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23/10/2016

Une toponymie caractéristique de Normandie

C'est en Normandie que l'on recense le plus grand nombre de localités dont le nom se termine par -ville comme Hattenville, Fauville, Martainville ou Auzouville... Environ 20% des communes de notre région ont cette particularité. Et plus fort encore : au niveau national, notre région remporte le pompon avec 460 communes sur les 1068 concernées.

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Noms de communes de France composés avec l'appellatif -ville


Ce mot "ville" a bien entendu le sens de village. Au 1er siècle av. J.-C., sous Ciceron ( 106 à 43 avant J.-C.), la "villa" était une ferme ou travaillait des esclaves. À l'époque carolingienne puis capétienne, les exploitations rurales s' agrandissent et se regroupent pour former des hameaux qu'on continue à appeler "villae". Du Xe au XIIIe siècle, le mot latin "villa", qui désigne des lieux-dits, va se transformer progressivement pour devenir en français "vile" puis "ville".

 

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Trace des vikings qui ont envahi notre région, chez nous, ce suffixe vient souvent compléter le  nom scandinave du lointain fondateur du domaine qu'il nomme. C'est le cas par exemple pour Tourville-en-Auge (Calvados) qui tire son nom de Torf ou Turold, d'Amfreville-la-Campagne (Eure), de celui Ásfríðr ou de  Bricqueville-sur-Mer (Manche), de Brekki.

 

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Il faut savoir que le plus ancien nom en -ville de Normandie est celui de Bourville (Seine-Maritime), connu des l'an 715 sous la forme latinisée de "Bodardi villa", c'est-à-dire "le domaine rural de Bodardus ou Bodard". C'est dans ce village qu'André Raimbourg passa toute son enfance et c'est aussi celui qui lui a inspiré son surnom de Bourvil.



Biblio. Revue " ça m'intéresse Histoire" - Jan. -Fev. 2016.

Merci aux pages Wikipédia et Ouest-France.

 

29/03/2015

Le « Gégène » de Joinville-le-Pont teinté de Normandie

  "A Joinville-le-Pont - Pon ! Pon !...  Tous deux nous irons - Ron ! Ron !

 Regarder guincher...  Chez, chez Gégène..."

A Joinville-le-Pont, la Marne regarde encore aujourd'hui les danseurs se couler sur la piste de «Chez Gégène »... Mais saviez-vous que c'est à notre humoriste normand Bourvil, que cette guinguette mythique, née bien avant la grande guerre, doit sa notoriété ?

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Au début du XXe siècle, c'est une simple péniche, tirée sur la berge qui occupe l'emplacement. Rossignol, son propriétaire, y accueille, comme de nombreux autres établissements qui jalonnent alors les rives de la rivière, parisiens et banlieusards à la recherche de plaisirs simples. Une clientèle hétéroclite, pas toujours recommandable, y chante, mange et danse... jusqu'à ce qu'un incendie mette fin à tout cela un peu avant 1914.

Quatre ans plus tard, Eugène Favreux, « Gégène », installe sa roulotte sur ledit emplacement. Fin commerçant, doté d'un sens inné de l'animation, il ajoute aux distractions classiques, des spectacles inédits et originaux qui attirent très vite de nombreux curieux.

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Parallèlement, au temps des « Années Folles », Joinville-le-Pont devient le centre français du cinématographe naissant. C'est Eugène qui tient la cantine des studios. Il y côtoie toutes les vedettes de l'époque et son établissement devient vite « Le » lieu à la mode, celui où il faut aller, celui où il faut être vu ! Et il va le rester ! Pendant la Seconde guerre mondiale, la guinguette de Gégène sera un havre de paix où on oublie pendant quelques heures le bruit des bombes et le sifflement des balles.

