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10/01/2016

Tartiflette ? Et pourquoi pas normande ?

Car, n'en déplaise à nos amis savoyards, la tartiflette n'est ni un plat traditionnel montagnard, ni une recette ancestrale de leurs grands-mères ! D'ailleurs, ils n'en n'ont entendu parler que lorsqu'elle est arrivée sur les menus des restaurants, dans les stations de sports d'hiver, véhiculant avec elle une image de convivialité, d'authenticité et de gastronomie de terroir ! Si son nom de tartiflette dérive bien de « tartiflâ » signifiant « pomme de terre » en patois savoyard, son histoire date seulement des années 1980 !

 

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Elle a été « inventée » et lancée à cette époque par le très actif Syndicat Interprofessionnel du Reblochon pour doper les ventes de ce fromage originaire des Pays de Savoie et fabriqué dans les Avaris et la Val d'Arly. Faite de pommes de terre coupées en lamelles, d'oignons émincés, de lardons blanchis fondus à la graisse de canard, de vin d'Apremont, le tout nappé de Reblochon et de crème fraîche, disposé dans un plat frotté d´ail et chemisé au beurre et gratiné au four, cette recette s'inspirerait toutefois d'un plat traditionnel paysan et rustique appelé « la péla » ou « fricassée de reblochon ». Originaire des Aravis, une chaîne de de montagnes située dans les pré-alpes à cheval entre la Haute-Savoie et la Savoie, c'était un plat de pommes de terre non épluchées coupées en cubes, rissolées à l'huile, auxquelles on ajoutait lardons, oignons et des reste de fromage de reblochon. Le tout était placé dans une poêle à manche très long appelée « péla » c'est-à-dire « pelle » en arpitan ou franco-provencal, et cuisait dans l’âtre.

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Imaginez maintenant que vous remplaciez les pommes de terre par de belles pommes normandes, les lardons par de fines tranches d''andouille de Vire, le reblochon par un savoureux camembert et le vin par du Calvados, vous obtiendrez une délicieuse tartiflette normande* ? Ça vous tente ? Alors, amis gourmands aux babines alléchées, suivez la recette !

 

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Pour 4 personnes, il vous faut 10 pommes, 1 andouille de Vire, 1 camembert de Normandie au lait cru, 30 cl de crème fraîche et 20 cl de Calvados.

Épluchez les pommes. Coupez en cubes 8 de ces pommes. Faites-les revenir dans du beurre. Quand elles ont bien fondu, flambez-les au Calvados et ajoutez la crème. Mélangez et laissez refroidir. Beurrez très légèrement un plat allant au four et y disposez les pommes.Coupez l'andouille et les 2 pommes restantes en fines tranches et recouvrez-en les pommes cuites en alternant les couches. Finissez par une couche de pommes. Ouvrez le camembert en deux et recouvrez-en les pommes. Mettez au four (th.8) pendant 10 minutes. Bon appétit !

 

* Recette extraite de « La cuisine normande de Mamie » de F. Rose et A. Faurie – Ed. Marivole, avril 2015.

Images : merci au site www.france-montagnes.com et www.delcampe.net 

17/08/2014

Les Gougères de Beaumoncel

Au cœur du Pays d'Auge, dans le village de Camembert, se cache le beau Manoir de Beaumoncel ! Construit vers 1648, à pans de bois et à colombages, il fut le théâtre des expériences gourmandes de Marie Harel (1761-1844) et verra naître le plus célèbre de nos fromages normands : le camembert.

 

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Car c'est ici que, durant la Révolution Française, vers 1791, alors qu'elle y est chargée des travaux de laiterie par Jean Perrier fermier au service de la famille des Calmesnil, propriétaire des lieux, que notre normande aurait caché un moine réfractaire. L'abbé Charles-Jean Bonvoust, originaire de la région de Brie, lui aurait confié alors la recette de la croûte du fromage avec laquelle elle va créer ce fromage normand que nous apprécions tant.

 

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Et comme d'habitude, pour tous les gourmands aux babines alléchées, voici la recette des Gouchères Beaumoncel*.

