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NORMANDS CELEBRES

  • La potion magique de Viridorix

    Entre 58 et 51 avant J.-C., le chef Viridorix est à la tête des Unelles, une tribu vivant dans la partie armoricaine de la Gaule chevelue occupant le Cotentin, soit le nord de l'actuel département de la Manche, et dont la capitale est « Cosedia », aujourd'hui la ville de Coutances.

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    Viridorix, le premier héros de l’histoire normande(L. Ridel)

    Selon une belle légende, Viridorix, courageux et rusé, affrontent avec ses hommes sans relâche les légions de César venus conquérir la Gaule. Malgré un rapport défavorable de un contre dix, ses victoires sont si nombreuses qu'il se dit sous le manteau que ça cache un secret... Et ce secret, ce serait une mystérieuse potion magique que le chef gaulois fait distribuer à ses soldats avant chaque attaque afin de leur donner force, courage et invincibilité.

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    Combat de Romains et de Gaulois (détail) - Huile sur toile d’Evariste-Vital Luminais (1822 – 1896)

    Un gaulois audacieux et particulièrement malin, un rapport de un contre dix, une potion magique... Mais oui, c'est bien de cette légende normande que René Goscinny (1926-1977) et Albert Uderzo (1927-2020) vont s'inspirer en 1959 en créant leur personnage d'Astérix !

    Si les auteurs des 38 albums ne nous ont jamais livré le secret de la boisson miraculeuse du druide Panoramix, heureusement la recette de Viridorix est arrivée jusqu'à nous. Elle est toute simple : de bonnes pommes normandes pressées et distillées à partir desquelles on obtient une boisson fortement alcoolisée qu'on appelle tout simplement Calvados ! Une boisson qui, comme chacun sait, donne du cœur au ventre aux Normands depuis des générations !

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    L'histoire du chef Viridorix s'est arrêtée en l'an 56 avant J;-C., quelques années avant la bataille d’Alésia. Il était parvenu à convaincre les tribus voisines de le rejoindre, notamment les Lexoviens, habitants de la région de Lisieux, et les Aulerques Eburovices, habitants de la région d’Évreux. Contre cette nouvelle armée coalisée, César va envoyer l'un de ses meilleurs lieutenants Quintus Titurius Sabinus et pas moins de trois légions. Les Romains s'installent dans un camp fortifié non loin d’Avranches. Là, une longue attente commence. L'ennemi fait semblant par peur de refuser le combat. Pressé par ses hommes impatients d'en découdre, Viridorix donne l'assaut. L'ennemi n'attendait que ça ! Rapidement les gaulois sont pris en tenaille et repoussés. La bataille est particulièrement sanglante. Les cavaliers romains achèvent de massacrer les fuyards. Viridorix est vaincu au pied du castrum romain du mont Castre. La bataille de Vernix reste à ce jour l'une des 10 plus grandes en Normandie !

     

     

     

    Biblio. « Romanesque -La folle aventure de la langue française » de L. Deutsch – Ed. Michel Lafon , 2018.

  • Un normand, premier centenaire des français

    Qu'ont donc en commun Jeanne Calment, Antoinette Pétin et André de La Souctière ? Tous les trois ont été les doyens de leur siècle ! S'il y a certainement eu des centenaires avant le XVIIIe siècle, aucun d'eux n'a pu être prouvé.

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    Le premier centenaire des français réellement "attesté" est un normand ! André Lévesque de la Souctière, dit La Souctière-Lévesque, né à Granville le 1er octobre 1668 et mort à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 5 septembre 1772, corsaire de son état et  premier doyen du XVIIIe siècle  ! 

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    Acte de baptême et acte de sépulture de André Lévesque de la Souctière

    Concernant le siècle suivant, le titre est remporté par une Audomaroise, Antoinette Pétin, née le 1er août 1766 à Saint-Omer (Pas-de-Calais) - paroisse Saint-Sépulcre, où elle est décédée le 21 juillet 1868 à l'âge de 101 ans.

    Au XXe siècle, la couronne revient à Jeanne Calment, la supercentenaire française, née le 21 février 1875 à Arles (Bouches-du-Rhône) où elle est décédée le 4 août 1997, à l'âge de 122 ans, 5 mois et 14 jours. Doyenne des Français à partir du 20 juin 1986, mais aussi doyenne de l'humanité à compter du 11 janvier 1988 ! Elle est à ce jour l'être humain ayant vécu le plus longtemps parmi les personnes dont la date de naissance a pu être vérifiée.

