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NOTRE BELLE NORMANDIE

  • Mirville, château d'enfance de Pierre de Coubertin

    "Il est des lieux magiques qui portent en eux légende et mystère"... Le château de Mirville est de ceux-ci. Mirville, c'est cette petite commune normande du département de la Seine-Maritime située à cinq kilomètres de Bolbec.

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    Le château de Mirville

    Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, le château de Mirville, dont les fondations reposent sur les vestiges d'anciennes constructions gallo-romaines, une noble demeure du XVe siècle de style typiquement cauchois, maçonnée de parements de grès, de briques roses et de silex taillés et placés en bandes horizontales, ornementée de fenêtres à meneaux. Au XIXe siècle, il est la propriété de Charles de Fredy, baron de Coubertin (1822-1908), dont l'épouse, Agathe Marie-Marcelle Gigault de Crisenoy (1823-1907), est la petite-fille de Pierre Marie Alexandre Eudes de Catteville, marquis de Mirville (1768-1848) dont elle a hérité du domaine. En sa qualité d'artiste-peintre, le baron Charles de Fredy de Coubertin est immédiatement conquis par la lumière des paysages alentours. Le couple s'y installe et c'est là que leurs quatre enfants dont le benjamin, Pierre (1863-1937), celui à qui l'on devra la création des Jeux Olympiques modernes, passeront leur enfance, leur jeunesse et leurs vacances estivales.

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    Pierre de Coubertin (1863-1937)

    Il faut savoir qu'autrefois, Mirville était dénommée "Milleville", nom provenant de son plus ancien toponyme latin connu, celui de "Millonis Villa", soit "l'aire ou le manoir de Millon". Hasard ou clin d’œil à l'histoire des jeux olympiques, comment ne pas penser à Milon de Crotone, le personnage le plus titré et le plus renommé des Jeux Olympiques antiques, un lutteur d’exception qui a obtenu son premier titre olympique en 540 av. J.-C.avant d'accumuler ensuite le plus extraordinaire des palmarès sportifs ?

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    Milon de Crotone (VIe av. J.-C.)

    Les exploits de cet athlète d'exception ont-ils fait rêver le jeune Pierre de Coubertin ? Et, indirectement, la Normandie aurait-elle joué un rôle dans son projet de rénovation  des jeux Olympique ?

     

    Biblio. « Le patrimoine des Communes de la Seine - Haute-Normandie » - Flohic Ed. 1997.

  • Quand Chicago s'inspire de la cathédrale de Rouen...

    La « Tribune Tower » de Chicago est l'un des plus célèbres gratte-ciel des États-Unis et le préféré des Chicagoans. Située sur le Michigan Avenue, elle fut jusqu'en 2018, le siège du « Chicago Tribune », le journal de la ville fondé en 1847, l'un des plus importants tirages au monde.

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    La « Tribune Tower » de Chicago (Illinois)

    Son histoire débute il y a tout juste un siècle. En 1922. Le président de la société d'édition « Tribune Compagny »», un magnat des journaux de Chicago, propriétaire du « Chicago Tribune », Robert Rutherfort dit le Colonel McCormick (1880-1955), décide, pour fêter le 75ème anniversaire de son journal, de lancer un concours d'architecture international en vue de la construction du "plus bel édifice au monde » pour abriter son journal.

    La récompense, un prix de 50 000 $, attire plus 260 participants. Le concours est remporté par les architectes américains John Mead Howells (1868-1959) et Raymond M. Hood (1881-1934).

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    A droite la tour de Beurre de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen - A gauche la tribune Tower de Chicago

    Leur projet consiste en une tour de style néogothique, à l'image d'une cathédrale, avec des sculptures de gargouilles et ses arcs-boutants rappelant le gothique flamboyant. Ils s'inspirent de « la cathédrale française de Rouen », puis explicitement de la tour de Beurre de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen.

    Cet édifice date du XVe siècle. Commandé par l'archevêque Robert de Croismare (vers 1445-1493), conçue et bâti par l'architecte et maître maçon rouennais Guillaume Pontifs (décédé en 1497) puis par Jacques Le Roux, il est destiné à rééquilibrer la façade occidentale de la cathédrale flanquée au nord par la tour Saint-Romain construite au début du XIIe siècle et au sud par la chapelle de la paroisse Saint-Étienne accolée à la nef. La couronne octogonale qui coiffe ladite tour est achevée en 1506. Quant à son nom de tour de Beurre, pour certains, il est dû à la couleur jaune de la pierre employée pour la construire. Pour d'autres, il a pour origine les aumônes collectées par le chapitre auprès des riches fidèles qui ne souhaitaient pas faire maigre durant le carême et qui ont servi à financer l'édifice.