Pour 6 personnes, il vous faut ¾ de camembert, 1/4l d'eau, 150 g de farine, 100 g de beurre coupé en morceaux, 5 œufs, de la noix de muscade râpée, 1 cuillère à café de sel et du poivre.

 

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Dans une grande casserole, faire bouillir l'eau avec le sel et le beurre. Verser la farine et remuer jusqu'à ce que la pâte se détache de la casserole et de la spatule.

Hors du feu, ajouter 4 œufs, un par un. Entre chaque œuf, remuer énergiquement jusqu'à incorporation totale de la pâte. Après le quatrième œuf, travailler la pâte encore 1 mn. Poivrer et muscader légèrement.

Ecroûter le camembert, le découper en fines lamelles et l'incorporer à la pâte.

A la cuillère ou à la poche à douille, déposer des choux espacés de 2 cm sur une plaque à four légèrement huilée et farinée. Les dorer avec l’œuf restant battu.

Placer au four préchauffé à 150° 15 mn. Laisser la porte légèrement entrouverte pour l'évacuation de la buée pendant les 5 premières mn puis fermer. Laisser cuire environ 25 mn au total.

Éteindre le four, ouvrir la porte et attendre 5 mn avant de sortir les gougères. Servir tiède.

Bon appétit !

* Recette issue de « Le camambert, dix façons de le préparer » de P. Boisard – Ed. De l'Epure 2010.

 

01/02/2012

Un habit de peuplier pour le roi des fromages

Qu’est-ce qui est rond, en bois et a roulé son parfum de Normandie dans le monde entier ?

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C'est la boîte à camembert bien sûr !

Elle est née à la fin du XIXe siècle. Les fromagers du pays d’Auge se plaignaient alors de la faiblesse des emballages de leurs fromages. A cette époque, ils étaient tout d'abord empaquetés dans une fine feuille de papier blanc, puis empilés les uns sur les autres par groupe de cinq pour être ensuite enveloppés dans du papier rouge frappé de la marque du producteur. On plaçait enfin une plaque de bois hexagonale dessous, une autre dessus et  le paquet était prêt à partir. Mais la renommée de ce fromage l’entraînant bien au-delà de sa région de production, le constat était sans appel : le camembert souffrait des conditions de son transport !

Georges Leroy, le « Ptit Georges » comme on l’appelait dans son village, travaillait dans une petite scierie rurale du Breuil-en-Auge dans le Calvados. C’est lui qui aurait eu l’idée de débiter du bois de peuplier en longs rubans très minces et en deux largeurs différentes, l’un pour le dessus de la boîte, l’autre pour le pourtour. De simples agrafes suffisaient ensuite pour les attacher au fond et au couvercle. Ainsi va naître la première boite à camembert vers 1860.

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Très vite, notre homme créa la « dérouleuse », grosse machine à vapeur génératrice d’électricité, immense taille-crayon capable d’éplucher finement chaque bille de ce bois souple, qui sera présentée à l’Exposition Universelle de Paris de 1889.

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En 1907, il s’installe dans un grand bâtiment situé à Livarot, près de la gare. Un ingénieur de Vimoutiers dans l’Orne, Monsieur Ridel, apporte le capital nécessaire. L’affaire Leroy-Ridel est en marche sous l’enseigne de « Fabrique de petites boîtes clouées et agrafées ». Après avoir fusionné en 1911 avec la Société Industrielle et Commerciale des Bois de Normandie basée à Lisieux, Georges Leroy lance ensuite l’activité de déroulage de placages en 1912.

Si la paternité de la boîte à camembert lui est aujourd’hui disputée, c’est tout de même lui qui a concrétisé sa réalisation. On habille toujours le camembert de bois de peuplier avec le même principe de fabrication. Implantés notamment à Saint-Pierre sur Dives, les établissements Leroy font désormais partie d’un important groupe d’emballage et de conditionnement. Quant à l’étiquette, son invention est contemporaine de celle de la boîte. Le premier dépôt date de 1887 pour «Le Sans Rival ». Elle s’est imposée face à d’autres techniques comme l’impression directe sur le bois ou la pyrogravure.

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Biblio. « La boîte à Camembert : un habit de peuplier pour la route » de F. Lambert – «  Pays de Normandie » - Mai-Juin 1996. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.