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25/11/2018

La singulière bataille de Brécourt

Avez-vous déjà entendu parler de la bataille de Brécourt ? Une bataille décisive qui a sonné le glas des prétentions fédéralistes. Mais une bataille singulière aussi qui a été surnommée  la « bataille sans larmes »...

Brécourt, aujourd'hui appelée Douains, c'est une jolie petite commune normande nichée dans le département de l'Eure, à une vingtaine de kilomètres d 'Évreux. L'histoire se passe en 1793. La petite cité compte 321 âmes plus préoccupées par l'approche des moissons que par la révolte fédéraliste. Ici, comme ailleurs en Normandie, on a plutôt bien accueilli la chute de la Bastille. Et on espère légitimement en des temps meilleurs.

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La Convention nationale est partagée par la rivalité entre ses deux groupes extrêmes : les Montagnards et les Girondins. Et c'est là tout l'histoire, la Seine-Inférieure est plutôt montagnarde, centralisatrice et partisane d'un pouvoir fort, le Calvados et l'Eure plutôt girondins, fédéralistes et modérés, quant à la Manche et l'Orne, elles revendiquent leur fidélité au roi et aux prêtres.

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En Juillet, une armée de Girondins de Caen part pour Paris avec pour but d'y renverser les Montagnards. A leur tête, le Comte Joseph de Puisaye (1755-1827). Ils passent par Évreux et prennent la direction de Vernon. Le 13 juillet 1793, le jour même où Charlotte Corday (1768-1793) assassine Marat ((1743-1793), Puisaye, malade, s’arrête dans son château voisin de Ménilles et laisse continuer son armée sans lui.

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Château de Brécourt

En face, une armée Jacobine de 1200 hommes venus de Paris. Ils apprennent que l'ennemi fait une pause au château de Brécourt, situé à 8 km de Vernon. Le lendemain, dès l'aube, ils sont au château et font parler leur artillerie qui, cela dit, se résume, à deux petits canons. Trois coups éclatent et un boulet vient briser, au-dessus de la tête des fédéralistes, les branches d'un pommier. "C'en fut assez pour décider du sort de la campagne. Bientôt l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie se mêlant, se confondant, se bousculant, n'écoutent plus d'autre inspiration que celle d'une panique irrésistible et cherchent leur salut dans un sauve qui peut général." Sauf un blessé, il n'y a eu aucune victime à déplorer lors de ce "combat" connu sous le nom de "bataille sans larmes"

Comment expliquer cette déroute ? Les soldats de Puisaye auraient-ils pu être "alanguis par la boisson après avoir épanché quelques bonnes bouteilles pillées dans les caves du château ? À défaut de cadavres humains, s’amuse l’historien, spécialiste de la Normandie, Michel de Decker, le champ de bataille fut sûrement jalonné de cadavres de bouteilles vides ! !

 

Biblio. "La Normandie pour les nuls" de Ph. Simon - First Ed. 2017.

Merci au site www.douains.fr

23/09/2018

Les 10 ans du Pont Flaubert de Rouen !

10 ans déjà ! 10 ans que, malgré les nombreuses polémiques qu'il a généré et qu'il génère encore, il a fini par se fondre dans le paysage en contribuant aujourd'hui pleinement à l'identité même de notre belle ville de Rouen ! Marquant la limite accessible aux navires maritimes, d'une portée de 120 mètres et d'une hauteur totale de 86 mètres, composé de deux tabliers pesant chacun 1300 tonnes supportés par quatre pylônes en béton jumelés par deux implantés dans le lit même du fleuve, c'est là le petit dernier des six ponts franchissant la Seine à Rouen. Baptisé du nom de l'écrivain normand Gustave Flaubert (1821-1880), il a été mis en service après quatre ans de travaux, le 25 septembre 2008 et officiellement inauguré quatre jours plus tard.

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Le Pont Flaubert est venu prêter main forte aux cinq ponts rouennais en usage alors. Les trois premiers, le Pont Boïeldieu, seul ouvrage à être riveté et non soudé, le Pont Corneille et le Pont Jeanne d'Arc, ont tous les trois été ouverts dans les années 50. Le pont Guillaume le Conquérant a été mis en service quant à lui en 1970 et le Pont Mathilde dans les années 1980.

