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31/08/2016

Des aïeux et des arbres

"D'où vient l'idée de cette figure végétale pour figurer la succession des générations ? C'est à la fin du XVe siècle que la représentation de l'arbre généalogique entre dans les mœurs. Elle s'est alors répandue dans les milieux religieux, puis dans les cours princières et chez les élites. Pour comprendre comment ce modèle s'est impose, l'historienne C. Klapisch-Zuber a analysé l'ensemble des images symbolisant la lignée en occident, entre Xe et XVIe siècle. Or on constate que la diffusion de la forme de l'arbre généalogique s'inscrit au confluent de deux histoires imbriquées : celle de la perception du monde et celle de la légitimation d'une autorité politique.

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Arbre généalogique extrait de la "Somme rurale" de Jean Boutillier - XVe siècle (Paris, BNF)

 

Imaginer le temps incite à le spatialiser. Certes, l'Antiquité lègue en ce domaine un riche outillage. Mais le Moyen-âge fournit une floraison d'images. Cette multiplicité aboutit à un langage graphique unifié autour de la figure de l'arbre qui colle à l'idée de famille : un être unissant la terre et le ciel, dont la sève irrigue les branches mortes comme les branches vivantes... Cette invention démontre aussi une rationalité en marche : mes discours savants font appel, à la fin du Moyen-âge, à des arbres de classification ou de démonstration.

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Arbre de Jessé - Arsenal, manuscrit 416 f° 7.

 

Pour les moines, l'histoire s'identifie à la généalogie. On assiste ainsi à la fin du XIIe siècle à une synthèse de l'ordre généalogique et de l'ordre de la chronique : il s'agit, pour les clercs, de construire l'outil capable de rendre compte des filiations décrites dans la Bible. Le motif végétal s'est d'abord appliqué au Christ et à sa famille, avec l'arbre de Jessé : depuis le corps de Jessé, personnage biblique, endormi, surgit le tronc de la famille de Marie, qui fait de la Vierge une descendante de David. Du sang royal coule donc dans les veines de Jésus. C'est là que la généalogie rencontre le pouvoir. Elle peut servir à étayer une thèse politique et affirmer le caractère sacré de la monarchie.

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Arbre Généalogique rois Mérovingiens de France

 

Le principe est d'établir les maillons généalogiques par lesquels une famille princière se rattache à une lignée mythologique, celle des Troyens par exemple. Montrer de qui on descend revient à imposer son pouvoir."

 

 

Extrait de l'article d'Olivier Faron - Revue L'Histoire n°250, janvier 2001 publié dans la revue "La famille dans tous ses états - De la Bible au mariage pour tous" - L'Histoire - Les Collection H.S. -Juil-Sept. 2016.

17/08/2016

L'arbre de consanguinité, ancêtre de l'arbre généalogique

L’arbre généalogique a pour antécédent le motif clérical de l’arbre de consanguinité, qui représente concrètement les différents membres de la famille afin de mieux expliquer aux fidèles les interdictions de mariages entre membres trop rapprochés. En effet, la crainte de l’inceste est alors au cœur des préoccupations des clercs médiévaux. Cette représentation de la famille virtuelle idéale, où ce sont les degrés de parenté qui apparaissent, et non des personnes réelles figurant sous leur nom, est également pour beaucoup dans la naissance et l’affirmation du motif de l’arbre généalogique.

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Arbre de consanguinité - Amiens, Bibliothèque municipale

 

Tout généalogiste s'est un jour trouvé, au cours de ses recherches, en présence d'une acte de mariage qui indiquait : "sans avoir découvert d'autre empêchement que celui d'un quatrième degré de consanguinité duquel les parties ont obtenu dispense". Il faut savoir que dès le IVe siècle et jusqu'au VIe siècle, le mariage n'est interdit qu'entre cousins et cousins germains, c'est-à-dire au quatrième degré de parenté. Par la suite, l’Église va étendre l'empêchement jusqu'au septième degré. Il est dès lors interdit d'épouser quelqu'un avec qui on a un ancêtre commun jusqu'au "sept aïeul".

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Cette interdiction est illustrée par l’arbre de consanguinité ci-dessus peint dans un manuscrit juridique français du XVe siècle. Il présente quatre branches évoquant aux yeux des contemporains l’interdiction à la quatrième génération (un couple originel et trois générations de collatéraux), mais il figure surtout l’ancienne interdiction à la septième génération. En effet, sept personnages se succèdent entre le couple originel et les derniers-nés au berceau.

