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07/10/2015

Alpine : cette année, l'automobile normande fête son anniversaire !

Déjà 60 ans ! C'était le 6 octobre 1955. Au salon de l'Automobile de Paris, qui cette année-là se tient au Grand Palais, le public se bouscule pour découvrir la toute nouvelle Alpine A106. Les trois coupés qui y sont présentés, un bleu, un blanc et un rouge, sont destinés à faire briller les couleurs de la France sur les routes comme dans les compétitions.

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L'Alpine A106

Leur histoire est partie d'un petit coin de Normandie, Dieppe, la cité balnéaire de la Côte d'Albâtre. C'est ici en effet qu'est né le 17 mai 1922 leur créateur, Jean Rédélé (1922-2007). Son père Émile est propriétaire du « Grand Garage de Normandie », concession Renault située au 33 de la rue Thiers. Plus tard, diplômé de HEC, il le reprendra, devenant ainsi à 24 ans le plus jeune concessionnaire de la marque Renault.

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 Jean Rédélé (1922-2007)

L'homme est un passionné de compétition automobile et un excellent pilote. Au volant d'une 4CV « améliorée », il dispute, dès 1950, ses premiers prix dont le Paris-Rouen et le Rallye Monte-Carlo qu'il manque de gagner de peu. Quatre ans plus tard, il s'impose dans l'un des marathons de la route, le Liège-Rome-Liège et dans le Critérium des Alpes. Visionnaire et ambitieux, il a très vite l'idée de créer ses propres automobiles et celles qu'il va fabriquer chez lui à Dieppe connaîtront dans les années 60-70 non seulement un joli succès commercial mais une renommée internationale.

La première, la « Rédélé Spéciale », commandée et fabriquée en Italie, sera l'ébauche de la série. Mais c'est avec les « Alpine » que Jean Rédélé se fera connaître. Il fonde la Société des Automobiles Alpines le 25 juin 1955. Ce nom d 'Alpine qu'il a choisi représente pour lui « le plaisir de conduire sur les routes de montagne ». Avec les frères Chappe, ils travaillent au lancement de l'A106 qui emprunte de nombreuses pièces à la 4CV. 200 modèles seront produits entre 1955 et 1959.

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 L'Alpine Berlinette A110

Entre la A108 sortie en 1958 et le Coupé A310 en 1971 (le plus vendu de tous les modèles : 11 616 exemplaires jusqu'en 1984), c'est la A110, surnommée « la Berlinette » qui fera véritablement entrer  la marque dans la légende. 7176 exemplaires en seront produits entre 1962 et 1977. « Championne du monde des rallyes » en 1973, elle sera même choisie pour équiper les nouvelles brigades rapides d'intervention de la Gendarmerie nationale sur les autoroutes !

Devenue propriétaire de la marque en 1973, l'entreprise Renault s’apprête à lancer l'an prochain « l'Alpine du renouveau », l'AS 1, très attendue des amateurs.

 

Biblio. »Alpine, la fierté de Dieppe » de S. Barbé – Patrimoine Normand n°93 -2015.

Merci au site http://www.mesminiatures.com

17/12/2014

Quand « l'Amiral de Normandie » traitait d'égal à égal avec le roi d'Espagne...

Quelle destinée extraordinaire que celle du normand Jehan Ango, grand écumeur d'océans au service de son roi ! Ce Vicomte de Dieppe, habile marchand doublé d'un corsaire redoutable avide d'argent et d'or, doté d'un fort esprit d'aventure, féru de découvertes et de pouvoirs, n'en négligeait pas pour autant les arts. 

 

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 Jean Ango (1480-1551)

Quand il y naquit, en 1480, la ville de Dieppe était « dans tout l'éclat de sa puissance, remuante, industrielle, agitée, maritime, par excellente, et guerroyante s'il en fut. » Faut dire que c'était bien avant que sa rivale, la ville du Havre, ne soit créé...

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 Jean Guérard, Plan de la ville de Dieppe (cartouche du Planisphère), 1625

Descendant d'une vieille famille rouennaise anoblie dès 1408 par le roi Charles VI, qui s'était enrichie grâce à la pèche de la morue de Terre-Neuve, le jeune Johan, apprend, après de solides études, la navigation. Il l'abandonnera cependant très vite au profit des livres de comptes en s'employant avec succès à conquérir renommée, puissance et richesse.

