tilleuls et à deux pas d'une statue du saint, se massent de nombreux automobilistes et voyageurs, venus là, à cheval, sur un âne, à vélo, à moto, en tracteur ou en en auto… confier au Saint leurs véhicules et leurs voyages.

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Saint-Christophe-le-Jajolet est l'une des plus anciennes paroisses placées sous sa protection comme le prouvent des manuscrits datés de l'an 1000. Et le pardon des pèlerins est ici une tradition ancestrale. Un document atteste de l'existence d'une confrérie "établie de tous temps" et dédiée au culte de ce saint depuis 1673 ! Elle a été réactivée, à l'initiative de Mgr Bardel (1897-1926), évêque du diocèse de Sées, le 25 juillet 1899 par approbation canonique.

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Le premier pèlerinage automobile s'y est déroulé le 23 juillet 1911. L'année suivante, par Bref, le Pape accorde à ladite confrérie, le titre d'archiconfrérie "prima primaria" pour l'univers entier, ce qui l'autorise à  fédérer et à chapeauter toutes les confréries se réclamant du saint-patron des voyageurs.

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Pour la petite histoire, le 15 septembre 1920, l'abbé Thuaullt, curé du village, est victime d'un très grave accident de la route. Au volant de sa voiture, traversant un passage à niveau, il a été happé par un train et envoyé à 14 mètres de là. Miraculeusement, il s'en est sorti sans la moindre blessure...



Merci notamment au site http://archiconfreriesaintchristophe.jimdo.com/historique/

Biblio. "Normandie insolite et secrète" de J-C. Collet et A. Joubert - Jonglez, 2013.

21/09/2016

Plus ça change, plus c'est la même chose

Lors de la retraite ayant sonné, vers 1920, Anne Boutiaut, surnommée la "Mère Poulard" (1851-1931), mondialement connue pour son auberge au Mont-Saint-Michel et sa fameuse omelette, emménagea avec son époux dans une jolie villa, baptisée "L’Ermitage", qu'ils avaient fait bâtir sur les hauteurs du site.

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Anne Boutiaut, surnommée la "Mère Poulard"

"Georges Clemenceau (1841-1929), qui avait été, à plusieurs reprises, son hôte, aimait prendre, de ses nouvelles. (...) Un certain jour d'après-guerre, il manifesta le désir de revoir celle qui l'avait si aimablement reçu au Mont-Saint-Michel. Le voyage fut concerté. (...) L'entrevue fut extrêmement touchante.

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Georges Clemenceau (1841-1929)

- Ah ! Monsieur Clemenceau, permettez-moi de vous embrasser, pour vous remercier d'abord d'avoir sauvé mon pays.

- Allez-y, Madame ! C'est bien bon de votre part.

Et la Mère Poulard embrassa, sans plus de façons, le vieux Tigre, qui se laissa faire avec attendrissement.

Puis, on causa :

- Monsieur Clemenceau, je vais vous dire que tant que vous renversiez les ministères, je ne vous aimais pas. Je trouvais que c'était très mal. Mais je vous aime beaucoup maintenant.

- J'accepte le compliment, chère Madame. Mais vous savez, il ne faut pas m'en vouloir d'avoir renversé les gouvernements. Plus ça change, plus c'est la même chose. Il ne fallait pas vous inquiéter.

Le Tigre s'assit à la table de l'auberge et déjeuna d'un bel appétit. L'omelette fut confectionnée par Madame Poulard elle-même."*

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Autour de cette fameuse omelette, un cycle de légendes s'est formé. Quel était donc "le" secret ? Il se murmurait sous le manteau que la Mère Poulard écartait une partie des blancs d’œufs et ajoutait un bon verre de crème fraîche... "Pouvez-vous croire, rétorquait l'intéressée, que j'aurais perdu touts ces blancs ? Non, je prenais les œufs et les battais tels quels, quant à la crème, pure invention ! Ce qui est vrai, c'est que nous avions toujours le meilleur beurre du pays et toujours très frais, nous en mettions dans la poêle un bon morceau, que nous ne laissions pas roussir. Surtout, nous nous gardions de trop cuire. Voilà tout mon secret !"

 

*Anecdote extraite du livre d'E. Couillard dans son livre "La mère Poulard", Ed. Cheminances, 2013.

Biblio. "La France à table - Basse-Normandie" n° 27 - Dec. 1950.

 

04/09/2016

Les deux chapelles de la Barre-y-va

Entre Le Havre et Rouen, sur les hauteurs de la jolie cité de Caudebec-en-Caux,  « la perle du Val de Seine », les deux chapelles de la « Barre-y-va » étendent leurs ombres sur la falaise. « La plus grande ressemble à un musée, avec ses maquettes de bateaux posées sur des socles ou suspendues de toute part et la petite met du bleu à l'âme *». La « Barre », c'est l'autre nom du mascaret, ce flot dévastateur, cette vague géante, terreur des marins, qui emporta notamment tout près d'ici, à Villequier, la fille chérie de Victor Hugo, Léopoldine et son mari, le 4 septembre 1843.

 

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La plus petite des deux chapelles de la » Barre-y-va », la « chapelle bleue » ou « Notre-Dame de la Miséricorde » est aussi la plus ancienne des deux. Sans clocher, d'après la tradition, elle aurait vu le jour en 1216 au bord de la Seine à la suite d'une terrible tempête dont les marins sortirent indemnes après avoir invoqué la clémence de la Vierge Marie. En atteignant la rive, ils auraient découvert une statue de Vierge. Y voyant là un signe divin, ils décidèrent de commémorer ce miracle par l'édification d'un lieu de culte, une chapelle plantée sur une terrasse dominant le fleuve d'une vingtaine de mètres.

 

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La «chapelle bleue » doit-elle son nom à la couleur bleue du vitrail qui fut posé au XVIIe siècle et qui est aujourd'hui disparu ou en raison des fresques bleues dont il ne reste qui ornaient ses murs et dont il ne restent que quelques rares traces ? Quant à celui de « Barre-y-va », il pourrait venir, comme le suggère l'écrivain normand Maurice Leblanc (1864-1941), le père d'Arsène Lupin, de l'image de cette barre impressionnante qui, les jours d'équinoxe, remontant la Seine, atteignent les chapelles malgré leur hauteur  : la Barre-y-va !

 

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Devant l'importance du pèlerinage qui se déroulait tous les ans le 25 mars, une seconde chapelle fut construite à la fin du XVIe siècle. On y déposa la statue de la vierge de la Barre-y-va, mais, d'après la légende, celle-ci rentrerait chaque matin dans sa petite chapelle bleue...

 

*Biblio. « Lieux mystérieux en Normandie » de C. Lablancherie – Ed. Ouest-France, 2015.