    Mais revenons à notre "Tribune Tower" inaugurée en 1925 après 4 années de travaux. Fière de ses 36 étages et de ses 141 mètres de hauteur, elle est aujourd'hui l'un des plus beaux monuments néogothiques de la ville et l'un des plus visités.

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    Pour l'anecdote, à la demande du directeur de la tribune, la base du building est incrustée d’une centaine de pierres ou d’éléments décoratifs récupérés par les grands reporters du Journal sur les monuments les plus célèbres de la terre comme le Parthénon, le Colisée, le Taj Mahal, le Kremlin, la Grande Muraille de Chine, la Maison Blanche, Notre-Dame de Paris... et bien sûr une pierre de la tour de Beurre de notre belle cathédrale Notre-Dame de Rouen !

     

    Biblio. « Guide secret de Rouen et de ses environs » de A. Degon – Ed. Ouest-France, 2017.

  • Le rugby, un sport normand !

    Les Vikings ont laissé la trace de leur passage dans le nom de nombre de nos villes et villages normands. Plus de quatre cents d'entre-eux portent un nom d’origine Viking. Un nombre important quand on sait qu'à l'époque de la colonisation, au Xe siècle, nombre de nos villages actuels n’existaient pas encore. Parmi eux, on peut citer Honfleur issu du norrois « Floï » qui désigne une large baie, un estuaire. Le village du Bec-Hellouin formé à partir de « Bekkur » qui veut dire ruisseau ou celui de La Londe tiré de « Lundur » signifiant bois, forêt.

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    C'est le cas également de l'autre côté de la Manche. Les amateurs du ballon ovale savent sûrement que « rugby » est un mot viking qui signifie « ville du seigle ». C'est ainsi que les hommes du Nord ont appelé cette cité du centre de l'Angleterre, située dans le comté de Warwickshire, sur la rivière Avon, là même où le « rugby game » naîtra en novembre 1823. Aujourd'hui, la ville de Rugby est jumelée à celle d'Evreux (Eure).

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    Statue de William Webb-Ellis devant la Rugby School (Photo: Laurent Frétigné)

    Selon une belle légende, ce sport a pris naissance au Collège de Rugby où, au cours d'une partie de football, un élève du nom de William Webb Ellis se mit à courir avec le ballon dans ses bras. En vérité, les origines du rugby semblent bien plus anciennes. Tout d'abord, on sait que dans l'Antiquité, en Égypte ou bien encore en Crimée, existaient des jeux de balle qui peuvent légitimement être considérés comme les ancêtres de ce sport. Il est également avéré que les légions romaines ont introduit outre Manche leur jeu, l'Haspartum, qui opposait deux équipes de joueurs devant s'emparer d'une outre en cuir bourrée de chiffons, de paille ou de son pour la porter dans le camp adverse. Mais il y a « la soule » ! Un jeu que l'on pratiquait en Normandie et en Picardie au Moyen-âge. Là aussi, deux équipes se disputant un ballon, en l’occurrence une boule de bois, une vessie de porc remplie d'air, de paille ou de son, qu’il fallait déposer à un endroit précis. Et ce serait Guillaume le Conquérant (1027-1087) qui, lorsqu'il prit pied en Angleterre, aurait introduit ce jeu en Angleterre où il aurait fait souche pour donner naissance bien plus tard au Rugby.

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    D'Angleterre, ce n'est pas dans le Sud-Ouest de la France mais bien est chez nous, en Normandie, qu'il est apparu vers 1870. Deux ans plus tard, des travailleurs anglais fondent « Le Havre Athletic Club », premier club français de football et d'Europe Continentale, avec lequel ils pratiquent une forme hybride de rugby et de football, qu'ils appellent « combination ». Vers 1904-1905, les dirigeants du HAC créent deux sections pour dissocier complètement le football association du rugby, une décision qui prendra vraiment effet qu'en 1909.

     

    Biblio. Les Normands pionniers du sport de M. Lécureur - Ed. des Falaises, 2007.