Audacieux, avisé, âpre au gain, il arme une quantité de nefs et de galions, qui arborent son pavillon sur toutes les mers du monde. Sa flotte défie sans vergogne Charles Quint, le puissant roi d'Espagne et ses capitaines s'illustrent sur toutes les mers. En 1522, le Honfleurais Jehan Fleury, l'un des plus célèbres, intercepte sans ménagement trois caravelles espagnoles. A bord de celles-ci, les richesses de l'empereur du Mexique : un fabuleux trésor aztèque confisqué et ramené à Normandie. Quant au florentin Verrazano, il découvre pour lui la rivière Hudson (v. ma note du ) , qu'il nomme terre d’Angoulême et qui deviendra la future New York.

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 Le manoir de Jehan Ango à Varengeville

A partir de 1525, son prestige grandissant sans cesse, « L'amiral de Normandie » se laisse dévorer par l'ambition. Il se fait construire deux superbes bâtisses. Une luxueuse maison de chêne sculpté rehaussé d'or qu'il baptise « La Pensée », et qui, située à Dieppe sur le « Grand Quay , disparaîtra dans la « grande bombarderie » des Anglais en 1694.

Et puis, à peu de lieues de là, sur la terre de Varengeville, un majestueux manoir qui sera l'un des premiers édifices à être classé « monument historique » par Prosper Mérimée. Sorte de palais florentin, il est dominé en son cœur, par l'un des plus importants pigeonniers de France. En 1534, c'est sur ce domaine qu'il recevra avec faste le roi François Ier et sa cour. Cette visite marquera à la fois l'apothéose de la puissance d'Ango, son couronnement mais aussi malheureusement le début de son déclin.

Car Ango ne sait rien refuser à son souverain. En 1544, alors qu'un nouveau conflit oppose le royaume de France aux Anglais, l'armateur mettra gracieusement à la disposition de son roi de nombreux et coûteux vaisseaux de guerre avec équipages. Trois ans plus tard, en 1547, après la mort du roi, comme le pays est en faillite, son successeur ne pourra ou ne voudra rembourser notre Dieppois lequel, harcelé par de nombreux créanciers, s'éteindra en 1551 quasiment ruiné.

 

Biblio. « Illustres normands » de J.-J. Lerosier et Chaunu -H.-S.- O uest-France – 2012/2013 et « Rouen Lecture Normandie » n°77 – Juin 2003.

16/11/2014

C'est ce week-end la foire aux harengs de Dieppe !

Sur notre littoral, chaque année à cette période, le hareng, « poisson-roi » de Normandie, est mis à l'honneur. Les « foires aux harengs » sont chez-nous autant de rendez-vous incontournables pour les Seino-Marins comme pour tous les gourmands d'ici et d'ailleurs !

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Moteur de l'économie locale jusqu'aux année 1970, après Etretat et le Tréport qui ont "ouvert le bal", c'est ce week-end, 15 et 16 novembre 2014, que se tient la traditionnelle Foire aux Harengs de Dieppe. Il s'agit là pour la cité d'une véritable institution ! Doyenne en la matière puisqu'elle en est à sa 45ème édition, la foire aux harengs de Dieppe est aussi celle qui est la plus suivie de toutes. C'est l'occasion pour « la ville aux quatre ports » de célébrer la pêche, une activité remontant à l'an mille. Aujourd’hui Dieppe est encore le premier port de pêche français pour la coquille Saint-Jacques.

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Plus de 100 000 personnes sont attendues dans la ville en fête. Au parfum particulier des harengs frais ou grillés sur des barbecues géants, se mêleront des "harengades" comme « Mangez du hareng, vous aurez de beaux enfants »

Grillé, mariné, avec un peu de citron et un verre de vin blanc, le hareng se mange à toutes les sauces ! Mais pour vous aujourd’hui, amis gourmands aux babines alléchées, voici une recette bien normande de filets de harengs marinés* :

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Pour 1kg de filets de harengs frais, il vous faut 1 bol de crème fraîche épaisse. Pour la marinage, prévoir 2 verres de vin blanc, 1 oignon piqué d'un clou de girofle, 1 carotte, 2 c. à soupe de vinaigre blanc, du poivre, du thym et du laurier.

Dans une casserole, mettre le vin blanc, l'oignon, la carotte coupé en rondelles. Poivrer, ajouter le thym et le laurier. Faire chauffer 5 minutes à feu vif pour faire réduire un peu.

Ajouter à la marinade refroidie le vinaigre et en recouvrir un à un les filets de harengs légèrement salés. Garder au frais pendant 2 jours.

Servir les harengs marinés égouttés, accompagnés de crème fraîche épaisse.

Bon appétit.

 

* Recette « Mes recettes normandes – Cahier n°1 » de A. Prevel – Ed. C. Bonneton 2005.