Et Bourvil dans tout cela pensez-vous ? Et bien, c'est en interprétant en 1953, avec un succès quasi- immédiat, « A Joinville-le-Pont », une chanson écrite par Roger Pierre (1923-2010) sur une musique de d'Etienne Lorin (1913-1975), qu'il va rendre célèbre la guinguette de Gégène, et ce, bien au-delà des frontières de notre pays. Il y raconte l'histoire d'un plombier qui attend avec impatience les dimanches pour « emmener sa grosse Germaine... « Chez Gégène.. ène... ne. »

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Cinéastes mais aussi photographes comme Robert Doisneau (1912-1994), dessinateurs comme Jean Bellus (1911-1967), réalisateurs des premières émissions extérieures de télévision comme Roger Couderc (1918-1984) se bousculent « Chez Gégène ». Sur des nappes rouges à carreaux, on vient  y manger une moule-frites, boire un verre de vin blanc gouleyant et surtout valser au son d'un accordéon...

12/10/2014

De Bourville à Bourvil

Certains héros laissent leur nom à un village, une ville, voire un pays. D'autres, au contraire, deviennent célèbres grâce à la localité dont ils sont originaires et/ou dont ils sont fiers. C'est le cas du plus comique des normands, je veux parler bien sûr de Bourvil !

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Celui qui brilla dans la chanson comme au cinéma prit comme pseudonyme, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le nom du village de son enfance, Bourville, une petite bourgade du département de la Seine-Maritime d’environ 300 âmes, située au cœur du pays de Caux, à mi-chemin entre Dieppe et Fécamp.

A sa naissance, le 27 juillet 1917, la famille d'André Raimbourg habite Prétot-Vicquemare non loin de là, à quelques kilomètres à peine de Doudeville et de Saint-Laurent en Caux. Il ne connaîtra pas son père qui, exploitant agricole, après s'être battu sur le front, sera emporté par une mauvaise grippe en novembre 1918. Trois ans plus tard, sa mère, Eugénie, s'installe avec ses trois jeunes enfants à Bourville dans une ferme de son village natal.

Élève appliqué (en 1931, il sortira premier du canton au Certificat d’Études Primaires) mais cependant un peu rêveur, il aime déjà se livrer à quelques pitreries et autres facéties pour faire rire ses camarades.

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 Bourvil à l'âge de 15 ans avec un de ses amis

Après son apprentissage, en 1936, il devient boulanger à Rouen. Mais c'est de la musique qu'il rêve en secret de faire son métier. Il aime le music-hall, le caf' conc' comme on disait alors. C'est pourquoi, en 1937, il rejoint d'autres jeunes musiciens en incorporant le 24e Régiment d'Infanterie basé à Paris, premier pas qui le mènera vers sa future carrière.

Mobilisé en 1939, libéré en juin 1940, c'est sous le nom d'Andrel, en hommage à Fernandel qu'il admire tant, qu'il court désormais le cachet. Il se produit ici et là en interprétant des textes de son cru, en campant déjà le personnage qui le fera connaître, celui d'un parfait nigaud, d'un imbécile heureux, à la fois naïf et tendre, qui, vêtu d'un costume noir étriqué, débite des blagues, des monologues contés d'une voix de fausset et chante des grivoiseries. Il prend alors le surnom de Bourvil en hommage à son enfance, à sa famille, à sa Normandie natale.

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 Bourvil et Gabin dans "La traversée de Paris"

En 1943, sa chanson « Les crayons » va faire de lui un grand chanteur comique apprécié d'un public qui applaudit à tout rompre. Et les succès vont s'enchaîner... Le cinéma va lui offrir aussi de très grands rôles. Il tourne notamment avec Louis de Funès et Jean Gabin dans « La traversée de Paris » et obtiendra pour ce rôle le Grand Prix d’Interprétation au Festival de Venise. Durant les années 1960, il doit ses plus grands succès cinématographiques à Gérard Oury : « Le Corniaud », « La Grande vadrouille » et « Le Cerveau ». Bourvil n'en oublie pas pour autant la chanson et fait des succès de sa « Ballade irlandaise » comme de sa « Salade de Fruits ».

Pour son dernier film, « Le Cercle rouge » tourné au début de l'année 1970, le réalisateur Jean-Pierre Melville fera apparaître pour la première fois sur l'affiche le prénom de l'acteur cauchois.

Atteint de la maladie de Kahler, une maladie du sang, Bourvil s'éteint à son domicile le 22 septembre 1970. Il a 53 ans.