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origine des expressions françaises

  • L'expression "avoir un Jules" et la Reine Marie-Antoinette

    L'histoire de la langue française est aussi surprenante que passionnante ! Savez-vous que l'expression "avoir un Jules" nous vient de l'infortunée reine de France Marie-Antoinette (1755-1793) ? Ou plutôt de son amie, Gabrielle de Polignac (1749-1793) dite "la comtesse Jules".

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    Portrait de la duchesse de Polignac - Élisabeth Vigée Le Brun (1782)

    Voici l'histoire : En 1775, Gabrielle de Polastron épouse à 17 ans le comte Jules de Polignac (1746-1817), capitaine du régiment de Royal-Dragons. Les deux familles sont de même rang, toutes deux de vieille noblesse mais toutes deux sans fortune. La même année, alors que les deux jeunes époux sont conviés à un bal au château de Versailles, la reine remarque la jeune femme et est instantanément éblouie par le charme de la comtesse Jules. Jolie, élégante, enjouée, de nature vive et spontanée, la souveraine conçoit alors pour la comtesse une très vive amitié. Auprès de sa nouvelle favorite, elle redécouvre la légèreté et l'insouciance qui lui font tant défaut à Versailles. Pour la garder auprès d'elle, elle n'hésite pas à faire éponger par le Trésor royal les dettes du couple Polignac et donne au mari la charge de grand écuyer.

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    Portraits de Marie-Antoinette et du roi Louis XVI

    Et le couple s'installe à Versailles. La comtesse Jules obtient de la Reine de nombreux avantages pour elle, son mari, sa famille et son entourage. Ainsi, le 20 septembre 1780, Jules de Polignac est élevé au rang de duc héréditaire de Polignac. A ce titre, deux ans plus tard, s'ajoute la charge pour son épouse de Gouvernante des enfants de France. Et pour accompagner le tout, on leur attribue un appartement de treize pièces.

    Ce favoritisme heurte nombre de familles aristocratiques et alimente l'impopularité de Marie-Antoinette, non seulement auprès de ses sujets qui jugent scandaleux les privilèges accordés à la favorite alors que le royaume est en proie à des difficultés financières, mais aussi auprès d'une part grandissante de la noblesse. Les griefs s'accumulent contre les deux femmes, les médisances aussi... À la fin des années 1780, on n'hésite pas à leur prêter des relations dépassant le cadre de l'amitié. Des pamphlets circulent présentant sans détour le "Jules de la Reine" comme sa maîtresse ! C'est de là qu'est née l'expression "avoir un Jules", c'est-à-dire avoir un amoureux.

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    Lettre d'adieu de Marie-Antoinette à Mme de Polignac en date du 16 juillet 1789

    Sur ordre du couple royal, les époux Polignac quittent Versailles le 16 juillet 1789 avec une bourse de 500 louis attribuée par la reine. La duchesse de Polignac mourra en exil à Vienne (Autriche) le 9 décembre 1793, soit un peu plus d'un mois après la reine. Sur sa pierre tombale, son nom est suivi de cette mention : « Morte de douleur ».

  • Ce soir, tous sur notre 31 !

    31 ? Comme le 31 décembre ? Pas vraiment... Quoi que... L'origine de cette expression, née au XIXe siècle, est très incertaine...

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    Plusieurs explications ont été avancées dont une venant de Prusse et qui concerne effectivement le 31 du mois (mais pas seulement de décembre !) Sept fois par an, à cette occasion, les hommes de troupe recevraient un supplément de traitement, histoire de pouvoir terminer le mois sans trop tirer la langue. Mais cela s'accompagnait aussi d'une revue en détail du casernement ! Tout devait rutiler, les militaires comme les paquetages !

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    Plus rationnellement, l'expression pourrait provenir d'une déformation du mot "trentain" qui désignait du XIIe siècle à la fin du XVe siècle, une étoffe riche et somptueuse, un drap dont la chaine était composée de trente centaines de fil. Il était réservé à la confection de vêtements de luxe portés les jours de fête... L'explication est tentante... Mais voilà, elle se heurte à un problème de calendrier... Au XIXe siècle, on ne parlait plus de trentain...

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    L'ultime explication nous vient d'un jeu de cartes très populaire au XIXe siècle: le" trente-et-un", un jeu de pari basé sur le principe du blackjack . Pour gagner, il suffit d'avoir le maximum de points, c'est à dire... 31 !

     

    Biblio. Merci aux pages Wikipédia sur le sujet.

  • Se faire appeler Arthur...

    Certains prénoms se sont invités, allez savoir pourquoi, dans nos expressions quotidiennes. C'est le cas pour "Se faire appeler Arthur", qui signifie se faire gronder, réprimander. Pourquoi "Arthur" et pas "Paul" ou "Lucien" ? Quel est donc cet "Arthur" dont on risque de prendre le nom lorsqu'on a commis une bêtise ? S'agit-il du Roi Arthur ? Du poète Arthur Rimbaud ? De l'agronome Arthur Young ou du père de Sherlock Holmes, Arthur Conan Doyle ?

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    Le Roi Arthur - illustration  à partir d'une version de langue galloise Geoffrey de Monmouth - Historia Regum Britanniae, XVe siècle

     

    Aucun d'entre eux ! Car le "Arthur" dont il s'agit n'est pas le prénom d'un homme, mais une heure ! L'histoire nous ramène au cours de la Seconde Guerre mondiale.

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    Une partie du territoire français est envahie par l'occupant allemand. Afin de tenter de prémunir au maximum la population des bombardements, les lumières de la ville donnant des points de repère à l’aviation alliée, mais aussi de limiter les activités clandestines de sabotage et de parachutage liées à la résistance, la défense passive prend de nombreuses mesures dont l'instauration d'un couvre-feu dès 8 heures du soir.

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    A l'heure dite, chacun doit être rentré à son domicile. Et les patrouilles allemandes qui patrouillent dans les rues pour y veiller, ne se gênent pas pour rappeler à l'ordre voire menacer vertement le ou les retardataires pris en flagrant délit. En leur indiquant leur montre, elles leur hurlent « acht Uhr ! » Car dans la langue de Goethe, 8 heures du soir se dit "Acht Uhr", prononcé "Artour". Le ton menaçant conjugué à la parfaite incompréhension de la quasi totalité de la population à la langue d’outre-Rhin a contribué à donner naissance à cette expression à connotation très négative.