Au VIIIe siècle, quand l’Église adopte la computation germanique, l'empêchement est étendu jusqu'aux treizième et quatorzième degrés romains. Pour calculer le nombre de degrés, il suffit de calculer le nombre d'intermédiaires existant entre le défunt et son parent, et d'y ajouter le nombre 1. Ainsi, si l'on suppose que chaque couple a élevé et marié un garçon et une fille, cette parenté représente 10 687 personnes, dont 2731 cousins et 2731 cousines de la même génération que l'individu.

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Le pape Innocent III (1160-1216)

On comprend la difficulté pour nos ancêtres de trouver dans l'espace géographique restreint qu'était le leur, un futur conjoint non apparenté. Et bien sûr, l'interdit est souvent transgressé. Ce sont les abus qui vont amener le concile du Latran IV, réuni en 1215 sur l'initiative du pape Innocent III (1160-1216), à restreindre l'empêchement au quatrième degré du comput germanique, ce qui, avec les mêmes conditions, représente encore 188 consanguins, dont 88 de la génération de l'individu. Et à ces interdits, s'ajoutent encore ceux de parenté spirituelle (parrains et marraines).

 

Biblio. "La famille dans tous ses états - De la Bible au mariage pour tous" - Les Collection de l'Histoire - HS - Juil.-Sept. 2016.

 

26/04/2015

Le roi mon cousin

Se rattacher à Saint-Louis ou à Charlemagne, c'est LE défi de tout généalogiste amateur passionné !Rappelons que, mathématiquement, chacun de nous a, du moins en théorie, 134 millions d'aïeux contemporains de Saint-Louis, l'ancêtre des Capétiens (soit une chance sur dix de descendre de lui) et quelque 16 000 milliards d'aïeux contemporains de Charlemagne, l'ancêtre de tous les Carolingiens auxquels ont peut rattacher par les femmes la plupart des grandes dynasties médiévales (soit neuf chances sur dix de descendre de lui). Avec du temps, de la patience et beaucoup de chance, on peut parvenir à rattacher son arbre à l'un ou à l'autre, voire à d'autres « carrefours généalogico-historiques » tout aussi importants mais moins prestigieux, comme le roi Louis VI le Gros, trisaïeul de Saint-Louis. C'est ce que j'ai réussi à faire !

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 Le roi Louis VI le Gros (1081-1137)

Point de départ de la recherche  : le qualificatif de noble homme ou la qualité d'écuyer ou de chevalier sur un acte officiel. Ce fut le cas pour l'un de mes ancêtres, Gabriel de Veillant, fils de Gabriel de Veillant, qualifié de sieur de Boisse (né vers 1612 à 19-Tulle) et de Jeanne Carrière (née vers 1629 à 19-Tulle et décédée le 11/08/1674 à 76-Mesnil-Raoul). A noter que le nom "de Veilhan" est attaché à la citadelle fantastique de Merle (XIIe – XIVe siècles) que ceinture la Maronne en Corrèze. Cette importante famille a exercé des charges considérables en Limousin et en Nivernais. Mon aïeul Gabriel de Veillant avait épousé par contrat de mariage signé le 08/02/1644 à 27-Pont-Saint-Pierre, Marie Blanchard (née vers 1620 et décédée le 07/03/1662 à 76-Mesnil-Raoul.) Celle-ci était la fille de Guillaume Blanchard, Écuyer Sieur de Mesnil-Raoul (né vers 1572 et décédé le 09/11/1664 à 76-Mesnil-Raoul) et de Colette Guillebert, Damoiselle, (née vers 1603) épousée le 15/02/1611 à 76-Mesnil-Raoul.

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 Blason de Pont-de-l’Arche - 1669

Jacques Blanchard (1434-1497), l'un de leurs ancêtres, écuyer lui-aussi, avait épousé vers 1461 Marie Challenge (décédée vers 1500), fille de Jean Challenge, Vicomte de 27-Pont-de-l'Arche (décédé vers 1465) et de son épouse Nadine Poignant. Le grand-père de Jean Challenge, un autre Jean Challenge (1350-1418), Avocat, Conseiller de l'Archevêque de Rouen, Vicomte de Quatremares et Bailli de Louviers, s'était uni à Jeanne d'Hellenvilliers, fille de Roger de Hellenvilliers (1355-1417), Chambellan du Roi, Chevalier Seigneur des Planches, d'Autheuil et d'Avrilly, marié vers 1379 à Marguerite de Dreux, Dame de Bagneux et de la Chapelle-Gautier (1350-1400). Cette noble dame était une descendante de Robert Ier de Dreux dit Le Grand, Comte de Dreux et de Braine ( né vers 1125 et décédé le 11/10/1188), cinquième fils du roi de France Louis VI Le Gros. Cqfd !