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Parce que bien souvent en la matière, le chemin est long du "projet à la chose", il faut rappeler que ce nouveau franchissement de la Seine a nécessité la bagatelle de 34 ans de réflexion et d'études de faisabilité ((l'inscription au schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme date de 1972 !) et pas moins de 4 ans de travaux effectifs. Le tout pour un budget total, accès routiers compris, de 137 millions d'euros. Si l'objectif était principalement de décharger les autres ponts de la ville dont le trafic était arrivé à saturation, sa construction ne devait pas non plus entraver le passage des bateaux de croisière ni celui des voiliers de l'Armada. Le choix s'est donc porté sur un pont levant à la technique audacieuse, lequel, grâce à son système de contrepoids, est capable de s'élever jusqu'à 55 mètres au-dessus du fleuve. Il est le fruit d'une collaboration étroite entre Michel Virlogeux, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et concepteur du pont de Normandie et du Viaduc de Millau, et l'Architecte - Grand prix de Rome, Aymeric Zublena.

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Défiant les lois de l'apesanteur, le Pont Flaubert a tenu la place de plus haut pont d'Europe jusqu'à la mise en service du Pont Jacques Chaban-Delmas de Bordeaux qu'il l'a détrôné en 2013. Depuis sa construction à ses pieds, un parc urbain a été aménagé sur la presqu'île Rollet qu'on appelait autrefois "l'Ile noire" car c'est à cet endroit qu'on stockait le charbon de la ville.

 

Biblio. "100 clés pour comprendre La Seine Normande" d'A. Duclert - Ed. des Falaises, 2017.

16/09/2018

La jeunesse normande de Pierre de Coubertin

"Il est des lieux magiques qui portent en eux légende et mystère"... Le château de Mirville est de ceux-ci. Mirville, c'est cette petite commune normande du département de la Seine-Maritime située à cinq kilomètres de Bolbec.

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Le château de Mirville

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, son château, aujourd'hui inscrit à l'inventaire des monuments historiques, une noble demeure du XVIe siècle typiquement normande, maçonnée de briques roses et de silex taillés, ornementée de fenêtres à meneaux, est occupé par Charles de Fredy, baron de Coubertin et par son épouse Marcelle Gigault de Crisenoy, petite-fille de Pierre Marie Alexandre Eudes de Catteville, marquis de Mirville (1768-1848), dont elle à hérité du domaine. Le baron de Coubertin est un artiste peintre originaire d'Ile-de-France. Il est très vite conquis par la lumière des paysages alentours. Le couple s'y installe donc et c'est là que leurs quatre enfants, une fille et trois garçons, dont le dernier, Pierre, celui à qui l'on devra la création des Jeux Olympiques modernes, passeront leur enfance, leur jeunesse et leurs vacances estivales.

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Pierre de Coubertin (1863-1937)

Il faut savoir qu'autrefois Mirville était dénommée "Milleville", nom provenant de son plus ancien toponyme latin connu, celui de "Milonis Villa", soit "l'aire ou le manoir de Milon". Et c'est bien là toute l'ironie de l'histoire ! Car le le personnage le plus titré et le plus renommé des Jeux Olympiques antiques se nomme justement Milon. Milon de Crotone. Lutteur d’exception, l'homme a accumulé, au VIe siècle av. J.-C., le plus extraordinaire des palmarès sportifs ! Multiple champion olympique, il est également un chef de guerre et membre éminent de la communauté pythagoricienne.

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Statue représentant Milon de Crotone - Pierre Puget (1620-1694)

 

Car c'est une force de la nature cet athlète grec qui a obtenu son premier titre olympique de lutte en 540 av. J.-C. lors des 60e jeux olympiques !

Est-il déraisonnable de croire que les exploits de cet homme, que la postérité retiendra comme le meilleur athlète de l'Antiquité et le témoin de la naissance du phénomène majeur de la culture occidentale qu'est le sport, soient arrivés jusqu'aux oreilles du jeune Pierre de Coubertin lors de ses séjours normands et qu'ils aient pu le faire suffisamment rêver pour le mener à sa destinée ?

 

 

Biblio. "Sportifs de Seine-Maritime en balades généalogiques 2" de C. Carpentier et E. Mardoc - Arcein, 2011.