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    Jeanne Calment

    Le doyen des Français est actuellement le niçois André Boite. Il a soufflé ses 111 bougies le 6 décembre dernier. Quant au titre de doyenne de l’humanité, après le décès de la japonaise Kane Tanaka le 19 avril dernier à l'âge de 119 ans, il revient aujourd'hui à une française native d'Alès (Gard), sœur André, âgée seulement de 118 ans !

    A la fin du XVIIIe siècle, alors qu'on ne comptait qu'une centaine de centenaires, Buffon (1707-1788) estimait qu’une personne bien portante, qui n’aurait subi aucun accident ni souffert d’aucune maladie, pourrait espérer vivre jusqu'à cet âge mais pas davantage ! Et pourtant, la France métropolitaine d'aujourd'hui comptait 27 500 centenaires fin 2021 ! "Ils" et plus encore "elles" pourraient être sept fois plus nombreux en 2060. Cette multiplication des centenaires et l’apparition de « super-centenaires », âgé-e-s de 110 ans ou plus, pose la question de la limite de la longévité humaine. D'après les scientifiques, la durée de vie maximale d’un être humain se situerait entre 120 et 150 ans. Selon eux, il existe deux marqueurs de vieillissement : l'âge biologique qui dépend des modes de vie, des maladies chroniques et des tensions subies par l'organisme et la résilience, c'est-à-dire la capacité de notre corps à se remettre de problèmes de santé.

    En France, selon l’Insee, l’espérance de vie à la naissance en 2019 était de 85,6 ans pour les femmes et de 79,7 ans pour les hommes.

     

  • Comment peut-on perdre trois fois la même jambe ?

    C'est pourtant ce qui est arrivé au normand René Georges le Pelley de Pléville, né à Granville (Manche), le 18 juin1726. Issu d'une très ancienne famille de la bourgeoisie granvillaise qui a fait fortune dans les armements maritimes, c'est à la mort de son père en 1739 qu'il embarque comme volontaire sur un morutier. Un an plus tard, il rejoint Le Havre pour s'engager comme enseigne sur un bateau à destination du Quebec.

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    René Georges le Pelley de Pléville (1726-1805)

    Il n'a seulement que 14 ans et pour lui l'aventure commence ! En 1744, quand éclate la guerre avec l'Angleterre, il sert sur un corsaire havrais. Et c'est lors d'une attaque qu'un boulet de canon ennemi lui arrache la jambe droite. Amputé à la scie à tout juste 18 ans, il va désormais marcher avec un pilon. Qu'importe, à peine rétabli, il reprend la mer. Moins d'un an plus tard, un boulet emporte... sa jambe de bois ! Ouf !.... « Le boulet s'est trompé, dit-il, il n'a donné de l'ouvrage qu'au charpentier ! »

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    En 1748, après la signature du traité d'Aix-la-Chapelle, la paix un temps revenue, le voici à 23 ans plus jeune capitaine de la marine de commerce française. Les années passent puis les hostilités avec l'Angleterre reprennent de plus belle. Il commande « L'Hirondelle » quand, le 8 avril 1762, affrontant trois navires corsaires de la Compagnie anglaise des Indes, un boulet vient à nouveau fracasser sa jambe de bois. « C'est la troisième fois que je perds la même jambe » dit-il en riant. Et heureusement ce sera aussi la dernière !

    le pelley de pléville,corsaire normand,ministre de la marine

    Sculpture de Serge Santucci - Roc de Granville

    En 1762, il est fait Lieutenant de frégate de la Marine royale puis Capitaine de port à la Martinique, avant d'être affecté au commandement du port de Marseille.

    Après la Révolution, il est nommé auprès du ministre de la Marine avant de devenir à son tout Ministre de la Marine et des Colonies en 1797, un poste qu'il va conserver sous le Consulat avant de prendre à l'âge de 72 ans le commandement des armées et des ports de la République de la mer Adriatique. Le 3 nivôse an VIII (24 décembre 1799), le premier Consul le nomme dans la liste des soixante premiers sénateurs et, le 9 vendémiaire an XII (2 octobre 1803), dès la création de la Légion d’honneur, il est fait chevalier de l'ordre avant d'être promu ensuite Grand-Officier le 25 prairial an XIII (14 juin 1805) .

    C'est couvert d'honneurs bien mérités que l'ancien corsaire granvillais, rescapé de plus de cent combats, s'éteint dans son lit à Paris le 2 octobre 1805.

     

     

    Biblio. « Histoire secrète de la Normandie » d' I. Bournier – Ed. Ouest-France, 2019.

    * Image centrale : Dessin d'E. Chaunu in "50 nouveaux portraits d'Illustres Normands" - Ouest-France, 2012.