 

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 Le Blason de la maison de Beu

Brève généalogie descendante : Louis VI Le Gros, Roi de France (1081-1137) x vers 1115 à Adélaïde de Savoie (1100 -1154) = > Robert Ier de Dreux dit Le Grand, Comte de Dreux et de Braine (1125 -1188) x vers 1152 à Agnès de Baudement (1130-1204) = > Robert II de Dreux dit Le Jeune, Comte de Dreux et de Braine (1154-1218) x vers 1184 à Yolande de Coucy (1164-1222) = > Robert III de Dreux dit Gasteblé (1185-1234) x vers 1210 à Aliénor de Saint-Valery, Dame de Saint-Valéry (1192-1250) = > Robert Ier de Dreux-Beu, Comte de Beu, Mondoubleau, Longueville, Néelle et Quincy, Vicomte de Châteaudun (1310-1264) x vers 1255 à Clémence de Châteaudun, Vicomtesse de Châteaudun (1210-1259) = > Robert II de Beu, Vicomte de Beu, Comte de Squilacce (Calabre), de la Chapelle-Gautier et de Bagneux (+ 1306) x vers 1274 à Yolande de Vendôme (+ 1317) = > Robert III de Beu, Vicomte de Beu et de Bagneux, Grand Maître de France de la Maison du Roi (1288-1351) x vers 1346 à Agnès de Thianges, Dame de Valéry (1310-1370) = > Roger de Hellenvilliers, Chambellan du Roi, Chevalier Seigneur des Planches, d'Autheuil et d'Avrilly (1355-1417) x vers 1379 à Marguerite de Dreux, Dame de Bagneux et de la Chapelle-Gautier (1350-1400) = > Jean Challenge, Avocat, Conseiller de l'Archevêque de Rouen, Vicomte de Quatremares et Bailli de Louviers (1350-1418) x Jeanne d'Hellenvilliers = > Guillaume Challenge, Bailli de Louviers, Sieur de Bérangeville la Campagne et du hamel d'Acquigny (1380-1441) x à Philipotte du Chef de la Ville = > Jean Challenge, Vicomte de Pont-de-l'Arche (+ vers 1465) x vers 1430 à Nadine Poignant = > Jacques Blanchard Écuyer (1434-1497) x vers 1461 à Marie Challenge (+ vers 1500) = > Philippe Blanchard, Écuyer (1470-1525) x vers 1500 à Catherine DUBUSC = > Jean Blanchard, Seigneur de Mesnil-Raoul (1504-1566) x le 11/02/1535 à 76Mesnil-Raoul à Anthoinette d'Auffray (+ vers 1570) = > Jacques Blanchard, Écuyer Sieur de Mesnil-Raoul (1554- 1603) x vers 1573 à Claude Le Mercier (1556-1616) = > Guillaume Blanchard, Écuyer Sieurde Mesnil-Raoul (1572 -1664) x15/02/1611 à 76-Mesnil-Raoul à Colette Guillebert, Damoiselle (1603) = > Marie Blanchard (1620-1662) x (cm) le 08/02/1644 à 27-Pont-Saint-Pierre à Gabriel de Veillant (1629-1674)) => Gabriel de Veillant, Garde des Bois, (1646-1696) x le 09/02/1670 à 76-Mesnil-Raoul à Jeanne Quenet (1644-1721) = > Etienne De Veillant (1686-1721) x 1202/1715 à 76-Mesnil-Esnard à Marguerite Lavoisier (1696-1721) = > Marie Anne De Veillant (° 1717-1797) x 17/04/1742 à 76-Mesnil-Esnard à Guillaume Ouin, Laboureur (1710-1780) = > Jacques Ouin, Laboureur, (1749-1807) x le 30/06/1778 à 76-Belbeuf à Marie Marguerite Anne Le Cercle (1758-1782) = > Françoise Aimée Ouin (1781-1857) x le 22/11/1808 à 76-St-Pierre de Franqueville à Augustin Biset, Toilier-Tisserand (1776-1838) = > Geneviève Françoise Biset (1814-1867) x le 27/09/1837 à 76-St-Pierre de Franqueville à Jacques Désiré Pellerin (1809-1891) = > Lucie Stéphanie Pellerin (1844-1926) x le 27/12/1869 à 76-St-Pierre de Franqueville à Constant Etienne Boulangé (1842-1918), mon arrière grand-père paternel.

 

Biblio. « Descendre de Charlemagne : c'est possible ! » Article de J-L. Beaucarnot – RFG n°154 – 2004