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16/08/2020

Le dernier ordre du roi

La journée du 10 août 1792, c'est, après celle du 14 juillet 1789, la plus importante des grandes journées révolutionnaires. Ce jour-là, les sans-culottes s'emparent du palais parisien des Tuileries et jettent en prison le roi Louis XVI (1754-1793) et sa famille. La monarchie française, vieille de près d'un millénaire, est abolie : le dernier ordre du roi n'aura pas épargné le sang versé !

 

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Quelques jours auparavant, soit le 5 juillet 1792, devant la succession de défaites militaires, l'Assemblée législative a déclaré la patrie « en danger ». Tous les citoyens en mesure de prendre les armes et de servir dans la Garde nationale sont placés en service actif. Des piques sont distribuées à ceux qui ne peuvent se procurer d'armes et des drapeaux sont placés dans les espaces publics, avec ces mots : « Citoyens ! La Patrie est en danger ! »

Les armées alliées autrichiennes et prussiennes sont aux frontières du pays. Le 25 juillet, Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Wolfenbüttel (1735-1806), commandant l'armée prussienne, publie un manifeste annonçant qu'il entre en France pour y restaurer l'autorité royale et qu'il investira militairement l'Assemblée et la ville de Paris au moindre outrage envers le roi ou la reine. Connu dans la capitale dès le 1er août, ce texte, non seulement exaspère une partie de l'opinion contre la monarchie mais excite la fureur et les aspirations républicaines des révolutionnaires.

Dans la nuit du 9 au 10 août, alors que le tocsin sonne aux clochers de la capitale, une nouvelle Commune révolutionnaire prend possession de l'Hôtel de ville de Paris, siège du gouvernement. Dans la matinée qui suit, les insurgés se lancent à l'assaut de la résidence royale des Tuileries. Outre quelques aristocrates armés et un certain nombre de membres de la Garde Nationale, le palais est protégé par des Gardes suisses, soit environ 950 hommes.

Apeurés, le roi, la reine et le dauphin traversent le jardin des Tuileries et vont chercher refuge au sein de l'Assemblée installée dans le manège des Tuileries, qui se portent garante de leur sécurité.

Sur la place du Carrousel, devant le palais, l'émeute enfle. Lorsque les sans-culottes s'engouffrent dans les lieux, les gardes suisses ouvrent le feu. Les émeutiers sont fauchés presque à bout portant. Un groupe de volontaires marseillais parvient malgré tout à franchir l'enceinte et le combat reprend de plus belle.

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Pour faire cesser cette effusion de sang, Louis XVI signe alors son dernier ordre, ainsi conçu : «  Le roi ordonne aux Suisses de déposer à l'instant leurs armes et de se retirer dans leurs casernes. » Obéissants, les gardes se replient vers la place Louis XV, l'actuelle place de la Concorde. Mais ils y sont très vite encerclés et massacrés par les émeutiers. En tout, six cents Suisses ainsi que deux cents aristocrates et gens de maison perdent la vie en ce jour terrible du 10 août.

 

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 Affrontement entre les Suisses et les insurgés (dessin d'Henri-Paul Motte, 1892).

 

Le billet griffonné par le roi était adressé au Capitaine Jost de Dürler, chargé du commandement des opérations de défense des Tuileries. Ayant survécu au massacre qui suivit, il conservera le document, qu'un de ses descendants, Dagobert Schumacher, de Lucerne, vendit au musée Carnavalet en 1886.

 

Biblio. « Le Musée idéal de l'Histoire de France » de T. Sarmant - Ed. Télémaque 2011.

29/10/2017

Ce que nous apprend la généalogie...

... Et notamment celle de nos rois de France, est souvent source de réflexion ! Comment ne pas s'interroger en effet lorsqu'on découvre ainsi que sur les 64 quadrisaïeuls (arrières-arrières-arrières-grands-pères) du roi Louis XVI (1754-1793), dernier roi de France à avoir bénéficié des fastes du Château de Versailles et aussi le seul à avoir été décapité Place de la Concorde à Paris, on ne compte que 8 français contre 34 germaniques et 16 polonais ! Un réel européen en sorte !

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"Et comme les mêmes malheurs proviennent souvent des mêmes incapacités", ce malheureux roi aurait dû être plus méfiant, lui qui descend deux fois de l'infortunée Marie Stuart, souveraine du royaume d’Écosse du 14 décembre 1542 au 24 juillet 1567, reine de France du 10 juillet 1559 au 5 décembre 1560, morte exécutée le 8 février 1587.

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Le roi Louis XVI (1754-1793)

D'autant qu'il descend aussi une fois de Charles Ier, roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, qui a fini lui aussi décapité le 30 janvier 1649. Et je ne vous parle pas de son ancêtre Christian II, roi de Danemark, Norvège et Suède, emprisonné durant 27 ans par son peuple dans une prison où il a fini ses misérables jours le 25 janvier 1559 !

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Catherine II la Grande (1729-1796)

Et nous, amis généalogistes, pourquoi ne pas espérer trouver dans notre arbre un ascendant prestigieux ou mieux encore un bel aristocrate, quand on sait que le roi des Belges, comme l'ex-roi de Roumanie, sont tous les deux issus d' un modeste cultivateur et que la plupart des familles princières d'aujourd'hui descendent d'une simple servante balte...

 

Biblio. "La généalogie" par P. Durye - PUF, collection "Que sais-je", 1971.